Je partage l'avis de Steph sur bien des points:
steph a écrit :Le mobilier liturgique est très correct (autel / ambon) et n'a pas de raison d'être périmé dans un ou deux siècles.
Absolument. Tout au plus, je crains une lassitude des personnes chargées du nettoyage : ça fait un énorme développé de surface

... Et contrairement à ce qu'écrit Gratte-Ciel, ce n'est pas plus
casse-gueule que n'importe quel autre podium à emmarchement. Un petit regret (personnel, mais pas forcément liturgique), le siège de présidence est en continuité avec le jeu topographique du podium, alors qu'il aurait pu être en écho avec l'autel et l'ambon (et, du point de vue pratique, où met-on les autres sièges de choeur ?).
steph a écrit :[Le ...] contraste de couleurs entre les pierres de l'église et la blancheur du marbre.
C'est l'un des points (esthétiquement) discutables. Et le marbre fortement veiné de l'autel et de l'ambon, venant sur le marbre blanc, accuse encore ce contraste. Une continuité entre la pierre calcaire des sols et des colonnes et le podium m'aurait paru plus adéquate, mais c'est vrai que les colonnes du rond-point du choeur sont sensiblement plus blanches que le reste de l'église et que des contrastes pré-existaient à cet aménagement.
steph a écrit :Le "baptistère" est trop petit et bien bas : notez bien qu'il n'est pas "sur l'autel" (heureusement)! sa place (juste derrière l'autel) est peu convenable.
C'est vraiment ce qui me gêne le plus.
- 1/ Du point de vue symbolique : il ne paraît pas logique que le baptistère soit derrière l'autel. Historiquement, les baptistères étaient près de la porte. Avec l'usage post-conciliaire, afin d'insister sur l'entrée dans la communauté chrétienne, on a installé des baptistères temporaires (ah, les bassines à confiture !) ou définitifs près de l'autel et de la tête de la nef, visibles de l'assemblée. Dans tous les cas, la symbolique est claire : le baptême est une entrée, et un préalable à l'Eucharistie. La disposition de Melle où il faut passer par-dessus l'autel pour arriver au baptême me semble prendre les choses à contresens. De plus, l'ambon sera inutilisable pour la Parole qui précède le rite baptismal, ça c'est vraiment dommage.
2/ Du point de vue pratique, à l'usage : il ne faudra pas que le célébrant ait un lumbago les jours de baptême
et de toute façon, le baptême ne sera pas visible par l'assemblée.
En revanche, cher Steph, je ne partage pas vos remarques sur le "faire semblant"
steph a écrit :on dirait la géographie du lieu qui s'insère dans l'église.
Les "énergies telluriques" me font penser à du new age...
c'est très moderne et "de maintenant". Mais tout est nouveau et motivé par des illusions (or, c'est le lieu de la vérité)... Il n'y a aucune justification théologique à tout cela.
Je ne crois pas que les énergies telluriques soient abusives (et encore moins une concession à la modernité) dans l'Eglise. Sans tomber dans un ésotérisme facile, elles sont largement présentes dans un part du patrimoine chrétien que ce soit à l'époque romane (le Puy, pour n'en citer qu'un exemple) ou dans des sanctuaires plus récents (que celui qui n'a jamais caressé de la main la Grotte de Lourdes me jette la première pierre

).
Pour conclure, l'aménagement du choeur de Melle, sans être un modèle exceptionnel, mérite notre attention ... à l'exception notable du baptistère, qui me semble être un
raté (Dieu, que la critique est aisée !). Mais nous ne parlons ici que sur des photos alors qu'en matière d'aménagement liturgique,
il reste difficile de se faire une opinion définitive avant d'avoir prié et participé aux sacrements dans les lieux.
A tous fraternellement.
Jean-Mic