Cher Griffon,
Avec toute l'estime que j'ai pour vos interventions

, vous ne répondez toujours pas à ma question : de manière pratique (et non théorique), comment exercez-vous votre "royauté" sur votre famille ? Et comment comprenez-vous la soumission de votre propre épouse ? Dans quel domaine peut s'exercer votre "royauté" quand toutes les responsabilités sont désormais partagées (travail à l'extérieur, salaire, éducation des enfants, vie spirituelle -en ce qui me concerne je suis la seule du couple à en avoir une) ?
L'acception de "soumission par amour" est valable pour les deux conjoints, personne ici ne le remet en cause. Mais voyez un peu le dérapage :
En pratique aussi, tout le monde trouve normal, sans se poser de question, d'être soumis au chef d'entreprise qui dispose d'un pouvoir de direction, de contrôle et de sanction, alors que cette relation de subordination ne va absolument pas de soi dans une relation contractuelle et qu'on a pu très sérieusement afin de tenter de le justifier et de l'encadrer s'interroger sur la source et la nature de ce pouvoir exorbitant
.
Quelqu'un sur ce forum se permet de comparer une relation de cople au fonctionnement d'une entreprise. En pratique, en effet, je me soumets à l'autorité du chef d'entreprise dans le seul domaine du travail. S'il empiète sur ses prérogatives, je peux démissionner à moins de ne pas avoir le choix. L'homme, dans son foyer, aurait donc "un pouvoir de direction, de contrôle et de sanction" ?
Donc, mille excuses, Griffon, mais tant que certains hommes se permettront ce genre de dérapage, permettez-moi de ne pas leur faire confiance et surtout, de ne pas les considérer comme la représentation du Christ sur cette Terre.
Par ailleurs, je vais peut-être apporter une petite rectification. Nous avons parlé jusqu'à présent de pouvoir, de domination, de responsabilités, d'obéissance... mais je pense qu'il serait sans doute plus judicieux de parler de reconnaissance.
En effet, dans l'Evangile, Jésus "relève" l'homme en le reconnaissant. A chaque miracle, à chaque parole prononcée, Il dit à l'homme ou à la femme rencontré :"Vois, Je t'aime, et je te connais, tel(le) que tu es, dans ton existence". En répondant à leur demande de guérison, Jésus reconnais autant leur désir profond qu'Il manifeste la puissance de Dieu. Or, entre le mari et la femme, si vous introduisez la notion de "hiérarchie" (selon les paroles de Saint Paul et de Saint Pierre -mais point de Jésus, c'est explicite), il n'y a pas de reconnaissance possible... Vous allez me rétorquer qu'il est demandé aux hommes d'aimer leurs femmes comme Jésus aime son Eglise. Oui mais là, vous me l'enlèverez pas : mon mari, et Dieu sait s'il est presque parfait, n'est pas Jésus. Mon mari, dan sa façon d'être, meêm si on introduit la notion de grâce surnaturelle, est aussi le produit de son éducation, de ses blessures, de ses peurs, et que cela rentrera en ligne de compte dans sa manière d'exercer "sa royauté" (en admettant qu'il l'exerce).
Pour ma part, d'ailleurs, je me demande en quoi je pourrais obéir à mon mari puique nous sommes d'accord sur tout, et quand parfois ce n'est pas tout à fait le cas, l'ajustement se fait en, quelques minutes de discussions et à l'aide de l'entendemenrt (donc de manière très rationnelle).
Cher Griffon : votre exemple de Marie est mal choisi. En effet, si votre époux ou votre épouse vous dit :" L'Ange du Seigneur m'est apparu, et voilà ce qu'il nous est demandé de faire". Je pense que toute personne sensée et croyante ne cherchera même pas à contester...

. D'ailleurs, en racontant cela à mon cher et tendre hier soir, il me disait que ça l'arrangerait bien que, comme à Joseph, l'Ange du Seigneur lui apparaisse lorsque des décisions sont à prendre (notamment en ce moment puisque mon mari doit aller à un entretien d'embauche et que c'est la première fois que nous sommes autant indécis l'un que l'autre, et que donc, aucun de nous ne peut décider pour l'autre. Et notre liste rationnelle n'a rien donné. Egalité partout !). Enfin, notre Saint Joseph a osé épousé une femme qui aux yeux de la communauté n'était plus vierge, il l'a laissée partir chez sa cousine Elisabeth seule... Et ô le couple heureux : ils n'ont eu qu'un seul enfant qui, en plus, devait être sage... Comme modèle de famille, moi je signe tout de suite ! Je ne suis pas sure que les hommes ici présents feraient autant que Saint Joseph. A leur décharge, isl ne sont pas non plus mariés à l'Immaculée Conception
C'est avec impatience que j'attends votre réponse mon Cher Griffon
Fraternellement.
Cécile
PS : un "tu" spécial et cordial pour vous, toi, cher Griffon
