gerardh a écrit :Je comprends parfaitement votre prudence et même votre suspicion, car l'évidence de la chose serait de nature à vous ébranler. Je pensais que ce que j'ai écrit était de notoriété publique. Malheureusement je ne suis pas historien, mais j'ai par exemple lu récemment une source, qui parmi d'autres, pourrait vous intéresser. Je veux bien essayer de la retrouver et de vous la communiquer (dans la mesure où la modération la laisserait passer sur ce forum).
Comme vos préjugés sur l'Inquisition, l'affaire Galilée ou les croisades sont de notoriété publique ?
Allons Gérard, vous avez déjà fait la preuve que vos "évidences de notoriété publique" ne sont en fait que des préjugés ou de la propagande mensongère. Je pensais pourtant que depuis le temps que vous êtes avec nous, vous auriez appris à discerner un peu les choses et à faire l'effort de l'objectivité.
gerardh a écrit :Dans les Actes, les nouveaux chrétiens de Bérée examinaient chaque jour les Ecritures ( à cette époque l'AT), pour vérifier les dires d'un homme aussi fiable que l'était l'apôtre Paul.
Bien sûr puisque saint Paul fonde une partie de sa prédication sur l’Écriture. Mais vous ne levez pas la difficulté. Qui a discerné ces Écritures ? La tradition hébraïque. Il en va de même pour le NT, c’est l’Église qui l’a composé et les protestants en ont hérité.
En outre, concernant les premiers chrétiens, vous oubliez de préciser un peu vite que les premières prédications sur Jésus se firent sans Bible. Vous oubliez aussi de dire que le Christ n’a pas commandé à ses apôtres de fourrer une Bible dans les mains de chaque homme mais bien de les enseigner. Tout comme, d’ailleurs, il n’a pas mis des rouleaux de l’AT dans les mains de ses apôtres…
Et pour finir, vous aurez beau gesticuler dans tous les sens, vous n’enlèverez pas cette vérité historique incontestable : la Bible est sujette à de multiples interprétations divergentes. D’où la nécessité absolue d’une interprétation juste. Et celle-ci ne peut être donnée à chaque fidèle par l’inspiration de l’Esprit car sinon, nous n’assisterions pas à cette multiplication de sectes et courants divers au sein de la sphère protestante. A cela, vous n’avez jamais répondu de manière satisfaisante.
gerardh a écrit : Raistlin a écrit :prenez par exemple le passage de Jean 6 où vous vous obstinez à nier que Jésus n'ait pas parlé "juste pour rire" mais qu'il pensait véritablement ce qu'il disait.
Je suis beaucoup plus sérieux et grave que vous ne le décrivez avec ironie. Jean 6 est un passage très important, et je pense qu'il est encore beaucoup plus signifiant que vous ne le réduisez (je pense avec sincérité et involontairement), en le rapprochant de la Cène.
Il n’empêche que vous le lisez ce passage d’après une tradition, celle issue du protestantisme. Mon propos était simplement de dire que votre lecture de la Bible s’inscrit forcément dans une tradition, vous n’avez pas réinventé l’exégèse biblique à vous tout seul ! Par exemple, vous n’avez pas redécouvert la Trinité et les deux natures du Christ tout seul : vous en avez hérité de la tradition protestante qui, elle-même, a grandement hérité de la Tradition catholique avant de la déformer. Et dans ce cas, pourquoi donc la tradition protestante serait-elle plus fiable que la Tradition catholique ? Il n’y a aucune raison de le croire, surtout que si on prend les promesses du Christ un peu au sérieux, l’Esprit a été promis à l’Église pour la guider. Et là, selon votre croyance, il faudrait croire que l’Esprit a abandonné l’Église pendant presque 1500 ans, jusqu’à ce qu’un certain Luther (puis d’autres) s’imaginent être plus fiables que l’Église.
Alors, c’est vrai, la tradition protestante a de beau d’encourager ses partisans à lire la Bible. Mais est-ce nécessaire au Salut ? Nullement. Ce n’est même pas un commandement du Christ ! Ce qui sauve, c’est le Christ, pas la Bible. Nul besoin de connaître la Bible pour avoir la foi et être sauvé : ce que nous enseignent les ministres de l’Église suffit ! En outre, on peut s’interroger sur la légitimité de mettre une Bible dans les mains des fidèles qui ne la comprennent pas. Il y a là un danger d’hérésie comme l’a amplement prouvé le protestantisme. Comprenons nous bien : je suis très heureux d’avoir une Bible et c’est vrai que Dieu me parle à travers elle. Mais je n’oublie pas que la
colonne et base de la vérité, c’est l’Église (1Tim 3, 15). Et l’Église me donne le pain (l’Eucharistie) et la parole (la sainte doctrine et les lectures lors de la Messe) de vie ce qui signifie que consulter en plus la Bible dans mon coin est certes une bonne chose, mais nullement nécessaire : je peux vivre et grandir spirituellement, en ayant une vraie relation au Christ, avec ce que me donne l’Église.