Méditations d'évangile

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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Teano
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Méditations d'évangile

Message non lu par Teano »

30 janvier
Bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916), ermite et missionnaire au Sahara
Méditations sur les évangiles, n°194 (Œuvres Spirituelles, Seuil 1958, p. 214)


« Comme Jésus remontait dans la barque, le possédé le suppliait de pouvoir être avec lui. Il n'y consentit pas »
La vraie, la seule perfection, ce n'est pas de mener tel ou tel genre de vie, c'est de faire la volonté de Dieu ; c'est de mener le genre de vie que Dieu veut, où il veut, et de le mener comme il l'aurait mené lui-même. Lorsqu'il nous laisse le choix à nous-mêmes, alors oui, cherchons à le suivre pas à pas le plus exactement possible, à partager sa vie telle qu'elle a été, comme l'ont fait ses apôtres pendant sa vie et après sa mort : l'amour nous pousse à cette imitation. Si Dieu nous laisse ce choix, cette liberté, c'est précisément parce qu'il veut que nous tendions nos voiles au vent du pur amour et que, poussés par lui, nous « courions à sa suite à l'odeur de ses parfums » (Ct 1,4 LXX) dans une exacte imitation, comme saint Pierre et saint Paul...

Et si un jour Dieu veut nous tirer, ou pour un temps ou pour toujours, de cette voie si belle et si parfaite, ne nous troublons ni ne nous étonnons pas. Ses desseins sont impénétrables : il peut faire pour nous, au milieu ou à la fin de la carrière, ce qu'il a fait pour le Gérasénien aux débuts. Obéissons, faisons sa volonté..., allons où il voudra, menons le genre de vie que sa volonté nous désignera. Mais partout rapprochons-nous de lui de toutes nos forces et soyons dans tous les états, dans toutes les conditions, comme lui-même y aurait été, s'y serait conduit, si la volonté de son Père l'y avait mis comme elle nous y met.
"« Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu. Ne repousse pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais de tous les dangers, délivre-nous, Vierge glorieuse et bénie »"


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Teano
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Nous avons pris l'habitude

Message non lu par Teano »

Sur l'évangile du jour où le Christ se rend dans sa patrie et n'est pas reçu, le prêtre nous a fait remarquer ceci (à la messe de ce matin) : si nous prenons l'habitude d'une chose, nous ne la voyons plus et nous ne l'entendons plus.
Si la lecture, la prière, l'écoute de l'Evangile sont des habitudes, si toute notre vie est une habitude, nous risquons de ne plus recevoir Jésus lui-même et de lui dire comme à Nazareth "oui oui nous te connaissons toi" (enfin, on croit te connaître...)

Que chaque instant nous fasse découvrir l'Evangile !
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Griffon
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Re: Nous avons pris l'habitude

Message non lu par Griffon »

Bonsoir Teano.

Vous dites, ou plutôt le prêtre dit qu'il ne faut pas prendre l'habitude.

Et pourtant, je n'ai aucune autre raison de vivre : prendre l'habitude de Dieu.
De plus en plus.
Vivre en Lui, de Lui, par Lui, avec Lui...
Et jamais ô grand jamais, je ne m'habitue assez pour dire que j'arrive à satiété.
Et donc... n'y aurait-il pas qqch d'autre ?

Ils n'ont pas le foi.
Voilà le problème.
Pourquoi ?
Parce qu'ils croient connaître Jésus.

C'est un peu comme notre monde.
Tout le monde s'imagine pleine de chose sur Jésus, les chrétiens...
Ils croient connaître, et cela les empêche d'arriver à la foi.
Dommage! :s

Cordialement,

Griffon.
Jésus, j'ai confiance en Toi,
Jésus, je m'abandonne à Toi.
Mon bonheur est de vivre,
O Jésus, pour Te suivre.
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Teano
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Re: Nous avons pris l'habitude

Message non lu par Teano »

oui mon cher Griffon, s'habituer et devenir aveugle à Dieu et à Jésus au point de ne plus Le voir au lieu de rechercher sans cesse Sa compagnie, Sa volonté, Sa parole et Le découvrir à chaque instant !
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Isabelle47
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Re: Nous avons pris l'habitude

Message non lu par Isabelle47 »

Ou peut-être Le voir à notre image, un peu trop comme cela nous convient?

Mais il est vrai aussi que nous avons tendance à relever le côté négatif et que nous émerveiller chaque jour de la vie (donc de l'amour de Dieu) nous apparaitrait comme un peu enfantin, dérisoire ou, pourquoi pas, pour certains et en regard de la misère du monde, choquant.
"Aussi, croyez-moi, vous pratiquerez beaucoup mieux la vertu en considérant les perfections divines, qu'en tenant le regard fixé sur votre propre limon"
(Thérèse d'Avila)
etienne lorant
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Re: Nous avons pris l'habitude

Message non lu par etienne lorant »

Et il arrive que le Seigneur nous laisse nous empêtrer, comme la brebis dans les ronces, afin qu'ayant éprouvé qu'elle ne peut rien sans le Berger, elle se remette, comme aux premiers jours, à bêler après lui à pleine voix, en suppliant qu'Il vienne à son secours. Je suis tombé tant de fois, même après ma conversion, que mes chutes - qui ne sont jamais les mêmes, semblent faire le tour de ma personnalité... laquelle recèle des "coins et recoins" qui n'ont pas été encore évangélisés ! Confiance ! Encore une fois: tout concourt au bien... qui connaît la phrase ?
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Le pain du ciel

Message non lu par Teano »

Après la multiplication des pains, la foule dit à Jésus : " Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire? Quelle œoeuvre vas-tu faire?
Au désert, nos pères ont mangé la manne ; comme dit l'Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : ce n'est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c'est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel.
Le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. »
Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous de ce pain-là, toujours. »
Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n'aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n'aura plus jamais soif.




Je rapprocherai volontiers l'attitude de la foule de celle de Satan dans l'épisode de la tentation : d'un air mielleux, cette foule ne demande pas à croire mais à profiter, elle pousse le Christ à se changer en bateleur, en faiseur de miracles en utilisant une lecture dévoyée de l'Ecriture, au risque de le détourner de la volonté du Père. La foule se moque de la Vérité qui est pourtant devant elle : elle veut son casse-croûte. Elle est prête à user jusqu'à la corde la patience du Seigneur pour en tirer le maximum de profit : "le salut ? à quoi bon ? Non, ce que MOI JE VEUX ICI ET MAINTENANT".

Je suis contente de pouvoir communier, d'être en état de le faire et de recevoir le pain de vie que Jésus promet. Je ne veux pas être comme cette foule (qui nous ressemble tant pourtant...) qui exige, dissimule, travestit pour se placer en 1ère place : "non pas ce que je veux, mais ce que tu veux".
"« Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu. Ne repousse pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais de tous les dangers, délivre-nous, Vierge glorieuse et bénie »"


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etienne lorant
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Eucharistie, la vie multipliée

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6,44-51.
Après avoir multiplié les pains, Jésus disait à la foule des Juifs : " Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m'a envoyé ne l'attire vers moi, et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous instruits par Dieu lui-même. Tout homme qui écoute les enseignements du Père vient à moi.
Certes, personne n'a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui-là seul a vu le Père.
Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi a la vie éternelle.
Moi, je suis le pain de la vie.
Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts ;
mais ce pain-là, qui descend du ciel, celui qui en mange ne mourra pas.
Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Jésus est vraiment le Pain vivant, le Pain qui donne la vie, qui anime l'esprit et par l'esprit anime le corps. Comme il est difficile d'expliquer cela à quelqu'un qui ne croit pas !

Dans les jours qui ont suivi ma conversion, j'ai voulu tenter une expérience. J'éprouvais donc profondément cette Joie et je me suis dit : j'essaierai de la comparer avec une des joies humaines. Je me suis rendu dans un café où j'allais avant ma rencontre avec Jésus et j'ai bu trois verres de bière en compagnie de deux personnes que je connaissais. C'était typiquement ce que j'appelais "un petit bonheur" avant ma conversion... mais je n'ai jamais bu le troisième verre, je suis sorti en m'excusant. L'expérience était terminée et il n'y avait vraiment aucun rapport !

C'était le temps - qui a duré six mois au moins, durant laquelle j'ai cherché partout à trouver un prêtre ou un religieux qui m'explique mieux ce qui m'était arrivé. C'était très difficile parce qu'en commençant mon récit, la Joie refluait aussitôt, les larmes me montaient aux yeux et ma voix s'altérait... Mais ensuite, lorsque je suis retourné à l'Eucharistie, je n'ai plus eu besoin d'expliquer à quiconque ce que j'avais vécu, mon témoignage est assez rapidement devenu une sorte d'enthousiasme à redistribuer. Quiconque a goûté du Pain de Vie, voudrait le redistribuer à son tour en parlant de Jésus à tous.

Comme dans la première lecture, celle des Actes des Apôtres, je me suis assez souvent retrouvé dans la situation de l'apôtre Philippe, auprès de personnes qui avaient besoin d'entendre un autre langage que l'ancien, celui de la raison (et aussi celui des 'bonnes raisons' de ce monde). Le Seigneur m'ouvrait la bouche et les mots que je prononçais, l'autre les comprenait. Au bout de quelque temps, ils repartaient et je ne les revoyais plus. Ce fut un temps vraiment extraordinaire et je m'étonne aujourd'hui qu'il ait duré trois ans. Trois années d'une exceptionnelle joie de vivre, et cela jour après jour, sans le moindre temps mort !

Aujourd'hui, ah, j'ai pris de l'âge bien sûr, mais la vitalité intérieure, celle de l'Esprit, obtenue renouvelée à chaque Eucharistie, me pousse à essayer de comprendre pourquoi et comment le monde me semble plongé dans un aussi grand désordre. Une foule de livres me passent dans les mains, mais j'écoute aussi ce que les jeunes se racontent entre eux (ils parlent assez fort pour les comprendre même à travers une vitrine !)... J'en suis au point de dire que la difficulté de vivre a toujours la même origine: une forme de confusion de ce qui est utile et nécessaire, de ce qui est bon ou mauvais, mais aussi... le fait que nous soyons tous différents qui est vécu, non comme une chance, mais comme un malheur. Drôle d'époque où le rêve consiste à devenir "le même" que tous les autres!

Et désormais, le Seigneur, qui cherche les âmes, continue de rechercher ses brebis perdues en écartant sur son chemin les ronces, les épines et hautes herbes dans lesquelles elles se sont égarées... il me faut prier beaucoup - c'est bientôt le mois de mai, je m'appliquerai à mon chapelet.

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Job et la veuve de Naïn

Message non lu par Teano »

Je vous livre ce rapprochement, peut-être audacieux, voire complètement faux, entre la fin du livre de Job (42, 13) et Luc 7, 11-17.

Le livre de Job est déstabilisant à bien des égards et la fin m'a toujours laissé un goût amer, de mauvais happy end d'un mauvais film américain. Comme si l'auteur du texte lui-même était choqué par les épreuves traversées par Job (voir d'ailleurs 42.11), il termine en expliquant que Dieu rétablit Job dans ce qu'il possédait et le porta même au double.

En lisant ce passage, j'ai toujours eu envie de dire : "si j'étais à la place de Job (à Dieu ne plaise !), je dirais à Dieu : inutile de me donner 2 fois plus d'enfants ou de têtes de bétail, rends-moi ceux que tu m'as pris et qui suffisait amplement à mon bonheur".

Ce rétablissement parfait, c'est Jésus qui l'opère quand il rencontre la veuve de Naïn : voilà une femme qui a tout perdu ou en tout cas, qui a perdu le principal, son époux et son fils unique. Le pire lui est arrivé. On pourrait dire d'elle qu'elle est..."pauvre comme Job" ! Le texte ne nous dit rien de ce qu'était cette femme et mieux même, elle ne demande rien à Jésus : a-t-elle seulement encore la foi ? Mais Lui est ému de pitié pour elle (v.13) et Il lui rend son fils unique (v.15).
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Isabelle47
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Re: Job et la veuve de Naïn

Message non lu par Isabelle47 »

Bonjour Teano,

La veuve de Naïn, en Lc 7,11-17 illustre un des signes (miracles) de la divinité de Jésus que tous autour s'entendent à reconnaitre (ou deviner).
On ne sait pas grand chose d'elle, de sa vie ni de sa foi avant ou après le passage de Jésus et ce miracle. On pourrait presque dire que c'est un "personnage prétexte".
En revanche, Job est un "personnage" beaucoup plus riche, avec beaucoup plus d'épaisseur que la veuve de Naïn. La longueur et la densité de ses souffrances lui permettent de découvrir non seulement l'inanité de sa condition mais aussi la liberté d'un amour inconditionnel.
De plus, cela ne vous aura pas échappé, on peut lire la longue liste des souffrances de Job comme la préfiguration de celles du Christ. (Rien de tel chez la veuve de Naïn).
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(Thérèse d'Avila)
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