Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2010-2011)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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stephlorant
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Il ne faut pas avoir peur !

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10,24-33.

Jésus disait aux douze Apôtres : " Le disciple n'est pas au-dessus de son maître, ni le serviteur au-dessus de son seigneur. Le disciple doit se contenter d'être comme son maître, et le serviteur d'être comme son seigneur.

Si le maître de maison s'est fait traiter de Béelzéboul, ce sera bien pire pour les gens de la maison. Ne craignez pas les hommes ; tout ce qui est voilé sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu. Ce que je vous dis dans l'ombre, dites-le au grand jour ; ce que vous entendez dans le creux de l'oreille, proclamez-le sur les toits.

Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent pas tuer l'âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l'âme aussi bien que le corps. Est-ce qu'on ne vend pas deux moineaux pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés. Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus que tous les moineaux du monde.

Celui qui se prononcera pour moi devant les hommes, moi aussi je me prononcerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Pour suivre Jésus et témoigner comme Lui, je crois bien que cela nécessite tout un apprentissage... qui se peut se révéler très exigeant.

Il y a d'abord les persécutions verbales, les accusations mensongères ou fondées sur du vent, les diffamations relayées par les media: l'Eglise connaît bien tout cela. Un chrétien peut-il survivre à la ruine de sa réputation ? Si oui, s'il peut tout de même garder sa foi et ne pas changer de discours, ni de ton, après qu'on l'ait accusé publiquement, alors il sera comme Jésus, qui n'a pas cessé de subir toutes sortes d'agressions verbales et d'accusations, mais qui est demeuré impassible. (Lorsqu'on lui reproche de guérir quelqu'un le jour du Sabbat, il répond : "Est-il permis de faire le bien ou de faire le mal le jour du Sabbat ?" Dans ces débats difficiles, le Seigneur viendra à notre secours: Il se tient à notre côté, dans l'ombre: Il nous dira comment répondre à nos contradicteurs et Il nous donnera aussi la force pour le proclamer.

Ensuite, il y a la persécution physique: coups, tortures, brimades, exil, privations, mise à mort... A ce sujet, encore une foi, une fois de plus (et autant de fois que j'en retirerai de la Joie !), je puise dans le dernier ouvrage (Jésus de Nazareth) publié par le Pape :

- "Vous êtes écrasés par l’idée de la mort? Vous haussez les épaules si on vous parle de «vie éternelle»? La vie éternelle n’est pas ce qu’on croit:
«L’expression “vie éternelle” ne signifie pas – comme le pense peut-être d’emblée le lecteur moderne – la vie qui vient après la mort, alors que la vie présente est justement passagère et non pas un vie éternelle. “Vie éternelle” signifie la vie elle-même, la vraie vie, qui peut être vécue aussi dans le temps et qui ensuite ne s’achève pas par la mort physique. C’est ce qui nous intéresse : embrasser d’ores et déjà “la vie”, la vraie vie, qui ne peut plus être détruite par rien ni par personne.» Les premiers chrétiens, rappelle le pape, se sont nommés eux-mêmes «les vivants», suivant la parole extraordinaire du Christ rapportée par Jean: «Qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais.»

Dans ce que je vis personnellement, depuis trois ans, je constate qu'il y a déjà eu une formidable dépense d'énergie, un engagement dont je ne me serais jamais cru capable, une volonté farouche de faire face chaque jour à une multitude de petits et de gros problèmes - sans que je ressente pour autant de divines consolations ! Au contraire, je me retrouve assez souvent à reposer une tête très lourde sur l'oreiller pour dormir et oublier la solitude qui me broie le cœur. Par contre, je crois que suis sur la bonne voie, que c'est par ce chemin d'exigence, d'aridité, de volonté toujours mieux aiguisée, que je franchirai un jour le dernier pas. Ce jour-là, je n'aurai avancé que la moitié de mon pied droit, que sans m'en rendre compte tout de suite, je me retrouverai dans les bras du Seigneur. L'angoisse de la mort, Jésus l'arrête en disant:
"A chaque jour suffit sa peine". En ceci, j'ai conscience de suivre Jésus: "“Ne fait-il pas jour pendant douze heures ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière … mais celui qui marche pendant la nuit trébuche.” (Jn 11,9-10) Marcher pendant la nuit signifie : se laisser surprendre par elle...

La finale de l'enseignement d'aujourd'hui est assez simple et n'a guère besoin de commentaire. Cela me rappelle encore l’Évangile de Jean, lorsque Jésus dit: Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera; et nous viendrons à lui, et nous ferons notre chez lui demeure".
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Re: Il ne faut pas avoir peur !

Message non lu par Estel »

stephlorant a écrit : Si oui, s'il peut tout de même garder sa foi et ne pas changer de discours, ni de ton, après qu'on l'ait accusé publiquement, alors il sera comme Jésus, qui n'a pas cessé de subir toutes sortes d'agressions verbales et d'accusations, mais qui est demeuré impassible.
Encore faut-il avoir déjà avant avoir une ligne de conduite , un discours et un ton....
Quand on est une girouette qui ne cesse de changer d'image,c'est difficile de rester constant !
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Re: Il ne faut pas avoir peur !

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Estel a écrit :
stephlorant a écrit : Si oui, s'il peut tout de même garder sa foi et ne pas changer de discours, ni de ton, après qu'on l'ait accusé publiquement, alors il sera comme Jésus, qui n'a pas cessé de subir toutes sortes d'agressions verbales et d'accusations, mais qui est demeuré impassible.
Encore faut-il avoir déjà avant avoir une ligne de conduite , un discours et un ton....
Quand on est une girouette qui ne cesse de changer d'image,c'est difficile de rester constant !
Oui, Estel, j'approuve. Je veux dire: on ne s'improvise pas apôtre. Je me souviens de ce mot terrible de saint Paul: "Jusqu'ici vous n'avez pas résisté jusqu'au sang..."
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Promesses de Jésus

Message non lu par stephlorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 19,27-29.
Et tout homme qui aura quitté à cause de mon nom des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra beaucoup plus, et il aura en héritage la vie éternelle.
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Nous avons tous à quitter quelque chose pour sortir de nous-mêmes et rejoindre Jésus. Mais cela n'empêchera personne de retrouver ici une maison, une famille ou une terre... tout en recevant beaucoup plus - et la vie éternelle par surcroît.

L'important, c'est le mouvement de mise à distance de toutes les choses que nous avions cru posséder jusqu'à notre rencontre avec le Christ. Ensuite, elles pourront toutes nous être rendues car nous n'y serons plus "collés" (on dirait : "scotchés" aujourd'hui) comme autrefois. Le Seigneur doit vraiment tenir la première place dans notre vie et au centre de notre être, d'où Il fera rayonner Sa lumière sur tous les éléments qui font notre quotidien.

Ma journée de dimanche, hier, en fut pour moi un exemple étonnant. J'avais choisi une église que je croyais ouverte, mais qui était fermée. Je me suis retrouvé dans une autre dans laquelle je me sentais a priori un étranger. Il n'empêche que la messe s'est déroulée d'une telle façon que la Joie a rejailli peu après mon départ et m'a gardé en elle jusqu'au soir. J'ai revu un ami et son épouse et nous avons échangé nos téléphones: quelle bonne sortie cela promet ! J'ai en outre, dans l'après-midi, retrouvé la "marche lente", un rythme particulier combinant la respiration, la marche et la prière, qui m'a toujours apporté des forces supplémentaires et une grande assurance intérieure.

Je crois que le Seigneur, dans cette parabole, nous invite à reprendre la juste "distance" - qui réside dans un regard un peu surélevé par rapport aux choses de ce monde. Dire que j'en ai profité beaucoup, c'est vraiment peu dire... Vivre en accord avec la volonté de Dieu, vivre en s'efforçant de suivre Jésus, c'est un choix bienheureux.
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Puissance de la Parole

Message non lu par stephlorant »

Evangile de Jean, chapitre 7, versets 45 à 53
45 Voyant revenir les gardes qu'ils avaient envoyés arrêter Jésus, les chefs des prêtres et les pharisiens leur demandèrent : « Pourquoi ne l'avez-vous pas ramené ? »
46 Les gardes répondirent : « Jamais un homme n'a parlé comme cet homme ! »
50 Parmi les pharisiens, il y avait Nicodème, qui était allé précédemment trouver Jésus ; il leur dit :
51 « Est-ce que notre Loi permet de condamner un homme sans l'entendre d'abord pour savoir ce qu'il a fait ? »
52 Ils lui répondirent : « Alors, toi aussi, tu es de Galilée ? Cherche bien, et tu verras que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! »
53 Puis ils rentrèrent chacun chez soi.


L'affaire des gardes en dit long sur l'éloquence de Jésus. Je cherche quel autre mot que celui d'éloquence pour exprimer la force de persuasion de sa parole. Les gardes ont été à ce point impressionnés qu'ils restent sur le coup de leur émotion au moment de rapporter l'échec de leur mission. Ils ne se sont pas servis de ces arguments qu'emploient tous les soldats pour ne pas être punis. Ils auraient pu dire: "La foule nous a bousculés, nous nous sommes retrouvés séparés ou encore: les prêtres se sont interposés, etc." Ces justifications sont plausibles, elles ne trahissent guère la vérité. Mais ils s'exclament d'une seule voix : « Jamais un homme n'a parlé comme cet homme ! »

Parmi les chefs des prêtres et des pharisiens, le seul qui intervient en faveur de Jésus, c'est Nicodème, qui recevra de Jésus une révélation concernant la nouvelle naissance dans l'Esprit.

Beaucoup, parmi les ennemis de Jésus, se convertiront encore: je me souviens de ce que décrit Anne-Catherine Emmerich en deux moments de la Passion. C'est le cas de Malchus, le valet du grand-prêtre, à qui Pierre trancha l'oreille et qui fut guéri, et des soldats qui s'effondrèrent au moment de s'emparer de Jésus. Voici ce que dit le récit : "Tous ceux qui tombèrent et se relevèrent se convertirent depuis et devinrent chrétiens: leur chute été la figure de leur conversion. Ces soldats avaient seulement entouré Jésus, mais ils n'avaient pas mis la main sur lui. Malchus se convertit aussitôt après sa guérison, si bien qu'il ne continua son service que pour maintenir l'ordre, et que, pendant les heures qui suivirent, il servit souvent de messager à Marie et aux autres amis du Sauveur pour leur rapporter ce qui se passait.

En sorte que, dans cette scène, je retrouve l'idée que lorsque Jésus s'adresse à une foule, la foule ne réagit pas en tant que foule, mais chacun est touché dans sa personnalité profonde. Autrement dit, les mêmes mots rejoignent chaque auditeur non comme des mots d'ordre, mais dans ce qu'il a de plus profond.

Suis-je dans l'erreur de parler ainsi, est-ce que j'introduis un caractère "fantastique" superflu ? Je ne le pense pas. Ou bien, lorsque Jésus dit à Levi: "Viens et suis-moi ?", il faut m'expliquer comment ces seuls mots ont subjugué le publicain. Car: "He4,12: Elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu'une épée à deux tranchants ; elle pénètre au plus profond de l'âme, jusqu'aux jointures et jusqu'aux moelles ; elle juge des intentions et des pensées du coeur."
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Le petit livre et les sages de ce monde

Message non lu par stephlorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11,25-27.
En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits.
Oui, Père, tu l'as voulu ainsi dans ta bonté.
Tout m'a été confié par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Bienheureux sommes-nous si nous croyons. Je me souviens qu'un jour, à l'occasion de son anniversaire, j'avais envoyé un gros volume des "Commentaires de l’Évangile" par Lanza del Vasto" à une de mes amies qui avait déjà renié le catholicisme et s'était faite protestante; je l'avais perdu de vue un an ou deux. J'ai donc envoyé ce livre, en me disant que l'auteur, qui jonglait avec les textes, disait en prologue que les Évangiles fonctionnent comme un prisme à quatre facettes. Pour mieux pénétrer un passage, il suffisait de regarder le même épisode rapporté par un autre évangéliste. Il assurait qu'après avoir lu et relu l’Évangile, il se surprenait parfois d'y découvrir, en utilisant dette méthode d'autres points de vue qui l'enrichissaient comme aux premiers jours.

Mais mon amie n'a fait ni une ni deux: elle m'a renvoyé le livre (que j'ai gardé) avec un petit mot qui m'expliquait qu'elle avait lu beaucoup plus de livres que moi et les 'divagations' de LDV sont dues simplement au fait qu'il cherche à se convaincre lui-même que les Évangiles "ne sont pas remplis d'incohérences". Elle ajoutait que les Évangiles devraient être classés parmi les livres d'ésotérisme et interdits aux jeunes car la foi résulte simplement d'un "lavage de cerveau" !

Cette amie est très intelligente. Aujourd'hui, elle travaille dans les couloirs d'un ministère quelconque, elle a fait une brillante carrière, mais après la mort de son compagnon est devenue bouddhiste.

Nul ne peut espérer comprendre les Évangiles sans en avoir ressenti le besoin, sans s'impliquer personnellement. Ceux et celles qui prennent un Nouveau Testament comme s'il s'agissait d'un simple livre d'histoire ou de recettes métaphysiques, qui ne prennent pas non plus la peine d'avoir une Bible ouverte à côté d'eux... cela ne leur servira à rien. Dans une autre occasion, j'ai déjà dit un jour : si vous désirez rencontrer le Christ, il ne faut pas entrer dans l’Évangile en passant par dessus, mais par en dessous. Il faut se faire petit, sinon vous vous retrouverez un jour à dire: "C'est homme-là est fou, il veut nous donner sa chair à manger !"

Que les sages et les savants se brisent contre le 'petit livre', c'est saint Paul qui l'a dit le mieux:

1Co 1:17- Car le Christ ne m'a pas envoyé baptiser, mais annoncer l'Évangile, et cela sans la sagesse du langage, pour que ne soit pas réduite à néant la croix du Christ.
1Co 1:18- Le langage de la croix, en effet, est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui se sauvent, pour nous, il est puissance de Dieu.
1Co 1:19- Car il est écrit : Je détruirai la sagesse des sages, et l'intelligence des intelligents je la rejetterai.
1Co 1:20- Où est-il, le sage ? Où est-il, l'homme cultivé ? Où est-il, le raisonneur de ce siècle ? Dieu n'a-t-il pas frappé de folie la sagesse du monde ?
1Co 1:21- Puisqu'en en effet le monde, par le moyen de la sagesse, n'a pas reconnu Dieu dans la sagesse de Dieu, c'est par la folie du message qu'il a plu à Dieu de sauver les croyants.
1Co 1:22- Alors que les Juifs demandent des signes et que les Grecs sont en quête de sagesse,
1Co 1:23- nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens,
1Co 1:24- mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, c'est le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu.
1Co 1:25- Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.
1Co 1:26- Aussi bien, frères, considérez votre appel : il n'y a pas beaucoup de sages selon la chair, pas beaucoup de puissants, pas beaucoup de gens bien nés.
1Co 1:27- Mais ce qu'il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages ; ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort ;
1Co 1:28- ce qui dans le monde est sans naissance et ce que l'on méprise, voilà ce que Dieu a choisi ; ce qui n'est pas, pour réduire à rien ce qui est,
1Co 1:29- afin qu'aucune chair n'aille se glorifier devant Dieu.
1Co 1:30- Car c'est par Lui que vous êtes dans le Christ Jésus qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification et rédemption,
1Co 1:31- afin que, comme il est écrit, celui qui se glorifie, qu'il se glorifie dans le Seigneur.

Heureux sommes-nous qui avons Les Évangiles pour livre de chevet, car il ne fait aucun doute que le Père et le Fils nous ont appelés par nos prénoms et nous leur avons répondu !
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stephlorant
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Le joug facile et le fardeau léger

Message non lu par stephlorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11,28-30.
En ce temps-là, Jésus prit la parole : " Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos.
Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos.
Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »
©Evangelizo
.org 2001-2010

Aujourd'hui matin, avec un point de douleur dans le pied gauche et un autre dans une articulation de la hanche, j'ai entrepris un travail pénible, qui consiste à vider de leur contenu des armoires de vêtements et sous-vêtement dont ma mère ne se servira plus jamais. Le porte-manteau du couloir a subi le même traitement. Voûtée comme elle est désormais, et toujours tenue à l'abri du froid, il est clair qu'elle n'aura plus besoin de ses longs manteaux et imperméables qu'elle portait autrefois. Depuis le décès du père jusqu'à ce jour, je n'avais pas eu le courage d'entreprendre ces changements qui vont pourtant me faciliter la vie - même sil est plus exact de dire que je ne m'en souciais pas beaucoup.

Mais depuis juin de cette année, depuis le jour où j'ai reçu un 'préavis' de la part de l'Office des Pensions (il me reste dix ans de travail), pas une journée ne s'est écoulée sans que j'entreprenne l'un ou l'autre innovation. C'est en ceci que me rejoint l'Evangile de ce 14 juillet, par lequel je réalise que ces idées très 'pragmatiques' dont je me suis (bien sûr) attribué le mérite, ne me viennent pas vraiment de moi, mais me sont inspirées, comme tout le reste.

Quelqu'un m'a dit un jour que mes 'ballades de prière" n'étaient qu'une sorte de technique de yoga (esprit vidé, rythme et respiration, concentration sur la prière mentale); cette personne ne voulait pas considérer le bien-être intérieur qui s'en dégageait. Or, c'est de cet de 'réjouissement' intérieur que jaillissent les unes après les autres les bonnes idées, les solutions de certains problèmes, les changements d'attitude à l'égard des personnes, et même certains des commentaires que j'ai rédigés plus tard.

Jésus ne dit pas que le poids du fardeau sera diminué, mais que nous trouverons du repos. Je traduis: parce que la charge négative de vos travaux, nous ne la sentirez plus. Car c'est Lui qui nous soutiendra et Lui encore qui nous guidera en toutes circonstances.
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Re: Le joug facile et le fardeau léger

Message non lu par Estel »

Une question que je me pose à chaque fois que cet évangile sort : pourquoi "doux et humble de coeur ?"
Dieu n'a pas à être humble , puisque c'est le seul être à pouvoir dire être tout puissant sans mentir !
Et puis pourquoi "coeur " ? Le coeur n'est le siège de l'amour seulement symboliquement dans nos sociétés occidentales, pourquoi alors le culte du Sacré-coeur ?
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lmx
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Re: Le joug facile et le fardeau léger

Message non lu par lmx »

Et puis pourquoi "coeur " ? Le coeur n'est le siège de l'amour seulement symboliquement dans nos sociétés occidentales, pourquoi alors le culte du Sacré-coeur ?
non pas seulement dans les sociétés occidentales.

De plus, c'est l'organe de la connaissance spirituelle dans la Bible et de l'amour spirituel plus que charnel. C'est ceux qui ont le coeur pur qui voient Dieu.
Au départ le coeur n'a rien à avoir avec l'amour sentimental et mièvre d'aujourd'hui.
Ainsi quand Pascal parle du coeur qui a ses raisons que la raison ne connait pas, il parle d'une connaissance supérieure à la raison mais qui n'est pas déraisonnable pour autant.

Maintenant puisque l'homme est une image de l'univers (macrocosme), qu'il est donc un microcosme, il a un centre spirituel qui est son coeur, tout comme l'univers à un centre spirituel qui est Dieu et qui est symboliquement représenté par le Sacré Coeur. Et c'est dans son centre spirituel, dans son coeur que l'homme peut trouver Dieu.

http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... 7&start=30
J'avais donné ici quelques indications sur la prière du coeur

autre est la pureté de l’intellect et autre celle du cœur. L’intellect est l’un des sens de l’âme, mais le cœur contient et maîtrise les sens du dedans. Il est la racine. Si la racine est sainte, les branches sont saintes. Autrement dit, si le cœur est pur, il est clair que tous autres sens sont pures St Isaac le Syrien

Dans la tradition du christianisme oriental le coeur désigne le centre de la personne humaine, ce qui fait l'unité du composé humain.
Le christianisme occidental, malgré le culte du sacré coeur, et sous l'influence des philosophies grecques a donné dans la théologie moins d'importance au coeur et à la place du coeur a souvent parlé du "fond de l'âme".

Le coeur est un tout petit récipient, mais toutes choses se trouvent contenues en lui. Dieu est là et aussi les anges et la vie, et le Royaume et les cités célèstes et les trésors de grâce. St Macaire

De même que notre coeur peut être considéré comme un tout petit récipient contenant l'univers spirituel, on peut voir le Sacré Coeur comme le Vase qui contient cette huile sainte qui est la grâce que Dieu distribue à ses créatures.
Dernière modification par lmx le jeu. 14 juil. 2011, 12:45, modifié 1 fois.
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Griffon
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Re: Le joug facile et le fardeau léger

Message non lu par Griffon »

Bonjour Estel,

Pour l'humilité.
L'amour est humble, c'est sa nature.
Les autres passent avant Lui.
Ainsi chaque personne de la Trinité trouve leur joie dans les 2 autres.

Et, avant sa passion, Jesus dans le temple s'écrie : " Père, glorifie ton Fils pour que ton Fils te glorifie. "

L'humilité de Dieu est sans limite, au point de se faire homme parmi les hommes.


Pour le coeur.
Le coeur doit être pris au sens du centre de la personne, ce qui est au plus profond.
Ce n'est pas seulement symbolique. Le bout du bout de la passion se termine pas la lance dans le coeur du Christ.

Cordialement,

Griffon.
Jésus, j'ai confiance en Toi,
Jésus, je m'abandonne à Toi.
Mon bonheur est de vivre,
O Jésus, pour Te suivre.
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Estel
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Re: Le joug facile et le fardeau léger

Message non lu par Estel »

Merci, @Imx et Griffon,
ça faisait un bout de temps que j'avais du mal à comprendre ces mots ...
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Re: Le joug facile et le fardeau léger

Message non lu par stephlorant »

Estel a écrit :Merci, @Imx et Griffon,
ça faisait un bout de temps que j'avais du mal à comprendre ces mots ...
Le fait d'être "doux et humble de cœur" n'est pas non plus à confondre avec une forme de mollesse d'esprit ou de 'béni-oui-oui"... Tout en restant doux et humble de cœur, Jésus n'a certes pas manqué de sévérité envers l'élite religieuse de son temps en les traitant de "conducteurs aveugles" et de "sépulcres blanchis"... expressions qui ne manquent pas de sel !
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Voici mon serviteur

Message non lu par stephlorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 12,14-21.
Les pharisiens se réunirent contre Jésus pour voir comment le faire périr.
Jésus, l'ayant appris, quitta cet endroit ; beaucoup de gens le suivirent, et il les guérit tous. Mais Jésus leur défendit vivement de le faire connaître.
Ainsi devait s'accomplir la parole prononcée par le prophète Isaïe :
Voici mon serviteur que j'ai choisi, mon bien-aimé en qui j'ai mis toute ma joie. Je ferai reposer sur lui mon Esprit, aux nations il fera connaître le jugement.
Il ne protestera pas, il ne criera pas, on n'entendra pas sa voix sur les places publiques.
Il n'écrasera pas le roseau froissé, il n'éteindra pas la mèche qui faiblit, jusqu'à ce qu'il ait fait triompher le jugement.
Les nations païennes mettent leur espoir en son nom.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Il m'a paru intéressant de retrouver cette parole prononcée par le prophète Isaïe, et j'ai été frappé par l'exactitude du portrait du Messie, tel que les deux textes le présentent.

Par exemple, dans l’Évangile, Jésus se sait menacé et il se retire; il ne cherche pas la confrontation avec les pharisiens, mais cela ne l'empêche pas de guérir tous ceux qui le suivent - il leur ordonne seulement de ne pas faire état de ces guérisons, afin de ne pas provoquer inutilement l'élite religieuse - qu'il chercher tout autant à sauver.

Que dit Isaïe ?
Isaïe, chapitre 42
Is 42:1- Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui mon âme se complaît. J'ai mis sur lui mon esprit, il présentera aux nations le droit.
Is 42:2- Il ne crie pas, il n'élève pas le ton, il ne fait pas entendre sa voix dans la rue;
Is 42:3- il ne brise pas le roseau froissé, il n'éteint pas la mèche qui faiblit, fidèlement, il présente le droit;

L’Évangile dit: Les nations païennes mettent leur espoir en son nom; et le texte d'Isaïe précise:
Is 42:4- il ne faiblira ni ne cédera jusqu'à ce qu'il établisse le droit sur la terre, et les îles attendent son enseignement.
Is 42:5- Ainsi parle Dieu, Yahvé, qui a créé les cieux et les a déployés, qui a affermi la terre et ce qu'elle produit, qui a donné le souffle au peuple qui l'habite, et l'esprit à ceux qui la parcourent.
Is 42:6- " Moi, Yahvé, je t'ai appelé dans la justice, je t'ai saisi par la main, et je t'ai modelé, j'ai fait de toi l'alliance du peuple, la lumière des nations,
Is 42:7- pour ouvrir les yeux des aveugles, pour extraire du cachot le prisonnier, et de la prison ceux qui habitent les ténèbres. "

Dans un Évangile précédent, Jésus se présentait comme "doux et humble de cœur" et c'est bien la façon dont il se comporte ici: car bien qu'il ait le droit de le faire, il ne crie pas, il ne proteste pas, il semble céder du terrain, mais il sait où il va. C'est un maître facile à suivre. Point n'est nécessaire d'être savant car il connaît ce qu'il y a dans le cœur de l'homme et sa parole y pénètre.
In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum
http://www.youtube.com/watch?v=WDV94Iti5ic&feature=related (Philippe Herreweghe)
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stephlorant
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Re: Le joug facile et le fardeau léger

Message non lu par stephlorant »

Le joug est facile à porter, à cause de l'humilité de Celui que nous servons, car Lui le maître met une œuvre facile à notre portée et quant au fardeau, il s'allège de la grâce continuelle dont nous sommes l'objet. Ce qui nous manque, le plus souvent, c'est d'avoir confiance, car le Seigneur étant "tout autre", c'est un réflexe inscrit profondément dans notre chair, de craindre et de repousser le moment de "lâcher prise".

Je songe souvent à cette terrible marque dans la chair, cette peur de l'inconnu, qui fait que Pierre alors qu'il marche déjà sur l'eau, va tout de même retomber et s'enfoncer; c'est cette même morsure du serpent qui, très souvent, nous retient dans un geste de vraie miséricorde alors que notre cœur et notre esprit ont pourtant dit oui. Combien d'auteurs chrétiens j'ai déjà parcourus qui mentionnent avec sincérité qu'il y a loin entre le culte qu'ils portent à Dieu et l'accomplissement simple, sans arrière-pensée, de la volonté divine...

Reste la grâce de la joie. Dans le texte qui suit Julien Green parlait des "bonheurs sans cause" qu'il avait connus:

"Je me demande si je pourrai jamais définir ce que j'appelle le bonheur. Je ne parle pas de l'état d'âme que tout le monde connaît, ou a connu, ou pense avoir connu, mais d'autre chose de plus particulier, quelque chose de presque religieux, une émotion paralysante. Il me semble que la première fois que je l'éprouvai, fut vers ma huitième année, dans une salle de classe au lycée Janson. En regardant par la fenêtre je voyais le toit en dos d'âne d'une galerie couverte qui menait du petit au grand lycée et ce fut en regardant ce toit que je fus saisi d'une joie mystérieuse qui fondit sur moi tout à coup. Je crois que je demeurai dans cet état indescriptible pendant plusieurs minutes, ne sachant plus bien ce qui se passait autour de moi, ne sachant pas, surtout, pourquoi je me sentais si heureux. Aujourd'hui, j'ai l'impression que ce bonheur irraisonné est peut-être l'état normal de l'humanité arrachée au mal, je veux dire le bonheur que connaîtrait l'humanité si elle revenait à Dieu. Plusieurs fois par la suite, j'ai connu des moments analogues à celui que je viens de décrire et qui ne dépendaient jamais des circonstances extérieures. C'est même-là ce qui les distinguait des moments de bonheur ordinaire: ce n'était pas parce qu'il faisait beau ou que tout allait bien que j'étais heureux, c'était à cause d'autre chose que je ne comprenais pas, que je ne comprends pas encore. J''ai toujours été frappé, même, du peu de rapport que ce sentiment pouvait avoir avec un sentiment de bonheur purement humain, avec le bonheur que procure l'amour, par exemple. Je l'appelle religieux à cause de son extrême gravité et à cause du mystère de son origine". (JG - Journal 15.10.1943)

Mais Ce que Julien Green appelle un bonheur "religieux", je le nomme sans hésiter "grâce de la joie", que l'on ne peut certes obtenir de ses propres forces, ni par un grand déploiement des vertus, ni par de longues prières ou des sacrifices. Je sais bien que saint François avait parlé de la joie parfaite qui consiste à garder tout son calme intérieur quand bien même on se verrait refouler de sa propre communauté - dehors, par un froid glacial d'hiver. Mais je ne suis pas saint François. Tout ce que je puis dire, c'est que la joie vient si l'on est disposé à la recevoir (c'est-à-dire en étant attentif au Seigneur) et cela même dans des moments de souffrances physiques ou morales. Je me souviens parfaitement, comme si c'était hier, de la joie qui a duré, d'instant en instant, tout l'après midi de 13 mai 2004, le jour où je fus délivré du tabac. Auparavant, je me souviens de la joie comme "onde de pure énergie" le matin de ma conversion. Il n'y a pas si longtemps, une nuit, je me suis réveillé en train de prier et j'ai connu un bonheur qu'on ne peut expliquer non plus par une cause extérieure, car cette cause existait et c'était ma détresse...
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Griffon
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Re: Voici mon serviteur

Message non lu par Griffon »

D'accord, StephLorant,

Tout Isaïe est d'une précision prophétique incroyable.
Et ce n'est pas pour rien qu'il est si souvent repris pendant les Laudes.

Ce qui est surprenant à mon avis, c'est la dernière phrase.
En lisant l'évangile, on peut croire que c'est Isaïe qui continue.
Mais en fait, on s'écarte du texte pour en donner une interprétation,
qui colle sans doute avec la réalité du moment.

Mais, c'est vrai !
Les îles attendaient son Enseignement.
Qu'Isaïe ait ainsi pu prédire la conversion des païens.
Et cela, plus de 500 ans avant l'heure !

C'est quand-même fort, non ?

Cordialement,

Griffon.
Jésus, j'ai confiance en Toi,
Jésus, je m'abandonne à Toi.
Mon bonheur est de vivre,
O Jésus, pour Te suivre.
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