votre réponse m'a apaisée. Je vous en remercie.
Non, je ne sais pas, gardons-nous de ne voir que ce que l'on aimerait voir. Je n'ai pas encore eu l'explication d'un prêtre.Griffon a écrit : Il est certain que votre âme a accès au monde spirituel.
Oui, voilà, ça il me faut le creuser.profiter des ressources de cette âme, d'où la nécessité d'apprendre à la garder.
Ce type de choses ne m'intéresse pas, je trouve que c'est truffé d'errances dangereuses, c'est pas clair, c'est carrément glauque. Autant vous dire que si aucun de mes cauchemars ne m'avait fait aussi peur, je nierais ce monde-là de toutes mes forces.Ces esprits "sexuels" qui essaient d'abuser des humains de nuit sont appelés "succubes".
(il me semble bien qu'il doit y avoir sur la cité l'un ou l'autre fil sur ce sujet)
Pour certains, on ne pourrait cesser de s'étonner devant la force de certains rêves.Y a-t-il moyen de se défendre ?
Ben... oui, certainement. Vous en êtes la preuve vivante.
Personne, aucun esprit ne peut forcer un homme ou une femme.
Mais si esprit il y a eu, je peux vous assurer qu'ils sont d'une ruse redoutable, et que leurs moyens pour bloquer votre âme, votre esprit et vos forces sont inimaginables. Ne pas forcer quelqu'un c'est facile à affirmer, le réaliser en situation, c'est ... comment dire, pas du ressort de la personne; il n'y a que Dieu ou Marie qui peut vous sortir de là.
J'ai la nette sensation qu'ils peuvent influer sur le fonctionnement de votre corps, le coeur en particulier. En même temps, quand on est pétée de trouille, on pense tout et n'importe quoi.
Oui, c'est bien là le noeud du problème, là que ma peur s'est focalisée, parce que à travers ma lucarne étroite c'est comme cela que j'ai fait le lien causal. J'aimerais tellement me tromper pour pouvoir changer d'analyse, mais pour l'instant je n'y arrive pas.Griffon a écrit : - continuer à se donner à la prière en prenant le risque que cela se reproduise
Ca m'a fait rigoler un instant, votre phrase pleine de gentillesse, on se lève, on se couvre, etc...Griffon a écrit :
Lorsque cela arrive, on se lève, (on se couvre pour ne pas prendre froid) et on se met en prière en méditant sur la passion du Christ.
Quand cela arrive, cela glace le sang.
Et sans en être avertie, on peut difficilement savoir comment réagir.
En fait, lorsque cela arrive, on est tétanisé de peur au point de sentir son coeur faiblir, aucun mouvement n'est possible, et dans la certitude qu'on va mourir, on rassemble ses dernières énergies mentales pour se situer mentalement au pied de la Croix (celle de la chambre pour commencer), et on implore Marie. Autant ma dévotion est principalement Christique et Divine, autant là c'est le nom de Marie que notre esprit hurle en premier. (et Jésus, et le Père aussi).
Sinon, pour le versant spirituel, j'ai cru remarquer deux choses:
en lisant la vie de Padre Pio, ça m'a fait beaucoup peur, et je ne veux surtout pas tenter quoi que ce soit qui me rapprocherait de ce type de choses, jamais, jamais. Je ne suis pas appelée à une quelconque sainteté, ni vocation, et je suis très bien comme ça!
En priant Saint Michel, en septembre, j'ai ressenti une grande paix et une profonde sensation de protection. En priant Saint Michel, en outre, on ne peut s'empêcher de penser à Marie, l'un va difficilement sans l'autre.
Malgré tout, c'est en priant la neuvaine à Marie qui défait les noeuds qu'une fois ça a recommencé. Cette prière m'a semblé spéciale, même malgré mes oublis et mon peu d'enthousiasme par moment; en plus je la disais comme un pouce gauche, sans ferveur remarquable.
J'ai peur en fait. (oh, oui, c'est con, je vous le fait pas dire, et en plus je me sens mal de dire ça).
Je prie, je n'oublie (enfin, j'essaie) pas que Jésus est sauveur, je parle souvent à Jésus, mon souci n'est pas là. Mais je ne veux pas que quand je prie je sente un piège s'ouvrir sous mes pieds, à l'improviste, au plus profond de mon sommeil, c'est invivable.
Au fil des deux ou trois expériences malheureuses que j'ai eu, j'ai fini par considérablement diminuer l'oraison, la contemplation, la prière récitée.Le prix que vous avez payé est bien lourd : vous vous efforcez de "garder le contrôle".
C'est à dire que vous ne vous permettez plus d'avancer tout à fait librement dans la vie spirituelle.
Mais le vrai problème est la croissance dans la vie spirituelle.
Peut-on encore avancer en toute confiance, comme un enfant de Dieu ?
Seul ? Non.
La réaction humaine est de réagir comme une personne violée : on se ferme, on ne veut plus en parler, et on ne s'aventure plus dans certains endroits, on met un cadenas sur certaines parties de soi.
C'est oublier que nous avons un Sauveur.
Je lis beaucoup, je médite (un tout petit peu), j'ai parfois des oraisons courtes. Mais ma vie de prière s'en est trouvée altérée et appauvrie, c'est indéniable.
Et pourtant j'ai en moi la même soif, le même besoin de toujours en appeler à Jésus, de ne pas vivre un jour sans Lui. D'ailleurs je ne le pourrais pas.
Mais tout est "en contrôle" toujours, vous avez bien compris. De jour comme de nuit. A tel point qu'au fil du temps, je me suis aperçue qu'on pouvait stopper nos rêves dès l'amorce d'une première image douteuse; on ne peut rien faire contre les sensations de présence hostile par contre, là il faut impérativement en appeler à Dieu et se préparer à mourir dans l'instant, tellement le je-ne-sais-quoi qui se joue peut vous anihiler; c'est comme un séïsme dans la tête, dans le corps, et autour de soi, même si on perçoit mal où se passent les choses. A la fin ça fait beaucoup d'insomnies et de stress. Et de draps trempés.
Il y a une chose enfin qu'il me semble apprendre au fil du temps, et sachant que je suis une vraie paresseuse, ce n'est pas négligeable : dans un moment de panique, on passe au mode automatique, c'est à dire qu'on fait instantanément, sans même chercher à comprendre, ce qu'on a l'habitude de faire. Donc, si on a pour habitude la colère, la haine, ou le rejet de la prière... Aïe...
Et c'est pas rien une fois qu'on y est. Lire l'évangile, les saints, leur vie, m'a enseigné comment trouver une alternative à mourir de peur, comment malgré la terreur trouver en soi l'énergie d'appeler Dieu de toute son âme. Après coup, à chaque fois je me suis dit : "mais alors, si je n'avais pas appelé Marie, que ce serait-il passé?" "que serais-je devenue si la prière ne m'était pas fréquente?". Avoir envie de prier dans un moment de terreur, ça vient automatiquement à quiconque, mais savoir encore formuler un ersatz de prière dans un tel instant, ça, ce n'est pas facile.
Aussi, même si continuer, encore et encore, à porter sa foi, à lire et à prier peut parfois sembler pesant, prendre l'habitude de placer sa vie, sa journée et sa nuit sous la protection de Jésus peut un jour prendre un sens beaucoup plus intense que celui qu'on y met nonchalamment en une minute le soir.
Et encore aussi, je pense intérieurement que nourrir et entretenir des sentiments de colère et de haine, peuvent être des pièges effroyables si un jour il tombait sur quelqu'un un moment de ceux que je décris. Mais ça je ne peux le démontrer.
Il en reste que devant quelqu'un qui vit de ces sentiments, on ressent comme une chose pressée de prier Jésus pour que la personne soit sauvée au moment de sa mort.
Ben non, justement, et elle est là ma souffrance. Il n'y a bien sûr pratiquement aucune chance que cela se reproduise, il faut que je tourne la page en acceptant de ne pas avoir toutes les réponses, mais si ces rares épisodes n'ont pas engendré de crise de la foi, ils ont engendré une crise de ma position de priante, chez quelqu'un qui n'est même pas fervente, qui s'endort en priant, qui oublie de prier, qui passe les trois quarts de son temps de prière à couiner que untel lui a fait ceci ou cela!Mais vous serez peut-être heureuse de savoir qu'aujourd'hui, vous pouvez penser vous replonger dans cette "oraison continue" que vous viviez.
Cette crise je ne la prends pas à la légère; je ne veux pas m'éloigner de Jésus. J'ai mes convictions, que j'ai l'impression de sentir bien enracinées, mais préjuger de soi c'est de l'orgueil. Diluer la prière, diluer les sacrements, diminuer la fréquentation de la messe, c'est pas anodin, je ne peux en rester là. Je ne veux pas qu'avec le temps je finisse par risquer une crise de la foi; c'est si insidieux la peur, les pensées de remise en question que ça engendre, et des incompréhensions insurmontables fleurissent vite sur les doutes.
J'en veux pas de tout ça.
Je veux pour moi ce que j'implore pour tous : finir sur le Coeur de Dieu Notre Père, sans regarder en arrière.
Bien à vous,
Zélie



