En deux clics, je trouve ceci . Note sur l'auteur :
est un essayiste, ancien élève de l'École Nationale des Langues Orientales vivantes. Il est diplômé de langue et littérature arabe, diplôme obtenu à la Sorbonne.
Je précise que je ne suis pas du tout sensible à ce mouvement de Résistance Républicaine, mais l'auteur avance des choses vérifiables.
Le mot le plus fréquemment exposé au fronton des mosquées construites dans nos villes est, de loin, al-fath, le terme arabe pour « conquête ».
Des mosquées al-Fath existent à Besançon-Planoise (25), Bordeaux (33), Bourges (18), Saint-Dizier (52), Évreux (27), Paris (10e et 18e arrondissement), Noisy-le-Sec (93), Cachan (94), Louvroil et Hem (59) Grenoble (58), Amiens (80), Tours (37) , Vandoeuvre-lès-Nancy (54), Fréjus (83)…
Dans la tête et le cœur d’un Musulman, le vocable suscite immédiatement deux références :
– la Grande Conquête du premier siècle de l’Hégire, qui permit aux guerriers d’Allah de détruire l’Empire perse et de s’emparer d’une grande partie des terres chrétienne du Proche-Orient, de l’Afrique du Nord et de la péninsule ibérique,
– des organisations politiques contemporaines violentes, en guerre.
Fath est le nom, nul ne l’ignore, du parti créé en1959 par Yasser Arafat en vue de détruire Israël et qui assura rapidement sa notoriété par les attentats qu’il multipliait.
Moins connu en Europe, Fath al-islam est un mouvement proche d’al-Qâ‘ida. Fondé en 2006, il est classé, à peine un an plus tard, et pour de bonnes raisons, comme terroriste par les Etats-Unis ; en 2008, l’armée libanaise doit lui livrer, pendant plusieurs jours, une bataille qui se soldera par des dizaines de morts de part et d’autre.
Fath appartient au vocabulaire de la guerre, du jihâd.
… et les conquérants
Dès lors que la conquête était mise en exergue, il était normal que des conquérants fussent honorés.
A Cherbourg (50), Lunéville (54), Wattrelos (59), Antony (92), dans le 11e arrondissement de Paris, des mosquées portent le nom de ‘Umar ibn al-Khattâb.
Deuxième successeur de Mahomet à la tête de la Communauté, il fut, pendant son califat, de 634 à 644, le grand organisateur de la Conquête. Il promulgua le statut des non-Musulmans – les dhimmi-s –, inauguré par le Prophète, mais plus strictement défini par lui. Il est connu des Croyants pour avoir chassé tous les juifs qui restaient en Arabie après la saignée exercée par le fondateur.
Des chefs qui se sont illustrés sur le terrain, dans les batailles, ont aussi droit à leur inscription au fronton d’un édifice « religieux ».
C’est ainsi que la mosquée de Nanterre (92) porte le nom de ‘Uqba ibn Nâfi‘ (622-689). Ce général doit parler au cœur de la plupart de nos Musulmans, puisque c’est lui qui soumit les indigènes berbères et juifs d’Afrique du Nord par le sabre et le feu.
Mais, à tout seigneur tout honneur : citoyens de la république laïque, apprenez à connaître le plus remarquable des saints hommes signalés par les cadres de l’islam de France à l’attention de leurs ouailles.
Sayf al-Islam
Tous les petits enfants musulmans connaissent ce héros. Dans les mosquées et madrasas, aussi bien dans les pays de la Maison de l’islam que chez nous, en France, en Europe, ils doivent apprendre l’histoire de sa vie pour y puiser des exemples de comportement afin de devenir de parfaits disciples de Mahomet. Parents, enseignants, prédicateurs serinent qu’il fut homme distingué par l’Envoyé d’Allah pour ses œuvres inégalées. Il est aussi célèbre que les membres de la famille du « beau modèle », ses épouses et concubines, son muezzin, sa chamelle, les premiers califes.
Khâlid, fils de Walîd, appartenait, comme Mahomet, à la tribu de Quraysh, qui dirigeait La Mekke, et s’était assuré le monopole du commerce entre la Méditerranée et l’Asie sur la seule voie utilisable à l’époque, à travers le Hedjaz. La plupart des auteurs situent sa naissance en 584. Très tôt, il se révèle cavalier exceptionnel et il manifeste une vocation de guerrier, servie par une audace et un courage exceptionnels. Il est remarqué par les chefs mekkois qui « lui donnent du galon ». A Uhud, le 23 mars 625, dans une bataille jusque là indécise entre Mekkois et Musulmans, il prend le risque de s’engager dans un défilé dangereux avec deux cents cavaliers et tombe à revers sur les troupes ennemies, qui vont bientôt fuir en déroute.
Comme la plupart des Mekkois, il est longtemps réfractaire à l’islam. Il ne se « convertira » qu’en 627, quand Mahomet est devenu l’homme le plus puissant d’Arabie, désormais en mesure de couper la route du transit international qui fait la richesse des Quraysh. Il participe à un premier accrochage avec ses compatriotes demeurés polythéistes près d’al-Hudaybiyya, au début de 628, mettant en fuite deux cents cavaliers. Il est récompensé : le 11 janvier 630, il est à la tête d’une des deux colonnes qui font leur entrée dans la Mekke, livrée par des « collaborateurs » à l’enfant du pays devenu « incontournable ».
Il commande en troisième l’armée lors de la première expédition contre les Rûm (les Romains, les Byzantins) en septembre 629. Il se bat comme un lion, pendant trois jours, « brisant plusieurs lances », et il organise la retraite. C’est à son retour à Médine – à moins que ce ne soit après l’affaire d’al-Hudaybiyya – que Mahomet lui donne le surnom Sayf al-islam ou Sayf Allâh : « l’Epée (le Sabre, le Glaive) de l’Islam » ou « … d’Allah ». (Parenthèse : C’est en son hommage que furent prénommés un des fils de Kadhafi et le rejeton… du fouteux Franck Bilal Yusuf Mohammed – sic – Ribéry).
Il risque la disgrâce peu après avoir reçu cette distinction. Le Prophète l’envoie en ambassadeur auprès d’une tribu de la côte, les Banû Jahîma. A peine arrivé sur place, il menace de couper la tête à tous ceux qui ne se rallieraient pas. Après qu’ils se sont « convertis », il leur demande de déposer les armes, disant qu’ils ne risquent plus rien puisqu’ils sont musulmans. Alors, dit le chroniqueur Tabari, « il les fit lier et les fit mettre à mort les uns après les autres ». Une « bavure », pour le moins aux yeux de l’habile Mahomet, qui cherchait un compromis. L’Envoyé d’Allah demanda pardon à Allah, publiquement, le visage tourné vers la Kaaba et il envoya Ali, avec une forte somme d’argent, pour payer le prix du sang et, ainsi, réparer les dégâts diplomatiques. Le bouillant disciple se fit pardonner à la bataille de Hunayn, un an plus tard.
Mais c’est après la mort de Mahomet, en 632, que le guerrier va donner toute sa mesure. Il est à la tête des troupes musulmanes qui répriment dans le sang la révolte contre l’islam qui s’est étendue dans toute l’Arabie. Parmi ses hauts faits, la défaite d’une troupe commandée par une femme, Salma. Son chameau étant mort sous elle, elle tombe à terre ; Khâlid la tue de sa main.
Lors de la Conquête, il fut sans doute le plus grand massacreur de chrétiens. Il dirigeait l’armée des envahisseurs lors de la bataille du Yarmouk, en août 636 ; d’après l’historien reconnu de tous les Musulmans, Tabari, 120 000 chrétiens périrent pendant les trois jours que dura le combat et, dans les semaines qui suivirent, « la région fut horriblement ravagée, quelque 40 000 chrétiens, juifs, samaritains et autres furent massacrés » (Louis Chagnon : Les débuts des conquêtes arabo-musulmanes). Peu après, il fut révoqué de son commandement et chassé de l’armée pour « détournement de butin » par le calife ‘Umar. Il meurt en 642.
Des mosquées, à Marseille et dans le 18e arrondissement de Paris, rendent justement hommage au Sabre de l’islam –, à qui Mahomet lui-même dit un jour (mais n’était-ce pas un compliment ?) « qu’il ne pensait qu’à tuer ».
Les théoriciens aussi
C’est à un théologien-juriste (droit et religion sont indissociables en islâm) qu’est dédiée une mosquée à Tourcoing (59).
Ibn Taimiyya (1263-1328) est le plus rigide des fondamentalistes. Ses textes vouent à l’Enfer – et, en attendant, à un trépas rapide – les mystiques, les philosophes, les « novateurs » en général. Pour lui, rien ne peut être plus peccamineux et criminel, en même temps dangereux pour l’islam, que la pensée personnelle ; la liberté de conscience lui est inconcevable… Les Musulmans doivent s’en tenir à la tradition, rien qu’à la tradition. Il est l’inspirateur du wahhabisme de l’Arabie saoudite et du Golfe, qui via l’argent, les télévisions satellitaires, la contrainte sociale, la terreur et la taqiyya, est en train de submerger les autres variétés d’islam ; il est le maître à penser des promoteurs et acteurs de la guerre perpétuelle des Musulmans contre tous les autres, le père spirituel d’al-Qâ‘ida, des islamistes, taliban, salafistes…
Ce frénétique méritait bien une mosquée dans notre doulce France.