Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2011-2012)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Comment les hommes font - comment Dieu fait

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Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu ((Mt 2, 13-18)
Après le départ des mages, l'ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l'enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu'à ce que je t'avertisse, car Hérode va rechercher l'enfant pour le faire périr. »
Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l'enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu'à la mort d'Hérode.
Ainsi s'accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète : D'Égypte, j'ai appelé mon fils.
Alors Hérode, voyant que les mages l'avaient trompé, entra dans une violente fureur. Il envoya tuer tous les enfants de moins de deux ans à Bethléem et dans toute la région, d'après la date qu'il s'était fait préciser par les mages.
Alors s'accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète Jérémie :
Un cri s'élève dans Rama, des pleurs et une longue plainte : c'est Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas qu'on la console, car ils ne sont plus.
(*)

A peine le Messie au monde que des enfants innocents meurent. Ce massacre, isolé du contexte, a permis à certains athées anticléricaux de dire: "Il est beau ce Messie ! Il vient pour sauver mais dès le commencement, c'est la mort qui gagne !" Ce langage, je l'ai déjà entendu, mais pour peu que l'on replace l'événement dans son contexte, c'est toujours l'homme qui méprise les faibles et les tue. Hérode est bien de ce monde, car pour être certain que périsse le descendant de David annoncé dans la prophétie, il n'hésite pas à envoyer ses troupes sur les nouveaux-nés de Bethléem. Glorieux fait de guerre, s'il en est !

Pour échapper au roi meurtrier, Joseph, toujours obéissant, a pris la direction de l’Égypte de telle façon que lui aussi accomplit une prophétie. Et quelle prophétie ! Car en utilisant ce moyen, le Seigneur récapitule en son Fils toute l'histoire du peuple juif.

Sur le moment, c'est la disproportion entre les moyens employés qui m'a frappé, et c'est sur elle que repose finalement toute ma méditation aujourd'hui. Le roi Hérode, pour mettre à mort des nourrissons, a employé des hommes entraînés pour combattre à la guerre - tandis que Dieu envoie un ange prévenir Joseph de se mettre en route. Mais avec quel moyen, me suis-je demandé un jour, Joseph a-t-il pu entreprendre une telle expédition, avec une femme à peine accouchée et un bébé ? Mais grâce aux cadeaux des mages, bien sûr !

Nous n'y pensons pas souvent et nous avons tort. Nous accordons beaucoup d'attention aux événements annoncés sur les écrans, et nous laissons échapper les œuvres que Dieu accomplit dans nos vies. Nous disons "Ah, tu as entendu les nouvelles !" - et nous les commentons, mais pour nous expliquer à nous-mêmes comment le Seigneur agit dans nos vies, nous ne sommes guère clairvoyants !

Et pourtant, il suffit que nous soyons bien disposés et, d'une manière que nous ne discernons pas souvent, le Seigneur agit dans nos vies. Soit il fait que les autres nous assistent, soit c'est nous qui assistons les autres (il suffit d'un mot, d'un regard, d'un sourire) sans avoir rien ressenti de la miséricorde divine à l’œuvre.

Et finalement, cette méditation me conduit à solliciter des prières pour Karine D., femme battue qui cherche à s'échapper, que j'ai rencontrée il y a un mois, mais dont je n'ai plus aucune nouvelle. A-t-elle réussi à se trouver une chambre en ville ? Ou bien est-elle retombée entre les pattes de son bourreau ? Bref, c'est toujours "ici et maintenant", comme à Bethléem il y a deux mille ans.
------------------
(*) La tombe de Rachel Image

« Rachel mourut donc et fut ensevelie sur le chemin d'Éfrath, qui est Beth Lehem. Jacob éleva un monument sur sa tombe : c'est le monument du Tombeau de Rachel, qui subsiste encore aujourd'hui. »
(Source Wikipedia: tombeau de Rachel)
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Saint-Paul
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Re: Fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph

Message non lu par Saint-Paul »

En cette année 2011, la fête de la Sainte Famille tombe le 30 Décembre.
etienne lorant
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Re: Fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph

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C'est bon à savoir !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Quelle est la qualité de notre lumière ?

Message non lu par etienne lorant »

Lecture de la première lettre de saint Jean
Celui qui déclare être dans la lumière et qui a de la haine contre son frère est encore maintenant dans les ténèbres. Celui qui aime son frère demeure dans la lumière, et il n'y a pour lui aucune occasion de chute. Mais celui qui a de la haine contre son frère est dans les ténèbres : il marche dans les ténèbres sans savoir où il va, parce que les ténèbres l'ont rendu aveugle
.

Il n'est pas possible d'aimer Dieu et de ne pas aimer son frère. Le frère, c'est-à-dire : le prochain, l'inconnu, et même celui qui se déclare notre ennemi. Car la Lumière brille pour tous, elle reconnaît chacun d'entre nous dans sa différence, mais sans pour autant faire de distinction entre aucun.Et comme il est difficile pour un homme d'admettre cela !

C'est que le point de vue de Dieu n'est pas celui des hommes. Pour entrer dans le dessein de Dieu qui veut qu'aucun de ses petits ne se perdent, il nous faut remettre en question notre logique, notre intelligence, notre raison et même notre 'bon sens'. Car celui qui voit la Lumière abandonne tout ce qui était ancien. Jésus incite par ailleurs à devenir parfait comme Celui qui est parfait parce qu'il fait se lever le soleil et tomber la pluie sur les bons comme sur les méchants".

J'ai remarqué (et comme c'est significatif, comme c'est porteur de signe !) : Jean ne parle plus comme un homme. Un homme dirait que la lumière peut aveugler, mais Jean dit ici qu'il n'y a que les ténèbres qui rendent aveugle. Et en parlant ainsi, saint Jean parle comme son maître et voyez comme tout se tient :

"La lampe du corps, c'est l'oeil. Donc, si ton oeil est vraiment clair, ton corps tout entier sera dans la lumière ;
23 mais si ton oeil est mauvais, ton corps tout entier sera plongé dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, quelles ténèbres y aura-t-il ! " (Matthieu 6, 22)
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Griffon
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Re: Fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph

Message non lu par Griffon »

Saint-Paul a écrit :En cette année 2011, la fête de la Sainte Famille tombe le 30 Décembre.
Effectivement !
Normalement, cette fête tombe le premier dimanche après Noël,
sauf quand Noël tombe un dimanche.
Dans ce cas, la fête tombe le vendredi après Noël.

Merci St Paul !

Griffon.
Jésus, j'ai confiance en Toi,
Jésus, je m'abandonne à Toi.
Mon bonheur est de vivre,
O Jésus, pour Te suivre.
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Fête de la sainte famille

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Evangile de Jésus Christ selon saint Luc ((Lc 2, 22-40)

Quand arriva le jour fixé par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi présenter en offrande le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes.

Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C'était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d'Israël, et l'Esprit Saint était sur lui. L'Esprit lui avait révélé qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Messie du Seigneur. Poussé par l'Esprit, Syméon vint au Temple. Les parents y entraient avec l'enfant Jésus pour accomplir les rites de la Loi qui le concernaient. Syméon prit l'enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :
« Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s'en aller dans la paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations païennes, et gloire d'Israël ton peuple. »

Le père et la mère de l'enfant s'étonnaient de ce qu'on disait de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère :
« Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. — Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée. — Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d'un grand nombre. »


Il y avait là une femme qui était prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d'Aser. Demeurée veuve après sept ans de mariage, elle avait atteint l'âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s'éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. S'approchant d'eux à ce moment, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.
Lorsqu'ils eurent accompli tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L'enfant grandissait et se fortifiait, tout rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

La scène est partagée entre salutations, louanges, mais aussi avertissements pour l'avenir. "La fête de la sainte famille ne nous est pas donnée comme un exemple à reproduire, mais comme un mode de vie dans la famille telle que Dieu la conçoit", nous a dit le prêtre.
J'ai songé à "l'esprit de famille": il n'était guère présent en moi jusqu'à la trentaine, mais tout m'est revenu par la suite. Sans doute parce que j'avais été (comme beaucoup) une sorte de "fils prodigue" ?

C'est à partir du moment où il a fallu travailler dur, me confronter aux difficultés de toutes natures, que les bienfaits de la famille me sont réapparus peu à peu. Le dessein de Dieu est présent dans la famille, c'est évident - mais il peut se présenter de toutes sortes de façon, car la manière "divine" de vivre dans une famille, reste fondée sur l'amour de l'autre comme étant "le prochain". Et finalement, j'ai assisté mes parents comme eux m'avaient assisté durant ma scolarité.

Et je me suis rendu compte que, dans la famille aussi, le renoncement à soi est comme le sel qui donne du goût aux aliments. Lorsque mon père fut vieux et ne put plus se déplacer, ni s'asseoir, ni entreprendre aucune tâche sans une aide, je me suis enfui de nombreuses fois pour échapper à ce service. Mais je revenais et je me suis peu à peu adouci. Au bilan, c'est ainsi que j'ai appris peu à peu à accomplir des tâches que j'avais d'abord rejetées comme portant atteinte à ma liberté. A la fin, j'ai servi mes parents âgés dans la joie de savoir que mes services étaient bien issus de la miséricorde divine.

Je veux prier aujourd’hui afin que l'organisation 'économique' du monde de notre temps (qui vise à faire de chaque homme, de chaque femme et de chaque enfant des "unités de production" - autant que des consommateurs), soit tenue en échec. Nul n'existe pour lui-même: si quelqu'un vit uniquement pour lui-même, c'est vers le dégoût et le désespoir qu'il marche.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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La lumière dans les ténèbres

Message non lu par etienne lorant »

Commencement de l'Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 1, 1-18)
Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu, et le Verbe était auprès de Dieu,et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. Par lui, tout s'est fait, et rien de ce qui s'est fait ne s'est fait sans lui. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée.

Cy Aelf, Paris



La lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne peuvent rien contre elle. Je suis content ce matin de trouver un texte qui me montre comment bien comprendre ce qui m'est arrivé ces derniers jours. En effet, du fait d'une humidité persistante, j'ai fini par attraper mal au dos - et ensuite, du fait des anti-douleurs prescrits, j'ai saccagé ma flore intestinale... entraînant d'autres douleurs différentes mais tout aussi puissantes.

Cependant, entre la première mauvaise nuit et celle que je viens de vivre, il s'est passé que la Joie est venue à mon secours. Et ce que j'appelle "la Joie", c'est toujours Jésus proche, qui donne envie d'offrir ses peines afin de faire pénitence ou devenir plus libre encore face au mal. La nuit passée a été vraiment particulière, car j'ai souffert mais sans éprouver aucune crainte et dans le sentiment de la présence du Seigneur.

Ce fut le cas déjà lorsque j'ai été délivré de ma tabagie: j'avais raconté comment l'écoulement du temps semblait avoir été suspendu et rempli par "la Joie", en sorte que j'eus la certitude que je ne fumerais jamais plus. (Et c'est bien ce qui arriva).

La lumière brille encore dans les ténèbres d'aujourd'hui. Ces ténèbres, les journaux d'aujourd'hui en font des effets d'annonce : "Nous vous dirons le 2 janvier tout ce qui vous attend en surcharge de coûts en 2012" - titre accrocheur lu par un de mes clients: il y aurait 106 augmentations de prix divers !

De quoi s'effrayer, mais se laisser saisir par l'effroi, c'est déjà tourner le dos à la Lumière. Au contraire, je rends grâce au Seigneur, car la crainte est derrière moi. Je me suis levé en me disant : sur toute l'année écoulée, quels sont les mots qui m'ont le plus marqué ? Et ce sont toujours ceux de notre Pape, que j'ai déjà cités:

«L’expression “vie éternelle” ne signifie pas – comme le pense peut-être d’emblée le lecteur moderne – la vie qui vient après la mort, alors que la vie présente est justement passagère et non pas un vie éternelle. “Vie éternelle” signifie la vie elle-même, la vraie vie, qui peut être vécue aussi dans le temps et qui ensuite ne s’achève pas par la mort physique. C’est ce qui nous intéresse : embrasser d’ores et déjà “la vie”, la vraie vie, qui ne peut plus être détruite par rien ni par personne.»

Je souhaite à tous et à toutes d'être de grands témoins de la Vie, quels que soient le jour et la nuit en ce monde !
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Jésus, la présence du Mystère

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Evangile : « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas » (Jn 1, 19-28)

Ainsi parlait Jean aux prêtres et aux Lévites que Jérusalem lui a envoyés afin qu'il se fasse connaître d'eux. Mais Jean leur a cité Isaïe, et puisqu'ils semblent ne pas comprendre ce qu'avait dit le prophète, eh bien, comment comprendraient-ils le reste ? En relisant cet Évangile, je me suis souvenu de ce que Jésus dira de lui-même (et que je cite de mémoire) "Le Royaume ne vient pas de manière à frapper le regard, il est au milieu de vous".

Il me semble qu'aujourd'hui encore Jésus est parmi nous celui que nous ne connaissons pas. Il est en même temps présent à chacun d'entre nous en tout temps, et présent (on l'oublie souvent) de par notre prochain - que nous ne connaissons pas non plus.

Dans la journée d'hier, rendue plus pénible que joyeuse par le grand repas donné à la maison de repos de ma mère, j'ai pu reconnaître le Christ et le Royaume, dans le fait qu'ayant quitté cette festivité plus tôt que prévu, je me suis senti appelé à rendre une visite à ma tante hospitalisée. Je suis passé d'une minute à l'autre de l'abondance et de la richesse affichées ... à l'abandon complet de ces vieillards dont l'hôpital facilite l'oubli. Et pour cela, je remercie le Seigneur : de m'avoir montré l'une et l'autre chose.

En ce début 2012, dont on nous promet jusqu'à la fin du monde..., ce qui est essentiel et urgent est toujours au milieu de nous du côté que nous ne connaissons pas. En travaillant à ma comptabilité, dans la soirée, j'ai constaté que je n'avais pas mis un sou de côté au cours de 2011, bien qu'ayant réduit mes dépenses. Cela m'a inquiété, mais j'en ai ri ensuite car j'ai reconnu qu'en fait, cela ne veut rien dire. Mais comme il est urgent d'aimer au jour le jour !

Béni sois-tu Seigneur et que j'accomplisse ce que Toi, Tu veux !
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Solennité du saint nom de Jésus

Message non lu par etienne lorant »

Lecture du livre des Actes des Apôtres.
Act. 4,8-12.
n ces jours-là, Pierre, rempli du Saint-Esprit, dit aux juifs : Princes du Epeuple, et vous, sénateurs, écoutez-nous :
9. Puisque aujourd’hui l’on nous demande raison du bien que nous avons fait à un homme perclus de l’usage de ses jambes, et de la manière dont il a été guéri,
10. Nous vous déclarons à vous tous, et à tout le peuple d’Israël, que c’est par le nom de notre Seigneur Jésus-Christ de Nazareth, lequel vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité d’entre les morts, que cet homme a été guéri, et qu’il est debout devant vous.
11. C’est cette pierre que vous autres architectes avez rejetée, et qui cependant a été faite la principale pierre de l’angle :
12. Et il n’y a point de salut par aucun autre, car nul autre nom sous le ciel n’a été donné aux hommes par lequel nous devions être sauvés.

Suite du Saint Evangile selon saint Luc.
Luc. 2,21.
En ce temps-là, le huitième jour où l’enfant devait être circoncis étant arrivé, il fut nommé JESUS. qui était le nom que l’Ange avait annoncé avant qu’il fût conçu dans le sein de sa mère. Cy Aelf, Paris



La première lecture de ce jour peut être également extraite de la seconde épître aux Philippiens, dont j'ai extrait ce passage qui m'a parlé "au cœur" :

"Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n'a point regardé comme une proie à arracher d'être égal avec Dieu, mais s'est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes; et ayant paru comme un simple homme, il s'est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort de la croix.
C'est pourquoi aussi Dieu l'a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père."

Du temps de Jésus, et avant sa venue (après aussi), les Juifs pratiquaient nombre de rites de purification. L'homme étant impur, il devait se soumettre à toutes sortes de pratique avant d'accomplir parfois le très simple acte de se nourrir. Que dire de tout le reste des faits et gestes de la vie courante ! Que d'obligations auxquelles se soumettre avant de se présenter devant Dieu ! Et il y avait encore les règles concernant le repos du sabbat, chaque semaine. Sur la question du respect du sabbat, Jésus n'a cessé de dénoncer toutes sortes d'attitudes hypocrites.

C'est par son entière soumission au Père, et par amour pour le Père, que Jésus a accompli le seul et unique sacrifice qui puisse nous purifier. Tous les sacrements sont importants, mais à mes yeux, le fait de pouvoir communier est un trésor. L’Eucharistie m'apporte la force et la joie pour vivre chaque journée. L'Eucharistie libère mon esprit des pensées parfois sombres du lever. L'Eucharistie me donne (ou me rend) après la nuit, l'étonnante vie de l'esprit - laquelle est lumière, quelles que soient les circonstances que je traverse ou les rencontres.

Au cours de mes journées, j'invoque souvent "Jésus" dans une formule adaptée selon l'occasion. Je demande de l'aide et j'ai souvent sollicité et obtenu d'avoir de la patience. C'est bien Jésus qui m'a appris comment, lorsque je ne peux faire autrement, dans une situation pénible, laisser simplement s'écouler le temps. Mais ce n'est plus le temps des secondes, des minutes et des heures, c'est le temps de l'abandon de confiance. (Je suis bien certain que beaucoup de croyants parmi nous pratiquent cet abandon sans lui avoir donné un nom.)

Cette fête du très saint nom de Jésus, je la vis en un jour où je dois faire face à de multiples tâches (comptabilité) et des problèmes familiaux. Mais aujourd'hui encore, j'éprouve force et joie.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Chercher à demeurer !

Message non lu par etienne lorant »

Evangile : « Nous avons trouvé le Messie » (Jn 1, 35-42)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. En Jésus Christ, nous avons reconnu le Messie : par lui nous viennent grâce et vérité. Alléluia. (cf. Jn 1, 41.17)


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
Jean Baptiste se trouvait de nouveau avec deux de ses disciples.
Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : « Voici l'Agneau de Dieu. »
Les deux disciples entendirent cette parole, et ils suivirent Jésus.
Celui-ci se retourna, vit qu'ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi (c'est-à-dire : Maître), où demeures-tu ? »
Il leur dit : « Venez, et vous verrez. » Ils l'accompagnèrent, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C'était vers quatre heures du soir.
Cy Aelf, Paris

Notre prêtre - qui lit aussi bien l'hébreu que l'arménien (!) - nous a longuement parlé des consonnes et des voyelles. Dans notre langage occidental, ces voyelles ont une importance capitale, car elles permettent d'éviter les confusions, et donc d'être précis. L'hébreu, quant à lui, est constitué d'un alphabet "consonantique" - de ce fait, une foule de nuances sont possibles dans le langage parlé. "Et en Orient, on adore parler !" Bref, c'est ainsi que la traduction "Voici l'Agneau de Dieu" - qui renvoie au sacrifice de Jésus, est parfois traduit : "Voici le saint de Dieu", la différence se jouant - même après traduction en grec, sur le mouvement d'un seul vocable !

Jésus peut donc être désigné des deux façons, qui d'ailleurs se complètent et se répondent l'une à l'autre.

Mais ce que j'ai retenu de l’Évangile d'aujourd'hui vient de la question que Jésus pose aux des deux disciples qui ont entrepris de le suivre. Il leur dit : "Que cherchez-vous ?" et j'ai ressenti: "Qu'est-ce qui est assez important pour que je me mettre à suivre Jésus ?"

Le verbe demeurer qui est employé ici a un sens très important dans l’Évangile de Jean. Ce verbe n’est pas le verbe banal habiter (qui existe aussi en grec) mais le verbe demeurer qui signifie bien plus de choses dans la Bible :

D’abord le sens d’habiter, souvent au sens figuré, comme quand Jésus promet qu’il habitera, qu'il demeurera en nous (Jean 15:4). Cela veut dire qu’il est présent dans notre façon d’être et qu'alors nous pouvons aimer les autres comme lui-même le fait, et comme Dieu le fait avant lui. C'est, il me semble, ce qui est le plus évident.

Mais demeurer a également le sens de durer longtemps. Et, dans la Bible, ce qui dure vraiment : c’est Dieu seul, qui demeure éternellement. L’évangile nous propose donc de faire comme ces deux disciples : d’aller vers le Christ et de chercher auprès de lui ce qui éternise notre vie, ce qui lui donne un sens solide et vrai. Ils suivent donc Jésus ils restèrent avec lui ce jour-là: ils sont entrés dans la nouvelle Alliance, dans laquelle les dix commandements cesseront d'être des préceptes à respecter de façon rigide pour devenir toute une manière de vivre. Jean précise qu'il était quatre heures de l'après-midi: j'ai songer à l'heure du goûter - car l'on se nourrit aussi de la Parole. "L'homme ne se nourrit pas que de pain, mais aussi de toute Parole qui sort de la bouche de Dieu"...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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L'amour surnaturel du chrétien

Message non lu par etienne lorant »

Lecture de la première lettre de saint Jean

Mes bien-aimés,
voici ce que vous avez entendu annoncer depuis le commencement : il faut nous aimer les uns les autres. Ne soyons pas comme Caïn : il appartenait au Mauvais et il égorgea son frère. Et pourquoi l'a-t-il égorgé ? Parce que ses œuvres étaient mauvaises : au contraire, celles de son frère étaient justes.

Ne soyez pas étonnés, frères, si le monde a de la haine contre vous.
Parce que nous aimons nos frères, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie. Celui qui n'aime pas reste dans la mort.
Tout homme qui a de la haine contre son frère est un meurtrier, et vous savez qu'un meurtrier n'a jamais la vie éternelle demeurant en lui.

Voici à quoi nous avons reconnu l'amour : lui, Jésus, a donné sa vie pour nous. Nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères.
Celui qui a de quoi vivre en ce monde, s'il voit son frère dans le besoin sans se laisser attendrir, comment l'amour de Dieu pourrait-il demeurer en lui ?

Mes enfants, nous devons aimer, non pas avec des paroles et des discours, mais par des actes et en vérité. En agissant ainsi,nous reconnaîtrons que nous appartenons à la vérité, et devant Dieu nous aurons le cœur en paix ; notre cœur aurait beau nous accuser, Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît toutes choses.

Mes bien-aimés, si notre cœur ne nous accuse pas, nous nous tenons avec assurance devant Dieu.


Je me suis contenté d'ajouter des retraits de paragraphes afin de "poser" ma lecture. De la sorte, il m'apparaît plus facilement qu'avec la venue du Christ, le verbe "aimer" a comme changé "d'objet direct". Aimer ? Désormais cela veut dire aimer son prochain. Cela veut dire: aimer un inconnu qui est dans le malheur et qui a besoin d'être secouru.

Pour aimer, il faut que nous adoptions sans la moindre restriction l'attitude de Jésus envers les pauvres, les malades, les étrangers - et jusqu'à ceux qui nous blessent et nous font du mal. Si notre attitude à l'égard de ceux qui nous offensent et nous causent du tort n'est pas la même que celle de Jésus, c'est que nous n'avons pas encore l'amour de Dieu en nous. De même, si nous ne donnons pas notre vie pour nos frères comme Jésus l'a donnée pour nous sur la croix, c'est que l'amour de Dieu ne demeure pas en nous.

Évidemment, on objectera que c'est impossible. J'ai entendu parler du bouddhisme : il consiste à atteindre le nirvana en pratiquant une forme de méditation qui permet de se détacher de l'ego, le moi qui rend malheureux. Eh bien, dans cette épître, Jean a déjà dépassé le bouddhisme, car il ne parle même pas du moi : mais il saute au-dessus ! Il dit: "le bonheur ne consiste pas à se débarrasser de son moi mais, combien plus encore: de donner sa vie pour son prochain.

Et l'on objectera encore que l'amour vraiment chrétien n'est pas possible, qu'il est contre-nature ! Or, l'amour du prochain n'est pas contre-nature, mais surnaturel. Surnaturel par le surcroît que la foi apporte à la nature humaine. Surnaturel car pour aimer le prochain, il faut sans cesse passer par le Christ. Sans le Christ, nous ne serions encore nulle part, nous serions exactement dans la position ou fut Caïn. Nous ne serons pas aimés en ce monde, il nous faut le savoir, car nous ne dirons jamais: "c'est par moi-même que j'aime mon prochain"... la vérité ne fait de nous des menteurs, mais nous oblige à confesser le Christ.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
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Oui, Dieu exauce nos prières !

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Lecture de la première lettre de saint Jean
Mes bien-aimés, ce qui nous donne de l'assurance devant Dieu, c'est qu'il nous écoute quand nous faisons une demande conforme à sa volonté. Et, puisque nous savons qu'il écoute toutes nos demandes, nous savons aussi que nous possédons ce que nous lui avons demandé. (1Jn 5, 14-21)


Ce passage de la lettre de Jean, j'en ai lu l'application concrète dans la vie quotidienne à la cure d'Ars, où le saint prêtre avait installé une "Providence": il recueillait tous les enfants sans parents orphelins ou qui souffraient de la faim, les logeait et leur donnait le catéchisme, avec le secours d'une voisine Catherine Lasagne, laquelle a laissé son témoignage.

Je me souviens notamment de ce récit. Un jour, il manquait de farine pour faire du pain. Il ne restait assez de farine que pour deux pains, mais il en fallait une douzaine au minimum pour que les enfants recueillis mangent à leur faim. Prévenu du problème, l'Abbé Vianney ne s'est pas étonné une seule seconde et, en déclarant: "Ne vous occupez pas de cela, c'est l'affaire du bon Dieu, cuisez les deux pains". Ce qu'elle fit. Mais comme il restait encore un peu de farine, elle cuisit deux autres pains. Et finalement, tous eurent à manger à leur faim.

Mais ce qui serait intéressant, à partir de cette lecture d'aujourd'hui, c'est que nous rapportions nous-mêmes des cas où nous avons formulé une demande conforme à la volonté du Seigneur avec, pour résultat, comme l'écrit saint Jean, que nous avons possédé ce que nous avons demandé.

Je commence donc. C'est une histoire que j'ai déjà racontée, mais qui s'est reproduite. J'avais mal dormi la nuit et repris un demi cachet vers 4 heures du matin. La messe à laquelle j'assiste chaque jour est à 8h00. Vite, vite ! Mais le temps de m'habiller et de sortir la voiture, il était déjà 7h40. Sur la chaussée voisine, les voitures circulaient pare-chocs contre pare-chocs. Je me suis dit: "Bon, c'est raté pour aujourd'hui". Mais je me suis tout de même mis au volant, car j'avais déjà eu l'expérience de me retrouver malgré tout au bon moment au bon endroit, mais en ayant suivi un itinéraire complètement "décalé".
Cette fois, j'ai suivi la route habituelle, je me suis garé et j'ai regardé ma montre : 8h15. La messe ne dure guère que jusque 8h30, c'était raté, cette fois. Je me suis tout de même rendu à la porte et en ouvrant la porte... j'ai trouvé les mêmes fidèles que d'habitude, qui attendaient en silence. J'ai interrogé du regard mon voisin et voici qu'il me souffle à l'oreille: le prêtre a téléphoné, il sera en retard à cause des embouteillages !

Aussi simple que çà ? Simple, mais si j'avais manqué de confiance, je ne me mettrais pas en route et c'était perdu pour la journée.

Je me demande maintenant si ceux qui me liront auront des histoires semblables à rapporter. Le problème est d'une part, nous sommes tous complètement inattentifs à Dieu. La plupart des croyants prient Dieu en le plaçant "au plus haut des Cieux", tandis que Jésus nous dit que le Royaume, "il est au milieu de vous". Et si discret, si humble ! Et le fait est que nous ne sommes guère attentifs la plupart du temps.

Toujours est-il que saint Jean dit vrai.

Dans l'Evangile de Marc, je trouve aussi : "C’est pourquoi je vous déclare: Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez reçu et cela vous sera accordé." (Marc 11:24)

Jésus ne dit pas que si vous "sentez" quelque chose, cela vous sera accordé. Il ne dit pas si vous "faites l’expérience" de quelque chose, cela vous sera accordé. Il ne dit pas si votre guérison se produit instantanément, elle vous sera accordée. Il dit: "Croyez que vous l’avez reçu et cela vous sera accordé." Souvent le test de votre foi ne sera pas le temps de la prière, le moment où vous demandez, mais ce sera votre attitude par la suite.

Prier avec foi, c’est savoir que Dieu est votre Père fidèle et aimant qui s’est engagé lui-même vis-à-vis de vous, par l’alliance, à tenir toutes ses promesses. Donc, tout ce que vous demandez au nom de Jésus, il vous l’accordera. Vous continuez à prier en croyant que vous l’avez reçu, en sachant que "cela vous sera accordé". Vous ne pouvez pas dicter à Dieu la manière de le faire ni le moment. Mais vous savez qu'il le fera.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
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Jésus à Capharnaüm

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Évangile de Jésus Christ selon saint Marc ((Mc 1, 21-28)

Jésus, accompagné de ses disciples, arrive à Capharnaüm.
Aussitôt, le jour du sabbat, il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait. On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes.
Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit mauvais, qui se mit à crier : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ?
Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais fort bien qui tu es :
le Saint, le Saint de Dieu. » Jésus l'interpella vivement : « Silence ! Sors de cet homme. » L'esprit mauvais le secoua avec violence et sortit de lui en poussant un grand cri.
Saisis de frayeur, tous s'interrogeaient :
« Qu'est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité ! Il commande même aux esprits mauvais, et ils lui obéissent. » Dès lors, sa renommée se répandit dans toute la région de la Galilée. Cy Aelf, Paris



Jésus parle avec autorité, c'est-à-dire, simplement, que son discours n'a pas besoin de s'appuyer sur des références. Il parle librement et c'est la vérité qui sort de sa bouche. A sa place, tous les autres s’appuieraient sur des notes préparées à l'avance.

J'ai noté la très grande finesse de Marc, qui après avoir cité les scribes, indique que c'est "leur" synagogue. Or, c'est bien dans cette synagogue, fréquentée par les scribes, que paraît aussi un possédé ! Et lui aussi élève la voix sans hésitation pour désigner Jésus comme étant le "Saint de Dieu" ! Qu'est-ce que tout cela veut dire ?

Cela signifie que désormais les commandements de Dieu et les Écritures ont pris vie en Jésus-Christ. Dès la venue de Jésus, l'amour de l'homme pour Dieu - et vice versa, ne sera plus réglementé par des grades, des rangs, des formules et des rites. Mais l'homme adorera Dieu "en esprit et en vérité", comme le dira Jésus plus tard à la Samaritaine.

Cette révolution bouscule tout ce que l'on pensait jusque là établi pour toujours et va évidemment entraîner l'opposition des autorités religieuses qui vont y voir un danger pour leur propre statut.

Comme je médite ces lignes, une louange monte depuis le plus profond de mon être. Pour moi aussi, le démon s'est trouvé chassé et je fus converti ! Je dis donc aujourd'hui comme autrefois: "Père, je remets mon esprit entre Tes mains". Cette Parole n'est plus celle du moment de la mort de Jésus, mais elle est celle de ce jour, où il m'est donné de remettre en toute confiance mon esprit à Dieu. Mes pensées sombres sont effacées, et voici un matin neuf et clair !
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Une journée de Jésus

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Évangile de Jésus Christ selon saint Marc ((Mc 1, 29-39)

En quittant la synagogue, Jésus, accompagné de Jacques et de Jean,
alla chez Simon et André. Or, la belle-mère de Simon était au lit avec de la fièvre.Sans plus attendre, on parle à Jésus de la malade.
Jésus s'approcha d'elle, la prit par la main, et il la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait.

Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous les malades, et ceux qui étaient possédés par des esprits mauvais.
La ville entière se pressait à la porte. Il guérit toutes sortes de malades, il chassa beaucoup d'esprits mauvais et il les empêchait de parler, parce qu'ils savaient, eux, qui il était.

Le lendemain, bien avant l'aube, Jésus se leva.
Il sortit et alla dans un endroit désert, et là il priait.
Simon et ses compagnons se mirent à sa recherche.
Quand ils l'ont trouvé, ils lui disent :
« Tout le monde te cherche. »
Mais Jésus leur répond :
« Partons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame la Bonne Nouvelle ; car c'est pour cela que je suis sorti. »

Il parcourut donc toute la Galilée, proclamant la Bonne Nouvelle dans leurs synagogues, et chassant les esprits mauvais. Cy Aelf, Paris



Réveillé trop tard, j'ai dû me contenter ce matin de lire le "Prions en Église". Ce petit feuillet diffusé partout (je sais qu'il existe au Québec également - et sans doute en version anglaise pour la partie anglophone - et dans d'autres langues d'ailleurs ...) m'a rendu optimiste. En cherchant l’Évangile du jour, je me suis demandé : combien sommes-nous dans le monde à faire le même geste au même moment ? N'est-ce pas quelque chose d'unique et comme une multiplication du Pain qu'est la Parole ?

Saint Marc nous montre le Seigneur en pleine activité: Il enseigne à la Synagogue, il guérit en passant la belle-mère de pierre en la faisant simplement lever et son repas n'est pas retardé. Ensuite, il reçoit les malades et chasse les démons jusque tard dans la nuit . Je me suis demandé combien d'heures Jésus a dormi cette nuit en particulier et par d'autres lectures, je suis tout à fait convaincu qu'il n'a jamais ménagé ses forces au cours des trois années de sa mission : il s'y sera tant donné que, physiquement, il a très vite atteint son but, son "heure".

Le plus important vient ensuite. A la fin de la nuit et durant l'aube: le cœur à cœur avec le Père, dans un endroit désert. Les disciples qui ont trouvé Jésus en prière ont dû en être bouleversés... On lui demande donc de revenir à la maison de Pierre, mais pas question: il faut aller ailleurs, il faut aller partout - Le Semeur est sorti pour semer !
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Nos desseins et le dessein de Dieu

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1ère lecture : L'arche d'Alliance ne suffit pas à empêcher la défaite d'Israël (1S 4, 1c-11)
Les Philistins livrèrent bataille, Israël fut battu et chacun s'enfuit dans sa tente. Ce fut un très grand désastre : en Israël trente mille soldats tombèrent. L'arche de Dieu fut prise, et les deux fils d'Éli furent tués.

Évangile de Jésus Christ selon Saint Marc (Mc 1, 40-45)
Un lépreux vient trouver Jésus ; il tombe à ses genoux et le supplie :
« Si tu le veux, tu peux me purifier. »
Pris de pitié devant cet homme, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. »
A l'instant même, sa lèpre le quitta et il fut purifié.
Aussitôt Jésus le renvoya avec cet avertissement sévère :
« Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. Et donne pour ta purification ce que Moïse prescrit dans la Loi : ta guérison sera pour les gens un témoignage. »
Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte qu'il n'était plus possible à Jésus d'entrer ouvertement dans une ville. Il était obligé d'éviter les lieux habités, mais de partout on venait à lui. Cy Aelf, Paris


Il n'est pas évident de trouver un lien entre la première et la seconde lecture de ce jour. Il existe pourtant et réside dans la conception que l'homme a de Dieu et Qui est Dieu en vérité. Après leur fuite d’Égypte, et leur tumultueuse traversée du désert, les juifs ont franchi le Jourdain et sont entrés en terre promise. Mais c'est une terre déjà occupée qu'ils trouvent et qu'ils devront mériter.

On sait déjà ce qu'il advint de Jéricho, la première ville qu'ils trouvèrent sur leur chemin. Selon le récit biblique, ses murailles s'effondrèrent d'elles-mêmes après que les juifs aient défilé sept fois autour de la cité en portant l'Arche d'alliance et en sonnant de sept trompettes. Quant aux Philistins, ils s'enfuirent d'eux-mêmes après que leur héros, Goliath, soit tombé sur un simple coup du lance-pierres du jeune roi David. Et on lit bien : "Ainsi David triompha avec une fronde et un caillou : quand il frappa le Philistin à mort, il n'avait pas d'épée à la main."

Somme toute, l'erreur des juifs dans l'histoire rapportée aujourd'hui par la Bible est d'avoir voulu se servir de l'arche d'alliance comme d'une baguette magique, plutôt que de mettre en lui leur confiance. C'est leur manque de foi qui les a conduit à la défaite. La leçon est que le pouvoir, la puissance de Dieu ne peut être invoquée ni mise en œuvre comme une arme. Autrement dit: "Ce n'est pas ainsi que cela fonctionne".

On retrouve la même problématique dans l’Évangile de Marc. Certes, Jésus a le pouvoir de guérir le lépreux - et, à cause de la foi dont le lépreux a fait preuve, il est effectivement guéri. Instantanément. Mais l’Évangéliste nous montre l'embarras où se trouve ensuite Jésus. Car il veut d'abord prêcher et convertir et il sait que ses compatriotes seront tentés de s'emparer de lui comme d'un magicien capable de résoudre tous leurs problèmes. C'est ce qu'ils tenteront d'ailleurs de faire, après la multiplication des pains.

Ces textes nous parlent à tous et à toutes de nos rapports à Dieu et des déroutes que nous connaîtront sûrement si, ayant été exaucés en certaines de nos demandes, nous nous imaginons qu'il en sera toujours ainsi. L'adhésion au message, c'est l'adhésion au dessein de Dieu sur nous - et pas que le Seigneur soit contraint à "plier" à nos demandes. Le bonheur réside dans le fait d'apprendre chaque notre relation au Père, par Jésus-Christ.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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