Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2010-2011)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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Anne
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Re: Jésus et le secret de l'union à Dieu

Message non lu par Anne »

:clap: :coeur: :clap:
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
2 Co 4, 8-10
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stephlorant
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Jésus et les enfants

Message non lu par stephlorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 19,13-15.
On présenta des enfants à Jésus pour qu'il leur impose les mains en priant. Mais les disciples les écartaient vivement.
Jésus leur dit : « Laissez les enfants, ne les empêchez pas de venir à moi, car le Royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent. »
Il leur imposa les mains, puis il partit de là.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Essayer de visionner la scène, comme le propose saint Ignace, je découvre comme c'est utile. En effet, si l'on se contente de lire le texte, il y a des personnes, bien présentes dans ce récit, qui nous échappent à la première lecture. A côté de Jésus, des disciples et des enfants... il y a... les parents, bien entendu ! "On présenta des enfants à Jésus", dit le texte: c'est le pronom indéfini qui les révèle. Ces parents ont pris l'initiative de rassembler leurs enfants pour les mener à l'endroit où se tenait Jésus. La réaction des disciples montre également combien la société était hiérarchisée et organisée - et, faut-il le dire, très "masculine". Du coup, a contrario, je m'imagine bien que dans les couples qui ont conduit leurs enfants à Jésus, ce sont les mères qui ont décidé !

Et les voici donc, comme tous les enfants du monde, remplis de confiance, qui courent et crient et s'éparpillent dans un beau désordre avant d'arriver au pied du Seigneur qui les reçoit, les regarde (et je peux deviner que Jésus voit tout ce qu'il y a dans leurs cœurs et leur impose les mains en un signe de bienveillance et un geste de protection). C'est l'occasion aussi d'énoncer une vérité très simple: "Le Royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent".

Les figures de sainte Thérèse de Lisieux, de sainte Faustine et de Dominique Savio s'imposent à mon esprit, parmi d'autres, du fait de leur très prompt éveil spirituel:

- A neuf ans, Thérèse s’adresse à la mère Marie de Gonzague, la prieure du Carmel où vient d’entrer sa sœur Pauline :
"Vous m’avez expliqué la vie du Carmel qui me sembla si belle ! En repassant dans mon esprit tout ce que vous m’aviez dit, je sentis que le Carmel était le désert où le Bon Dieu voulait que j’aille aussi me cacher… Je le sentis avec tant de force qu’il n’y eut pas le moindre doute dans mon cœur : ce n’était pas un rêve d’enfant qui se laisse entraîner, mais la certitude d’un appel divin ; je voulais aller au Carmel non pour Pauline, mais pour Jésus seul… Je pensai beaucoup de choses que les paroles ne peuvent rendre, mais qui laissèrent une grande paix dans mon âme".

- Sainte Faustine, née Hélène Kowalska reconnut sa vocation deux ans plus tôt que sainte Thérèse. A sept ans, Hélène entend pour la première fois en son âme la voix qui l’appelle à une vie religieuse. Mais ses parents ne sont pas d’accord. Elle essaie donc d’étouffer cette voix intérieure. A neuf ans, elle vit profondément sa première communion et restera toute sa vie sensible à la présence du Dieu vivant dans l’eucharistie.

- En continuant ainsi, il faudrait citer aussi Dominique Savio. A l'âge de quatre ans, A 4 ans, il récitait tout seul ses prières du matin et du soir, les prières avant et après les repas, l'Angélus. Il aimait déjà alors se retirer dans un coin pour y « parler avec Dieu"

Le Seigneur appelle à tout âge, mais heureux ceux et celles dont l'âme s'est ainsi ouverte d'emblée à la vie éternelle !
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Théo d'Or
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Re: Les vierges folles et les vierges sages

Message non lu par Théo d'Or »

stephlorant a écrit : Merci en tout cas pour avoir réagi ! (c'est assez rare, hélas :( )
Cher Étienne, ce n'est pas parce qu'on ne réagit pas qu'on ne vous lit pas! Je me sens beaucoup de points communs avec vous. J'ai l'impression que, dans votre contexte à vous, vous posez mes questions et parlez de mes souffrances! Ce partage que vous faite d'instants de votre vie, c'est une perle! Merci pour ça!
stephlorant a écrit : En conclusion, si le Seigneur m'ait laissé chuter au moment où je m'efforçais de faire le bien, c'est afin de me dire: tu es mon serviteur inutile, considère-toi donc ainsi. Le bien que tu accomplis ne te donne aucun droit sur la grâce divine, car celle-ci demeure un don absolument gratuit.
Et ça, voyez-vous, ça me touche beaucoup...

Fraternellement,

Théo d'Or
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stephlorant
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Re: Les vierges folles et les vierges sages

Message non lu par stephlorant »

Je ne le savais pas. Je dois avouer que je me suis retrouvé en terrain inconnu en rapportant des évènements de mon quotidien. Mais en réalité, cette démarche n'était-elle pas en "gestation" depuis longtemps, lorsque je trouvais dans les épisodes du "Journal" de Julien Green, des éléments qu'il me tenait à coeur de recopier avec d'autres pour les partager? Peut-être qu'à la longue, à contempler la manière dont cet auteur se dévoilait tout en gardant une "honnête distance", j'aurais trouvé une méthode pour raconter ma vie à ma façon ? Julien Green me semble plus stable que je le serais jamais, et pourtant il disait de lui-même qu'en dépit même de sa foi, il y avait des pans de sa vie qui lui échappaient complètement.

Voir "Fioretti de Julien Green viewtopic.php?f=10&t=17321

En tout cas, j'écris car l'écriture m'aide à avancer dans un monde qui me semble chaque jour de plus en plus f(l)ou si j'ose mettre deux mots en un. Quelle pagaille ! Le monde du temps de la 'guerre froide' me paraissait, en comparaison, beaucoup plus ordonné et logique (certainement pas moins 'moral', mais les catégories de bien et de mal me semblaient visiblement opposés par des frontières difficiles à franchir) ... tandis qu'aujourd'hui, plus aucune frontière, et le blanc et le noir se mélangent partout.

Toujours est-il que la règle n° 1 est l'honnêteté, sinon cela ne m'avancerait à rien, évidemment. Mais pourquoi ne pas tenir un 'journal intime', ce serait aussi simple ? Je me suis posé cette question-là aussi. La réponse est assez claire : écrire à livre ouvert permet à d'autres d'ouvrir des portes en eux-mêmes. Je prie que le Seigneur reste le maître de tout cela, car c'est bien Lui que je veux servir en premier.
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L'esprit des richesses

Message non lu par stephlorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 19,23-30.
Jésus disait à ses disciples : " Amen, je vous le dis : un riche entrera difficilement dans le Royaume des cieux.
Je vous le répète : il est plus facile à un chameau de passer par un trou d'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume des cieux. »
Entendant ces paroles, les disciples furent profondément déconcertés, et ils disaient : « Qui donc peut être sauvé ? »
Jésus les regarda et dit : « Pour les hommes, c'est impossible, mais pour Dieu tout est possible. »


Les disciples sont déconcertés, dit l’Évangile. Ils l'ont été déjà lorsque le Seigneur leur a appris que le mariage ne peut être dissous du fait de l'adultère, qui est une abomination devant Dieu. Donc, le mariage est sacré, et la richesse est mauvaise: que reste-t-il donc aux hommes de ce monde ? Eh bien, rien: Jésus les regarde tous autant qu'ils sont et constate : "Pour les hommes, c'est impossible, mais pour Dieu c'est possible".

Les nouveaux venus, que l'Esprit a suscités, font leurs premiers pas dans l’Église et tout leur paraît éblouissant de clarté. Mais ensuite, ils découvrent les exigences de l'Amour. Ce qui étonne les premiers disciples du Christ a étonné tous les convertis de la même manière - moi y compris.

Je suis sorti du monde le jour où j'ai réalisé qu'il m'était impossible d'y être heureux par mes propres forces. Et presque simultanément, j'ai trouvé le Christ : car Il nous attend, tous et toutes, là où nous cherchons une vérité qui soit humainement acceptable, et heureuse.... Il m'a donc donné la Joie, une joie telle qu'elle m'a donné le désir de mourir aussitôt. Ensuite, ce fut à moi de veiller à jeter régulièrement quelques bûches dans ce feu, afin de conserver la Joie, afin qu'elle brûle haut et fort et éclaire toutes mes nuits. C'était en août 1985, et aujourd'hui, c'est le lendemain. Je veux bien dire que l'année 2011 est bien celle qui suit ma conversion.

Si j'avais été marié lors de ma conversion, je serais marié aujourd'hui, mais j'aurais mis dans mon couple le sens de servir Dieu d'abord (tout comme on sert Dieu d'abord en n'étant pas marié... je veux dire simplement que c'est tout aussi difficile). Quant à l'argent, quel soulagement - c'est sur ce point que j'avais le plus d'angoisse. Or, après avoir rencontré le Christ, depuis le premier jour jusqu'à ce jour, plus de trente-cinq ans après, j'ai totalement perdu la signification de l'expression "gagner sa vie". Vraiment, le gain ne signifie plus rien à mes yeux. Si je garde mes yeux fixés chaque jour sur "le Beau, le Bien et le Souverain Bien", c'est vrai que le reste tombe dans ma caisse comme si certains jours étaient fait pour cela...

Vous penserez :c'est la vie facile ? Par forcément. Dans ma propre famille, je suis jugé parce que je trouve du temps pour tout sans avoir jamais sollicité un prêt, sans que jamais quiconque n'ait pu me prendre à défaut - et ma décontraction choque jusqu'à la rupture. De l'extérieur, avoir besoin de peu et donner beaucoup de soi, c'est une sorte de crime contre l'égoïsme. Il y a des crimes contre l'humanité, mais les crimes contre l'esprit du monde sont plus graves encore: eh, c'est que, si les gens savaient, ils se rendraient libres du pouvoir de l'argent, des média, de la suggestion, de l'érotisme, du désir, du rêve de la jeunesse éternelle, etc. Or, le monde se nourrit de tout "çà". Vous avez envie d'un Smartphone ? Bravo ! Vous êtes tout à fait dans la norme du monde !

[+] Texte masqué
"Alors que les Etats-Unis sont embourbés dans une crise de la dette, le géant informatique américain, nouveau numéro un des smartphones, bénéficie d'une trésorerie de 75,8 milliards de dollars contre un peu plus de 73 milliards pour Washington.
La puissance financière semble clairement du côté des entreprises plutôt que des États. Illustration de l'état désastreux des finances américaines, le nouveau numéro un des smartphones, Apple, dispose de près de 76 milliards de dollars de liquidités et les États-Unis, de 73 milliards."
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Le plus grand commandement

Message non lu par stephlorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 22,34-40.
Les pharisiens, apprenant que Jésus avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent,
et l'un d'entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l'épreuve :
« Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? »
Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit.
Voilà le grand, le premier commandement.
Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Tout ce qu'il y a dans l'Écriture - dans la Loi et les Prophètes - dépend de ces deux commandements. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


L'aviez-vous remarqué ? Le premier commandement est articulé de manière dynamique au second commandement, en sorte de tracer
une croix. C'est la verticalité de l'exigence d'amour vers le Père, ("de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit") qui rend possible l'amour 'horizontal' de toutes les personnes qui seront sur notre chemin.

Mais il n'y a aucun doute possible: le premier commandement gardera sa primauté jusqu'à la fin. L'homme qui vit dans le monde peut bien se dire: je vais rendre service à telle personne et à telle autre... à partir du moment où il choisit, il annule le premier commandement. Jésus l'a bien relevé: "Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel mérite avez-vous ? Les païens en font tout autant !"

Pour répondre au second commandement, il faut d'abord s'être engagé totalement à aimer Dieu. Sans condition, sans restriction, jusqu'au don de sa vie. Car comment aimer un homme laid, sale et repoussant, dont la bouche ne s'ouvre que pour cracher et injurier, si l'on n'a pas le recours de dire: "Seigneur, si j'aide cet homme, c'est d'abord pour manifester que je T'aime, Toi dont j'espère la miséricorde chaque jour !"

C'est ainsi que "çà fonctionne" : si Dieu est bien 'premier servi', alors il n'y a aucun doute que le prochain sera assisté; mais si c'est le prochain qui est 'premier servi', on pourra tout au plus parler de solidarité, mais pas de charité.

Le Seigneur ne nous demande pas d'aimer les malheureux comme nous aimons nos propres enfants ou les membres de nos familles, mais il nous dit d'avoir envers eux les mêmes gestes quand bien même cela nous rebute. Je songe à la bienheureuse Mère Teresa qui ramassait les mourants sur les trottoirs de Calcutta. Mais dans l'organisation d'une journée de l'ordre des Missionnaires de la Charité, qu'elle a fondée, on voit bien comment le service des pauvres est encadré par le service de Dieu. Une journée-type se divise comme suit:

04:30 Lever
05h00 Prière du matin
06h00 Méditation
07h00 Messe

07h30 Petit déjeuner
08:00 Entretien des locaux
09:00 fonctions Missionnaire
12:00 h Prière
12h30 Déjeuner
01:30 Sieste
14:00 Thé
14:30 fonctions Missionnaire
17h00 Adoration
07:00 pm blanchisserie
19h30 Souper
08:00 loisirs
Prière 09:00
21:30 Repos
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Fête de sainte Marie, Reine

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Extrait de l'Evangile selon saint Luc (1, 26-38)
"Sois sans crainte, Marie ; car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus. Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père ; il règnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n'aura pas de fin
.
"

Ce matin, à la petite chapelle, nous avons eu de nouveau l’Évangile de l'Annonciation, à l'occasion de la fête de sainte Marie, Reine. Comme je me sentais à bout de forces, en vue de mieux me recueillir j'ai mis ma tête dans mes mains afin de n'être distrait de rien. Ensuite, après avoir commencé une journée normale de travail, je l'ai interrompue et suis rentré chez moi pour prendre du repos.

Cependant, dans un demi-sommeil, la prière est revenue à mes lèvres et m'a permis de faire le point. Et ce sont ces Ave Maria eux-mêmes, avec la reconnaissance sincère de mes fautes comme de mes manques d'espérance et de foi - sans laisser l'intelligence trouver des explications et des atténuations, qui m'ont finalement relevé.

"Marie est mère, et elle est également Reine, grâce la puissance de sa supplication auprès de son divin Fils", a brièvement dit le prêtre avant la célébration. Avant de revenir à mon bureau, j'ai retrouvé un passage du livre du père Jean Lafrance, dont j'ai déjà parlé. J'y ai trouvé aussitôt cette belle confirmation:

"La présence de Marie dans le cœur de celui qui prie le chapelet attire en lui la prière de l’Esprit Saint, comme un four solaire attire les rayons du soleil et obtient une température de plusieurs centaines de degrés. C’est ce qui s’est passé au Cénacle, quand Marie a joint sa supplication à celle des disciples, devenant ainsi le modèle de l’Eglise en prière : l’Esprit a mis le feu à l’Eglise et au monde en les portant au plus haut degré d’incandescence".C’est ce qui s’est passé au Cénacle, quand Marie a joint sa supplication à celle des disciples, devenant ainsi le modèle de l’Eglise en prière : en les portant au plus haut degré d’incandescence".

Je suis revenu partager cette découverte. Ce n'est pas en m'appuyant sur mes seules forces physiques que je me suis levé, mais avec le secours de l'Esprit Saint (et bien que je m'en sente indigne). Si je j'ajoute ici, c'est que me sont revenus, comme pour mieux m'éclairer, les mots "La chair ne sert de rien, seul l'Esprit vivifie" (Saint Jean : VI 60-69). J'ai ressenti également, et de manière vive et ferme, que ce serait déplaire à Marie que d'entrer de nouveau dans de vains débats qui finissent tous par être verrouillés - l'ironie me va très mal, elle est comme un vêtement que l'on s'obstine à porter alors qu'il a rétréci au lavage !

N'est-il pas étonnant que la 'sécheresse totale' ressentie à l'Eucharistie ce dimanche, ait laissé place après quelques heures de prières, à un tel reflux de la grâce ?
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Re: Fête de sainte Marie, Reine

Message non lu par stephlorant »

Marie Reine
Mémoire

L'argument principal sur lequel se fonde la dignité royale de Marie, déjà évident dans les textes de la tradition antique et dans la sainte Liturgie, est sans aucun doute sa maternité divine. Dans les Livres Saints, en effet, on affirme du Fils qui sera engendré par la Vierge : « Il sera appelé Fils du Très-Haut et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père, et il régnera dans la maison de Jacob éternellement et son règne n'aura pas de fin » (Luc. 1, 32, 33) ; en outre, Marie est proclamée « Mère du Seigneur » (Luc 1,43). Il s'en suit logiquement qu'elle-même est Reine, puisqu'elle a donné la vie à un Fils qui, dès l'instant de sa conception, même comme homme, était, à cause de l'union hypostatique de la nature humaine avec le Verbe, Roi et Seigneur de toutes choses. St Jean Damascène a donc raison d'écrire : « Elle est vraiment devenue la Souveraine de toute la création au moment où elle devint Mère du Créateur » (St. Jean Damascène, De fide orthodoxa) et l'Archange Gabriel lui-même peut être appelé le premier héraut de la dignité royale de Marie.

Cependant la Bienheureuse Vierge doit être proclamée Reine non seulement à cause de sa maternité divine mais aussi parce que selon la volonté de Dieu, elle joua dans l'œuvre de notre salut éternel, un rôle des plus éminents.

Dans l'accomplissement de la Rédemption, la Très Sainte Vierge fut certes étroitement associée au Christ ; aussi chante-t-on à bon droit dans la Sainte Liturgie : « Sainte Marie, Reine du ciel et maîtresse du monde, brisée de douleur, était debout près de la Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ ». Et un pieux disciple de saint Anselme pouvait écrire au Moyen-âge : « Comme... Dieu, en créant toutes choses par sa puissance, est Père et Seigneur de tout, ainsi Marie, en restaurant toutes choses par ses mérites, est la Mère et la Souveraine de tout : Dieu est Seigneur de toutes choses parce qu'il les a établies dans leur nature propre par son ordre, et Marie est Souveraine de toutes choses en les restaurant dans leur dignité originelle par la grâce qu'elle mérita ». En effet, « Comme le Christ pour nous avoir rachetés est notre Seigneur et notre Roi à un titre particulier, ainsi la Bienheureuse Vierge est aussi notre Reine et Souveraine à cause de la manière unique dont elle contribua à notre Rédemption, en donnant sa chair à son Fils et en l'offrant volontairement pour nous, désirant, demandant et procurant notre salut d'une manière toute spéciale ».

De ces prémisses, on peut tirer l'argument suivant : dans l'œuvre du salut spirituel, Marie fut, par la volonté de Dieu, associée au Christ Jésus, principe de salut, et cela d'une manière semblable à celle dont Ève fut associée à Adam, principe de mort, si « ce fut elle qui, exempte de toute faute personnelle ou héréditaire, bien que l'on peut dire de notre Rédemption qu'elle s'effectua selon une certaine « récapitulation en vertu de laquelle le genre humain, assujetti à la mort par une vierge, se sauve aussi par l'intermédiaire d'une vierge ; en outre on peut dire que cette glorieuse Souveraine fut choisie comme Mère de Dieu précisément « pour être associée à lui dans la rédemption du genre humain » ; réellement toujours étroitement unie à son Fils, l'a offert sur le Golgotha au Père Éternel, sacrifiant en même temps son amour et ses droits maternels, comme une nouvelle Ève, pour toute la postérité d'Adam, souillée par sa chute misérable » ; on pourra donc légitimement en conclure que, comme le Christ, nouvel Adam, est notre Roi parce qu'il est non seulement Fils de Dieu, mais aussi notre Rédempteur, il est également permis d'affirmer, par une certaine analogie, que la Sainte Vierge est Reine, et parce qu'elle est Mère de Dieu et parce que comme une nouvelle Ève, elle fut associée au nouvel Adam.

Sans doute, seul Jésus-Christ, Dieu et homme est Roi, au sens plein, propre et absolu du mot ; Marie, toutefois, participe aussi à sa dignité royale, bien que d'une manière limitée et analogique parce qu'elle est la Mère du Christ Dieu et qu'elle est associée à l'œuvre du Divin Rédempteur dans sa lutte contre les ennemis et au triomphe qu'il a obtenu sur eux tous. En effet par cette union avec le Christ Roi elle atteint une gloire tellement sublime qu'elle dépasse l'excellence de toutes les choses créées : de cette même union avec le Christ, découle la puissance royale qui l'autorise à distribuer les trésors du Royaume du Divin Rédempteur ; enfin cette même union avec le Christ est source de l'efficacité inépuisable de son intercession maternelle auprès du Fils et du Père.

Que tous s'efforcent selon leur condition de reproduire dans leur cœur et dans leur vie, avec un zèle vigilant et attentif, les grandes vertus de la Reine du Ciel, Notre Mère très aimante. Il s'ensuivra en effet que les chrétiens, en honorant et imitant une si grande Reine, se sentiront enfin vraiment frères et, bannissant l'envie et les désirs immodérés des richesses, développeront la charité sociale, respecteront les droits des pauvres et aimeront la paix. Que personne, donc, ne se croie fils de Marie, digne d'être accueilli sous sa puissante protection, si, à son exemple, il ne se montre doux, juste et chaste, et ne contribue avec amour à la vraie fraternité, soucieuse non de blesser et de nuire, mais d'aider et de consoler.

Vivement désireux que la Reine et Mère du peuple chrétien accueille ces vœux et réjouisse de sa paix la terre secouée par la haine et, après cet exil, nous montre à tous Jésus qui sera notre paix et notre joie pour l'éternité, à vous Vénérables Frères et à vos fidèles, Nous accordons de tout cœur, comme gage du secours du Dieu tout-puissant et comme preuve de notre affection, la Bénédiction Apostolique.

Pie XII - Encyclique Ad Coeli Reginam §22-26, §36, §39
Trouvé sur ©Evangelizo.org 2001-2010
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La seconde Venue - Se tenir prêt

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Evangile : Discours sur la venue du Fils de l'homme
Quel est donc le serviteur fidèle et sensé à qui le maître de maison a confié la charge de son personnel pour lui donner la nourriture en temps voulu ?
Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera à son travail !
Amen, je vous le déclare : il lui confiera la charge de tous ses biens.

Mais si ce mauvais serviteur se dit : 'Mon maître s'attarde', et s'il se met à frapper ses compagnons, s'il mange et boit avec les ivrognes,
son maître viendra le jour où il ne l'attend pas et à l'heure qu'il n'a pas prévue:
il se séparera de lui et le mettra parmi les hypocrites ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents. » Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Quels sont donc ces serviteurs fidèles et sensé à qui le maître a confié la charge de son personnel ? Ils doivent leur donner "la nourriture" en temps voulu, et cela jusqu'à l'arrivée. Ma première réaction est de dire : ce sont les Papes, les Évêques et les prêtres, la hiérarchie de l’Église, en somme. Mais pour peu que j'y songe un peu, je trouve qu'un père de famille chrétien, a, lui aussi la charge des âmes jeunes qui ne lui appartiennent pas mais qui constituent, eux aussi, comme tous les autres, le "personnel" de Jésus.

Moi qui vis, qui suis seul, j'ai tout de même une mère, mais aussi quelques relations qui comptent sur moi, pas tant pour que je participe à leurs plaisirs (je ne suis pas 'accroc' à la bière de fin de journée) mais pour montrer qu'il est simple de s'en passer. Je vis seul, mais je suis lié à la Congrégation qui m'a donné des règles auxquelles je me dois d'obéir sous peine de perdre toute force et tout courage. Je suis seul, mais je devais intervenir lorsque la chapelle où je vais communier s'est vue 'investir' par des membres de 'l'Armée de Marie'. Etc.

Car le mauvais serviteur, c'est le bon qui a cessé d'être bon. C'est le serviteur qui, peu à peu, a pris goût d'écouter les sirènes de ce monde - et comme elles sont captivantes ! il ne se passe pas un jour que nous n'entendions des choses nouvelles ! Que de bonnes choses à ne pas laisser passer ! Et il court ce serviteur d'abord simplement distrait, mais qui, vite, se laisse emporter par les passions revenues. Mais pourquoi le Seigneur le traite-t-il finalement d'hypocrite ? Car c'est la conscience nette et pure qui fait le serviteur, et c'est elle qui le pousse sans cesse à se corriger. Le mauvais serviteur tient sa conscience loin de lui mais offre un visage qui ne bronche pas, semble-t-il, mais sa faute est béante devant Dieu.
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Les sages et les insensées

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 25,1-13.
Jésus parlait à ses disciples de sa venue ; il disait cette parabole : « Le royaume des cieux sera comparable à des jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe et s'en allèrent à la rencontre de l'époux.
Cinq d'entre elles étaient insensées, et cinq étaient prévoyantes :
les insensées avaient pris leur lampe sans emporter d'huile,
tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leur lampe, de l'huile en réserve.
Comme l'époux tardait, elles s'assoupirent toutes et s'endormirent.
Au milieu de la nuit, un cri se fit entendre : 'Voici l'époux ! Sortez à sa rencontre. '
Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et préparèrent leur lampe.
Les insensées demandèrent aux prévoyantes : 'Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s'éteignent. '
Les prévoyantes leur répondirent : 'Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous ; allez plutôt vous en procurer chez les marchands. '
Pendant qu'elles allaient en acheter, l'époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces et l'on ferma la porte.
Plus tard, les autres jeunes filles arrivent à leur tour et disent : 'Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ! '
Il leur répondit : 'Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas. '
Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Pour mieux saisir cet Evangile, il suffit de se rappeler l'autre enseignement de Jésus concernant la lumière. "L’œil est la lampe du corps. Si ton œil est en bon état, tout ton corps sera éclairé; mais si ton œil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes ces ténèbres! (Matthieu 6.22.) La question qu'il nous faut donc nous poser, concernant ces jeunes de jeunes filles invitées à des noces, c'est de savoir comment nous nous éclairons et comment nous éclairons les autres en ce monde.

Notre lumière pour nous-mêmes comme pour autrui n'est peut-être que ténèbres. En effet, si notre lampe n'est pas convenablement alimentée de saine doctrine et d'une bonne pratique, la lumière nous manquera le moment venu, lorsque nous aurons besoin de nous appuyer sur l'expérience et mieux: sur l'acquis.

Le texte dit bien que toutes les jeunes filles vont s'endormir et j'identifie ce sommeil aux périodes de sécheresse spirituelle, qui ne manquent pas dans une vie de foi, car c'est par le désir de Sa présence et de Ses dons que le Seigneur nous fait avancer. Celles des jeunes filles qui traverseront ce temps en ayant déjà expérimenté de telles époques sans la Joie, les subiront sans aucun mal; tandis que les autres, dont la doctrine était superficielle et dont les œuvres étaient destinées à plaire aux hommes plus qu'à Dieu, celles-là tomberont vite à court et l'épreuve les dispersera. S'estimant injustement trahie, plutôt que de supplier le secours de Dieu, elles s'en retourneront vers ces marchands d'idées de toutes sortes qui sont dans le monde.

Je me souviens très clairement d'avoir lu, au sujet de l'ascèse personnelle: "Si vous vous redressez en rue, vous verrez d'autres redresser le dos à votre exemple. Mais si vous allez dire aux autres de se tenir droits, pourquoi vous écouteraient-il ?" Celui donc qui cherche à orienter sa vie vers Dieu, "de tout son cœur, de toute son âme et de toutes ses forces", c'est celui-là que les hommes dans le monde auront à cœur de suivre.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Hérode ou la corruption du pouvoir

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Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6,17-29.
Car c'était lui, Hérode, qui avait fait arrêter Jean et l'avait mis en prison. En effet, il avait épousé Hérodiade, la femme de son frère Philippe, et Jean lui disait : « Tu n'as pas le droit de prendre la femme de ton frère. » Hérodiade en voulait donc à Jean, et elle cherchait à le faire mettre à mort. Mais elle n'y arrivait parce que Hérode avait peur de Jean : il savait que c'était un homme juste et saint, et il le protégeait ; quand il l'avait entendu, il était très embarrassé, et pourtant, il aimait l'entendre.


Ce qui m'a fort frappé aujourd'hui, ce sont toutes les contradictions d'un homme pris dans le filet des affaires de ce monde, qui entremêlent aussi bien la richesse que les jeux politiques, le pouvoir et la crainte, l'envie et l'abus de tous les biens. Dans ce premier paragraphe, nous avons donc un roi qui a enfermé un de ses sujets, simplement parce que ce dernier lui avait rappelé que même un roi n'a pas tous les droits. En outre, non content d'être adultère, c'est sur la femme de son propre frère qu'il a jeté son dévolu : vive la famille ! Or, Hérode a peur de Jean, dit le texte. Il savait que c'était un homme "juste et saint": donc il garde une conscience, et sa conscience ne cesse de le poursuivre, et il est très embarrassé...

Et je me dis ainsi que les hommes d'aujourd'hui qui ont beaucoup de pouvoirs se retrouvent à leur tour soumis à des pouvoirs occultes beaucoup plus puissants qu'eux... j'ai évidemment songé à l'affaire DSK. Il n'y a pas si longtemps, on traitait les Américains de "puritains", car au moment des élections ils se montraient très "chatouilleux" concernant la vie privée de leurs hommes politiques... je ne leur donne pas tort !
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L'autorité de Jésus

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4,31-37.
Jésus descendit à Capharnaüm, ville de Galilée, et il y enseignait, le jour du sabbat. On était frappé par son enseignement parce que sa parole était pleine d'autorité. Or, il y avait dans la synagogue un homme possédé par un esprit démoniaque, qui se mit à crier d'une voix forte : « Ah ! que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais fort bien qui tu es : le Saint, le Saint de Dieu ! » Jésus l'interpella vivement : « Silence ! Sors de cet homme ! » Alors le démon le jeta par terre devant tout le monde et sortit de lui sans lui faire aucun mal. Tous furent effrayés, et ils se disaient entre eux : « Quelle est cette parole ? Car il commande avec autorité et puissance aux esprits mauvais, et ils sortent ! » Et la réputation de Jésus se propagea dans toute la région.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Qui a plus d'autorité pour parler d'un livre sinon celui-là même qui l'a écrit ? Et beaucoup d'écrivains ont décrit leur premier roman comme l'histoire d'un long et pénible accouchement. On ne devient pas écrivain sans avoir d'abord donné de sa vie à ses personnages. Ma comparaison est peut-être audacieuse, mais je la retiens car elle me sert bien: si Jésus parle avec une autorité qui frappe tous ses auditeurs, c'est parce qu'Il est lui-même la Parole. Toute la Bible, "la loi et les prophètes", sont issues de Lui pour aboutir à Lui. Et le voici qu'il apparaît au milieu des hommes.

Il n'est donc pas étonnant qu'à peine avoir perçu le son de sa voix, l'esprit démoniaque se mette à craindre, tout en étant obligé de reconnaître Jésus de Nazareth comme étant le Saint de Dieu, avant d'être contraint de se retirer. Après la résurrection, saint Paul écrira, dans l'épître aux Philippiens : "Dieu l'a élevé au-dessus de tout ; il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms, afin qu'au Nom de Jésus, aux cieux, sur terre et dans l'abîme, tout être vivant tombe à genoux, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est le Seigneur », pour la gloire de Dieu le Père."

Ce qui m'étonne, c'est qu'aux yeux des hommes présents le jour du Sabbat, dans la synagogue de Capharnaüm, il n'y ait pas la même "compréhension immédiate" qui a fait fuir le démon. Mais peut-être est-ce afin que ces hommes fassent la démarche libre de reconnaître Jésus comme le Messie ? C'est en ceci que va se jouer l'issue finale: Dieu ne veut pas d'adorateurs "automates", mais bien l'homme avec l'amour dans le cœur qu'Il a formé. Et la Loi, sans être abolie, se retrouvera accomplie dans l'amour; car obéir sans amour, n'a plus de valeur - aux yeux de Dieu tout comme aux yeux des hommes, d'ailleurs, qu'un robot que l'on peut programmer.

Jésus va donc continuer ce travail d'éveil des cœurs et des esprits. Travail qui se poursuit encore aujourd'hui - et l'on peut bien dire que cet Évangile est 'moderne' dans le sens que les démons sont eux aussi bien présents et possèdent nombre d'esprits humains qu'il séduit par des argumentations apparemment solides, mais toujours fondées sur la haine.

Que le Seigneur nous éclaire aujourd'hui sur le chemin !
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Le Maître et serviteur de tous

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4,38-44.
En quittant la synagogue, Jésus entra chez Simon. Or, la belle-mère de Simon était oppressée par une forte fièvre, et on implora Jésus en sa faveur.
Il se pencha sur elle, interpella vivement la fièvre, et celle-ci quitta la malade. A l'instant même, elle se leva, et elle les servait.
Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des infirmes atteints de diverses maladies les lui amenèrent. Et Jésus, imposant les mains à chacun d'eux, les guérissait. Des esprits mauvais sortaient de beaucoup d'entre eux en criant : « Tu es le Fils de Dieu ! » Mais Jésus les interpellait vivement et leur interdisait de parler parce qu'ils savaient, eux, qu'il était le Messie.
Quand il fit jour, il sortit et se retira dans un endroit désert. Les foules le cherchaient ; elles arrivèrent jusqu'à lui, et elles le retenaient pour l'empêcher de les quitter. Mais il leur dit : « Il faut que j'aille aussi dans les autres villes pour leur annoncer la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, car c'est pour cela que j'ai été envoyé. » Et il se rendait dans les synagogues de Judée pour y proclamer la Bonne Nouvelle.


L'Évangile d'aujourd'hui nous donne comme un aperçu du quotidien de Jésus durant les trois années que dura sa mission... Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne se ménage pas beaucoup ! Après avoir enseigné dans la synagogue dans la matinée, il se rend chez Pierre, guérit sa belle-mère, prend le repas qu'on lui offre et un petit temps de repos. Ici, je me représente très bien Pierre, toujours de bonne volonté, qui veille à la porte afin que personne ne trouble la sieste de son Maître). Dès que le soir tombe, c'est-à-dire à la fin de leurs journées de travail, les familles viennent de tous les coins de la cité pour apporter les malades et les possédés. (A ce propos, avez-vous remarqué que, dans le texte, Jésus chasse les démons de la même manière que la fièvre ? En effet, par deux fois, l'évangéliste emploie l'expression : Il les "interpellait vivement".) Toute la nuit, donc, Jésus est à l’œuvre de nouveau. Si nous savons que le cortège des quémandeurs s'allonge indéfiniment, c'est que le texte l'indique encore: c'est seulement "quand il fit jour" que Jésus sortit et se retira dans un lieu désert. Mais on l'y poursuit encore, pour le retenir, en sorte qu'il repart vers d'autres villes et villages.

A la lecture approfondie de ce passage, j'ai de nouveau appris quelque chose, et c'est que Jésus s'est vraiment fait le serviteur de tous et de chacun. De tous, car Il n'a pas fait de distinction entre les uns et les autres, entre la belle-mère de Pierre et le démoniaque de la synagogue. De chacun, car Jésus aurait tout aussi bien pu utiliser son pouvoir en étendant simplement les bras sur la foule et dire: "Que tous soient guéris à la seconde même !". Non, pas Jésus. Jésus vient comme le médecin pour les malades, c'est-à-dire qu'il soigne et guérit chaque fois de façon différente, chacun selon sa personne, chacun selon son histoire. J'en déduis cette dernière leçon: si nous voulons suivre Jésus, et vivre à son image, mettons de côté toute idée de "rentabilité". Ce n'est pas la quantité des bonnes œuvres qui compte, mais c'est que chacun y mette tout son cœur - l'Esprit nous guide de cette manière, en nous montrant là où nous sommes utiles, et là où d'autres sont plus utiles que nous.
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Travailler aux choses qui ne passent pas

Message non lu par stephlorant »

25 Au sujet du célibat, je n'ai pas reçu d'ordre spécial du Seigneur, mais je donne mon avis, moi qui suis devenu digne de confiance grâce au pardon du Seigneur.
26 Je pense que le célibat est une chose bonne, étant donné les événements redoutables qui nous attendent ; oui, c'est une chose bonne de vivre ainsi.
27 Tu es marié ? ne cherche pas à te séparer de ta femme. Tu n'as pas de femme ? ne cherche pas à te marier.
28 Si cependant tu te maries, ce n'est pas un péché ; et si une jeune fille se marie, ce n'est pas un péché. Mais ceux qui choisissent cette vie y trouveront des épreuves, et c'est cela que moi, je voudrais vous éviter.
29 Frères, je dois vous le dire : le temps est limité. Dès lors, que ceux qui ont une femme soient comme s'ils n'avaient pas de femme,
30 ceux qui pleurent, comme s'ils ne pleuraient pas, ceux qui sont heureux, comme s'ils n'étaient pas heureux, ceux qui font des achats, comme s'ils ne possédaient rien,
31 ceux qui tirent profit de ce monde, comme s'ils n'en profitaient pas. Car ce monde tel que nous le voyons est en train de passer.

Accolée aux Béatitudes, que je viens de relire, cette lecture de saint Paul semble me dire: de tout ce dont tu te plaignais, à présent réjouis-toi. Tu pleurais ta solitude du soir, tu craignais les événements du monde, mais que t'importe les événements du monde, dans la méchanceté ou l'égoïsme, puisque tu viens à Dieu !

La lettre de saint Paul me parle même de mon travail : "Que ceux qui font des achats fassent comme s'ils ne possédaient rien" - ce que je transcris aussitôt par : "Lorsque tu acquiers une marchandise, ne regarde pas au gain, mais à la qualité".

Quant aux Béatitudes, je peux les relire par le même prisme : si je m'appauvris, que ce soit pour m'enrichir dans le Seigneur. Si je verse des larmes, c'est le signe que mon cœur est toujours bien vivant. Car, me dit le Seigneur, si tu pleures, c'est que ton sort est meilleur que celui qui s'est endurci et celui dont la foi s'est refroidie.
Vivre de la foi fait se disperser tes amis d'autrefois ? Mieux vaut pour toi de ne plus être invité à leur table, car ils sont désabusés et n'auront de cesse de te gagner à leurs fêtes de plus en plus païennes. Mais toi, fortifies-toi, et prends courage !

"Car le monde tel que nous le voyons est en train de passer". Cette finale est extraordinaire, car elle est de notre temps; elle l'a été pour tous les hommes de tous les temps, et elle servira encore jusqu'au jour du retour en gloire du Seigneur. Et puisque ce monde passe, comme il est bon et nécessaire, comme il est sage et comme il est doux, de travailler aux choses qui ne passeront pas !
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René
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Re: Travailler aux choses qui ne passent pas

Message non lu par René »

Bonsoir
oui, cent fois oui; travailler aux choses qui ne passeront pas !!
Ce que vous faites mon cher ami et ce qui doit vous donner la force de vivre !!
et d'espérer !
Bien à vous
René
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