Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2011-2012)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Le serpent de bronze

Message non lu par etienne lorant »

Livre des Nombres 21,4b-9.
Au cours de sa marche à travers le désert, le peuple d'Israël, à bout de courage,
récrimina contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avoir fait monter d'Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir dans le désert, où il n'y a ni pain ni eau ? Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable ! »
Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d'Israël.
Le peuple vint vers Moïse et lui dit : « Nous avons péché, en récriminant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu'il éloigne de nous les serpents. »
Moïse intercéda pour le peuple, et le Seigneur dit à Moïse : « Fais-toi un serpent, et dresse-le au sommet d'un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu'ils le regardent, et ils vivront ! »
Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet d'un mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu'il regardait vers le serpent de bronze, il conservait la vie
!


Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 3,13-17.
Nul n'est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme.
De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé,
afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle.
Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle.
Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Le serpent, nous savons bien que c'est le diable, et que c'est lui fit chuter Adam et Ève, en sorte que tout homme et toute femme vivant sur la terre craint la maladie, la souffrance, le malheur et finalement la mort. En dépit de la puissance que j'ai ressenti à ma conversion, à présent que je me retrouve très isolé, eh bien, j'ai commencé de me confronter au malheur un peu chaque jour.

C'est une expérience ô combien pénible ! Et que de formes différentes, le malheur peut prendre ! Dans mon petit passage, j'ai de plus en plus sujet à des provocations de la part de très jeunes adolescents dont un m'a lancé : "Eh, papy, t'as vu l'heure, c'est à cette heure-ci que tu travailles !!" Et j'ai fait le sourd (puisqu'ayant l'âge d'un papy... c'est logique) )... mais hélas, pour la seconde fois sur une seule journée, j'ai découvert de l'agressivité en moi. Et je n'en veux pas - quel horrible sentiment ! Tout à l'opposé, je ne veux pas non plus du risque de "tomber dans un verre" et de devenir dépendant de l'alcool (ce serait vraiment trop bête, j'ai évité ce piège par une abstinence complète de trois mois chaque année.) Mais je dois constater que cette année, les trois mois ne suffisent plus, je dois être plus vigilant encore. Ici, c'est la solitude, bien sûr, qui est en cause. La solitude est un malheur aussi: boire sa soupe seul le soir, ne pas pouvoir appeler quelqu'un de sa famille (à part ma mère, ma famille est désormais toute défaite), s'être dépensé beaucoup pour entretenir un jardin que personne, encore cette année, n'est venu voir, etc. Quant aux amis d'antan, ils se sont dispersés, car en ce monde, on n'est plus amis que s'il y a un intérêt. Etc.

Bref, le serpent rôde toujours autour de chacun de nous, cherchant à planter ses crocs et libérer son venin. Cependant, lorsque le démon nous a mordus, il suffit de regarder vers le "serpent de bronze" pour guérir. Nous n'échapperons pas à la souffrance, mais nous serons guéris. Ah, je plains vraiment les athées, car ils n'ont pour remède au malheur que vices, drogues diverses, adoration du démon de l'argent, etc. Mais Jésus nous a vraiment tout donné. Et non seulement il s'est donné lui-même, mais il a pris en plus sur lui tous les péchés du monde. Voilà pourquoi, dans le texte, Jésus se compare au serpent de bronze.

Je prie ce soir pour de nouvelles conversions... prenez garde à vous: car la violence va suivre la crise bancaire. Mais notre première tâche est de déraciner le mal qui est en nous-mêmes. Seigneur, prends pitié !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Notre-Dame des Douleurs

Message non lu par etienne lorant »

Notre-Dame des Douleurs, mémoire

Lettre aux Hébreux 5,7-9.
Le Christ, pendant les jours de sa vie mortelle, a présenté, avec un grand cri et dans les larmes, sa prière et sa supplication à Dieu qui pouvait le sauver de la mort; et, parce qu’il s’est soumis en tout, il a été exaucé. Bien qu'il soit le Fils, il a pourtant appris l'obéissance par les souffrances de sa Passion ; et, ainsi conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 19,25-27.
Or, près de la croix de Jésus se tenait sa mère, avec la sœur de sa mère, Marie femme de Cléophas, et Marie Madeleine.
Jésus, voyant sa mère, et près d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. »
Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui.

Je ne suis guère étonné de découvrir ces lectures aujourd'hui. De nouveau, il n'y a pas de messe ce matin, mais seulement ce soir, messe anticipée du dimanche, en sorte que la plupart des fidèles n'auront pas d'homélie sur ce thème en cette occasion. Or, moi qui oublie toujours cette suppression des messes du samedi matin, je me suis retrouvé une fois de plus devant la porte close. J'ai heureusement mon chapelet en poche et j'irai prier sur le parking devant chez moi, lequel est peu encombré ce matin.

Cette commémoration de Notre-Dame des Douleurs tombe juste à point pour moi qui vais me relever de nouveau et reprendre ma marche avec prudence. J'ai constaté ces derniers jours, autour de moi, que les hommes ont choisi de vivre les yeux fermés et d'avancer au hasard. C'est vraiment cette impression: on avance dans le noir, à l'aveugle, les bras tendus vers un obstacle imprévisible. J'ai remarqué que l'on s'est mis à parler politique à la table de la maison de repos - et de table à table, ce qui n'est pas l'usage. Et la finale est toujours la même: "Cela finira mal, mais nous ne serons plus là pour le voir..." Eh bien, que nous ne soyons plus là pour "le voir" est une pirouette de l'esprit pour s'auto-rassurer. Quoi qu'il arrive, nous le vivrons !
Notre-Dame des Douleurs, priez pour nous, afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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françois67
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Re: Le serpent de bronze

Message non lu par françois67 »

merci pour cette magnifique image. Je la graverai bien profondément dans mon coeur. :) :coeur:
Avertissement: j'ai sur ce forum peut-être exprimé des avis contraires à la position de l'Église, et /ou de sa sainte Tradition, et/ou à l'avis qui se doit d'être celui d'un vrai chrétien catholique: ne me prenez donc en RÉFÉRENCE POUR RIEN. Ne soyez pas victimes de scandale. Que mon exemple soit rejeté et en aucun cas suivi. Si vous trouvez un endroit où une de mes interventions serait au moins douteuse, si ce n'est pire, faites-en moi part, notamment par mp. Je m'excuse profondément.
etienne lorant
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Une foi de centurion

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 7,1-10.
Après avoir achevé tout son discours devant le peuple, Jésus entra dans la ville de Capharnaüm.
Un centurion de l'armée romaine avait un esclave auquel il tenait beaucoup ; celui-ci était malade, sur le point de mourir.
Le centurion avait entendu parler de Jésus ; alors il lui envoya quelques notables juifs pour le prier de venir sauver son esclave.
Arrivés près de Jésus, ceux-ci le suppliaient : « Il mérite que tu lui accordes cette guérison. Il aime notre nation : c'est lui qui nous a construit la synagogue. »

Jésus était en route avec eux, et déjà il n'était plus loin de la maison, quand le centurion lui fit dire par des amis : « Seigneur, ne prends pas cette peine, car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit. Moi-même, je ne me suis pas senti le droit de venir te trouver. Mais dis seulement un mot, et mon serviteur sera guéri. Moi qui suis un subalterne, j'ai des soldats sous mes ordres ; à l'un, je dis : 'Va', et il va ; à l'autre : 'Viens', et il vient ; et à mon esclave : 'Fais ceci', et il le fait. » Entendant cela, Jésus fut dans l'admiration. Il se tourna vers la foule qui le suivait : « Je vous le dis, même en Israël, je n'ai pas trouvé une telle foi ! » De retour à la maison, les envoyés trouvèrent l'esclave en bonne santé



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Dans la première lecture, saint Paul est obligé de rappeler à l'ordre les Corinthiens pour sur la manière qu'ils ont de célébrer l'Eucharistie, car certains viennent avec leurs propres nourritures, d'autres avec du vin et d'autres encore sont privés de tout ! Ce qui montre bien qu'ils vivent encore de façon charnelle et humaine ce qui est éminemment spirituel. Ils doivent encore entrer par la foi dans le mystère du Christ et y grandir: ils se comportent comme des enfants.

A l'inverse, les habitants de Capharnaüm sont des hommes religieux, bien certains de ce qu'ils avancent : le centurion est digne que Jésus accomplisse ce qu'il lui demandera, puisqu'il aime le peuple juif et qu'il a même édifié leur synagogue. Dans ce cas aussi, la foi fait défaut; elle ne repose que sur une sorte de "donnant-donnant" - que nous connaissons bien nous-mêmes, car nous avons tous tendance à dire, quand survient un évènement contraire: "Mais qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu ... !"

Toute autre est la foi du centurion. La maladie de son esclave est au contraire, pour lui, une occasion de grandir dans sa foi. Lorsqu'il rencontre Jésus, ce n'est pas seulement l'homme qu'il rencontre, mais l'envoyé de Dieu, ce Messie que les autres ne reconnaissent pas en Jésus de Nazareth. Son regard intérieur s'est ouvert et c'est plus un hommage qu'une supplique qu'il adresse au Seigneur - il est bien certain qu'il a déjà obtenu la guérison de son esclave, et sa parole est déjà du côté de la louange.

Je me suis demandé ce matin où en est ma propre foi. Elle n'est plus infantile, certes; elles est beaucoup moins raide et réfléchie qu'elle le fut, mais est-elle déjà dans l'abandon total de confiance ? C'est cette foi que je désire, car elle me permettra d'avancer jusqu'au bout de l'épreuve qui nous est proposée à tous...
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PaxetBonum
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Re: Une foi de centurion

Message non lu par PaxetBonum »

Oui, ce "Domine non sum dignus…" que nous répétons à chaque messe est bien l'expression d'une fois absolu en Jésus : il est le Maître des éléments, des événements, se fatiguer à aller à la maison du centurion pour soigner son esclave est inutile car il peut faire cela 'hic et nunc'.
Se déplacer jusqu'à la maison du centurion pour accomplir le miracle ne sert à rien pour Jésus, cela ne sert que pour ceux qui observent et le centurion n'a pas besoin de cela pour croire.
Pax et Bonum !
"Deus meus et Omnia"
"Prêchez l'Évangile en tout temps et utilisez des mots quand cela est nécessaire"

St François d'Assise
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Re: Le serpent de bronze

Message non lu par etienne lorant »

Bienheureux Cardinal Mgr. Alojize Stepinac, archevêque de Zagreb sous le fascisme et martyr du communisme.

Ce qu'il a dit au sujet de l'Europe de l'Ouest est (malheureusement) si vrai ! Nous voyons tout éclater sous nos yeux !

Merci !
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Demeurons dans l'Amour !

Message non lu par etienne lorant »

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 12,31.13,1-13.
Frères, parmi les dons de Dieu, vous cherchez à obtenir ce qu'il y a de meilleur. Eh bien, je vais vous indiquer une voie supérieure à toutes les autres.
Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je ne suis plus qu'airain qui sonne ou cymbale qui retentit.
Quand j'aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j'aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien.
Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien.
La charité est longanime ; la charité est serviable ; elle n'est pas envieuse ; la charité ne fanfaronne pas, ne se gonfle pas ;
elle ne fait rien d'inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s'irrite pas, ne tient pas compte du mal ;
elle ne se réjouit pas de l'injustice, mais elle met sa joie dans la vérité.
Elle excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout.
La charité ne passe jamais. Les prophéties ? elles disparaîtront. Les langues ? elles se tairont. La science ? elle disparaîtra.
Car partielle est notre science, partielle aussi notre prophétie.
Mais quand viendra ce qui est parfait, ce qui est partiel disparaîtra.
Lorsque j'étais enfant, je parlais en enfant, je pensais en enfant, je raisonnais en enfant ; une fois devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant.
Car nous voyons, à présent, dans un miroir, en énigme, mais alors ce sera face à face. A présent, je connais d'une manière partielle ; mais alors je connaîtrai comme je suis connu.
Maintenant donc demeurent foi, espérance, charité, ces trois choses, mais la plus grande d'entre elles, c'est la charité.



Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 7,31-35.
Jésus disait à la foule : " A qui donc vais-je comparer les hommes de cette génération? A qui ressemblent-ils?
Ils ressemblent à des gamins assis sur la place, qui s'interpellent entre eux : 'Nous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé. Nous avons entonné des chants de deuil, et vous n'avez pas pleuré. '
Jean Baptiste est venu, en effet ; il ne mange pas de pain, il ne boit pas de vin, et vous dites : 'C'est un possédé ! '
Le Fils de l'homme est venu ; il mange et il boit, et vous dites : 'C'est un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs. '
Mais la sagesse de Dieu se révèle juste auprès de tous ses enfants.
»


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

L'enseignement de saint Paul est si beau et si pur, si net et si profond, qu'il manifeste Dieu jusque dans des mots. N'est-ce pas prodigieux ? que le même texte soit lu en latin, en français, en espagnol, en italien, en chinois ou en swahili - quelle que soit la langue dans laquelle il est traduit, il garde sa sonorité intérieure, car il est vrai que ce langage pénètre les coeurs et il ne le peut que parce qu'il est de l'Esprit Saint.

Je me suis étonné de ce matin d'y être aussi sensible qu'au jour où je l'ai redécouvert, en 1985, peu après ma conversion. J'ai été soulevé dans mon esprit.

Mais qu'est-ce qui empêche la plupart des hommes d'entendre cet enseignement, et de le garder vivant en soi - et d'en vivre ? Ce sont nos jugements, qui sont grossiers et de courtes vues. Jean le Baptiste, parce qu'il avait vécu dans le désert, était habillé comme un sauvage et proférait des menaces plus qu'il prophétisait, était visiblement possédé du démon ! Et Jésus ? Mais c'est un ivrogne et un fêtard qui mange et boit dans des soirées avec des le rebut de la société !

Et donc: la sagesse de Dieu se révèle juste auprès de ses enfants. Autrement dit: seuls ceux et celles qui ouvrent leurs coeurs peuvent recevoir la Parole. Celle de Jésus et celle de saint Paul.

Dans cet éblouissement de douceur qui baigne mon coeur ce matin, je n'ai pas grand chose à écrire. Ces textes sont-ils à méditer, ou bien ne seraient-ils pas "notre pain de ce jour" ?

.
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Isabelle47
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Re: Demeurons dans l'Amour !

Message non lu par Isabelle47 »

Merci :coeur:
"Aussi, croyez-moi, vous pratiquerez beaucoup mieux la vertu en considérant les perfections divines, qu'en tenant le regard fixé sur votre propre limon"
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Teano
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Re: Demeurons dans l'Amour !

Message non lu par Teano »

Extraordinaire Evangile selon Saint Luc !
La lecture du jour est prise entre 2 manifestations particulièrement fortes et profondes de la miséricorde du Seigneur : un fils rendu à sa mère et le pardon total et gratuit offert à une pécheresse notoire, une pauvre fille. Quoi de plus éloquent pour montrer l'immensité de la grâce, la venue du Royaume et la nature de Jésus ?
Entre les deux, le Seigneur nous parle du coeur humain avec des questions paradoxales. Y-aurait-t-il un peu d'amertume dans Ses propos ?

Pour être convaincu, nous avons besoin de faits certifiés. Mais quand nous les avons, nous tordons tout ce que nous voyons et entendons pour en dénaturer le sens, dans une fausse sagessse, pour différer sans cesse le moment où nous acceptons le don que Dieu nous fait : Jean-Baptiste mène une vie ascétique et il appelle à la repentance, au lieu de prendre "le sac et la cendre", on dit de lui que c'est un possédé, un fou pour ne pas l'écouter. Jésus vient, il boit, il mange, il offre la grâce à ceux qui en ont bien besoin et au lieu de se réjouir, on dit de lui que c'est un glouton, pour ne pas l'écouter. Que nous faut-il pour comprendre enfin ?!

Teano
"« Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu. Ne repousse pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais de tous les dangers, délivre-nous, Vierge glorieuse et bénie »"


Messages dans cette couleur (ou à peu près...) : modération du forum
Isabelle47
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Re: Demeurons dans l'Amour !

Message non lu par Isabelle47 »

Teano, vous avez raison dans ce que vous dites; c'est là tout le malheur de l'homme: la chute, le péché originel l'empêchent de voir, d'entendre, de comprendre.
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La pécheresse pardonnée

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 7,36-50.
Un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table.
Survint une femme de la ville, une pécheresse. Elle avait appris que Jésus mangeait chez le pharisien, et elle apportait un vase précieux plein de parfum.
Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, à ses pieds, et ses larmes mouillaient les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et y versait le parfum.
En voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu'elle est : une pécheresse. »
Jésus prit la parole : « Simon, j'ai quelque chose à te dire. - Parle, Maître. »
Jésus reprit : « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces d'argent, l'autre cinquante.
Comme ni l'un ni l'autre ne pouvait rembourser, il remit à tous deux leur dette. Lequel des deux l'aimera davantage ? »
Simon répondit : « C'est celui à qui il a remis davantage, il me semble. - Tu as raison », lui dit Jésus.
Il se tourna vers la femme, en disant à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré chez toi, et tu ne m'as pas versé d'eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux.
Tu ne m'as pas embrassé ; elle, depuis son entrée, elle n'a pas cessé d'embrasser mes pieds.
Tu ne m'as pas versé de parfum sur la tête ; elle, elle m'a versé un parfum précieux sur les pieds.
Je te le dis : si ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, c'est à cause de son grand amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d'amour. »
Puis il s'adressa à la femme : « Tes péchés sont pardonnés. »
Les invités se dirent : « Qui est cet homme, qui va jusqu'à pardonner les péchés ? »
Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t'a sauvée. Va en paix ! »




Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Cet Évangile a très souvent été l'occasion, du moins selon mon expérience personnelle, de parler du sacrement de confession, que l'on nomme désormais sacrement de réconciliation. En cette occasion, j'ai été rempli d'allégresse d'entendre notre prêtre confirmer ce que je crois depuis le commencement - c'est-à-dire: depuis le jour de ma conversion.

Les mots prononcés demeurent les mêmes, mais il y a deux façons de confesser ses fautes, il y a deux manières de venir se réconcilier avec le Père. La première est fortement légaliste, rituelle, justificatrice. Il faut se souvenir des anciennes pratiques, telle celle du "bouc émissaire", sur lequel l'on faisait reporter toutes les fautes du peuple, et que l'on sacrifiait à Dieu. Eh bien, Dieu s'en plaignait beaucoup et il le fit savoir par la bouche d'Isaïe (1, 11-15):

Qu'ai-je affaire de la multitude de vos sacrifices? dit l'Éternel. Je suis rassasié des holocaustes de béliers et de la graisse des veaux; Je ne prends point plaisir au sang des taureaux, des brebis et des boucs. Quand vous venez vous présenter devant moi, Qui vous demande de souiller mes parvis?
Cessez d'apporter de vaines offrandes: J'ai en horreur l'encens, Les nouvelles lunes, les sabbats et les assemblées; Je ne puis voir le crime s'associer aux solennités. Mon âme hait vos nouvelles lunes et vos fêtes; Elles me sont à charge; Je suis las de les supporter. Quand vous étendez vos mains, je détourne de vous mes yeux; Quand vous multipliez les prières, je n'écoute pas: Vos mains sont pleines de sang.

Mais aux versets 16-19 :

Lavez-vous, purifiez-vous, Otez de devant mes yeux la méchanceté de vos actions; Cessez de faire le mal. Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, Protégez l'opprimé; Faites droit à l'orphelin, Défendez la veuve.
Venez et plaidons! dit l'Éternel. Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige; s'ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine.


Ce qui signifie, dans l'idéal, que le pardon et le renoncement au péché interviennent AVANT le sacrement. Et le sacrifice, tout comme le sacrement, intervient alors que le pardon a déjà été donné par Dieu. J'imagine bien que ce que je dis ici peut étonner certains qui le liront. Si je reprends l’Évangile d'aujourd'hui, je constate pourtant que c'est le pharisien qui parle des péchés, tandis que Jésus parle de créances, de dettes, mais aussi et surtout : d'amour. Si la pécheresse a l'audace de pénétrer dans la maison du pharisien, c'est parce qu'elle est entraînée en elle-même par un désir incompressible de manifester au Seigneur sa reconnaissance ! Elle sait qu'elle a été pardonnée, et que cherche-t-elle à faire ? Elle cherche à manifester ce que je n'ai moi-même jamais cessé de chercher à manifester à Jésus depuis ma conversion: que je L'aime, que je Lui voue une reconnaissance qui m'emporte vers Lui irrésistiblement et quels que soient les obstacles.

Un jour, un jeune prêtre qui donnait le sacrement, a vu arriver à lui, alors que l'heure était passée déjà de dix minutes, une dernière pénitente, venue se confesser. C'est elle-même qui me l'a rapporté. "Il m'a proposé de revenir, si c'est possible une autre semaine. Puis il a réfléchi et il a m'a donné l'absolution après m'avoir expliqué: quel que soit le péché que vous venez confesser, Dieu le sait; ce que vous apprêtiez à confesser, serait de toute façon demeuré entre vous et Lui. Je vais vous donner l'absolution car vous êtes revenue comme le fils prodigue, dans la parabole, est revenu chez son père, car vous vous souviendrez que son père ne lui a même pas laissé le temps de dire ce qu'il avait pensé dire."

Autrement dit, selon mon vécu, le pardon et l'amour précèdent l'aveu des fautes. Ou, du moins c'est le cas idéal ! Car beaucoup de pénitents, nous a dit le prêtre aujourd'hui, viennent se confesser comme les Juifs offraient des sacrifices au temps d'Isaïe. On commettait des péchés, on sacrifiait des boucs et des boeufs - selon la taille du péché, sans doute - et l'on recommençait à pécher ensuite. Et de nos jours encore, des pécheurs incorrigibles viennent au confessionnal avouer des fautes qu'ils recommenceront à commettre dès le lendemain et jusqu'à la prochaine pénitence, telle que l'impose la règle dans l'Eglise. "Il y a une grande différence entre se purifier et être purifié, comme il y a une différence entre prendre et recevoir..."

Je me souviendrai toujours de mon étonnement, après ma conversion, que mon curé n'a pas voulu entendre ce que le Seigneur venait de faire pour moi - et j'ai dû patienter plusieurs mois....
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Re: La pécheresse pardonnée

Message non lu par Teano »

J'avais envie de commenter l'évangile du jour bien sûr et puis la tête s'est effacée devant le coeur.

Voici un extrait du message que m'a écrit le père Jean-Louis il y a quelques semaines :

"Claire,

(...)J'ai lu avec compassion cette longue descente aux enfers. Et ton retour vers le Seigneur, vécu comme la pécheresse pardonnée, est une merveilleuse grâce que tu as vécue. (...) Il te faudra du temps pour retrouver la "virginité" à laquelle tu aspires. (...)
Claire, j'ai retrouvé la jeune fille de 18 ans qui avait soif de connaître le Seigneur. A travers ton récit, c'est cette Claire-là que j'ai rencontré hier et qui désire servir le Seigneur. (...) Et moi qui t'ai connue à 18 ans, j'espère pouvoir t'aider à regarder l'avenir avec espérance et courage. Je crois que le Seigneur - qui ne t'a jamais abandonnée - retrouve Sa petite fille qu'Il aime tant et qui revient vers Lui avec humilité.
Je t'embrasse paternellement
Jean-Louis"
"« Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu. Ne repousse pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais de tous les dangers, délivre-nous, Vierge glorieuse et bénie »"


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MariaMagdala
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Re: La pécheresse pardonnée

Message non lu par MariaMagdala »

Merci Etienne pour cette méditation.

Elle me permets de me rendre compte à quel point, je suis encore mal préparée pour mon "vrai" premier sacrement de la réconcilliation.


Ce texte est très fort et votre mise en lumière, comment dire, lumineuse!!!

Merci! :fleur:
" A celui qui n'a pas, même ce qu'il a lui sera retiré" (Mc 4,25)
" A celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il croit avoir " (Lc 8,18)
etienne lorant
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Dimanche : "L'Effata" de chacun

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 7,31-37.
Jésus quitta la région de Tyr ; passant par Sidon, il prit la direction du lac de Galilée et alla en plein territoire de la Décapole.
On lui amène un sourd-muet, et on le prie de poser la main sur lui.
Jésus l'emmena à l'écart, loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et, prenant de la salive, lui toucha la langue.
Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit : « Effata ! », c'est-à-dire : « Ouvre-toi ! »
Ses oreilles s'ouvrirent ; aussitôt sa langue se délia, et il parlait correctement.
Alors Jésus leur recommanda de n'en rien dire à personne ; mais plus il le leur recommandait, plus ils le proclamaient.
Très vivement frappés, ils disaient : « Tout ce qu'il fait est admirable : il fait entendre les sourds et parler les muets. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Cet homme sourd et muet, complètement enfermé en lui-même et qui n'est pas juif, ce fut moi aussi, lorsque mon heure arriva. Et non seulement ce fut moi, mais c'est aussi chacun d'entre nous, que la Parole a rejoint.

L’Évangéliste Marc est décidément extraordinaire dans sa façon d'écrire : avez-vous remarqué, dans le texte, comment il dit que "Jésus l'emmène à l'écart loin de la foule" .... pour ensuite conclure en s'adressant à plusieurs ? "Jésus LEUR recommanda de n'en rien dire à personne, mais plus il le LEUR recommandait, plus ILS le proclamaient" ? N'y a-t-il pas contradiction ? En fait, non, mais il y a bien une autre signification à rechercher.

Par exemple, cela voudrait dire encore que quiconque a été "ouvert" par le Christ, ne peut s'empêcher de le proclamer. Je choisis cette signification-ci parce que c'est celle qui me concerne directement. Car à partir du moment que j'ai reconnu le Seigneur comme unique sauveur, je n'ai jamais pu cesser de le proclamer comme tel.

Et vous, qu'en dîtes-vous ? Quel est votre "Effata" ?

«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Twin
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Re: Dimanche : "L'Effata" de chacun

Message non lu par Twin »

Bonne question. :?:
Notre Dieu est au ciel, il fait tout ce qu'il veut.
Psaume 115-3
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