Oui et non. La matière est pure puissance dans la pensée réaliste, mais il s'agit de la matière première, et cela est vrai en physique comme en métaphysique. Mais ici je parlais de la matière seconde, c'est à dire le composé matière/forme. Quand on parle d'un corps, on parle au sens strict s'une matière seconde, c'est à dire de quelque chose qui existe en acte. La matière première, elle, est pure puissance et n'est donc pas la chair. Tout cela appellerait beaucoup plus de précision, mais je ne sais pas si ce forum est vraiment le lieu pour ce genre de choses? Notons simplement que si la forme actualise la matière, c'est bien la matière qui donne à la forme son existence; la matière a, il me semble, une antériorité ontologique (pardon pour les gros mots!). La matière ne peut donc pas être plus ou moins matérielle, et encore moins du fait de la forme.lmx a écrit :C'est exact, la matière métaphysiquement parlant est une pure potentialité qui est actualisée par la forme/essence c'est à dire l'âme, et non pas une chose concrète.La difficulté de cette question est que nous avons souvent tendance (en tout cas en ce qui me concerne) à l'envisager de manière un peu trop matérialiste, ce qui pose des problèmes
Par conséquent suivant la forme, le corps physique est plus ou moins "matériel". C'est ainsi que pour certains docteurs de l'Eglise les anges ont aussi un corps physique mais avec un degré de matérialité tout autre que celui du corps de l'homme.
"Rien dans le corps -ni sa forme, ni son entendue, ni son volume, ni son poids, ni sa couleur, ni d'autres qualités prises en elles mêmes ne sont le corps, mais de pures intelligibles. Cependant leur concours devient le corps." explique St Grégoire de Nysse. C'est là une théorie platonicienne de la matière, Platon ayant été considéré comme un précurseur en physique quantique par Heisenberg je crois, qui permet de comprendre qu'il y a des degrés de matérialité.
Quand je disais que nous abordons souvent la question de manière trop matérialiste, je ne voulais pas dire qu'il fallait envisager le problème d'un point de vue métaphysique. Au contraire cela serait, je pense, une erreur, puisque la métaphysique étudie sans matière sensible les êtres qui existent sans matière sensible. Or le corps humain n'existe, par définition, qu'avec matière sensible. Il appartient donc au sujet de la Physique (au sens aristotélicien). L'erreur serait de trop considérer la question d'un point de vue physique (au sens des sciences modernes, qui ne portent que sur la quantité, le nombre).
Voilà... le problème reste entier pour moi; je vais aller lire ce qu'en dit St Thomas d'Aquin dans la somme de théologie.
Merci en tout cas pour ces précisions lmx!
En Marie,
FPio







