Apparemment vous ignorez la façon dont fonctionne l'art contemporain. vous répétez votre lien, permettez-moi de répéter un paragraphe :
Les salles de ventes, les galeries, les musées, le ministère, tout ce petit monde marche bras dessus bras dessous dans un système servant à faire circuler de l'argent, le placer, le défiscaliser, lui faire traverser les frontières. L'art n'est qu'un prétexte. Il n'est plus qu'un mot privé de toute référence à une quelconque réalité. Des notions sont remuées cette soupe infecte : le sacré, le questionnement, les excréments, les addictions, le sado-masochisme, le blasphème, le morbide, la sodomie... les divertissements de la bourgeoisie mis en scène pour son divertissement. Ces notions servent de prétexte culturel et forment un corpus académique obligatoire. C'est précisément parce que Castellucci donne dans l'excrément qu'il a droit à être représenté au Théâtre de la Ville et parce qu'il est homosexuel comme l'est Delanoé. Ce sont les "critères artistiques" en vigueur pour être exposé dans un musé, joué dans un théâtre, projeté dans un cinéma... Quand on montre cette "patte blanche", on peut entrer dans le circuit de l'argent, des subventions et du marché de l'art. Il n'y a pas d'autre motif à la présence de Castellucci au théâtre de la ville. Les "oeuvres" de cet homme et de ses confères sont une interminable variation sur les thèmes obligés que j'ai dit.
L'art contemporain, qu'il soit théâtre, danse, installation, ou autre, est
codé. Très simplement d'ailleurs, il n'est pas permis à ses adeptes beaucoup de fantaisie. Par exemple, dans les galeries et les musées, il faut utiliser des néons et mettre en scène des cerfs de Virginie (buck) :
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Si vous utilisez un cerf de Virginie, vous avez le code, et automatiquement ce que vous avez fait est de l'art et même de l'art contemporain. C'est automatique, mécanique.
Même chose avec les néons :
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Vous mettez des néons et des cerfs de Virginie ? C'est ok, vous utilisez le code, vous pouvez entrer : galeries, musées, salles de ventes vous sont ouverts. Les bourgeois vont faire circuler leur argent en utilisant vos produits.
La danse et le théâtre contemporains sont aussi rigidement codés que les "arts" plastiques. Vous demander à votre employé de déféquer sur scène, d'uriner ou de se masturber, vous avez les codes et automatiquement vous êtes dramaturge, votre spectacle est du théâtre contemporain ou de la danse contemporaine, vous avez la salle, le budget, toute la presse. Les critiques utiliseront les mots "questionnement", "transgression", "sacré", "humanisme", "métanoia"... montrant qu'ils maîtrisent eux aussi les codes. Evidemment, il n'est pas question d'art, je veux dire réellement, sérieusement. Ce système n'a pas besoin d'art pour fonctionner, il a besoin de ces quelques références, toujours les mêmes, qui sont continuellement répétées de New York à Tokyo, avec la même application.
Dans le cas de Castellucci, son spectacle est codé de la même façon par les excréments, la transgression, le "sacré". C'est rigoureusement le même principe que dans le reste de l'art contemporain. C'est pour cela qu'il passe d'Avignon, au Théâtre de la Ville et au 103, avec tout l'argent dont il a besoin. Avec tous les soutiens politiques, financiers et communautaristes gay.
Et le "sacré" dont il est question ici n'a rien de chrétien, il est fétichiste, s'il y a un culte permis dans l'art contemporain, c'est le culte fétichiste de l'argent, du sexe et de la mort, c'est cela le sacré de l'art contemporain :
Cette présence du sacré dans l'art contemporain ne doit pas être interprétée comme chrétienne :
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Romeo Castellucci revendique un théâtre du sacré, au même titre que Bruno Dumont dont le dernier film Hors satan vient de sortir en salle. (...) Cette présence du sacré dans l'art contemporain ne doit pas être interprétée comme un retour de la religion chez des artistes aussi éloignés de ce thème. Il est simplement notable de constater que ces deux artistes manient le vocabulaire de la phénoménologie dont le représentant le plus problématique, Martin Heidegger (1889-1976), voyait dans la condition poétique le fait d'être "entouré par le sacré".
http://cinemadanslalune.blog.lemonde.fr ... tegristes/
Pour faire du sacré poétique et ressembler à un artiste qui doit donc vivre entouré de sacré, Castellucci utilise la figure du Christ, comme Serrano, Fabre et bien d'autres l'ont fait avant lui, et naturellement, il outrage cette figure. Et cela suffit, il n'y a pas besoin d'en faire plus, cela suffit à donner une connotation "sacrée" à son spectacle. Il a fait entrer les codes dans son spectacle, son travail est terminé. Il n'a plus qu'à encaisser son chèque.
C'est comme cela que fonctionne l'art contemporain, et il fonctionne très bien, il permet de faire circuler des milliards. Et d'ailleurs les acteurs les plus importants de ce monde-là ne sont ni les artistes, ni les marchands, ni les critiques, mais les fiscalistes.
L'intérêt pour nous de cette affaire, ce devrait être de poser la question du désintérêt de l'Eglise institutionnelle envers les questions artistiques et culturelles, et de son incapacité corollaire à comprendre les bases de "l'art" contemporain.