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Bonjour,
Il me semble que le sujet de référence devrait être la compatibilité entre la foi et la raison (plus direct que celle entre la croyance et la raison).
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Bac philo 2012
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lmx
- Barbarus

Re: Bac philo 2012
ce que je voulais dire c'est s'il n'y a pas de place pour autre chose que la "raison". Autrement dit y-a-t-il oui ou non place pour une expérience qui dépasse le cadre l'exercice purement rationnel : contemplation de l'Un chez les platoniciens, saisie intuitive supra intellectuelle de la "durée" chez Bergson, expérience psychologique de l'angoisse chez les existentialistes. Expériences considérés dans ses courants comme authentiquement philosophiques. La philosophie débouche sur une pratique et c'est encore plus vrai chez les existentialistes pour qui la pensée pouvait tendre à devenir un accessoire inutile. Notre BHL national a d'ailleurs parfaitement compris cela.Et donc la philosophie n'implique pas un usage exclusif de la raison, puisque "usage exclusif de la raison" ne veut rien dire.
Personnellement je ne ferme la porte à rien. Si on connaît l'histoire de la pensée, on sait que la façon moderne d'envisager la philosophie comme exercice purement rationnel n'a que quelques siècles, et qu'elle doit d'ailleurs beaucoup aux scolastiques qui ont donné des limites aux domaines théologiques et philosophiques en expliquant que chaque domaine avait sa lumière propre.
Dans l'Antiquité ces strictes séparations n'existent pas. Il est incontestable qu'il y ait chez le philosophe antique une intention spirituelle, ce n'est pas un philosophe de bureau, la philosophie implique un mode de vie.
Qu'est-ce qui distingue Plotin et Proclus de théologiens ? St Augustin est-il philosophe, théologien, à quel moment son discours devient-il philosophique ou théologique ?
Et à l'époque présocratique, les philosophes font usage du mythe et parlent une langue obscure. Aussi, tend-on à remettre en cause la distinction moderne entre pensée mythique obscure et irrationnelle et pensée rationnelle, élevée au "Logos", mais aussi entre la poésie et la philosophie.
Ailleurs, en Inde, en Chine, je ne crois pas que ses distinctions entre théologie et philosophie avec leur objet propre et leur lumière propre existent.
Chez Platon, il y a certes une invitation à la réflexion, mais il y aussi une invitation à une païdéia, à savoir selon l'excellente définition de Heidegger "un acheminement de l'homme vers un retournement de tout son être" et donc à la noesis, à une expérience qui ne peut pas être prouvé et démontré. Une rationalité rigide analytique, purement instrumentale, comme celle qui domine la pensée au début du 20è siècle voit là une raison prisonnière de l'imagination et de la superstition. Vision qui implique une vision assez sottement progressiste de l'histoire.
Ceci dit, je n'adhère pas non plus aux discours postmodernes et relativistes qui font éclater le concept de raison pour montrer qu'il n'y pas une raison mais des rationalités multiples, hétérogènes, forcément toutes aussi légitimes les unes que les autres, ce qui aboutit à la légitimation de tout et de n'importe, du cannibalisme à la sorcellerie. Entre temps, nous sommes passés d'un extrême à un autre : de la croyance en la toute puissance de la raison, en une raison pure, à une vision complètement désenchantée de la raison et au rejet de celle-ci.
Personnellement, je n'ai pas vraiment de point de vue personnel sur la question (j'adhère évidemment à fides et ratio), mais d'un strict point de vue sociologique il n'y a aucune opposition a priori entre croyance et rationalité. Pour moi il est assez clair que le discours philosophique peut aussi intégrer des éléments non-philosophiques dans sa réflexion, qui dépassent la modalité "compréhensive" de la raison, tels que des objets de foi, la croyance en l'Un, la durée etc, et rester authentiquement philosophique et rationnel. Je considère aussi qu'il y a une rationalité interne au discours philosophique ou théologique et qui se manifeste notamment dans la capacité à articuler un discours clair et argumenté, à pouvoir ordonner un discours à des principes qui peuvent être indémontrables. D'ailleurs, les dogmes ne sont pas démontrables, mais peuvent être expliqués et être rendus intelligibles autant que possible.
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