Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2011-2012)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Re: Fête de saint Jacques

Message non lu par etienne lorant »

A propos des péchés de la langue, cette amusante mais édifiante pénitence...

Une leçon de Saint Philippe Néri (1515-1594) ...

« Une femme s’accusait à saint Philippe Néri d’être sujette à médire du prochain.
- Et commettez-vous fréquemment cette faute ?
- Oui, très fréquemment, répondit la pénitente.
En présence d’un aveu si franc, l’habile directeur comprit qu’il y avait dans la mauvaise habitude de cette chrétienne plus d’étourderie et de légèreté que de perversité réfléchie. Il fallait, avant tout, éclairer cette âme sur les suites fâcheuses du péché qu’elle commettait avec une si déplorable facilité.
« Ma chère fille, dit saint Philippe, votre faute est grande. Mais la miséricorde de Dieu, est plus grande encore. Avec la volonté énergique de vous corriger, et en ayant fréquemment recours à la prière, je ne doute pas que vous ne triomphiez bientôt de cette mauvaise inclination. Pour votre pénitence, voici ce que vous ferez : Vous irez au marché voisin. Vous achèterez une poule récemment tuée et couverte encore de ses plumes. Vous vous acheminerez ensuite hors de la ville, jusqu’à un point déterminé, en faisant plusieurs détours, et en plumant la poule que vous tiendrez en vos mains pendant toute la durée de la promenade. Votre course finie, et la poule plumée, vous reviendrez me trouver pour me rendre compte de votre ponctualité à remplir l’ordre que je vous donne au nom du Dieu dont je suis le ministre. »
Inutile de dire l’étonnement de cette femme si étrangement punie par un saint religieux incapable assurément d’une plaisanterie, surtout dans l’exercice de son auguste ministère.
« J’obéirai, mon père, dit-elle en faisant taire toute objection dans son esprit, j’obéirai. »
Et la voilà qui se rend au marché voisin, achète une poule, puis se met en route en la plumant, comme elle en avait reçu l’ordre. Bientôt elle revient vers son confesseur, empressée de lui faire part de son exactitude, et désireuse aussi d’avoir l’explication d’une si singulière pénitence.
- Ah ! dit le saint, vous avez fidèlement suivi la première partie de mon ordonnance comme médecin de votre âme ; accomplissez maintenant la seconde, et vous serez guérie. Retournez à l’endroit d’où vous arrivez, repassez par les mêmes chemins, et ramassez une à une toutes les plumes de la poule que vous venez de dépouiller.
- Mais c’est impossible, s’écria la pauvre femme, au comble de la surprise, c’est impossible. J’ai semé ces plumes au hasard et de tous les côtés de ma route : le vent les a emportées dans les directions les plus opposées. Comment voulez-vous, mon père, que je puisse les retrouver maintenant ?
- Eh bien ! mon enfant, dit le bon religieux, les médisances sont comme ces plumes que vous renoncez à pouvoir rattraper une fois que le vent les a dispersées. Vos paroles funestes sont allées dans toutes les directions ; rattrapez-les maintenant si vous le pouvez ! ...
Allez, et ne péchez plus.
L’histoire ne nous dit pas si la bonne femme se corrigea, mais c’est probable. Cette leçon emporte la pièce ; il fallait être un saint pour la trouver, il faudrait être un sot pour ne pas en tirer profit. »

Le catéchisme en exemples, 2ème éd. revue, Librairie de J. Lefort, Lille-Paris, s.d. (1867).
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Mac
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Re: Fête de saint Jacques

Message non lu par Mac »

Amusante :D mais où l'on voit tout l'amour de Dieu à travers ce Saint. Je ne connaissais pas cette histoire, mais comme tu le soulignes, il faudrait être sot effectivement pour ne pas profiter de cette leçon.

Fraternellement en Notre Seigneur Jésus Christ.
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Re: Fête de saint Jacques

Message non lu par etienne lorant »

Mac a écrit :Amusante :D mais où l'on voit tout l'amour de Dieu à travers ce Saint.
Et son humour aussi... je n'y aurais pas cru :

Saint Philippe Neri
mercredi 13 octobre 2010
SAINT PATRON DE L'HUMOUR, DES TROUBADOURS, SAINT PHILIPPE NERI

Allons y voir de plus près : c'était un prêtre italien du XVI° siècle au temps de la Réforme catholique entreprise avec le concile de Trente. Gai et plein d'entrain, d'enthousiasme et d'imagination, il humanise la religion, étonne ses supérieurs qui finissent par se rallier à ses méthodes. Il est surnommé « Saint de la joie » ; il est fêté le 26 mai, mais il était né le 21 ou 22 juillet, jour de la Sainte Marie-Madeleine (voir Dédicace de ce blog)!

Le pape Benoît XVI l'a donné comme modèle aux jeunes cette année en raison de « son allégresse et son dévouement spécial pour la jeunesse qu'il a éduquée et évangélisée grâce à une initiative pastorale inspirée : l'Oratoire ». Il fonda en effet la Congrégation de l'Oratoire qui a essaimé à travers le monde. Saint Philippe Néri a été nommé co-patron de la ville de Rome (les autres saints patrons étant Saint Pierre et Saint Paul), il est aussi considéré comme le saint patron des Oeuvres de jeunesse.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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coeurderoy
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Re: Fête de saint Jacques

Message non lu par coeurderoy »

Merci Etienne, je crois que j'avais lu quelque part cette histoire de la poule...et de ses plumes ! Etant né en la fête de saint Philippe Néri, je commence aussi à comprendre ma tendance à l'humour et mon goût pour les troubadours ! :clown: :rire:
"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"

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Utilité des paraboles

Message non lu par etienne lorant »

Le jeudi de la 16e semaine du temps ordinaire

Livre de Jérémie 2,1-3.7-8.12-13.
Mon peuple a commis un double péché, déclare le Seigneur : ils m'ont abandonné, moi, la source d'eau vive, et ils se sont creusé des citernes : des citernes fissurées, qui ne retiennent pas l'eau !

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 13,10-17.
Les disciples s'approchèrent de Jésus et lui dirent : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? » Il leur répondit : « A vous il est donné de connaître les mystères du Royaume des cieux, mais à eux ce n'est pas donné. Celui qui a recevra encore, et il sera dans l'abondance ; mais celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a.
Si je leur parle en paraboles, c'est parce qu'ils regardent sans regarder, qu'ils écoutent sans écouter et sans comprendre.

Ainsi s'accomplit pour eux la prophétie d'Isaïe : Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. Le cœur de ce peuple s'est alourdi : ils sont devenus durs d'oreille, ils se sont bouché les yeux, pour que leurs yeux ne voient pas, que leurs oreilles n'entendent pas, que leur cœur ne comprenne pas, et qu'ils ne se convertissent pas. Sinon, je les aurais guéris !
Mais vous, heureux vos yeux parce qu'ils voient, et vos oreilles parce qu'elles entendent ! Amen, je vous le dis : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l'ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu.



En chaque occasion où Jésus a guéri des malades et délivré des possédés, il a commencé par faire appel, même très succinctement, à leur foi. Et la foi n'est pas une connaissance de Dieu, elle est un abandon de confiance qui se passe de la raison.

Le motif pour lequel Jésus parle en paraboles, c'est justement pour exclure de la compréhension les jugements préalables, les conceptions déjà établies, les systèmes de pensées à la mode, les opinions du temps.

Jésus, dans ce passage, s'adresse à la foule, mais en particulier, comme il est écrit ailleurs, il expliquait tout à ses disciples - afin qu'ils puissent comme leur maître toucher le cœur des hommes et des femmes qu'ils rencontreront et dont ils devront élever la foi.

Est-ce si difficile à comprendre ? Les "maîtres en Israël", scribes et pharisiens, docteurs de la Loi, prêtres et lévites enseignent eux aussi le peuple et, à chaque génération, ils leur disent ce qu'il faut penser et comprendre de Dieu - mais selon leurs conceptions à eux !

N'avons-nous pas, nous aussi, nos maîtres à penser ? Ils nous disent à longueur de temps pourquoi notre monde va mal. Mais, comme si cela n'avait rien à voir, comme s'il n'y avait aucun rapport, ils nous expliquent avec assurance que l'homme est tel qu'il est et que c'est sa liberté - non critiquable; c'est son droit : il est libre de vivre et de mourir comme il l'entend !

Le système libéral est simple: il soumet l'homme à son revenu d'argent, et pour le reste le laisse libre de pratiquement tous ses mœurs - et même de la manière d'en finir avec la vie.

J'aime beaucoup l'image employée par Jérémie: les hommes se sont établis comme des citernes, mais ce sont des citernes qui fuient, incapables de retenir l'eau supposée les abreuver ! Dans Isaïe, le Seigneur les accuse d'agir contre leur propre nature et dénonce l'imposture : "ils se sont bouché les yeux, pour que leurs yeux ne voient pas, que leurs oreilles n'entendent pas, que leur cœur ne comprenne pas, et qu'ils ne se convertissent pas. Sinon, je les aurais guéris !"

Croyez-vous dans les idées qui circulent de notre temps ? Elles vont dans tous les sens: que l'une contredise l'autre n'a aucune importance puisque l'homme est libre de penser et de faire tout ce qu'il veut ! Mais la religion chrétienne continue d'énoncer les mêmes vérités. Et, de la sorte, elle est aussi dérangeante (mais salutaire) que le fut la Parole au temps de Jésus.

Cependant: La foi est notre seule planche de salut.


.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Fête de saint Jacques

Message non lu par etienne lorant »

Eh bien, çà me fait plaisir ! :clap:
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Zborg
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Re: Fête de saint Jacques

Message non lu par Zborg »

merci Etienne, ce passage est fabuleux :D
Et j'ai trouvé le livre dont vous parlez disponible sur g...gle gratuitement! Pourquoi se priver.

http://books.google.fr/books?id=rWfXUCe ... &q&f=false
Dans toutes vos œuvres, écoutez votre âme, et soyez-lui fidèle; car c'est ainsi qu'on garde les commandements de Dieu.
Ecclésiastique de Jésus, 32-27
etienne lorant
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L'Eglise doit être comme son maître

Message non lu par etienne lorant »

Le vendredi de la 17e semaine du temps ordinaire

Livre de Jérémie 26,1-9.
Au début du règne de Joakim, fils de Josias, roi de Juda, cette parole fut adressée à Jérémie de la part du Seigneur :
« Ainsi parle le Seigneur : Tiens-toi dans la cour du Temple. Aux gens de toutes les villes de Juda qui viennent se prosterner dans le Temple, tu diras toutes les paroles que je t'ai ordonné de leur dire ; n'en retranche pas un mot. Peut-être écouteront-ils, et se détourneront-ils chacun de sa route mauvaise ? Alors je renoncerai au malheur que je prépare contre eux pour châtier le mal qu'ils font. Tu leur diras donc : Ainsi parle le Seigneur : Si vous ne m'écoutez pas, si vous ne suivez pas la Loi que je vous ai donnée, si vous n'écoutez pas les paroles de mes serviteurs les prophètes, que je vous envoie inlassablement, et que vous n'avez pas écoutés, je traiterai ce Temple comme celui de Silo, et ferai de cette ville un exemple de malédiction pour toutes les nations de la terre. » Les prêtres, les prophètes et tout le peuple entendirent Jérémie prononcer ces paroles dans le temple du Seigneur.
Et quand Jérémie eut fini de dire à tout le peuple tout ce que le Seigneur lui avait ordonné de dire, les prêtres, les prophètes et tout le peuple se saisirent de lui en disant : « Tu vas mourir !
Pourquoi prophétises-tu, au nom du Seigneur, que ce Temple deviendra comme celui de Silo, que cette ville sera dévastée et vidée de ses habitants ? »



Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 13,54-58.
Jésus alla dans son pays, et il enseignait les gens dans leur synagogue, de telle manière qu'ils étaient frappés d'étonnement et disaient : " D'où lui viennent cette sagesse et ces miracles? N'est-il pas le fils du charpentier ? Sa mère ne s'appelle-t-elle pas Marie, et ses frères : Jacques, Joseph, Simon et Jude ?
Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes chez nous ? Alors, d'où lui vient tout cela ? » Et ils étaient profondément choqués à cause de lui. Jésus leur dit : « Un prophète n'est méprisé que dans sa patrie et dans sa propre maison. » Et il ne fit pas beaucoup de miracles à cet endroit-là, à cause de leur manque de foi
.

Dans la première lecture, le prophète Jérémie, comme d'autres avant lui - et après lui jusqu'au Christ, se voit menacé de mort simplement parce qu'il dit, en plein temple, que la manière de croire des juifs n'est pas ce que Dieu demande et que, s'ils continuent dans cette voie, leur temple sera détruit. La menace de mort qui pèse aussitôt sur le prophète est la même qui retombera finalement sur le Seigneur et le temple même de Jérusalem sera rasé.

Dans l’Évangile, Jésus se fait railler dans la synagogue de Nazareth, car la parenté de Marie et Joseph est connue de tous - et Jésus est charpentier, fils de charpentier. En dépit des miracles et des signes extraordinaires dont ils ont entendu parler, les juifs de Nazareth refusent de croire. Eux aussi chercheront à le mettre à mort, simplement parce qu'il s'est attribué la prophétie d'Isaïe: "L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction.Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres, et aux aveugles qu'ils verront la lumière,apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur. " Or, même ainsi, pour les proches de Nazareth, l'annonce de la Bonne Nouvelle est contraire à la façon de croire que les juifs ont choisie...

Ainsi sont beaucoup de croyants et de 'fidèles' encore aujourd'hui, nous a dit le prêtre dans son homélie: "encore et toujours" plus attachés à la vision d'une Église riche et puissante qui dicterait sa loi aux autorités publiques, plutôt que l’Église "servante et pauvre", qui est à l'image de son Maître. Et il visait la communauté lefebvriste qui se réunit en ville alors même qu'un synode diocésain est en cours.
Il nous a rappelé également que Monseigneur Albert Descamps, originaire de notre région, avec Mgr Onclin, avait été envoyé à Ecône en novembre 1974, comme visiteur apostolique, par la Commission cardinalice spéciale nommée par Paul VI.

J'avoue que je ne m'imaginais pas écrire un jour ce type de commentaire, mais j'adhère tout à fait à ce qu'a dit mon curé, car j'y reconnais la parole de Jésus qui est très claire:

En Marc 10: Jésus les appelle et leur dit : « Vous le savez : ceux que l'on regarde comme chefs des nations païennes commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur. Celui qui veut être le premier sera l'esclave de tous : car le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. » Et encore, en Jean 15 : "Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera, vous aussi. Si l’on a observé ma parole, on observera aussi la vôtre. Les gens vous traiteront ainsi à cause de moi, parce qu’ils ne connaissent pas celui qui m’a envoyé. »
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Véronique Belen
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Re: L'Eglise doit être comme son maître

Message non lu par Véronique Belen »

Permettez-moi, Etienne, de répondre par ma propre méditation sur l'Evangile d'aujourd'hui :

Ce que je retiens aujourd’hui de cet Evangile, c’est qu’il dément profondément les évangiles apocryphes, où on nous décrit un Jésus surnaturel dès l’enfance, jouant de sa capacité à faire des petits miracles, mettant déjà la concorde là où il y avait la discorde. Nous devons nous dépouiller de ces représentations mentales, et croire plutôt que Jésus ne montrait rien, enfant, qui puisse le distinguer des autres enfants de son âge, à l’exception du péché bien sûr, mais je pense que Jésus vivait sa sainteté dans la plus grande discrétion et la plus parfaite humilité. Et que Marie, jamais, n’a fait étalage de sa conception en sa virginité, de sorte que même les plus proches de Jésus n’aient pu concevoir une quelconque différence entre eux et lui.

On comprend alors d’autant mieux qu’une fois entré dans sa vie publique de prédication et de guérison des malades, il n’ait absolument pas été compris par son entourage le plus proche, et soupçonné de perdre la raison. La jalousie spirituelle joue là aussi son rôle.

Oui, méditons profondément cet Evangile : « Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie et sa propre maison », la maison pouvant être, en élargissant, la religion dans laquelle on a grandi.

http://www.histoiredunefoi.fr/partages/ ... hieu-13-57
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Quelle est la bonne façon de croire ?

Message non lu par etienne lorant »

Livre de Jérémie 26,11-16.24.
A la porte du Temple, les prêtres et les prophètes dirent aux chefs et à tout le peuple à propos de Jérémie : « Cet homme mérite la mort, car il a prophétisé contre cette ville ; vous l'avez entendu de vos oreilles. » Jérémie répondit, en s'adressant à tous les chefs et à tout le peuple : « C'est le Seigneur qui m'a envoyé prophétiser contre ce Temple et contre cette ville, et dire toutes les paroles que vous avez entendues. Et maintenant, changez de route, conduisez-vous bien, écoutez l'appel du Seigneur votre Dieu ; alors il renoncera au malheur qu'il a décrété contre vous. Quant à moi, me voici entre vos mains, faites de moi ce qui vous semblera bon et juste. Mais sachez-le bien : si vous me faites mourir, c'est d'un sang innocent que vous allez vous charger, vous-mêmes et cette ville et tous ses habitants. Car c'est vraiment le Seigneur qui m'a envoyé prononcer toutes ces paroles pour que vous les entendiez. » Alors les chefs et tout le peuple dirent aux prêtres et aux prophètes : « Cet homme ne mérite pas la mort, car c'est au nom du Seigneur notre Dieu qu'il nous a parlé. »

Psaume 69(68),15a-16.30-31.33-34.
Seigneur, tire-moi de la boue,
Que les flots ne me submergent pas,
que le gouffre ne m'avale,
que la gueule du puits ne se ferme pas sur moi.

Et moi, humilié, meurtri,
que ton salut, Dieu, me redresse.
Et je louerai le nom de Dieu par un cantique,
je vais le magnifier, lui rendre grâce.

Les pauvres l'ont vu, ils sont en fête :
« Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! »
Car le Seigneur écoute les humbles,
il n'oublie pas les siens emprisonnés.



Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 14,1-12.
En ce temps-là, Hérode, prince de Galilée, apprit la renommée de Jésus et dit à ses serviteurs : « Cet homme, c'est Jean le Baptiste, il est ressuscité d'entre les morts, et voilà pourquoi il a le pouvoir de faire des miracles. »Car Hérode avait fait arrêter Jean, l'avait fait enchaîner et mettre en prison, à cause d'Hérodiade, la femme de son frère Philippe. En effet, Jean lui avait dit : « Tu n'as pas le droit de vivre avec elle. » Hérode cherchait à le mettre à mort, mais il eut peur de la foule qui le tenait pour un prophète.
.


Cy Aelf, Paris

Le fil conducteur entre les trois lectures, c'est bien sûr la persécution de ceux qui parlent de la part de Dieu. Jérémie et les autres prophètes, Jean le Baptiste en dernier ont enduré rejets et condamnations pour avoir dénoncé ce qui est inacceptable devant Dieu. Ils l'ont fait, non en vue du châtiment, mais pour que l'on se convertisse et que l'on vive ! Et à propos de Jésus, on pourrait citer également i: (Lc 13,31-35): A ce moment-là, quelques pharisiens s'approchèrent de Jésus pour lui dire: «Va-t'en, pars d'ici : Hérode veut te faire mourir». Il leur répliqua: «Allez dire à ce renard: Aujourd'hui et demain, je chasse les démons et je fais des guérisons; le troisième jour, je suis au but. Mais il faut que je continue ma route aujourd'hui, demain et le jour suivant, car il n'est pas possible qu'un prophète meure en dehors de Jérusalem. » Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes, toi qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois j'ai voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous n'avez pas voulu! Maintenant, Dieu abandonne votre Temple entre vos mains. Je vous le déclare: vous ne me verrez plus jusqu'au jour où vous direz: Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur!».

Pour moi, ce que je trouve terrible, c'est que les hommes, en réalité, veulent bien croire, mais ils veulent croire à leur façon, selon des façons qu'ils inventent, ou qu'ils pratiquent de façon mercantile. Parfois, lorsque j'entends les partisans de la communion sur la langue, comme étant plus respectueuse que la communion dans les mains, je songe que bien souvent c'est la langue, justement, qui commet plus de péchés que la main ! J'ai aussi que certains croyants comptent leurs souffrances, et les multiplient par de nombreux jeûnes, en estimant que tout cela pèsera en leur faveur au jour du jugement particulier.

Mais en tout cela, ils oublient la miséricorde.

Je viens de tomber sur ce commentaire du Pape :

« C'est la miséricorde que je désire et non les sacrifices », signifie : je veux faire preuve de miséricorde, pas condamner. Son équivalent biblique est la phrase qu'on lit dans Ezéchiel : « Je ne prends pas plaisir à la mort du méchant, mais à la conversion du méchant qui change de conduite pour avoir la vie ». Dieu ne veut pas « sacrifier » sa créature, mais la sauver.

Avec cette précision on comprend aussi mieux l'affirmation d'Osée. Dieu ne veut pas le sacrifice « à tout prix », comme s'il aimait nous voir souffrir ; il ne veut pas non plus le sacrifice pour faire valoir des droits et des mérites devant Dieu, ou à cause d'un malentendu sur le sens du devoir. Mais il veut le sacrifice demandé par son amour et l'observance des commandements. « On ne vit pas dans l'amour sans souffrance », dit l'Imitation de Jésus Christ, et l'expérience de la vie de tous les jours le confirme. Il n'y a pas d'amour sans sacrifice. En ce sens, saint Paul nous exhorte à « offrir (nos) personnes en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu » (Rm 12, 1).

http://www.zenit.org/article-18149?l=french

(Merci à l'ange qui a guidé mes doigts !)

.
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Nourris du pain vivant descendu du ciel

Message non lu par etienne lorant »

Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 4,17.20-24.
Laissez-vous guider intérieurement par un esprit renouvelé.
Adoptez le comportement de l'homme nouveau, créé saint et juste dans la vérité, à l'image de Dieu.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6,24-35.
La foule s'était aperçue que Jésus n'était pas là, ni ses disciples non plus. Alors les gens prirent les barques et se dirigèrent vers Capharnaüm à la recherche de Jésus. L'ayant trouvé sur l'autre rive, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés.
Ne travaillez pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l'homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son empreinte. »
Ils lui dirent alors : « Que faut-il faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » Jésus leur répondit : « L'œuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé. » Ils lui dirent alors : « Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire ? Quelle œuvre vas-tu faire ? Au désert, nos pères ont mangé la manne ; comme dit l'Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : ce n'est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c'est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel. Le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. » Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous de ce pain-là, toujours. » Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n'aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n'aura plus jamais soif
.

Cette messe anticipée du dimanche, qui a été dite par le missionnaire revenu du Pakistan, pour huit fidèles, dans la petite salle de la maison de repos, cette petite messe qui ne ressemble à rien dans les formes et l'apparence, m'a soudainement apporté en même temps la force et la Joie - ce qui ne s'était plus produit depuis longtemps.

Que s'est-il passé ? Pour le comprendre, j'ai comme "interrogé" la Joie et ce sont les mots de l'apôtre Paul qui me sont venus: il faut adopter le comportement de l'homme nouveau. D'une façon que je ne saurais décrire, il m'a semblé que le Seigneur s'est réjoui de ce que j'ai décidé de renoncer à mon emploi du temps, afin de soutenir les esprits qui défaillent à la maison de repos. Est-ce qu'on imagine ces couloirs où il fait chaud, où tous et toutes espèrent la visite de quelqu'un et ne l'ont pas ? Ils finissent pas s'inventer des histoires pour donner une apparence de sens à leur présence dans ces murs, mais ces rêveries éveillées sont souvent imprégnées de malheur. C'est cela qu'il faut combattre ! Et dans la journée d'hier, j'ai résolu de franchir le pas: jusqu'en septembre, ce serait d'abord le service aux personnes âgées, et ensuite, mon travail - et tout le reste.

C'est aussi la fête de saint Jean-Marie Vianney, patron de tous les curés de paroisse. J'ai appris que dans les premiers temps, on avait autorisé le jeune 'curé suppléant' à donner tous les sacrements sauf la confession ! Il y a une forme d'humour en cela, puisque la petite paroisse de "25O âmes" allait rapidement se rempli de pénitents venus de partout.

Parmi les mots du curé d'Ars, je me souviens de celui-ci :
« Le Bon Dieu aura plus tôt pardonné à un pécheur repentant qu'une mère n'aura retiré son enfant du feu. » Puisque me voici nourri du pain de Dieu, celui qui descend du ciel et donne la vie au monde, me voici dans une grande joie - Alleluia !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
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Seigneur, augment en nous la foi !

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 14,22-36.
Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l'autre rive, pendant qu'il renverrait les foules. Quand il les eut renvoyées, il se rendit dans la montagne, à l'écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul. La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire. Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer.
En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils disaient : « C'est un fantôme », et la peur leur fit pousser des cris. Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c'est moi ; n'ayez pas peur ! » Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c'est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur l'eau. » Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais, voyant qu'il y avait du vent, il eut peur ; et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! » Ayant traversé le lac, ils abordèrent à Génésareth. Les gens de cet endroit reconnurent Jésus ; ils firent avertir toute la région, et on lui amena tous les malades. Ils le suppliaient de leur laisser seulement toucher la frange de son manteau, et tous ceux qui la touchèrent furent sauvés.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Comme j'écoutais cet Évangile, ce matin, il m'est apparu clairement que Jésus s'étant retiré dans la montagne pour prier le Père, ses disciples, pendant ce temps, peinent dans la nuit sur le lac. N'est-ce pas une situation qui m'est familière ? Le Seigneur est là-bas, quelque part, dans son église où je viens de communier, et moi je suis ici à mon travail, avec ma hantise d'une rentrée difficile, les efforts vains que j'ai fournis pour me rapprocher de mes sœurs, les dépenses supplémentaires que j'ai engagées pour compenser la dégradation des services à la maison de repos où réside ma mère. Mais qui s'inquiète de tout çà ?!?

Pourtant, j'ai communié, j'ai reçu le Pain qui nourrit pour la vie éternelle. Mais comme les disciples, je manque de foi et je me remets à craindre pour tout. De même, les disciples voient Jésus venir à eux en marchant sur les eaux et aussitôt ils crient au fantôme ! Pourtant, n'ont-ils pas assisté à d'autres miracles ? Ils sont terrifiés. Oh, naturellement, lorsque le vent tombe tout d'un coup, ils se prosternent et adorent leur maître. Bref, on assiste, dans la nature humaine, à des basculements rapides entre déclarations de foi profonde et puis, de manière presque comique, des rechutes dans une sombre et épaisse incrédulité.

Eh bien, je voudrais que cela cesse un bon coup. En tout cas, je veux livrer bataille contre moi-même et avancer dans la foi. Car je n'ai pas le moindre doute que la rentrée de septembre va voir surgir de nouvelles difficultés. Cette année, comme toutes les autres années, les gens sont partis en vacances - avec plus de précipitation encore que les autres années, me semble-t-il. Même si nombre d'entre eux se doutent qu'ils feront partie des prochains wagons d'exclusion sociale, ils sont partis. N'est-il pas tout à fait révélateur qu'il y a dix ans on disait : "Après nous, le déluge !" mais qu'aujourd'hui, l'on dit: "Après nous, les mouches !" ... Une femme vient de se présenter à mon bureau pour me demander de la "dépanner" de quatre euros, tandis qu'un jeune s'est présenté pour revendre avec un tablette de marque. Mais lorsque je lui ai demandé de la mettre en marche pour vérifier son bon fonctionnement, il est reparti.

Oui, Seigneur, augmente en nous la foi !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Jusqu'au milieu de la nuit

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 25,1-13.
Jésus parlait à ses disciples de sa venue ; il disait cette parabole : « Le royaume des cieux sera comparable à des jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe et s'en allèrent à la rencontre de l'époux. Cinq d'entre elles étaient insensées, et cinq étaient prévoyantes : les insensées avaient pris leur lampe sans emporter d'huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leur lampe, de l'huile en réserve. Comme l'époux tardait, elles s'assoupirent toutes et s'endormirent. Au milieu de la nuit, un cri se fit entendre : 'Voici l'époux ! Sortez à sa rencontre. ' Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et préparèrent leur lampe. Les insensées demandèrent aux prévoyantes : 'Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s'éteignent. ' Les prévoyantes leur répondirent : 'Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous ; allez plutôt vous en procurer chez les marchands. ' Pendant qu'elles allaient en acheter, l'époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces et l'on ferma la porte. Plus tard, les autres jeunes filles arrivent à leur tour et disent : 'Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ! ' Il leur répondit : 'Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas. ' Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

C'est au milieu de la nuit que l'époux arrive. Ce sont ces mots qui ont retenu mon attention aujourd'hui. Il faudra que je m'habitue, car désormais, un mot éveille mon esprit et c'est à partir de ce mot que je redécouvre le texte. Le milieu de la nuit m'indique que le Seigneur tarde à venir, car nous vivons toujours le temps de la miséricorde. Exerçons nous donc à pratiquer la miséricorde autour de nous et nous serons certains d'être de ces vierges sages qui préparent le retour du Seigneur.

Par contre, ceux et celles qui perdent un temps précieux à se nourrir de lectures 'apocalyptiques', comme je les vois diffusées largement sur internet (par exemple ici : http://myriamir.wordpress.com/ , risquent fort de s'assoupir dans une sorte de contemplation morbide... d'où la charité est absente.

Je me souviens du trouble qu'avait jeté en moi l'histoire du 'grand avertissement' et des 'trois jours de ténèbres' durant lesquels il ne faudrait ouvrir sa porte à personne et s'éclairer uniquement de cierges bénis... Mon esprit en fut tout assombri. Presque malgré moi, durant quelques mois, je suis demeuré comme hypnotisé par la contemplation des malheurs de ce temps. Jusqu'au jour où quelqu'un m'a fait remarquer que je ne souriais plus comme avant.... c'était à l'approche de l'an 2000.

Depuis lors, je veille, mais ma veille ne consiste pas seulement à prier et à me rendre régulièrement à l'Eucharistie, mais elle est liée à la règle de la congrégation de sainte Faustine, de pratiquer chaque jour la miséricorde : par la prière, par le geste, par l'écoute, par la parole, par le sourire aussi.

Du reste, l'arrivée de l'époux peut tout aussi bien signifier le temps de notre mort comme le temps de la Parousie. Parmi ceux qui étaient prêts en tous temps, je reconnais facilement saint Maximilien Kolbe: c'est dire qu'au milieu même de l'enfer sur la terre, il y a de ces 'vierges sages' qui veillent et ne sont pas prises au dépourvu par la venue de l'époux.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Fête de saint Laurent, fête du don joyeux de soi

Message non lu par etienne lorant »

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 9,6-10.
Frères, rappelez-vous le proverbe : à semer trop peu, on récolte trop peu ; à semer largement, on récolte largement.
Chacun doit donner comme il a décidé dans son cœur, sans regret et sans contrainte ; car Dieu aime celui qui donne joyeusement.
Et Dieu est assez puissant pour vous donner toute grâce en surabondance, afin que vous ayez en toute chose et toujours tout ce qu'il vous faut, et que vous ayez encore du superflu pour faire toute sorte de bien.
L'Écriture dit en effet : L'homme qui donne aux pauvres à pleines mains demeure juste pour toujours.
Dieu, qui fournit la semence au semeur et le pain pour la nourriture, vous fournira la graine ; il la multipliera, il donnera toujours plus de fruit à ce que vous accomplirez dans la justice
.

Psaume 112(111),1-2.5-6.7-8.4b.9.
Heureux qui craint le Seigneur,
qui aime entièrement sa volonté !
Sa lignée sera puissante sur la terre ;
la race des justes est bénie.

L'homme de bien a pitié, il partage ;
il mène ses affaires avec droiture.
Cet homme jamais ne tombera ;
toujours on fera mémoire du juste.

Il ne craint pas l'annonce d'un malheur :
le cœur ferme, il s'appuie sur le Seigneur.
Son cœur est confiant, il ne craint pas :
il verra ce que valaient ses oppresseurs.

Homme de justice, de tendresse et de pitié.
à pleines mains, il donne au pauvre ;
à jamais se maintiendra sa justice,
sa puissance grandira, et sa gloire !



Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 12,24-26.
Quelques jours avant la Pâque, Jésus disait à ses disciples : " Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruit. Celui qui aime sa vie la perd ; celui qui s'en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle. Si quelqu'un veut me servir, qu'il me suive ; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me sert, mon Père l'honorera.

.



Plusieurs Paroles de ses textes me rejoignent et me confirment dans le désir du don absolu de soi par l'abandon de l'ego. Ainsi, ce que saint Paul dit dans son Épître:

"Chacun doit donner comme il a décidé dans son cœur, sans regret et sans contrainte ; car Dieu aime celui qui donne joyeusement.
Et Dieu est assez puissant pour vous donner toute grâce en surabondance, afin que vous ayez en toute chose et toujours tout ce qu'il vous faut, et que vous ayez encore du superflu pour faire toute sorte de bien
."

je l'ai effectivement vécu à partir du jour où j'ai résolu, pour suppléer au manque de personnel de la maison de repos où réside ma mère, de m'y rendre non pas une fois par jour pour le repas, mais deux fois. Car c'est en fin d'après-midi que ma mère et sa voisine commençaient à tomber dans une sorte de délire... qui leur permettait d'expliquer leur isolement par des théories sans fondement réel.

En prenant cette résolution, je me disais : c'est une erreur majeure du point de vue commercial. Couper ma journée entre 16 et 17h30 équivaudra à perdre la clientèle de ces heures-là (à la fermeture des écoles et des bureaux. Néanmoins, j'y suis allé: et le changement a été immédiat, ma mère en même temps que sa voisine ont cessé de s'inventer des histoires d'enfants qui traînaient dans les couloirs et dont elles devraient s'occuper ("Il faut recommencer à travailler", disait ma mère au téléphone).

Dans le Psaume, j'ai trouvé :

Il ne craint pas l'annonce d'un malheur :
le cœur ferme, il s'appuie sur le Seigneur.
Son cœur est confiant, il ne craint pas :
il verra ce que valaient ses oppresseurs.

Mes oppresseurs, dans le contexte actuel, sont les gens très raisonnables de mon entourage, qui jugent mon comportement (comme je l'avais moi-même fait avant eux) à partir de leur propre conception de ce qui est droit et juste et comment il faut vivre. je les comprends, bien sûr, puisque j'ai vécu comme eux, mais désormais, je sors de ces carcans de pensée.

Enfin, dans l'Evangile, ce que dit Jésus:

"Si quelqu'un veut me servir, qu'il me suive ; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me sert, mon Père l'honorera.".

je l'ai véritablement éprouvé lors de la messe dite par l'ancien missionnaire du Pakistan qui a présidé la célébration de l'Eucharistie, au milieu des chaises roulantes et des deux 'accompagnateurs'. Au moment de recevoir l'hostie, j'ai réellement éprouvé dans mon cœur que le Seigneur se réjouissait-en-moi du fait que j'avais suivi l’inspiration reçue. Un peu comme lorsque Jérémie s'exclame: "J’avais beau me dire que je ne penserai plus à lui et que je ne parlerai plus en son nom. Mais c’était en mon cœur, au plus profond de moi-même, comme un feu dévorant. Je m’épuisais à le contenir, mais je n’y réussissais pas. (Jérémie 20,7-9).

Nous pouvons abandonner la part de nos existences qui est encore sous le joug de la raison humaine, mais aussi de la crainte et des conventions humaines. Car enfants de Dieu, nous le sommes réellement si nous suivons le conseil de l'Esprit Saint dans nos cœurs.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Fête de saint Laurent, fête du don joyeux de soi

Message non lu par etienne lorant »

"Le feu matériel brûlait le corps du bienheureux Laurent, mais l'amour intérieur du Sauveur dont son cœur était enflammé adoucissait l'ardeur extérieure" - On me prétend (sur Nominis) que c'est de saint Augustin (?)
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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