Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2011-2012)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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La Pâque chez chacun de nous

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Le mercredi saint
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 26,14-25.

L'un des douze Apôtres de Jésus, nommé Judas Iscariote, alla trouver les chefs des prêtres
et leur dit : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » Ils lui proposèrent trente pièces d'argent.
Dès lors, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.
Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples vinrent dire à Jésus : « Où veux-tu que nous fassions les préparatifs de ton repas pascal ? »
Il leur dit : « Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : 'Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c'est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples. ' »
Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque.
Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze.
Pendant le repas, il leur déclara : « Amen, je vous le dis : l'un de vous va me livrer. »
Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, l'un après l'autre : « Serait-ce moi, Seigneur ? »
Il leur répondit : « Celui qui vient de se servir en même temps que moi, celui-là va me livrer.
Le Fils de l'homme s'en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux l'homme par qui le Fils de l'homme est livré ! Il vaudrait mieux que cet homme-là ne soit pas né ! »
Judas, celui qui le livrait, prit la parole : « Rabbi, serait-ce moi ? » Jésus lui répond : « C'est toi qui l'as dit ! »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Dans l’Évangile ce matin, c'est ce qui passe inaperçu qui a brillé pour moi. Jésus demande en effet qu'on aille chez "un tel" pour lui dire: "Mon temps est proche; c'est chez toi que je veux célébrer la Pâque". Qui donc est cet inconnu ? Et comme je formulais cette question, la réponse m'est venue aussitôt : "Un tel", c'est chez vous et c'est chez moi, c'est en tout cœur disposé à l'accueillir avec ses disciples.

Une nouvelle fois, ma nuit a été perturbée - d'abord parce qu'une plaque d'eczéma a ressurgi sur un muscle de ma jambe droite, comme il est arrivé souvent quand je supporte un stress intense - et les événements du monde me causent un stress plus intense que jamais. Mais c'est surtout la suite: vers quatre heures du matin, je me suis réveillé et tout mon être baignait dans une douceur bienheureuse. Jésus était là, il m'avait rejoint, non dans cette chambre - qui n'en est pas une, d'ailleurs - mais au plus profond de moi, à une profondeur qu'on ne peut dire, on dirait... à l'intersection de l'âme avec l'esprit et le cœur ?

Ce ne pouvait être que Lui puisqu'une telle Paix n'existe pas ici-bas. J'ai envoyé un 'SMS' à une amie, afin d'en garder la trace. Mais les mots sont défaillants... J'ai prié une heure et je me suis rendormi. Je me suis réveillé en meilleure forme et l'eczéma s'était résorbé. C'est ce bienheureux incident qui me fait dire que le Seigneur vient célébrer la Pâque chez chacun d'entre nous si nous l'accueillons.

Un second élément, celui-ci relevé par le prêtre au cours de la messe, c'est la réponse de Jésus à Judas qui lui demande: "Rabbi, serait-ce moi ?". Le Seigneur lui répond : "C'est toi qui l'as dit !", ce qui est un mot tellement 'neutre', tellement exempt de reproche, de ressentiment, d'accusation ! Pour ceux qui désirent la Vérité, et l'ayant découverte, se mette à suivre le Christ, a-t-il ajouté, il y a la Joie et la grâce; mais pour ceux qui le rejettent, le condamnent et s'en débarrassent, il n'y a pas de sanction, "ils sont simplement renvoyés à leur propre jugement humain", afin qu'ils puissent éventuellement revenir sur les fruits indigestes de leur raison et éventuellement se convertir. "C'est toi qui l'as dit, dans la bouche de Jésus, signifie: "Judas, ton jugement, c'est le le tien".

Cette journée sera belle. Le ciel est clair, les nuages se dissipent déjà. Je vais demeurer dans la douceur de ce temps.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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coeurderoy
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Re: La Pâque chez chacun de nous

Message non lu par coeurderoy »

Merci Etienne...avez-vous noté par ailleurs la différence entre le "titre" utilisé par les disciples pour interroger Jésus : "Seigneur" pour les onze mais "Rabbi" pour Judas, ce dernier méconnaissant son Maître, l'enfermant dans son simple statut terrestre : il Lui répond en utilisant le même terme que ses adversaires : Jésus n'est qu'un rabbi parmi d'autres...

Quant-à la douce présence du Seigneur en nous, j'essaie, sur les conseils d'un prêtre après ma confession de lundi, d'imiter saint Jean et de poser simplement la tête sur la poitrine du Sauveur, m'abandonner, aimer, écouter...

Après des heures épuisantes, arides, vides et assez douloureuses j'y trouve une immense Paix...je me suis ainsi surpris à m'endormir le sourire aux lèvres...Il est bon, laissant tout retour sur nous-même, toute inquiétude, tout effort, de nous laisser ainsi aimer et de nous jeter dans le grand silence aimant de Sa Paix...
"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"

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etienne lorant
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Re: La Pâque chez chacun de nous

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Ah, Je vous réponds avec ma Lectio d'aujourd'hui. C'est le Seigneur qui vous a inspiré :elle vous rejoint dans vos soucis et vos peines, comme vous verrez ! Jeudi saint, jour difficile à passer...

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 13,1-15.

Après leur avoir lavé les pieds, il reprit son vêtement et se remit à table. Il leur dit alors : « Comprenez-vous ce que je viens de faire ?
Vous m'appelez 'Maître' et 'Seigneur', et vous avez raison, car vraiment je le suis.
Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.
C'est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j'ai fait pour vous.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Cela ne va pas bien, ce matin. Ma mère, depuis sa maison de repos, m'avait demandé hier de rassembler mes souvenirs des jours qui ont précédé le décès de mon père, il y a quatre ans: c'était un 9 avril. Pour répondre à sa demande, j'ai donc consulté le vieil ordinateur à la maison, sur lequel j'ai trouvé... beaucoup de petites notes, trop sans doute. Elles concernaient de petits événements, non pas les plus marquants, mais ceux que l'on met par écrit afin de les 'exorciser', dirait-on, qu'on écrit afin de leur enlever leur part de tension, de désarroi, de chagrin 'pur et dur', de sentiment de malheur indicible... Mais levé avant cinq heures, je les ai tous relus, j'en ai corrigé l'un ou l'autre, et je les ai imprimés.

Ce faisant, je les avais sans doute fait rejaillir en moi avec force, car j'étais tout troublé et abattu. Et finalement, complètement oublieux de tout le reste, j'ai sorti la voiture et je me suis rendu en ville pour la messe du matin... et j'ai évidemment trouvé porte close.
Jeudi saint... Ah bien sûr, l'Office des Ténèbres ! Mais où me rendre ce soir ? Où trouver une célébration qui respecte un peu le caractère particulier de cette commémoration ?

J'ai consulté la gazette locale: un office à Vaulx, à 19h30, organisé par une communauté nouvelle... Je cite ce que j'ai lu : "On ne prie pas des Je vous salue Marie, mais des Psaumes, parce que nous vivons dans le concret"... hop, je n'irai pas à leur "lavement de pieds d'enfants par des adultes et vice versa." Quels choix me reste-t-il ? J'ai consulté ma tante, l'ancienne sacristine. Elle n'a plus de contacts, et okay, je consulterai le site de l’Évêché, en fichier PDF, pas simple à manipuler.

Je suis reparti. Me voici pour ma 'Lectio' de ce jour, et dans l'état où je suis.

Le Seigneur explique donc à ses disciples le geste qu'il a voulu accomplir en leur lavant les pieds, un geste que personne parmi eux ne pouvait prévoir... et qu'il est d'autant plus difficile de reproduire dans une cérémonie, car celle-ci n'aura évidemment jamais le caractère inattendu et "remuant" de ce qu'ont vécu les apôtres !

Pierre s'est rebiffé une fois de plus. Il avait déjà résisté lorsque son Maître avait annoncé sa Passion - Jésus lui avait répondu: "Passe derrière moi, Satan !"... Cette fois, la réponse du Seigneur est beaucoup moins vive, mais elle est douce, tendre, même. Il lui explique, comme l'on fait pour un enfant et il nous explique aussi: puisque Lui notre Seigneur a agi ainsi envers ses disciples, nous devons faire de même. Aucun de nous ne peut espérer être élevé parmi ses frères, s'il ne s'est d'abord abaissé à les servir. N'a-t-il pas dit aussi : "le plus grand parmi vous, qu'il soit votre esclave... car le fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir."

Ainsi, je considère cette célébration - et toute la journée qui l'entoure, comme un temps de profond abaissement, d'humilité volontaire. Volontaire ? J'ai envie d'employer le terme 'affliction': c'est vrai que je me suis senti affligé, dès mon réveil. Il est à peine dix heures du matin et je me sens tout moulu, mon esprit est embrumé de chagrin, je n'ai rien accompli de concret et je ne vais pas certes pas bouger beaucoup durant le reste de la journée. Je suis venu à la boutique pour écrire ma Lectio, mais je resterai chez moi cet après-midi, car je ne suis pas d'humeur à écouter les bavardages autour de moi. Je prierai pour ma famille dispersée - et je prierai pour moi aussi, car désormais, ma famille, c'est moi, c'est presque ridicule, non ?

Allons, encore un pas ou deux et nous sommes à Pâques !

Petit pain biblique sur cette matinée renversée :

http://www.adlumen.net/pains/index.html

"Guéris-moi, Seigneur, et je serai guéri, sauve-moi et je serai sauvé, car Tu es ma louange !" (Jr: 17:14)

Amen !
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Re: La Pâque chez chacun de nous

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coeurderoy a écrit :Merci Etienne...avez-vous noté par ailleurs la différence entre le "titre" utilisé par les disciples pour interroger Jésus : "Seigneur" pour les onze mais "Rabbi" pour Judas, ce dernier méconnaissant son Maître, l'enfermant dans son simple statut terrestre : il Lui répond en utilisant le même terme que ses adversaires : Jésus n'est qu'un rabbi parmi d'autres...
Coeurderoy a fait une remarque qui m'a vraiment bien fait progresser ! A propos de ce second élément dont je parlais hier, il me signale que ce jugement (de Jésus par Judas) est déjà perceptible dans la manière dont ce dernier s'adresse au Seigneur.

Contrairement aux autres, Judas lui donne le titre de Rabbi - de Rabbin. Or, lorsque l'on est proches les uns des autres, entre amis, entre frères, personne ne donne à l'autre un titre ! C'est comme si un membre de votre propre famille ou un(e) ami(e) vous donnait tout d'un coup du "Monsieur ou Madame", ou bien se mettait à vouvoyer. Il est clair dans la question que pose Judas, et que les autres lui ont posée, il y a déjà une mise à distance... On peut même dire qu'avant de trahir Jésus, Judas s'est trahi lui-même... En tout cas, pour moi c'est tout à fait clair - et jamais je ne m'en étais aperçu !
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Véronique Belen
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Re: La Pâque chez chacun de nous

Message non lu par Véronique Belen »

L'épisode du lavement des pieds m'inspire toujours la même méditation : qui est au service du corps de son prochain depuis la nuit des temps et partout, sinon la femme ?
Soin à ses enfants, soins infirmiers, soins à la personne âgée ou dépendante... Immense majorité de femmes dans ces rôles. Et elles l'ont toujours trouvé naturel, sans en tirer orgueil ni sentiment d'héroïsme..

La génération actuelle des pères s'investit plus auprès de ses enfants... mais pas dans toutes les civilisations, et loin de là.
www.histoiredunefoi.fr
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Célébration de la Passion du Seigneur

Message non lu par etienne lorant »

Dès mon réveil, suivant la règle dans la Congrégation Faustinum, j'ai commencé la neuvaine à la Miséricorde divine; aujourd'hui, nous présentons à Jésus miséricordieux l'humanité entière, et particulièrement les pécheurs. La matinée se continue avec la méditation du chemin de croix. Il ne m'est pas possible cette année de choisir un passage à commenter en l'isolant du reste du texte. Peut-être est-ce la fatigue, ou peut-être l'ensemble me paraît cette fois à contempler mais sans paroles.

Cependant, je me suis souvenu du tout premier pseudonyme employée, au cours de l'année 2003, pour commencer à écrire sur un forum MSN, aujourd'hui disparu. J'avais choisi "Boisvert", selon le mot que Jésus en Lc 23,31. Car s'ils traitent ainsi le bois vert, que fera-t-on au bois sec? J'étais un bois tout vert à l'époque, une jeune pousse sur internet ! Mais je suis déjà un plus raide à présent, quelques épreuves me sont déjà passées sur le dos et il m'est plus simple désormais d'entrer dans la démarche du "Serviteur souffrant". Ce que j'ai compris est plutôt réconfortant: comme chrétiens, nous ne sommes jamais abandonné dans nos souffrances, mais le Seigneur nous y accompagne. Il est présent: en réalité, lorsque nous peinons et que nous l'invoquons, nous réalisons qu'Il nous connaît et nous a précédés. Dans mes peines, je ne suis jamais vraiment seul.

Les pécheurs, dans le monde, sont entraînés par l'esprit du monde à éviter les douleurs morales et physiques, celles-là même qui pourraient les conduire à rejeter l'esprit du monde. Ainsi, le démon sait très bien comment distraire ses proies, afin de les conduire plus rapidement au désespoir. Lorsque l'on connaît l'histoire d'Alain Bombard (*), le naufragé volontaire, on est frappé par cette idée: cet homme, qui a traversé l'Atlantique en solitaire sur un simple Zodiac doté d'une voile et avec de rares équipements, dont un sextant, un filet à plancton, des cartes et quelques livres voulait prouver que les « naufragés meurent de désespoir », non de faim ou de soif.

Nous connaissons tous au moins une âme en péril. J'en connais plusieurs du fait de ma "position géographique" - ou bien est-ce une question d'attention ?: il y a la femme battue qui m'a parlé de son cas mais qui finalement ne s'est pas enfuie de chez elle - du moins pas encore; il y a Pierrot, le buveur de bières, qui continue de boire après des examens cliniques qui lui ont révélé qu'il en est au "dernier stade avant la cirrhose"; il y a la déjà vieille Sabrina, 27 ans, droguée et prostituée d'occasion, le corps tout sec et qui porte des cicatrices au visage mais qui me dit bonjour en passant - et tant d'autres encore qui apparaissent pour disparaître ensuite !

Toutes ces âmes sont-elles perdues d'avance ? Pas plus que la nôtre qui n'est pas non plus sauvée d'avance. Le 'bon' larron crucifié avec Jésus entre avec Jésus, "aujourd'hui" dans le paradis ! (Tandis que l'autre brigand, lui...) Mais c'est à nous d'intercéder pour les âmes que le simple bon sens nous fait dire qu'elles sont en péril - et de collaborer à l’œuvre de la Miséricorde.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Bomb ... C3.A9tique
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MAELYS
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Re: Célébration de la Passion du Seigneur

Message non lu par MAELYS »

Bonjour Bruno,
j'ai commencé également la neuvaine ce matin. En union de priére...
etienne lorant
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Re: Célébration de la Passion du Seigneur

Message non lu par etienne lorant »

Lorsque je suis parvenu à la douzième station du chemin de croix, "Jésus meurt en croix", j'ai pris le texte de l'Evangile du jour et j'ai lu:

'Après cela, sachant que désormais toutes choses étaient accomplies, et pour que l'Écriture s'accomplisse jusqu'au bout, Jésus dit : « J'ai soif. »
Il y avait là un récipient plein d'une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d'hysope, et on l'approcha de sa bouche.
Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l'esprit.
'


Je suis fasciné par une découverte que je n'avais pas faite à ce jour - mais que sans doute tous vous aviez faite avant moi ? En tout cas, c'est le deuxième jour de suite que je réalise combien l’Évangile est plus riche encore que je l'avais cru.

Donc, Jésus est sur le point d'expirer et au tout dernier moment, il voit le vinaigre, un "vin aigre", dans un récipient à ses pieds. Il dit "J'ai soif". Les soldats lui tendent une éponge et il consomme cette boisson afin que l’Écriture soit accomplie "jusqu'au bout" (insistance de l'évangéliste Jean sur ce point). J'ai donc tapé "vinaigre" sur un moteur de recherche biblique et j'ai trouvé, dans le Psaume 68, au verset 22 : Quand j'avais soif, ils m'ont donné du vinaigre.

C'est sans doute paradoxal, mais ce détail renforce ma foi. Il faut tout de même réaliser qu'après toutes ces étapes dans la gradation de la souffrance, depuis son arrestation la nuit précédente, jusqu'à cet accomplissement de l’Écriture, en passant par son procès, par la flagellation, la condamnation publique,etc., le Christ a fait de sa mort le parfait accomplissement des textes qui parlaient de lui ! C'est évidemment fantastique, extraordinaire, et cela me parle aussi, car en dernière analyse, cela signifie que pour le croyant, même la mort fait partie des œuvres de sa vie !
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Re: Célébration de la Passion du Seigneur

Message non lu par etienne lorant »

MAELYS a écrit :Bonjour Bruno,
j'ai commencé également la neuvaine ce matin. En union de priére...
Bonjour ! C'est bon de te trouver en ce jour, puisque nous partageons la même dévotion.

La treizième station du chemin de croix reprend le passage de Jean qui dit:

"Quand ils arrivèrent à celui-ci, voyant qu'il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l'eau. Celui qui a vu rend témoignage, afin que vous croyiez vous aussi. (Son témoignage est véridique et le Seigneur sait qu'il dit vrai.)"

J'ai souligné l'insistance de Jean dans ce verset, car il semble dire : croyez-le ou pas, j'y étais, je l'ai vu, cela s'est bien passé ainsi.

C'est ce jaillissement d'eau et de sang qui est représenté sous forme de deux rayons dans le tableau de la divine miséricorde, une dévotion qui n'a plus guère besoin d'être exposée car elle s'est répandue comme une traînée de poudre en douze ans, depuis la canonisation de sœur Faustine. Mais il est intéressant de lire ou de relire la description de ce dernier moment qu'en donne la bienheureuse AC Emmerick dans sa vision de la mort du Christ:

"Les archers paraissaient encore douter de la mort de Jésus, et l'horrible manière dont on avait brisé les membres des larrons, avait encore augmenté chez les amis de Jésus la crainte que les bourreaux ne revinssent à son corps ; cette crainte faisait trembler les saintes femmes pour le corps du Sauveur. Mais l'officier inférieur Cassius, appelé plus tard Longin, homme de vingt-cinq ans, très actif et très empressé. dont la vue faible et les yeux louches lorsqu'il se donnait un air affairé et important excitaient souvent les moqueries de ses subordonnés, reçut une inspiration soudaine. La férocité ignoble des archers, les angoisses des saintes femmes, l'ardeur subite qu'excita en lui la grâce divine, lui firent accomplir une prophétie. Il saisit sa lance et dirigea vivement son cheval vers la petite élévation où se trouvait la croix. Je le vis s'arrêter devant la fente du rocher, entre la croix du bon larron et celle de Jésus. Alors, prenant sa lance a deux mains, il l'enfonça avec tant de force dans le côté droit du Sauveur, que la pointe alla traverser le coeur et ressortit un peu sous la mamelle à gauche. Quand il la retira avec force, il sortit de la blessure du côté droit une grande quantité de sang et d'eau, qui arrosa son visage comme un fleuve de salut et de grâce. Il sauta à bas de son cheval, s'agenouilla frappa sa poitrine et confessa hautement Jésus en présence de tous les assistants.

La sainte Vierge et ses amies dont les regards étaient toujours fixés vers Jésus, virent avec angoisse l'action inopinée de cet homme, et, lorsqu'il donna son coup de lance, se précipitèrent vers la croix en poussant un cri. Marie tomba entre les bras des saintes femmes, comme si la lance eût traversé son propre coeur, pendant que Cassius louait Dieu à genoux, car les yeux de son corps comme ceux de son âme étaient guéris et ouverts à la lumière. Mais en même temps tous furent profondément émus à la vue du sang du Sauveur, qui avait coulé, mêlé d'eau, dans un creux du rocher au pied de la croix. Cassius, Marie les saintes femmes et Jean recueillirent le sang et l'eau dans des fioles et essuyèrent la place avec des linges.

Cassius était comme métamorphosé : il avait recouvré toute la plénitude de sa vue ; il était profondément ému et s'humiliait intérieurement. Les soldats, frappés du miracle qui s'était opéré en lui. se jetèrent à genoux, frappèrent leur poitrine et confessèrent Jésus. L'eau et le sang coulèrent abondamment du côté du Sauveur et s'arrêtèrent dans un creux du rocher, on les recueillit avec une émotion indicible, et les larmes de Marie et de Madeleine s'y mêlèrent. Les archers, qui, pendant ce temps, avaient reçu de Pilate l'ordre de ne pas toucher au corps de Jésus, ne revinrent plus.
"

(La douloureuse passion de NS Jésus-Christ XLVIII - http://livres-mystiques.com/partieTEXTE ... table.html )
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Un modèle de foi

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 16,1-7.
Le sabbat terminé, Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des parfums pour aller embaumer le corps de Jésus. De grand matin, le premier jour de la semaine, elles se rendent au sépulcre au lever du soleil.Elles se disaient entre elles : « Qui nous roulera la pierre pour dégager l'entrée du tombeau ? »
Au premier regard, elles s'aperçoivent qu'on a roulé la pierre, qui était pourtant très grande. En entrant dans le tombeau, elles virent, assis à droite, un jeune homme vêtu de blanc. Elles furent saisies de peur.
Mais il leur dit : « N'ayez pas peur ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité : il n'est pas ici. Voici l'endroit où on l'avait déposé. Et maintenant, allez dire à ses disciples et à Pierre : 'Il vous précède en Galilée. Là vous le verrez, comme il vous l'a dit. ' »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

C'est la question que posent ces saintes femmes qui a résonné à mes oreilles ce matin: "Qui nous roulera la pierre pour dégager l'entrée du tombeau ?" Évidemment, lorsque le corps d'un homme a été déposé dans son tombeau, on n'a généralement pas besoin de quelqu'un pour retirer la pierre sous laquelle il repose ! Mais avec la venue du Messie, les choses ont commencé de changer: un jeune homme avait été ressuscité tandis qu'on le portait à sa dernière demeure, et puis, évidemment, il y a eu le cas de Lazare.

(De nos jours, on incinère les corps de plus en plus, car la conservation des tombes des ancêtres coûte cher aux vivants. J'ai une tante qui paie de fortes sommes tous les trois ans à l'autorité chargée de la gestion des cimetières: l'inflation touche aussi les morts !)

Ce qui est important, ce qui saute à mes yeux en contemplant cette question des trois femmes, ce n'est pas la question en elle-même, mais c'est le fait que l'ayant posée, elles ont continué de marcher. Mieux que cela, elles avaient d'abord acheté les parfums ! Eh bien, je prie le Seigneur que ma foi ait plus souvent cette qualité-là ! Combien de fois dans ma vie de chrétien n'ai-je pas rebroussé chemin en me disant : "Ce n'est pas la peine, cela n'ira pas, je n'y arriverai pas !"
Ce fut encore le cas la première fois que j'ai assisté ma mère pour aller aux toilettes - j'avais une sorte d'obstacle de pudeur mal placée à franchir - et j'ai résisté d'abord mais je l'ai fait quand-même, car c'est bien la Miséricorde en moi qui a pris le relais de ma volonté. Oui, c'est ainsi: l'amour de miséricorde est une force de la foi... voilà qui est à noter !

La foi de ces femmes se retrouve récompensée. Pouvait-il en être autrement ? Non, car le Seigneur est fidèle à sa Parole. Car: "Si vous aviez la foi comme un grain de moutarde, vous diriez à cette montagne: va te jeter dans la mer, et elle vous obéirait !"... alors si la foi peut déplacer une montagne, pourquoi pas la pierre du tombeau "qui était pourtant très grande" ? Dans nos vies, la montagne comme la pierre du tombeau, que notre foi déplacera, ce sont nos difficultés de mettre en pratique ce que le Seigneur nous demande. Je me dis qu'en nous, très souvent, il suffirait de bloquer un peu l'intelligence et laisser parler notre cœur et bref, ne soyons plus de notre époque, car le don du Seigneur vaut beaucoup plus et subsiste jusque dans l'éternité.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Un scénario très moderne !

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 28,8-15.
Quand les femmes eurent entendu les paroles de l'ange, vite, elles quittèrent le tombeau, tremblantes et toutes joyeuses, et elles coururent porter la nouvelle aux disciples.
Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s'approchèrent et, lui saisissant les pieds, elles se prosternèrent devant lui.
Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu'ils doivent se rendre en Galilée : c'est là qu'ils me verront. »
Tandis qu'elles étaient en chemin, quelques-uns des hommes chargés de garder le tombeau allèrent en ville annoncer aux chefs des prêtres tout ce qui s'était passé.
Ceux-ci, après s'être réunis avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme en leur disant : « Voilà ce que vous raconterez : 'Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions. ' Et si tout cela vient aux oreilles du gouverneur, nous lui expliquerons la chose, et nous vous éviterons tout ennui. »
Les soldats prirent l'argent et suivirent la leçon. Et cette explication s'est propagée chez les Juifs jusqu'à ce jour.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Retour à la messe habituelle du matin. Avec un petit sourire aux lèvres, notre prêtre a souligné que s'il y a rarement de l'humour dans l'Evangile, il y en a ici - dans l'explication de la résurrection que les chefs des prêtres vont vendre aux soldats qui ont de gardé la tombe de Jésus. Que quelqu’un soit venus enlever le corps, ils ne peuvent en témoigner que s'ils ne dormaient pas; mais s'ils dormaient comment peuvent-ils affirmer que ce sont les disciples de Jésus qui ont fait cela ? Sans compter que la pierre était grande et lourde à déplacer ! Cependant, comme dans nos sociétés contemporaines, ce qui n'est pas logique passe tout de même, et moyennant une forte somme, c’est encore plus facile ! ... Ces fausses déclarations, ou fausses dépositions payées, une enquête par avance détournée ... ce sont des affaires très modernes !

De mon côté, j'ai noté les égards de Jésus envers ces femmes. Il leur a d'abord envoyé un ange, et c'est seulement ensuite qu'il leur apparaît. Elles le reconnaissent tout de suite, et sur l'instant, je comprends qu'il était déjà débarrassé des autres traces de coups hormis les plaies des mains, du côté, et celles des pieds. Des pieds qu'elles n'hésitent pour pas à saisir, signe que ces plaies ne devaient plus êtres sanguinolentes, mais propres et 'nettes’ d'une certaine manière.

Le premier mot de Jésus ressuscité est également celui du pape Jean-Paul II : "N'ayez pas peur !" J'en tire ma leçon pour ce lundi de Pâques : que je n'aie pas peur, que je n'éprouve pas de gêne à témoigner; que je n'use pas non plus de faux prétextes le jour où quiconque me demandera de témoigner de ma foi.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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steph
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Re: Un scénario très moderne !

Message non lu par steph »

Bonjour Etienne,
etienne lorant a écrit :Que quelqu’un soit venus enlever le corps, ils ne peuvent en témoigner que s'ils ne dormaient pas; mais s'ils dormaient comment peuvent-ils affirmer que ce sont les disciples de Jésus qui ont fait cela ?
C'est ce que laissait déjà entrevoir St Augustin, à l'office des Ténèbres de samedi.

Par ailleurs, les byzantins chantent cette strophe les dimanches du 5e ton (1 dimanche sur huit, soit +/- 6 dimanches par an) et le mercredi de l'octave pascale:
"Les impies séduisirent les gardiens: / “Cachez la résurrection du Christ, et recevez cet argent; / dites que pendant votre sommeil on a enlevé le corps du tombeau”. / A-t-on jamais vu ou entendu qu’un mort fût dérobé, / qu’on l’ait pris nu et embaumé, / abandonnant son linceul dans le tombeau? / Ne vous laissez pas séduire par les impies, / étudiez les paroles des prophètes et sachez / qu’il est vraiment le Sauveur du monde et le Seigneur tout-puissant."

Bon temps pascal!
Stat Crux dum volvitur orbis!
Dic animae meae: “ Salus tua ego sum ” Ps XXXIV 3
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Marie-Madeleine, celle qui tient Jésus

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,11-18.
Marie Madeleine restait là dehors, à pleurer devant le tombeau. Elle se penche vers l'intérieur, tout en larmes,
et, à l'endroit où le corps de Jésus avait été déposé, elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l'un à la tête et l'autre aux pieds.
Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé le Seigneur mon Maître, et je ne sais pas où on l'a mis. »
Tout en disant cela, elle se retourne et aperçoit Jésus qui était là, mais elle ne savait pas que c'était Jésus.
Jésus lui demande : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le gardien, elle lui répond : « Si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et moi, j'irai le reprendre. »
Jésus lui dit alors : « Marie ! » Elle se tourne vers lui et lui dit : « Rabbouni ! » ce qui veut dire : « Maître » dans la langue des Juifs.
Jésus reprend : « Cesse de me tenir, je ne suis pas encore monté vers le Père. Va plutôt trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » Marie Madeleine s'en va donc annoncer aux disciples : « J'ai vu le Seigneur, et voilà ce qu'il m'a dit. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Voici un de mes Évangiles préférés, qui explique peut-être que le Seigneur a voulu pour moi l'adhésion au message de la Miséricorde divine. Des années après ma conversion, je suis demeuré attaché au Christ seul. Je n'étais pas forcément 'un bon catholique', je ne pratiquais pas comme les autres, je n'avais pas lu beaucoup de théologie en dehors de la vie des saints. J'allais de crise en crise, de hauteurs en gouffres, de dépressions en éblouissements.

Le Christ que j'avais vu, à l'âge de vingt-neuf ans, je ne voulais que le revoir. Du reste, l’Église - par les responsables des communautés auxquelles je m'étais adressé, ne cessait de me répéter comme la première fois: "Il n'existe pas, à notre connaissance, de cas où un engagement religieux ait pu réussir à partir de l'âge que vous mentionnez." C'était un Dominicain qui avait répondu si poliment (mais en refusant de me rencontrer) que ces mots sont gravés dans ma mémoire pour toujours. A l'age de quarante ans, ma 'présentation' au Séminaire, bien que préparée durant six mois avec l'aide d'un prêtre, fut une déroute complète en quinze minutes !

Cependant, de déconvenues en déroutes, peu importe, je n'ai cessé de tenir Jésus, comme Marie-Madeleine, en lui tirant le bas de la tunique et en priant :"Donne-moi quelque chose !" Elle n'a peur de rien, cette femme, elle dit vivement: " « Si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et moi, j'irai le reprendre ! » Et c'est donc à cause de cet amour impétueux, violent, indomptable que Jésus est retenu d'aller vers le Père. Que fait-il alors pour la consoler ? Il lui donne une mission. Une mission qui renvoie vers les autres. N'en est-il pas toujours ainsi ?

Et donc, au cours de l'année 2003, j'ai découvert le message de la miséricorde divine, j'y ai adhéré et depuis, je ne me sens plus "l'homme de trop", mais celui qui a quelque chose à dire aux autres disciples.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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A Emmaüs comme à la Belle Porte

Message non lu par etienne lorant »

Livre des Actes des Apôtres 3,1-10.
A l'heure de la prière de l'après-midi, Pierre et Jean montaient au Temple. On y amenait justement un homme qui était infirme depuis sa naissance ; on l'installait chaque jour au Temple, à la « Belle-Porte » pour demander l'aumône à ceux qui entraient.
Voyant Pierre et Jean qui allaient pénétrer dans le Temple, il leur demanda l'aumône. Alors Pierre fixa les yeux sur lui, ainsi que Jean, et il lui dit : « Regarde-nous bien ! »
L'homme les observait, s'attendant à recevoir quelque chose.
Pierre lui dit : « Je n'ai pas d'or ni d'argent ; mais ce que j'ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ le Nazaréen, lève-toi et marche. »
Le prenant par la main droite, il le releva, et, à l'instant même, ses pieds et ses chevilles devinrent solides.
D'un bond, il fut debout, et il marchait. Il entra avec eux dans le Temple : il marchait, bondissait, et louait Dieu.
Et tout le peuple le vit marcher et louer Dieu.
On le reconnaissait : c'est bien lui qui se tenait, pour mendier, à la « Belle-Porte » du Temple. Et les gens étaient complètement stupéfaits et désorientés de ce qui lui était arrivé.



Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 24,13-35.
Le troisième jour après la mort de Jésus, deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient ensemble de tout ce qui s'était passé. Or, tandis qu'ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s'approcha, et il marchait avec eux.
Mais leurs yeux étaient aveuglés, et ils ne le reconnaissaient pas.
Jésus leur dit : « De quoi causiez-vous donc, tout en marchant ? » Alors, ils s'arrêtèrent, tout tristes. L'un des deux, nommé Cléophas, répondit : « Tu es bien le seul de tous ceux qui étaient à Jérusalem à ignorer les événements de ces jours-ci. » Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth : cet homme était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple. Les chefs des prêtres et nos dirigeants l'ont livré, ils l'ont fait condamner à mort et ils l'ont crucifié. Et nous qui espérions qu'il serait le libérateur d'Israël ! Avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c'est arrivé.
A vrai dire, nous avons été bouleversés par quelques femmes de notre groupe. Elles sont allées au tombeau de très bonne heure,
et elles n'ont pas trouvé son corps ; elles sont même venues nous dire qu'elles avaient eu une apparition : des anges, qui disaient qu'il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l'avaient dit ; mais lui, ils ne l'ont pas vu. »
Il leur dit alors : « Vous n'avez donc pas compris ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce qu'ont dit les prophètes ! Ne fallait-il pas que le Messie souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ? »
Et, en partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur expliqua, dans toute l'Écriture, ce qui le concernait. Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d'aller plus loin.
Mais ils s'efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous : le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux.
Quand il fut à table avec eux, il prit le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna. Alors leurs yeux s'ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Alors ils se dirent l'un à l'autre : « Notre cœur n'était-il pas brûlant en nous, tandis qu'il nous parlait sur la route, et qu'il nous faisait comprendre les Écritures ? »
A l'instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent : « C'est vrai ! le Seigneur est ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. » A leur tour, ils racontaient ce qui s'était passé sur la route, et comment ils l'avaient reconnu quand il avait rompu le pain.




Le lien entre les différentes lectures est parfois difficile de mettre à jour, mais ici il est assez simple. La première lecture n'est pourtant pas extraite de l'Ancien Testament, mais des Actes des Apôtres, ce qui peut dérouter quelque peu le lecteur. Mais en méditant un peu, en plaçant les deux textes en parallèle, nous constatons que ces disciples d'Emmaüs, dont l'esprit et le cœur demeurent bloqués sur la mort du grand prophète Jésus... sont finalement très proche de cet handicapé juif assis à la 'Belle Porte' du temple. De ce temple où avant l'arrivée de Pierre et de Jean, l'on continue d'être bloqués dans une et une seule lecture de la Bible.

D'un côté, malgré le témoignage des femmes qui ont trouvé le tombeau vide - et celui des disciples qui ont vérifié la véracité de ce témoignage, ils ne comprennent pas. Leur vision du Messie est déjà revenue à celle de leurs pères - et de leurs coreligionnaires actuels dans le temple : pour les uns comme pour les autres, le Messie espéré doit toujours être "le libérateur d'Israël !", soit un nouveau roi, un roi strictement humain, mais aux pouvoirs incommensurables. Mais ce Jésus n'était pas le Messie, puisqu'on a pu le mettre à mort !
Et de l'autre côté, le mendiant de la Belle Porte, représente "l'infirmité spirituelle" du peuple juif, qui se continue, à ne vouloir reconnaître qu'un Messie à la manière humaine et juive, soit un Christ, roi et chef de guerre, venu pour libérer et faire dominer l'état d'Israël sur le monde.

Or, cette domination d'Israël sur le monde s'est tout de même produite !, puisque le christianisme, après la résurrection, n'a cessé de s'étendre sur la face du monde, sur l'humanité toute entière, et de tous les âges. Mais il ne s'agit pas de la même chose pour qui ne veut pas sortir des considérations strictement humaines.

Ainsi, comme chrétien, rejoint dans l'espace et le temps par le Christ, je considère bien que la domination du Messie s'exerce sur le monde. Le Christ, d'une certaine manière, est bien un chef de guerre qui est au combat et qui manie l'épée. Ainsi qu'il est écrit en Matthieu: "Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison." Dans la foi, il y a bien lutte et cette lutte nous touche tous et toutes.

Pour en revenir à l'infirme de la Belle Porte, sa guérison par les disciples est bien le signe que l'Ancien et le Nouveau Testament ne cessent de s'éclairer l'un l'autre jusqu'au moment où tout sera achevé, accompli.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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"Je crois en la résurrection de la chair"

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 24,35-48.
Les disciples qui rentraient d'Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s'était passé sur la route, et comment ils avaient reconnu le Seigneur quand il avait rompu le pain. Comme ils en parlaient encore, lui-même était là au milieu d'eux, et il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Frappés de stupeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent en vous ? Voyez mes mains et mes pieds : c'est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n'a pas de chair ni d'os, et vous constatez que j'en ai. » Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds.
Dans leur joie, ils n'osaient pas encore y croire, et restaient saisis d'étonnement. Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? » Ils lui offrirent un morceau de poisson grillé. Il le prit et le mangea devant eux. Puis il déclara : « Rappelez-vous les paroles que je vous ai dites quand j'étais encore avec vous : Il fallait que s'accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. »

Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures.
Il conclut : « C'est bien ce qui était annoncé par l'Écriture : les souffrances du Messie, sa résurrection d'entre les morts le troisième jour, et la conversion proclamée en son nom pour le pardon des péchés à toutes les nations, en commençant par Jérusalem.
C'est vous qui en êtes les témoins.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Ressusciter, ce n'est pas devenir un "esprit pur". Ce n'est ni devenir un "esprit", ni un fantôme, ni un ange. Ce qu'est la résurrection, Jésus le montre en apparaissant aux disciples réunis. Et il va plus loin, Il oblige qu'on le touche et Il se fait servir à manger. Et donc, un homme ressuscité demeure un homme. Cela demeure très mystérieux car les marques des blessures demeurent, et également parce que le Christ apparaît et disparaît à volonté.

En évoquant la réaction des disciples présents ("Frappés de stupeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit."), notre prêtre a insisté en disant que la notion d'esprit existait déjà chez les Grecs. Mais un esprit dans un corps, même aujourd'hui, cela ne court pas dans les livres d'ésotérisme... qui sont pourtant édités couramment et vendus sans grand renfort de publicité. C'est que les hommes se posent toujours la question, qu'ils soient croyants ou athées, ou indécis: cette question a fasciné les hommes depuis les origines de l'histoire.

Et pour vous comme pour moi, croyons-nous que nous ressusciterons comme Jésus est ressuscité ? Eh bien, n'est-ce pas un dogme ? Et le dogme nous oblige, même si nous ne comprenons pas tout. J'ai consulté des sites catholiques sur ce sujet. Et à : "dogme de la résurrection de la chair", j'ai trouvé:

"Signifie que l’état définitif de l’homme ne sera pas seulement l’âme spirituelle séparée du corps, mais que notre corps mortel reprendra vie à la fin des temps, il sera transfiguré et rendu «spirituel». A l’image du Christ, nous sommes appelés à revêtir ce corps glorieux dont parle Saint Paul (Ph. 3, 21). Il nous faut comprendre notre propre résurrection à la lumière de celle du Christ, auquel le Père veut nous conformer par la puissance de l’Esprit Saint."

http://www.eglise.catholique.fr/ressour ... queID=1553

Cependant, quelles que soient les lectures sur le thème, l'essentiel réside dans ce que nous avons à peine lu : "C'est bien moi !", leur dit Jésus. Il suffit de ce mot : "Moi". Si Jésus, le Messie, le Fils unique du Dieu vivant, peut dire à des hommes : "C'est moi !", cela signifie que nous aussi nous n'aurions pas la moindre difficulté de Le reconnaître s'Il nous apparaissait.

"C'est moi !" : lorsqu'une personne lance à une autre ces deux syllabes, cela suffit, car cela dit tout. Jésus est proche de nous - et souvent plus proche de nous que nous l'imaginons. D'un côté, c'est merveilleux, mais de l'autre, lorsque nous péchons, c'est terrible - et pourtant notre conscience nous le rappelle chaque fois que nous sommes sur le point de commettre une faute : "Il est là ! Jésus est présent, ne fais pas cela !"... Je crois que plus nous avons conscience de cette présence, moins nous risquons de retomber.

Je n'ai jamais essayé de me représenter comment je reverrai mes parents déjà disparus: ma grand-mère Hélène, une de mes tantes, et mon père, bien sûr. Franchement, je ne peux m'imaginer que je les reverrai comme ils étaient au moment de mourir. Et Jésus, lorsqu'il apparait ici aux disciples, n'est pas couvert de sang du haut en bas. Ses plaies demeurent mais ne sont pas hideuses à voir (elles seraient plutôt glorieuses - mais qu'est-ce que cela veut dire ?) Mais je sais que je les reconnaîtrai aussitôt. Parce qu'ils me diront comme Jésus: "C'est moi !" - et aussitôt, je les appellerai par leur petit nom.

Tout ceci est un grand mystère, mais l'Evangile ne l'élude pas. La résurrection est typiquement chrétienne. Il ne s'agit pas de réincarnation, ni d'angélisme, ni de 'survitalisme', ni d'esprits purs, mais finalement (sans résoudre le mystère:) de vie éternelle...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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