Le film le plus girardien ?

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Quel est le film le plus girardien ?

Accident de Joseph Losey
0
Aucun vote
Les deux anglaises et le continent de François Truffaut
1
14%
Les enfants du Paradis de Marcel Carné
1
14%
Minnie et Moskowitz de John Cassavetes
1
14%
La collectionneuse d'Eric Rhomer
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Aucun vote
Géant de George Stevens
0
Aucun vote
Furyo de Nagisha Oshima
1
14%
Taxi driver de Martin Scorsese
3
43%
 
Nombre total de votes : 7

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Gaudeamus
Quæstor
Quæstor
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Inscription : mer. 02 mars 2005, 11:18

Message non lu par Gaudeamus »

Je n'ai vu aucun de ces films... :oops:
En revanche, je me permettrai de citer "Aimez-vous Brahms ?" qui a été diffusé très récemment sur Arte.
fabrice
Civis
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Message non lu par fabrice »

Bonjour,
de tous ces films je n'ai vu que Taxi Driver. Ne connaissant pas très bien l'oeuvre de Girard (je n'ai lu que des choses cachées...), je me suis demandé pourquoi le personnage joué par De Niro commet cet acte horrible à la fin : est-ce parce qu'il fait lui aussi partie de la racaille qu'il déteste ? Qu'il appartient aussi à la rue ?

J'ai été frappé par la scène où, après avoir été rejeté par la jeune femme en lui téléphonant (après la scène du cinéma), on voit la caméra qui se dirige vers le couloir de l'immeuble avec une porte ouverte au bout sur ... la rue. Manière de dire qu'à partir de ce moment son destin est scellé ?

Et puis il y a la toute dernière scène, où l'on peut se demander si c'est un rêve ou bien la réalité ... je ne sais pas trop quoi en penser c'est un film qui me paraît tellement riche.
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Etienne
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Message non lu par Etienne »

Bonjour Charles,

Peut-être pourrez-vous me répondre sur le film Taxi Diver.
Je crois que c'est la scène finale, il conduit son taxi de nuit en regardant son rétro, et il voit une sorte de lumière dans son rétro intérieure ou bien quelque chose qui le dérange. Puis une musique courte et aigue rententit jusqu'à ce qu'il remette en place correctement ce rétro. Et c'est la fin du film je crois.
A votre avis, était-ce le refus de regarder son passé (et de retomber dans ses démons?), afin de regarder l'avenir?

A bientôt de vous lire.
(Mt 26.63-66)
Mais Jésus se taisait. Le Grand Prêtre lui dit:" Je t'adjure par le Dieu Vivant de nous dire si tu est le Christ, le Fils de Dieu. " Tu l'as dit, lui dit Jésus..."
Qu'en pensez vous?" Ils répondirent: " Il est passible de mort."
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Etienne
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Message non lu par Etienne »

Charles à écrit:
La scène finale où la femme idéalisée monte par hasard dans son taxi est une sorte d'épreuve de sa liberté (apparemment) retrouvée. Pendant tout le trajet, il est tenté de revenir à l'état de crise mimétique... et finalement il cède. Son regard dans le rétroviseur est de désir... c'est le même fantasme, la même ambition, le même inassouvissement qui le reprennent et la même guerre qui se déclenche. Il y aura donc une autre résolution violente, une autre victime émissaire et un autre sacrifice.

Parce que comme je l'ai dit, le sacrifice n'est jamais qu'une solution temporaire et qu'il doit être par essence réitéré, ritualisé. La crise n'est jamais que momentanément apaisée, il faut sans cesse un nouveau sacrifice (le rite) pour ramener l'état des rapports sociaux de la violence à la paix.
Bonjour Charles,
Votre explication est très juste (vrai) et me fait ressentir les émotions que j'avais en le regardant la première fois, comme la scène HALLUCINANTE et queLque part TERRIFIANTE ou après son carnage (et un peu de prison) il conduit son taxi comme si de rien était et parle à ses collègues. On ressent presque de soulagement pour lui (pour moi) que cela se passe bien jusqu'à ce rétro et cette musique qui m'a réellement angoissé. Et justement puisque d'apès vous le sacrifice doit-être, à un moment ou à un autre, réitéré. Le mal est puissant déguisé en rite... Rite tout taché de traditions criminelles enfouis en nous et légitimé parce que nous croyons que cet un héritage, dans le sens que nous sommes une partie de ce rite, Quel subterfuge du tentateur non?
C'est toute la finesse de Scorsese que d'avoir mis en scène une crise mimétique et sa résolution sacrificielle et à la fois d'avoir montré son insuffisance et leur réitération inévitable.

Il y a plusieurs scènes extraordinnaires de justesse dans ce film, mais la scène du sacrifice est peut être la plus puissante, surtout le long plan sur les murs tachés de sang. Poétiquement, j'ai eu le sentiment d'être face à une chose très ancienne et très classique, cela m'a rappelé un vers d'Eschyle : "l'abattoir humain au sol trempé de sang", qu'il écrit au sujet du palais des Atrides.

Le fait que le sacrifice du proxénète fasse l'unanimité est aussi une fulgurance de Scorsese et prouve sa compréhension sacrificielle de ce qu'il met en scène.
La scène du carnage est extraordinaire car elle se fond avec le personnage de De Niro, on sentait ce type de comportement chez De Niro tout au long du film, mais je ne pensais pas que ce serait si bien filmé à la fin, Scorsese film De Niro en prévoyant ce que nous verrons ou ressentiront de cette scene, le fait de filmer en hauteur a peut-être contribuer à cette réussite, comme si notre âme et non notre oeil regardait. Un peut comme un tableau dans lequel on plonge.

Tu ne me reconnais pas??? Et bien tiens prend ça!!! LOL
(Mt 26.63-66)
Mais Jésus se taisait. Le Grand Prêtre lui dit:" Je t'adjure par le Dieu Vivant de nous dire si tu est le Christ, le Fils de Dieu. " Tu l'as dit, lui dit Jésus..."
Qu'en pensez vous?" Ils répondirent: " Il est passible de mort."
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