Saints dominicains

« Que le juste pratique encore la justice, et que le saint se sanctifie encore. » (Ap 22.11)
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Fée Violine
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11 octobre Bx Jacques Griesinger d’Ulm, né à Ulm en 1407, † à Bologne le 11 octobre 1491, artiste peintre-verrier.
Né dans une famille de négociants chrétiens, il fut formé dans un atelier de peintre sur verre à Ulm. À l’âge de 25 ans, avec la bénédiction de ses parents il s'en fut en pèlerinage à Rome et, faute d'argent, s'engagea dans les armées du roi d'Aragon. Après avoir été soldat 4 ans à Naples, dégoûté par la vie licencieuse des camps, il quitte l'armée et devient domestique à Capoue.
En 1441 (il a 34 ans), voulant revenir dans son pays, il s'arrête à Bologne pour prier sur le tombeau de saint Dominique, et trouve sa vraie vocation : il entre dans l'Ordre comme frère lai. Il reprit ses talents de verrier et orna beaucoup d'églises de ses œuvres. On lui doit même l'invention de plusieurs coloris de vitraux par ses recherches sur l'oxyde d'argent. Il fut pendant 50 ans un religieux humble et exemplaire, immergé dans l’art du vitrail. Beaucoup de ses oeuvres ont disparu mais on peut encore voir dans la cathédrale San Petronio de Bologne, dans la chapelle des notaires, un vitrail qui lui est attribué. D'une grande sensibilité artistique, il est un des plus grands maîtres verriers de son époque, mais il était très effacé.
Un jour durant la cuisson d'un vitrail qu’il devait absolument surveiller, le Prieur l’envoya faire la quête. Il obéit sans rien dire, il laissa tout, et à son retour trouva le vitrail cuit juste à point, réussi à merveille avec des teintes magnifiques.
Il conserva toujours l’innocence baptismale. Âme candide et sensible, sa prière touchait à l’extase. Son esprit de prière et de mortification, d'humilité profonde et de générosité, lui donna une réputation de sainteté même avant sa mort. Bien que son cœur fût étranger à la terre, ses mains étaient toujours promptes au travail et à rendre d’humbles services avec cet aimable sourire qui dilate les cœurs. Il était illettré, mais pas du tout inculte. Il disait que la récitation du Notre Père était pour lui plus douce que le miel. Avant de communier, il veillait toute la nuit.
Ses vitraux étaient l’expression artistique de sa prière et de sa contemplation. En patience et grande obéissance il servait tous ses frères, particulièrement dévoué envers les malades. Il contemplait profondément la Passion de Jésus-Christ.
Béatifié en 1825. Patron des verriers. Attributs : palette, colombe, rosaire.

13 octobre Bse Madeleine Panatieri, 1433- 13 octobre 1503, tertiaire dominicaine à Trino (Piémont).
Maddalena dès ses premières années apparaît comme une âme pleine de grâce. Très jolie, elle sut éviter la vanité et elle n’avait pour miroir que le crucifix. Elle prit très jeune l’habit du Tiers Ordre de saint Dominique, embrassant avec ferveur toutes les austérités de l’Ordre. Elle porta toujours la rude chemise de laine, observa avec une extrême rigueur l’abstinence et les longs jeûnes, et fut héroïque dans les veilles. Elle fit sien le double esprit de contemplation et d’action, dont elle devint l’expression vivante. Elle contemplait avec un amour passionné la Passion de Jésus, méritant de participer dans son âme et dans son corps à toutes les souffrances du Sauveur. Elle brûlait de zèle pour le salut des âmes pour qui elle travaillait et priait.
Elle avait le don de prédication, et elle faisait le catéchisme dans une chapelle à côté de l’église des Dominicains de Trino. Ses modestes conférences furent destinées, au début, à un groupe de femmes, qui reconnaissaient en elle une excellente conseillère. Peu à peu, quelques hommes se joignirent aux femmes, et il advint que les prêtres et religieux du lieu eux-mêmes se sentirent attirés par les paroles inspirées de Madeleine, et pour finir le maître des novices y amenait ses jeunes religieux.
Elle avait un art céleste de tourner les esprits au bien, et ce fut son œuvre si les Dominicains de Trino embrassèrent la stricte observance restaurée par Raymond de Capoue. Elle insistait surtout sur la réforme des mœurs, et traitait souvent le problème de l’usure, un sujet brûlant à cette époque où la monnaie manquait et où les commerces se répandaient largement. Grâce à Madeleine, Trino devint un centre de prédication. Le prieur général des Dominicains arriva de Milan, et de tout le Piémont de nombreux prédicateurs venaient « prendre la becquée » à Trino, où d’ailleurs la tertiaire ne s’enorgueillissait pas mais au contraire faisait preuve d’une profonde humilité. À un homme qui, heurté de ses paroles, lui donna une gifle, Madeleine, tombant à genoux, dit évangéliquement : "Frère, voici l’autre joue ; frappe aussi. Je te remercie pour l’amour du Christ".
Comme Savonarole, elle prophétisa les malheurs de l’Italie, précisant que sa ville serait épargnée ; comme lui dans ses prédications elle répétait le cri : "Malheur à l’Italie! Je vois approcher le fouet" ; et comme lui, elle voyait dans les enfants l'innocence et l'avenir du monde. Mais elle obtint son plus grand succès non seulement comme prédicatrice mais comme maîtresse spirituelle. Le marquis de Monferrato avait pour elle une vénération particulière et l’appelait sa « maman ». Du reste elle fut la maman de tous, et fut aimée de tous. Elle prédit sa mort, et quand elle fut en agonie, d’une voix très douce elle entonna l’hymne Jesu nostra Redemptio et l’Ave Maris stella.
Son culte fut confirmé en 1827.
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14 octobre Bse Marie Poussepin, Dourdan 14 octobre 1653 - 24 janvier 1744.
À cette époque la misère est très grande : mauvaises récoltes, maladies et guerres nombreuses. Lorsque Marie est encore jeune, son père tombe en faillite, et elle doit reprendre la fabrique de bas pour subvenir aux besoins de sa famille mais aussi de l'économie du village. En tant que chef d'entreprise, elle introduit de nouvelles machines, elle est ouverte au progrès technique ; mais surtout elle embauche des jeunes en supprimant la nécessité pour ces derniers de payer un droit d'apprentissage. Cette pratique très innovante lui permet de donner un métier (et donc des revenus) à des jeunes pauvres, à des orphelins... Elle crée des emplois pour que ces jeunes sortent de la misère par eux-mêmes. Elle fait de son entreprise l'une des principales de France, en tout cas l'une des plus avancées sur le plan social.
En même temps, Marie est très engagée dans une Fraternité de Charité de son village, puis dans une Fraternité du Tiers Ordre Dominicain (en 1693). Dans ces groupes, elle devient rapidement responsable par le zèle qu'elle apporte à visiter les malades, les veuves, les mendiants... Elle est donc présente sur les deux volets de la charité : l'économie et la compassion.
Émue par la misère des campagnes et en particulier par le statut des orphelines, des veuves, des femmes malades et plus généralement par la condition de la femme pauvre de son époque, Marie Poussepin fonde en 1695 une fraternité dominicaine à laquelle elle donne tous ses biens personnels (elle a donné l’entreprise à ses frères). Cette Fraternité installée dans un petit village, Sainville, est une innovation : il s'agit de vivre ensemble selon les coutumes dominicaines, mais sans clôture pour pouvoir rayonner la charité ; elle entend ainsi relever un défi : lutter contre la misère et vivre pleinement la vie religieuse.
Elle institue une congrégation originale (les sœurs de Charité Dominicaines de la Présentation de Tours) où les sœurs agissent gratuitement au services des pauvres et doivent par ailleurs gagner leur vie (travail de tissage à l'époque de la fondation). Elle place l'exercice de la charité au centre de la vie religieuse, le travail devenant un moyen de vivre la pauvreté religieuse. Marie donnera une grande place au travail comme véritable ascèse et engagement fraternel pour atteindre les objectifs de la congrégation.
À Sainville elle organise une petite école pour les filles, visite les malades... La communauté s'agrandit, et rapidement d'autres communautés sont créées, toujours au service des plus pauvres, des malades, des orphelines... Il y en aura une vingtaine du vivant de Marie Poussepin, dans la région parisienne, Chartres... L'évêque de Chartres fait cependant problème pour reconnaître la congrégation fondée par Marie ; il exige que les sœurs renoncent à tout lien avec les dominicains :-[ . Marie doit se soumettre ; les liens ne seront rétablis qu'à la fin du XIX° siècle et institutionnellement au milieu du XX° siècle.
Marie est morte à 91 ans. Elle a été béatifiée en 1994. Les sœurs de Marie Poussepin sont aujourd'hui plus de 4000 à travers le monde (Colombie, Inde, France, Espagne, Burkina Faso, Iraq...).
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Fée Violine a écrit :*9 juin Bses Diane d’Andaló et Cécile, moniales.
Parmi les saintes dominicaines, Diane d'Andaló est une des plus charmantes.
Née à Bologne vers 1200, lettrée (elle savait le latin), elle fit profession dans l'Ordre dominicain dans les mains de st Dominique lui-même, malgré l'opposition virulente de sa famille (elle eut même une côte cassée lorsque son père essaya de l'arracher au cloître par la force !) et participa en 1223 à la fondation du monastère ste Agnès. Elle devint si proche du Christ que sa sainteté attirait à elle de nombreux chrétiens avides de vie spirituelle. Cette femme bénie était remarquable par sa haute sagesse et sa suave éloquence. Sa rare beauté et ses vertus la rendaient gracieuse et aimable aux yeux de tous. Elle était si appliquée au service divin, à la prière et à l’oraison que souvent, à sa seule vue, les sœurs se prenaient à fondre en larmes.
Elle devint amie avec le Bx Jourdain de Saxe, qui fut le premier successeur de st Dominique à la tête de l'Ordre. Ils entretinrent de 1222 à 1236 (c'est-à-dire jusqu'à la mort de Diane) une correspondance particulièrement remarquable, publiée aux éditions du Cerf en 2007 : "Lettres à Diane d'Andalo" de Jourdain de Saxe. Les lettres de Diane ont malheureusement disparu, mais il reste celles de Jourdain, qui sont à la fois des lettres de direction spirituelle, et des lettres personnelles où il évoque ses voyages à travers l'Europe.

La Bienheureuse Cécile est fêtée en même temps que Diane. Elle était aussi moniale dominicaine à Bologne, et bien qu'on ne sache pas grand chose sur sa vie, elle a un rôle important dans l'histoire : c'est par elle que nous avons des détails sur st Dominique. Messieurs les biographes ont oublié ce genre de détails, mais heureusement Cécile était là pour nous apprendre que st Dominique avait un beau visage, de belles mains et une belle voix. Elle est morte en 1290.
Je possède une image pieuse des Bienheureuses Diane, Cécile et Amada, dominicaines. Savez-vous qui est cette Amada ?
Merci de me répondre. Pierre
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On ne sait rien d'Amata, sauf qu'elle était dans le même monastère que Cécile et Diane.
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19 octobre Bse Agnès de Langeac (Agnès Galand), 17 novembre 1602 au Puy en Velay, + 19 octobre 1634 à Langeac.
Comme ste Bernadette, Agnès est issue d'une famille pauvre (elle n'aura pas la possibilité d'offrir une dot pour entrer au monastère de Langeac), et n'a pas non plus de santé. En 1623, elle participe à la fondation du monastère Sainte Catherine de Sienne à Langeac, en 1627 elle devient prieure. Elle a une vocation de prière pour les prêtres. Elle prie spécialement pour M. Olier dans sa mission des séminaires, elle l’orientera vers la fondation des prêtres de Saint-Sulpice.
Agnès modèle de prière, amante de l'Eucharistie, proche des pauvres, aime la vie et la fait aimer. Elle est invoquée pour les grossesses difficiles et par les couples qui désirent un enfant. Agnès a témoigné par sa vie que 'Dieu aime toujours'. Elle nous rappelle l’amour de Dieu pour tous.
La Vierge Marie parle en patois à Agnès et lui enseigne à faire la révérence devant le Saint Sacrement.
Agnès était réputée pour ses mortifications extrêmes. Grande mystique, elle demeure petite et faible, craintive, n'ayant que sa "petite volonté" à offrir à Dieu, tombant et se relevant... Elle brilla d’un ardent amour pour Jésus Christ et d’un grand zèle pour l’Église, offrant continuellement prières et pénitences pour ses pasteurs.
Béatifiée en 1994.

19 octobre Vble Placido Baccher, né le 5 avril 1781 à Naples, + 19 octobre 1851 à Naples.
Dernier de 7 enfants, il étudia d’abord à la maison, puis avec des prêtres qui le firent entrer dans un collège dominicain. Devenu tertiaire dominicain, il nourrit dès l’enfance une tendre dévotion pour la Vierge, que sa mère l’emmenait prier chaque samedi à l’église de l’Immaculée.
À l'âge de 18 ans, compromis dans la révolution napolitaine de 1799 (son père fut exilé, deux de ses frères fusillés), Placido fut emprisonné avec beaucoup d’autres, dans l’attente d’une sentence de mort. La nuit précédant le procès, la Vierge lui annonça en songe sa libération et lui demanda de se consacrer à elle; il réussit à s’évader.
En 1802 il prit la soutane et étudia au couvent Saint Thomas. Il fut ordonné prêtre en 1806.
Il se mit à faire de l’apostolat dans quelques églises de Naples, puis fut nommé en 1811 recteur de l’église du Sauveur, fondée en 1557 par les jésuites. Il dépensa tous ses biens pour restaurer son église, qu’il transforma en un fervent centre de dévotion mariale, selon sa devise “À Jésus par Marie”; il fut un ardent zélateur du Rosaire, promut le culte eucharistique, fit construire un orgue, rendit à leur splendeur les marbres, les bronzes, le mobilier. Il favorisa le culte des saints jésuites, notamment st Louis Gonzague qui avait vécu là ; il fit faire une statue de la Vierge telle qu’elle lui était apparue en songe dans sa prison. Ce culte se répandit dans tout Naples et a continué : à la célébration du 1er janvier 1966 il y eut environ 20.000 communions.
Don Placido refusa les honneurs; prêtre humble et pénitent, il ne buvait ni vin ni alcool, jeûnait au pain et à l’eau tous les samedis ; quand son confesseur l’obligeait à manger, il faisait son repas avec 12 haricots ou 15 pois chiches; sous sa soutane il portait un cilice et se flagellait souvent. Les 12 jours précédant l’Immaculée Conception, il faisait pénitence publique avec la corde au cou et se traînait à genoux de la porte de l’église à l’autel de la Vierge. Saint lui-même et ami des saints, beaucoup d’âmes élues de Naples furent en relation avec lui ; il fut dans les premiers à organiser les secours lors du choléra de 1836, courant d’un bout à l’autre de la ville.
Il mourut après une brève maladie, et selon son désir il fut enterré dans son église, sous le trône de la Vierge. Béatification en cours depuis 1909. Vénérable : 27 février 1944.
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21 octobre Bx Pierre Cappucci de Citta di Castello ou de Tiferno, Città di Castello 1390- Cortone (Toscane) 21 octobre 1445.
De noble et ancienne famille, Pietro entra à 15 ans dans la florissante communauté dominicaine de sa ville natale, fit profession un an après. Son maître des novices, le Bx Lorenzo de Ripafratta, fut aussi celui de st Antonino Pierozzi et du Bx Angelico. Il étudia à Cortone (couvent fondé en 1230), peut-être à Fiesole et à Foligno, ayant comme condisciple st Antonin. Il fut un religieux observant et un prédicateur comme les voulait st Dominique : nourri de la méditation des mystères et formé à la pénitence, étranger à la recherche de soi et à l’affectation, annonceur convaincu et efficace de la Parole de Dieu.
Il jeûnait, faisait pénitence, réduisait le sommeil au minimum, aimait la Sainte Écriture, méprisait les biens de ce monde. Il fut certainement influencé en cela par un événement arrivé à Cortone ces années-là : la tragédie du palais Casali (le 11 octobre 1407 le gouverneur de la ville fut sauvagement assassiné par son neveu, qui jeta par la fenêtre le corps sanglant, au milieu de la foule horrifiée. Parmi ceux qui pleurèrent le gouverneur il y avait aussi les dominicains qui durent déménager au couvent de Fiesole. St Antonino a raconté cette tragédie dans ses chroniques). Pour l’Église, c’étaient les temps difficiles du schisme d’Avignon. À Pise, en 1409, fut élu l’antipape Alexandre V, tandis que Cortone était occupée par le roi de Naples Ladislas, qui fit entre autre emprisonner le sanguinaire assassin du gouverneur.
Pierre et ses compagnons déménagèrent dans la tranquille Foligno, en territoire dépendant du pape (Grégoire XIII) et y restèrent 6 ans, pendant lesquels Pierre fut ordonné prêtre et put mettre en pratique l’amour du prochain. Lors d’une épidémie, il assista matériellement et spirituellement les malades, parmi lesquels quelques frères qui perdirent la vie dans la circonstance. Le couvent de Cortone rouvert, Pierre, Antonin et l’Angelico revinrent. Notre Bx y restera toute sa vie, ses deux compagnons écrivirent dans d’autres couvents des pages indélébiles pour l’histoire de l’Ordre et réalisèrent des œuvres d’art aujourd’hui patrimoine de l’humanité.
Le Bx Pietro chercha la perfection évangélique toute sa vie, sans demi-mesure. Son humilité était un exemple pour ses frères et quand fut nécessaire la construction d’une nouvelle église, lui, le savant frère d’origine noble, se fit mendiant par les rues de la ville, conquérant estime et affection. Son apostolat fut généreux et fécond. Il fut père, maître et conseiller apprécié sur tout le territoire de Cortone. Ces années-là, Bernardin de Sienne sortait prêcher en ville et plusieurs fois notre Bx eut la joie de le rencontrer.
Frère Pietro dans ses homélies parlait souvent des fins dernières. Pour parler de la mort il tenait un crâne, non pour faire peur mais pour réveiller ceux qui vivaient loin de la foi. Il commençait le travail de conversion en chaire et le finissait au confessionnal. Les miracles fleurissaient sur ses pas : conversions de pécheurs endurcis, guérisons (le bras paralysé d’une femme), le salut de deux condamnés à mort.
Il aurait pu exercer des charges importantes, mais par humilité il préféra vivre surtout de prière. Il collabora avec st Antonin pour construire l’église monumentale qui est toujours à Cortone. Il recueillit personnellement des offrandes, des aides et des subventions du pape Eugène IV. Il commanda à son ami Fra Angelico le stupéfiant retable de l’Annonciation et la « lunette » au-dessus du portail d’entrée. En 1438 il obtint de Côme de Médicis le retable du grand autel du couvent Saint-Marc de Florence.
Après une brève maladie, il mourut au couvent St-Dominique, pleuré de ses frères et de tout Cortone, âgé de 55 ans dont 40 de vie religieuse, et fut enterré dans la salle capitulaire. Un portrait fut commandé. Environ 70 ans plus tard, la renommée de sainteté perdurant, on mit les restes dans une urne sur laquelle furent peints les faits et miracles principaux de sa vie.
Son culte fut confirmé ab immemorabili en 1816.
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23 octobre Heinrich de Cologne (von Marsberg), v1200 Mühlhausen près d’Unna (Nord Rhénanie-Westphalie), † Cologne 23 octobre 1229.
En 1218-1219, Heinrich étudia la théologie à Paris, où il fit la connaissance de Jourdain de Saxe et entra avec lui en 1220 dans l’Ordre dominicain. En 1221 après un court séjour à Reims, il alla à Cologne, termina en tant que premier prieur le couvent qui était en construction et l’amena à un état florissant. En 1225 il participa au Chapitre général à Bologne, visita aussi le concile provincial, et mourut peu après son retour à Cologne. Il fut aussi un savant, et un prédicateur remarquable de sensibilité augustinienne.
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25 octobre Bx Pierre Geremia, Palerme 10 août 1399 – Palerme 3 mars 1452.
Né d’une famille noble originaire de Bologne, il fit ses premières études au couvent Saint-Dominique, par la volonté de son père qui était juge à la cour royale. À 18 ans, il fut envoyé à Bologne, où il étudia le droit civil. En 1422 il décida de devenir dominicain au couvent local, abandonnant ses études contre la volonté de son père. Il finit son noviciat à Fiesole, en 1424 il fut ordonné prêtre, prenant la voie de l’enseignement. Excellent prédicateur, il évangélisa avec succès le nord et le centre de l'Italie, puis alla se fixer en Sicile. Il fut confirmé dans le ministère de la parole de Dieu par st Vincent Ferrier, dont il était disciple, et se donna tout entier au salut des âmes. En 1433 il revint à Palerme et, peu d’années après, fut nommé prieur du couvent Santa Cita. Il fut très apprécié du pape Eugène IV, qui le chargea de réformer le monastère Sainte-Catherine, puis il fut appelé à la charge de vicaire général des couvents de stricte observance. En1439, à l’occasion du Concile de Florence, il fut appelé à être médiateur entre l’Église grecque et l’Église latine. Ensuite il devint visiteur apostolique dans les couvents siciliens. On lui attribue un miracle : en 1444 il aurait arrêté la lave qui menaçait Catane. Il fit réaliser de nouveaux couvents, et en 1445 il inaugura l'Université de Catane, avec l'autorisation d’Alphonse le Magnanime. Il passa ses dernières années à Palerme, au couvent Santa Cita. Son corps est conservé à l’église St-Dominique. Beaucoup de ses sermons furent publiés après sa mort à Brescia.
Il fut béatifié en 1784.

26 octobre Bx Damien de Finalborgo (Damiano Furcheri de Finale), né à Finale (Ligurie), + Reggio Emilia 1484.
De la noble famille Furcheri, encore enfant il fut miraculeusement libéré des mains d’un fou qui l’avait enlevé. À peine adolescent, surmontant la résistance de ses parents, il prit l’habit dominicain qu’il honora de l’éclat de sa doctrine et de sa sainteté. Il étudia avec assiduité et amour les divines Écritures, dont il savait extraire la pure et substantielle doctrine dont fut tissée sa puissante et fructueuse prédication. Il évangélisa infatigablement la Ligurie et la Lombardie, brûlant du désir d’éclairer les âmes avec la lumière de la vérité. Pour cela son moyen infaillible fut la prière, intime et fervente, à laquelle il s’appliqua avec une ardeur de plus en plus grande. Il fut prieur dans sa ville natale. Dans les dernières années il se retira au couvent de Reggio Emilia où il introduisit la réforme de l’Ordre et se prépara à rencontrer Dieu. Il écrivit beaucoup d’ouvrages appréciés.
Culte confirmé en 1848.
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27 octobre Bx Barthélemy de Vicence ou de Brégance, Brégance près de Vicence v1200-1er juillet 1271.
Il fait ses études à Padoue et reçoit l’habit des mains de saint Dominique. En 1233 il fonde à Parme la Milice de Jésus-Christ. En 1235 Grégoire IX le nomme maître du Sacré palais. Il fut évêque de Limassol (Chypre) en 1248. En 1254, il fut envoyé en mission diplomatique en Terre Sainte, au roi d’Angleterre et au roi de France st Louis qui lui offrit une épine de la sainte Couronne et un morceau de la Vraie Croix. Il fit construire pour ces reliques à Vicence l’église Sainte-Croix. En 1256 Alexandre IV le nomme évêque de Vicence. Il eut des difficultés avec le tyran de Vicence, ennemi de la religion, mais ces difficultés manifestèrent la grandeur des qualités de ce pasteur, très estimé par les papes à cause de sa sainteté et de ses travaux apostoliques. Il a toujours été vénéré par le peuple. Il a écrit des commentaires sur l’Écriture, sur la Hiérarchie du Pseudo-Denys l’Aréopagite, deux volumes de sermons etc.
Béatifié en 1793.

27 octobre Antoinette de Brescia, + 1507.
Elle était originaire de Brescia et c'est dans le monastère des dominicaines de cette ville du nord de l'Italie qu'elle passa trente années de sa vie, comme religieuse puis comme prieure. En 1457, nommée à Ferrare pour réformer le monastère dominicain (Sainte-Catherine) de cette ville, elle dit à ses religieuses en arrivant : « Mes sœurs, c'est dans l'espoir d'avoir part à vos mérites et à vos prières, et non pour entretenir votre confort et votre oisiveté, que les gens du monde vous font l'aumône. » Les sœurs, qui l'avaient oublié, se convertirent. Au milieu des épreuves, elle ne perdit jamais sa patience et son humilité. Elle mourut centenaire dans l'humilité et une confiance profonde en la miséricorde de Dieu.
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29 octobre Lucia (Cammilla Bartolini) Rucellai, +1520.
À Florence, les Rucellai étaient des marchands qui avaient fait fortune surtout avec la teinture des tissus. Ils conservaient jalousement le secret de cette belle couleur violette, dite oricello (tirée d’un lichen). On peut dire qu’un quartier entier, celui de Sainte-Marie-Nouvelle, fut sous le patronage des Rucellai, dont le blason décorait ses nombreux monuments, symbole de fierté et d’opulence. La jeune Cammilla, de la noble famille des Bartolini, épousa Rodolfo Rucellai, et alla vivre dans le splendide palais des riches teinturiers. Mais vers 30 ans, les paroles de Savonarole la tirèrent des soins du monde, allumant en elle les feux de la plus profonde spiritualité. Rodolfo fut secoué lui aussi par les discours prophétiques du prédicateur, et il décida, un peu vite, de se séparer de sa femme, qui n’avait pas eu d’enfants, et de prendre l’habit dominicain à San Marco. Cammilla accepta la décision de son mari, mais sans la partager. Elle devint tertiaire dominicaine. Au bout de quelques mois, Rodolfo Rucellai, plus impulsif, mais moins fort que sa femme, se lassa de l’état religieux et voulut revenir dans le monde, essayant de convaincre sa femme de faire de même. Elle s’y opposa avec une ténacité inattendue. Après avoir souffert de la situation, elle avait trouvé dans son nouvel état une richesse spirituelle auprès de laquelle les plaisirs du monde lui paraissaient faibles. Rodolfo mourut peu après, et Cammilla, devenue soeur Lucie, resta au couvent des tertiaires dominicaines, et fonda un nouveau monastère, Sainte Catherine de Sienne, dont elle fut prieure après la fin tragique de Savonarole en mai 1498. Elle obtint pour ses tertiaires la permission de faire des vœux et plus tard celle de revêtir l’habit des sœurs du second Ordre. Mortifiée, pénitente, très sévère envers elle-même, Lucia priait avec tant de ferveur que, dit-on, le monastère apparaissait couronné de flammes, lorsqu’elle était en prière. À peine morte, après une maladie sereinement acceptée, son auréole de Bienheureuse vint embellir la gloire de la richissime famille Rucellai.

30 octobre Bse Bienvenue Boiani (Benvenuta Bojani), 5/4/1254-30/10/1292, dans le Frioul en Italie.
Dès la jeunesse, elle menait une vie austère et ascétique. Elle entra dans le Tiers Ordre de Saint Dominique. Son confesseur modéra son zèle pour les mortifications. Elle voulait imiter les souffrances du Christ. Un cilice ne lui suffisant pas, elle serra autour de sa taille une corde qui, peu à peu, lui entra dans la chair. Se privant de viande et de vin, couchant par terre et se donnant la discipline trois fois par nuit, elle ruina sa santé et devait rester toujours assise dans son lit, d’où des ulcères douloureux. Au bout de 5 ans de souffrance, on la porta au tombeau de st Dominique où elle guérit. Mais elle recommença ses mortifications, si bien qu’elle mourut. Ses contemporains l'ont dotée de toutes les vertus, mais « on se demande quand elle eut le temps de les mettre en œuvre, tellement son biographe nous la montre occupée à faire sans cesse des miracles. »
Culte ratifié en 1763.

30 octobre Bx Terence Albert O’Brien (né 1601 à Limerick, Irlande, + 30/31 octobre 1651 à Limerick), martyr.
Descendant des anciens rois d’Irlande, il entra chez les dominicains à 21 ans, fit ses études à Tolède (où il fut ordonné prêtre en 1627) et à Limerick. Il fut prieur de plusieurs couvents, puis provincial. Il participa au Chapitre général de Rome en 1644, où il reçut le titre de maître en théologie. Sa renommée parvint au pape Urbain VIII qui le nomma en 1648 évêque d’Emly. Il se consacra entièrement au bien spirituel de ses fidèles et défendit courageusement l’Église catholique contre Cromwell qui avait occupé le pays. Pendant les guerres des confédérés irlandais, comme beaucoup de catholiques irlandais il était avec l’Irlande confédérée. O'Brien était contre un traité de paix qui ne garantisse pas les intérêts catholiques en Irlande et signa en 1648 la déclaration contre la trêve confédérée avec Inchiquin qui a commis des atrocités contre le clergé et les civils catholiques. En juin 1651 les protestants assiégèrent Limerick et il incita ses concitoyens à se défendre et à conserver la foi catholique. Il se dépensa pour soigner les gens atteints de la peste. Après quelques mois de siège, Limerick dut se rendre. Le Major général Purcell, le Père Wolf et O'Brien passèrent devant une cour martiale et furent condamnés par le général Henry Ireton. Terence fut pendu et décapité, en haine du sacerdoce et de la foi catholique.
Béatifié en 1992 avec 16 autres martyrs catholiques irlandais. Dans l’église St Michel de Cappamore (comté de Limerick) il y a un grand tableau où on le voit au siège de Limerick.
Le Bx Peter Higgins, lui aussi, naquit en Irlande en 1601, entra chez les dominicains en 1622, et refusa de reconnaître le roi d’Angleterre comme chef de l’Église.

30 octobre Françoise Apolline Merlin (Mère Saint Pierre), née 9 avril 1803 à Villeneuve-sur-Lot, Lot-et-Garonne, + 30 octobre 1878, sœur de charité dominicaine de la Présentation.
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31 octobre Bse Élisabeth (Erzsébet) de Hongrie, 1292/1293 à Buda, † 31 octobre 1336 au monastère de Töss près de Winterthur (Suisse).
Fille unique du dernier roi de la dynastie Arpad, André III de Hongrie (1265-1301), et de Ferenna Inowrocławska de Pologne (1276-1295), à 2-3 ans elle perd sa mère, à 9 ans son père. L’orpheline est élevée à Vienne par sa belle-mère Agnès d’Autriche. En 1298, elle fut fiancée à Venceslas, futur roi de Hongrie, de Bohême et de Pologne. En 1308, le père d’Agnès est assassiné à Brugg en Suisse : Agnès et Élisabeth vont s’y installer. En 1309 (malgré la demande en mariage du duc Henri d’Autriche) Elisabeth entre plus ou moins volontairement au monastère des dominicaines de Töss. Elle y souffrit pendant 25 ans de grandes souffrances physiques et morales, mais elle ne se plaignait jamais. Au monastère elle rencontra Elsbeth Stagel, qui la mentionna dans son Livre des soeurs. Après sa mort, elle fut ensevelie au cimetière du monastère, puis dans l’église paroissiale de Töss. C’est surtout à partir du XVe siècle qu’elle fut vénérée comme une sainte (fêtée le 31 octobre). C’est en son honneur que la « croix de Lorraine » hongroise figure sur le blason de Töss. Sa dalle funéraire (du XVe) est au Musée national suisse. La légende dit qu’elle priait 34 000 Ave Maria par an, 1000 par année de vie du Christ. Sa grand-tante était sainte Élisabeth de Thuringe (appelée en France sainte Élisabeth de Hongrie). Le monastère de Töss fut détruit au début du XIXe.
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1er novembre Bx Conradin Bocchi, de Brescia, 1397-1er novembre 1429.
D’antique famille, à 17 ans son père Virgilio l’envoya faire ses études de droit à Padoue, à 22 ans il revint à Brescia et reçut l’habit dominicain des mains de Matteo Bonimperti de Novara, qui fut ensuite évêque de Mantoue. Après ses vœux, ses supérieurs lui firent étudier la théologie. En même temps il avait une intense activité de prédicateur. Il invoqua Marie dans une tentation et elle lui accorda la chasteté parfaite.
Il resta au couvent de Brescia jusqu’en 1426, puis le général de l’Ordre, Bartolomeo Texier (1426–1449), l’envoya à Bologne pour réformer le couvent Saint-Dominique, dont seuls quelques frères étaient observants. Élu prieur, il poursuivit l’œuvre de réforme, remettant en peu de temps tout le couvent à la stricte observance. Son priorat terminé, il dut acquitter encore cet office après l’expulsion de Bologne de son successeur, Domenico Mazzacossa de Viterbe, qui en cette époque de luttes entre les factions citadines était partisan du pape. Lorsque l’armée pontificale quitta le territoire de Bologne pour mater la rébellion et que Martin V fulmina l'interdit contre la ville, Conradin - spontanément ou par obéissance, on ne sait – porta la bulle d’excommunication sur la place et la lut publiquement. Arrêté pour cela, tandis que le couvent était pillé, il échappa à la mort par l'intervention de citoyens influents et fut remis en liberté, mais peu après arrêté de nouveau pour n’avoir pas cessé son activité et la prédication en faveur du pape. Réélu prieur, il semble avoir refusé la dignité de cardinal offerte par Martin V, et peu après il mourut de la peste en soignant les malades, à l’âge de 32 ans.
Il fut un représentant de la tendance rigoriste dans les controverses qui alors travaillaient les ordres mendiants. Les contemporains lui attribuèrent des prophéties et des miracles, il fut béatifié par la voix populaire, mais en 1582 l'archevêque Charles Borromée, en visite pastorale à Brescia, fit enlever de l’église Saint-Dominique un autel à lui dédié. On peut lui attribuer les Sermones de tempore contenus dans un manuscrit de la Bibliothèque Pauline de Lipsia, mais l’œuvre n’a pas encore été étudiée.

2 novembre Vble Wichmann d’Arnstein (ou de Ruppin), v1185 en Saxe, † 2 novembre 1270 à Neuruppin (Brandebourg).
Wichmann, de la famille des comtes d’Arnstein, vraisemblablement apparenté à Mechthild de Helfta, entra en 1194 chez les prémontrés au couvent de Magdeburg, devient chanoine en 1207 et prieur en 1210. En 1221 il est choisi comme évêque de Brandebourg, mais le pape annule la nomination. En 1230 il entre chez les dominicains de Magdeburg et après un séjour au couvent de Freiberg (Silésie) il devint en 1246 le premier prieur de Neuruppin, couvent fondé par son frère Gebhard, légat impérial de Frédéric II en Italie. Il est douteux qu’avant 1246 il ait aussi été prieur à Eisenach et Erfurt. Wichmann avait des dons mystiques. Il reste de lui six lettres, dont cinq adressées à des cisterciennes du monastère de Zimmern près d’Augsburg; les moniales cisterciennes et les mystiques Gertrud de Helfta, Mechthild de Helfta, Mechthild de Hackeborn, ont été influencées par lui. Les lettres de direction spirituelle qu’il écrivit entre 1252 et 1270 environ, ainsi que ses traités sur la vie spirituelle, sont marqués par la mystique amoureuse de st Bernard de Clairvaux et par son expérience personnelle. Même après sa mort, beaucoup de miracles ont été attribués à Wichmann. Au Moyen Âge il fut honoré comme saint et thaumaturge.
Cf. Marcus Antonius van den Oudenrijn, Miracula quaedam et collationes fr. Wichmanni, inter mysticos ord. Praed. nationis Germanicae aetate antiquissimi.
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3 novembre St Martin de Porrès (Lima 9 décembre 1569 - 3 novembre 1639), frère convers, infirmier, mystique et thaumaturge.
Fils naturel d'un noble castillan, Don Juan de Porrès, qui ne le reconnut que dans son testament, et d'une ancienne esclave noire péruvienne, Ana Velasquez, qui dut l'élever seule non sans difficultés, il fut porté sur les mêmes fonts baptismaux que sainte Rose de Lima, et dut supporter toute sa vie les humiliations que lui attiraient sa naissance illégitime et la couleur de sa peau. Dès son enfance il apprit l’art des médicaments, qu’il exerça ensuite largement, devenu religieux, en faveur des pauvres. Adolescent, il partageait son pain avec plus pauvre que lui dans les rues de Lima. À 22 ans, il entre comme tertiaire laïc dominicain au couvent Notre-Dame du Rosaire de Lima, où il accomplira avec beaucoup de délicatesse et de patience la charge d'infirmier. Il fait sa profession solennelle à 24 ans.

Un jour qu'il apprend que son couvent est couvert de dettes, il supplie le prieur de le vendre comme esclave puisqu'il est le fils d'une ancienne esclave, "pour être utile au moins à quelque chose dans la communauté." Ses journées se passent à recevoir, écouter et aider les pauvres, ses nuits se passent en prière. Bientôt, malgré ses ruses de sioux, tous les frères savent qu' "il ne faut pas s'étonner des extases de frère Martin" à qui le Seigneur donne tant de grâces mystiques. Il aimait tellement le Christ que la force de cet amour surnaturel le fit un jour s'élever de terre, s'envoler vers un crucifix et baiser la plaie du Cœur de Jésus. Il ne parlait que de Dieu ou avec Dieu et déversait son trop-plein d'amour divin sur tous les hommes, particulièrement sur les malades et les agonisants. Il connaissait les secrets des cœurs, prédisait l'avenir, dévoilait les ruses des démons et repoussait leurs assauts avec autorité. Il devinait à distance les désirs des malades et se transportait miraculeusement à leur chevet. On a vu et entendu saint Martin de Porrès en Europe, en Chine, en Algérie, au Japon, alors qu'il n'a jamais quitté l'Amérique.

- Frère Martin, lui dit son prieur, vous ne faites rien de bon.
- C’est malheureusement vrai, révérendissime Père. Malgré tout, permettez-moi de vous offrir une sélection de nos meilleurs fruits et spécialités locales.
- Volontiers! Somme toute, vous n’êtes point si mauvais.

Bien que sans grande instruction, il donne des conseils éclairés sur les questions les plus graves, réconcilie les ménages, guérit les malades. Son admirable pureté de mœurs, sa modestie, son humilité et sa charité pour les pauvres furent les vertus caractéristiques de son enfance et de toute sa vie. Il résolvait les plus graves questions de la théologie avec tant de sûreté que les hommes les plus doctes proclamaient avec émerveillement que sa science ne pouvait lui venir que du ciel.
Il s’occupait autant des hommes que des bêtes. Sa bonté envers les chiens, les chats et même les dindons est immense, ce qui le rend très populaire auprès des populations indiennes. Sa bonté proverbiale s'étendait même aux animaux nuisibles. Afin de leur éviter de tomber dans les pièges meurtriers du frère sacristain qui se plaignait de voir ses étoffes rongées par les rats et les souris, il rassembla un jour toutes ces petites bêtes, et déposant son panier par terre, il leur enjoignit de grimper dedans, puis les transporta au fond du jardin, leur promettant de les nourrir chaque jour.
Toute sa vie, à la fois cachée et rayonnante, se déroula dans un monde d’anges et de démons ; il y conserva toujours une parfaite sérénité, menant une vie dure et humble de pénitence et de prière, irradiée de charité.
Dieu lui révéla d'avance le jour de sa mort. Le saint demanda que tous les religieux du couvent soient présents à ses derniers moments et leur demanda pardon pour toutes les offenses qu'il avait pu commettre envers eux. Ses frères récitèrent avec émotion le Symbole des Apôtres; arrivés à cette parole: «Le Verbe S'est fait chair», Martin posa doucement le crucifix sur sa poitrine et rendit à Dieu son âme innocente, à l'âge de 60 ans. Comme durant sa vie, de nombreux miracles continuèrent de témoigner de son éminente sainteté.
Patron de la justice sociale, des frères coopérateurs, des coiffeurs, des animaux domestiques, père des malades et des pauvres, « Martin de la charité » est un intercesseur hors pair pour tous ceux qui sont dans le besoin.
Béatifié en 1836. Jean XXIII, qui l'a canonisé en 1962, a dit : "Martin de Porrès était l'ange de Lima. Ce n’était pas un savant, mais il possédait la vraie science, celle du Saint-Esprit ».
L’imagerie populaire le représente avec un balai, symbole de ses humbles fonctions et accompagné du chien, du chat et des souris du couvent fraternisant à la même écuelle.
A lire: Les "Fioretti" de saint Martin de Porrès, Apôtre de la charité (Cerf, Paris 2006).

3 novembre Servante de Dieu Maria Giuseppa (Elena) Giacobini, Caldarola, Macerata, 4 novembre 1864 - Camerino, 3 novembre 1944.
Elena Giacobini, après avoir écouté à sa paroisse le sermon fervent d’un missionnaire, âgée de 19 ans, décida de se consacrer à Dieu, et devant la grande croix de l’église elle promit de le suivre au couvent, lui offrant ses dons spirituels et moraux et sa fraîche beauté à la Titien.
En 1883 elle entre au monastère des dominicaines de Sainte Catherine de Sienne, à Camerino, où elle restera environ 60 ans, vivant une intense vie spirituelle comme sœur, puis comme maîtresse des novices , puis comme supérieure.
Elle transmit dans la communauté monastique ses dons d’épouse du Christ, élevant sa famille spirituelle à une vie active et contemplative vraiment profonde. Son idéal de vie est la vie cachée, dans le silence et le recueillement, ses modèles sont la Sainte Famille et surtout Jésus Eucharistie. Elle dira: “Jésus dans le Saint Sacrement m’instruit”.
Elle fut aimée de ses sœurs comme une mère aimante, et à sa mort le peuple de Camerino vénéra sa dépouille.
Sa cause de béatification a été introduite en 1981.
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4 novembre Jean le Teutonique (Johannes von Wildeshausen), né v1180 à Wildeshausen près d’Oldenburg, + 4 novembre 1252 à Strasbourg.
À 40 ans, il demanda l’habit dominicain à st Dominique en 1220 à Bologne.
Grégoire IX le nomma son chapelain et son pénitencier, l’envoya remplir des missions délicates dont il s’acquitta très bien, en Allemagne et en Hongrie. En 1237 il fut envoyé par Grégoire IX au prince bulgare Asen II.
Il fut provincial de Hongrie 1231-1233, évêque de Ðakovo en Croatie 1233-1237, provincial de Lombardie 1238-1240, 4ème Maître de l’Ordre 1241-1252.
Il prêchait en cinq langues.
De Naples, il conduisit le jeune Thomas d’Aquin à Rome, puis à Paris où celui-ci étudia la philosophie et la théologie.
Sous sa direction, les chapitres généraux décidèrent deux importants changements des constitutions : les chapitres généraux n’eurent plus lieu alternativement à Bologne et à Paris (1245 Cologne, 1247 Montpellier, 1249 Trèves, 1250 Londres) ; et Paris perdit son monopole universitaire : à partir de 1248 de nouvelles facultés furent fondées à Montpellier, Bologne, Cologne et Oxford.
Il unifia la liturgie dominicaine, et donna à l’Ordre une structure plus solide. Il favorisa la prédication, les missions et les études.

4 novembre Bx Barthélemy des Martyrs (Bartolomeu Fernandes), 3 mai 1514 à Lisbonne - 16 juillet 1590 à Viana do Castelo.
Le 11 novembre 1528 il entre au couvent de Lisbonne, fait profession le 20 novembre 1529 et achève ses études philosophiques et théologiques en 1538. Il enseigne aux couvents de Batalha de Lisbonne et d'Evora (1538-1557), puis il devient prieur du couvent de Benfica de Lisbonne (1557-58).
l fut précepteur de Don Antonio, neveu du roi Joao III, et fut nommé en 1559 archevêque de Braga (la reine Catherine présente le Vénérable Louis de Bois, célèbre par ses écrits, mais celui-ci conseille à la reine de présenter plutôt le Père Barthélemy dont il est le Prieur provincial, et ce dernier accepte par obéissance).
Il ajoute à son nom "dos Mártires" en souvenir de l'église Sainte-Marie des Martyrs où il a été baptisé.
Il commence sa mission apostolique dans son vaste diocèse : il fait les visites pastorales de ses 1400 paroisses ; pour l'évangélisation du peuple, il rédige un Catéchisme ou Doctrine chrétienne et pratique spirituelle (15 éditions). Ayant une grande sollicitude pour la formation culturelle et la sanctification du clergé, il compose quelques ouvrages de doctrine et institue des écoles de théologie morale dans de nombreuses villes du diocèse. Il s'engage concrètement pour la réforme catholique : en 1560 il confie les études publiques aux Jésuites, qui transforment le collège Saint-Paul.
De 1561 à 1563, il participe activement au Concile de Trente, présentant 268 pétitions et propositions pour la réforme de l'Église. On accepte la franchise de ses remarques, car ce pittoresque prélat passe pour un saint. À propos de la Curie, il dit par exemple : "M'est avis que les illustrissimes Seigneurs ont grand besoin d'une illustrissime réforme".
C'est pour les Pères du Concile qu'il écrit son plus célèbre ouvrage, le Stimulus pastorum sur la mission apostolique des évêques, œuvre qui connaîtra 22 éditions et qui, ayant gardé toute son actualité, sera distribuée aux Pères des Conciles Vatican I et Vatican II.
Après avoir suscité l'émotion et l'enthousiasme des évêques au Concile de Trente en faveur de la Réforme, Mgr Barthélemy des Martyrs s'emploie à la réaliser lui-même avec courage et une persévérance invincible.
En 1564, il organise un synode diocésain, suivi en 1566 d'un synode provincial.
Il privilégie les pauvres et se prive pour leur donner. Critiqué pour son apparence misérable due au peu qui lui reste, il répond : "Vous ne me verrez jamais perdre la raison au point de dépenser avec les oisifs ce avec quoi je peux faire vivre de nombreux pauvres."
L'ignorance religieuse étant la plus grande des pauvretés, il fait tout son possible pour y porter remède en commençant par la réforme morale et l'élévation culturelle du clergé, car "il est évident - dit-il à ses prêtres - que si votre zèle correspondait à votre charge, le troupeau du Christ ne dévierait pas autant des chemins du Ciel." En 1571 ou 1572, il commence la construction d'un séminaire conciliaire à Campo da Vinha, le premier du Portugal.
Dans son action il rencontre des obstacles, dont l'écho se fait parfois sentir jusqu'à Rome, mais le pape Pie IV dit de lui : "Il nous a donné une telle satisfaction à l'époque où il participa au Concile, en raison de sa bonté, de sa religion et de sa dévotion, que nous continuons à le tenir en grande considération, en ayant une telle opinion de son honneur et de sa vertu qu'elle ne pourra être altérée par les critiques de personne."
Il a une tendre dévotion aux souffrances de Notre Seigneur, à l’eucharistie, à la Vierge et aux saints. Charité, humilité, esprit de pauvreté et de prière.
En 1581, après 23 ans de service épiscopal, âgé et épuisé, il renonce à sa charge d'archevêque et se retire dans un couvent dominicain qu'il avait créé en 1561 : le couvent Sainte-Croix à Viana do Castelo, au nord du Portugal. Il meurt huit ans plus tard, reconnu et vénéré par le peuple comme "le saint archevêque, père des pauvres et des infirmes." Des miracles sur sa tombe.
Sa production littéraire compte 32 œuvres, dont :
Compendium spiritualis doctrinae, traduit en 1699 sous le titre Maximes de la vie spirituelle.
Stimulus pastorum ou Devoirs et Vertus des évêques, traduit en 1672.
Lemaistre de Sacy a écrit sa Vie.
Béatifié en 2001 par Jean-Paul II, qui fixe sa mémoire liturgique au 4 novembre pour l'unir à celle de st Charles Borromée qui, comme lui, s'est consacré assidûment à mettre en pratique les décisions du Concile de Trente.
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5 novembre Bx Simon de Sant’Arcangelo Ballachi, né milieu XIIIe, + v1319.
L'Italie était alors déchirée par des factions politiques, qui se persécutaient avec une fureur sans bornes. Ces sentiments peu chrétiens furent enseignés de bonne heure à Simon, fils du comte Rodolphe de Saint-Arcangelo et neveu de l'évêque de Rimini, et il les nourrit dans son cœur jusqu'au moment où il fut éclairé de l'Esprit-Saint.
À l'âge de 27 ans il entra comme frère lai au couvent de Rimini, où il passa toute sa vie, et qui conservait encore les impressions profondes qu'y avait laissées la vertu de St Thomas d'Aquin et de saint Pierre martyr, qui y avaient demeuré l'un et l'autre.
Son esprit de pénitence, orienté comme celui de saint Dominique vers la conversion des pécheurs, le poussa à des austérités extraordinaires. Mais il fut en même temps un modèle de douceur souriante et d'humilité, aimé des enfants qu'il catéchisait, aimé de tout le peuple de Rimini qui mit ses vêtements en lambeaux après sa mort pour en faire des reliques. Il mena une vie tout entière consacrée au service de ses frères, à la pénitence et à la prière. Il remplit avec ardeur et humilité tous les devoirs de son état (jardinier). Son attention, son zèle et sa soumission avaient quelque chose d'étonnant.
Son zèle pour le salut du prochain allait si loin, que souvent il parcourait la ville la croix à la main, instruisait les enfants dans les principes de la religion, et exhortait sévèrement, et presque toujours avec succès, les pécheurs à quitter le sentier du vice. Il pleura tant, qu’il fut aveugle les douze dernières années de sa vie. Quand il mourut, sa réputation de sainteté était si générale, qu'on fut obligé de différer son enterrement au-delà du terme ordinaire, tant l'affluence du peuple était grande.
Culte autorisé en 1817.

5 novembre Vénérable Giorgio La Pira, 9 janvier 1904 à Pozzallo (Raguse) -5 novembre 1977 à Florence.
Aîné de 6, diplôme de comptable et bac lettres classiques, devient tertiaire dominicain en 1925 (frère Raimundo), prend l’habit de tertiaire dominicain en 1927, prof de droit romain, laïc consacré (avec vœux pauvreté obéissance chasteté) dans un institut séculier franciscain, Action catholique, 1939 il est officiellement voué à l’Ordre dominicain au couvent Saint-Marc à Florence, poursuivi par les fascistes, 1943 poursuivi par les nazis et fascistes il fuit et se cache (bronchites), 1944 il revient à Saint-Marc (cellule glaciale donc souvent à l’hôpital), 1946 député, avec d’autres il formule les principes fondamentaux de la Constitution de la République soutenant les libertés civiles et religieuses, le droit au travail et la valeur de la personne humaine, 1948 député et sous-secrétaire d’État de De Gasperi, 1950 il quitte le gouvernement, 1951-1957 maire de Florence (démocrate-chrétien), 1953 fait construire beaucoup de logements populaires, jumelle Florence avec Reims et Fez, pèlerinage en Israël, Jordanie, Égypte, 1958 député, il organise des Colloques méditerranéens (Israéliens et Arabes, Français et Algériens), 1959 va à Moscou au Soviet suprême pour le désarmement, maire 1961-1965, fait beaucoup de travaux publics, logements pour les sans abri, écoles, il invite LS Senghor, va aux USA défendre les droits civiques des minorités, jumelle sa ville avec Philadelphie et Kiev, milite toujours pour la paix, soutient Allende, milite contre l’avortement, défend toujours les valeurs humaines et chrétiennes face à une société de plus en plus matérialiste et violente (Brigades rouges), 1976 réélu député, 1977 il meurt. Des foules à son enterrement. Les gens viennent prier sur sa tombe.
Béatification en cours depuis 1986, vénérable en 2018. Dans son journal intime Mgr Roncalli a écrit en 1956 : “Hier soir je me suis entretenu avec le Pr. La Pira que j’estime et vénère. C’est une âme digne de tout respect”.

6 novembre Bx Pélage de Portugal, +1257.
Il était religieux dominicain à Coimbra, célèbre ville universitaire du Portugal. Humblement, il sut si bien cacher ses mérites que ses frères ne les découvrirent qu'après sa mort. Ainsi un jour qu’il leur manquait du métal pour fondre une cloche, ils prirent de la terre sur la tombe de Pélage, et la cloche fut très belle et très sonore. C’est pourquoi on représente Pélage tenant une cloche dans les mains.

6 novembre Bse Christine de Stommeln (près de Cologne), 1242 - 6 novembre 1312.
Fille du riche paysan Heinrich Bruzo, elle reçut du ciel des faveurs insignes (apparitions de Jésus-Christ à 5 et 6 ans, de Marie à 7 ans, mariage mystique à 11 ans, stigmates à 15 ans). En 1255, à 13 ans, elle entre chez les béguines de Cologne. Le béguinage, originaire de Belgique, était un ensemble de maisonnettes où étaient accueillies les béguines, qui faisaient des vœux temporaires de pauvreté, chasteté et obéissance. Certaines finissaient par sortir et par se marier. Pendant leur séjour, elles menaient une vie bien réglée : prière, visites aux malades et assistance aux personnes âgées sans famille. Ces institutions étaient très nombreuses, au XIIIe siècle, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne et en France.
Elle fut très souvent tourmentée par le démon qui lui suggérait le suicide. Lors de ces attaques, elle avait l’habitude de prier ainsi :
"Seigneur Jésus, je vous en prie, par votre mort, par vos souffrances et par votre très doux Cœur broyé pour notre amour, si c'est votre bon plaisir que ces malins esprits me donnent la mort, recevez en paix mon cœur troublé et affligé, gardez-le miséricordieusement, dans votre très doux Cœur".
Les signes extérieurs de telles manifestations inquiétèrent fortement les béguines qui finirent par la chasser en 1259. Elle vécut désormais chez ses parents, près du curé et des béguines locales, toujours torturée et tentée de visions et attaques diaboliques, et d’autre part bénie de consolations et apparitions célestes. Sa stigmatisation est attestée avec certitude, depuis 1269 ses stigmates étaient visibles à certaines périodes de l’année.
Son directeur spirituel, le dominicain suédois (disciple d’Albert le Grand) Pierre de Dacie, qu’elle rencontra en 1267, écrivit sa biographie, qui contient aussi une volumineuse correspondance. Il resta en lien avec elle même après 1272, quand il commença son activité en Suède. Après une grave hémorragie en 1288, on ne constata plus d’expériences surnaturelles. L’année de la mort de Pierre (1289), les assauts du démon cessèrent, et tout en gardant toujours l’habit des béguines, Christine vécut en paix jusqu’à sa mort à 70 ans, après une vie de grandes souffrances, toujours supportées généreusement, les yeux fixés sur le Cœur aimant de Jésus et sur la Croix rédemptrice.
Son culte fut approuvé en 1908 et sa fête fixée au 6 novembre. Au XVIe siècle, ses restes furent transférés à Jülich. L’église fut détruite par les bombardements en 1944 mais le reliquaire est resté intact.

6 novembre Bx Alfonso Navarrete, prêtre dominicain, et ses compagnons (Ferdinand de st Joseph d’Ayala, prêtre ermite de Saint-Augustin et Léon Tanaka, religieux jésuite) martyrs en 1617, décapités ensemble en haine de la foi chrétienne, à Omura au Japon, en vertu d’un édit du chef suprême Tokugawa.

6 novembre Bx José Gafo Muñiz, né le 20 octobre 1881 à Campomanes, Lena (Astúries), + 4 octobre 1936 à Madrid, prêtre OP, syndicaliste, martyr.
Il impulse le syndicalisme catholique, avec les qualifications de Libre ou Professionnel. En février 1914 il fonde le Syndicat de Ferroviaires Libres de Madrid, avec la même structure que les syndicats catholiques mais sans la distinction de catholique. L'été 1923 il va à Barcelone rencontrer Ramon Sales, dirigeant des Syndicats libres impulsant le processus d'union des Syndicats Catholiques-Libres du nord de l'Espagne avec les Libres de Barcelone. Il est membre du Conseil du Travail de la dictature du général Primo de Rivera. Il reste ajourné avec la proclamation de la Seconde République Espagnole en 1931, et soutient la tentative de coup d'État du général Sanjurjo le 10 août 1932. Aux élections générales espagnoles, il est élu député de Navarre (Bloc de Droite). En décembre 1934 il signe le manifeste du Bloc national, inspiré par José Calvo Sotelo, et il se montre partisan de l'action extra-parlementaire, selon la trajectoire de l'extrême-droite traditionnelle. Arrêté le 5 août 1936, assassiné en sortant de la prison Model de Madrid, béatifié en octobre 2007. Fête le 6 novembre.

6 novembre Bx Vicente (Juan) Peña Ruiz (Caleruega, Burgos, 22 mars 1883 - Paracuellos del Jarama, Madrid, 30 novembre 1936).
Il étudia sous la tutelle de l’aumônier des moniales dominicaines et entra à 14 ans à l’école apostolique de Corias (Asturies); profession à Padrón (La Coruña) le 17 septembre 1901; il étudia la philosophie à Corias et la théologie à Salamanque; ordonné prêtre le 27 mars 1909; il rencontra des difficultés au début de sa vie religieuse, provenant peut-être d’un conditionnement personnel; nommé aux couvents de las Caldas de Besaya (Santander) et Palencia; et enfin il fut envoyé à Salamanque jusqu’en 1921, acceptant humblement les pénitences qu’on lui imposait, et menant une vie pieuse et régulière, serviable et enthousiaste de tout ce qui concerne l’Ordre; il fut d’une grande aide comme secrétaire du P. Justo Cuervo, éditeur des œuvres de Fr. Luis de Granada (voir 31 décembre). Sa dernière affectation fut le couvent de l’Olivier à Madrid, où il vécut comme un bon religieux.
Le 20 juillet 1936, lors de l’assaut, il chercha un lieu de refuge ; le 4 août, il fut arrêté en pleine rue et emmené à la prison San Antón, où il se conduisit de manière édifiante et se fit remarquer par son esprit de prière, sérénité et conformité à la volonté de Dieu ; il organisa une façon de prier le rosaire incognito, en se promenant dans le patio en groupes et se servant de ficelles pour compter les Ave Maria. martyrisé avec le P. Amado Cubeñas.
Béatifié en 2007. Fête le 6 novembre.

7 novembre Bx Alfredo Fanjul Acebal, Juan Mendibelzúa Ocerin, Vicente Rodríguez Fernández, Isabelino Carmona Fernández, José Delgado Pérez, martyrs le 7 novembre 1936 à Paracuellos del Jarama (Madrid), béatifiés en 2007.

Alfredo, né à Oviedo (Asturies) le 16 juillet 1867. Il étudia au séminaire d’Oviedo, installé dans l’ancien couvent Saint-Dominique; profession à Corias (Asturies) le 29 septembre 1883, ordonné prêtre le 15 décembre 1890, il enseigna à Corias et Salamanque, en ce dernier couvent il fut régent des études. Maître en théoogie, il préparait bien ses classes et était pour cela très estimé; il fut supérieur à Oviedo, Salamanque, Palencia, à l’Olivier à Madrid, à Saint-Dominique le Royal à Madrid, prieur provincial en 1918.
Il était prieur de l’Olivier quand le couvent fut attaqué le 20 juillet 1936. Arrêté le même jour, on l’emmena en camion au commissariat de police de la Puerta del Sol, et de là à une checa à la Ronda de Valencia, puis au ministère de l’Intérieur, dans le camion où on l’emmenait il y avait des flaques de sang; pour s’être découvert en passant devant une église, il fut frappé à coups de canon de fusil. Du ministère on l’emmena à la direction générale de sécurité et on le mit au cachot, où il se trouva avec 4 religieux du couvent d’Atocha, notamment Isabelino Carmona ; vers minuit, ce 20 juillet, on les enferma à la prison Modelo et ils purent se réconforter mutuellement, surtout en priant ensemble. En prison il eut la consolation d’assister au mariage de son parent le général Joaquín Fanjul, qui fut exécuté quelques heures après. Le 15 août arrivèrent à cette prison 4 étudiants dominicains de la Province Bétique; le 22 août ils faillirent mourir dans un incendie qui semblait provoqué de l’extérieur. Au milieu de ses préoccupations il se conforma toujours à la volonté de Dieu, et exerça beaucoup le ministère de la confession parmi les détenus; pour lui-même et pendant la nuit, il récitait toutes les prières et pratiquait les rites comme s’il célébrait la messe, ce qui lui fut une grande consolation. Religieux excellent, pieux, jouissant d’un grand prestige, remarquable par sa charité et sa prudence.

Juan, né à Bilbao le 23 novembre 1878, baptisé le lendemain; dès l’enfance il fréquentait les moniales dominicaines de l’Incarnation de Bilbao; profession à Corias (Asturies) le 5 décembre 1894, il commença la philo, fit la théologie à Salamanque, ordonné prêtre en 1902. Il était spécialement doué pour la musique, chantre, organiste et compositeur; il fut nommé au couvent de l’Olivier à Madrid; religieux magnifique, bon, paisible, serein, de bonne humeur, serviable; il célébrait parfois la messe dans l’oratoire particulier du Président de la République Niceto Alcalá Zamora.
Après l’attaque du couvent de l’Olivier le 20 juillet 1936, il se réfugia chez au moins deux familles, mais fut arrêté à la mi-octobre et incarcéré d’abord à la prison du Congrès, en un lieu très étroit où s’entassaient une centaine de personnes ; puis à la prison Modelo. Sa robuste complexion fut très affaiblie en ces mois d’angoisse. À la prison Modelo, sûrement depuis le 17 octobre, il fut avec le P. Vicente Rodríguez; avec ses compagnons de cellule ils menèrent une vie édifiante et avec optimisme, occupés à prier souvent le rosaire. En ces moments il eut la force de consoler son compagnon d’infortune, le P. Vicente.

Vicente, né à Bárcena, Navelgas (Asturies), le 22 octobre 1897, baptisé le lendemain; il entra à l’école apostolique de Corias (Asturies), fit profession le 12 octobre 1915; il s’appliquait à se préparer pour la prédication et il avait un instinct poétique; il étudia la théologie à Salamanque, ordonné prêtre le 1er avril 1922; il partit très vite au Mexique, à Chihuahua, puis à Tampico, où le surprit la persécution religieuse de Plutarco Elías Calles, et il fut expulsé du pays. Il passa aux USA et exerça l’apostolat au village de Cuero, au Texas, voluntaire et charitable pour tous et en tout, il aimait l’apostolat et prêchait avec énergie et acceptation, il vécut la pauvreté avec résignation. À son retour en Espagne, il fut assigné au couvent Saint-Paul de Valladolid.
Il était destiné à la communauté de l’Olivier de Madrid quand le couvent fut attaqué le 20 juillet, et il trouva refuge chez un de ses frères; il souffrait intensément car il prévoyait qu’il allait mourir; il fut arrêté le 12 octobre et eut le même sort que le P. Juan Mendibelzúa.

Isabelino, né à Pajares de Laguna (Salamanque) le 16 septembre 1908; il entra à l’école apostolique de Corias (Asturies), continua ses études classiques à Las Caldas de Besaya (Santander); profession le 15 août 1925 à Corias, études philosophiques; il fit la théologie à Salamanque, fut un des fondateurs, parmi les étudiants, de l’académie «Francisco de Vitoria», ordonné prêtre le 10 juillet 1932. Sa première et unique assignation fut le couvent d’Atocha de Madrid, directeur de la jeunesse d’Action Catholique, et mit beaucoup de soin à sa formation spirituelle et liturgique. Homme intègre, silencieux, observateur et observant, respectueux, très doué intellectuellement.
Le 20 juillet avec les autres religieux il fut emmené à la caserne d’Abtao et à la direction générale de la sécurité, enfermé au cachot, et de là, transféré à la prison Modelo vers minuit le même jour; dans sa cellule il était avec trois autres dominicains du couvent de l’Olivier, pleinement conformés à la volonté de Dieu et menant une intense vie de prière en attendant l’heure du martyre; ils purent célébrer avec une certaine solennité la fête de saint Dominique le 4 août. Il marcha au supplice, vaillant et décidé.

José, né le 18 mars 1917 à Becerril de Campos (Palencia); baptisé le lendemain, confirmé en 1935. Très doué intellectuellement, il étudia à l’école apostolique d’Almagro. En 1931, à cause des circonstances politiques, les supérieurs le renvoyèrent chez lui, ainsi que le reste des élèves. Là il se montra pieux et travailla aux champs avec sa famille. Il prit l’habit le 8 septembre 1935 et commença le noviciat. Il était de caractère gai et très sociable, très studieux et compétent, de solide piété, généreux et accomplissant son devoir, dédié à Dieu corps et âme. Il suivit la communauté après la fermeture du couvent d’Almagro le 25 juillet; on l’emmena à Madrid, avec frère Manuel Santiago et d’autres, et il alla avec eux à la prison Modelo. Là il retrouva frère José Prieto Fuentes. Son martyre coïncida avec le début des exécutions en masse de prisonniers de cette prison. Il avait 19 ans.
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