Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2011-2012)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Re: Les ouvriers pour la moisson de Dieu

Message non lu par etienne lorant »

etienne lorant a écrit :... notre prêtre a fait cette remarque: il s'agit de la moisson du maître de la moisson - c'est-à-dire: la moisson de Dieu. Ainsi, il est bon de prier pour obtenir de Dieu des vocations sacerdotales et religieuses, évidemment ! Mais il ne faudrait pas limiter à cela notre prière. Des vocations religieuses, Dieu peut en susciter de toutes les sortes, comme bon lui plaît et quelle que soit la position de l’Église à ce sujet. Car c'est l’Église qui doit servir Dieu et non l'inverse.
Ce paragraphe ayant posé quelques questions sur un autre forum, je voudrais préciser l'idée du prêtre qui a dit l'homélie (et que j'ai contacté). Ce qu'il a voulu dire est ceci: il subsistera toujours, au sein de n’importe quelle église, une tentation qui a égaré les juifs avant nous: celle "d'instrumentaliser Dieu" en prétendant pouvoir dire QUI Il est et préjuger de ses desseins. A ce sujet, la façon dont les juifs ont voulu utiliser l'arche d'alliance pour vaincre les Philistins :


Premier Livre de Samuel
Chapitre 4
1 La parole de Samuel fut adressée à tout Israël. Israël sortit au devant des Philistins, pour combattre; ils campèrent près d'Eben-Ezer, et les Philistins étaient campés à Aphec.
2 Les Philistins, s'étant rangés en bataille contre Israël, le combat s'engagea, et Israël fut battu par les Philistins, et ils tuèrent environ quatre mille hommes en bataille rangée dans la plaine.
3 Le peuple rentra au camp, et les anciens d'Israël dirent: «Pourquoi Yahweh nous a-t-il battus aujourd'hui devant les Philistins? Faisons venir vers nous de Silo l'arche de l'Alliance de Yahweh; qu'elle vienne au milieu de nous, et qu'elle nous délivre de la main de nos ennemis.»
4 Le peuple envoya à Silo, et l'on apporta de cette ville l'arche de l'alliance de Yahweh des armées, qui est assis sur les Chérubins. Les deux fils d'Héli, Ophni et Phinées, étaient là avec l'arche de l'alliance de Dieu.
5 Lorsque l'arche de l'alliance de Yahweh entra dans le camp, tout Israël poussa de si grands cris de joie que la terre en retentit.
6 Le bruit de ces clameurs fut entendu des Philistins, et ils dirent: «Que signifie le bruit de ces grands cris de joie au camp des Hébreux?» Et ils apprirent que l'arche de Yahweh était venue au camp.
7 Les Philistins eurent peur, parce qu'ils disaient: «Dieu est venu dans le camps.» Et ils dirent: «Malheur à nous! Car chose pareille n'a jamais eu lieu jusqu'à présent.
8 Malheur à nous! Qui nous délivrera de la main de ces dieux puissants? Ce sont ces dieux qui ont frappé les Egyptiens de toutes sortes de plaies dans le désert.
9 Montrez-vous forts et agissez en hommes, Philistins, de peur que vous ne soyez asservis aux Hébreux, comme ils vous sont asservis. Soyez des hommes et combattez.»
10 Les Philistins livrèrent bataille, et Israël fut battu, et chacun s'enfuit dans sa tente; il y eut une très grande défaite, et il tomba du côté d'Israël trente mille hommes de pied.
11 L'arche de Dieu fut prise, et les deux fils d'Héli, Ophni et Phinées, périrent.

Mais par la suite, les Philistins rendirent d'eux-mêmes l'arche d'alliance et furent vaincus à la mort de Goliath, par le berger David... C'est au chapitre XVII.

La conclusion est qu'en tout temps, c'est d'abord de rechercher et de discerner la volonté de Dieu qui doit primer.

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Chercheurs du vrai trésor

Message non lu par etienne lorant »

Fête de saint Benoît, abbé, patron de l'Europe

Livre des Proverbes 2,1-9.

Mon fils, accueille mes paroles, garde précieusement mes préceptes, rends ton oreille attentive à la sagesse, incline ton cœur vers la vérité. Oui, si tu demandes le discernement, si tu appelles l'intelligence, si tu la recherches comme l'argent, si tu creuses comme un chercheur de trésor, alors tu comprendras la crainte du Seigneur, tu découvriras la connaissance de Dieu.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 19,27-29.

Pierre prit la parole et dit à Jésus : " Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre : alors, qu'est-ce qu'il y aura pour nous?" Jésus leur déclara : « Amen, je vous le dis : quand viendra le monde nouveau, et que le Fils de l'homme siégera sur son trône de gloire, vous qui m'avez suivi, vous siégerez vous-mêmes sur douze trônes pour juger les douze tribus d'lsraël. Et tout homme qui aura quitté à cause de mon nom des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra beaucoup plus, et il aura en héritage la vie éternelle.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Lorsqu'il s'adresse à Jésus, Pierre vient d'entendre ce qui est advenu du jeune homme riche qui était venu trouver Jésus pour lui demander comment entrer dans la vie éternelle. Et à la fin du dialogue, Jésus lui avait dit : "Il ne te manque qu'une seule chose: rentre chez toi, vends tout ce que tu possèdes, distribue le aux pauvres, puis viens et suis-moi". L’évangile rapporte que ce jeune homme s'en retourna "tout triste", "parce qu'il avait de grands biens". Ce jeune riche donc est passé du regard d'Amour de Jésus posé sur lui - et tous les convertis savent comme ce regard peut remuer et élever l'âme ! ... à une pensée toute chargée de tristesse...car il avait de grands biens, certes, et il les aimait aussi ! Et si j'ai bonne mémoire, même pour Pierre et les autres disciples, comme il serait intéressant de posséder en espérance le trésor dans le ciel tout en gardant des biens sur la terre !

En fait, si l'on y réfléchit un peu, ce ne sont pas biens terrestres en eux-mêmes qui sont un obstacle à l'engagement, mais c'est la pensée, la connaissance de leur existence. C'est tellement humain !
Je me suis souvenu, ce matin, que lorsque je me suis présenté au Supérieur des Capucins de ma 'province', ce ne sont pas mes biens qui ont empêché que je demeure avec eux dès le premier soir, mais leurs biens à eux : c'est-à-dire qu'ils m'ont posé pour obstacle à mon noviciat : qu'ils regrettaient car ils ne pouvaient me garantir la réussite de cet apprentissage et donc, qu'il était préférable que je retourne à mes affaires... N'est-ce pas extraordinaire !

Je veux en venir à ceci: tous ces grands biens et tout ce que les disciples ont quitté pour suivre Jésus, ce sont d'abord des idées, des chiffres, des calculs, une éducation fondée sur le mérite, le salaire, la bonne position dans le monde, la réputation, le droit, la justice - et des inquiétudes concernant l'évolution de la crise financière - pourquoi pas ?
Souvenons-nous de l'homme qui avait fait une énorme récolte et qui avait décidé d'abattre ces greniers pour en construire de plus vastes encore - afin d'engranger tout son blé - hélas, la nuit suivante, c'est sa vie qui fut redemandée !

C'est donc tout ce 'trésor' de nos pensées sur les "biens" qu'il faut quitter d'abord, afin de découvrir les biens qui demeurent - et qui demeurent jusque dans la vie éternelle. Oh, çà change une vie ! Ce matin-même, il est pratiquement dix heures et voici déjà une heure que je remue en moi-même les mots des textes du jour - plutôt que d'emballer sous un film protecteur, acheté hier, mes livres plus anciens que je pourrais vendre à un prix d'autant plus élevé ! Il a fallu y renoncer, mais j'ai plus de joie à écrire qu'à emballer mes livres.

Le Livre des Proverbes dit les mêmes choses que l'Evangile - et que le Psaume : "Tu découvriras la connaissance de Dieu (car tu auras creusé comme un chercheur de trésor)"
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Les ouvriers pour la moisson de Dieu

Message non lu par etienne lorant »

J'ai continué ma lecture. Les fils d'Héli, ainsi que leur père et mère meurent le jour même car Dieu avait prononcé contre eux. Mais cet épisode, dans lequel beaucoup de soldats ont péri sous les coups des Philistins, ne va pas empêcher les juifs de continuer à faire la guerre sans répit, et sans chercher ce que Dieu veut vraiment.

Entre-temps, les Philistins ont d'eux-même rendu l'Arche de Dieu. Finalement, comme tous le savent, les Philistins furent défait lors d'un duel entre "champions": Goliath contre David. Or, David ne s'est servi que du lance-pierre qui lui servait pour diriger son troupeau, car il était berger. Fait que j'ai noté également: il ne portait aucune autre arme que sa fronde, mais c'est la propre épée de son adversaire, déjà mort, que David lui a tranché la tête.

"Goliath s'était avancé et venait à la rencontre de David. Celui-ci s'élança et courut vers les rangs des ennemis au-devant du Philistin. Il plongea la main dans son sac, et en retira un caillou qu'il lança avec sa fronde. Il atteignit le Philistin au front, le caillou s'y enfonça, et Goliath tomba la face contre terre. Ainsi David triompha avec une fronde et un caillou : quand il frappa le Philistin à mort, il n'avait pas d'épée à la main. David se précipita, et arrivé près du Philistin, il lui prit son épée, qu'il tira du fourreau, et le tua en lui tranchant la tête. Quand les Philistins virent que leur champion était mort, ils prirent la fuite."

Il y aurait naturellement beaucoup de conclusions à tirer de ses récits, mais deux me viennent d'office à l'esprit. D'abord, pour vaincre les Philistins, Dieu a choisi le plus petit moyen possible; ensuite, c'est que si les juifs avaient cru tout simplement à la promesse de Dieu, la Terre promise leur eût été ouverte sans avoir jamais dû combattre...

Que d'intéressantes lectures dans la Bible !
(Premier livre de Samuel 17,40-51)
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mike.adoo
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Re: Saint Augustin et l'arbre de la désobéissance

Message non lu par mike.adoo »

Ce texte me rappelle que le premier commandement ( chronologiquement ) est contenu dans ce verset : " Dieu créa l’Homme à son image ; à l’image de Dieu il le créa ; Homme et Femme il les créa. Dieu les bénit et leur dit : “Développez-vous, multipliez-vous, remplissez la terre et dominez-la. ( Gen 1,27... )
A ce commandement " positif " s'ajoutera bientôt le commandement " négatif " que nous rappelle St Augustin concernant l'arbre de la connaissance du bien et du mal .
Pour que l'homme soit libre , il fallait bien donner des objets à cette liberté ( les fruits ) de façon qu'il puisse choisir d'en prendre ou non .
L'Amour implique la Liberté qui nécessite , pour s'exprimer , la possibilité de faire des choix . Or , il ne peut y avoir de choix sans objets cibles ... Et là , je rencontre un problème ...

Dieu ajoute : “Tu mangeras tant que tu voudras de tous les arbres du jardin, mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, ce sera la mort à coup sûr !
Adam , à ce moment , n'a aucune idée de ce qu'est la mort ! Bien sûr , il ne veut pas désobéir à Dieu mais il ne peut pas savoir que désobéir est mal puisque , n'ayant pas encore mangé du fruit défendu , il ne sait pas ce qui est bien et ce qui ne l'est pas ! Qu'en pensez-vous ?

Comme vous le dites fort justement : "Ah, si nous savions obéir, de manière très simple ! "
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Donner et recevoir gratuitement

Message non lu par etienne lorant »

Le jeudi de la 14e semaine du temps ordinaire

Livre d'Osée 11,1-4.8c-9.

Parole du Seigneur. J'ai aimé Israël dès son enfance, et, pour le faire sortir d'Egypte, j'ai appelé mon fils. C'est moi qui lui apprenais à marcher, en le soutenant de mes bras, et il n'a pas compris que je venais à son secours. Je le guidais avec humanité, par des liens de tendresse ; je le traitais comme un nourrisson qu'on soulève tout contre sa joue ; je me penchais vers lui pour le faire manger. Mais ils ont refusé de revenir à moi : vais-je les livrer au châtiment ? Non ! Mon cœur se retourne contre moi, et le regret me consume. Je n'agirai pas selon l'ardeur de ma colère, je ne détruirai plus Israël, car je suis Dieu, et non pas homme : au milieu de vous je suis le Dieu saint, et je ne viens pas pour exterminer.

Psaume 80(79),2ac.3bc.15bc-16.19-20
.

Seigneur, Dieu de l'univers, fais-nous revenir ;
que ton visage s'éclaire, et nous serons sauvés !


Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10,7-15.

Jésus disait aux douze Apôtres : " Sur votre route, proclamez que le Royaume des cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons.

Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. Ne vous procurez ni or ni argent, ni petite monnaie pour en garder sur vous ; ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. Car le travailleur mérite sa nourriture.

Dans chaque ville ou village où vous entrerez, informez-vous pour savoir qui est digne de vous accueillir, et restez chez lui jusqu'à votre départ. En entrant dans la maison, saluez ceux qui l'habitent. Si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle.
Si elle n'en est pas digne, que votre paix retourne vers vous.
Si l'on refuse de vous accueillir et d'écouter vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville, en secouant la poussière de vos pieds.
Amen, je vous le dis : au jour du Jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins sévèrement que cette ville.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

La première lecture nous montre Dieu qui lutte en lui-même entre justice et miséricorde - et c'est bien parce que sa miséricorde l'emporte toujours à la fin qu'Il a envoyé aux hommes son fils unique. Je sais bien que l'existence en ce monde - du moins si l'on considère les nouvelles de chaque jour -, semble démontrer que la venue du Christ n'a pas suffi pour changer les hommes. C'est en tout cas une opinion très répandue - et d'autant plus que les déçus du christianisme sont retournés à leurs jugements d'autrefois.

Cependant, c'est comme dans ma propre famille, mes parents et grands-parents furent de grands croyants, mais les idées nouvelles ont séparé ma famille et nous ne sommes plus que trois à croire et pratiquer, à, parfois, rechercher autre chose que notre bien immédiat... mais ces trois-là, eh bien, ils sont susceptibles - du moins dans l'invisible - de porter du fruit qui ne paraîtra que plus tard. Et puis, de toute façon, en ce qui me concerne, j'ai ce qui me donne de vivre et qui est supérieur à la nourriture, aux vêtements, aux raisons, aux craintes, aux joies comme aux peines.

Les instructions de voyage que Jésus donne aux disciples tiennent toutes à la gratuité du don de Dieu. Restons dans cette gratuité-là, et ce sera le bonheur parfait dès cette terre. Il suffit d'y croire ! Est-ce que cela m'est arrivé de vivre cela, de partir avec rien ? Oui, une fois, quand, après ma conversion, je suis parti en faisant du "Stop" pour aller à la rencontre du supérieur des Capucins de ma "province".

J'avais lu (et je l'ai retrouvé ce matin dans le commentaire du site de l'Evangile au Quodidien - c'est ici saint Bonaventure qui rapporte un grand moment de la vie de saint François:

[Le jeune] François assistait dévotement à la messe en l'honneur des apôtres ; l'évangile était celui où le Christ envoie ses disciples prêcher et leur enseigne la façon évangélique de vivre : « ni or ni argent, pas de monnaie dans la ceinture, pas de sac de voyage, pas de tunique de réserve, pas de chaussures, pas de bâton ». Dès qu'il eut compris et retenu ce texte, le voilà amoureux de cette pauvreté des apôtres et il s'écrie, transporté de joie : « Voilà ce que je veux ! Voilà ce que toute mon âme désire ! » Et sans attendre il ôte ses chaussures, laisse tomber son bâton de marche, abandonne besace et argent comme objets d'horreur, ne garde qu'une tunique, jette sa ceinture qu'il remplace par une corde : il met tout son cœur à réaliser ce qu'il vient d'entendre et à se conformer en tout à ce code de perfection donné aux apôtres.

Un élan communiqué par Dieu le pousse dès lors à la conquête de la perfection évangélique et à une campagne de pénitence. Quand il parlait..., ses paroles étaient tout imprégnées de la force de l'Esprit Saint : elles pénétraient jusqu'au plus profond des cœurs et plongeaient ses auditeurs dans la stupéfaction. Toute sa prédication était une annonce de paix, et il commençait chacun de ses sermons par cette salutation au peuple : « Que le Seigneur vous donne la paix ! » C'est une révélation du Seigneur, déclara-t-il plus tard, qui lui avait appris cette formule...

On parlait de plus en plus de l'homme de Dieu, de son enseignement si simple, de sa vie, et quelques-uns, à son exemple, étaient saisis par cet esprit de pénitence puis se sont joints à lui, quittant tout, et habillés comme lui, ont commencé à partager sa vie.


«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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mike.adoo
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Re: La merveilleuse histoire des deux fils

Message non lu par mike.adoo »

Bonjour Etienne lorant

Belle méditation et le commentaire est intéressant . Pourtant , vous partez sur une hypothèse : " Il devait être le fils préféré du père..." qui me paraît hasardeuse .

Le père ,( le Père ) symbolise l'Amour qui ne saurait faire des différences . S'il existe une échelle de l'amour , comme il existe une échelle de Richter , c'est bien une invention humaine .
Il est vrai que le père se réjouit du retour de son fils , mais comme on se réjouit d'avoir retrouvé la brebis égarée ( n'importe laquelle ) ...La joie du père vient de ce " qu'il était mort et que le voici vivant " .
Ce qui me frappe , dans ce texte , c'est la réaction du père , lorsque le cadet lui fait part de son projet ( et de ses exigences ) ; Il agit sans retard , sans colère , sans rien montrer de ses craintes . Il n'oppose aucun obstacle à son départ ; Il respecte la volonté de son fils , il respecte son choix .
Sa liberté sera totale et aucune intervention ne viendra contrecarrer ses frasques ou corriger ses dérives . C'est là l'amour véritable .
C'est de cette même liberté que nous jouissons et dont nous n'arrêtons pas de nous plaindre : "Dieu ne fait rien pour moi !" ou bien " Pourquoi Dieu permet-il le mal ? "
A l'instar du fils prodigue , réfléchissons et revenons humblement vers le Père !
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Re: La merveilleuse histoire des deux fils

Message non lu par etienne lorant »

mike.adoo a écrit :Bonjour Etienne lorant

Belle méditation et le commentaire est intéressant . Pourtant , vous partez sur une hypothèse : " Il devait être le fils préféré du père..." qui me paraît hasardeuse .
Vous avez raison, j'ai peut-être fait de "l'anthropomorphisme" en parlant du "fils préféré du père"... mais en y réfléchissant, il s'agit d'une parabole. Et je me suis dit, assez banalement d'ailleurs, que le dernier né des enfants, dans une famille, est celui qui reçoit - presque forcément, du moins au début, le plus d'attention.
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Tels des brebis parmi les loups

Message non lu par etienne lorant »

Le vendredi de la 14e semaine du temps ordinaire

Livre d'Osée 14,2-10.


Reviens, Israël, au Seigneur ton Dieu ; car tu t'es effondré par suite de tes fautes.
Revenez au Seigneur en lui présentant ces paroles : « Enlève toutes les fautes, et accepte une belle offrande : au lieu de taureaux, nous t'offrons en sacrifice les paroles de nos lèvres.
Puisque les Assyriens ne peuvent pas nous sauver, nous ne monterons plus sur des chevaux, et nous ne dirons plus à l'ouvrage de nos mains : 'Tu es notre Dieu', car toi seul as compassion de l'orphelin. »
Voici la réponse du Seigneur : Je les guérirai de leur infidélité, je leur prodiguerai mon amour, car je suis revenu de ma colère.
Je serai pour Israël comme la rosée, il fleurira comme le lis, il étendra ses racines comme les arbres du Liban.
Ses jeunes pousses vont grandir, sa parure sera comme celle de l'olivier, son parfum comme celui de la forêt du Liban.
Ils reviendront s'asseoir à son ombre, ils feront revivre le blé, ils fleuriront comme la vigne, ils seront renommés comme le vin du Liban.
Éphraïm ! peux-tu me confondre avec les idoles ? C'est moi qui te réponds et qui te regarde. Je suis comme le cyprès toujours vert, c'est moi qui te donne ton fruit.
Qui donc est assez sage pour comprendre ces choses, assez pénétrant pour les saisir ? Oui, les chemins du Seigneur sont droits : les justes y avancent, les pécheurs y tombent.


Psaume 51(50),3-4.8-9.12-13.14.17.

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Mais tu veux au fond de moi la vérité ;
dans le secret, tu m'apprends la sagesse.
Purifie-moi avec l'hysope, et je serai pur ;
lave-moi et je serai blanc, plus que la neige.

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Rends-moi la joie d'être sauvé ;
que l'esprit généreux me soutienne.
Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche annoncera ta louange.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10,16-23.


Jésus disait aux douze Apôtres : " Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc adroits comme les serpents, et candides comme les colombes. Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues.
Vous serez traînés devant des gouverneurs et des rois à cause de moi : il y aura là un témoignage pour eux et pour les païens.
Quand on vous livrera, ne vous tourmentez pas pour savoir ce que vous direz ni comment vous le direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là. Car ce n'est pas vous qui parlerez, c'est l'Esprit de votre Père qui parlera en vous. Le frère livrera son frère à la mort, et le père, son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mettre à mort.Vous serez détestés de tous à cause de mon nom ; mais celui qui aura persévéré jusqu'à la fin, celui-là sera sauvé.Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre. Amen, je vous le dis : vous n'aurez pas encore passé dans toutes les villes d'Israël quand le Fils de l'homme viendra
.


Cy Aelf, Paris

Les deux premiers textes de la Liturgie sont réconfortants, y compris le Psaume 50, car c'est le Miserere, le chant qui est sorti du cœur de David après qu'il ait pris pleine conscience de son péché. Son repentir est sincère, il s'épanche dans des larmes "à gros bouillon", et les mots qui sortent de sa bouche en cet instant vont commencer de le nettoyer, de le purifier, pour qu'il puisse courageusement se relever pour marcher et vivre de nouveau.

Par contre, les mots que Jésus emploie dans ses recommandations lors de l'envoi des disciples, comme ils sont chargés de mots difficiles à entendre ! J'en citerais quelques-uns : ils seront "des brebis au milieu des loups"; ils seront jugés, flagellés, traînés devant les autorités, trahis et livrés même par leurs proches, et ils seront mis à mort. Il leur faudra fuir d'un endroit à un autre en tout temps et seuls ceux qui auront persévéré jusqu'à la fin seront sauvés - eh bien, quel programme !

Cependant, lorsque je regarde autour de moi, lorsque je songe comment je vis ce mois d'été (il n'a pas cessé de pleuvoir toute cette semaine), quand je vois ce que l'on sert comme repas partout où je vais... et encore: tout ce qui ne tourne plus rond dans une Europe devenue folle... je ne peux que remercier le Seigneur d'avoir été prévenu ! Dans l'épreuve, l'Esprit Saint sera mon grand consolateur. Les mots qui sauvent me seront donnés quand il faudra et j'apprendrai de plus en plus à m'en remettre au Seigneur. La prière, ces derniers mois, a envahi mes journées et des heures durant mes nuits. Malade ce matin, je me suis levé et j'étais à l'Eucharistie à l'heure.

Je constate aussi que, même si je suis semblable à une brebis au milieu de loups, ce n'est pas une condition que je redoute - car je la vis déjà. Depuis quatre ans déjà, je demeure seul et je ne me suis retrouvé qu'en une occasion dans une situation délicate, après une chute. J'ai eu devant moi des jeunes excités par l'alcool et la drogue et je n'ai nullement eu peur. Lorsque je commence un commentaire de l’Évangile, les mots continuent de sortir d'eux-mêmes, et me 'regonflent' pour le reste de ma journée. Enfin, lorsque je ressens le besoin d'être consolé, je saisis mon chapelet et la prière me console.
C'est une vie devenue tout à fait étrange, tout l'ancien s'en est allé et le nouveau n'est pas encore survenu. Ne sommes-nous pas, comme saint Paul et les autres, des hommes qui marchent ? L'important, ce fut le premier pas: la meilleure façon de marcher, c'est de mettre un pied devant l'autre et de recommencer... et désormais le Royaume est en vue - du moins plus qu'il était hier !




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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Tels des brebis parmi les loups

Message non lu par etienne lorant »

"Nous sommes semblables à une barque qui vogue sur l’eau : nous parvenons à la faire avancer, non pas en manœuvrant les rames, mais en laissant le vent gonfler ses voiles. Dirigés et entraînés par l’Esprit Saint, nous réalisons des œuvres saintes, qui nous élèvent au-dessus de l’ouvrage purement humain. Notre volonté humaine a acquis le rythme et la régularité de la volonté et de l’action de Dieu ; nos actions sont plus les siennes que les nôtres. C’est alors que nous faisons une expérience unique : au-delà de notre volonté et de notre action purement humaine, nous sommes totalement absorbés dans l’action et la volonté divines."
Benedikt Baur
Dans l'intimité de Dieu, I, 2


J'ai trouvé cette citation et il m'a semblé qu'elle correspond bien à ce que le Seigneur attend de nous. Ou en tout cas, de mon point de vue. Si je me dis que je peux encore accomplir de grandes choses, je me mens à moi-même, et d'ailleurs, comme dit bien cet auteur, il ne s'agit pas des choses que je pourrais accomplir, mais de ma disponibilité aux choses que l'Esprit Saint me proposera d'accomplir. La pensée du vieillissement m'inquiète moins que la société que je vois glisser vers le mal et le pire pratiquement chaque jour. Quel peut être mon rôle ? Seigneur, fais que je m'abandonne à Ta volonté et que je demeure dans Ta paix !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
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Le langage qui sauve

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10,24-33.

Jésus disait aux douze Apôtres : " Le disciple n'est pas au-dessus de son maître, ni le serviteur au-dessus de son seigneur. Le disciple doit se contenter d'être comme son maître, et le serviteur d'être comme son seigneur. Si le maître de maison s'est fait traiter de Béelzéboul, ce sera bien pire pour les gens de la maison.

Ne craignez pas les hommes; tout ce qui est voilé sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu. Ce que je vous dis dans l'ombre, dites-le au grand jour; ce que vous entendez dans le creux de l'oreille, proclamez-le sur les toits.

Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent pas tuer l'âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l'âme aussi bien que le corps.
Est-ce qu'on ne vend pas deux moineaux pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés.Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus que tous les moineaux du monde.

Celui qui se prononcera pour moi devant les hommes, moi aussi je me prononcerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux
.

Cy Aelf, Paris.


En parlant comme il le fait à ses disciples (que je me représente l'écouter bouches bées), Jésus ne dit que ce qui est et qui a toujours été. Pour tenir le langage nouveau qui permet aux hommes de se libérer des chaînes du démon, il faut avoir le courage de parler ouvertement. De dire : ce qui est mal est mal et appartient au Mal. Il faut avoir cette autorité du médecin qui dit: "Votre foie est atteint parce que vous buvez trop: cessez de boire et votre santé reviendra; mais si vous continuez de boire, vous mourrez".

Est-ce si difficile de dire ouvertement que le péché ruine la vie ? Il n'est même pas nécessaire de désigner autrui puisque nous avons nous-mêmes connu cette ruine de l'âme où les fautes entraînent tous les hommes.

Au cours de la nuit d'hier, j'ai voulu relire le texte du Psaume 50 dans lequel le roi David se découvre à lui-même son péché. Mis en musique par Allegri, c'était splendide à écouter hier dans la journée, mais le soir, dans la pièce sombre qui me sert de chambre, la relecture du texte de la bible m'a apporté plus encore. Il y a l'expression de cette douleur profonde, de ce regret amer du péché - qui fait gémir et verser des larmes:

Oui, je connais mon péché,
ma faute est toujours devant moi.
Contre toi, et toi seul, j’ai péché,
ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait.


Mais ensuite, il y a, comme une renaissance de l'espérance, car au fond la reconnaissance de l'abîme, le rayon de la grâce divine éclaire encore et rend l'espoir:

Ainsi, tu peux parler et montrer ta justice,
être juge et montrer ta victoire.
Moi, je suis né dans la faute,
j’étais pécheur dès le sein de ma mère.

Mais tu veux au fond de moi la vérité ;
dans le secret, tu m’apprends la sagesse.
Purifie-moi avec l’hysope, et je serai pur
; lave-moi et je serai blanc, plus que la neige.


Et, enfin, n'est-ce pas étonnant: le désir revient d'aller vers autrui et de tenter de les prévenir: "surtout, ne fais pas comme moi, mais garde-toi tout entier intègre et vrai, ne te fie pas aux brèves illuminations du monde, marche droit, mais cherche, demande, obtiens que le Seigneur éclaire ton visage !" :

Rends-moi la joie d’être sauvé ;
que l’esprit généreux me soutienne.
Aux pécheurs, j’enseignerai tes chemins ;
vers toi, reviendront les égarés.

Libère-moi du sang versé, Dieu, mon Dieu sauveur,
et ma langue acclamera ta justice.
Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche annoncera ta louange


Ainsi, pour les apôtres - du moins pour ce que j'en ai retenu, il ne s'agit pas de confronter les hommes à leurs fautes, puisque nous demeurons pécheurs, mais de leur révéler ce mystère de la Miséricorde divine. En effet, c'est une œuvre de la Miséricorde qui nous fait percevoir la noirceur de nos fautes, et c'est encore l’œuvre de la Miséricorde de nous montrer que nous pouvons en être relevés !

Comme tes œuvres sont grandes, Ô mon Dieu !

.
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L'envoi des disciples - selon Marc.

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6,7-13.

Jésus appelle les Douze, et pour la première fois il les envoie deux par deux. Il leur donnait pouvoir sur les esprits mauvais,
et il leur prescrivit de ne rien emporter pour la route, si ce n'est un bâton ; de n'avoir ni pain, ni sac, ni pièces de monnaie dans leur ceinture. « Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. » Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé l'hospitalité dans une maison, restez-y jusqu'à votre départ.
Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez en secouant la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. » Ils partirent, et proclamèrent qu'il fallait se convertir.
Ils chassaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d'huile à de nombreux malades, et les guérissaient.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Encore le discours d'envoi des disciples pour ce dimanche. J'ai assisté à une messe ce matin - messe du samedi - et je pars bientôt pour la messe "anticipée" du dimanche... dans une vingtaine de minutes. Cela ne me dérange pas: ce serait un manque de fidélité dans ces jours de silence, de solitude, de combat contre les tentations... qui me dérangeraient de mauvaise manière !

Je note une constante dans ces messages, et c'est celle du témoignage. Quelle que soit la circonstance, elle servira de témoignage. Tout comme je ne savais pas, ce matin en me réveillant, qu'une heure plus tard, je serais à l'Eucharistie, de même je ne sais rien de ce que sera demain - et donc je vais, sans savoir ce qui m'attend mais dans la confiance que mon moindre mouvement en suivant les pas de mon Seigneur sera un témoignage.

Aujourd'hui, 14 juillet, fête nationale française. J'ai eu l'écho d'un "très beau défilé" ce midi, à la table de la maison de repos. Mais je n'ai plus l'abonnement de la télévision pour suivre tout ce que les média ont à proposer... je dois dire que je m'en félicite, malgré le sentiment de "décalage" à l'égard de la vie dans "le reste du monde".

Je me suis déconnecté du "câble télé" en mai 2008, à la suite du décès de mon père. J'avais plusieurs bonnes raisons pour prendre cette décision: la vie était définitivement changée; il y avait chaque soir des documents à remplir pour que ma mère obtienne sa pension de survie; et puis surtout: je savais que la solitude serait comme un piège à distractions. Distraction du chagrin, pouvant me ramener à l'existence d'autrefois, d'avant la conversion, où toutes les distractions étaient les bienvenues plutôt que d'endurer une quelconque contrariété ou une souffrance.

Mais désormais, je peux le dire ainsi: les distractions comme les contrariétés et la souffrance rencontrent ma détermination à vivre selon la règle de ma congrégation. Ceci, n'est-ce pas mon témoignage ?

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Re: Tels des brebis parmi les loups

Message non lu par etienne lorant »

Une initiative intéressante :

« J’irai dormir chez vous. » Comme l’explorateur et animateur de télévision Antoine de Maximy, ils sont partis sur les chemins, espérant être hébergés pour la nuit. Ils ont frappé aux portes non pas bardés de caméras, mais un col romain ou une croix bien en évidence. Ce qui n’était pas moins « effrayant » pour certains.

« On nous a pris deux fois pour des Témoins de Jéhovah », sourit Rodolphe Berthon, séminariste, qui a accompagné le P. Alexis Rigot dans les verdoyants Monts du Forez, où ils ont achevé dimanche 15 juillet une marche d’une semaine.

À chaque village, les deux marcheurs en mission d’évangélisation ont engagé la conversation. « Trente-deux personnes » le premier jour. Des paroissiens pour la plupart, comme cette « grande famille, qui fut responsable des mariages et des baptêmes dans un village. De vrais piliers de paroisse , que pourtant nous ne connaissions pas », reconnaît le prêtre.

http://www.la-croix.com/Religion/S-info ... -16-831757
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Entre tes mains, Seigneur

Message non lu par etienne lorant »

Le mercredi de la 15e semaine du temps ordinaire

Livre d'Isaïe 10,5-7.13-16.

Est-ce que le ciseau se glorifie aux dépens de celui qui s'en sert pour tailler ? Est-ce que la scie s'enorgueillit aux dépens de celui qui la tient ? Comme si le bâton faisait mouvoir la main qui le brandit, comme si c'était le morceau de bois qui soulevait l'homme !

Psaume 94(93),5-6.7-8.9.11.14-15.

Lui qui forma l'oreille, il n'entendrait pas ?
Il a façonné l'œil, et il ne verrait pas ?
Il connaît les pensées de l'homme,
et qu'elles sont du vent !

Le Seigneur ne délaisse pas son peuple,
il n'abandonne pas son domaine :
on jugera de nouveau selon la justice ;
tous les hommes droits applaudiront
.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11,25-27.

En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits.
Oui, Père, tu l'as voulu ainsi dans ta bonté.
Tout m'a été confié par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.



©Evangelizo.org 2001-2012

Mon partage, que j'avais trouvé beau, vient de s'effacer dans une fausse manœuvre comme il arrive parfois. Eh bien, c'est qu'il n'était pas si bon que je croyais ! ...

Ce qui monte des textes de ce jour, c'est une invitation à l'humilité. Cette humilité qui manque de manière parfois cruelle et désespérante aux hommes de pouvoir en ce monde. Et je me sens invité à prier afin qu'il n'en soit plus de même pour nous tous comme pour moi.

Ce que le Père cache aux sages et aux intelligents, c'est d'abord la connaissance de leur état de pécheur. C'est justement car ils s'imaginent savoir et pouvoir qu'ils n'ont accès ni à la véritable sagesse, ni à la véritable intelligence. Ainsi tombent-ils d'eux-mêmes à la merci de l'Adversaire.

J'ai vécu cela et je peux dire que certains jours la simple connaissance de ma condition de pécheur me plonge dans un état de détresse ... d'où seule l'Eucharistie peut me retirer.

Oui, Seigneur, tout est entre tes mains et je te confie mon esprit !

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Géraldine
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Re: Entre tes mains, Seigneur

Message non lu par Géraldine »

Quand le ciel est gris,
je dis mon chagrin.
Et.Dieu a tout pris
entre ses mains,
je remets toute vie...
Quand dans nos yeux, il pleut
et se pointe l' inquiétude,
Marie met un ciel bleu
et donne sa plénitude.
Humilité des âmes
sont richesses aux coeurs
qui cherchent dans les larmes
leur paradis d' Ailleurs...
Confiantes dans leurs prières,
elles savent la saveur
que donne notre Pére
dans leurs saintes valeurs.
Marie!Nous vous aimons!
Vous répandez vos grâces
dans les humilités,
Et vos Anges vaincront
les déchus révoltés....
Venez prendre par la main
vos enfants dispersés,
menez les à Demain,
eux,qui aiment Vous chercher....
La Croix se dressera,
Glorieuse sur le Monde
Et mettra à jamais
La Paix dans l' Infini....
Dirigátur, Domine, orátio mea sicut incénsum in conspéctu tuo.
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Pour trouver le repos

Message non lu par etienne lorant »

Le jeudi de la 15e semaine du temps ordinaire


Livre d'Isaïe 26,7-9.12.16-19.


Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. (...) Tes morts revivront, leurs cadavres ressusciteront. Réveillez-vous, criez de joie, vous qui demeurez dans la poussière, car ta rosée, Seigneur, est une rosée de lumières, et la terre ramènera au jour les trépassés.

Psaume 102(101),13-15.16-18.19-21.



Que cela soit écrit pour l'âge à venir,
et le peuple à nouveau créé chantera son Dieu :
« Des hauteurs, son sanctuaire, le Seigneur s'est penché ;
du ciel, il regarde la terre
pour entendre la plainte des captifs
et libérer ceux qui devaient mourir. »



Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11,28-30
.

En ce temps-là, Jésus prit la parole : " Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos.
Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »



©Evangelizo.org 2001-2012


Dans le texte d'Isaïe, comme dans le Psaume, il est question de la résurrection des morts et de la délivrance de ceux qui doivent mourir. Quant à l’Évangile, ce n'est pas le bonheur qu'il promet, mais bien le repos. Cet ensemble n'est-il pas simple à la méditation. A condition de vivre dans le Seigneur Jésus, de nous efforcer de l'imiter - ce qui est bel et bien un fardeau dans le sens qu'il faut se renoncer soi-même et accepter chaque jour sa croix à porter, eh bien, oui, nous trouverons le repos pour nos âmes.

Ce mois de juillet est tout à fait particulier, car ceux qui sont attentifs remarquent une foule de signes, qui jouent comme un prélude de grands désordres, de détresses et de violences qui frapperont dès la rentrée de septembre. Comme dans certains films ou romans, c'est le calme qui précède la tempête, un calme plat qui, pour moi, a pris la forme de la dépression. Mais j'ai connu d'autres dépressions et je sais comment y faire face.

Il faut prier beaucoup et remettre beaucoup à ceux qui nous ont blessés. Dans la journée d'hier, j'ai parlé franchement à Jean-Paul, ancien catholique en voie de retour, qui vient régulièrement me tenir compagnie. Il a lui aussi senti une exaspération qui se répand partout à mesure que les jours passent, mais comme il se déclare prêt à acheter un couteau ou une arme défensive, je lui ai rappelé que le Seigneur nous a dit d'aimer nos ennemis. Donc aucun instrument d'auto-défense chez moi, mais mon bouclier sera de veiller à accomplir de nombreux actes de miséricorde, car "l'aumône couvre une multitude de péchés". C'est cela que, sûrement, nous pouvons faire, car les actes de miséricorde anticipent le passage de la justice divine, comme Jésus le disait à sainte Faustine.

Prions les uns pour les autres: le temps se fait court !


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