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Hello Xavi,
Voici une réaction (paisible) de ma part à vos remarques sur la foi.
Quelques remarques préliminaires en une définition :
FOI (pistis ; le verbe croire, en grec, provient de la même racine)
Hébreux 11:1 définit la foi comme l’assurance [ou fondement] des choses qu’on espère, et la conviction [ou preuve, motif de conviction] de celles qu’on ne voit pas. La foi se fonde sur ce qu’on entend, et ce qu’on entend par la Parole de Dieu (Romains 10:17). Dans la Parole, la foi n’est pas une simple opinion ou croyance, mais une ferme conviction qui s’appuie sur Dieu, sur Jésus-Christ, sur des choses invisibles et spirituelles. Il a été dit de la foi qu’il n’y a aucune vertu en elle, mais qu’elle établit un lien entre l’âme et le Dieu infini. La foi est présentée sous divers aspects :
1. le moyen grâce auquel on acquiert le salut (Romains 10:17 ; Éphésiens 2:8) ;
2. l’énergie intérieure du croyant nourri par la Parole de Dieu et dirigé par l’Esprit Saint (1 Timothée 4:12) ;
3. l’ensemble des vérités chrétiennes et des bénédictions divines reçues par la foi (Éphésiens 4:5 ; 1 Timothée 4:6 ; Jude 3 ; 2 Pierre 1:1) ;
4. un don particulier utile à l’Assemblée (1 Corinthiens 12:9).
[Petit Dictionnaire NT R.Pigeon]
C’est essentiellement sur le premier sens du mot foi que nous nous entretenons. La foi peut-être de croire en Dieu, mais ce n’est pas suffisant pour le chrétien (les démons aussi croient et ils frissonnent est-il écrit en Jacques 2, 19). Elle doit être essentiellement de croire Dieu, et notamment quant à son Fils unique Jésus Jésus, mort sur la croix pour nos fautes et ressuscité pour notre justification (Romains 4, 25).
Ainsi si l’on a la foi, on est sauvé, on a la vie éternelle. « Car Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3, 16). « Je vous ai écrit ces choses afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu » (1 Jean 5, 13). « Car vous êtes sauvés par la grâce, par la foi [ou : par le moyen de la foi], et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu ; non pas sur le principe des œuvres, afin que personne ne se glorifie ; car nous sommes son ouvrage, ayant été créés dans le christ Jésus pour les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance, afin que nous marchions en elles ».
Pouvez-vous expliquer sur quelle base biblique ou sur quel raisonnement, vous parvenez à considérer la foi "comme un fait qui est ou n'est pas, que l'on a ou que l'on a pas" ? Quelle est la mesure de la foi de celui qui paraît tout rejeter ? Est-elle vraiment nulle au fond de son cœur vu par Dieu ? Quelle est la mesure de la foi de celui qui affirme tout accepter ? Est-elle vraiment grande au regard de Dieu ?
La foi est un mouvement de l’homme vers Dieu et se rapporte à la grâce qui est un mouvement de Dieu vers l’homme. A quel moment a-t’on la foi et y a il une limite entre avoir le foi et ne pas l’avoir ?
On a la foi lorsque dans le même laps temps on naît de nouveau. Cette nouvelle naissance nous est donnée par la conversion, par l’effet de l’eau de la Parole de Dieu, et non par le baptême. Dès lors, on ne peut pas être à moitié vivant, si bien que la foi peut-être faible ou très faible, mais elle est cependant la foi.
Ainsi en Marc 9, 23-24, Jésus dit à l’homme qui voulait que son fils soit délivré d’un démon : « Et Jésus lui dit : Le «Si tu peux», c’est : Crois ! Toutes choses sont possibles à celui qui croit. Et aussitôt le père de l’enfant, s’écriant, dit avec larmes : Je crois, viens en aide à mon incrédulité ».Et Jésus se contenta de cette faible foi pour guérir l’enfant.
En Romains 14, Paul donne des instructions au bénéfice des chrétiens faibles dans la foi, mais chrétiens quand même, c'est-à-dire ayant la vie de Dieu
Le chapitre 11 de l’épître aux Hébreux, donne plusieurs exemples de grandes fois chez des croyants de l’AT. Parmi eux, au verset 31, il y a Rahab, la prostituée, qui avait trahi son peuple et menti afin de faire entrer les israélites dans Jéricho. Au verset 31, sont cités comme ayant été des hommes de foi quelques uns de Juges, dont la caractéristique a été la faiblesse quant à la foi, et la force quant aux délivrances de Dieu leur a permis d’opérer.
Si vous pensez "avoir" la foi, vous pouvez penser "avoir" l'Esprit Saint.
En effet.
Vous risquez de rencontrer souvent, parmi les autres chrétiens qui partagent votre approche, des affirmations très contradictoires dans ce que chacun croit recevoir de l'Esprit Saint.
Nous avons en général dans notre milieu chrétien une grande homogénéité de pensées quant aux choses de Dieu ; mais il est vrai qu’avec d’autres chrétiens, par exemple évangéliques ou catholiques, il y a des différences de points de vues. Or l’Esprit Saint ne peut pas se contredire, ce qui implique que l’un d’eux ou les deux sont dans l’erreur. Cela ne met nullement en cause leur état de chrétiens, mais signifie qu’en la circonstance l’Esprit en eux a été contristé, attristé ou éteint, du fait de leurs faiblesses.
Si vous reconnaissez que votre foi n'est que "partielle", voire "très petite", vous pouvez reconnaître plus aisément que votre écoute de l'Esprit Saint est fort partielle ou fort petite, vous pouvez comprendre mieux toute la nécessité des sacrements et de l'Eglise fondée sur Pierre et ses successeurs, et aussi, toute la modestie qu'il convient de garder par rapport au salut que Dieu nous assure avec certitude par le Christ mort pour nous et ressuscité. Nous trouvons la paix et la joie en regardant le Christ et non notre propre foi ou, pire, en jugeant celle des autres.
Je ne peux admettre l’erreur, surtout si elle est au détriment de celui qui la professe. Aussi j’aurai à cœur, comme chrétien, de lui faire valoir la vérité, et cela sans aucunement le juger. Il en est ainsi de ce qui est pour moi la fausse doctrine des sacrements, ou encore l’incertitude quant au salut de l’âme, particulièrement nocive pour la vie pratique du chrétien en matière de paix et de joie du salut.
J’espère avoir répondu de manière convenable à votre message.
Affectueusement.
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