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Le résultat du premier tour des présidentielles nous a plongés dans le désarroi ! Mais, rapidement des réactions apparaissent. Partout dans le pays, des manifestants, dont de nombreux jeunes, clament leur volonté de continuer à vivre dans un pays ouvert, fraternel, solidaire et démocratique.
Nous sommes choqués de voir que de nombreux électeurs des milieux ouvriers et populaires ont porté leur choix sur les candidats d'extrême droite. Ils se trompent de combat. Ce n'est pas la réponse à leur réel mal vivre dans les cités, à leurs problèmes d'emploi, de chômage, à leur manque d'espoir et de reconnaissance."
L'ouverture du communiqué est dans le registre émotionnel et dramatique, et immédiatement la couleur est donnée : les ouvriers censés être sous influence communiste votent pour le candidat républicain et nationaliste... le cauchemar du politiquement correct.
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Partout dans le monde, y compris en France, les pauvres sont de plus en plus nombreux. Face à l'argent roi, l'être humain est rejeté, nié. Sans travail, sans espoir, sans avenir, c'est alors le système de la peur qui s'installe. Le responsable devient l'étranger, l'autre différent. Les médias, aveuglés par la course à l'audience et au profit, portent leur part de responsabilité dans le sentiment d'insécurité qui s'est étendu dans l'ensemble du pays."
Ensuite on a une critique de gauche du libéralisme mais qui ne tire jamais la moindre conclusion quant au régime actuel qui ne permet qu'à des libéraux (qu'ils soient UMP ou PS) d'accéder au pouvoir et organise l'éviction des candidats non libéraux, en pervertissant au passage l'essence démocratique de notre république.
C'est aussi une déformation du programme du FN qui n'est pas centré sur l'immigration, bien que les médias se focalisent sur ce point là, mais sur le bien commun de la France.
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Une société démocratique se construit par le dialogue, l'accueil, l'écoute, la tolérance. C'est en mélangeant, au fil des siècles, les cultures de peuples différents que la France est devenue ce pays de liberté et de fraternité auquel nous tenons tant. "
La conférence des Evêques de France n'est même pas capable de prononcer les mots "amitié", "amour", charité"... qu'elle remplace par les concepts normalisé, creux mais politiquement correct de "dialogue, l'accueil, l'écoute, la tolérance".
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Les droits sociaux, le droit au travail, à l'éducation, à la santé se gagnent aussi par l'action collective au quotidien. C'est là le vrai combat."
Elle semble défendre ces choses mais se fend d'un communiqué exprimant sa crainte de voir ceux qui ont organisé le démantèlement de notre société quitter le pouvoir... l'ironie....
"Chrétiens, nous ne supportons pas les mensonges du candidat de l'exclusion, du mépris et de la haine, notamment quand il détourne l'Evangile à son profit. Le projet de société qu'il propose n'a rien à voir avec le message d'amour et d'espérance du Christ."
Ce passage est de pure calomnie, c'est la répétition servile des mots d'ordre diffusés par les même médias critiqués pour la forme un peu plus haut...
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ommes et Femmes du monde ouvrier, nous savons par nos engagements au quotidien, que "le politique" c'est avant tout le vivre ensemble dans le quartier, la France, le monde. Nous faisons l'expérience d'un combat, d'une écoute, d'une disponibilité, d'une présence notamment en direction des laissés pour compte du libéralisme."
Les "Cathos de gauche" sont en pleine panique, non seulement ils ont mené le mauvais combat en bradant dans les années 60-70 le catholicisme au profit du communisme (combat perdu car l'Eglise a résisté et le communisme s'est effondré), mais le prolétariat lui-même fait maintenant défection de leur idéologie gauchiste...
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Nous nous adressons :
- Aux déçus de la politique et aux "abonnés absents" de la vie en société pour qu'ils prennent toute leur place dans la vie commune et citoyenne à tous les niveaux, et en particulier le 5 mai 2002 en votant contre l'extrême droite."
Ca c'est une vraie honte pour les responsables de l'Eglise française qui s'accommodent parfaitement d'une classe politique corrompue, décadente et belliciste, et cela depuis des décennies, mais font mine de s'effaroucher quand un candidat alternatif remporte un certain succès électoral.
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- Aux acteurs politiques pour qu'ils soient à l'écoute des citoyens et des relais sociaux (associations, syndicats...). Osons construire ensemble une France et une Europe ouvertes et solidaires. "
Voilà de la communication politique digne d'une campagne de pub pour une lessive.
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D'autres échéances nous attendent. Nous aurons chaque fois à manifester fermement notre choix pour plus de démocratie, de justice sociale, de solidarité."
Mais quelles positions ont-elles été fermement prises par ces courageux prélats sur l'interminable liste de forfaits commis par le gouvernement :
viewtopic.php?f=94&t=19762 ?
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Chrétiens, acteurs dans une société pluraliste et laïque, nous ne pouvons céder à la peur et au mépris de l'autre. "N'ayez pas peur !", déclare le Christ dans l'Evangile. Notre foi nous dit que l'avenir est à la fraternité entre tous les peuples. Nous nous réjouissons d'être des citoyens invités par le Christ à la liberté de servir la justice et la paix."
Le décalage entre les intentions affichées et le silence appliqué sur les actes de l'élite UMPS qui nous gouverne est un koan.
"Kōan (japonais ; chinois : gōng'àn 公案, littéralement : arrêt faisant jurisprudence) est une courte phrase ou une brève anecdote absurde, énigmatique ou paradoxale, ne sollicitant pas la logique ordinaire, utilisée dans certaines écoles du bouddhisme chan ou zen."
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Passionnés d'humanité, ouvrons l'avenir !"
Source : Maison du Peuple, La Courneuve, 1967, Rencontres Ouvrières Internationales pour la Paix...
Bref, ce communiqué est une honte pour l'Eglise française, parce qu'en révélant son implication politicienne, il révèle du même coup la subordination de l'Eglise française au pouvoir politique. C'est aussi un tissu de contradictions.