Mortification, pénitence corporelle et ascèse

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Jean-Roger
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Re: Mortification

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Cher Raistlin,

Dieu nous demande-t-il de jeûner ?
LA LOI de Dieu transmise par Moïse ne prescrivait de jeûner qu’en une occasion : le Jour annuel des Propitiations. La Loi ordonnait aux Israélites d’‘ affliger leurs âmes ’. On pense généralement que cette expression indique qu’ils jeûnaient (Lévitique 16:29-31 ; 23:27 ; Psaume 35:13). Cependant, il ne s’agissait pas d’un jeûne purement formaliste. L’observance du Jour des Propitiations amenait les Israélites à mieux prendre conscience de leur état de pécheurs et de la nécessité d’une rédemption. Ce jour-là, ils jeûnaient aussi pour exprimer leur tristesse au sujet de leurs péchés et leur repentance devant Dieu.
Bien que ce jeûne fût le seul obligatoire sous la Loi de Moïse, les Israélites observaient des jeûnes en d’autres occasions (Exode 34:28 ; 1 Samuel 7:6 ; 2 Chroniques 20:3 ; Ezra 8:21 ; Esther 4:3, 16). Par exemple, certains jeûnes volontaires étaient des manifestations de repentance.

Jésus Christ n’a jamais ordonné à ceux qui le suivaient de jeûner, mais ses disciples et lui l’ont fait le Jour des Propitiations, parce qu’ils étaient sous la Loi de Moïse. En outre, puisque Jésus ne leur avait pas interdit de le faire, certains disciples jeûnaient en certaines occasions (Actes 13:2, 3 ; 14:23).

La Loi mosaïque est arrivée à son terme lorsque “ le Christ a été offert une fois pour toutes, afin de porter les péchés de beaucoup ”. (Hébreux 9:24-28.) Avec la Loi prenait fin le commandement de jeûner le Jour des Propitiations. Le seul jeûne obligatoire mentionné dans la Bible était supprimé.

Il appartient à chacun de décider s’il jeûnera dans telle ou telle circonstance. Personne ne devrait juger un compagnon à ce sujet. Notre objectif ne devrait pas être de ‘ paraître justes aux hommes ’. D’autre part, nous ne devrions pas accorder à la nourriture une place telle que nous ne puissions nous acquitter de nos obligations importantes (Matthieu 23:28 ; Luc 12:22, 23). Comme le montre la Bible, Dieu n’exige pas que nous jeûnions, mais il ne nous interdit pas de le faire.

Selon les Saintes écritures comment vaincre nos tendances peccamineuses ou pécheresses, St –Paul nous répond et nous demande de cultiver le fruit de l’esprit composé de neufs éléments Galates 5 :22,23 « Mais le fruit de l'Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi : contre de telles choses il n'y a pas de loi »

Il ajoute dans Philippiens 4 :8 « Enfin, frères, tout ce qu'il y a de vrai, de noble, de juste, de pur, d'aimable, d'honorable, tout ce qu'il peut y avoir de bon dans la vertu et la louange humaines, voilà ce qui doit vous préoccuper. » la traduction d’Osty préfère en note marginale « voilà ce qui doit faire l’objet de vos pensées »

Amicalement de Jean-Roger
nad
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Appel à pénitence et ascèse

Message non lu par nad »

Bonsoir à tous

Qu'est-ce que l'appel à la pénitence, en dehors du carême ?
ma question est bizarre je le concède, je ne sais pas comment aborder le sujet sans offusquer, sans être incompréhensible... Je sais qu'au moment de Carême, l'Eglise appelle à la pénitence et à la repentance.. .

Est-ce "normal" de se sentir appelée à la pénitence intérieure et extérieure ?
J'ai fait un petit chemin vers notre Seigneur depuis quelques temps, et j'avance pas à pas dans la redécouverte des sacrements, de la pénitence intérieure et les grandes questions sur les pénitences extérieures. Je dois venir d'une autre planète parce que j'ai découvert il y a peu que le jeûne est une mortification :siffle:
Pour moi, c'était un message d'amour et de rapprochement mais certainement pas une mortification... Les mortifications avaient une connotation négatives et j'affirmais haut et fort un jamais pour moi. :oops: .
Mais j'ai dû crier trop fort car me voilà emmenée dans le magnifique voyage du partage et de la conversion par tous les moyens. Les voies du Seigneur...
Et je vais de leçon d'humilité en leçon d'humilité, ... je pars de loin, il y a beaucoup de travail...

Pourquoi et en quoi l'ascèse peut contrarier le devoir d'état ?
c'est l'avis de mon confesseur... mais j'aimerais avoir l'avis de personnes vivant dans le monde leur devoir d'état et qui parviennent à concilier les deux.

Il va y avoir d'autres questions, mais je dois vérifier qu'il n'y a pas déjà eu des réponses...

En union de prière

Nad
"Reste avec nous, car le soir vient et déjà le jour baisse". Et Il resta avec eux. Luc 24, 29
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lmx
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Re: appel à pénitence ascèse et devoir d'état

Message non lu par lmx »

Les mortifications avaient une connotation négatives et j'affirmais haut et fort un jamais pour moi
Bonsoir nad

Il me semble que le christianisme occidental a trop longtemps lié mortification et culpabilité, d'où la connotation négative.
En réalité il s'agit simplement de renoncer à soi même, à la fiction du moi, pour que puisse éclore en nous "l'homme intérieur". Ce renoncement consiste donc en un sacrifice qui est une notion positive puisque le verbe sacrifice (sacrificare) implique l'idée de consécration et donc d'introduction (de soi) dans le domaine du sacré.
Vous vous dépouillez d'une vieille peau, vous la sacrifiez, pour pouvoir mieux revêtir le Christ et mieux vous ensevelir en Dieu. Ainsi il y a dans le sacrifice un échange entre Dieu et nous, et qui est tout à notre avantage.

Bref, tout l'évangile traite du renoncement à soi et de la nécessité de mourir au monde pour pouvoir renaitre vraiment d'en haut. C'est donc d'une métamorphose qu'il s'agit (du passage du "vieil homme" au "nouvel homme" dont parle St Paul), pas de quelque chose de négatif.

Maintenant, l'ascèse peut prendre différente forme et doit être adaptée à chacun.

Je pense que ce lien peut aussi répondre à certaines de vos interrogations sur le sens de l'ascèse.
http://christophe.levalois.free.fr/fich ... lacide.pdf
j'en avais donné un petit résumé que je recopie ici
[+] Texte masqué
L'individu dans ce courant (personnaliste) fait référence chez l'être humain à ce qu'il a de propre, à ce qui l'enferme en lui et les sépare des autres et de Dieu. C'est, dans une perspective chrétienne, une limitation, une entrave. C'est le "propre" qui rend l'homme "dissemblant" de Dieu et qui obscurcit l'image de Dieu en lui. "Qu'est ce que le proprium ? La dissemblance ce par quoi l'homme se veut différent de Dieu" écrit Etienne Gilson. Par conséquent, abolir le moi n'est pas une déchéance car "Eliminer de soi même tout ce qui l'empêche d'être vraiment soi, ce n'est pas pour l'homme se perdre mais se retrouver."

L'individualité est donc aussi formée par l'identité propre fruit des déterminismes sociaux économiques et biologiques. Or, dans le christianisme il n'y a plus ni juifs, ni grecs, ni barbares, l'"identité" du chrétien étant le Christ qu'il revêt.
Comme l'écrit V. Lossky : L’homme agit le plus souvent sous des impulsions naturelles : il est conditionné par son tempérament, son caractère, son hérédité, l’ambiance cosmique ou psycho-sociale, voire sa propre historicité. Mais la vérité de l’homme est au-delà de tout conditionnement, et sa dignité, de pouvoir se libérer de sa nature, non pour la consumer ou l’abandonner à elle-même comme le sage antique ou oriental, mais pour la transfigurer en Dieu.

La personne en revanche c'est la dimension verticale de l'homme qui le distingue de l'animal, étant comme le lien qui nous rattache à Dieu et qu'on peut identifier bibliquement au souffle de vie que Dieu insuffle en Adam. La personne est "l'homme invisible qui vit dans le coeur" (1 P 3:4).
La personne humaine, en ce sens, est une "relation" (au sens métaphysique du terme) qui s'accomplit dans le don d'elle même d'abord à Dieu et autres ; relation analogue aux Personnes divines dont la perfection réside dans le don parfait que chacune fait à l'autre.
La dignité de l'homme étant donc rigoureusement indissociable de sa relation avec la transcendance, ce courant personnaliste a peu de chose à voir avec l'humanisme bas de gamme qu'on a pu voir en lui.
En résumé, la distinction personne / individu correspond tout simplement à la distinction de St Paul entre l'homme charnel (psychique) et l'homme spirituel qui doit supplanter le premier.
http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... 95#p161695 j'avais ouvert ici un fil pour exposer quelques thèmes de théologie mystique
Pourquoi et en quoi l'ascèse peut contrarier le devoir d'état ?
Je n'ai pas trop compris le sens de la question. Pense-t-il que l'ascèse peut contrarier le devoir d'état ?
Dans ce cas tout dépend quel type d'ascèse. Chercher à accomplir ses devoirs du mieux possible est déjà une forme d'ascèse. Toute action peut être sacrée et toute activité peut devenir sanctifiante si elle est rapportée à Dieu.
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stephlorant
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Re: appel à pénitence ascèse et devoir d'état

Message non lu par stephlorant »

lmx a écrit :
Pourquoi et en quoi l'ascèse peut contrarier le devoir d'état ?
Je n'ai pas trop compris le sens de la question. Pense-t-il que l'ascèse peut contrarier le devoir d'état ?
Dans ce cas tout dépend quel type d'ascèse. Chercher à accomplir ses devoirs du mieux possible est déjà une forme d'ascèse. Toute action peut être sacrée et toute activité peut devenir sanctifiante si elle est rapportée à Dieu.
Je présume que pratique de l'ascèse doit comporter des limites... il est évident que si, du jour au lendemain, on cesse de s'alimenter, le devoir d'état finira par en souffrir ! Mais il y a toutes sortes d'ascèse: par exemple, je repousse toujours au lendemain l'idée de me rendre à pieds à mon travail - mais il n'y a que vingt à vingt-cinq minutes (grand maximum)!
Voici une bonne ascèse, et en plus bonne pour le corps aussi !

Pour faire un grand jeûne, mieux vaut toujours avoir le secours d'un maître spirituel expérimenté... et çà ne court pas les rues, de nos jours.

Saint François disait à ses frères : la limite de votre effort, c'est la joie. Si vous perdez la joie, vos pénitences ne valent pas grand chose... petit point de repère !
In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum
http://www.youtube.com/watch?v=WDV94Iti5ic&feature=related (Philippe Herreweghe)
nad
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Re: appel à pénitence ascèse et devoir d'état

Message non lu par nad »

bonsoir

Merci à tous les deux

Oui l'ascèse est un renoncement pour mieux vivre dans l'amour te le partage avec Dieu, encore fallait-il en effet me défaire des a priori et de la culpabilité qui était sous-jacente...

Ce que j'ai cru comprendre est que finalement tout ascèse est bonne à partir du moment ou elle est dans un but de partage et d'amour de notre Seigneur, qu'elle ne contrevient pas à nos devoir et qu'elle ne tombe dans l'excessif ... en fait l'ascèse est un ciment, un élément de construction de notre relation à Dieu et envers nos frères...

LMX merci pour le résumé et le lien je vais le lire laisser reposer n peu et revenir ensuite ...

Stephlorant, merci d'avoir partagé votre expérience, vous m'avez donné une idée...

En union de prière
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lmx
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Re: Appel à pénitence ascèse et devoir d'état

Message non lu par lmx »

Ce que j'ai cru comprendre est que finalement tout ascèse est bonne à partir du moment ou elle est dans un but de partage et d'amour de notre Seigneur, qu'elle ne contrevient pas à nos devoir et qu'elle ne tombe dans l'excessif ... en fait l'ascèse est un ciment, un élément de construction de notre relation à Dieu et envers nos frères...
Au Moyen Age Maitre Eckhart dans ses "entretiens spirituels" écrivait déjà :

"Si tu trouves donc que ta voie la plus proche ne passe pas par beaucoup d'oeuvres extérieurs, par de grands travaux ou de grandes privations (cela n'a d'ailleurs pas grande importance, à moins que l'homme n'y soit particulièrement poussé par Dieu et n'ait la force d'agir bien de la sorte, sans troubler sa vie intérieure) - si tu ne trouves pas tout cela en toi tranquillise toi et ne t'en inquiète pas outre mesure."

Il a fait la promotion du détachement comme forme d'ascèse intérieure qui permet de se rendre libre intérieurement, de "garder" son coeur libre et pure pour que Dieu puisse s'y établir pleinement.
Agir avec une certain recul et une certaine distance, ne pas s'absorber complètement en ses actes. C'est là un véritable travail ascétique qui ne demande pas de faire de grands jeûnes fatiguant qui est détaché de toute idée de culpabilité et qui doit permettre de se libérer de beaucoup de préoccupations futiles.
"ceux qui pleurent comme ne pleurant pas, ceux qui se réjouissent comme ne se réjouissant pas,ceux qui achètent comme ne possédant pas, et ceux qui usent du monde comme n'en usant pas, car la figure de ce monde passe." Corinthiens 7:30


Voici aussi ce qu'a écrit Benoit XVI (Joseph Ratzinger) quand il était cardinal : le respect des rites, l'usage du corps, constitue déjà une forme d'ascèse qui consiste à s'entrainer en vue du royaume de Dieu.
Ce qui me fait rappeler que les pères du désert se considéraient comme des athlètes et des lutteurs spirituels.


"Souvenons nous que le mot ascèse signifie tout simplement entrainement -'training'- pour employer un mot à la mode.
...
Cette ascèse doit trouver son point d'ancrage dans la liturgie, dans son orientation vers le Christ ressuscité. C'est un exercice qui nous amène à accepter l'autre dans son altérité, un entrainement à l'amour, à l'acceptation du Tout Autre -Dieu- dans le but de nous laisser former et utiliser par lui. La participation du corps dans la liturgie du Verbe incarné s'exprime par une certaine discipline du corps, en des gestes qui se sont développés à partir des exigences intérieures de la liturgie et qui manifestant son essence pour ainsi dire corporellement
." L'esprit de la liturgie p141
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Re: Mortification/pénitence corporelle

Message non lu par Mac »

touriste a écrit :.....Je constate que la Bible recommande d’entourer son corps de soins, elle ne recommande ni n’excuse la mortification dans le culte, témoin de ce que déclare St Paul dans la lettre qu’il envoie aux Ephésiens 5 :28,29, il dit ceci
« De la même façon les maris doivent aimer leurs femmes comme leurs propres corps. Aimer sa femme c'est s'aimer soi-même. C'est ainsi que les maris doivent aimer leurs femmes comme leurs propres corps. Celui qui aime sa femme s'aime lui-même. De même aussi, les maris doivent aimer leurs propres femmes comme leurs propres corps; celui qui aime sa propre femme s'aime lui-même. 29. Car nul n'a jamais haï sa propre chair ; on la nourrit au contraire et on en prend bien soin. C'est justement ce que le Christ fait pour l'Église : »
Quel sens l’injonction d’aimer sa femme comme son propre corps aurait-elle si lors du culte un homme se maltraitait ?
A l’évidence, celui qui attache du prix aux principes bibliques doit entourer son corps de soins et, dans une certaine mesure, l’aimer.
Bonjour Roger,

Pneumatis et petit Mathieu entre autre ont donné des explications sur le point que vous soulevez.
Pour ma part, il me semble que vous n'avez pas compris ce que vous lisez puisque vous nous parlez du mari et de la mortification. Mais Notre Seigneur Jésus Christ ne demande pas au mari de se mortifier, Notre Seigneur connait comment sont les femmes. Vous pouvez relire par exemple le passage où il parle de ceux qui se sont fait eunuque pour le royaume des cieux, ou encore lorsqu'il dit de quitter père mère femme enfant...( je cite de mémoire) qui ont renoncé à leur propre vie pour le royaume des cieux. Voyez encore la réponse de notre Seigneur qui répondant à quelqu'un qui lui demande " qui peut faire tout ce que tu dis pour être sauvé" et notre Seigneur répond ce que l'homme ne peut Dieu peut". Notre Seigneur reconnait que nous sommes limités. Et la Sainte Eglise de Notre Seigneur a bien compris cet aspect puisqu'elle recommande aux maris d'accomplir leur devoir de mari. Si vous prenez l'exemple de Saint Padre Pio lui avait un autre devoir qui était d'être le témoin vivant des réalités célestes, de notre Seigneur Jésus Christ et cela passe par la mortification de la chair. La cohérence de Notre Seigneur Jésus Christ vous a quelque peu échappé puisqu'il ne demande pas par exemple à la samaritaine qu'Il rencontre d'allé se mortifier, mais à ceux qui sont ses disciples et qui s'engage sur la voie étroite. Donc le passage que vous prenez concerne le rôle du mari et non le rôle de l'apôtre dont le chemin est plus étroit.

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Raistlin
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Re: Mortification/pénitence corporelle

Message non lu par Raistlin »

touriste a écrit :Je constate que la Bible recommande d’entourer son corps de soins, elle ne recommande ni n’excuse la mortification dans le culte
Attention tout de même à ne pas exagérer : les mortifications ne sont pas synonyme de négligence envers son corps. Ainsi, il n'est pas légitime de se mutiler, ou de s'affamer jusqu'à mettre sa vie en danger.

Donc on peut tout à fait prendre soin de son corps - se soigner quand on est malade, donner suffisamment de nourriture à notre corps, se laver régulièrement, utiliser des produits de soins pour le corps, etc. - tout en pratiquant occasionnellement les mortifications corporelles.

Et puis, je rappelle quand même que jamais l'Église n'a imposé les mortifications à tous les fidèles. Il s'agit d'une spiritualité particulière et il n'y a aucune obligation à les pratiquer.

Cordialement,
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Re: Mortification/pénitence corporelle

Message non lu par mandonnaud »

Bonne réponse !!
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Géraldine
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Re: Mortification/pénitence corporelle

Message non lu par Géraldine »

Je pense que la mortification est affaire personnelle devant Dieu Seul et comme dit Etienne, on peut se débarrasser de mille penchants qui handicapent l'âme: tant le tabagisme, la concupiscence ppassgère et je ne sais encore.Beaucoup mettent un peu vite des étiquettes et je crois qu'il faut rison garder:point n'est besoin de faire des jugements hâtifs de ce que l'on ne connaît pas et je m'en garderis bien!
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Re: Mortification/pénitence corporelle

Message non lu par etienne lorant »

A quelque chose malheur est parfois bon... Depuis ma dernière maladie, en 2009 (cinq jours avec fièvre et couché), j'ai découvert, étant très isolé, que j'étais "obligé" de m'en remettre totalement à Dieu. Je le faisais, mais pas systématiquement, où était ma confiance ? Depuis, j'ai attrapé mal au dos un jour de cet hiver... lorsque je me suis couché, la journée terminée, j'ai "remis" cette souffrance au Seigneur et, aussitôt une grande joie m'a envahi. Je crois que l'apprentissage des difficultés de l'âge est également quelque chose qui peut servir la foi. (En fait, oui, on en revient encore à "Tout concourt au bien pour celui qui croit" - mais étant malade, il faut se soigner, bien sûr.)

Souvenir : un homme qui souffre s'adresse à Jésus sur la croix et se plaint : "Seigneur, pourquoi moi". Et un écho de lui répondre "...et pourquoi moi ?!?"
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Géraldine
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Re: Mortification/pénitence corporelle

Message non lu par Géraldine »

Bonsoir Etienne.....quelqu'un m'a dit",remets toutes tes souffrances dans les mains du Seigneur"et alors, je m'aperçois qu'elles ont un sens,aident à grandjr quelque part et comme vous dites si bien, on se sent soulagé.....ah, le dos! :ciao: :siffle: Mais vous êtes un être confiant en Dieu, c' est beau et ça se sent dans vos écrits
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Mortification?

Message non lu par Timothée »

Y a t'il des adeptes du cilice parmi vous pour le Carême (ou hors Carême) ???? Je sais que les membres de l'Opus Dei s'en servent tous les jours, mais je me demandais si on pouvait également se servir du cilice pour une forme de mortification ... par exemple, la personne est malade, impossible pour elle de jeûner, ou de se priver de plusieurs choses, il resterait cette solution ... qu'en pensez vous ?? merci de vos réponses éclairées ..
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coeurderoy
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Re: Mon carême 2012

Message non lu par coeurderoy »

Il me semble que "frère âne" - le corps - doit être soigné et aimé comme un brave serviteur : on doit le brider mais le faire souffrir volontairement relève d'une drôle de conception de l'incarnation...Je connais une dame de 70 ans qui m'a raconté l'histoire (bizarre !) du directeur spirituel qui lui imposait le port du cilice (elle avait 18 ans) et exigeait qu'elle lui montre les effets de la chose sur sa chair... vraiment malsain non ?
C'est aujourd'hui une chrétienne généreuse, très donnée mais qui ne veut plus entendre parler de ces inepties. N'est-il pas plus sain (saint) de fatiguer plutôt son corps en rendant service au prochain par une tâche peu glorieuse, banale, discrète et "pas mystique pour un sou"...
J'imagine en effet que le port du cilice doit conduire à une attention soutenue accordée...à son corps... La tentation doit être grande en effet de s'imaginer en figure exemplaire de sainteté et de mortification et de s'admirer dans son "miroir spirituel" : "vraiment je suis un être exceptionnel souffrant comme on savait le faire aux âges de foi, accumulant des mérites pour le salut des pécheurs, etc, etc..."
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papillon
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Re: Mon carême 2012

Message non lu par papillon »

Bien dit, Coeurderoy !

Que de nombrilisme et d'insignifiance parfois dans la pratique religieuse...
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