La Résurrection : un fait historique unique dans l’Histoire

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Re: La Résurrection : un fait historique unique dans l’Histo

Message non lu par mayola »

Je me permets de mettre mon grain de sel dans cette discussion fort stimulante sur la singularité du message chrétien, qui est fondé sur la Résurrection, ce que vous appelez "un fait historique". Or, quant à moi, je ne me risquerais pas à employer cet adjectif. Il y a tout de même l'objection, soulevée récemment par un jeune théologien italien, Vito Mancuso, dont quelques livres ont été traduits en français, mais pas encore le dernier (que j'ai lu récemment: Io e Dio. Una guida dei perplessi, 2011), où il dit que c'est tout de même étonnant que le Ressuscité ne se soit montré qu'à ces adeptes, à ceux qui déjà croyaient en sa divinité. Pourquoi ne s'est-il pas montré à Ponce Pilate ou aux grands prêtres? Cela les auraient autrement retournés....Mais, bien entendu, cela aurait apporté justement une "preuve", ce dont nous devons précisément nous méfier, car avec une preuve, quelle valeur a encore l'acte de foi? C'est pour cela aussi, je crois, que les personnes qui voient le Ressuscité ne le reconnaissent pas tout de suite, car il est transfiguré: il n'est reconnaissable que pas ses gestes et ses paroles, en dehors de toute enveloppe charnelle, ce qui est une façon de nous ramener à l'essentiel, et en même temps à l'universel, car nous avons tous des corps différentes, mais nous sommes appelés à une même unité intérieure, fondée sur l'amour du prochain. C'est cela la catholicité du christianisme, me semble-t-il. Je crois que c'est le p. Sesboüé qui disait justement que "le paradoxe est total: la résurrection est un évènement qui a eu lieu dans l'histoire, mais dont la reconnaissance n'est possible que par la foi". Autrement dit, il ne s'agit pas d'une réanimation de cadavre, comme pour Lazare, un phénomène par ailleurs pas si rare dans l'Antiquité: c'est pour cela qu'il ne peut pas y avoir de "preuves", car il s'agit d'un évènement eschatologique, et non simplement historique.
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Olivier C
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Re: La Résurrection : un fait historique unique dans l’Histo

Message non lu par Olivier C »

@ mayola : La réponse est dans la question :
mayola a écrit :Pourquoi ne s'est-il pas montré à Ponce Pilate ou aux grands prêtres? Cela les auraient autrement retournés....Mais, bien entendu, cela aurait apporté justement une "preuve", ce dont nous devons précisément nous méfier, car avec une preuve, quelle valeur a encore l'acte de foi?
... ce qui n'empêche pas pour autant de qualifier cet évènement d'historique. Si cet évènement historique n'est pas, alors la foi est vaine, comme le précise saint Paul :
1 Corinthiens 15, 14 a écrit :Mais si le Christ n'est pas ressuscité, vide alors est notre message, vide aussi votre foi.
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Mac a écrit : " La lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont point reçu".
Je crois savoir que l'apôtre Jean a écrit son Evangile en grec, tout en étant juif - ce qui, du point de vue linguistique est très "pointu". Mais, merveille de l’Évangile, les traductions ne changent pas le sens profond. Je vous donne ma traduction. La lumière luit dans (les ténèbres) (le monde de péchés dans lequel nous sommes plongés), et ces ténèbres ne l'ont point reçu (ce monde de péchés ne s'est pas converti). Cependant, le verset qui précède dit bien: "En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes.", ce qui signifie bien que la lumière est destinée non au "monde", mais aux hommes en particulier - pas à l'organisation politique et sociale dans laquelle ils vivent.

Le "monde" ne reçoit pas la lumière, car la lumière est destinée aux hommes en particulier. Ce que dit bien le verset 12 : "Mais à tous ceux qui l’ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu".

La lumière que nous pouvons accueillir est d'une telle qualité que, déjà maintenant, nous n'appartenons plus du tout à ce "siècle": "nés non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu."

(Entre nous, je crois souvent que je me serais converti plus tôt dans ma vie si, tout simplement, j'avais continué à aimer la nature et à la contempler... il y a dans la beauté des paysages tant de choses qui "disent" Dieu ! Un jour d'été, quand j'étais gamin, je suis parti écouter "Les quatre saisons" de Vivaldi en pleine nature et ce souvenir m'est resté comme un moment merveilleux - mais ensuite, j'ai craint de devenir poète et j'ai péché, je suis rentré dans la "mécanique menteuse" de la réussite nécessaire que propose "le monde" !

Est-ce un peu plus clair ainsi ?
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: La Résurrection : un fait historique unique dans l’Histo

Message non lu par Olivier C »

Puisque nous sommes dans les précisions : le "monde" a deux acceptions dans saint Jean : le péché ou l'humanité.
Jean 3, 16 : "Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle."
Jean 15, 19 : "Si vous étiez du monde, le monde aimerait son bien ; mais parce que vous n'êtes pas du monde, puisque mon choix vous a tiré du monde, pour cette raison, le monde vous hait."
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Re: La Résurrection : un fait historique unique dans l’Histo

Message non lu par Olivier C »

... et tant que nous y sommes, je vous soumets ma traduction du premier chapitre de saint Jean : Évangile selon saint Jean, chapitre I
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Re: La Résurrection : un fait historique unique dans l’Histo

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En effet, un même mot peut avoir deux significations différentes - c'est le contexte qui en révélé le sens.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Raistlin a écrit :. Vous dites que le Buddha a atteint le Nirvana mais comment pouvez-vous en être sûr ? Y a-t-il des témoins pour l’attester ? Est-il revenu en chair et en os le dire ?
Bonjour Raistlin,

à titre de renseignement ; Nirvana dans le bouddhisme signifie "extinction, libération, fin de la souffrance", ce que le Bouddha a atteint de son vivant. (ou fin de l'ignorance -de la vérité, le Dharma- l'ignorance de la vérité étant source de souffrance)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nirv%C4%81na

cordialement
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Sigvald a écrit :Pour ma part il n'y a pas qu'une seule vérité. Cela sous entendrait qu'il faille qu'une seule personne ait raison. (et encore il faut s'entendre sur la définition d'avoir raison.)
Il me semble que c'est pourtant bien le cas, à moins de tomber dans l'absurde et l'inintelligible. Par exemple, la Terre tourne autour du Soleil et non l'inverse. Il n'y a donc qu'une seule vérité. De même, vous êtes biologiquement un homme et non une femme. Là aussi, il n'y a qu'une seule vérité.

En matière de religion, c’est un peu pareil : soit le Christ est Dieu, soit il ne l’est pas, pas de demi-mesure possible. Soit il est ressuscité, soit il ne l’est pas. Soit la réincarnation est vraie, soit elle ne l’est pas. Etc. Je vois mal comment on pourrait concilier des choses contradictoires dans ce domaine.

Après, beaucoup de religions et de philosophies ont des parcelles de vérité comme l’enseigne l’Église. Cela signifie que dans leur recherche de la vérité, elles ont perçu des choses vraies. Mais il y a aussi de l’erreur.

Sigvald a écrit :Dans votre réponse je vois clairement que vous n'attaquez pas le bouddhisme mais peut on par toutes les connaissances théologiques et philosophiques affirmer qu'il n'y ai qu'une seule vérité ?
Comme je vous l’ai expliqué ci-dessus, je pense qu’il n’existe qu’une seule vérité. Ca me semble être une nécessité absolue. En revanche, on peut se poser la question effectivement de savoir si on peut la connaître pleinement. Pour ma part, je pense que oui, d’autres pensent que non. Quoiqu’il en soit, il me semble que même si la vérité est difficile à connaître, il faut la chercher et la désirer et ne pas se contenter de mensonges parce qu’ils nous font plaisir. Voyez les sciences par exemples : si le scientifiques s’étaient dits qu’il est inutile de chercher la vérité, nous ne connaîtrions pas les avancées spectaculaires que nous avons aujourd’hui.

Vous savez, je ne suis pas issu d’un milieu chrétien. J’ai rencontré le Seigneur assez tardivement et j’ai touché à certaines doctrines ésotériques et d’inspiration extrême-orientale. J’ai cru à la réincarnation par exemple. Lorsque je me suis converti au Christ, rapidement, je me suis posé la question de savoir si tout cela était vrai, ou si je me leurrais moi-même. Je ne vous cache pas m’être demandé si le bouddhisme n’était pas vrai, touché par la beauté de ses enseignements. Il m’a donc semblé important de faire reposer ma foi sur autre chose que du ressenti personnel. Il m’a semblé important – et parfaitement légitime en tant que créature douée de raison – de chercher la vérité et même, pour tout vous avouer, de l’exiger de la part de Dieu.

Sigvald a écrit :Je ne remet pas en question la résurrection du Christ car ce serait insulter le christianisme, mais comment remettre en question une vérité qui est celle que le Buddha ait atteint le Nirvana ?
Très bonne question. Entre nous, la doctrine de la réincarnation pose de gros problèmes métaphysiques, notamment concernant le rapport entre l’âme et le corps. Mais au-delà de ça, je vous l’accorde, nul ne peut affirmer que le Buddha n’a pas atteint le Nirvana comme nul ne peut affirmer qu’il n’a pas existé. Mais nul ne peut affirmer non plus le contraire. Or c’est bien ce que je dis : les religions, lorsqu’elles parlent de l’après-vie ou de la divinité, se fondent essentiellement sur des mythes, des légendes, ou des promesses invérifiables par tout chercheur de vérité. Sauf, je crois, le christianisme puisque le Christ est un personnage historique, dont le fait de la crucifixion et de la Résurrection (au cœur de la foi chrétienne) sont vérifiables (au moins en partie) par la raison. Je crois qu’il y a là une profonde originalité que je ne trouve nulle part ailleurs.
Cela ne remet pas du tout en cause les parcelles de vérité contenues dans certaines religions, mais il y a, je crois, une profonde originalité de la foi chrétienne qui me semble parler en faveur de sa crédibilité et de sa véracité.

D’ailleurs, vous dites ne pas remettre en question la Résurrection du Christ. Pour autant, vous n’y croyez pas me trompé-je ? Car la Résurrection et réincarnation s’opposent diamétralement.

Sigvald a écrit :Je ne cherche aucunement à faire gagner des bon points au bouddhisme. Cette entreprise est bien vaine et inutile. Je cherche à ouvrir une discussion autour de la spiritualité avec des personnes d'autres confessions et je cherche à mieux comprendre les autres ^^
C’est tout à votre honneur. C’est important de comprendre les autres. Mais comme je vous le disais au début de notre discussion, c’est la vérité que je désire. Peut-être est-ce un rêve inatteignable mais je ne pense pas. L’erreur de nos mentalités occidentales, c’est d’être tombées dans le relativisme. Je crois que, comme en science, il y a des vérités philosophiques et métaphysiques qu’on peut connaître. Et il y a aussi des vérités historiques. Tout cela peut nous aider à discerner le vrai du faux, le réel de l’illusion.

Sigvald a écrit :
Raistlin a écrit :Tout simplement parce que notre vie est trop importante pour miser sur des doctrines légères et sans fondement.
Je suis entièrement d'accord avec vous sur cette citation mais ne chercher vous pas à juger les enseignements du bouddhisme à travers cette citation ?
Je ne visais pas le bouddhisme en particulier mais toute forme de croyance se fondant sur des mythes ou des promesses invérifiables. Attention, comprenez-moi bien : ce n’est pas pour leur nier toute valeur et toute beauté, loin de là. Mais encore une fois, c’est dans une logique de recherche de la vérité. Le bouddhisme et le christianisme partagent certainement des valeurs communes mais elles sont théologiquement inconciliables. Ainsi, opter pour une religion me semble être un choix important qui devrait engager, je pense, toute la personne humaine et pas seulement son « ressenti » personnel, ou son vécu personnel (par exemple, le fait d’avoir été élevé dans telle ou telle religion). Je pense que pour aborder sérieusement la question spirituelle, il faut l’aborder aussi avec sa raison, c’est-à-dire savoir quel chemin prendre. Car tous les chemins ne sont pas équivalents, tous ne se valent pas, et certains conduisent à des impasses.

Bref, je vous rassure, je n’ai aucun grief contre le bouddhisme. Je loue sa bienveillance et je respecte son désir de supprimer la souffrance. Le problème de la souffrance est aussi au cœur du christianisme même si nous l’abordons autrement.

Cordialement,
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Raistlin
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Re: La Résurrection : un fait historique unique dans l’Histo

Message non lu par Raistlin »

Bonjour Aldous,
Aldous a écrit :
Raistlin a écrit :. Vous dites que le Buddha a atteint le Nirvana mais comment pouvez-vous en être sûr ? Y a-t-il des témoins pour l’attester ? Est-il revenu en chair et en os le dire ?
Bonjour Raistlin,

à titre de renseignement ; Nirvana dans le bouddhisme signifie "extinction, libération, fin de la souffrance", ce que le Bouddha a atteint de son vivant.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nirv%C4%81na
Merci pour cette précision.

Je corrige donc ce que j'ai dit : comment être sûr que le Buddha a atteint effectivement le Nirvana (et qu'il ne s'agit pas d'une pieuse légende) ? Comment être sûr qu'il n'est pas réincarné ? A-t-on seulement des preuves que le Buddha ait vraiment existé ?

Bref, comment savoir si ce qui nous est dit du Buddha et de sa vie sont des faits réels ou des mythes ? Il y a peut-être de solides réponses d’historiens, je ne sais pas. Je pose juste la question.

Cordialement,
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Re: La Résurrection : un fait historique unique dans l’Histo

Message non lu par roussort »

mayola a écrit :Je me permets de mettre mon grain de sel dans cette discussion fort stimulante sur la singularité du message chrétien, qui est fondé sur la Résurrection, ce que vous appelez "un fait historique". Or, quant à moi, je ne me risquerais pas à employer cet adjectif. Il y a tout de même l'objection, soulevée récemment par un jeune théologien italien, Vito Mancuso, dont quelques livres ont été traduits en français, mais pas encore le dernier (que j'ai lu récemment: Io e Dio. Una guida dei perplessi, 2011), où il dit que c'est tout de même étonnant que le Ressuscité ne se soit montré qu'à ces adeptes, à ceux qui déjà croyaient en sa divinité. Pourquoi ne s'est-il pas montré à Ponce Pilate ou aux grands prêtres? Cela les auraient autrement retournés....
J'espère que vous avez déformé les propos de ce théologien. En effet, le plus ancien témoignage que nous ayons à notre disposition est le kérygme retranscrit par Paul qui date des dix premières années après la crucifixion dans la 1ère épître aux Corinthiens (15, 3-7). Ce kérygme mentionne l'apparition à Jacques, le frère du seigneur, que la vaste majorité des historiens voit comme opposé aux prétentions de Jésus de son vivant. Ensuite les disciples ne s'attendaient pas à la résurrection individuelle corporelle, qui est un concept non juif. Parmi les multiples apparitions, tout nous permet de penser qu'il n'y avait pas que des personnes convaincues de prime abord (les 500 mentionnés dans le kérygme, quand bien même on réduit arbitrairement leur nombre à 50, étaient-ils tous déjà convaincus ?). Enfin Paul n'était pas un convaincu, que je sache.

Sur une approche plus théologique, avec une question qui serait "pourquoi le Christ ne se montre-t-il pas à tous pour que tous soient convaincus", il y a la réponse pascalienne : il donne des preuves suffisantes à tous ceux qui seraient susceptibles d'y croire.
Une réponse plus moderne basée sur le libre-arbitre serait de dire : si Dieu marquait dans le ciel "Je suis Dieu et j'existe : la preuve !" observable partout dans le monde, cela constituerait une suppression d'une partie primordiale du libre-arbitre et les gens ne pourraient plus faire un libre choix entre remercier le créateur ou non. Dès lors comment les juger sur leurs mérites puisque la réalité de Dieu serait aussi indubitable que la présence de cet écran d'ordinateur devant moi ?
mayola a écrit :C'est cela la catholicité du christianisme, me semble-t-il. Je crois que c'est le p. Sesboüé qui disait justement que "le paradoxe est total: la résurrection est un évènement qui a eu lieu dans l'histoire, mais dont la reconnaissance n'est possible que par la foi"
Non, ça c'est un paradoxe de salon. Si la résurrection de Jésus de Nazareth est l'assertion d'un événement historique, alors l'historien est légitimement fondé à juger de sa probabilité.
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Raistlin a écrit :Bonjour Aldous,

Merci pour cette précision.

Je corrige donc ce que j'ai dit : comment être sûr que le Buddha a atteint effectivement le Nirvana (et qu'il ne s'agit pas d'une pieuse légende) ? Comment être sûr qu'il n'est pas réincarné ? A-t-on seulement des preuves que le Buddha ait vraiment existé ?

Bref, comment savoir si ce qui nous est dit du Buddha et de sa vie sont des faits réels ou des mythes ? Il y a peut-être de solides réponses d’historiens, je ne sais pas. Je pose juste la question.

Cordialement,
Bonjour,
je veux bien répondre à ces questions même si ça sort un peu du sujet... (quoiqu'il n'est pas incongru de s'interroger si il y a des similitudes de compréhension entre réincarnation et résurrection)

Dans le bouddhisme à la question comment être sûr que le Buddha a atteint effectivement le Nirvana (et qu'il ne s'agit pas d'une pieuse légende) ?, la réponse est: en suivant le chemin, la voie spirituelle (l'enseignement) que propose le Bouddha pour se libérer de la souffrance et donc atteindre le nirvana.

A la question Comment être sûr qu'il n'est pas réincarné ?, en fait dans le bouddhisme on emploie davantage le mot renaissance que réincarnation, renaissance signifiant que l'ego, la personne renait d'instant en instant au fil de ses désirs d'existence, le désir étant dans le bouddhisme ce qui donne naissance à l'ego, la personne. Il est considéré que ce désir (en tant que corrolaire de la vie) perdure aprés la mort physqiue, on peut alors parler de réincarnation. (on trouve trace de cette réincarnation dans le bouddhisme tibétain ou des grands relgieux disent avant de mourir, où ils vont se réincarner et dans quelle personne, on demande alors à des enfants de reconnaitre des objets ayant appartenu au maitre défun pour confirmer qu'il s'est bien réincarné dans lenfant qu'il a désigné aproximativement avant de mourir).

Bref, comment savoir si ce qui nous est dit du Buddha et de sa vie sont des faits réels ou des mythes ?Là aussi c'est par l'étude et la pratique du bouddhisme même, de l'enseignement du Bouddha que les bouddhiste vérifie la véracité et l'exactitude de ce qu'à dit le Bouddha. UN peu selon la formule chrétienne, on reconnait l'arbre (la justesse de l'enseignement) à ses fruits (les êtres libérés de la souffrance, ayant atteint l'Eveil bouddhiste).

Cordialement,

PS: bien que je sois maintenant tout à fait chrétien (depuis 3/4 ans), j'ai étudié et pratiqué pendant 20 ans le bouddhisme zen (voir ma présentation) ;) .
Dernière modification par Aldous le mer. 04 janv. 2012, 12:42, modifié 3 fois.
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mayola a écrit :Or, quant à moi, je ne me risquerais pas à employer cet adjectif. Il y a tout de même l'objection, soulevée récemment par un jeune théologien italien, Vito Mancuso, dont quelques livres ont été traduits en français, mais pas encore le dernier (que j'ai lu récemment: Io e Dio. Una guida dei perplessi, 2011), où il dit que c'est tout de même étonnant que le Ressuscité ne se soit montré qu'à ces adeptes, à ceux qui déjà croyaient en sa divinité. Pourquoi ne s'est-il pas montré à Ponce Pilate ou aux grands prêtres? Cela les auraient autrement retournés....
C'est effectivement une question mais qui n'est pas réel argument car on peut conclure que le Christ poursuivait un autre but que convaincre ses ennemis. A ce jeu-là, on peut aussi se demander pourquoi le Christ n'apparaît pas à la TV, pourquoi Dieu n'écrit pas Son nom dans le ciel en lettres de feu, etc. Bref, ça me semble être une fausse objection : le Christ est apparu à ses fidèles parce que c'étaient eux qui étaient chargés de propager le message chrétien et qui devaient être affermis dans la foi. Rappelez-vous aussi la parabole du riche et de lazare...

En outre, la Résurrection m'apparaît l'explication la plus probable non pas en raison d'indices positifs mais parce que les autres hypothèses sont absurdes. Si donc votre jeune théologien ne croit pas que le Christ est ressuscité, comment rendre compte de ce qui s’est passé ? Et c’est en étudiant les alternatives, et devant leur peu de crédibilité, qu’on est amené à conclure que la Résurrection est l’explication la plus crédible.

Cordialement,
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Aldous a écrit :Dans le bouddhisme à la question comment être sûr que le Buddha a atteint effectivement le Nirvana (et qu'il ne s'agit pas d'une pieuse légende) ?, la réponse est: en suivant le chemin, la voie spirituelle (l'enseignement) que propose le Bouddha pour se libérer de la souffrance et donc atteindre le nirvana.
Tout ce que ça démontrera, c'est que l'enseignement traduit une certaine réalité. Pas que le Buddha l'a vraiment vécu. Il y a des pratiques expérimentales qui reposent sur des mythes.
Pour vous donner un contre-exemple concret, le modèle géocentrique de Ptolémée (la Terre au centre de l’Univers) était très pratique pour expliquer et prévoir le mouvement des planètes et des constellations. En un mot, cette vision de l’Univers – complètement fausse par ailleurs – avait des applications pratiques tout à fait réelles et utiles.

Aldous a écrit :A la question Comment être sûr qu'il n'est pas réincarné ?, en fait dans le bouddhisme on emploie davantage le mot renaissance que réincarnation, renaissance signifiant que l'ego, la personne renait d'instant en instant au fil de ses désirs d'existence, le désir étant dans le bouddhisme ce qui donne naissance à l'ego, la personne. Il est considéré que ce désir (en tant que corrolaire de la vie) perdure aprés la mort physqiue, on peut alors parler de réincarnation. (on trouve trace de cette réincarnation dans le bouddhisme tibétain ou des grands relgieux disent avant de mourir, où ils vont se réincarner et dans quelle personne, on demande alors à des enfants de reconnaitre des objets ayant appartenu au maitre défun pour confirmer qu'il s'est bien réincarné dans lenfant qu'il a désigné aproximativement avant de mourir).
Donc encore une fois, nul ne sait ce qu’il en est. Je n’ignore pas que certaines personnes disent se souvenir de leurs vies antérieures mais c’est assez fragile comme témoignage. En outre, pour revenir au Buddha, nul ne sait, du coup, s’il n’est pas réincarné lui aussi, malgré l’atteinte supposée du Nirvana. En gros, je ne vois pas bien en quoi l'atteinte d'une certaine "béatitude" terrestre par la pratique de la méditation permet de conclure sur la véracité de la réincarnation, etc.

Aldous a écrit : Bref, comment savoir si ce qui nous est dit du Buddha et de sa vie sont des faits réels ou des mythes ?Là aussi c'est par l'étude et la pratique du bouddhisme même, de l'enseignement du Bouddha que les bouddhiste vérifie la véracité et l'exactitude de ce qu'à dit le Bouddha.
Non, ça ne peut suffire. La pratique bouddhiste peut être tout à fait réelle et reposer entièrement sur des mythes. Et comment vérifier l’exactitude de la réincarnation ? Un état de paix atteint durant une méditation, ne suffit pas à conclure sur l’après-vie. Certes, les bouddhistes et les hindous expérimentent certaines choses durant leurs méditations, je ne le nie pas. Mais cela ne prouve aucunement leurs croyances sur la divinité et sur l’après-vie. Cela prouve simplement qu’ils arrivent à certains états de conscience modifiée par certains exercices.
Et surtout, cela ne prouve aucunement que les textes fondateurs ne sont pas mythiques : il s’agit peut-être simplement de doctrines mises en image par l’invention de personnages significatifs. Aussi bien, les pratiques extrême-orientales sont le fruit de siècles d'expériences spirituelles et mystiques, et pour mieux les transmettre, certains mythes ont été inventés.


Bref, encore une fois, je ne critique nullement la pratique des bouddhistes. Je pose la question, d’une façon générale mais du coup appliquée au bouddhisme dans le cas qui nous intéresse, de savoir sur quoi se fonde les doctrines religieuses hors christianisme sur l’après-vie, sur le réel, sur la divinité, etc. Or il me semble qu’il s’agit essentiellement de mythes ou de promesses invérifiables, et cela sans mettre en doute l’efficacité de pratiques particulières.

Cordialement,
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Re: La Résurrection : un fait historique unique dans l’Histo

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@ Raistlin,

un bouddhiste vous répondra en ce qui concerne le nirvana que pour lui ce n'est pas un mythe, c'est une réalité qu'il vérifie par une compréhension de l'enseignement du Bouddha (compréhension qu'on traduit par Eveil, bodhii en sanskrit), une pratique de la méditation et une vie morale exemplaire.

Pour la réincarnation comme je l'ai dit il y a deux degrés de compréhension, le premier étant une compréhension de la renaissance du désir d'instant en instant qui donne existence à l'ego, source de souffrance et la fin du cycle de cette rennaisance de l'ego ou du désir d'instant en instant qui est le nirvana proprement dit (expérimenté durant la méditation ).
Le deuxième degré de compréhension comme je l'ai dit est la compréhension de la continuité du désir de rénaitre au-dela de la mort (encore et encore mener une vie) et là c'est davantage une question de foi ou de croyance (donc du mythe si vous voulez).

Nota: le nirvana c'est la fin de la renaissance du désir (et donc de l'ego) durant la vie, expérimenté par les pratiquants. Aprés la mort physique le nirvana est appelé parinirvana (nirvana définitif), il correspond à la fin, la sortie définitive du cycle des renaissances (seuls les bouddha, les éveillés, y parviennent, les autres sont censé se réincarner pour pousuivre leur recherche de la libération).

Le bouddhisme n'est pas simple à comprendre dans tous les aspects de ses concepts (éveil, nirvana, samsara, bouddha, karma, ect). Certains de ses concepts relèvent du rationnel (nirvana=fin de la souffrance par exemple) voire de la philosophie ou d'une pratique quasi psychologique pour faire simple (comme la méditation). D'autres concepts (ou les mêmes) s'étendent à des vues qui relèvent plus de la croyance ou de la confiance en ce qu'à dit le BouddHa sur certains points de sa doctrine (difficile à interpréter), ceux là relèvent du mythe si vous voulez (la réincarnation en fait partie)...

Cordialement,
Dernière modification par Aldous le mer. 04 janv. 2012, 13:44, modifié 1 fois.
etienne lorant
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Re: La Résurrection : un fait historique unique dans l’Histo

Message non lu par etienne lorant »

Aldous a écrit :à titre de renseignement ; Nirvana dans le bouddhisme signifie "extinction, libération, fin de la souffrance", ce que le Bouddha a atteint de son vivant. (ou fin de l'ignorance -de la vérité, le Dharma- l'ignorance de la vérité étant source de souffrance)
Cela m'a frappé tout d'un coup: le bouddhisme tel qu'il est décrit ici a le même but que... le suicide... et non seulement dans la fin de la souffrance, mais aussi dans l'ignorance de la vérité ! Est-ce que les bouddhistes pratiquent entre eux la miséricorde ? Ou bien chacun doit-il chercher sa propre "sortie" ?
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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