Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2011-2012)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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zelie
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Re: La question du mariage

Message non lu par zelie »

etienne lorant a écrit :« Si telle est la situation de l'homme par rapport à sa femme, il n'y a pas intérêt à se marier. » (C'est pas parce qu'on travaille sur le lac qu'on n'a pas les pieds sur terre !)
:p
C'est bizarre, je l'ai jamais lue, cette phrase, dans les Actes des Apôtres... :siffle:
Surement de la cécité sélective génétiquement liée à un certain chromosome!
L’intégrisme est un refuge pour la misère parce qu’il offre un sursaut d’espérance à ceux qui n’ont rien.
Que leur mal disparaisse, et l’intégrisme perdra ses troupes. L'Abbé Pierre
Vis vraiment chaque instant. Fais-le meilleur. Aime-le. Chéris-le. Fais-le beau, bon pour toi-même et pour Ton DIEU. Ne néglige pas les petites choses. Fais-les avec Moi, doucement. Fais de ta maison un Carmel où Je puisse Me reposer. Jésus, Premier Cahier d'Amour
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Teano
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Re: La question du mariage

Message non lu par Teano »

C'est dans Matthieu 19, 10 !
"« Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu. Ne repousse pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais de tous les dangers, délivre-nous, Vierge glorieuse et bénie »"


Messages dans cette couleur (ou à peu près...) : modération du forum
etienne lorant
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Saint Ephrem sur la richesse de la Parole

Message non lu par etienne lorant »

Qui donc est capable de comprendre toute la richesse d’une seule de tes paroles, Seigneur? Ce que nous en comprenons est bien moindre que ce que nous en laissons, comme des gens assoiffés qui boivent à une source.

Les perspectives de ta parole sont nombreuses, comme sont nombreuses les orientations de ceux qui l’étudient. Le Seigneur a coloré sa parole de multiples beautés, pour que chacun de ceux qui la scrutent puisse contempler ce qu’il aime. Et dans sa parole Il a caché tous les trésors, pour que chacun de nous trouve une richesse dans ce qu’il médite.

La parole de Dieu est un arbre de vie qui, de tous côtés, te présente des fruits bénis elle est comme ce rocher qui s’est ouvert dans le désert pour offrir à tous les hommes une boisson spirituelle. Selon l’Apôtre,”ils ont mangé un aliment spirituel, ils ont bu à une source spirituelle.”

Celui qui obtient en partage une de ces richesses ne doit pas croire qu’il y a seulement dans la parole de Dieu, ce qu’il y trouve. Il doit comprendre au contraire qu’il a été capable d’y découvrir une seule chose parmi bien d’autres. Enrichi par la parole, il ne doit pas croire que celle-ci est appauvrie ; incapable de l’épuiser, qu’il rende grâce pour sa richesse. Réjouis-toi parce que tu es rassasié, mais ne t’attriste pas de ce qui te dépasse. Celui qui a soif se réjouit de boire, mais il ne s’attriste pas de ne pouvoir épuiser la source. Que la source apaise ta soif, sans que ta soif épuise la source. Si ta soif est étanchée, sans que la source soit tarie, tu pourras y boire à nouveau, chaque fois que tu auras soif. Si, au contraire, en te rassasiant, tu épuisais la source, ta victoire deviendrait ton malheur.

Rends grâce pour ce que tu as reçu et ne regrette pas ce qui demeure inutilisé. Ce que tu as pris et emporté est ta part ; mais ce qui reste est aussi ton héritage. Ce que tu n’as pas pu recevoir aussitôt, à cause de ta faiblesse, tu le recevras une autre fois, si tu persévères. N’aie donc pas la mauvaise pensée de vouloir prendre d’un seul trait ce qui ne peut être pris en une seule fois ; et ne renonce pas, par négligence, à ce que tu es capable d’absorber peu à peu.


Saint EPHREM
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: La question du mariage

Message non lu par Isabelle47 »

Dans Matt. 19, il est question de la répudiation de l'épouse et de la mise en cause par Jésus de cette tradition.
"Aussi, croyez-moi, vous pratiquerez beaucoup mieux la vertu en considérant les perfections divines, qu'en tenant le regard fixé sur votre propre limon"
(Thérèse d'Avila)
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Re: La question du mariage

Message non lu par etienne lorant »

etienne lorant a écrit :
Teano a écrit :Zélie, tu as oublié : dépensière. :rire:
Ah çà, les disciples l'avaient compris ! D'ailleurs, ils le disent :
« Si telle est la situation de l'homme par rapport à sa femme, il n'y a pas intérêt à se marier. » (C'est pas parce qu'on travaille sur le lac qu'on n'a pas les pieds sur terre !)
:p

Sans blague, il s'agit bien de Matthieu chapitre 19 verset 10 et les disciples s'exclament :

01 Jésus acheva ainsi son discours, puis il s'éloigna de la Galilée et se rendit en Judée, au-delà du Jourdain.
02 Une foule nombreuse le suivait, et là il les guérit.
03 Des pharisiens s'approchèrent de lui pour le mettre à l'épreuve ; ils lui demandèrent : « Est-il permis de renvoyer sa femme pour n'importe quel motif ? »
04 Il répondit : « N'avez-vous pas lu l'Écriture ? Au commencement, le Créateur les fit homme et femme,
05 et il leur dit : 'Voilà pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu'un.'
06 A cause de cela, ils ne sont plus deux, mais un seul. Donc, ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas ! »
07 Les pharisiens lui répliquent : « Pourquoi donc Moïse a-t-il prescrit la remise d'un acte de divorce avant la séparation ? »
08 Jésus leur répond : « C'est en raison de votre endurcissement que Moïse vous a concédé de renvoyer vos femmes. Mais au commencement, il n'en était pas ainsi.
09 Or je vous le dis : si quelqu'un renvoie sa femme - sauf en cas d'union illégitime - pour en épouser une autre, il est adultère. »
10 Ses disciples lui disent : « Si telle est la situation de l'homme par rapport à sa femme, il n'y a pas intérêt à se marier. »
[+] Texte masqué
http://www.aelf.org/bible-liturgie/Mt/E ... hapitre/19
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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zelie
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Re: La question du mariage

Message non lu par zelie »

Teano a écrit :C'est dans Matthieu 19, 10 !
Mais chut :zut: les filles il fallait pas le dire!!! :siffle:
L’intégrisme est un refuge pour la misère parce qu’il offre un sursaut d’espérance à ceux qui n’ont rien.
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zelie
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Re: La question du mariage

Message non lu par zelie »

etienne lorant a écrit :09 Or je vous le dis : si quelqu'un renvoie sa femme - sauf en cas d'union illégitime - pour en épouser une autre, il est adultère. »
10 Ses disciples lui disent : « Si telle est la situation de l'homme par rapport à sa femme, il n'y a pas intérêt à se marier. »
Cher Etienne,
décidément ce passage de l'Evangile est inépuisable, et témoigne encore une fois de ce que nous parlions hier: la vision du monde selon l'homme qui a du mal à suivre la vision de l'Humain selon Jésus.
Deux choses apparaissent:
-comme nous le disions, il y a un grand décalage entre le regard de Jésus, tellement neuf pour l'époque, -tellement trop neuf qu'aujourd'hui encore nous avons du mal à en cerner l'infinie bienveillance de ce regard-, et le regard normal d'un homme normal, coincé dans la petite lucarne des ses habitudes et de son monde restreint.
Mais quel est donc ce souffle immense que Jésus déploie dans ces quelques mots, qui résonnent si forts à coté de l'indigence de l'intelligence humaine de quelqu'un qui est pourtant son élève dévoué?
Cet épisode nous donne à voir combien Jésus nous libère à chacune de nos chutes: a-t-il dit à son apôtre une condamnation pour imbécilité récurrente? Non, il le libère d'emblée: rappel de la loi divine, invitation à se hisser tout en haut de son coeur et de son intelligence pour y trouver un autre regard sur le mariage et la femme.
A partir de la réponse de Jésus on pourrait suivre tout un tas de pistes de méditation, mais je m'en tiendrais à une seule, souvent abordée sur le forum; le mariage, la sexualité, l'abstinence.
Le modèle que Jésus propose est celui où la femme n'est pas la chose de l'homme, le jouet qu'on utilise et qu'on jette après 15 ans et 4 enfants (ou 5 ans et deux enfants, c'est au choix), le jouet envers lequel, ma foi, un petit adultère ne sera pas si important... Et puis n'est-ce pas bien plus enthousiasmant de se renouveler de temps en temps?
Ce monde qui est celui que pharisien et apôtres chérissent est celui du sexe et du plaisir, alors même qu'ils n'en sont pas conscients.
A ce monde Jésus oppose l'Amour; celui qui nous permet d'être uni à Dieu par la prière, celui qui nous permet aussi, miracle impalpable, séraphique pourtant, de regarder le monde avec le regard de Dieu, avec un regard de père, avec un regard qui "a des entrailles de père pour tout homme", tu sais Etienne, ce regard qui fait que pas une peine ne nous laisse indifférent, à notre grand étonnement, alors que jusque-là presque rien ne nous touchait...
Avec un tel regard, comment ne pas brûler d'Amour pour toute âme, et ne voir en qui que ce soit qu'une âme, qu'un frère, qu'une soeur? Comment alors ne pas vouloir pour cette âme le bien suprême à tout prix, même au prix de notre propre vie, comment ne pas vouloir qu'elle soit sauvée et atterrisse sur le Coeur Divin du Père, notre Dieu, dès son passage vers l'au-delà? Quel océan d'Amour Divin ne lui souhaitons-pas? Mais cet Amour nous révolutionne, nous bouleverse, car comment amener une âme au plus près de Dieu le plus surement possible? Par la prière et par l'exemple! Alors, inondé d'Amour, débordant sous des explosions d'Amour qui nous cerne et qui nous presse comme un fruit mûr, ne courrons-nous pas sur les chemins de la Vertu, de toutes les Vertus, pour servir d'appât à cette âme qu'on aime tant? N'est-il pas de meilleur chemin que celui de la Fidélité à Dieu, de l'Humilité, de la Foi, de l'Amour, de la Tempérance, de la Bonté, de la Longanimité, de la Patience, de la Solidité dans notre Foi, du Courage pour tout supporter, de la Constance, de l'Honnêteté, de l'Intégrité, de la Prudence pour faire ressentir à une âme toute la sécurité dont elle a besoin pour elle aussi avancer vers le Bien? N'est-ce pas là la plus vraie et la plus complète communion des saints que nous pouvons offrir à chacune des âmes de l'humanité tout entière? Et si nous offrons cela à un conjoint, aura-t-on envie de se marier avec lui pour quoi que ce soit d'autre de charnel qui ne soit pas un envol vers Dieu?
Ne se retrouve-t-on pas alors à découvrir le mariage sous un tout autre jour, sous un jour tel que la chasteté (pas l'absence de sexualité, la chasteté, celle d'Anne et Joachim par exemple) devient l'expression la plus belle et la plus recherchée de l'amour conjugal? Que l'envie, que dis-je, le besoin le plus pressant de protéger son conjoint, et de gravir ensemble le chemin de la Fidélité la plus absolue à Dieu nous dévore, nous enflamme, nous pousse, et nous porte sur des chemins de sainteté? Alors tout à coup apparaît à notre esprit le mariage de Marie et de Joseph, et nous brûlons de pouvoir les contempler, les comprendre, prendre modèle sur eux, les imiter au point de se fondre en eux, de leur être unis au point de leur permettre de s'exprimer en nous, comme un Padre Pio ou une Sainte Agnès offraient chaque jour à leur insu une humanité de surcroit à Jésus?
Et Jésus finit sa tirade en nous parlant des vierges (hommes et femmes bien entendu), de ceux qui consumés d'Amour, de ceux qui ayant tellement bien compris le message qu'ils ne veulent plus d'un mariage charnel mais d'un mariage spirituel, veulent épouser Jésus, veulent épouser l'Amour pour le vivre en n'étant plus humain, mais simplement torche spirituelle, comme une sainte Thérèse ou une sainte Faustine, et bien mieux encore, comme un Saint Jean, qui trouve dans l'aigle qui le réprésente toute la force d'évocation de son Amour, qui lui a fait déployer des ailes d'ange et un vol rapide et sûr d'emblée dans de hautes sphères d'Amour, cette Force Amoureuse qui à elle seule explique pourquoi lui, le plus jeune des apôtres, a su trouver le courage de se retrouver au pied d'une croix alors que les autres ont fui, terrorrisés à l'idée de perdre la vie.
LA beauté, l'infinie profondeur d'AMour du message que Jésus oppose aux pharisiens et aux apôtres aveugles et sourds me donne le vertige, me donne cette impression d'infini que l'on trouve à vouloir ouvrir trop de tiroirs sans fin, ne réalisant qu'après, que c'est sans fin. Mais c'est un doux piège, une douce révélation, une suave méditation, et on aimerait qu'elle n'eut point de fin.
Mais il faut bien retomber sur terre...

-Cher Etienne, le deuxième point que je souhaite aborder est la Patte de Dieu dans notre vie (oui, je sais, le mot est malheureux, mais tu sais bien combien je suis maladroite et toujours à coté):
A cet instant de leur formation, les apôtres ne valent pas mieux que les pharisiens, et même on pourrait presque penser moins qu'eux.
Les pharisiens sont mal intentionnés, obtus et manipulateurs, mais ils ne connaissent pas Jésus et ne reconnaissent aucune figure divine en lui. Ils pensent avec leur temps, et quand ils se sentent menacés, ils se défendent. Leur tort est leur obtusité, leur excuse est que l'esprit pharisaïque leur ayant été enseigné, ils en sont tellement imprégnés qu'ils ont du mal à le quitter pour un autre esprit.
Les apôtres sont soit des pêcheurs, soit des percepteurs comme Matthieu (enfin si je ne me trompe pas), soit surement des agriculteurs, des paysans, des hommes du peuple, des artisans ou que sais-je d'autre. Jean et Judas connaissent le Temple de Jérusalem. Simon semble avoir des relents de passé nationaliste.
Bref, des hommes comme les autres. Et comme les autres, ils pensent comme des hommes formés par la loi juive, ont leur part de bien-pensance, de préjugés, de défauts, de désirs et de tentations.
Je vis dans un coin de pêcheurs et autres, et je peux te dire que ce ne sont pas des intellectuels, mais des gens qui ont un grand sens de leur intérêts. Ils ont vite fait un sort aux gens qui les dérange. En bons gaulois, ils s'offusquent de tout ce qu'on leur fait, crient très fort, et se croient tout permis. Leur subjectivité n'a d'égale que leur cohésion autour de leur clan.
Tu me diras, il y en a d'autres ailleurs des comme ça, dans tous les corps de métier, et c'est tout à fait vrai.
Par le fait que dans l'Evangile affleure la mentalité des hommes de ce temps, apôtres et pharisiens, Jésus nous fait remarquer qu'il n'a pas choisi des hommes déjà saints pour former son groupe apostolique; il a choisi des hommes ordinaires, des nous-c'est-nous, et ce choix pourtant n'était pas le chemin de la facilité. Il est parti de très bas pour arriver à former cette troupe disparate, qui ne l'aidait en rien au coeur des embrouilles avec les pharisiens, remettant en cause son enseignement en public... des boulets!
Et de ces hommes il en a fait des âmes qui ont choisi la crucifixion. De ces boulets il en a fait des saints qui à douze ont changé la face du monde. De ces nous-c'est-nous il en a fait des mecs qui en ont, et qui étaient capables de tirer la langue à ceux qu'ils fuyaient désespérément peu de temps avant.
Quelle invitation n'y a-t-il pas là! Si de pires que moi, qui se grattaient tous les matins au réveil, il en a fait cela, pourquoi moi qui ne me gratte pas au réveil je ne pourrais pas suivre Jésus, au moins essayer?
Si l'Esprit Saint a pu transformer de tels hommes, qu'attends-je pour me laisser envahir par lui?
je continue après on m'appelle.
L’intégrisme est un refuge pour la misère parce qu’il offre un sursaut d’espérance à ceux qui n’ont rien.
Que leur mal disparaisse, et l’intégrisme perdra ses troupes. L'Abbé Pierre
Vis vraiment chaque instant. Fais-le meilleur. Aime-le. Chéris-le. Fais-le beau, bon pour toi-même et pour Ton DIEU. Ne néglige pas les petites choses. Fais-les avec Moi, doucement. Fais de ta maison un Carmel où Je puisse Me reposer. Jésus, Premier Cahier d'Amour
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L'esprit d'enfance

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 19,13-15.
On présenta des enfants à Jésus pour qu'il leur impose les mains en priant. Mais les disciples les écartaient vivement.
Jésus leur dit : « Laissez les enfants, ne les empêchez pas de venir à moi, car le Royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent. »
Il leur imposa les mains, puis il partit de là.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

C'est bien l'esprit d'enfance dont il est ici question. L'esprit d'enfance à l'égard du Royaume, semblable à l'esprit d'enfance qui nous a tous animés un jour. Il m'est très simple de me souvenir de cet enfant que je fus. J'étais à "la petite école" et lorsque ma mère disait : "Aujourd'hui, c'est le dernier jour d'école avant les vacances !", cela produisait en moi un effet extraordinaire. La liberté, pouvoir faire tout ce que je veux, et pendant deux mois ! Deux mois, dans mon esprit, c'était comme deux ans, c'était comme un temps très, très, très long... je ne savais pas en mesurer la fin. Alors, durant l'été, tout était libre: nous partions en bandes de copains de quartier, vers le merveilleux inconnu que nous appelions "l'exploration". Comment aurions-nous pu faire la différence entre le fils du médecin, le fils du contremaître de l'usine, le fils du professeur et la fille de la patronne du café du coin ? Nous voguions sur la mer, les bras écartés, lorsque nous traversions un champ de blé, car le vent faisait de la houle sur épis et nous étions des Conquistadors; nous allions "à la maraude", aucune barrière ou fil électrique n'aurait pu nous arrêter. Nous nous blessions les genoux à patins à grosses roulettes et devant maman qui se fâchait pour de faux, nous étions fiers de ne pas crier quand çà piquait et qu'elle nous réparait çà. Eh bien, à douze ans, j'avais ce coeur là lorsque j'ai commencé le catéchisme à 7 ou 8 ans (avant 10 ans en tout cas). Je soufflais aux autres : "C'est pas difficile, avec Jésus, c'est toujours l'amour qui gagne !"

Mais cet esprit d'enfance on le perd un jour. On prend conscience de soi, on devient 'moi'. Il y a comme une sortie d'un monde à la Walt Disney. Pour moi, ce fut lorsque j'ai surpris un garçon et une fille enlacés sur le banc d'un parc. Boum, les ennuis commençaient ! Julien Green rapporte ce passage, cette confusion soudaine, cette diminution de clarté :

« L’amour était en moi et autour de moi comme l’air que je respirais. Mais aux alentours de ma cinquième année, il dut y avoir comme une sorte de catastrophe dont le sens m’échappe. A un moment que je n’arrive pas à situer, je me retrouvai de nouveau assis devant ma fenêtre quand j’eus tout à coup la conscience d’exister. Tous les hommes ont connu cet instant singulier où l’on se sent brusquement séparé du reste du monde, par le fait qu’on est soi-même et non ce qui nous entoure. Je laisse aux spécialistes le soin d’expliquer ces choses où j’avoue ne pas voir très clair. Tout ce que je retiens est que, pour ma part, je sortis à ce moment-là d’un paradis. C’était l’heure symbolique où la première personne du singulier fait son entrée dans la vie humaine pour tenir jalousement le devant de la scène jusqu’au dernier soupir. Certes je fus heureux par la suite, mais non comme je le fus auparavant, dans l’Eden d’où nous sommes chassés par l’ange fulgurant qui s’appelle Moi ». (Partir avant le jour pp 90)

Mais c'est Bernanos qui en parle le mieux - d'ailleurs, il eût suffi de citer un extrait du Journal d'un curé de campagne, pour écrire un commentaire aujourd'hui:

« D’où vient que le temps de notre petite enfance nous apparaît si doux, si rayonnant? Un gosse a des peines comme tout le monde, et il est, en somme, si désarmé contre la douleur, la maladie! L’enfance et l’extrême vieillesse devraient être les deux grandes épreuves de l’homme. Mais c’est du sentiment de sa propre impuissance que l’enfant tire humblement le principe même de sa joie. Il s’en rapporte à sa mère, comprends-tu? Présent, passé, avenir, toute sa vie, la vie entière tient dans un regard, et ce regard est un sourire. Hé bien, mon garçon, si l’on nous avait laissés faire, nous autres, l’Eglise eût donné aux hommes cette espèce de sécurité souveraine. Retiens que chacun n’en aurait pas moins eu sa part d’embêtements. La faim, la soif, la pauvreté, la jalousie, nous ne serons jamais assez forts pour mettre le diable dans notre poche, tu penses! Mais l’homme se serait su le fils de Dieu, voilà le miracle! Il aurait vécu, il serait mort avec cette idée dans la caboche – et non pas une idée apprise seulement dans les livres, - non. Parce qu’elle eût inspiré, grâce à nous, les mœurs, les coutumes, les distractions, les plaisirs et jusqu’aux plus humbles nécessités. Ça n’aurait pas empêché l’ouvrier de gratter la terre, le savant de piocher sa table de logarithmes ou même l’ingénieur de construire ses joujoux pour grandes personnes. Seulement nous aurions aboli, nous aurions arraché du cœur d’Adam le sentiment de sa solitude. "
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Pour suivre Jésus

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 19,16-22.
Quelqu'un s'approcha de Jésus et lui dit : « Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? »
Jésus lui dit : « Pourquoi m'interroges-tu sur ce qui est bon ? Il n'y a qu'un seul être qui soit bon ! Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements. - Lesquels ? » lui dit-il. Jésus reprit : « Tu ne commettras pas de meurtre. Tu ne commettras pas d'adultère. Tu ne commettras pas de vol. Tu ne porteras pas de faux témoignage. Honore ton père et ta mère. Et aussi : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
Le jeune homme lui dit : « Tout cela, je l'ai observé : que me manque-t-il encore ? » Jésus lui répondit : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi. » A ces mots, le jeune homme s'en alla tout triste, car il avait de grands biens
.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Jésus expose dans cet Évangile, comme dans la première lecture, toute la distance qui subsiste entre les pratiques extérieures de la religion, et le lien personnel qui (doit) (devrait) nous animer envers le Seigneur et envers autrui et le monde. Combien de fois dans l'Ancien Testament, ici par la bouche d'Ezekiel, Dieu n'a-t-il pas dit au peuple par la voix de ses prophètes qu'il n'a rien à faire de leurs pratiques extérieures si elles ne sont pas liées à l'exercice de la justice envers le prochain ? Je cite encore Isaïe, chapitre 1, tant cette tirade me parle : "Qu'ai-je affaire de la multitude de vos sacrifices? dit l'Éternel. Je suis rassasié des holocaustes de béliers et de la graisse des veaux; Je ne prends point plaisir au sang des taureaux, des brebis et des boucs. Quand vous venez vous présenter devant moi, Qui vous demande de souiller mes parvis? Cessez d'apporter de vaines offrandes: J'ai en horreur l'encens, Les nouvelles lunes, les sabbats et les assemblées; Je ne puis voir le crime s'associer aux solennités. Mon âme hait vos nouvelles lunes et vos fêtes; Elles me sont à charge; Je suis las de les supporter. Quand vous étendez vos mains, je détourne de vous mes yeux; Quand vous multipliez les prières, je n'écoute pas: Vos mains sont pleines de sang. Lavez-vous, purifiez-vous, Otez de devant mes yeux la méchanceté de vos actions; Cessez de faire le mal. Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, Protégez l'opprimé; Faites droit à l'orphelin, Défendez la veuve !"

Certes, le jeune homme a observé, comme il a pu. Sa naïveté de dire : "Tout cela je l'ai observé: que me manque-t-il encore ?" montre bien qu'en dépit de sa sincérité, il ne s'est pas encore engagé tout à fait, car qui peut prétendre avoir aimer son prochain comme soi-même sans une remise en question très profonde ? C'est sans doute pour cela, devant cette bonne volonté pleine de naïveté, qu'un autre évangéliste note que "Jésus le regarda et se mit à l'aimer". (Je voudrais bien avoir ce regard dans le mien chaque jour de ma vie !)... Il l'invite, pour vraiment décoller et s'envoler vers le Royaume, à quitter tout ce qu'il a, le donner aux pauvres, puis revenir et le suivre. Mais le jeune homme n'y parvient pas - du moins sur le moment, car autre chose que le désir d'être parfait entre en contradiction avec sa foi - et cette autre chose, ce sont tous ses biens terrestres.

Dommage. Je me suis souvenu du temps où j'étais encore en chemin vers Jésus. j'avais déjà abandonné la quête de la réussite individuelle, que j'avais cru indispensable. Et sans que je m'en rende vraiment compte, dans tout ce que je pensais, Jésus me guettait. En juin 1980, j'avais accompli tout ce que la société demande à un homme qui a fait des études, puis servi son pays en soldat, puis cherché partout un travail qui lui conviendrait. Mais devant le manque de succès, un matin, de retour d'un Ixième rendez-vous d'embauche, en passant devant une agence de voyages, j'avais réservé un vol vers la Caroline du Sud, où j'avais une correspondante jamais rencontrée - qui se nommait Lisa. Je lui avais communiqué la date et le numéro du vol, lequel aboutirait à Atlanta. Et je suis parti, j'ai laissé derrière moi la vieille Europe et son 'conditionnement d'individus'. Humainement, je peux dire que ce fut la plus lumineuse période de ma vie. Lorsque je suis revenu, il me restait de
quoi vivre durant trois mois, mais j'avais tant de force en moi, que j'ai trouvé du travail au bout de cinq jours, à peine le temps de défaire mes bagages.

Ma conclusion ? Il faut se quitter soi-même pour entrer dans le dessein de Jésus. Et à présent que j'ai 56 ans, encore en forme, je sens ce désir de détachement commencer de me 'titiller'. Où cela me mènera-t-il ? Peut-être au monastère de Rougemont, que j'ai vu en rêve - un rêve plein de détails, et qui me poursuit assez souvent ? Mais existe-t-il des jeunes hommes riches à 56 ans ?


Dans un rêve, il y a dix ans, j'ai vu cet arbre et cette échelle en haut de laquelle se tenait un moine en robe de bure, mais c'était dans un superbe coucher de soleil et j'ai éprouvé un immense allégresse :

Image
Etienne[/color]
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Que croyons-nous quitter ?

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 19,23-30.
Jésus disait à ses disciples : " Amen, je vous le dis : un riche entrera difficilement dans le Royaume des cieux.
Je vous le répète : il est plus facile à un chameau de passer par un trou d'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume des cieux. »
Entendant ces paroles, les disciples furent profondément déconcertés, et ils disaient : « Qui donc peut être sauvé ? »
Jésus les regarda et dit : « Pour les hommes, c'est impossible, mais pour Dieu tout est possible. »
Alors Pierre prit la parole et dit à Jésus : « Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre : alors, qu'est-ce qu'il y aura pour nous ? »
Jésus leur déclara : « Amen, je vous le dis : quand viendra le monde nouveau, et que le Fils de l'homme siégera sur son trône de gloire, vous qui m'avez suivi, vous siégerez vous-mêmes sur douze trônes pour juger les douze tribus d'lsraël. Et tout homme qui aura quitté à cause de mon nom des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra beaucoup plus, et il aura en héritage la vie éternelle. Beaucoup de premiers seront derniers, beaucoup de derniers seront premiers.




Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

La première lecture nous montre le prophète Ezékiel envoyé au prince de la ville de Tyr, qui habite une île au milieu de la mer. La mer, symbole des évènements changeants du monde, parfois tranquille et belle à contempler, mais capable aussi de se muer de manière inattendue en furie meurtrière. Mais l'île est aussi est un symbole. Aujourd'hui, on dirait peut-être une tour d'ivoire ou un abri bétonné. Cela me fait songer également à ces amoureux ingénus qui se disent l'un à l'autre, dans le creux de l'oreille: "Ce sera toi et moi contre le monde entier !" A peu de choses près, c'est la pensée qui vient à ceux qui veulent fonder une famille. Mais il n'y a pas de refuge contre le monde, si ce n'est en Dieu. Et lorsque les enfants naissent, il faut sortir de chez soi et se confronter au monde. L'homme riche n'est pas plus à l'abri sur son île : que survienne un séisme, qu'un ouragan la recouvre, qu'il tombe malade - il est complètement isolé.

L’Évangile nous donne la réponse: ce n'est pas dans la richesse qu'il faut mettre sa confiance, mais en Celui qui peut subvenir à tous les besoins de l'homme et aussi sauver son âme. Les disciples ne comprennent pas, mais ce n'est pas qu'ils sont stupides: ils sont comme nous, qui croyons en Dieu, mais qui faisons des économies et devant l'écran de télé, nous demandons souvent ce que réserve le lendemain.

Pour rencontrer le Seigneur et trouver ainsi le Royaume, il nous faut sortir de nous-mêmes, des certitudes qui n'en sont pas, des promesses de sécurité que donne le monde, car le monde ment. . Une foi passive ne vaut rien - et d'ailleurs, si nous n'avançons pas, le Seigneur nous fera bouger pour notre propre bien, puisqu'il est notre berger. Pierre dit vrai: ils ont tout quitté pour suivre Jésus. Et celui-ci leur répond qu'ils recevront beaucoup plus que ce qu'ils ont laissé derrière eux, mais sans dire exactement ce qu'ils recevront car il veut les détacher des fausses images de la réussite.

Pour moi, à présent que j'ai cinquante-six ans, et ma mère quatre-vingt huit - aujourd'hui. A présent que le reste de ma famille s'est dispersée et ne maintient pas le contact, je reçois l'enseignement de ce jour comme d'autres l'ont reçu avant moi. Par exemple, c'est bien pour moi le jour d'aujourd'hui qui requiert toute mon attention. Et ce qui me procurera de cette gloire et de cette renommée dont rêvent les hommes, c'est le projet que le Seigneur accomplira à travers moi. Je suis seul mais je suis heureux. Moi qui avais craint de manquer d'amitié et d'amour, je constate que j'en distribue, puisqu'on m'en remercie !

Je termine avec cette anecdote: je rentrais chez moi en voiture et je franchissais un pont lorsque, sous la canicule, j'ai vu monter devant moi, souffrant beaucoup, un homme aux cheveux blancs Oh, pauvre homme, me suis-je dit, avec cette température que nous avons aujourd' hui. Et aussitôt, je l'ai béni d'un petit signe de croix à hauteur de mon volant. Mais plus tard, dans la soirée, j'ai trouvé dans le Petit Journal de sainte Faustine, que le Seigneur se sert même de nos yeux pour voir les malheureux. Quelle révélation !

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
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Aimer c'est aussi refuser la haine en soi

Message non lu par etienne lorant »

Voici les notes que j'avais voulu poster l'autre jour. Sur ce point le futur pape Jean-Paul II et Etty Hillesum - pratiquement à la même époque, lui en Pologne, elle dans le ghetto d'Amsterdam, arrivent à la même conclusion:

"La haine farouche que nous avons des Allemands verse un poison dans nos coeurs. "On devrait la noyer cette sale race, tous les détruire jusqu'au dernier" - on entend cela tous les jours dans les conversations et on a l'impression de ne plus pouvoir vivre cette période maudite. Jusqu'au jour où m'est venue soudain, il y a quelques semaines, cette pensée libératrice qui a levé comme un jeune brin d'herbe au milieu d'une jungle de chiendent :

N'y aurait-il qu'un seul Allemand respectable, il serait digne d'être défendu contre toute la horde des barbares. Sa seule existence vous enlèverait le droit de déverser votre haine sur un peuple entier.

Jean-Paul II, dans la carrière où il cassait des cailloux dans la carrière de Zabrziwek, méditait les mêmes choses et n'allait pas tarder à entrer clandestinement au séminaire.

Je dépose une copie de ce message sous la rubrique "Spiritualité", car cela en vaut la peine... devrions-nous nous retrouver un jour sous un joug oppresseur que certains d'entre nous ont déjà désigné...



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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Aimer c'est aussi refuser la haine en soi

Message non lu par etienne lorant »

Merveilleux ! A peine avais-je posté ce sujet que je retombe sur l'actualité... qui semble répondre favorablement !


Ils vont parcourir plus de 2 000 kilomètres en cinq jours dans ce qu'ils appellent la marche de la vie. 400 descendants de familles de SS nazis et de juifs déportés vont relier six camps de concentration situés en Pologne. 70 ans, après le début de l'extermination des juifs durant la Seconde Guerre mondiale, cette marche se veut avant tout un message fort contre l'antisémitisme.

Auschwitz, Sobibor, Chelmno, Majdanek, Belzec, Treblinka : six camps d'extermination où les nazis ont tué au total près de trois millions de juifs durant la Seconde Guerre mondiale. La marche de la vie, partie ce matin du camp d'Auschwitz-Birkenau, va traverser tous ces endroits où il ne reste la plupart du temps que des monuments commémoratifs.

A l'initiative d'une église protestante indépendante allemande, les 400 participants sont venus essentiellement d'Allemagne, d'Israël, des Etats-Unis et de Pologne. Parmi eux figurent des descendants d'officiers de la Wehrmacht et de SS, venus dire pardon pour les horreurs commises par leurs grands-parents, mais aussi des descendants de juifs déportés dans tous ces camps. Ensemble, ils se sont venus dire non à l'antisémitisme.

Tout au long de la semaine, les marcheurs vont se relayer par petits groupes pour rallier les six camps d'extermination. Mercredi 22 août, ils seront officiellement accueillis par le maire de Varsovie dans la capitale polonaise. La marche s'achèvera deux jours plus tard au camp d'extermination de Treblinka.

[+] Texte masqué
http://www.rfi.fr/europe/20120820-polog ... isemitisme
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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zelie
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Re: Aimer c'est aussi refuser la haine en soi

Message non lu par zelie »

Gros chantier! (je parle de la citation d'Etty, nos posts se sont croisés)
Le lire, c'est magnifique, mais le voir se réaliser, ou le vivre, je crois que c'est bien autre chose!

J'ai lu un jour un livre sur les camps de concentration, avant ma conversion, il y a plus de 20 ans, qui décrivait un homme, qui en camps de concentration était resté assez bien conservé, aidait tout le monde, rayonnait d'amour. Un homme exceptionnel.
L'auteur du livre a toujours pensé que cet homme était ainsi parce qu'arrivé dans les derniers, en fin de guerre, il n'était resté que peu de temps en camps.
OR, pas du tout.
Après la libération du camps, il avait livré son histoire à l'auteur:
Cet homme était un avocat juif allemand (si ma mémoire est bonne), avait été interné dès le début de la guerre, après une rafle dans laquelle il avait vu les nazis fusiller ses deux petites filles et sa femme. Il aurait pu, il aurait dû sombrer dans la colère la plus destructrice; en fait non, pas du tout: il s'était senti face à un choix, un choix à faire dans la seconde de la mort des siens; ou hair, ou pardonner et aimer. Et il a pardonné et aimé... les nazis.
Il a été interné en camps et a réussi à y survivre 6 ans sans mourir de faim, et sans que son corps ne ressente les privations au point de l'abandonner; il était un miracle vivant, le seul à avoir survécu tant de temps.
Dans son quotidien, cet homme était sans cesse relié à Dieu, et ne cessait d'agir en se plaçant sous la Volonté Divine.
C'est un cas vraiment rare. Il édifiait les soldats américains venus délivrer ces camps, et dont l'auteur était l'un des leurs.

Tous comme d'autres saints, connus ou pas, son cas nous édifiera. Mais de là à arriver à imiter ces personnes-là... je me sens tellement loin du compte!
Mais certes, on peut au moins méditer leur chemin et s'en nourrir!
L’intégrisme est un refuge pour la misère parce qu’il offre un sursaut d’espérance à ceux qui n’ont rien.
Que leur mal disparaisse, et l’intégrisme perdra ses troupes. L'Abbé Pierre
Vis vraiment chaque instant. Fais-le meilleur. Aime-le. Chéris-le. Fais-le beau, bon pour toi-même et pour Ton DIEU. Ne néglige pas les petites choses. Fais-les avec Moi, doucement. Fais de ta maison un Carmel où Je puisse Me reposer. Jésus, Premier Cahier d'Amour
etienne lorant
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Re: Aimer c'est aussi refuser la haine en soi

Message non lu par etienne lorant »

Il faut que je retrouve qui fut cet homme ! Je vais chercher... mais demain... Il est déjà 19h18 ! Faut fermer la boutique tout de même !

:ciao:
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Puissent nos coeurs être dans la paix...

Message non lu par etienne lorant »


A demain !
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