Raistlin a écrit :Aldous a écrit :concrètement ça veut dire qu'on ne peut retirer le droit à s'exprimer dans une société qui s'efforce au bien.
Ca ne veut rien dire. La société peut s'efforcer au bien et certains de ses membres peuvent mésuser de leur liberté d'expression. Les deux ne sont pas corrélés.
Vous défendez l'indéfendable Aldous. Si la liberté d'expression est "sacrée", donc un absolu, alors tout le monde doit être autorisé à dire tout et n'importe quoi, même ce qui fait du mal à autrui, même ce qui nie la dignité humaine, même ce qui est contraire à l'amour, etc. Or le simple bon sens permet de comprendre que c'est absurde, qu'on ne peut procéder ainsi. C'est donc que la liberté d'expression n'est pas du tout sacrée : elle est ordonnée à autre chose de plus grand qu'elle.
Bonjour Raistlin,
Quel plaisir en revenant ici de constater qu'on s'y efforce autant de comprendre les autres que de formuler correctement sa pensée. Il me semble que voilà bien préservés ces deux piliers nécessaires aux réseaux sociaux.
Concernant votre approche de la liberté d'expression, vous aurez sûrement constaté qu'il ne s'agit en rien, dans la Loi, d'une chose sacrée ou absolue. Voyons cela par le grotesque : croyez-vous que la société tolérerait la liberté d'expression d'un club nudiste à la sortie des écoles maternelles? La liberté d'expression est bien entendue soumise à la censure républicaine. En fait, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, texte séminal, y pose des réserves immédiates, notamment aux Articles 10 et 11 :
« Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses,
pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. »
« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement,
sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. »
En fait la législation s'est beaucoup étoffée depuis et la notion de liberté d'expression est aujourd'hui définie par de nombreux textes, notamment au niveau international, voir surtout le pacte international relatif aux droits civils et politiques (Article 19).
Concernant l'affaire de la raillerie des religions, des blasphèmes en public, etc., une chose me parait bonne : laisser faire, tellement il y a mieux à faire que d'agir ici.