La Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX)
Règles du forum
Forum de discussions entre chrétiens sur les questions ecclésiales
Forum de discussions entre chrétiens sur les questions ecclésiales
Bonjour,
2 attitudes possibles faces à des dérives non pas de l'Eglise elle même, Sainte et Immaculée Epouse du Christ , mais de certains hommes et de leurs pratiques :
- celle d'un Luther, exaspéré par les abus de quelques princes de l'Eglise, la vente des indulgences, etc., et dont les thèses de départ sont certainement justes, mais qui va se placer en rupture de ban avec L'Eglise par désobéissance. On connaît la suite : la poursuite de justes motifs entraîne finalement un mal bien plus grand pour l'Eglise toute entière, avec le schisme d'Occident.
- celle d'un Saint Dominique ou d'un Saint François : au lieu de la rupture , la réforme est menée de l'intérieur par la petite voie de la sainteté : en réaction aux abus et à la richesse du haut clergé, ces hommes vont réactiver de l'intérieur et dans la plus grande obéissance la vertu évangélique de pauvreté. Que dire plus près de nous d'un Padre Pio, interdit de célébrer la sainte messe et de dispenser les sacrements , ce qui peut arriver de pire pour un prêtre ? A t-il quitté l'Eglise ? Il aurait eu de justes motifs, sa hiérarchie étant certainement dans l'erreur, mais il a préféré obéir jusqu' à l'héroisme, et c'est précisément ce qui fait les Saints ! Nous pourrions multiplier les exemples ( Sainte Thérèse d'Avila et la réforme du Carmel).
A votre avis, à quelle catégorie appartient un Mgr Lefebvre ? La poursuite d'un juste motif ne suffit pas à justifier toute action ( la fin ne justifie pas les moyens). Et pourtant, l'analyse de Mgr Lefebvre était lucide sur l'état de délabrement de l'Eglise dans les années post conciliaire. C'est pourtant manquer de confiance car l'Eglise n'est pas conduite par les hommes mais par l'Esprit, qui la guide de manière infaillible.Malgré les tempêtes du monde, la barque de Pierre, nouvelle Arche du Salut, est insubmersible !
Il faut aussi rappeler la matrice de tous les péchés depuis la Genèse : l'orgueil, qui conduit à l'aveuglement et à la désobéissance. Ce n'est pas un hasard si pour les hommes d'Eglise et les religieux, ce péché est le plus difficile à vaincre ( ne parlons pas pas de nous, pauvres laïcs ! ).
Cordialement,
Zef
2 attitudes possibles faces à des dérives non pas de l'Eglise elle même, Sainte et Immaculée Epouse du Christ , mais de certains hommes et de leurs pratiques :
- celle d'un Luther, exaspéré par les abus de quelques princes de l'Eglise, la vente des indulgences, etc., et dont les thèses de départ sont certainement justes, mais qui va se placer en rupture de ban avec L'Eglise par désobéissance. On connaît la suite : la poursuite de justes motifs entraîne finalement un mal bien plus grand pour l'Eglise toute entière, avec le schisme d'Occident.
- celle d'un Saint Dominique ou d'un Saint François : au lieu de la rupture , la réforme est menée de l'intérieur par la petite voie de la sainteté : en réaction aux abus et à la richesse du haut clergé, ces hommes vont réactiver de l'intérieur et dans la plus grande obéissance la vertu évangélique de pauvreté. Que dire plus près de nous d'un Padre Pio, interdit de célébrer la sainte messe et de dispenser les sacrements , ce qui peut arriver de pire pour un prêtre ? A t-il quitté l'Eglise ? Il aurait eu de justes motifs, sa hiérarchie étant certainement dans l'erreur, mais il a préféré obéir jusqu' à l'héroisme, et c'est précisément ce qui fait les Saints ! Nous pourrions multiplier les exemples ( Sainte Thérèse d'Avila et la réforme du Carmel).
A votre avis, à quelle catégorie appartient un Mgr Lefebvre ? La poursuite d'un juste motif ne suffit pas à justifier toute action ( la fin ne justifie pas les moyens). Et pourtant, l'analyse de Mgr Lefebvre était lucide sur l'état de délabrement de l'Eglise dans les années post conciliaire. C'est pourtant manquer de confiance car l'Eglise n'est pas conduite par les hommes mais par l'Esprit, qui la guide de manière infaillible.Malgré les tempêtes du monde, la barque de Pierre, nouvelle Arche du Salut, est insubmersible !
Il faut aussi rappeler la matrice de tous les péchés depuis la Genèse : l'orgueil, qui conduit à l'aveuglement et à la désobéissance. Ce n'est pas un hasard si pour les hommes d'Eglise et les religieux, ce péché est le plus difficile à vaincre ( ne parlons pas pas de nous, pauvres laïcs ! ).
Cordialement,
Zef
" Or c'est ici la vie éternelle, qu'ils te connaissent , Toi, le seul vrai Dieu et celui que Tu as envoyé, Jésus Christ" Jean 17,3
Après cela, on peut toujours faire du juridisme et triturer le Droit Canon dans tous les sens. On peut se raccrocher à la lettre...mais le problème est ailleurs. Personne ne détient la Vérité, c'est Elle qui nous possède et qu' il faut servir humblement et inutilement.
Zef
Zef
" Or c'est ici la vie éternelle, qu'ils te connaissent , Toi, le seul vrai Dieu et celui que Tu as envoyé, Jésus Christ" Jean 17,3
-
In illo tempore
- Censor

- Messages : 73
- Inscription : jeu. 30 mars 2006, 21:36
Le dossier de la Fraternité Saint-Pie X ne dépend pas du Conseil Pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens mais de la Commission Ecclesia Dei. Le Saint-Siège juge par là-même qu'il n'y a pas schisme.Le Cardinal Castrillon Hoyos a écrit :Nous ne sommes pas face à une hérésie. On ne peut pas dire en termes corrects, exacts, précis qu’il y ait un schisme. Il y a, dans le fait de consacrer des évêques sans le mandat pontifical, une attitude schismatique. Ils sont à l’intérieur de l’Eglise. Il y a seulement ce fait qu’il manque une pleine, une plus parfaite – comme cela a été dit durant la rencontre avec Mgr Fellay – une plus pleine communion, parce que la communion existe.
A ma connaissance, il n'y a pas eu de levée d'excommunication des prêtres qui ont fondé l'Institut du Bon Pasteur. Si c'est effectivement le cas, ils n'ont donc pas été excommuniés.
Les Evêques eux ont certainement été excommuniés. Il est attendu d'eux qu'ils demandent la levée de leur excommunication.
- VexillumRegis
- Senator

- Messages : 951
- Inscription : ven. 21 mai 2004, 22:32
- Localisation : Provence
Malgré toutes les arguties des uns et des autres, la FSSPX n'est pas en pleine communion avec le Saint-Siège. C'est une évidence.
Donc les lefebvristes, s'ils ne sont pas formellement schismatiques, sont au moins "semi-schismatiques".
Voilà un néologisme (?) qui devrait réconcilier tout le monde.
In Christo cum Petro,
- VR -
Donc les lefebvristes, s'ils ne sont pas formellement schismatiques, sont au moins "semi-schismatiques".
Voilà un néologisme (?) qui devrait réconcilier tout le monde.
In Christo cum Petro,
- VR -
- Boris
- Tribunus plebis

- Messages : 2428
- Inscription : lun. 21 août 2006, 17:46
- Localisation : France - Centre (28)
Enfin, qui êtes-vous pour dire au Pape qu'il a tort en proclamant qu'il n'y a pas schisme alors que lui le déclare (et il n'est pas le seul au sein de la hiérarchie ecclésiale) ?
Qui êtes-vous par rapport au Vicaire du Christ ?
Renier le schisme c'est renier l'autorité du Pape. On frise avec le sédévacantisme. D'ailleur c'est pour cela qu'il y a ex-communication et schisme : Mgr Lefebvre a renié l'autorité du Pape.
Qui êtes-vous par rapport au Vicaire du Christ ?
Renier le schisme c'est renier l'autorité du Pape. On frise avec le sédévacantisme. D'ailleur c'est pour cela qu'il y a ex-communication et schisme : Mgr Lefebvre a renié l'autorité du Pape.
Jean-Paul II, in Ecclesia Dei Adfflicta, a écrit : 3.(...)C’est pourquoi une telle désobéissance, qui constitue en elle-même un véritable refus de la primauté de l’évêque de Rome, constitue un acte schismatique. (...)
4. À la racine de cet acte schismatique, (...)
UdP,
Boris
Boris
-
In illo tempore
- Censor

- Messages : 73
- Inscription : jeu. 30 mars 2006, 21:36
Boris, pourriez-vous s'il vous plaît vous expliquer plus clairement :
Et ensuite.
J'avoue ne pas comprendre.
On peut légitimement parler comme le Cardinal Castrillon Hoyos d'attitude schismatique tout en disant qu'il n'y a pas de schisme formel.
Si vraiment il y avait schisme, je crois, à mon humble avis, qu'il aurait fallu demander à l'Abbé Laguérie un acte officiel pour "retourner dans le giron de l'Eglise". Ce qui n'a pas été le cas.
Donc le Pape proclame qu'il n'y a pas schisme.Enfin, qui êtes-vous pour dire au Pape qu'il a tort en proclamant qu'il n'y a pas schisme
Et ensuite.
Pour ne pas renier l'autorité du Pape, il faut dire qu'il y a schisme.Renier le schisme c'est renier l'autorité du Pape.
J'avoue ne pas comprendre.
On peut légitimement parler comme le Cardinal Castrillon Hoyos d'attitude schismatique tout en disant qu'il n'y a pas de schisme formel.
Si vraiment il y avait schisme, je crois, à mon humble avis, qu'il aurait fallu demander à l'Abbé Laguérie un acte officiel pour "retourner dans le giron de l'Eglise". Ce qui n'a pas été le cas.
- marchenoir
- Pater civitatis

- Messages : 259
- Inscription : dim. 25 déc. 2005, 22:58
- Localisation : Vincennes
Bonjour Popeye.popeye a écrit :Bonsoir à tous.
Je ne suis pas lefebvriste. Je ne cherche pas plus à défendre la situation des lefebvristes. Je cherche à savoir si oui ou non ils sont schismatiques = si oui ou non ils peuvent exciper du canon 1323 4° ou 7°.
La question est posée sur le terrain du droit, parce que c'est sur le terrain du droit qu'elle doit être posée, le délit de schisme étant sanctionné par la peine canonique d'excommunication ; et parce que le droit canon prévoit des cas où la commission d'un acte de soi délictueux ne peut entraîner aucune sanction canonique.
La question est donc, fondamentalement, d'ordre canonique. L'Eglise est une socièté et, comme telle, elle est régie par un droit : le droit canon. Si donc les lefebvristes peuvent légitimement exciper du canon 1323 7°, ils ne sont pas excommuniés, donc ne sont qu'apparemment schismatiques. Dans le cas contraire, ils sont schismatiques. Ni plus, ni moins, et sans aucun parti pris.
Pour répondre, on ne cherchera pas à triturer le droit canon, ni à finasser sur le droit, ni à tordre les textes des canons pour leur faire improbablement dire ce qu'on voudrait leur voir dire. On les prendra au sens obvie, pour leur faire dire ce qu'ils disent, afin de pouvoir en âme et conscience, devant Dieu qui nous jugera au Jour du Jugement, répondre le plus honnêtement possible à la question soulevée.
La question n'est pas, à l'intention de Boris, de savoir si le Pape a ou non fait déclarer l'excommunication par le Cardinal Gantin suite aux sacres sans mandats. La question est de savoir si les FSSPX pouvaient sans faute de leur part penser n'être pas tenus par la monition du 17 juin et pouvoir en conséquence procéder aux sacres, à raison de ceci : qu'il pensaient, à tort ou à raison, qu'existait un état de nécessité résultant :
- des prostitutions liturgiques
- des prostitutions doctrinales
- de l'hérésie régnant, selon eux, à Rome ; ce dernier point rendant inopérante la monition du 17 juin.
Boris répond non, par réflexe pavlovien : il est ultra-montain. Il ignore sans doute qu'un Pape peut être scandaleux, schismatique, hérétique. Les lefebvristes, qui ne l'ont pas oublié, en ont excipé pour refuser "l'assentiment religieux et prudent" dû aux actes du Magistère simplement authentique. Ils avaient et ont raison de le faire s'il n'était pas religieux ou prudent d'assentir ; ils étaient et sont gravement coupables de l'avoir fait s'il était religieux et prudent d'assentir. Ce qui est, d'une certaine façon, poser la question de l'hétérodoxie réelle ou apparente ou inexistante de Jean-Paul II ; question qu'un catholique a le droit de poser.
Je réitère donc ce qui suit :
Le débat porte donc exclusivement sur les points suivants :
1° Mgr Lefebvre et alii pouvaient-ils croire à l'état de nécessité, quelles que soient leurs preuves ? Je réponds oui. Est indéniable qu'ils y croient.
2° Cet état de nécessité justifiant les sacres sans mandats est-il démontré par les tenants de FSSPX ? C'est le premier point à discuter, qui porte sur la valeur de leurs arguments. Si la réponse devait être affirmative, ils ne sont pas schismatiques, par application de 1323 4°.
3° A supposer que l'état de nécessité n'existait pas objectivement, Mgr Lefebvre et alii pouvaient-ils croire de bonne foi qu'il existait, d'où, conformément au canon 1323 7°, l'absence de toute sanction, et la conclusion qu'ils ne sont pas excommuniés. Je remarque que, conformément aux enseignements reçus de la théologie morale catholique :
- La bonne foi s'apprécie subjectivement.
- Qu'une opinion probable peut contraindre qui la tient à agir. Mais sur ce point, il me faut étudier le tutiorisme (rigorisme), le probabilisme (laxisme) et l'équiprobabilisme, pour savoir quel degré de probalité est moralement requis pour qu'à défaut de certitude morale une opinion oblige en conscience.
Par là, la discussion quitte le terrain du droit canonique pour se placer sur celui de la théologie morale.
De sorte qu'à se placer sur le terrain du canon 1323 7°, si la conviction des lefebvristes avait suffisament de probabilité au regard des règles de la théologie morale, alors il ne pouvaient, en application du droit qui s'impose à tous, même au Pape, être excommuniés. Dans cette hypothèse, la déclaration d'excommunication est purement et simplement invalide, donc nulle de plein droit. Auquel cas, leur schisme n'est qu'apparent.
Dans le cas contraire, prions pour leurs âmes.
En tout état de cause, prions tous et sincèrement pour leur pleine réintégration.
Pour apporter une petite contribution à ce fil de discussion, je me suis servi de plusieurs ouvrages, dont Au fil des Mois, de Christophe Geffroy (rédacteur en chef de La Nef), La Messe se S. Pie V à Paul VI de Dom Guy Oury, Ecône, comment dénouer la tragédie ? de Bertrand de Margerie (Téqui) et Les Traditionalistes face à la Tradition de François Biju-Duval (Téqui également).
Je tenais à le dire parce qu'il y a des morceaux entiers de phrases que j'ai copiés sans aucune vergogne ni retenue et que s'il avait fallu que je mette des guillemets et des références à chaque fois, cela aurait été mortellement fastidieux.
En premier lieu, les successives négations du schisme dont il est question ont conduit en 1997 à une mise au point très nette du Conseil pontifical pour l’interprétation des textes législatifs, qui rappelle qu’il y a bien eu schisme en 1988.
Je ne dispose pas moi-même du texte mais si vous pouvez vous le procurer, peut-être vous sera-t-il d’une certaine utilité. Vous le trouverez à la Documentation Catholique du 6 juillet 1997, n°2163, p.622-623.
Ensuite, dans l’optique d’un examen de la condamnation des sacres, d’un jugement du jugement en quelque sorte, je suis d’accord avec vous pour faire pivoter l’ensemble autour de la notion d’état de nécessité.
Remarquez, là-dessus tout le monde est d’accord, chose suffisamment rare pour être soulignée. Sur son site (La Porte Latine), la FSSPX l’affirme clairement : « La véritable question n’est donc ni la validité (hors de cause) des sacres épiscopaux de Mgr Lefebvre, ni leur légalité, mais l’existence de l’état de nécessité, sur lequel se fonde la légalité des sacres ».
L’état de nécessité dans l’Église est prévu dans le cas où le pape est dans l’impossibilité d’accorder un mandat pontifical, par exemple en régime de persécution ; certains évêques, présumant l’accord du pape, peuvent alors tout de même consacrer d’autres évêques afin de perpétuer l’Église locale, sans pour autant devenir schismatiques. Dans ce cas bien précis, redisons-le, on « présume » l’accord du pape en place, et dés que l’empêchement est aboli, on s’empresse de « régulariser » la situation.
La FSSPX le sait mieux que quiconque. Suivons-la sur le même site développer ses arguments.
Passons sur le début – l’art de l’analogie n’appartient décidemment pas à tout le monde – et intéressons-nous au cœur de l’argument.Reprenons ici une comparaison simple, mais efficace. Pape et Évêque sont dans l'Église par droit divin comme mari et femme dans la famille : le second est subordonné au premier, tous deux sont ordonnés à la même fin : le salut des âmes. Donc, de même que retombe parfois sur l'épouse le devoir de suppléer, dans les limites de ses possibilités, à son mari quand celui-ci ne pourvoit pas, ou de manière insuffisante, aux besoins de ses enfants, de même peut retomber sur un Évêque le devoir de suppléer, dans les limites de son pouvoir d'ordre (qui comprend aussi le pouvoir de sacrer d'autres évêques), au Pape qui, pour quelque raison que ce soit, coupablement ou non, ne pourvoit pas, ou de manière insuffisante, aux besoins spirituels des âmes.
« Ainsi au IV° siècle - écrit Dom A. Grea, dont l'attachement au primat pontifical ne fait aucun doute - on vit saint Eusèbe de Samosate parcourir les Églises orientales dévastées par les ariens, et ordonner pour elles des Évêques catholiques sans avoir sur elles aucune juridiction spéciale »
c'est-à-dire, (…) « sans l'autorisation nécessaire ». C'est aussi de cette façon qu'agirent d'autres Évêques catholiques, défenseurs de l'orthodoxie catholique, que l'Église vénère aujourd'hui sur les autels : c'est « sans autorisation » qu'ils conférèrent aux nouveaux consacrés non seulement le pouvoir d'ordre, mais aussi, puisque la nécessité le demandait, le pouvoir de juridiction sur les Diocèses, pour l'utilité desquels ils les avaient consacrés. Dom Grea appelle cette action« l'action extraordinaire de l'Épiscopat », appelé par des circonstances extraordinaires à « porter remède aux pressantes nécessites du peuple chrétien », et écrit que dans de tels cas l'Épiscopat agit « fort du consentement tacite de son Chef, rendu certain par la nécessité . »
Il faut noter que ce n'est pas le consentement du Pape qui rendit ces Évêques certains de la nécessité, mais la nécessité qui les rendit certains du consentement du Chef. Et pourquoi cela ? Parce que dans l'état de nécessité des âmes, le consentement du Pape est dû : en vertu du primat, il a reçu du Christ le pouvoir d'élargir ou restreindre l'exercice du pouvoir d'ordre, mais toujours de façon à pourvoir « de façon suffisante » au salut des âmes, qui est la raison d'être de l'Église et de la Papauté elle-même. »
L’état de nécessité s’est en effet fait sentir plusieurs fois dans l’histoire de l’Église, l’exemple donné par la FSSPX est juste de ce point de vue. Mais qui ne voit qu’il porte lui-même sa condamnation ? Si saint Eusèbe de Samosate se dispensa de l’accord du pape, c’est parce qu’il en présumait ! Il n’a pas agi contre la volonté du Souverain Pontife mais selon sa volonté présumée. Qui ne voit pas la différence ?
Mgr Lefebvre, dans le cas qui nous occupe, ne pouvait pas se prévaloir de l’autorisation tacite du pape puisque tout au contraire elle lui avait été manifestement refusée. Jean-Paul II en personne avait en effet demandé à Mgr Lefebvre de ne pas procéder aux sacres.
Notons au passage que, Rome ayant accepté le principe du sacre d’un membre de la Fraternité pour le 15 août de la même année mais s’étant catégoriquement opposée à ceux de juin, Mgr Lefebvre, en désespoir de cause, en fut réduit à affirmer que « la consécration épiscopale n’est pas contraire au Saint Siège puisqu’elle est accordée pour le 15 août ». Dénier que Rome était contre les sacres de juin, c’est tout ce qui a été trouvé pour légitimer l’illégitime. Quelle misère, tout de même !Lettre du 9 juin 1988 : « Je vous exhorte, Vénérable frère, à renoncer à votre projet qui, s’il est réalisé, ne pourra apparaître que comme un acte schismatique dont les conséquences théologiques et canoniques inévitables vous sont connues » (Documentation catholique n°1966, 17 juillet 1988, p.739)
L’exemple de saint Eusèbe sacrant des évêques au plus fort de la crise arienne n’est donc en rien probant, au contraire. Et remarquez bien qu’aucun exemple ne le serait davantage puisqu’il ne s’est jamais vu de sacre légitime contre la volonté du pape. Comme le souligne Christophe Geffroy dans Au Fil des Mois : « Il est significatif que la FSSPX n’ait jamais pu citer un grand théologien, un seul Père de l’Église, un seul concile ou un seul pape, bref, un seul texte faisant référence qui reconnaisse dans des circonstances exceptionnelles la légitimité d’un sacre d’évêque contre la volonté du pape (et non pas sans sa volonté ou en la présumant acquise) »
Insistons bien sur ce point.
De même que le Christ a choisi ses apôtres, le pape, vicaire du Christ sur terre, nomme ou délègue explicitement ou implicitement le pouvoir de nommer les évêques : « ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais c’est moi qui vous ai choisis » (Jn 15, 16). Le mandat du pape manifeste la visibilité de l’Église dans le monde par le rattachement hiérarchique des évêques au Saint-Père.
En outre, la prérogative de nommer les évêques appartient en propre au pape. Dans l’encyclique Ad Apostolorum Principis du 29 juin 1958 consacrée à ce sujet, Pie XII écrit : « Personne ne peut conférer légitimement la consécration épiscopale sans la certitude préalable du mandat pontifical. Une consécration ainsi conférée contre tout droit divin et humain, et qui est un très grave attentat à l’unité même de l’Église, est punie d’une excommunication « réservée de manière très spéciale au Saint-Siège », et encourue ipso facto non seulement par celui qui reçoit cette consécration arbitraire mais aussi par celui qui la confère » (Décret de la Suprême Congrégation du Saint-Office du 9 avril 1951)
« Il est évident qu’on ne pourvoit pas aux besoins des fidèles en violant les lois de l’Église » ajoutait Pie XII dans la même encyclique.
La gravité de l’acte de Mgr Lefebvre réside donc dans l’usurpation du pouvoir papal. Une remarque à ce propos : depuis 1976, Mgr Lefebvre conférait des ordinations sacerdotales contre la volonté du pape (sans lettre dimissoire), mais elles étaient avalisées par Rome car en ordonnant des prêtres, Mgr Lefebvre faisait ce qui relève du pouvoir propre de tout évêque sans avoir préalablement besoin d’un mandat du pape, contrairement à l’institution d’un évêque qui est, rappelons-le encore une fois, une prérogative absolument exclusive du Saint-Père.
Certains diront que Mgr Lefebvre n’a sacré des évêques qu’en leur conférant le pouvoir d’ordre (transmettre les sacrements) et en se gardant bien de leur donner un pouvoir de juridiction. Sans quoi, le schisme serait patent.
Mais il ne s’est jamais vu dans l’Église d’évêques sacrés en mettant de côté le pouvoir de juridiction, comme s’il s’agissait d’une simple option. Une telle pratique va manifestement contre la Tradition qui, de plus, a toujours enseigné que le pape était maître de la nomination des évêques. La fonction épiscopale forme un tout dont on voit mal comment on pourrait artificiellement séparer le pouvoir de juridiction du pouvoir d’ordre (c’est pour cela qu’on attribue aux prêtres élevés à l’épiscopat dans la Curie – et qui ne reçoivent pas de diocèses effectifs – un titre d’évêché in partibus, c’est-à-dire un ancien évêché réel mais aujourd’hui indisponible).
En acceptant de séparer les deux pouvoirs d’ordre et de juridiction, on aboutit à une impasse : ou bien Mgr Lefebvre refuse de transmettre un pouvoir de juridiction et il n’a donc pas l’intention de faire ce que fait toujours l’Église en pareil cas : alors le sacre est invalide puisque tout sacrement n’est valide que si le ministre a l’intention de faire ce que fait habituellement l’Église ; ou bien il transmet un pouvoir de juridiction qu’il n’a pas et son acte devient schismatique (Remarquons au passage que la FSSPX a tout de même créé ses propres tribunaux ecclésiastiques qui délivrent des déclarations de nullité de mariage).
La FSSPX convoque bien quelques grandes voix de l’Église (saint Thomas d’Aquin, Suarez) pour expliquer dans quels cas se dispenser du consentement du supérieur, mais appliquée au cas qui nous intéresse, son analyse conduit alors à penser que l’Église ne subsiste que dans la FSSPX puisqu’il lui faudrait avoir raison contre toute l’Église Enseignante. Cela ne se peut, comme le lui faisait remarquer déjà Paul VI : « Un évêque seul et sans mission canonique n’a pas, in actu expedito ad agendum (de manière telle qu’il puisse agir) la faculté d’établir en général quelle est la règle de la foi et de déterminer ce qu’est la Tradition. Or, pratiquement vous prétendez être juge à vous seul de ce recouvre la Tradition. » (Paul VI, lettre du 11 octobre 1976), mais cela ne fait pas peur à Mgr Lefebvre : « Je vous le demande : où sont les véritables marques de l’Église ? Sont-elles davantage dans l’Église officielle (il ne s’agit pas de l’Église visible, il s’agit de l’Église officielle) ou chez nous […] ? Tout cela montre que c’est nous qui avons les marques de l’Église visible » (Conférence du 9 septembre 1988 à Ecône, Fideliter n°66 de novembre-décembre 1988).
De tels propos, reconnaissons-le, laissent planer peu de doutes sur l’état dans lequel se place Mgr Lefebvre.
D’ailleurs, une fois l’excommunication prononcée, l’attitude des membres de la Fraternité est encore moins équivoque et, partant, d’autant plus significative de l’esprit de rébellion qui les anime.
Un Léon Bloy ne manquait jamais une occasion de gratifier d’un magistral coup de pied quelque part tout clerc, quel qu’il soit, qu’il trouvait trop fade et pas assez animé de ce qu’il pensait être le véritable esprit chrétien. Et pour l’amour de la France, il en venait à souhaiter que Léon XIII jetât l’Interdit sur elle. Pourquoi ? Parce qu’une telle condamnation était ce qu’il pouvait imaginer de plus terrible, et il avait de l’imagination Léon Bloy. Être coupé de la communion de Rome, le grand Léon en frémissait d’effroi.
Et Bernanos, il n’a pas ménagé le monde ecclésiastique non plus. Pourtant, voyez-le trembler de peur à l’idée d’être retranché de la communion de l’Église :« Voyez-vous Léon XIII jetant l'Interdit sur les quatre-vingts diocèses de France, un Interdit absolu, omni appellatione remota, jusqu'à l'heure où tout ce grand peuple sanglotant demanderait grâce ?
(…)
Je vous dis que la France ne pousserait qu'un cri !
Mourante de peur, elle comprendrait qu'on lui arrache les entrailles, elle se réveillerait de ses abominations comme d'un cauchemar, et le cantique de pénitence du vieux Coq des Gaules ressusciterait l'univers ! » (Dans La Femme Pauvre)
Quelle différence avec les réactions qui ont suivi l’excommunication !« Je ne vivrais pas 5 minutes en dehors de l'Église et si l'on m'en chassait, j'y rentrerais aussitôt, pieds nus, en chemise, la corde au cou, enfin aux conditions qu'il vous plairait de m'imposer, qu'importe ! » (Dans La France contre les Robots)
- Dans Le Courrier de Rome titré « Ni schismatiques, ni excommuniés », on pouvait lire : « Un catholique ne doit ni ne peut être en communion avec un pape Paul VI » (n°95 de septembre 1988)
- Dans Fideliter : « La chaire de Pierre et les postes d’autorité de Rome étant occupés par des antichrists… » (Lettre de Mgr Lefebvre aux futurs évêques du 29 août 1987, hors-série des 29-30 juin 1988).
- « Nous préférons être excommuniés. Nous ne voulons pas participer à cette œuvre épouvantable qui se réalise depuis vingt ans dans l’Église » (Homélie de Mgr Lefèbvre du 10 juillet 1988, Fideliter n°65 de septembre-octobre 1988)
- « Nous devrons continuer à faire le travail de l’Église sans le Vatican […]. S’il le faut elles (des religieuses, il s’agit des religieuses de ND de l’Annonciation) doivent se séparer de Dom Gérard pour garder la foi, pour garder le Tradition » (Interview de Mgr, Fideliter n°66 de novembre-décembre 1988)
- « Je vous le demande : où sont les véritables marques de l’Église ? sont-elles davantage dans l’Église officielle (il ne s’agit pas de l’Église visible, il s’agit de l’Église officielle) ou chez nous […] ? Tout cela montre que c’est nous qui avons les marques de l’Église visible. (…). Il faut donc sortir de ce milieu des évêques, si l’on ne veut pas perdre son âme. Mais cela ne suffit pas, car c’est à Rome que l’hérésie est installée […] Si nous nous éloignons de ces gens-là, c’est absolument comme avec des gens qui ont le sida. On n’a pas envie de l’attraper. Or, ils ont le sida spirituel, des maladies contagieuses. Si l’on veut garder la santé, il ne faut pas aller avec eux […]. C’est pourquoi nous ne pouvons pas nous lier avec Rome » (Conférence du 9 septembre 1988 à Ecône, Fideliter n°66 de novembre-décembre 1988)
- « Nous disons, nous, que l’on ne peut pas être soumis à l’autorité ecclésiastique et garder la Tradition » (Conférence à Flavigny en décembre 1988, Fideliter n°68 de mars-avril 1989)
- « Nous ne demandons pas mieux que d’être déclarés ex communione de l’esprit adultère qui souffle dans l’Église depuis vingt-cinq ans, exclus de la communion impie avec les infidèles […]. Être donc associés publiquement à la sanction qui frappe les six évêques catholiques, défenseurs de la foi dans son intégralité, serait pour nous une marque d’honneur et un signe d’orthodoxie devant les fidèles » (Lettre au cardinal Gantin du 6 juillet 1988, signée par l’abbé Schmidberger, supérieur général de la FSSPX, ainsi que par 23 autres responsables de la Fraternité, dans Fideliter n°64 du juillet-août 1988)
On comprend pourquoi Jean Madiran parle à propos de la FSSPX de « sédévacantisme immanent ».
Mais on peut presque dire que le plus grave n’est pas là.
Mgr Lefebvre, dans la lettre du 29 août 1987 aux quatre futurs évêques, se déclarait « confiant que sans tarder le Siège de Pierre sera occupé par un successeur de Pierre parfaitement catholique en les mains duquel vous pourrez déposer la grâce de votre épiscopat pour qu’il la confirme ».
Or, à quoi assiste-t-on au contraire ? Depuis le schisme, la FSSPX n’a de cesse que d’essayer de légitimer une position inconfortable. La seule solution, pour elle, est souvent la fuite en avant. Autrement dit, pour justifier sa désobéissance qui perdure envers le Droit Canon et envers une Rome qu’elle reconnaît, elle doit sans cesse en critiquer les actes et documents. Dès 1989, Engelbert Recktenwald prophétisait avec clairvoyance cette évolution qui était déductible de la tournure qu’avaient prise les événements (Cf Lettre sur les sacres du 30 juin, Wigratzbad, 1989, p.23).
À rebours de l’enseignement constant des papes, un a priori malveillant accueille tout document, toute initiative du Vatican. La critique, en soi légitime, devient systématique et s’érige en mode usuel de fonctionnement. C’est le règne de l’analyse sévère de texte, de la traque au « venin moderniste », de la décortication à la recherche de l’interprétation qui prêterait le flanc à la critique.
Ainsi s’érige une théologie qui vérifie celle du pape pour le juger dans ses documents. L’un des cas les plus flagrants a été un traité intitulé Le Catéchisme de l’Église Catholique est-il catholique ?, auquel a répondu un frère du Barroux (Oui, le Catéchisme de l’Église Catholique est catholique , 1993, édition de la Madeleine).
En vérité, on en arrive même parfois à cette situation hautement paradoxale d’une attitude de type gauchiste chez ceux même qui se définissent anti-progressistes. Je veux dire par là que le combat du gauchiste de base contre ce qu’il appelle le fascisme ressemble parfois à celui du saintpidiste de base contre ce qu’il appelle l’Église conciliaire. Même querelles de mots, tendance à la dialectisation, systématisation de la critique, recherche du conflit pour le conflit, propension à voir des ennemis derrière les rideaux, complaisance dans l’opposition ; même la façon dont sont formulées certaines demandes, on croirait du Martine Aubry !
Il est là le plus grave.
La suspicion systématique dans laquelle on a tenu le pape Jean-Paul II fait que pour les jeunes générations, l’appartenance à la Frat devient une référence culturelle par rapport aux « modernistes de Vatican II » et à « l’Église conciliaire ». Certains n’ont connu que cela.
Et même si l’élection de Benoît XVI a été saluée comme un espoir pour la Tradition, j’en ai entendu certains déplorer « sa christologie gravement défaillante » et exiger une rétractation publique de ses erreurs conciliaires.
Aujourd’hui, il nous semble plus proche que jamais le jour où nous pourrons voir se refermer cette déchirure, pour reprendre le livre bouleversant de Jean-Pierre Dickès.
L’Institut du Bon Pasteur a montré que c’était possible. Je m’associe à vos prières, cher Popeye.
Très cordialement.
Marchenoir.
Il n'y a qu'une tristesse, c'est de n'être pas des saints (Léon Bloy, La Femme Pauvre)
Quelle est le texte faisant référence à ce point de doctrine ?popeye a écrit :Q. La doctrine catholique affirme t-elle qu'un Pape peut être hérétique ou schismatique ?
R. Oui.
Cordialement,
Zef
" Or c'est ici la vie éternelle, qu'ils te connaissent , Toi, le seul vrai Dieu et celui que Tu as envoyé, Jésus Christ" Jean 17,3
-
le bon Seb
- Pater civitatis

- Messages : 1203
- Inscription : mer. 19 juil. 2006, 13:47
Paul IV
Bonjour Zefdebruz,
Vous trouverez ce fameux texte sur tous les sites sédévacantistes :
Vous trouverez ce fameux texte sur tous les sites sédévacantistes :
Paul IV a écrit :PAUL IV - SOUVERAIN PONTIFE
BULLE "CUM EX APOSTOLATUS"
le 15 février 1559
L'EXTRAIT ESSENTIEL:
§6 - De plus, si jamais un jour il apparaissait qu'un Evêque, faisant même fonction d'Archevêque, de Patriarche ou de Primat; qu'un Cardinal de l'Eglise Romaine, même Légat; qu'un Souverain Pontife lui-même, avant sa promotion et élévation au Cardinalat ou au Souverain Pontificat, déviant de la foi Catholique est tombé en quelque hérésie, sa promotion ou élévation, même si elle a eu lieu dans la concorde et avec l'assentiment unanime de tous les Cardinaux, est nulle, sans valeur, non avenue. Son entrée en charge, consécration, gouvernement, administration, tout devra être tenu pour illégitime.
S'il s'agit du Souverain Pontife, on ne pourra prétendre que son intronisation, adoration (agenouillement devant lui), l'obéissance à lui jurée, le cours d'une durée quelle qu'elle soit (de son règne), que tout cela a convalidé ou peut convalider son Pontificat, celui-ci ne peut être tenu pour légitime jamais et en aucun de ses actes.
De tels hommes, promus Evêques, Archevêques, Patriarches, Primats, Cardinaux ou Souverain Pontife, ne peuvent être censés avoir reçu ou pouvoir recevoir aucun droit d'administration, ni dans le domaine spirituel, ni dans le domaine temporel. Tous leurs dits, faits et gestes, leur administration et tous ses effets, tout est dénué de valeur et ne confère, par conséquent, aucune autorité, aucun droit à personne. Ces hommes ainsi promus seront donc, sans besoin d'aucune déclaration ultèrieure, privés de toute dignité, place, honneur, titre, autorité, fonction et pouvoir, même si tous et chacun de ces hommes (promus par le prétendu Pape) n'a dévié de la foi, tombant dans le schisme ou l'hérésie, qu'après son élection, soit en suscitant, soit en embrassant (ces erreurs).
[Bull. Rom., tome 4, I, pp. 354-357]
Référence exacte: Codicis Juris Canonici Pontes
Cura Emi. Petri Card. Gasparri editi
Morae, Typis Polyglottis Vaticanis, MCXXXVI
Volumen I, N°94, pp.163-66
Paulus IV, Cum ex apostolatus, 15 febr. 1559
Prenons donc le cas de Saint Josemaría Escrivá. Que pensez-vous de ceci?popeye a écrit :Ben , très franchement Boris, pour moi la question serait plutôt de savoir si les fsspx pouvait croire sans faute de leur part qu'il l'était. De plus, la béatification de Jean-Paul II, à supposer qu'elle advienne, et elle viendra peut être [surement ?] ne sera pas décisive pour les fsspx, le jugement de béatification n'étant pas, à la différence de celui de canonisation, marqué du sceau de l'infaillibilité. Par contre, s'il est canonisé, là, ça risque de leur poser de sérieux problèmes.
- marchenoir
- Pater civitatis

- Messages : 259
- Inscription : dim. 25 déc. 2005, 22:58
- Localisation : Vincennes
Quelques éléments
Cher Popeye, bonjour et merci pour vos réponses.
Je suis comme vous conscient de la mer qu’il me faudrait boire pour émettre une opinion éclairée sur le sujet des sacres et la validité des sanctions qui s’en sont suivies, opinion qui de toute façon se verrait sur le champ brillamment réfutée par un brillant réfutateur, ce sujet semblant être le Rolland Garros du Droit Canonique, l’arbitre en moins.
J’ai récupéré le texte de la Mise au point du Conseil pontifical pour l'interprétation des textes législatifs dont je vous avais parlé au dernier message. Il est très instructif. Pour vous éviter de le chercher, je le mets ici :
Bien entendu, elle n’est pas marquée du sceau de l’infaillibilité, mais de toute façon qu’est ce que cela peut faire, n’est-ce pas ? Quand bien même cette déclaration s’en prévalait, nous vivons actuellement une époque tellement formidable que tout le monde aujourd’hui pourrait trouver des conditions permettant d’en douter : hérésie du pape, des évêques, de toute la terre, sauf soi.
Car si l’on revient au cœur du problème, à savoir l’état de nécessité, le problème n’est pas tant de savoir si, canoniquement, il y a état de nécessité ou pas, que de savoir QUI est en mesure de le dire dans le cas où cette constatation ne relève pas de l’évidence, ce qui est le cas présent.
La certitude morale suffirait-elle donc pour poser un acte de désobéissance dans une matière si essentielle au salut qu’est la succession apostolique ? Peut-on se satisfaire de son sentiment personnel lorsqu’il est en contradiction totale non seulement avec le pape mais avec tous les évêques du monde, pour exciper de l’état de nécessité ? Assurément, non. Ainsi pense tout du moins le cardinal Castrillon Hoyos que vous citiez fort à propos (au fait, sa démission du poste de préfet de la Congrégation pour le clergé a été acceptée par Sa Sainteté Benoît XVI, c’est le cardinal brésilien Claudio Hummes, archevêque de Sao Paulo, qui lui succède) : « Dans des circonstances particulièrement difficiles, pas seulement de persécution, l'Église prévoit l'éventualité d' "états de nécessité".
Mais ces "états de nécessité" sont toujours soumis au critère du jugement de l'autorité Ecclésiastique Suprême, et des mesures qu'elle adopte en conséquence ; ils ne peuvent pas être revendiqués contre ou en dehors de cette Autorité Suprême, de la part de forces, tout orthodoxes qu'elles soient, mues par une volonté de réforme et bien intentionnées. Votre conception et votre interprétation de ces "états de nécessité" n'est pas conforme à la foi en l'indéfectibilité de l'Église, et de fait elle n'a jamais été partagée par l'épiscopat mondial avec le Pape à sa Tête. » (Lettre à Mgr Fellay, 5 avril 2002)
Ce qui précède permet de faire un sort à la comparaison avec saint Athanase. Ce grand saint, autant que nous le sachions, fut suivi et soutenu par la majorité des évêques au concile de Nicée, alors que Mgr Lefebvre fut tout seul contre tous (tous, disons moins quatre, on est d’accord), et en particulier contre trois papes successifs qui seraient donc tous trois hérétiques. Alors, la comparaison avec saint Athanase se justifie-t-elle vraiment ?
La difficulté avec laquelle la FSSPX tente de s’expliquer est d’ailleurs éloquente. Devant une demande de clarification, peut-on, par exemple, se satisfaire de ce type de réponse : « Notre position ne vous semble pas claire ; mais c'est Monseigneur qui a eu la grâce d'état de prendre la décision du Sacre, et a eu les lumières pour la prendre ; nous, nous avons simplement la grâce de le suivre, et cela suffit : marchons dans la foi ; si ce n'est pas la foi divine, c'est quand même l'esprit de foi, qui vient de la foi divine » ? C’est pourtant ce qu’a servi Mgr Tissier de Mallerais à l’abbé Emmanuel Berger alors qu’il était encore prêtre à la Fraternité. L’abbé, pas fou, est parti, mais j’allais dire que l’essentiel n’est pas là. On voit là que la justification de l’un des quatre évêques sacrés est au minimum curieuse.
Pour finir, le jeune Abbé, lucide, écrit : « Car la justification ultime des Sacres, la majeure du raisonnement sur lequel s'appuie toute l'attitude de la FSPX, n'est-elle pas d'affirmer que tout va mal en dehors de la Fraternité, et que l'intégrité de la doctrine a partout disparu, sauf dans la Fraternité. » Et pour lui donner raison, voici ce que Mgr Fellay se croit obliger de dire à propos de la prochaine libéralisation de la messe célébrée selon l’ancien Ordo, lors de son sermon du dimanche 15 octobre 2006, à Villepreux, à l’occasion des Journées de la Tradition : « Nous avons parlé hier de la messe, permettez moi d’y revenir et d’insister. Si, dans les mois qui viennent, une liberté et même la liberté totale de l’ancienne messe est donnée - ce qui se chuchote, ce qui semble arriver -, eh bien ! Ne pensons pas que tout est terminé. Il peut y avoir là un piège. Ce sont les sirènes de Bordeaux… ». Cela se passe de commentaire. Monseigneur voit du monde derrière les rideaux, et les agite pour ceux qui n’y croient pas.
Rome libéralise « l’ancienne messe ». S’en réjouissent-ils ? Pensez-vous ! Mgr Fellay conclut (dans le même sermon) : « Tout est sens dessus dessous, mes bien chers frères. Il est évident que dans un tel état des choses il est vraiment prescrit de s’abstenir. Ce n’est pas le moment de courir dans une espèce de fuite en avant. Non ! Si cette messe est donnée, c’est une victoire. Saluons-la comme une victoire. Mais ce n’est pas la fin de la guerre. Elle continue. Je bénis la Divine Providence qui, à chaque fois qu’un acte est posé qui pourrait nous procurer quelque trouble, quelque doute - Est-ce le moment ? Faudrait-il maintenant faire un pas en avant ? –, dans le même temps cette Providence permet d’autres événements qui donnent la lumière dont nous avons besoin pour voir, à l’évidence, où est le chemin. (…) Notre guerre n’est pas terminée. Combien de temps durera-t-elle ? Je n’en sais rien. » Mgr Fellay réduit à bénir la Divine Providence de lui donner des doutes ! Bienvenue en absurdie.
À Mgr Fellay et à ceux qui persistent dans sa voie, et quitte à ce que cela soit pris comme un acte de mauvaise humeur (ce qui est le cas d’ailleurs), je dédis ces quelques lignes de Lewis Carroll :
« Inutile d’essayer, répondit [Alice], on ne saurait absolument croire à l’impossible.
- Je prétends que vous ne vous y êtes pas suffisamment exercée, dit la Reine. Lorsque j’avais votre âge, je m’y appliquais régulièrement une demi heure pas jour. Eh bien, il m’est arrivé avant d’avoir pris le petit déjeuner, de croire jusqu’à six choses impossibles »
ALICE au pays des Merveilles (Lewis Carroll)
Et, pour faire bonne mesure, puisque Mgr se plait à citer sainte Catherine de Sienne lorsqu'il vitupère sur les ceux qu'il appelle les faux pasteurs, je rappelle ce qu'elle écrivait à Barnabé Visconti Seigneur de Milan :
« Il est fou celui qui se dresse ou qui agit contre ce Vicaire qui tient les clés du sang du Christ crucifié. Quand bien même il serait un démon incarné, je ne dois pas lever la tête contre lui, mais toujours m'humilier et demander miséricorde par le sang. Et ne faites pas attention à ce que le démon vous proposera et vous a déjà proposé sous couleur de vertu, c'est-à-dire de vouloir faire justice contre les mauvais pasteurs au sujet de leur défaut. Ne vous fiez pas au démon : n’essayez pas de faire justice de ce qui ne vous regarde pas. Dieu ne veut pas que ni vous, ni personne d’autre ne s’érige en justicier de ses ministres. Il s'est réservé le jugement, et il l'a réservé à son Vicaire : et si le Vicaire ne faisait pas justice, nous devons humblement attendre la punition et la correction de la part du Souverain Juge, Dieu éternel. » (Épistolaire vol. I, Lettre n. 28).
S'humilier et demander miséricorde par le sang, c'est terrible mais c'est peut-être ce qu'il faut.
Avec toute ma sympathie et mon estime pour vous, cher Popeye.
Marchenoir.
Je suis comme vous conscient de la mer qu’il me faudrait boire pour émettre une opinion éclairée sur le sujet des sacres et la validité des sanctions qui s’en sont suivies, opinion qui de toute façon se verrait sur le champ brillamment réfutée par un brillant réfutateur, ce sujet semblant être le Rolland Garros du Droit Canonique, l’arbitre en moins.
J’ai récupéré le texte de la Mise au point du Conseil pontifical pour l'interprétation des textes législatifs dont je vous avais parlé au dernier message. Il est très instructif. Pour vous éviter de le chercher, je le mets ici :
Pour ma part, cette mise au point est définitive, surtout au regard du 9ème paragraphe.1. Tout d'abord, il ressort clairement du Motu proprio Ecclesia Dei du 2 juillet 1988
et du décret Dominus Marcellus Lefebvre de la Congrégation pour les Évêques, du 1er
juillet 1988, que le schisme de M. Lefebvre fut déclaré en relation immédiate avec les
ordinations d'évêques du 30 juin 1988, données sans mandat pontifical (canon 1382);
ensuite, il ressort également de manière claire des mêmes documents que cet acte de très
grave désobéissance a constitué la consommation d'une situation de caractère schismatique
progressif.
2. En effet, le numéro 4 du Motu proprio démontre la racine doctrinale de cet acte
schismatique, et le numéro 5c qu'une adhésion formelle au schisme (il faut entendre ici « le
mouvement de l'archevêque Lefebvre ») aurait comme conséquence l'excommunication
prévue par le droit canonique (canon 1364, §1). De même, le décret de la Congrégation
pour les Évêques se réfère explicitement à la nature schismatique des ordinations
épiscopales et rappelle les très graves peines d'excommunication pour ceux qui adhéreraient
au schisme de Mgr Lefebvre.
3. Malheureusement, l'acte schismatique qui a provoqué le Motu proprio et le décret
n'a pas eu d'autre effet que de conduire jusqu'à son terme, d'une manière particulièrement
visible et indiscutable - par un acte de désobéissance très grave envers le Pontife romain - un
processus d'éloignement de la communion hiérarchique.
Aussi longtemps qu'il n'y aura pas eu de changements conduisant vers une restitution
de cette « communion indispensable », tout le mouvement lefebvrien doit être considéré
comme schismatique à la suite de la déclaration formelle de l'Autorité suprême.
4. Il est impossible d'émettre un jugement en qui ce qui concerne la thèse « Murray »
(Allusion à une thèse sur « l'affaire Lefebvre », soutenue dans une université pontificale de
Rome par M. Murray), parce qu'elle n'est pas publiée, et les deux articles parus dans la
presse qui y font allusion sont confus. De toute façon, on ne peut raisonnablement mettre en
doute la validité de l'excommunication des évêques, déclarée par le Motu proprio et le
décret. En particulier, il ne semble pas admissible de trouver des circonstances atténuantes
ou dirimantes quant à l'imputabilité du délit (canons 1323-1324).
Quant à l'état de nécessité dans lequel se serait trouvé M. Lefebvre, il faut se rappeler
qu'un tel état doit exister objectivement et que la nécessité d'ordonner des évêques contre la
volonté du Pontife romain, Chef du Collège des évêques, ne se présente jamais. Car cela
signifierait qu'il est possible de «servir » l'Église tout en portant atteinte à son unité en
matière étroitement liée aux fondements mêmes de cette unité.
5. D'après le numéro 5c du Motu proprio, l'excommunication latae sententiae
(= encourue automatiquement) frappe ceux qui « adhèrent formellement » à ce mouvement
schismatique. Selon ce Conseil pontifical, une telle adhésion doit impliquer deux éléments
complémentaires :
a) Le premier est de nature intérieure : il consiste à partager librement et
consciemment l'essentiel du schisme, à savoir opter pour les disciples de Lefebvre de façon
telle que ce choix prenne le pas sur l'obéissance au Pape (habituellement, une telle attitude
s'enracine dans des prises de position contraires au Magistère de l'Église) ;
b) La deuxième est de nature extérieure : c'est l'extériorisation de cette option. Le
signe le plus évident en sera la participation exclusive aux fonctions ecclésiastiques
lefebvriennes, sans prendre part aux fonctions de l'Église catholique (il s'agit de toute façon
d'un signe non équivoque, puisqu'il est possible que quelque fidèle prenne part aux
célébrations liturgiques des disciples de Lefebvre sans pourtant partager leur esprit
schismatique).
6. Quant aux diacres et prêtres lefebvriens, il semble être indubitable que leur activité
ministérielle à l'intérieur du mouvement schismatique constitue un signe plus qu'évident
que les deux conditions (cf. n° 5) se réalisent et qu'il s'agit donc d'une adhésion formelle.
7. En ce qui concerne les autres fidèles, il est clair que pour pouvoir parler d'adhésion
formelle au mouvement, il ne suffit pas qu'il y ait participation occasionnelle à des
célébrations liturgiques ou à des activités du mouvement lefebvrien si l'on ne fait pas sienne
l'attitude de désunion doctrinale et disciplinaire de ce mouvement.
Dans la pratique pastorale, il ne sera pas toujours aisé de juger leur situation. Il faudra
avant tout tenir compte de l'intention de la personne et de la mise en pratique de cette
disposition intérieure. On jugera les différentes situations une à une par des personnes
compétentes au for intérieur et extérieur.
8. De toute manière, on distinguera toujours entre la question morale de l'existence ou
non d'un péché de schisme d'une part, et, d'autre part, la question juridico-pénale du délit de
schisme lié à la sanction correspondante. En ce qui concerne cette dernière, seront
appliquées les dispositions du Livre VI du Code de droit canonique (et les canons
1323-1324).
9. Il ne semble pas utile de formaliser davantage les conditions requises pour le délit de
schisme. Un rigorisme dans les normes pénales risquerait de créer d'autres problèmes, car on
n'arrivera jamais à saisir la totalité des cas, oubliant des cas de schisme substantiel ou
s'occupant de comportements extérieurs qui subjectivement ne sont pas toujours
schismatiques
Bien entendu, elle n’est pas marquée du sceau de l’infaillibilité, mais de toute façon qu’est ce que cela peut faire, n’est-ce pas ? Quand bien même cette déclaration s’en prévalait, nous vivons actuellement une époque tellement formidable que tout le monde aujourd’hui pourrait trouver des conditions permettant d’en douter : hérésie du pape, des évêques, de toute la terre, sauf soi.
Car si l’on revient au cœur du problème, à savoir l’état de nécessité, le problème n’est pas tant de savoir si, canoniquement, il y a état de nécessité ou pas, que de savoir QUI est en mesure de le dire dans le cas où cette constatation ne relève pas de l’évidence, ce qui est le cas présent.
La certitude morale suffirait-elle donc pour poser un acte de désobéissance dans une matière si essentielle au salut qu’est la succession apostolique ? Peut-on se satisfaire de son sentiment personnel lorsqu’il est en contradiction totale non seulement avec le pape mais avec tous les évêques du monde, pour exciper de l’état de nécessité ? Assurément, non. Ainsi pense tout du moins le cardinal Castrillon Hoyos que vous citiez fort à propos (au fait, sa démission du poste de préfet de la Congrégation pour le clergé a été acceptée par Sa Sainteté Benoît XVI, c’est le cardinal brésilien Claudio Hummes, archevêque de Sao Paulo, qui lui succède) : « Dans des circonstances particulièrement difficiles, pas seulement de persécution, l'Église prévoit l'éventualité d' "états de nécessité".
Mais ces "états de nécessité" sont toujours soumis au critère du jugement de l'autorité Ecclésiastique Suprême, et des mesures qu'elle adopte en conséquence ; ils ne peuvent pas être revendiqués contre ou en dehors de cette Autorité Suprême, de la part de forces, tout orthodoxes qu'elles soient, mues par une volonté de réforme et bien intentionnées. Votre conception et votre interprétation de ces "états de nécessité" n'est pas conforme à la foi en l'indéfectibilité de l'Église, et de fait elle n'a jamais été partagée par l'épiscopat mondial avec le Pape à sa Tête. » (Lettre à Mgr Fellay, 5 avril 2002)
Ce qui précède permet de faire un sort à la comparaison avec saint Athanase. Ce grand saint, autant que nous le sachions, fut suivi et soutenu par la majorité des évêques au concile de Nicée, alors que Mgr Lefebvre fut tout seul contre tous (tous, disons moins quatre, on est d’accord), et en particulier contre trois papes successifs qui seraient donc tous trois hérétiques. Alors, la comparaison avec saint Athanase se justifie-t-elle vraiment ?
La difficulté avec laquelle la FSSPX tente de s’expliquer est d’ailleurs éloquente. Devant une demande de clarification, peut-on, par exemple, se satisfaire de ce type de réponse : « Notre position ne vous semble pas claire ; mais c'est Monseigneur qui a eu la grâce d'état de prendre la décision du Sacre, et a eu les lumières pour la prendre ; nous, nous avons simplement la grâce de le suivre, et cela suffit : marchons dans la foi ; si ce n'est pas la foi divine, c'est quand même l'esprit de foi, qui vient de la foi divine » ? C’est pourtant ce qu’a servi Mgr Tissier de Mallerais à l’abbé Emmanuel Berger alors qu’il était encore prêtre à la Fraternité. L’abbé, pas fou, est parti, mais j’allais dire que l’essentiel n’est pas là. On voit là que la justification de l’un des quatre évêques sacrés est au minimum curieuse.
Pour finir, le jeune Abbé, lucide, écrit : « Car la justification ultime des Sacres, la majeure du raisonnement sur lequel s'appuie toute l'attitude de la FSPX, n'est-elle pas d'affirmer que tout va mal en dehors de la Fraternité, et que l'intégrité de la doctrine a partout disparu, sauf dans la Fraternité. » Et pour lui donner raison, voici ce que Mgr Fellay se croit obliger de dire à propos de la prochaine libéralisation de la messe célébrée selon l’ancien Ordo, lors de son sermon du dimanche 15 octobre 2006, à Villepreux, à l’occasion des Journées de la Tradition : « Nous avons parlé hier de la messe, permettez moi d’y revenir et d’insister. Si, dans les mois qui viennent, une liberté et même la liberté totale de l’ancienne messe est donnée - ce qui se chuchote, ce qui semble arriver -, eh bien ! Ne pensons pas que tout est terminé. Il peut y avoir là un piège. Ce sont les sirènes de Bordeaux… ». Cela se passe de commentaire. Monseigneur voit du monde derrière les rideaux, et les agite pour ceux qui n’y croient pas.
Rome libéralise « l’ancienne messe ». S’en réjouissent-ils ? Pensez-vous ! Mgr Fellay conclut (dans le même sermon) : « Tout est sens dessus dessous, mes bien chers frères. Il est évident que dans un tel état des choses il est vraiment prescrit de s’abstenir. Ce n’est pas le moment de courir dans une espèce de fuite en avant. Non ! Si cette messe est donnée, c’est une victoire. Saluons-la comme une victoire. Mais ce n’est pas la fin de la guerre. Elle continue. Je bénis la Divine Providence qui, à chaque fois qu’un acte est posé qui pourrait nous procurer quelque trouble, quelque doute - Est-ce le moment ? Faudrait-il maintenant faire un pas en avant ? –, dans le même temps cette Providence permet d’autres événements qui donnent la lumière dont nous avons besoin pour voir, à l’évidence, où est le chemin. (…) Notre guerre n’est pas terminée. Combien de temps durera-t-elle ? Je n’en sais rien. » Mgr Fellay réduit à bénir la Divine Providence de lui donner des doutes ! Bienvenue en absurdie.
À Mgr Fellay et à ceux qui persistent dans sa voie, et quitte à ce que cela soit pris comme un acte de mauvaise humeur (ce qui est le cas d’ailleurs), je dédis ces quelques lignes de Lewis Carroll :
« Inutile d’essayer, répondit [Alice], on ne saurait absolument croire à l’impossible.
- Je prétends que vous ne vous y êtes pas suffisamment exercée, dit la Reine. Lorsque j’avais votre âge, je m’y appliquais régulièrement une demi heure pas jour. Eh bien, il m’est arrivé avant d’avoir pris le petit déjeuner, de croire jusqu’à six choses impossibles »
ALICE au pays des Merveilles (Lewis Carroll)
Et, pour faire bonne mesure, puisque Mgr se plait à citer sainte Catherine de Sienne lorsqu'il vitupère sur les ceux qu'il appelle les faux pasteurs, je rappelle ce qu'elle écrivait à Barnabé Visconti Seigneur de Milan :
« Il est fou celui qui se dresse ou qui agit contre ce Vicaire qui tient les clés du sang du Christ crucifié. Quand bien même il serait un démon incarné, je ne dois pas lever la tête contre lui, mais toujours m'humilier et demander miséricorde par le sang. Et ne faites pas attention à ce que le démon vous proposera et vous a déjà proposé sous couleur de vertu, c'est-à-dire de vouloir faire justice contre les mauvais pasteurs au sujet de leur défaut. Ne vous fiez pas au démon : n’essayez pas de faire justice de ce qui ne vous regarde pas. Dieu ne veut pas que ni vous, ni personne d’autre ne s’érige en justicier de ses ministres. Il s'est réservé le jugement, et il l'a réservé à son Vicaire : et si le Vicaire ne faisait pas justice, nous devons humblement attendre la punition et la correction de la part du Souverain Juge, Dieu éternel. » (Épistolaire vol. I, Lettre n. 28).
S'humilier et demander miséricorde par le sang, c'est terrible mais c'est peut-être ce qu'il faut.
Avec toute ma sympathie et mon estime pour vous, cher Popeye.
Marchenoir.
Il n'y a qu'une tristesse, c'est de n'être pas des saints (Léon Bloy, La Femme Pauvre)
- Boris
- Tribunus plebis

- Messages : 2428
- Inscription : lun. 21 août 2006, 17:46
- Localisation : France - Centre (28)
En réponse complémentaire, je propose également ce point de la règle de Saint Benoît :
68. SI ON COMMMANDE A UN FRÈRE DES CHOSES IMPOSSIBLES
1 Voici ce qui peut arriver : on commande à un frère des choses difficiles ou impossibles. Il acceptera l'ordre donné avec grande douceur et en désirant obéir.
2 S'il voit que le poids de la charge dépasse tout à fait la mesure de ses forces, il dira à son supérieur pourquoi il ne peut pas le faire. Il présentera ses raisons avec patience et au bon moment,
3 sans se montrer orgueilleux, sans résister, sans s'opposer.
4 Si, après ces remarques, le supérieur continue à commander les mêmes choses, alors le frère doit le savoir : il est bon pour lui de faire la chose qu'on lui ordonne.
5 Et, par amour, confiant dans l'aide de Dieu, il obéira.
Donc, quoi qu'on pense du Pape, il est le Pape choisi par l'Esprit Saint via les cardinaux et nous nous devons de lui obéir coûte que coûte
68. SI ON COMMMANDE A UN FRÈRE DES CHOSES IMPOSSIBLES
1 Voici ce qui peut arriver : on commande à un frère des choses difficiles ou impossibles. Il acceptera l'ordre donné avec grande douceur et en désirant obéir.
2 S'il voit que le poids de la charge dépasse tout à fait la mesure de ses forces, il dira à son supérieur pourquoi il ne peut pas le faire. Il présentera ses raisons avec patience et au bon moment,
3 sans se montrer orgueilleux, sans résister, sans s'opposer.
4 Si, après ces remarques, le supérieur continue à commander les mêmes choses, alors le frère doit le savoir : il est bon pour lui de faire la chose qu'on lui ordonne.
5 Et, par amour, confiant dans l'aide de Dieu, il obéira.
Donc, quoi qu'on pense du Pape, il est le Pape choisi par l'Esprit Saint via les cardinaux et nous nous devons de lui obéir coûte que coûte
UdP,
Boris
Boris
Qui est en ligne ?
Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 17 invités