"Sur le concept du Visage du Fils de Dieu"

Patrimoine - Cinéma - Médias - Photographie - Musique - Peinture - Architecture
Avatar de l’utilisateur
Aldous
Barbarus
Barbarus

Re: Un opposant catholique écrasé par un car de police à Par

Message non lu par Aldous »

Bonjour,
Charles a écrit :
Aldous a écrit :Charles, vous pouvez me raconter tout ce que voulez, je ne suis pas convaincu que tout l'art contemporain est à jeter comme on jetterai le bébé avec l'eau du bain. Ce sentiment je l'ai car j'ai fait des études d'arts plastiques et que suite à mes études j'ai continué à fréquenter les musées et les galeries où l'art contemporain s'expose et j'y est souvent trouvé mon compte quant à ce que je pense que l'art doit produire en nous: nous interpeler, nous remettre en cause, nous émouvoir, nous surprendre, nous transformer...
Peut-être êtes vous un de ces "artistes sans art" dont parle Domecq, un artiste raté de plus, et dans ce cas, bien évidemment, vous ne remettrez jamais en cause le système qui fait de votre ratage humain une valeur mondaine universelle et pour quelques uns une pompe à fric.
Non je ne suis pas un artiste sans art ni un artiste raté, je vous parle ici en tant qu'amateur, observateur, visiteur d'art contemporain pas en tant que producteur de cet art.
Charles a écrit :
Aldous a écrit :Maintenant qu'il y ait des problèmes ou plutôt des questionnements attenants à tout ce qui se produit au nom de l'art contemporain (au niveau de ses excés, de sa répétition parfois maintenant lassante, de ses moyens et réseaux de diffusion, etc...) je ne le nie pas... Mais pour ce que vous appelez par exemple ses ratages, cela fait partie du jeu, c'est un art qui se fait et se montre maintenant (au présent) et le tri de ce qui est bon dans cet art ne saurait être juste à chaque fois... Tout artiste qui s'essaie dans le genre contemporain a le droit de tenter de s'exposer... et de rater... (comme dans un genre plus classique ou traditionnel d'ailleurs le ratage est aussi de mise. D'où, au passage, votre comparaison des artistes avec des chirurgiens ou des pilotes d'avion quelque peu aléatoire...)
Cela dit, si je parle de ratage, c'est humainement, au sujet du procédé lui-même qu'emploient les pseudo artistes contemporains ; c'est systématiquement que ce pseudo art est stérilité et effort pour maquiller la stérilité. Pour être précis, dans les "oeuvres" dites contemporaines en particulier, il n'y a jamais ni ratage ni réussite, parce qu'il n'y a pas d'enjeu artistique. C'est ce que j'expliquais plus haut en disant que chez les artistes féconds, il y a, à chaque oeuvre, une remise en cause radicale, un risque de pris, qui n'a jamais lieu dans le pseudo art contemporain fonctionnant, lui, exclusivement à partir de codes stériles...
Tout cela: que cet art est stérile infécond et ne prend pas de risque est votre point de vue qui est respectable mais subjectif. Je note que dire qu'il ne prend pas de risque est faux puisqu'il prend par exemple le risque de votre critique, et plus globalement du jugement de tous et à long terme du jugement de l'Histoire.
Charles a écrit :Une chose que je veux ajouter, est que l'Eglise a toute légitimité pour se prononcer sur toute question humaine. Elle a condamné les système totalitaires, du point de vue de la politique, de la sociologie, de l'anthropologie, et de l'économie. Si le mensonge de la doctrine marxiste conduit à des aberrations en agriculture et provoque des famines, l'Eglise a le droit et le devoir de s'exprimer sur ce mensonge. Pourquoi ne s'exprimerait-elle pas sur le mensonge de la culture contemporaine, sur son mensonge artistique, culturel et anthropologique ? Etant donné l'enjeu : la déchristianisation totale de nos sociétés ?
Monsieur, je n'ai nulle part écrit que l'Eglise n'a pas le droit de s'exprimer sur la culture ou le mensonge!!!!
Charles a écrit :
Aldous a écrit : Et bien je pense qu'il en est de même dans cette pièce de théatre (ou cette performance si vous voulez) c'est juste une interpellation, une question. Et peut-être même d'aprés les bribes d'opinion qui m'arrivent que dans cette pièce ce serait encore moins que cela mais plutôt quelque chose qui nous interpelle positivement sur l'amour et le Christ...
Le Christ nous demande de tendre l'autre joue, pas de mentir sur la réalité de la gifle, de la violence qui nous est faite. Et comment pourriez-vous pardonner, si vous niez l'offense qui vous est faite... Pour en arriver à une telle perversion psychologique, il faut des années de confort, d'abandon à la sensualité, jusqu'à l'extinction complète des capacités de jugement et la mort du courage au fond de l'âme.
Cela: perversion psychologique, abandon au confort et à la sensualité, extinction du jugement et du courage, c'est du dénigrement personnel (sur ma personne et mon intimité) et non des arguments... Mais bon je vous pardonne...
Charles a écrit :Quand une oeuvre originale a une portée chrétienne réelle et sociale, on ne la subventionne pas avec de l'argent public, on lui interdit la diffusion, on n'envoie pas les CRS pour la protéger et on ne la défend pas dans les médias, on l'attaque. On croirait que vous vivez dans un monde séparé, sans être au courant de ce qui se passe dans notre société.
Pouvez-vous m'informer d' une oeuvre d'art originale à portée chrétienne qui a été attaquée.
AnneT a écrit :
Aldous a écrit :A mon avis ce sont des manifestations d'énervés extrémistes comme celle qu'il y a eu devant ce théatre qui fait que les gens se détournent du christianisme.
Les églises se sont vidées ces dernières décennies à cause des manifestations de cathos énervés et extrémistes ?!
:sonne:
Ma phrase est un raccourci par rapport à l'évènement dont on parle. Pour corriger je dirai que l'Eglise se vide en partie à cause des cathos extrémistes, fondamentalistes et politiquement à l'extrème droite de l'échiquier politique qui donnent une mauvaise image de l'Eglise. Image qui n'inspire pas les gens à s'intéresser à la profonde spiritualité du christianisme.
Petit Matthieu a écrit :Et si l'art pouvait retrouver du sens et de la qualité par le retour à des contraintes précises et par un retour du beau comme priorité ? Je laisse les plus instruits sur le sujet éclairer ma lanterne.
Comment pouvez vous reprocher à l'art contemporain d'avoir des codes et à la fois de ne pas avoir de contraintes? Si l'art contemporain a des codes c'est qu'il a des contraintes: rester dans ses codes.

Cordialement,

J'ai exaucé ceux qui ne demandaient rien. Je me suis laissé trouver par ceux qui ne me cherchaient pas.
Esaïe 65.1 (repris par Saint Paul en Romains 10. 20)
Avatar de l’utilisateur
Petit Matthieu
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 1528
Inscription : lun. 02 févr. 2009, 20:23
Conviction : catholique
Localisation : Paris

Re: Un opposant catholique écrasé par un car de police à Par

Message non lu par Petit Matthieu »

Aldous a écrit : Ma phrase est un raccourci par rapport à l'évènement dont on parle. Pour corriger je dirai que l'Eglise se vide en partie à cause des cathos extrémistes, fondamentalistes et politiquement à l'extrème droite de l'échiquier politique qui donnent une mauvaise image de l'Eglise. Image qui n'inspire pas les gens à s'intéresser à la profonde spiritualité du christianisme.
Aberration : je suis même convaincu que si l'Eglise ne s'était pas désertifiée, ces groupes n'existeraient probablement pas. C'est la faiblesse de l'Eglise qui fait naître les hérésies. Les extrémistes sont une conséquences de cette désertification, certainement pas la cause.
Aldous a écrit :Comment pouvez vous reprocher à l'art contemporain d'avoir des codes et à la fois de ne pas avoir de contraintes? Si l'art contemporain a des codes c'est qu'il a des contraintes: rester dans ses codes.
Si vous ne me reprenez que sur ce point, j'en conclus que vous approuvez tout ce que j'ai dit dans mon précédent message. Je vous invite donc à le relire, vous comprendrez ce que j'ai voulu dire par cette petite conclusion : pour synthétiser, au XVIIe, XVIIIe et XIXe les contraintes techniques sont précises et nombreuses dans les arts. De plus, les sujets interdits sont aussi clairs : les artistes ont donc une faible marge de manoeuvre mais les excellents s'en sortent.

Aujourd'hui il n'y a plus aucune contrainte technique et en apparence aucune contrainte sur les thèmes abordés. Mais sans que cela soit clair, pour rentrer dans le monde de l'art contemporain, pour être exposé et appartenir au milieu "in", il faut respecter des codes, une idéologie et donc être conformiste.

Donc on ne peut pas du tout comparer les deux époques ! Dans l'une les contraintes servent l'art et certaines valeurs (le sacré, des valeurs, les institutions...) avec une censure forte sur certains sujets, dans notre époque la seule contrainte est idéologique : elle dessert l'art, et l'absence de toute règle technique ouvre la porte aux médiocres et à l'individualisme forcené.
"Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
Avatar de l’utilisateur
Aldous
Barbarus
Barbarus

Re: Un opposant catholique écrasé par un car de police à Par

Message non lu par Aldous »

Petit Matthieu a écrit :
Aldous a écrit :Ma phrase est un raccourci par rapport à l'évènement dont on parle. Pour corriger je dirai que l'Eglise se vide en partie à cause des cathos extrémistes, fondamentalistes et politiquement à l'extrème droite de l'échiquier politique qui donnent une mauvaise image de l'Eglise. Image qui n'inspire pas les gens à s'intéresser à la profonde spiritualité du christianisme.
Aberration : je suis même convaincu que si l'Eglise ne s'était pas désertifiée, ces groupes n'existeraient probablement pas. C'est la faiblesse de l'Eglise qui fait naître les hérésies. Les extrémistes sont une conséquences de cette désertification, certainement pas la cause.
Les extrémistes sont donc des hérétiques selon vous... Oui oui oui d'accord d'accord d'accord :) ;) :oui:
Pour le reste, la désertification de l'Eglise, c'est complexe mais les ringards extrémistes (et hérétiques :) )y participent selon moi!...
Petit Matthieu a écrit :
Aldous a écrit :Comment pouvez vous reprocher à l'art contemporain d'avoir des codes et à la fois de ne pas avoir de contraintes? Si l'art contemporain a des codes c'est qu'il a des contraintes: rester dans ses codes.
... Donc on ne peut pas du tout comparer les deux époques ! Dans l'une les contraintes servent l'art et certaines valeurs (le sacré, des valeurs, les institutions...) avec une censure forte sur certains sujets, dans notre époque la seule contrainte est idéologique : elle dessert l'art, et l'absence de toute règle technique ouvre la porte aux médiocres et à l'individualisme forcené.
Pourtant c'est ce que vous faites: comparer les deux époques!
Charles
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 1642
Inscription : mer. 14 juil. 2004, 16:44

Re: Un opposant catholique écrasé par un car de police à Par

Message non lu par Charles »

Aldous a écrit :Tout cela: que cet art est stérile infécond et ne prend pas de risque est votre point de vue qui est respectable mais subjectif.
Ce n'est pas mon point de vue solitaire, c'est celui de toutes les oeuvres qui peuplent le Louvre, le point de vue d'Antonello da Messina, de Versailles, et c'est parce que cette présence féconde rayonne à travers les siècles à aujourd'hui que les stériles contemporains sont attirés par elle et font son siège, l'occupent, la vandalisent, la manipulent autant qu'il peuvent dans l'espoir de la neutraliser... Et comment les stériles ne seraient-ils pas obsédés par la fécondité, les impuissants par la liberté ?
Dernière modification par Charles le ven. 18 nov. 2011, 18:22, modifié 1 fois.
Avatar de l’utilisateur
Pneumatis
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 1937
Inscription : jeu. 19 févr. 2009, 17:22
Localisation : Châteaubriant
Contact :

Re: Un opposant catholique écrasé par un car de police à Par

Message non lu par Pneumatis »

Bonjour,

Un article très juste et très bien informé sur le sujet : http://www.lavie.fr/culture/spectacles/ ... 735_32.php
Professeur d’histoire des religions à la faculté de théologie de l’université Marc-Bloch à Strasbourg, et éminent historien de l’art, le dominicain François Boespflug réagit à l’actualité de ces dernières semaines.
Site : http://www.pneumatis.net/
Auteur : Notre Père, cet inconnu, éd. Grégoriennes, 2013
Avatar de l’utilisateur
Aldous
Barbarus
Barbarus

Re: Un opposant catholique écrasé par un car de police à Par

Message non lu par Aldous »

Charles a écrit :
Aldous a écrit :Tout cela: que cet art est stérile infécond et ne prend pas de risque est votre point de vue qui est respectable mais subjectif.
Ce n'est pas mon point de vue solitaire, c'est celui de toutes les oeuvres qui peuplent le Louvre, le point de vue d'Antonello da Messina, de Versailles
Faut pas vous prendre pour l'art à vous tout seul quand même!... (quel orgueil! Allez je vous pardonne encore! :cool: )
Dernière modification par Aldous le mer. 09 nov. 2011, 16:45, modifié 1 fois.
Avatar de l’utilisateur
Petit Matthieu
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 1528
Inscription : lun. 02 févr. 2009, 20:23
Conviction : catholique
Localisation : Paris

Re: Un opposant catholique écrasé par un car de police à Par

Message non lu par Petit Matthieu »

Aldous, vous me répondez...mais systématiquement sur la forme, jamais sur le fond. Jouez le jeu honnêtement, sinon cette discussion n'a aucun sens. Nous sommes ici entre chrétiens, nous n'avons pas pour but de tricher ou de mentir.

J'ai utilisé cette comparaison de la prolifération des hérésies quand l'Eglise est faible pour vous montrer justement que cela était une conséquence, c'est un exemple historique. Le catharisme né surtout de l'incompétence du clergé local.
Mais je n'ai pas dit que les "extrémistes" (notion que je n'emploie jamais tant elle est floue) étaient hérétiques. Certains, comme la FSSPX le sont.

De plus, quand j'ai dit qu'on ne peut pas comparer les deux époques, je parlais en terme de continuité. Il y a clairement une rupture dans l'art contemporain avec son passé.

Je vous en prie, ne jouez pas sur les mots mais soyez sincère et répondez au fond du problème.
"Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
Avatar de l’utilisateur
Aldous
Barbarus
Barbarus

Re: Un opposant catholique écrasé par un car de police à Par

Message non lu par Aldous »

Petit Matthieu a écrit :Je vous en prie, ne jouez pas sur les mots mais soyez sincère et répondez au fond du problème.
C'est quoi le fond du problème?
Je vous l'ai dit pour moi l'art contemporain n'est pas à jeter en bloc:
Aldous a écrit :j'ai continué à fréquenter les musées et les galeries où l'art contemporain s'expose et j'y est souvent trouvé mon compte quant à ce que je pense que l'art doit produire en nous: nous interpeler, nous remettre en cause, nous émouvoir, nous surprendre, nous transformer...
Maintenant qu'il y ait des problèmes ou plutôt des questionnements attenants à tout ce qui se produit au nom de l'art contemporain (au niveau de ses excés, de sa répétition parfois maintenant lassante, de ses moyens et réseaux de diffusion, etc...) je ne le nie pas... Mais pour ce que vous appelez par exemple ses ratages, cela fait partie du jeu, c'est un art qui se fait et se montre maintenant (au présent) et le tri de ce qui est bon dans cet art ne saurait être juste à chaque fois... Tout artiste qui s'essaie dans le genre contemporain a le droit de tenter de s'exposer... et de rater... (comme dans un genre plus classique ou traditionnel d'ailleurs le ratage est aussi de mise. )
Petit Matthieu a écrit :De plus, quand j'ai dit qu'on ne peut pas comparer les deux époques, je parlais en terme de continuité. Il y a clairement une rupture dans l'art contemporain avec son passé.
Oui et où est le problème là-dedans? (l'impresionnisme a-t-il à voir avec l'art égyptien ou grec antique?)
Et d'ailleurs par bien des aspects l'art contemporain est relié au passé.
(L'art est un jeu entre tous les artistes de tous les temps - Marcel Duchamp-)

amicalement,
Avatar de l’utilisateur
Petit Matthieu
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 1528
Inscription : lun. 02 févr. 2009, 20:23
Conviction : catholique
Localisation : Paris

Re: Un opposant catholique écrasé par un car de police à Par

Message non lu par Petit Matthieu »

Aldous a écrit : C'est quoi le fond du problème?
Je vous l'ai dit pour moi l'art contemporain n'est pas à jeter en bloc:
Cela fait trois pages que nous l'exposons. On ne va quand même pas tout répéter.
Aldous a écrit :
Petit Matthieu a écrit :De plus, quand j'ai dit qu'on ne peut pas comparer les deux époques, je parlais en terme de continuité. Il y a clairement une rupture dans l'art contemporain avec son passé.
Oui et où est le problème là-dedans? (l'impresionnisme a-t-il à voir avec l'art égyptien ou grec antique?)
amicalement,
Bien-sûr qu'il y a un lien entre l'impressionnisme et l'art égyptien ou grec : la volonté de faire naître une émotion par la beauté.

C'est en cela que le décalage est total avec toutes les périodes précédentes. Le beau est oublié alors qu'il devrait être la condition sine qua non de l'art. Le concept est devenu le leitmotiv de l'art. D'ailleurs les commentaires d'art le prouvent bien, on n'entend plus "C'est beau", mais "C'est intéressant'.
"Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
Isabelle47
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 1896
Inscription : mer. 22 juin 2011, 22:49

Re: Un opposant catholique écrasé par un car de police à Par

Message non lu par Isabelle47 »

Je suis cette discussion... mais dites-moi comment arrivez-vous à passer du sujet sur l'art moderne à la notion (plus exactement au jugement) d'hérésie?
Pourquoi cette accusation d'hérésie, au passage et pour l'exemple, de la FSSPX? En quoi cela entre-t-il dans le débat sur l'art moderne (considérations générales parties de réflexion à partir d'une représentation théatrale)?
"Aussi, croyez-moi, vous pratiquerez beaucoup mieux la vertu en considérant les perfections divines, qu'en tenant le regard fixé sur votre propre limon"
(Thérèse d'Avila)
Avatar de l’utilisateur
Aldous
Barbarus
Barbarus

Re: Un opposant catholique écrasé par un car de police à Par

Message non lu par Aldous »

Petit Matthieu a écrit :Bien-sûr qu'il y a un lien entre l'impressionnisme et l'art égyptien ou grec : la volonté de faire naître une émotion par la beauté.

C'est en cela que le décalage est total avec toutes les périodes précédentes. Le beau est oublié alors qu'il devrait être la condition sine qua non de l'art. Le concept est devenu le leitmotiv de l'art. D'ailleurs les commentaires d'art le prouvent bien, on n'entend plus "C'est beau", mais "C'est intéressant'.
Je ne suis pas d'accord avec vous. Je trouve de la beauté visuelle et de l'émotion dans beaucoup d'oeuvres contemporaines.

Mais soit je comprends ce que vous voulez dire. Il faut voir que ce qui prime essentiellement dans certaines et pas mal d'oeuvre contemporaines, c'est le concept, l'idée, le sens. Et c'est dans le concept que les artistes contemporains prétendent mettre de la beauté (avec toutefois souvent d'ailleurs je trouve le soucis d'apporter beaucoup de soin à la forme).
D'ailleurs on peut trouver beau un amas cahotique d'objets colorés par exemple... Enfin c'est mon point de vue, la beauté c'est trés subjectif et changeant.
Avatar de l’utilisateur
Petit Matthieu
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 1528
Inscription : lun. 02 févr. 2009, 20:23
Conviction : catholique
Localisation : Paris

Re: Un opposant catholique écrasé par un car de police à Par

Message non lu par Petit Matthieu »

Isabelle47 a écrit :Je suis cette discussion... mais dites-moi comment arrivez-vous à passer du sujet sur l'art moderne à la notion (plus exactement au jugement) d'hérésie?
Pourquoi cette accusation d'hérésie, au passage et pour l'exemple, de la FSSPX? En quoi cela entre-t-il dans le débat sur l'art moderne (considérations générales parties de réflexion à partir d'une représentation théatrale)?
Non, c'était juste un exemple (pour répondre à Aldous sur l'émergence de groupes extrémistes) mais il n'y avait aucune comparaison entre l'art contemporain et les hérésies. Pour l'accusation d'hérésie de la FSSPX, il faut voir ici : viewtopic.php?f=93&t=7438 (dans les dernières pages).

Pitié, ne relancez pas le sujet, tout a été dit sur eux.
"Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
Avatar de l’utilisateur
Petit Matthieu
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 1528
Inscription : lun. 02 févr. 2009, 20:23
Conviction : catholique
Localisation : Paris

Re: Un opposant catholique écrasé par un car de police à Par

Message non lu par Petit Matthieu »

Alors voilà ma question, Aldous :

Devant un tableau de Botticelli, Rembrandt, une icône byzantine, une statue d'un anonyme du Moyen-âge... 99 % des visiteurs trouvent cela beau. Certes, la statistique cité ne s'appuie que sur mon imagination :oops: , mais je pense que ce n'est pas malhonnête non plus, nous pouvons l'observer par expérience. Parfois cela leur plaît ou leur déplaît. Mais il n'y a pas d'accusation de médiocrité par rapport à ces oeuvres.

Dans une exposition d'art contemporain, si l'on prend un échantillon général de la population (dont 95 % sont par nature des non-initiés à l'art contemporain), il y aurait une (très) forte part des gens qui trouverait cela laid...et médiocre. Parfois cela les amusera, cela les choquera, cela les fera sourire... Mais les qualificatifs "beaux" et "talentueux" seront aux abonnés absent.

La question (c'est en partie le fond du problème) : alors que les non-initiés trouvent belle la majorité des oeuvres d'art anciennes, ils trouvent laides les productions d'art contemporain. Pourquoi ?
On aurait pu croire l'inverse tant la société et les moeurs étaient différents il y a plusieurs siècles voire millénaires : une incompréhension de l'art d'une époque si ancienne n'aurait rien d'étonnant. Or c'est l'art de notre temps qui n'est pas compris...par les hommes de notre temps !
Parce que la beauté de l'art contemporain est inaccessible aux non-initiés ? Ou parce qu'on ne veut pas trop d'initiés? Qu'est ce qui justifie l'absence de recherche de beauté ? Pourquoi le concept l'a-t-il remplacé ?

Question à 1000 euros : quels sont les phénomènes de fond, les facteurs qui expliquent qu'on en soit arrivé là.

Vous avez 4 heures. Je vais me prendre un aspirine... :)
Dernière modification par Petit Matthieu le mer. 09 nov. 2011, 19:06, modifié 6 fois.
"Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
Charles
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 1642
Inscription : mer. 14 juil. 2004, 16:44

Re: Un opposant catholique écrasé par un car de police à Par

Message non lu par Charles »

Bonjour,
Aldous a écrit : Je note que dire qu'il ne prend pas de risque est faux puisqu'il prend par exemple le risque de votre critique, et plus globalement du jugement de tous et à long terme du jugement de l'Histoire.
Castellucci ne prend aucun risque en tant que personne et artiste, c'est Antonello de Messina qui a pris en cette matière tous les risques :
Image
Antonello da Messina assume ce Christ par tout ce qu'il est lui Antonello, par sa ville natale, par sa main, par son métier d'artiste, ses limites et sa maîtrise du dessin, du medium et du pigment, son goût, son expérience des formes, des couleurs, de la lumière, par sa culture biblique, picturale, par sa compréhension de ce qu'est le Christ. C'est à la fois tout Antonello da Messina qui est livré dans cette oeuvre, avec ses pauvretés et ses richesses, et un Christ qui le dépasse infiniment (au sens d'universel).

Mais n'importe qui peut photographier un tableau, l'agrandir au format 6x4 mètres et le maculer d'encre ou de merde. L'historien d'art Federico Zeri était capable d'identifier quasiment n'importe quelle peinture de la renaissance italienne, il lui suffisait d'une photo en noir et blanc pour reconnaître la main qui en était l'auteur. Mais pour "l'emprunt et le remaniement avec quelques additions de façon à leur donner une apparence de nouveauté", c'est l'anonymat garanti... et l'assurance d'aucun ratage, ni d'aucune victoire artistique.

Quand Pasolini fait sa critique fulgurante de la stérilité artistique dans Théorème : http://www.youtube.com/watch?v=nG4ib6lSxzM

il montre son personnage tentant de devenir un peintre sans y réussir : c'est la dernière expérience du risque en art, mais déjà étouffée par tout un appareillage de dissimulation de la stérilité et de l'humiliation, ce moment ne dure pas, à la fin de la scène, c'est terminé, il n'y a plus qu'un monochrome sur lequel urine le pseudo artiste contemporain... le spectacle de Castellucci.

Après, pour ce qui est de la dimension sociale de ce spectacle, les bourgeois parisiens prennent leurs billets, se déplacent du VI° arrondissent ou de leur maison du Lubéron pour la soirée à Avignon et les tous les médias défendent le pseudo artiste dans un réflexe pavlovien. Au niveau du risque, c'est zéro.
Aldous a écrit :Aucun art vrai n'échappe à ce saisissement - c'est même le pincipe de tout art et c'est à cela qu'on juge l'art authentique: qu'il vous happe, vous saisisse, vous pénêtre, vous trouble, vous surprenne, vous émeuve, vous frappe, vous bouleverse, etc - Que diriez-vous d'un art qui ne vous saisit pas, ne vous emporte pas, ne vous interpelle pas?
L'art est autre chose que l'effet de saisissement qui l'accompagne parfois et qu'il est facile, quand on est incapable de concevoir une oeuvre de d'art, de se contenter de produire un effet de saisissement quelconque tout en prétendant que s'il y a saisissement, c'est parce qu’une oeuvre d'art l'a produit. Toutes sortes de choses produisent un effet de saisissement : ce qui est grand, répétitif, les bruits forts, la violence, les accidents, le scandale, l'impudeur produisent un tel effet, et sans être de l'art. Le procédé est facile, minable même. On arrive par derrière et claque des mains à l'oreille d'une personne, elle est saisie, et l'on peut dire : "c'est de l'art"... puisque ça "vous happe, vous saisisse, vous pénêtre, vous trouble, vous surprenne, vous émeuve, vous frappe, vous bouleverse"...
Aldous a écrit :Il y a peu, suite à ce fil, je me rappelais cette scène du film "Le Vieux Fusil" (de Robert Enrico) où l'on voit Philippe Noiret découvrant le massacre des villageois perpétré dans l'église du village et de colère s'en prenant aux symboles chrétiens de cette église, notamment en renversant et brisant une statue de la Vierge Marie. Et bien cette scène peut être trés choquante pour un chrétien (non?) qui laisse à penser que Dieu permet de tels massacres et que de fait cela mérite bien qu'on renverse les symboles du christianisme. Mais c'est un film, une question, une interpellation... Et à ce que je sache à l'époque personne n'a manifesté contre cette scène du film.
Mais peut-être qu'il aurait fallu manifester... on n'en serait peut-être pas à la situation actuelle où ce qui était montré dans le film est aujourd'hui concrètement réalisé, car c'est aujourd'hui toutes les semaines que des gens s'introduisent dans des églises, des chapelles, des cimetières pour y briser les statues et renverser les croix. La fréquence de ces destructions augmente à un tel rythme que c'est devenu un phénomène de société...
Image

Image

Image
Image
Vous prenez la scène de ce film comme un exemple à l'appui de votre thèse, mais vous ignorez ou feignez d'ignorer le retour de manivelle... :zut:
Dernière modification par Charles le ven. 18 nov. 2011, 18:16, modifié 1 fois.
Avatar de l’utilisateur
Aldous
Barbarus
Barbarus

Re: Un opposant catholique écrasé par un car de police à Par

Message non lu par Aldous »

Petit Matthieu a écrit :La question (c'est en partie le fond du problème) : alors que les non-initiés trouvent beau la majorité des oeuvres d'art anciennes, ils trouvent laides les productions d'art contemporain. Pourquoi ?
Vous auriez pu faire le même rapport de pourcentage dans le public qui se pressait à aller se moquer de Manet et des impressionistes au XIX ème siècle, ou des cubistes peu de temps aprés ou des abstraits encore aprés. En fait dès que l'art s'est montré publiquement à tous (avant il n'était vu que par la noblesse et la grande bourgeoisie qui d'ailleurs déjà se querellaient aussi à propos de la nouveauté) le public non informé a eu cette réaction (on ne comprend pas, c'est pas beau).
Petit Matthieu a écrit :Parce que la beauté de l'art contemporain est inaccessible aux non-initiés ? Ou parce qu'on ne veut pas trop d'initiés?
L'art contemporain est à peine vieux d'une génération... En son temps comme je viens de le dire pas plus il n'y avait d'initiés à Manet ou aux impressionistes... Le cubisme, le fauvisme/expressionisme et l'abstrait commencent à peine à être "perçus" par le grand public (et encore), alors pensez le contemporain....
Petit Matthieu a écrit :Qu'est ce qui justifie l'absence de recherche de beauté ? Pourquoi le concept l'a-t-il remplacé ?
A mon avis il n'y a pas d'abscence de beauté dans l'AC, mais la beauté s'est déplacé des registres où on l'attendait (la forme, le sujet) pour se déplacer vers le concept.
Pourquoi le concept? parce l'art ne peut éternellement explorer ou répéter à l'infini ce qu'il a déjà exploré (et qu'il fonctionne avec tout le reste de l'évolution du monde: les sujets changent, la technologie change, le regard change, la pensée change)...
Petit Matthieu a écrit :Question à 1000 euros : quels sont les phénomènes de fond, les facteurs qui expliquent qu'on en soit arrivé là.
Le déroulement de l'Histoire de l'art qui s'est accéléré au XXème siècle comme l'ensemble de la société (qui a elle aussi changé comme jamais dans l'histoire de l'homme).

Image
Répondre

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 7 invités