Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2011-2012)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Rejet de David et du "Fils de David"

Message non lu par etienne lorant »

1ère lecture : Humble attitude de David devant la révolte d'Absalon (2S 15, 13-14.30; 16, 5-13a)

Lecture du second livre de Samuel
Un messager vint annoncer à David :
« Le cœur des hommes d'Israël a pris parti pour ton fils Absalon. »
Alors David dit à tous ses officiers, qui étaient avec lui à Jérusalem :
« Vite, fuyons ! Autrement nous n'échapperons pas à Absalon. Hâtez-vous de partir : sans cela, il nous gagnera de vitesse, il nous précipitera dans le malheur et passera la ville au fil de l'épée. »
David gravissait en pleurant la montée des Oliviers, tête voilée et pieds nus ; tout le peuple qui l'accompagnait avait la tête voilée et montait en pleurant. Comme David atteignait Bakhourim, il en sortit un homme du même clan que la famille de Saül. Il s'appelait Shiméi, fils de Guéra, et il s'avançait en proférant des malédictions.Il lançait des pierres à David et à tous les officiers du roi, tandis que la foule et les guerriers entouraient le roi à droite et à gauche.Shiméi maudissait le roi en lui criant : « Va-t'en donc, assassin, scélérat ! Le Seigneur a fait retomber sur toi tout le sang de la maison de Saül dont tu as usurpé la royauté ; c'est pourquoi le Seigneur a remis la royauté entre les mains de ton fils Absalon. Te voilà livré au malheur que tu mérites, car tu es un assassin. » Abishaï, fils de Cerouya, dit au roi : « Ce chien crevé va-t-il longtemps maudire le roi, mon seigneur ? Je vais aller lui trancher la tête. » Mais le roi répondit : « À quoi bon, fils de Cerouya ? S'il maudit, c'est peut-être parce que le Seigneur lui a ordonné de maudire David. Alors, qui donc pourrait le lui reprocher ? » David dit à Abishaï et à tous ses officiers : « Même le fils qui est de mon sang s'attaque à ma vie : à plus forte raison ce descendant de Benjamin ! Laissez-le maudire, si le Seigneur le lui a ordonné. Peut-être que le Seigneur considérera ma misère et me rendra le bonheur au lieu de sa malédiction d'aujourd'hui. »
David et ses hommes continuèrent leur route.

Evangile : Le possédé de Gérasa (Mc 5, 1-20)
Jésus et ses disciples arrivèrent sur l'autre rive du lac, dans le pays de Géraséniens.
Comme Jésus descendait de la barque, aussitôt un homme possédé d'un esprit mauvais sortit du cimetière à sa rencontre ; il habitait dans les tombeaux et personne ne pouvait plus l'attacher, même avec une chaîne ; en effet on l'avait souvent attaché
avec des fers aux pieds et des chaînes, mais il avait rompu les chaînes, brisé les fers,
et personne ne pouvait le maîtriser.
Sans arrêt, nuit et jour, il était parmi les tombeaux et sur les collines, à crier, et à se blesser avec des pierres. Voyant Jésus de loin, il accourut, se prosterna devant lui
et cria de toutes ses forces :
« Que me veux-tu, Jésus, Fils du Dieu très-haut ? Je t'adjure par Dieu, ne me fais pas souffrir ! »
Jésus lui disait en effet :
« Esprit mauvais, sors de cet homme ! »
Et il lui demandait :
« Quel est ton nom ? »
L'homme lui répond :
« Je m'appelle Légion, car nous sommes beaucoup. »
Et ils suppliaient Jésus avec insistance de ne pas les chasser en dehors du pays.
Or, il y avait là, du côté de la colline, un grand troupeau de porcs qui cherchait sa nourriture.
Alors, les esprits mauvais supplièrent Jésus :
« Envoie-nous vers ces porcs, et nous entrerons en eux. »
Il le leur permit.
Alors ils sortirent de l'homme et entrèrent dans les porcs.Du haut de la falaise,
le troupeau se précipita dans la mer : il y avait environ deux mille porcs, et ils s'étouffaient dans la mer.
Ceux qui les gardaient prirent la fuite,ils annoncèrent la nouvelle dans la ville et dans la campagne,et les gens vinrent voir ce qui s'était passé.
Arrivés auprès de Jésus, ils voient le possédé assis, habillé, et devenu raisonnable,
lui qui avait eu la légion de démons, et ils furent saisis de crainte.
Les témoins leur racontèrent l'aventure du possédé et l'affaire des porcs.
Alors ils se mirent à supplier Jésus de partir de leur région.
Comme Jésus remontait dans la barque,l e possédé le suppliait de pouvoir être avec lui. Il n'y consentit pas, mais il lui dit :
« Rentre chez toi, auprès des tiens, annonce-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde. »
Alors cet homme s'en alla, il se mit à proclamer dans la région de la Décapole tout ce que Jésus avait fait pour lui, et tout le monde était dans l'admiration.
Cy Aelf, Paris


"Nous ne voulons plus que tu règnes sur nous !", dit le peuple à David. Et ils le traitent d'assassin. Il est vrai que David a péché gravement, mais il est également exact que le peuple n'a plus voulu que Dieu règne sur lui. On se souvent que s'adressant au prophète Samüel, Dieu lui avait dit: "Ce n'est pas toi qu'il rejette, c'est moi. Ils ne veulent plus que je règne sur eux". Ils ont voulu un roi et les rois tombent très facilement dans les pièges du pouvoir - je veux dire : des abus du pouvoir.

Dans l’Évangile, les démons continuent de proclamer Jésus fils de Dieu, ce qui est la vérité - ils ne sauraient plus mentir devant Lui, mais attention: le fait qu'ils reconnaissent en Jésus le fils de Dieu est tout à fait malveillant ! En effet, comme nous l'a expliqué le prêtre ce matin, en proclamant cette vérité devant tous, ils excitent l'incompréhension et le rejet de Jésus par l'élite des juifs. Et ce rejet ira jusqu'à l'envoyer sur la Croix. Saint Jean note explicitement : « C’est pourquoi les Juifs cherchaient à le faire mourir, car non seulement il violait le repos du sabbat, mais encore il disait que Dieu était son propre Père, et il se faisait ainsi l’égal de Dieu » (Jn 5/18). Dans le texte d'aujourd'hui, même les Géraséniens, qui constatent la délivrance d'un des leurs, n'ont qu'une hâte: que Jésus quitte ce pays. A quoi songent-ils, sinon à l'économie, à la perte des porcs ? Serions-nous ainsi, nous aussi ?
Plus à notre épargne et nos économies qu'à Jésus ?

L'enseignement a retirer de tout cela - pour nous qui ne sommes pas rois (mais qui ne manquons certes pas d'user des pouvoirs qui nous sont propres !) - et pour nous qui avons notre "petite idée" sur le Christ, c'est que nous aurions tout intérêt, sans même attendre le prochain carême, de rentrer en nous-mêmes afin d'examiner les fondations de notre foi. (Je suis très occupé ce mois-ci à programmer les travaux d'entretien de l'immeuble dont j'ai la responsabilité - je songe à mon toit et cela m'a fait songer aux "fondations" !). Bref, où en suis-je de mon humilité ? Au début de cette année 2012, qui sera vraiment marquée d'un signe de crise, n'est-ce pas le moment d'avancer encore plus avant dans l’espérance, la foi et la miséricorde envers autrui ? Jésus, viens régner dans mon cœur !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Resurrection d'une jeune fille, guérison d'une femme

Message non lu par etienne lorant »

Evangile : Résurrection d'une petite fille et guérison d'une femme (Mc 5, 21-43)
Jésus regagna en barque l'autre rive, et une grande foule s'assembla autour de lui. Il était au bord du lac.
Arrive un chef de synagogue, nommé Jaïre. Voyant Jésus, il tombe à ses pieds et le supplie instamment : « Ma petite fille est à toute extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu'elle soit sauvée et qu'elle vive. »
Jésus partit avec lui, et la foule qui le suivait était si nombreuse qu'elle l'écrasait.
Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans... — elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans aucune amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré — ... cette femme donc, ayant appris ce qu'on disait de Jésus, vint par derrière dans la foule et toucha son vêtement. Car elle se disait : « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. » À l'instant, l'hémorragie s'arrêta, et elle ressentit dans son corps qu'elle était guérie de son mal.
Aussitôt Jésus se rendit compte qu'une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait : « Qui a touché mes vêtements ? » Ses disciples lui répondaient : « Tu vois bien la foule qui t'écrase, et tu demandes : 'Qui m'a touché ?' » Mais lui regardait tout autour pour voir celle qui avait fait ce geste. Alors la femme, craintive et tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité. Mais Jésus reprit : « Ma fille, ta foi t'a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. » Comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre pour annoncer à celui-ci : « Ta fille vient de mourir. A quoi bon déranger encore le Maître ? »
Jésus, surprenant ces mots, dit au chef de la synagogue : « Ne crains pas, crois seulement. » Il ne laissa personne l'accompagner, sinon Pierre, Jacques, et Jean son frère. Ils arrivent à la maison du chef de synagogue. Jésus voit l'agitation, et des gens qui pleurent et poussent de grands cris. Il entre et leur dit : « Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L'enfant n'est pas morte : elle dort. »
Mais on se moquait de lui. Alors il met tout le monde dehors, prend avec lui le père et la mère de l'enfant, et ceux qui l'accompagnent. Puis il pénètre là où reposait la jeune fille. Il saisit la main de l'enfant, et lui dit : « Talitha koum », ce qui signifie : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! » Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher — elle avait douze ans. Ils en furent complètement bouleversés.
Mais Jésus leur recommanda avec insistance que personne ne le sache ; puis il leur dit de la faire manger.


Ce n'est pas un hasard si les guérisons rapportées dans ce texte concernent des femmes. L'une vient d'avoir douze ans, l'âge à partir duquel elle est considérée comme responsable de ses actes. Son père l'appelle toujours "sa petite fille", et Jésus la relève en "jeune fille" - faits sur lesquels Françoise Dolto avait très finement raisonné car, dans ce récit, la mère de l'enfant n'est que citée, mais n'a pas présentée comme ayant joué un rôle quelconque.

Quant à l'autre guérison, celle de la femme aux hémorragies, elle est rendue un peu comique du fait des propos (très 'modernes, pourrait-on dire) de l’Évangéliste Marc : "— elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans aucune amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré —"... ces mots-là, qui ne les a jamais entendus ! Ils soulignent d'autant plus combien la foi en Jésus est fondée et qu'il faut exercer sa foi dans toutes les circonstances contraires de la vie.
Ces hémorragies rendaient cette femme impure du point de vue de la Loi - ce qui impliquait pour elle un surcroît de peine, une forme de sanction sociale qui surajoute à la maladie.

Dans les deux cas, outre que l'on y voit le Christ se préoccuper - aussi, de la situation des femmes de son époque, c'est toujours la foi qui vient à bout de tout.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Teano
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Re: Resurrection d'une jeune fille, guérison d'une femme

Message non lu par Teano »

J'étais la femme impure, je suis la jeune fille ressuscitée...
DEO GRATIAS !
"« Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu. Ne repousse pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais de tous les dangers, délivre-nous, Vierge glorieuse et bénie »"


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La mort de Jean

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 6, 14-29)

Comme le nom de Jésus devenait célèbre, le roi Hérode en entendit parler. On disait : « C'est Jean le Baptiste qui est ressuscité d'entre les morts, et voilà pourquoi il a le pouvoir de faire des miracles. »
Certains disaient : « C'est le prophète Élie. » D'autres disaient encore : « C'est un prophète comme ceux de jadis. » Hérode entendait ces propos et disait : « Celui que j'ai fait décapiter, Jean, le voilà ressuscité ! » Car c'était lui, Hérode, qui avait fait arrêter Jean et l'avait mis en prison. En effet, il avait épousé Hérodiade, la femme de son frère Philippe, et Jean lui disait : « Tu n'as pas le droit de prendre la femme de ton frère. » Hérodiade en voulait donc à Jean, et elle cherchait à le faire mettre à mort. Mais elle n'y arrivait pas parce que Hérode avait peur de Jean : il savait que c'était un homme juste et saint, et il le protégeait ; quand il l'avait entendu, il était très embarrassé, et pourtant, il aimait l'entendre. Cependant, une occasion favorable se présenta lorsque Hérode, pour son anniversaire,
donna un banquet à ses dignitaires, aux chefs de l'armée et aux notables de la Galilée. La fille d'Hérodiade fit son entrée et dansa. Elle plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille : « Demande-moi tout ce que tu veux, et je te le donnerai. »
Et il lui fit ce serment : « Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, même si c'est la moitié de mon royaume. »
Elle sortit alors pour dire à sa mère : « Qu'est-ce que je vais demander ? » Hérodiade répondit : « La tête de Jean le Baptiste. »
Aussitôt la jeune fille s'empressa de retourner auprès du roi, et lui fit cette demande : « Je veux que tout de suite tu me donnes sur un plat la tête de Jean Baptiste. » Le roi fut vivement contrarié ; mais à cause du serment fait devant les convives, il ne voulut pas lui opposer un refus. Aussitôt il envoya un garde avec l'ordre d'apporter la tête de Jean. Le garde s'en alla, et le décapita dans la prison.
Il apporta la tête sur un plat, la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère. Lorsque les disciples de Jean apprirent cela, ils vinrent prendre son corps et le déposèrent dans un tombeau. (Cy Aelf, Paris)


Le roi Hérode est roi. Ce roi n'est-il pas semblable aux rois qui l'ont précédé ? Et le roi David aussi abusa du pouvoir conféré par les hommes, une première fois en faisant tuer un de ses meilleurs soldats dans le seul but de pouvoir épouser sa femme. Et, plus tard, n'a-t-il pas transgressé non plus la loi de Dieu qui interdisait de compter les hommes ? Pourtant, ses fautes lui furent pardonnées car en son cœur, il se repentait et ne voulait pas la mort de ceux-là même de ses proches qui voulaient l'abattre pour prendre ou préserver leur propre pouvoir.

La mort de Jean est donc typique de la manière dont se comporte les hommes de pouvoir envers leurs opposants - et c'est toujours d'actualité, bien sûr. Seules les manières ont changé: on tue encore, certes, mais il est plus courant de corrompre, d’appauvrir, d'user de fausses informations, d'organiser des diffamations, etc. Il n'empêche que Martin Luther King mourut, après avoir conclu, la veille, son derniers discours sur ces mots "Ainsi je suis heureux, ce soir. Je ne m’inquiète de rien. Je ne crains aucun homme. Mes yeux ont vu la gloire de la venue du Seigneur. » Il n'empêche que Kennedy, qui eût peut-être empêché une guerre, fut abattu -et son frère subit le même sort. Et finalement, il advint encore que le bienheureux pape Jean-Paul II tomba sous les balles d'un tueur venu de l'Est.

Aussi reste-t-il dangereux pour un homme de s'opposer ouvertement aux injustices d'hommes et de femmes élus sous des apparences démocratiques.

Ce matin, j'ai songé à cette crise dont on nous remplit les oreilles chaque jour. Je suis convaincu que l'on nous ment. Ou bien, s'il y a problème, il est exagéré dans le but d'accroître les pouvoirs de ceux qui se tiennent dans l'ombre.

Ce constat vous paraît pessimiste ? En réalité, il ne faut pas craindre, voilà tout. Si tout comme moi, qui l'ai obtenu par pure grâce, vous vous attachez à la Parole, alors la Parole vous rendra libres. Votre vie s'en retrouvera exaltée bien au-delà des circonstances de l'existence. La vie en vous, celle qui est plus que le mouvement de vos membre et l'exercice de la volonté, cette vie-là est déjà fixée dans l'éternité. Alors que craindre ? De mourir ? Mais non ! Puisque mourir, c'est naître ! Puisque la fin n'est pas la mort, mais la délivrance ?

A la fin du récit de Marc, ce dernier, en précisant que les disciples de Jean lui donnèrent une sépulture, semble me dire: que la Vie continua.

Et je poursuis, moi aussi !

.
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Toujours aller de l'avant !

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,29-39.

En quittant la synagogue, Jésus, accompagné de Jacques et de Jean, alla chez Simon et André.
Or, la belle-mère de Simon était au lit avec de la fièvre. Sans plus attendre, on parle à Jésus de la malade.
Jésus s'approcha d'elle, la prit par la main, et il la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait.
Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous les malades, et ceux qui étaient possédés par des esprits mauvais.
La ville entière se pressait à la porte.
Il guérit toutes sortes de malades, il chassa beaucoup d'esprits mauvais et il les empêchait de parler, parce qu'ils savaient, eux, qui il était.
Le lendemain, bien avant l'aube, Jésus se leva. Il sortit et alla dans un endroit désert, et là il priait.
Simon et ses compagnons se mirent à sa recherche.
Quand ils l'ont trouvé, ils lui disent : « Tout le monde te cherche. »
Mais Jésus leur répond : « Partons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame la Bonne Nouvelle ; car c'est pour cela que je suis sorti. »
Il parcourut donc toute la Galilée, proclamant la Bonne Nouvelle dans leurs synagogues, et chassant les esprits mauvais.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


"Tout le monde te cherche" disent Simon et ses compagnons. Mais Jésus leur répond: "Partons ailleurs". J'en ai conclu que nous ne devons jamais croire avoir trouvé le Seigneur, une fois pour toutes. Car à peine a-t-il passé le seuil de notre maison et guéri dans cette maison la personne qui avait besoin de sa Miséricorde (je veux dire: moi-même, bien sûr) qu'il faut de nouveau repartir à sa recherche. Et nous n'aurons pas de cesse jusqu'à ce que nous ayons parcouru tout l'espace de notre vie.

C'est ce que l'Evangile d'aujourd'hui m'a vraiment appris aujourd'hui : il ne m'est pas permis de croire que désormais, les choses sont établies et ne changeront plus. Ce serait trop simple. C'est aussi le piège dans lequel les juifs, qui se réclamaient "enfants d'Abraham" sont tombés. Ils l'ont dit à Jean le Baptiste et celui-ci leur a répondu aussitôt que, du point de vue de Dieu, cette descendance ne signifie pas grand chose: "De n'importe laquelle de ces pierres, Dieu peut susciter des enfants à Abraham !"

Et donc, nous ne sommes vraiment héritiers du Christ, enfants de Dieu, qu'à condition de suivre Jésus pas à pas, dans les bons comme dans les mauvais jours. Il me revient encore cette image terrible de la femme de Lot, qui s'étant retournée lors de la fuite hors de Sodome, fut changée en statue de sel. Non, ne pouvons pas nous retourner ! Il ne nous est pas permis d'avoir dit 'Oui' au Seigneur pour ensuite nous replonger avec mélancolie dans les souvenirs de notre vie d'autrefois... La nostalgie de notre ancienne existenceest une des apparences que prend le démon pour nous empêcher de progresser dans la vie spirituelle.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Toujours aller de l'avant !

Message non lu par etienne lorant »

A propos de cet Évangile, j'ai entendu une autre Parole comme en écho : "Lorsqu'on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre. Je vous le dis en vérité, vous n'aurez pas achevé de parcourir toutes les villes d'Israël que le fils de l'homme sera venu !" (en Matthieu X). Encore un dire de Jésus qui exprime la dynamique de la marche vers le Royaume. Elle suppose que nous ne nous attardions pas sur les choses de ce monde mais que nous ayons en tout temps le regard tourné vers Dieu. Chaque jour, en tout temps. Quelle fougue... et cette fougue, Jésus l'exprime encore par cette autre parole: "Le Royaume des cieux est pris par violence et ce sont les violents qui s'en emparent. (Matthieu XI, 12).

Seigneur, ta Parole est force et vie !
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Présence de Dieu dans nos vies

Message non lu par etienne lorant »

Premier livre des Rois 8,1-7.9-13.
Salomon rassembla auprès de lui à Jérusalem les anciens d'Israël et tous les chefs des tribus, les chefs de famille des fils d'Israël, pour aller chercher l'arche de l'Alliance du Seigneur dans la cité de David, c'est-à-dire à Sion.
Tous les hommes d'Israël se rassemblèrent auprès du roi Salomon au septième mois, durant la fête des Tentes.
Quand tous les anciens d'Israël furent arrivés, les prêtres se chargèrent de l'arche.
Ils emportèrent l'arche du Seigneur et la tente de la Rencontre avec tous les objets sacrés qui s'y trouvaient ; ce sont les prêtres et les lévites qui les transportèrent.
Le roi Salomon, et avec lui toute la communauté d'Israël qu'il avait convoquée, offrit en sacrifice devant l'Arche des moutons et des bœufs : il y en avait tant qu'on ne pouvait les compter.
Puis les prêtres transportèrent l'Arche à sa place, dans le sanctuaire qu'on appelle le Saint des saints ; ils la déposèrent sous les ailes des Kéroubim.
Ceux-ci étendaient leurs ailes au-dessus de l'emplacement de l'Arche : ils abritaient l'Arche avec ses barres.
Dans l'Arche, il n'y avait rien, sinon les deux tables de la Loi que Moïse y avait placées, quand le Seigneur avait conclu alliance avec les fils d'Israël au mont Horeb, à leur sortie d'Égypte.
Quand les prêtres sortirent du sanctuaire, la nuée remplit le temple du Seigneur,
et, à cause d'elle, les prêtres furent obligés d'interrompre le service divin : la gloire du Seigneur remplissait le Temple !
Alors Salomon s'écria : « Le Seigneur a décidé d'habiter la nuée obscure.
Et maintenant, je t'ai construit, Seigneur, une demeure divine, un lieu où tu résideras éternellement. »


Psaume 132(131),1a.2b.4a.5a.7-8.9-10.
Souviens-toi, Seigneur, de David
de sa promesse au Puissant de Jacob :
« J'interdirai tout sommeil à mes yeux
avant d'avoir trouvé un lieu pour le Seigneur. »

Entrons dans la demeure de Dieu,
prosternons-nous aux pieds de son trône.
Monte, Seigneur, vers le lieu de ton repos,
toi, et l'arche de ta force !

Que tes prêtres soient vêtus de justice,
que tes fidèles crient de joie !
Pour l'amour de David, ton serviteur,
ne repousse pas la face de ton messie.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6,53-56.
Jésus et ses disciples, ayant traversé le lac, abordèrent à Génésareth et accostèrent.
Ils sortirent de la barque, et aussitôt les gens reconnurent Jésus :
ils parcoururent toute la région, et se mirent à transporter les malades sur des brancards là où l'on apprenait sa présence.
Et dans tous les endroits où il était, dans les villages, les villes ou les champs, on déposait les infirmes sur les places. Ils le suppliaient de leur laisser toucher ne serait-ce que la frange de son manteau. Et tous ceux qui la touchèrent étaient sauvés
.


©Evangelizo.org 2001-2011

Notre prêtre nous a fait remarquer combien l'agir de Jésus ne se limite pas à l'enseignement les synagogues. Il n'a pas fait sa demeure dans le temple de Jérusalem, bien qu'il y soit resté trois jours, à l'âge de sa majorité selon la Loi. L'Evangile s'oppose donc aux deux premières lectures, sans pour autant les annuler. Il n'y a pas contradiction entre la présence réelle du Seigneur dans les lieux où Il est invoqué, et sa présence à l'extérieur des mêmes lieux.

Je me souviens de l'Ite Missa Est, de l'ancienne liturgie, qui se traduit littéralement par : "Allez, la messe est dite !". C'est que le Seigneur nous rassemble pour que nous reprenions des forces et qu'ensuite, comme les disciples, nous repartions dans le monde afin d'annoncer la bonne nouvelles du Royaume.

Dans la pratique, après l'épreuve, c'eût été un bonheur parfait pour moi de participer aux offices de Laudes, à l'Eucharistie et aux Vêpres et même de louer une chambre dans un couvent ! Mais j'ai eu droit aux deux premiers et c'est un souvenir impérissable. Temps de silence dans la pénombre des stalles, temps de psalmodie, puis l'Eucharistie - durant vingt-cinq années d'affilée, et la Joie chaque jour. Joie que j'ai encore aujourd'hui après une courte messe - mais à laquelle je me prépare dès mon réveil.

L’Évangile montre donc Jésus parcourant toute la région avec ses disciples. Marc, cette fois, ne dit pas qu'il instruisait 'longuement' la foule. Au contraire, il ne fait que passer et les gens apportent leurs malades afin qu'ils puissent profiter du pouvoir de guérison qui émane de Lui.

Finalement, il est un temps pour chaque chose. Un temps pour l'adoration et la prière, et un temps pour l'action. Même Mère Térésa et ses sœurs à Calcutta, suivent une règle qui fait débuter chaque journée par un temps d'adoration, de prière et l'Eucharistie et ensuite l’œuvre de la miséricorde à l'extérieur, dans le monde.

En repartant, j'ai songé que c'est ainsi que ma vie est devenue une sorte de vie cachée et ouverte, que les membres de ma propre famille ne comprennent pas tous. Ne conviendrait-il pas de chercher d'autres opportunités, d'agrandir mon affaire, de profiter de la crise pour ramasser plus de marchandise à bas prix ? Mon mode de vie est parfois critiqué, mais je n'en ai pas d'autre et il me convient. Et s'il convient au Seigneur, alors que je sois dans la Paix !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Le juste culte de Dieu

Message non lu par etienne lorant »

Premier livre des Rois 8,22-23.27-30.
Le jour de la consécration du Temple, Salomon se plaça devant l'autel du Seigneur, en face de toute l'assemblée d'Israël ; il étendit les mains vers le ciel
et fit cette prière : « Seigneur, Dieu d'Israël, il n'y a pas de Dieu comme toi, ni là-haut dans les cieux, ni sur la terre ici-bas ; car tu gardes fidèlement ton Alliance avec tes serviteurs, quand ils marchent devant toi de tout leur cœur.
Serait-il donc possible que Dieu habite sur la terre ? Les cieux et les hauteurs des cieux ne peuvent te contenir : encore moins ce Temple que j'ai construit !
Sois attentif à la prière et à la supplication de ton serviteur. Écoute, Seigneur mon Dieu, la prière et le cri qu'il lance aujourd'hui vers toi.
Que tes yeux soient ouverts nuit et jour sur ce Temple, sur ce lieu dont tu as dit : 'C'est ici que sera mon Nom. ' Écoute donc la prière que ton serviteur viendra faire en ce lieu. Écoute la supplication de ton serviteur et de ton peuple Israël, lorsqu'ils prieront en ce lieu. Toi, du ciel où tu habites, écoute et pardonne.


Psaume 84(83),3.4.5.10.11abc.
Mon âme s'épuise à désirer
les parvis du Seigneur ;
mon cœur et ma chair sont un cri
vers le Dieu vivant !

L'oiseau lui-même s'est trouvé une maison,
et l'hirondelle, un nid pour abriter sa couvée :
tes autels, Seigneur de l'univers,
mon Roi et mon Dieu !

Heureux les habitants de ta maison :
ils pourront te chanter encore !
Dieu, vois notre bouclier,
regarde le visage de ton messie.

Oui, un jour dans tes parvis
en vaut plus que mille.
J'ai choisi de me tenir sur le seuil,
dans la maison de mon Dieu.



Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 7,1-13.

Les pharisiens et quelques scribes étaient venus de Jérusalem. Ils se réunissent autour de Jésus, et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas avec des mains impures, c'est-à-dire non lavées. Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs, se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger, fidèles à la tradition des anciens ; et au retour du marché, ils ne mangent pas avant de s'être aspergés d'eau, et ils sont attachés encore par tradition à beaucoup d'autres pratiques : lavage de coupes, de cruches et de plats. -Alors les pharisiens et les scribes demandent à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leurs repas sans s'être lavé les mains. »

Jésus leur répond : « Isaïe a fait une bonne prophétie sur vous, hypocrites, dans ce passage de l'Écriture : Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. Il est inutile, le culte qu'ils me rendent ; les doctrines qu'ils enseignent ne sont que des préceptes humains. Vous laissez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes. » Il leur disait encore : « Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu pour observer votre tradition. En effet, Moïse a dit : Honore ton père et ta mère. Et encore : Celui qui maudit son père ou sa mère sera mis à mort.
Et vous, vous dites : 'Supposons qu'un homme déclare à son père ou à sa mère : Les ressources qui m'auraient permis de t'aider sont corbane, c'est-à-dire offrande sacrée. ' Vous l'autorisez à ne plus rien faire pour son père ou sa mère, et vous annulez la parole de Dieu par la tradition que vous transmettez. Et vous faites beaucoup de choses du même genre. »



Cy Aelf, Paris

Le mieux est l'ennemi du bien. Il convient pour chaque fidèle de se remettre en question de temps à autre, afin de savoir si sa relation à Dieu demeure dans la juste voie. Car il doit mesurer s'il ne pratique pas dans des excès qui vont à contre-sens et finalement annule l'enseignement du Christ et contrecarre la volonté de Dieu.

Se rendre au temple pour les juifs et pour les chrétiens à l'église afin d'adorer et de prier Dieu, c'est une excellente chose; de même est une bonne chose de pratiquer la charité envers tous. Cependant, l'un est lié à l'autre et l'un ne peut être détaché de l'autre !

Celui qui dans l'église le dimanche privilégie la forme aux dépends du fond, qui se met à genoux sur le sol au moment de la Consécration puis communie sur la langue après une nouvelle génuflexion, mais qui dans le même temps, considère qu'ainsi il a accompli tout ce qui est nécessaire, eh bien, il se trompe, il a tord !

Et de même, celui qui, dans sa vie de chaque jour cherche le Royaume au point de placer la solidarité humaine plus haut que la charité, il se trompe. Il pourra venir en aide matériellement à un grand nombre de personnes dans le besoin... sans pour autant avoir accompli ce que Dieu veut (car la bonne volonté d'un chrétien ne se limite pas à agir comme un assistant social), il est dans l'erreur lui aussi. Il arrivera à la messe du dimanche avec une fougue quasi révolutionnaire... mais se sentira dépité de devoir subir une homélie qui insisterait sur l'humilité et l'abandon de confiance dans le Christ.

Ce sont bien ces exagérations que les textes du jour dénoncent. Dans la première lecture, Salomon se rend bien compte que le Temple ne peut être véritablement la demeure de son Dieu mais un lieu de prière, pourquoi pas ? Il déclare donc :"Serait-il donc possible que Dieu habite sur la terre ? Les cieux et les hauteurs des cieux ne peuvent te contenir : encore moins ce Temple que j'ai construit !" Mais il prie ensuite : "Que tes yeux soient ouverts nuit et jour sur ce Temple, sur ce lieu dont tu as dit : 'C'est ici que sera mon Nom. ' Écoute donc la prière que ton serviteur viendra faire en ce lieu. Écoute la supplication de ton serviteur et de ton peuple Israël, lorsqu'ils prieront en ce lieu. Et il conclut : " Toi, du ciel où tu habites, écoute et pardonne."

Dans le Psaume, j'ai noté David ne voit aucune inconvenance au fait que qu'un oiseau vienne y faire son nid, pourquoi pas ?

Enfin dans l’Évangile, ce que Jésus reproche aux pharisiens, c'est d'avoir clairement privilégié une façon d'honorer Dieu au détriment de l'autre. Les pharisiens voudraient que tout le peuple ait un code de comportement qui s'applique en tout occasion. Se purifier au lever, se purifier aux repas, se purifier au soir, n'avoir en tout temps que Dieu à l'esprit au point d'oublier les commandements de Dieu qui les obligent à pratique la charité envers le prochain. Ce n'est plus une religion, c'est un fanatisme. Ils se sont égarés, mais en outre ils en ont l'orgueil.
Eh bien, cet orgueil, je le retrouve de nos jours dans l'attitude de nombreux traditionalistes que peu importe que le fidèle comprenne ou pas, mais que la messe soit de nouveau dite en latin, que le célébrant tourne le dos au fidèle, et que l'homélie ne tienne aucun compte des difficultés des uns et des autres.

Ce discours de Jésus le conduira à la mort sur la Croix, car les chefs des prêtres et les pharisiens ne voudront pas corriger leurs conceptions de la pratique de la religion. Cependant, la mise à mort du Christ aboutir à la destruction du temple.

Prenons garde à la façon dont nous vivons notre foi, afin de ne pas tomber dans l'un ou l'autre des excès dénoncés ici !

.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Ce qui rend l'homme impur

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b]Evangile : Jésus définit la véritable pureté
Acclamation : Alléluia. Alléluia.
Dieu ne regarde pas l'apparence,
comme font les hommes :
il sonde les reins et les cœurs.
Alléluia. (cf. 1 S 16, 7)


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 7, 14-15,17-23)

"Jésus appela de nouveau la foule et lui dit :
« Écoutez-moi tous, et comprenez bien. Rien de ce qui est extérieur à l'homme et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l'homme, voilà ce qui rend l'homme impur. »
Quand il eut quitté la foule pour rentrer à la maison, ses disciples l'interrogeaient sur cette parole énigmatique.
Alors il leur dit :
« Ainsi, vous aussi, vous êtes incapables de comprendre ? Ne voyez-vous pas que tout ce qui entre dans l'homme, en venant du dehors, ne peut pas le rendre impur, parce que cela n'entre pas dans son cœur, mais dans son ventre, pour être éliminé ? »
C'est ainsi que Jésus déclarait purs tous les aliments.Car c'est du dedans, du cœur de l'homme, que sortent les pensées perverses : inconduite, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure. Tout ce mal vient du dedans, et rend l'homme impur. »
Cy Aelf, Paris
[/b]

Aussi simple que cela ! Voici un point de sagesse que Salomon (dans la première lecture) eût bien fait de tirer profit pour lui-même. Car c'est bien de la reine de Saba dont Jésus fera l'éloge, et non de Salomon. Car Salomon, tout en ayant reçu de Dieu une sagesse comparable à nulle autre a omis toutefois de l'appliquer à lui-même ! C'est ce que révèle bien le chapitre 11 du premier Livre des Rois: Salomon a pris 700 épouses et 300 concubines. Il laissa se développer des religions païennes dans son entourage « et il arriva, au temps de la vieillesse de Salomon, que ses femmes détournèrent son cœur auprès d'autres dieux » (1R XI,4 et 5). L'infidélité de Salomon à garder l'alliance avec Dieu entraîna la colère divine : « Parce que tu as fait cela (…) Je t'arracherai le royaume (…) Seulement, Je ne le ferai pas dans tes jours, à cause de David, ton père. Mais Je l'arracherai de la main de ton fils. » (1R XI,9)

Ainsi, les dons de Dieu peuvent être fabuleux et chacun d'entre nous a des potentialités extraordinaires, mais cela n'empêchera jamais ce que nous dit Jésus: méfiez-vous de votre propre cœur: il en sort d'excellentes choses, dont l'amour et aussi la charité, mais il en sort aussi beaucoup de choses mauvaises.

A ce sujet, je me souviens d'un livre ancien (dont le titre m'échappe) dans lequel l'auteur déconstruit complètement notre civilisation sous l'angle de l'abus dans la recherche du plaisir.

Au départ, disait-il, Dieu l'a voulu ainsi pour le bonheur de l'homme: la satisfaction d'un besoin lui cause du plaisir. Mais après la faute originelle, qu'a fait l'homme ? Il a sans cesse (cela se poursuit toujours) cherché à augmenter la satisfaction de ses besoins. Par exemple, au début, l'homme se couchait sur un lit de feuilles et se réveillait heureux de son sommeil. Mais assez rapidement, le lit de feuilles ne lui a plus suffi : d'où l'invention du lit avec un matelas où s'enfonce (qui est mauvais pour le dos). Autre exemple: la faim était satisfaite par un repas. Au départ, très simple: une fois le ventre rempli, l'homme recouvre des forces et cela le rend joyeux. Mais l'homme a inventé le surcroit de nourriture, le service à plusieurs plats et ainsi, au premier plaisir, s'est ajouté celui de la digestion et de la sieste. Et tout le monde de connaître la gaie chanson (mais blasphématoire) : "J'ai bien mangé, j'ai bien bu, j'ai la peau du ventre bien tendue, merci petit Jésus"... Gourmandise, péché agréable et péché capital. Et de fil en aiguille, pour que l'homme ait du plaisir, il a fallu construire des usines pour produire des voitures; on a aussi inventé la prostitution de luxe par des 'hôtesses spécialisées', et toutes les exagérations qu'on peut imaginer. Une chose qui m'a fait sourire à l'époque: les indigènes de tous les pays, lors des colonisations ont découvert ainsi l'alcool, qu'ils ont appelé 'l'eau qui donne soif ! N'est-ce pas extraordinaire: j'ai soif, je bois, j'ai du plaisir, et j'ai de nouveau soif ? Quelle formidable invention !!!

Je termine en disant simplement que le Mercredi des Cendres, cette année, commence à la date du 22 février. Avec le temps qui règne sur l'Europe, quel signe pour un vrai carême de partage !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Jésus sauve aussi les païens !

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 7, 24-30)


Jésus se rendit dans la région de Tyr. Il était entré dans une maison, et il voulait que personne ne sache qu'il était là ; mais il ne réussit pas à se cacher. En effet, la mère d'une petite fille possédée par un esprit mauvais avait appris sa présence, et aussitôt elle vint se jeter à ses pieds. Cette femme était païenne, de nationalité syro-phénicienne, et elle lui demandait d'expulser le démon hors de sa fille.

Il lui dit : « Laisse d'abord les enfants manger à leur faim, car il n'est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens. »
Mais elle lui répliqua :
« C'est vrai, Seigneur, mais les petits chiens, sous la table, mangent les miettes des petits enfants. »
Alors il lui dit :
« À cause de cette parole, va : le démon est sorti de ta fille. »
Elle rentra à la maison, et elle trouva l'enfant étendue sur le lit : le démon était sorti d'elle.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Cette femme est païenne aux yeux des juifs - et donc aux yeux de Jésus également, et nous savons par qu'en de multiples occasions, Jésus se plie à la Loi. Mais nous savons bien qu'en Jésus - comme en son Père, il n'est rien de plus haut que la Miséricorde; si bien que des trois attributs de Dieu, cette dernière passe la Justice et la Sainteté.

Tout cet Évangile peut être lu sous l'angle de cette opposition entre les trois principaux attributs de Dieu et la foi de celle qui demande. Dans les lectures précédentes, lorsque l'on voit Israël se réclamer un roi "pour être comme les autres peuples", Dieu s'adresse à Samuel son prophète et lui dit : « Donne satisfaction au peuple pour tout ce qu'il demande. Ce n'est pas toi qu'ils rejettent, c'est moi qu'ils rejettent, car ils ne veulent pas que je règne sur eux. »

Mais plutôt que de se détourner d'Israël, Dieu lui choisira des rois selon son cœur. Le peuple n'en fit qu'à sa tête et mena l'arche d'alliance au milieu du combat contre les Philistins et ceux-ci s'en emparèrent en laissant trente mille morts juifs sur le champ de bataille. Cependant, les Philistins furent battus par la seule fronde de David qui eut raison du champion Goliath par un seul petit caillou rond.
Tels sont les œuvres de Dieu qui font sa gloire.

Jésus, dans ce passage, va lui aussi se laisser vaincre par la prière de cette mère dont la résolution va se muer en foi d'amour envers son interlocuteur. En effet, que devient la demande d'expulser le démon de sa fille ? Dans la seconde qui suit, il n'en est plus question, mais touchée au cœur par l'attitude de Jésus, elle ne prête aucune attention à son refus affiché - mais elle entre dans le dialogue de l'âme avec son créateur. Certes, les petits chiens sous la table sont de toute façon nourris par les restes de repas abandonnés par les enfants de leur maître ! N'est-ce pas l'Esprit qui lui est venue en renfort de sa prière, à ce moment précis ?

Et Jésus accorde la délivrance du démon - et non seulement, cela car il a également sauvé et gagné cette femme qui, inévitablement, proclamera que Jésus est le Sauveur même pour les païens !

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"Non comme je veux, Père, mais comme Tu veux !"

Message non lu par etienne lorant »

Est-ce dû aux difficultés rencontrées ces dernières semaines ? Difficultés dues aux bouleversements économiques, aux problèmes de relations, à mes petites problèmes de santé, ou encore: à la surcharge de choses à faire qui débordent bien au-delà de ma seule activité professionnelle ? En tout cas, ce matin, je me suis senti réellement poussé à rejoindre sainte Faustine dans ce geste qu'elle fit, de barrer d'une grande croix une page de son Journal en indiquant en dessous: "A partir d'aujourd'hui, ma volonté propre n'existe plus !"

Pourquoi ce geste cause-t-il une crainte puisque l'on y ressent, rien qu'à l'idée qu'il s'y cache un rejaillissement de la Joie, qui trouvera son plein aboutissement dans la vie éternelle ? S'il y a crainte, c'est parce que l'ego, le petit moi, résiste encore. Renoncer aux petites suggestions de plaisir, de facilité, aux revanches contre de petites humiliations reçues, aux projets qui brillaient que la demande de quelqu'un qui peine oblige à négliger, etc. Dès lors, fin de l'ego et que vive l'abandon en chaque instant aux suggestions de l'Esprit Saint.

Fondamentalement, il n'y a rien de mieux. Mon esprit le comprend. Il a même éprouvé un instant tout le bonheur d'Amour et de délivrance qui s'accumule comme l'eau derrière le mur du barrage - et qui, désormais. fait pression... Ah, faire sauter ce barrage, libérer l'Eau qui purifiera tout et qui m'emportera ! Voici sans doute qu'approche le moment, la délivrance intérieure et profonde, par la soumission entière et immédiate à tout ce que le Seigneur voudra.

Mais Seigneur, vient au secours des défauts de ma foi. Encore une fois, apprends-moi dire et à redire, comme une seconde respiration: "Jésus, j'ai confiance en Toi ! Je m'abandonne à tout ce que tu veux !"
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Re: "Non comme je veux, Père, mais comme Tu veux !"

Message non lu par etienne lorant »

Je constate avec une grande joie, à 18h17, que j'aurai passé toute ma journée sans quasiment y songer. Je veux dire: généralement, ma journée se déroule en actes précédés ou suivis de temps morts durant lesquels j'ai hésité et douté. Mais depuis la prière d'hier, dans laquelle j'ai formulé ce désir : renoncer à ma volonté propre, quelque chose a déjà "bougé". Il n'y a pas eu de 'temps morts' aujourd'hui. Je me suis levé trop tard pour la messe, pourtant... mais à partir de 7H45 jusqu'à cette minute, je n'ai pas arrêté un seul instant. C'est pourtant mon jour de congé, mais ce jour de congé sert surtout à accomplir tout ce que je ne parviens pas à faire les autres jours ! La différence, c'est que j'ai donc fait beaucoup aujourd'hui sans réellement me fatiguer, car j'étais en plein accord avec mon activité. J'étais beaucoup plus calme et tranquille. Je suis passé d'un rendez-vous à un autre, d'un formulaire à un calcul de prix de revient, de l’étiquetage de nouvelles marchandises à l'écriture d'un commentaire de l’Évangile, et j'ai toujours eu à la bouche cette parole - avec laquelle je vois que je parviens à rendre courage à beaucoup : "Pensez-y, car cela fait du bien : vous et moi n'avons réellement de prise que sur cette seule journée !" Et en deux occasions, j'ai vu un sourire fleurir sur un visage qui était sombre. Seigneur, je t'offre cette journée ! J'exprime à présent le désir que mon carême se passe bien à ceci : être attentif à toute inspiration de l'Esprit; demander à accomplir un acte de miséricorde par jour - à défaut de quelque chose de particulier, ce sera prier pour une personne dans la détresse; plutôt que de m'énerver, louer le Seigneur lorsque j'égarerai un objet (puisque de toute façon, je le retrouve toujours). Il fait sombre à présent et je dois rentrer mes présentoirs. Gain de cet après-midi: cinq euros. Peu importe. Je termine en 'piochant' ce petit pain spirituel sur mon site quotidien : http://www.adlumen.net/pains/index.html et voici ce qu'il me dit de la part du Seigneur:

"N'est-ce pas Lui ton Père, qui t'a procréé, Lui qui t'a fait et par qui tu subsistes ?" (Dt 32:6)

:applaudi:
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Ephata !

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 7,31-37.
Jésus quitta la région de Tyr ; passant par Sidon, il prit la direction du lac de Galilée et alla en plein territoire de la Décapole.
On lui amène un sourd-muet, et on le prie de poser la main sur lui.
Jésus l'emmena à l'écart, loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et, prenant de la salive, lui toucha la langue.
Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit : « Effata ! », c'est-à-dire : « Ouvre-toi ! »
Ses oreilles s'ouvrirent ; aussitôt sa langue se délia, et il parlait correctement.
Alors Jésus leur recommanda de n'en rien dire à personne ; mais plus il le leur recommandait, plus ils le proclamaient.
Très vivement frappés, ils disaient : « Tout ce qu'il fait est admirable : il fait entendre les sourds et parler les muets. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



La surdité peut conduire au mutisme, assez rapidement. Et vice versa, de manière moins évidente (mais combien révélatrice !), le mutisme
peut engendrer la surdité. L’Évangile d'aujourd'hui nous décrit des maladies qui ne sont pas seulement du corps, mais de l'être tout entier et donc du cœur et de l'esprit. Si par manque d'amour, donné et reçu, mon cœur venait à s'éteindre, bientôt mon esprit se refermerait lui aussi.

Les habitants de la Décapole ne sont pas juifs, ils ne connaissent pas le Messie, mais ils admirent Jésus pour ce miracle : quel admirable médecin, quel prodigieux thérapeute !

Ce matin, je me suis demandé à quel stade je suis de ces maladies. Car évidemment, dans les lectures bibliques, le plan physique, matériel, charnel, est à tout instant en correspondance avec le plan spirituel. L'égoïste parfait est donc une sorte de sourd-muet de l'âme: il est malade, il souffre d'un repliement complet lui-même. Quel sombre malheur, quel triste cachot !

Jésus guérit cet homme d'un mot extraordinaire car rien qu'à le prononcer à voix haute: "Ephata", on ne peut s'empêcher de respirer et de soupirer (j'ai essayé, pas vous ?) - Jésus a également posé de sa salive sur la langue du malade, ce qui pour moi (depuis ma délivrance de la tabagie) indique une forme de re-création de l'être. Ensuite, j'ai pensé à saint Thomas. N'y a-t-il pas un lien à tirer ? Thomas ne voulait pas croire, il était en train de s'endurcir le cœur, mais cet endurcissement n'est-il pas la surdité de la foi, qui conduit au mutisme de l'agnostique ?

Ce matin, j'ai envie de prier pour ceux et celles qui m'ont complètement abandonné à moi-même au cours du réveillon de Noël, l'an dernier. Il m'est difficile d'oublier cela, et donc de pardonner. Et puis, il y a cette étrange forme de guérison, tout à fait du Christ: si l'on cherche à m'enfermer, ma guérison viendra de ce que j'irai vers les autres et c'est bien ce qui m'arrive depuis le début de cette année. Je sors de chez 'moi' !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Isabelle47
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Re: Ephata !

Message non lu par Isabelle47 »

Pardonner n'est pas oublier.
Nous faisons souvent la confusion entre ces deux notions et c'est pour cela que le pardon nous semble quasi impossible.
Aller vers les autres, prier pour ceux qui vous ont blessé, c'est déjà pardonner.

Cela ne signifie pas que notre mémoire va être "vidée" comme on effacerait un fichier d'ordinateur, c'est impossible.
Pardonner cela veut dire que vous n'avez plus ni rancoeur, ni ressentiment ni bien sûr désir de vengeance.
Continuer à vivre sans oublier mais sans rancoeur, c'est accepter la personne avec ses méchancetés et blessures, c'est donc lui pardonner mais en toute connaissance de cause (en sachant ce dont elle peut-être capable) et s'en protéger, d'une manière ou d'une autre (éloignement, par exemple, ou cesser de projeter sur elle ce qu'on voudrait qu'elle soit!)
"Aussi, croyez-moi, vous pratiquerez beaucoup mieux la vertu en considérant les perfections divines, qu'en tenant le regard fixé sur votre propre limon"
(Thérèse d'Avila)
etienne lorant
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Re: Ephata !

Message non lu par etienne lorant »

Isabelle47 a écrit : Pardonner cela veut dire que vous n'avez plus ni rancoeur, ni ressentiment ni bien sûr désir de vengeance.
Continuer à vivre sans oublier mais sans rancoeur, c'est accepter la personne avec ses méchancetés et blessures, c'est donc lui pardonner mais en toute connaissance de cause (en sachant ce dont elle peut-être capable) et s'en protéger, d'une manière ou d'une autre (éloignement, par exemple, ou cesser de projeter sur elle ce qu'on voudrait qu'elle soit!)
Il en est bien ainsi. La semaine dernière, j'ai répondu une phrase qui m'a semblé curieuse à mon propre esprit. A cette personne qui m'a beaucoup blessé dans le passé et qui me demandait : comment parviens-tu à rendre service ainsi à telle personne ? Réponse: "Je n'ai pas d'état d'âme, c'est tout. Il faut le faire et si je peux le faire, je le fais. Il n'y a rien d'autre à dire". J'ai haussé les épaules. Ma charité ressemble parfois a de la fatalité pour le regard d'autrui, mais en réalité je suis dans la joie.
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