La révolte gronde contre la magistrature (Affaire Censier)

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Brindille
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Re: La révolte gronde contre la magistrature (Affaire Censie

Message non lu par Brindille »

Et voilà.. encore un drame qui aurait pu être éviter si l'arsenal judiciaire avait été efficace et si on avait pas laisser un "malade" de plus en liberté...

Mort d'Agnès : le suspect accusé "d'assassinat et de viol"
Le passé judiciaire du lycéen en garde à vue, élève de Première dans le même établissement que la jeune fille, dévoilé dès vendredi par TF1News a également été confirmé : il avait été condamné l'an dernier à quatre mois de prison avec sursis pour agression sexuelle. Et, selon le parquet, Le lycéen était sous contrôle judiciaire depuis fin 2010 pour cette agression sexuelle. La victime du jeune homme d'origine gardoise, qui avait 16 ans au moment des faits, était mineure. Il est en attente de son procès dans cette affaire, a-t-on ajouté.
http://lci.tf1.fr/france/faits-divers/h ... 31604.html

Toutes les semaines, Disparition, gendarmerie, procureur, marche blanche, ...coupable récidiviste !
Mais que fait la justice pour protéger les français?
------
Je ne signe des pétitions qu'après m'être assurée qu'elle ne servent pas une quelconque idéologie politique.
Et surtout si ce qui est demandé correspond exactement à ce que je souhaite moi-même.
C'est le cas pour les requêtes de cette pétition précise et aujourd'hui il y a plus d'un million de signataires... Cela prouve bien qu'il y a une profonde insatisfaction et une énorme demande citoyenne dans ce "pacte pour la justice"

1
L’égalité de droits entre la victime et l’accusé : Un accès immédiat pour la victime à l’assistance d’un avocat dès le dépôt de plainte ; le droit pour la victime de contester en appel la remise en liberté de son agresseur.
2
L’impunité zéro pour les atteintes aux personnes et aux biens : Un grand ministère chargé de la sécurité des citoyens, regroupant forces de l’ordre et politique pénale ; des amendes « plancher » automatiques accompagnant toute condamnation pour délit.
3
L’application effective des peines prononcées : L’obligation pour tous les condamnés de purger au minimum les trois quarts de leur peine ; une capacité de 30 000 places de prison supplémentaires pour rejoindre la moyenne européenne.
4
Une fermeté de précaution vis-à-vis des criminels dangereux :
La perpétuité réelle pour les grands criminels ; la surveillance à vie des délinquants sexuels.
5
Une Justice transparente qui rende des comptes aux citoyens : Un débat national sur l’élection des procureurs au suffrage universel ; des audiences d’application des peines ouvertes au public.

http://www.pacte2012.fr/pacte.php
Fraternellement.

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Théophane
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Re: La révolte gronde contre la magistrature (Affaire Censie

Message non lu par Théophane »

Même si ces propositions ne me dérangent pas, elles sont quand même très révélatrices d'une montée en puissance du courant victimologique qui existe depuis quelques années en droit pénal. Pourtant, le but du droit pénal n'est pas de se préoccuper de la victime (qui n'est qu'un élément de l'infraction) mais bien de punir l'infracteur. En tout cas, une trop grande prise en considération des victimes ne correspond pas vraiment à la physionomie de cette branche du droit, les victimes étant normalement invitées à se tourner vers le droit civil, avec les mécanismes de la responsabilité civile délictuelle.
« Être contemplatifs au milieu du monde, en quoi cela consiste-t-il, pour nous ? La réponse tient en quelques mots : c’est voir Dieu en toute chose, avec la lumière de la foi, sous l’élan de l’amour, et avec la ferme espérance de le contempler face à face au Ciel. »
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Brindille
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Re: La révolte gronde contre la magistrature (Affaire Censie

Message non lu par Brindille »

Bon dimanche à tous :)
Théophane a écrit :Même si ces propositions ne me dérangent pas, elles sont quand même très révélatrices d'une montée en puissance du courant victimologique qui existe depuis quelques années en droit pénal. Pourtant, le but du droit pénal n'est pas de se préoccuper de la victime (qui n'est qu'un élément de l'infraction) mais bien de punir l'infracteur. En tout cas, une trop grande prise en considération des victimes ne correspond pas vraiment à la physionomie de cette branche du droit, les victimes étant normalement invitées à se tourner vers le droit civil, avec les mécanismes de la responsabilité civile délictuelle.
Il ne s'agit pas de punition mais de sécurité.

Droit civil ou pénal, le résultat est le même pour le néophyte. Les victimes ont besoin qu'on les reconnaisse dans leur souffrance. Elles ont autant besoin de respect humain que le délinquant. Et non pas de n'être considérée que "comme un élément de l'infraction". (Ce concept me paraît insoutenable !)

Ce respect passe aussi par la "neutralisation" du criminel. Relâcher un assassin, c'est nier les drames, le risque mortel de récidive. C'est aussi quasiment "culpabiliser" les victimes ! Culpabiliser c'est ce que vous faites, sans vous en rendre compte j'imagine, quand vous dénoncer la "montée en puissance du courant victimologique"

Celle-ci est pourtant légitime face au laxisme responsable de tant de drames maintenant hebdomadaires.
Enfants, jeunes, femmes, personnes âgées, enseignants, flics, etc, etc ... agressés trop souvent par des délinquants "connus de la police" avec casier judiciaire. Les méthodes d'investigations ont fait des progrès gigantesques et on retrouve presque toujours les coupables. Dans le même temps, la "justice" trouve le moyen de les relâcher sous n'importe quel prétexte administratif !!
Les victimes ont besoin de savoir que le criminel (mineur ou pas,) ne pourra plus jamais nuire à qui que ce soit.

Un psychopathe laisser en liberté même "surveillée" est une bombe à retardement lancée dans la société en toute connaissance de cause. Ce qui, en droit, constitue un acte criminel, il me semble...! :bomb:

Les magistrats, à ma connaissance, ne courent aucun risque suite à leur décision irresponsable... Sauf peut être de voir leur propre famille frappée dans son cœur par le criminel qu'ils auront relâcher la veille ! ( Mais ça non plus, le nez dans les textes, ils n'y pensent pas. Ça n'arrive qu'aux autres n'est-ce pas ? ) Ou peut être encore une mutation ? ( je ne sais pas)

Jusqu'où allons-nous confier notre sécurité à des apprentis-sorciers ?
Fraternellement.

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Re: La révolte gronde contre la magistrature (Affaire Censie

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Bonjour Mesdames,
AnneT a écrit :Y a plein de victimes, d'enfants de victimes, de parents de victimes, de conjoints de victimes (sans compter certaines victimes elles-mêmes parce que décédées) qui n'en reçoivent pas autant en soins médicaux, possibilités d'études, nourriture, confort, etc, que la plupart des prisonniers qui sont responsables du sort de ces mêmes victimes...
. Où est la démonstration de ce que vous avancez ici ? Les faits, les études, les chiffres... manquent pour que l'on soit convaincu par vos propos.
. On ne voit pas où conduit votre raisonnement. Car si vous avez raison, qu'en déduisez-vous ? Qu'il faut rendre les conditions de vie des prisonniers encore plus difficiles ?
. Comment comprendre votre première phrase : "Ah ! Ces horribles conditions de vie en prison !". Vous niez qu'elles sont difficiles ? Ou vous trouvez que ce n'est que justice ?


Brindille,

. Pour vous, relâcher un assassin c'est nier les drames et le risque de récidive.
Pensez-vous donc que tous les assassins devraient être enfermés à perpétuité, ou que ce traitement doit être réservé aux seuls "grands criminels" (concept vague qui gagnerait à être précisé), comme le demande le "pacte pour la justice" ? Dans ce dernier cas, à partir de quand cette libération vous parait-elle ne plus être une négation du drame ou du risque de récidive ?
. En quoi relâcher un assassin est une culpabilisation des victimes ? La victime d'un assassin n'est plus en mesure d'être culpabilisée par quoi que ce soit...
. Vous semblez utiliser le mot criminel comme synonyme d'assassin, ce qu'il n'est pas. Cela nuit à la clarté de vos propos.
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marie du hellfest
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Re: La révolte gronde contre la magistrature (Affaire Censie

Message non lu par marie du hellfest »

Est-ce que quelqu'un aurait des chiffres fiables sur le nombres de suspects mis en détention provisoire puis relâchés quand leur innocence a été établie ? J'avais vu un chiffre de 200/an quelque part, mais comme il n'y avait aucune source avec, je m'en méfie.

Parce que ce genre de cas, on en entend pas souvent parler à la télé (sauf pour les plus retentissants comme l'affaire d'Outreau par exemple). Est-ce que c'est dû au nombre moins important par rapport aux victimes de récidivistes, ou simplement parce que c'est moins sensationnel ?

Je veux bien admettre que ça doit faire très mal, en tant que victime, de voir l'auteur de ses souffrances libre et pas inquiété à cause d'un problème de la machine judiciaire, mais faut aussi se mettre à la place de ceux qui en ont pris plein la gueule pour pas un rond.
Ils en pensent quoi, à votre avis, les accusés d'Outreau ou Patrick Dils, du soi-disant meilleur traitement réservé aux coupables qu'aux victimes ? Pourquoi vous leur demandez pas, à eux ?
Est-ce qu'on est prêt à ruiner la vie de certaines personnes (les innocents accusés à tort) pour sauver potentiellement celles d'autres (les futures victimes de récidivistes) ? Parce qu'il ne faut pas se leurrer, ceux qui font les lois et ceux qui les appliquent, ce sont des êtres humains, avec toutes les chances d'erreurs qui vont avec. Des erreurs judiciaires, il y en aura toujours. Et les accusés à tort sont, eux aussi, des victimes, qu'il serait bien de ne pas oublier.

Avant de vouloir rénover de fond en comble le système actuel, faudrait peut-être commencer par lui donner vraiment les moyens d'appliquer sa politique, histoire de voir si c'est efficace ou pas. Dans l'affaire de cette pétition, l'assassin présumé de Jérémy Censier a été libéré parce qu'il n'a pas encore été jugé. Si la justice avait eu les moyens de le juger plus rapidement, on aurait sans doute évité le problème de la remise en liberté (s'il avait bien été déclaré coupable). Il serait donc en train de purger sa peine, les parents seraient soulagés que justice ait été rendue, et cette vidéo n'aurait probablement jamais vu le jour.
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Brindille
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Re: La révolte gronde contre la magistrature (Affaire Censie

Message non lu par Brindille »

touriste a écrit : Brindille,
. Pour vous, relâcher un assassin c'est nier les drames et le risque de récidive.
Pensez-vous donc que tous les assassins devraient être enfermés à perpétuité, ou que ce traitement doit être réservé aux seuls "grands criminels" (concept vague qui gagnerait à être précisé), comme le demande le "pacte pour la justice" ? Dans ce dernier cas, à partir de quand cette libération vous parait-elle ne plus être une négation du drame ou du risque de récidive ?
. En quoi relâcher un assassin est une culpabilisation des victimes ? La victime d'un assassin n'est plus en mesure d'être culpabilisée par quoi que ce soit...
. Vous semblez utiliser le mot criminel comme synonyme d'assassin, ce qu'il n'est pas. Cela nuit à la clarté de vos propos.
Bonsoir Touriste,
Vous avez raison de me faire remarquer la différence entre assassins et criminels. (Je ne suis pas familiarisée avec ce vocabulaire, et j'avais tendance à employer ce terme de façon "générique". Désolée)

Je suis révoltée comme tout le monde je pense par ces meurtres insoutenables, dont la fréquence fini les banaliser et à les faire passer pour une fatalité...
Oui, relâcher un assassin est bien nier le meurtre, le drame pour la famille endeuillée et nier le risque de récidive.
Oui, les assassins devraient être mis à l'écart de la société tout le temps que dure leur perversion et leur capacité de nuisance physique et morale. Ce n'est qu'à ce moment là qu'on peut considérer qu'une libération n'est plus "la négation du drame ou du risque de récidive" !
Oui, une tentative de viol (à fortiori avec préméditation) ne doit pas être prise à la légère comme c'est le cas aujourd'hui...
Oui, il y a des erreurs et lacunes dans les "expertises". Elles aboutissent à la mise en liberté de criminels, assassins en puissance, avec les conséquences dramatiques que l'on connait ...

Le jeune qui a assassiné n'aurait pas du se trouver dans une établissement scolaire normal mais dans un établissement spécialisé et fermé. Là, ils ont mis le loup dans la bergerie et ils sont responsables de ce meurtre... autant que son auteur à mon avis. Mais ils ne risquent rien eux...donc ils passent à un autre dossier et rebelote !

Vous me demandez
"En quoi relâcher un assassin est une culpabilisation des victimes ? La victime d'un assassin n'est plus en mesure d'être culpabilisée par quoi que ce soit..."

Oui, relâcher un assassin "pour vice de forme" par exemple, revient à dire que la victime n'existe pas, qu'elle n'a pas été tuée. Imaginez-vous touriste, qu'un seul meurtre fait des quantité de victimes ...
Combien de famille sont anéanties suite à l'assassinat d'un des leurs? Vous les oubliez ?
Il suffit pourtant d'un peu d'empathie et de bon sens...
Des parents qui ont perdu un enfant ..Ne pensez-vous pas qu'ils se torturent, culpabilisent en se disant, si seulement je n'avais pas mis ma fille dans cette école ? Si seulement je n'avais pas laisser mon fils se promener sans protection ?
Si seulement... si seulement...
Je pense aussi aux parents du jeune homme... Si seulement leur fils avait été pris en charge correctement,...

En enfermant le coupable, la société reconnait qu'un tiers est intervenu dans la disparition de l'être aimé.

Je précise que pour moi, un seul assassin identifié en liberté c'est déjà criminel de la part de ceux qui le laisse courir ...
Pas besoin de de les compter !
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Théophane
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Re: La révolte gronde contre la magistrature (Affaire Censie

Message non lu par Théophane »

Brindille a écrit :Droit civil ou pénal, le résultat est le même pour le néophyte. Les victimes ont besoin qu'on les reconnaisse dans leur souffrance. Elles ont autant besoin de respect humain que le délinquant. Et non pas de n'être considérée que "comme un élément de l'infraction". (Ce concept me paraît insoutenable !)
Je comprends bien. Simplement, le sujet du droit pénal n'est pas la victime mais l'infracteur. Les victimes, naturellement, doivent être prises en compte et indemnisées, mais cette mission fort louable est celle du droit civil. C'est pour cela, d'ailleurs, qu'il peut exister une phase indemnitaire (c'est-à-dire civile) au sein d'un procès pénal.
Ce respect passe aussi par la "neutralisation" du criminel. Relâcher un assassin, c'est nier les drames, le risque mortel de récidive. C'est aussi quasiment "culpabiliser" les victimes ! Culpabiliser c'est ce que vous faites, sans vous en rendre compte j'imagine, quand vous dénoncer la "montée en puissance du courant victimologique"
Je ne comprends pas où vous voyez de la culpabilisation dans mes propos. Je ne fais que constater que les récentes réformes de droit pénal et surtout de procédure pénale intègrent les victimes au procès pénal en tant qu'acteurs à part entière. C'est une dérive. Il y a même une privatisation du procès pénal, une prise en compte de l'avis du délinquant pour prononcer la peine, et tant d'autres innovations dangereuses... D'ailleurs, les limites deviennent floues entre le droit civil et le droit pénal : il y a d'un côté la peine qui consiste à indemniser la victime et de l'autre les punitive damages, les dommages punitifs. C'est incohérent !
Pour la neutralisation, je suis d'accord, c'est en effet une des fonctions de la peine. Toutefois, je vous rassure : le système judiciaire français, même s'il souffre d'un manque de budget, ne relâche pas les assassins (qui d'ailleurs sont jugés par un jury populaire composé de citoyens assistés de magistrats). Quant à la récidive, elle signifie qu'une condamnation pénale a déjà été prononcée.
Dans le même temps, la "justice" trouve le moyen de les relâcher sous n'importe quel prétexte administratif !!
Vous pensez vraiment que la justice a un intérêt quelconque à relâcher des personnes ayant commis des crimes graves ? En réalité, la situation est la suivante : la Constitution française soumet la procédure pénale à la loi. Par conséquent, cette matière juridique connaît une certaine rigidité. On peut le déplorer, mais cela est pourtant nécessaire : parce que le droit pénal attente à la liberté des individus, la procédure doit être assez stricte pour assurer une protection suffisante de leurs droits. La procédure est la garante de la liberté et du droit.
Je rappelle également que l'on est toujours présumé innocent, jusqu'à ce que la culpabilité ait été prouvée. Faut-il aussi évoquer l'encombrement des juridictions, le manque de juges, le manque de places en prison ? Certaines cours d'appel n'ont même plus assez d'argent pour acheter des codes papier et n'ont pas de connexion internet pour aller sur Légifrance. À qui la faute ? Certainement pas à la magistrature.
Les victimes ont besoin de savoir que le criminel (mineur ou pas,) ne pourra plus jamais nuire à qui que ce soit.
Oui, sans doute, mais encore une fois le but du droit pénal est la punition du coupable et non la prise en compte des intérêts de la victime.
Un psychopathe laisser en liberté même "surveillée" est une bombe à retardement lancée dans la société en toute connaissance de cause. Ce qui, en droit, constitue un acte criminel, il me semble...! :bomb:
Ce n'est pas aussi simple... Mais là où nous nous rejoignons sans doute, c'est que je suis favorable à une plus grande répression. Entre autre, je suis pour la perpétuité réelle, qui existe dans le Code pénal mais qui est exceptionnelle dans la réalité.
Les magistrats, à ma connaissance, ne courent aucun risque suite à leur décision irresponsable...
Non, et c'est heureux, car il serait fort dangereux d'engager la responsabilité civile ou pénale d'un juge pour un acte réalisé dans l'exécution de son travail, fût-il une source d'erreur. Le droit français ne punit ses juges qu'en cas de déni de justice, c'est-à-dire en cas de refus de juger.

Théophane
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Re: La révolte gronde contre la magistrature (Affaire Censie

Message non lu par Brindille »

Merci Théophane pour toutes ces précisions très intéressantes.
Théophane a écrit :
Culpabiliser c'est ce que vous faites, sans vous en rendre compte j'imagine, quand vous dénoncer la "montée en puissance du courant victimologique"
Je ne comprends pas où vous voyez de la culpabilisation dans mes propos.

J'ai expliqué dans le post au-dessus pourquoi je parlais de "culpabilisation des victimes" et pourquoi je parlais "des" victime et non "de la" victime en cas de meurtre ou d'agression sexuelle par exemple. Des familles et des femmes ou enfants en général sont brisés... (Les morts eux reposent en paix)
Le "Si seulement, j'avais ..." doit être obsédant et funeste pour ceux qui restent.
Ce terme de "victimologie" que vous employez, a un écho péjoratif ( c'est mon impression) alors que les victimes, toutes les victimes, doivent avoir notre plus profond respect, notre compassion.
La culpabilité naturelle pour toute personne responsable, doit être combattu et cela commence par le transfert de la responsabilité sur le coupable quand il est identifié... Sans coupable reconnu par la société, le coupable relâché, les victimes restent seules avec leur intime culpabilité. C'est profondément "injuste" et c'est la "justice" qui est en cause !!
Théophane a écrit : Je ne fais que constater que les récentes réformes de droit pénal et surtout de procédure pénale intègrent les victimes au procès pénal en tant qu'acteurs à part entière. C'est une dérive. Il y a même une privatisation du procès pénal, une prise en compte de l'avis du délinquant pour prononcer la peine, et tant d'autres innovations dangereuses... D'ailleurs, les limites deviennent floues entre le droit civil et le droit pénal : il y a d'un côté la peine qui consiste à indemniser la victime et de l'autre les punitive damages, les dommages punitifs. C'est incohérent !
Je ne parle pas "indemnités" car je pense que rien je peux remplacer un être aimé.
Je pense que c'est une bonne chose que les victimes ne soient pas exclues du pénal et vous trouvez qu'il s'agit d'une dérive...L'avis du délinquant importe-t-il ?
Théophane a écrit : Pour la neutralisation, je suis d'accord, c'est en effet une des fonctions de la peine. Toutefois, je vous rassure : le système judiciaire français, même s'il souffre d'un manque de budget, ne relâche pas les assassins (qui d'ailleurs sont jugés par un jury populaire composé de citoyens assistés de magistrats). Quant à la récidive, elle signifie qu'une condamnation pénale a déjà été prononcée.
En ce cas, comment expliquez-vous que l'assassin du jeune Censier et ses complices soient libres, que l'assassin de la jeune Agnès avait purgé juste avant le drame, 4 mois de préventive à la suite d'une tentative de viol avec préméditation et il se retrouvait "dans la bergerie"

Théophane a écrit : Oui, sans doute, mais encore une fois le but du droit pénal est la punition du coupable et non la prise en compte des intérêts de la victime.
Il ne s'agit pas que "des intérêts de la victime" mais de l'intérêt de la société que les juges sont censés protéger !!
Théophane a écrit : il serait fort dangereux d'engager la responsabilité civile ou pénale d'un juge pour un acte réalisé dans l'exécution de son travail, fût-il une source d'erreur.

Je pense au contraire que l'impunité des magistrats est un danger pour la Justice !
Pourquoi jouïraient-ils d'une impunité quand toutes les autres professions sont responsables de leurs actes...
Je pense par exemple à l'erreur médicale qui elle, est punie par la loi .

Bonne soirée :ciao:
Fraternellement.

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Re: La révolte gronde contre la magistrature (Affaire Censie

Message non lu par Invité »

Chère Brindille,
Brindille a écrit :Oui, les assassins devraient être mis à l'écart de la société tout le temps que dure leur perversion et leur capacité de nuisance physique et morale. Ce n'est qu'à ce moment là qu'on peut considérer qu'une libération n'est plus "la négation du drame ou du risque de récidive" !
Je vous remercie, mais votre réponse est trop abstraite pour me satisfaire. Je vous demande, de deux choix, lequel est le votre, et vous me répondez "oui" !
Juger de la perversion d'un assassin, ou de la fin de cette perversion, c'est assez arbitraire. Un peu plus loin vous affirmez qu'il y a des erreurs et des lacunes dans les expertises (j'approuve le propos), mais justement : pourquoi une expertise de la perversion d'un assassin serait-elle plus fiable ?
Qu'appelez-vous, exactement, la "capacité de nuisance physique et morale" ? Voudriez-vous enfermer un assassin jusqu'à ce qu'il devienne très âgé et incapable, par exemple, de se mouvoir (comment comprendre autrement la capacité de nuisance phsique, sachant que vous, moi et un tas de gens avons la capacité de faire du mal physiquement à d'autres personnes) ? Et n'avons nous pas tous une capacité de nuisance morale ?
Soyons concret : dans le système de justice que vous préconisez, les assassins écoperaient-ils toujours d'une peine déterminée, ou seraient-ils maintenu en détention jusqu'à ce que je ne sais quelle instance décide de les relâcher ?
Brindille a écrit :Imaginez-vous touriste, qu'un seul meurtre fait des quantité de victimes ... 
Combien de famille sont anéanties suite à l'assassinat d'un des leurs? Vous les oubliez ? 
Il suffit pourtant d'un peu d'empathie et de bon sens...
Je prends victime au sens restreint, comme vous le faites vous-même dans la phrase précédente : quand vous dites que "la victime n'existe pas, qu'elle n'a pas été tuée", vous parlez bien de la personne assassinée, non de ses parents ou amis.
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Anne
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Re: La révolte gronde contre la magistrature (Affaire Censie

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touriste a écrit : Où est la démonstration de ce que vous avancez ici ? Les faits, les études, les chiffres... manquent pour que l'on soit convaincu par vos propos.
Je parle de ce qu'on constate quasi-quotidiennement au Québec : les peines de prisons (souvent ridicules) sont rarement menées à terme, les libérations conditionnelles sont très permissives (pour désengorger le système, diront les vilaines langues, of course).
On ne voit pas où conduit votre raisonnement. Car si vous avez raison, qu'en déduisez-vous ? Qu'il faut rendre les conditions de vie des prisonniers encore plus difficiles ?
J'en déduit que c'est inéquitable. Ce que je revendique, c'est que les victimes reçoivent, à tout le moins, autant d'égards et de services que les criminels. Je parle encore là de la situation au Québec. Tant mieux si ça baigne ailleurs.
Comment comprendre votre première phrase : "Ah ! Ces horribles conditions de vie en prison !". Vous niez qu'elles sont difficiles ? Ou vous trouvez que ce n'est que justice ?
Toujours au Québec, je ne pense pas qu'on puisse comparer les conditions de vie en prison à celle du goulag. Elles sont supérieures à celles auxquelles ont droit, par exemple, des personnes âgées placées en institution. Nos prisonniers ont droit à des salles d'entrainement, à Internet, l'accès à l'éducation gratuite (de niveau universitaire, même, y a rien de trop beau), sont soignés rapidement, ont droit à des services en psychologie, sont décemment logés et nourris alors que bien d'autres gens n'ont pas accès à tout ça (nos aînés par exemples, qui ont contribué honnêtement et travaillé toute leur vie), et que leurs victimes doivent se démerder par elles-mêmes.

Voilà ce qui me fait bondir.

P.S. Vous pouvez étiqueter ça de l'étiquette péjorative qu'il vous plaira sans que ça me fasse un pli.
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
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Re: La révolte gronde contre la magistrature (Affaire Censie

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Bonjour Madame,
AnneT a écrit :P.S. Vous pouvez étiqueter ça de l'étiquette péjorative qu'il vous plaira sans que ça me fasse un pli.
Pourquoi partez-vous du principe que je vais qualifier ce que vous écrivez de mauvais, méchant, pas bien... ? Non, c'est intéressant. Je n'habite pas au Québec et la situation semble différente de ce qu'on observe en France.

Ce n'est pas contre vous, mais je ne crois que ce qu'on me démontre.
. Vous ne m'avez pas prouvé que leurs victimes (quand il y en a, ce qui n'est pas le cas dans tous les crimes et délits) avaient en général un niveau de vie plus bas que les prisonniers, et ceci par leur faute : c'est en substance ce que disais votre précédent message, et c'est ce sur quoi j'ai réagi.
. C'es triste que les personnes âgés québécoises rencontrent parfois de grosses difficultés (ça, c'est comme en France, malheureusement). Je peux comprendre que ça vous choque, que des honnêtes citoyens vivent moins bien que des délinquants, mais ça ne concerne que peu notre sujet, à moins que les prisonniers ne soient responsables de cette situation.
. Vous m'apportez des informations intéressantes sur les conditions de détention au Québec. C'est mon leitmotiv, je regrette, mais si vous pouviez argumenter ? On lit les communiqués d'Alter Justice (ancien groupe de défense des droits des détenus du Québec, je dis pas que c'est pas orienté) : ce n'est pas le même discours.
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Re: La révolte gronde contre la magistrature (Affaire Censie

Message non lu par Brindille »

Bonjour touriste
touriste a écrit :Juger de la perversion d'un assassin, ou de la fin de cette perversion, c'est assez arbitraire. Un peu plus loin vous affirmez qu'il y a des erreurs et des lacunes dans les expertises (j'approuve le propos), mais justement : pourquoi une expertise de la perversion d'un assassin serait-elle plus fiable ?
Je viens d'entendre qu'il existe en Belgique par exemple, une échelle précise d'évaluation de la dangerosité des délinquants...
J'espère que nos politiques vont s’intéresser de près à cet outil. La décision de mise en liberté ne serait plus suspendue à la seule appréciation subjective d'un juge ...

Concernant "capacité de nuisance physique et morale", la durée de l'isolement, de la mise à l'écart, vous avez bien compris le fond de ma pensée...
Un individu dangereux doit être écarté de la société tant que le danger qu'il représente existe ou reste potentiel.
L'appréciation de cette potentialité restant la responsabilité des experts ( outil d'évaluation)et des juges avec sanction pour eux si faute!C'est l'application simple du fameux "principe de précaution" et de la responsabilisation.
Aujourd'hui, on apprend que l'assassin d'Agnès a été "changé de département à la demande du juge" et placé à la suite de ses 4 mois de prison,dans ce lycée en pleine nature, sans que le chef d'établissement ne soit informé de la perversion de cet élève. "C'est la loi !!" :cry:
touriste a écrit :
Brindille a écrit :Imaginez-vous touriste, qu'un seul meurtre fait des quantité de victimes ...
Combien de famille sont anéanties suite à l'assassinat d'un des leurs? Vous les oubliez ?
Il suffit pourtant d'un peu d'empathie et de bon sens...
Je prends victime au sens restreint, comme vous le faites vous-même dans la phrase précédente : quand vous dites que "la victime n'existe pas, qu'elle n'a pas été tuée", vous parlez bien de la personne assassinée, non de ses parents ou amis.
Je n'ai pas envie de "jouer sur les mots" dans un contexte aussi grave...
Il y a le mort et il y a sa famille, ses amis,... Ils forment l'ensemble des "victimes" d'un meurtre.
Le mort repose en paix tandis que ses proches sont anéantis.
Il est indécent d'ergoter sur la terminologie à mon avis.
AnneT a écrit : Ce que je revendique, c'est que les victimes reçoivent, à tout le moins, autant d'égards et de services que les criminels. Je parle encore là de la situation au Québec. Tant mieux si ça baigne ailleurs.
Bonjour Anne T
Idem en France, il suffit de lire le témoignage de Monsieur Censier au début du topic ! :cry:

Et là presque 1 120 000 signataires !
http://www.pacte2012.fr/pacte.php
Dernière modification par Brindille le mar. 22 nov. 2011, 12:33, modifié 1 fois.
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Re: La révolte gronde contre la magistrature (Affaire Censie

Message non lu par Mars »

En Belgique, il y a la Loi Lejeune qui permet la libération du détenu au 1/3 ou 2/3 de la peine pour les récidivistes. C'est le Tribunal d'Application des Peines qui décide de la mise en liberté à partir de la date d'admissibilité à la libération conditionnelle. Le Tribunal impose des conditions que le condamné devra respecter au moment de la libération ex : ne pas résider à moins de 10 km de la victime, entamer un suivi psy, chercher un emploi... lorsqu'il se présente devant le Tribunal d'Application des Peines, le détenu doit proposer un plan de reclassement sérieux avec des informations concrètes. Il ne doit plus être dans le déni et avoir réussi la batterie de tests prévues par les Services Psycho-sociaux de la Prison. Ce que l'on constate en Belgique : de plus en plus de détenus font le choix délibéré de purger leur peine en totalité. Une fois dehors, ils ne seront plus suivi...
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Heureux ceux qui ont soif de justice…

Message non lu par PaxetBonum »

Si vous n'avez pas entendu parler du témoignage de Joel Censier… je n'ai pas de mot pour décrire ce que cela m'évoque


http://pacte2012.fr/video.html
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Re: La révolte gronde contre la magistrature (Affaire Censie

Message non lu par PaxetBonum »

touriste a écrit :Bonjour Madame,
AnneT a écrit :P.S. Vous pouvez étiqueter ça de l'étiquette péjorative qu'il vous plaira sans que ça me fasse un pli.
Pourquoi partez-vous du principe que je vais qualifier ce que vous écrivez de mauvais, méchant, pas bien... ? Non, c'est intéressant. Je n'habite pas au Québec et la situation semble différente de ce qu'on observe en France.

Ce n'est pas contre vous, mais je ne crois que ce qu'on me démontre.
. Vous ne m'avez pas prouvé que leurs victimes (quand il y en a, ce qui n'est pas le cas dans tous les crimes et délits) avaient en général un niveau de vie plus bas que les prisonniers, et ceci par leur faute : c'est en substance ce que disais votre précédent message, et c'est ce sur quoi j'ai réagi.
Je recherche cette vidéo de cette fille violée à de nombreuses reprises par des jeunes d'une cité durant des années.
Au procès on lui expliqué que les faits remontaient à 5 ans… que ces jeunes avaient évolués, certains avaient un travail, d'autres une famille…
Les mettre en prison c'était les mettre en état d'échec…
Elle au bout de 5 ans elle n'avait pas de travail, pas de diplômes, pas de famille car elle passe de maisons psychiatriques en maisons de repos…
Condamnation avec sursis pour la plupart, les condamnations fermes (quelques mois) n'ont jamais été mises en application
Dommages et intérêts payés par l'assurance responsabilité civile des violeurs

Total : une fille a la vie détruite, des assassins en liberté, dont on s'inquiète de l'insertion socioprofessionnelle et qui ne débourse pas un centime… On se demande qui est le coupable dans l'affaire…

Le niveau de vie de la victime devient plus bas que celui de ses agresseurs dans l'attention qu'on lui porte…
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