Bonjour Petit Matthieu,
Petit Matthieu a écrit :Il y a quand même une grande différence. Le cannabis n'est consommé que pour son effet alors que l'alcool peut-être consommé pour son goût donc une consommation "positive" est possible alors qu'une consommation de cannabis n'est motivée que pour son effet de "défonce". On peut boire du vin, du cidre, un bon whisky pour le produit de qualité.
Votre remarque suscite en moi deux objections :

En fait, vous autorisez l'alcool pour des raisons esthétiques (il peut être consommé pour son goût) bien qu'il soit très dangereux et puisse être utilisé (que) pour se défoncer, et vous interdisez le cannabis parce qu'on l'utilise pour se défoncer uniquement, bien qu'il soit moins dangereux que l'alcool. Donc ce qui fait la différence de traitement c'est uniquement une question esthétique. Excusez-moi mais je ne trouve pas cette attitude très logique et très morale : on fait passer l'accessoire (l'esthétique de la consommation d'alcool) avant l'essentiel (l'alcool est très dangereux, et on peut aussi l'utiliser pour se défoncer, voire que pour ça). Des questions d'ordres esthétiques (qui dans le cas présent ne concernent, qui plus est, que certaines des consommations d'alcool) suffisent-elles à sortir de l'illégalité ce qui serait illégal sinon ? Un vol ou un meurtre sont-ils moins illégaux du simple fait qu'il soit possible de les réaliser de manière esthétique ? Peut-on faire valoir l'esthétique (potentielle ou actuelle) de ce genre d'actes comme circonstance atténuante ?

Par ailleurs, je ne crois pas que le cannabis ne puisse pas être consommé par goût, donc pour une raison esthétique également. Après tout, le tabac peut bien être consommé par goût, même s'il se fume. J'ai un peu du mal à le comprendre, mais les fumeurs semblent apprécier le goût ou l'odeur du tabac en tant que tel. Je ne sais pas trop quel goût peuvent bien avoir le tabac ou le cannabis, mais en tout cas j'ai pu remarquer que l'odeur de ce dernier est loin d'être désagréable, enfin pas plus que l'odeur du tabac. Je la trouve plus suave, moins piquante.
Pour répondre à une remarque de je ne sais plus qui sur je ne sais plus quel fil : on me disait que je prenais les êtres humains pour des adultes matures en leur prêtant la responsabilité de leur consommation. Il ne faudrait cependant pas les considérer tous, à l'inverse, comme des enfants à paterner/materner... Je serais assez d'accord sur le principe d'une interdiction relative, pondérée par la nocivité de la substance considérée et le degré de responsabilité de la personne concernée.
Enfin, pour répondre à une autre remarque dans laquelle on me disait que l'interdiction pure et simple était le meilleur et plus efficace moyen d'empêcher des comportements répréhensibles potentiellement induits par telle ou telle drogue, je ferai remarquer que le meilleur moyen d'éviter les accidents de la route c'est encore d'interdire l'usage des voitures

On voit par cet exemple les limites de cet argument sécuritaire...
Bien cordialement,
Mikaël