L'eugénisme désigne, d'après Wikipedia, la volonté d'améliorer l'espèce humaine, et plus particulièrement de compenser la perte des mécanismes de sélection naturelle.
"Nous autres hommes civilisés, au contraire [des sauvages], faisons tout notre possible pour mettre un frein au processus de l’élimination ; nous construisons des asiles pour les idiots, les estropiés et les malades ; nous instituons des lois sur les pauvres ; et nos médecins déploient toute leur habileté pour conserver la vie de chacun jusqu’au dernier moment. […] Ainsi, les membres faibles des sociétés civilisées propagent leur nature. Il n’est personne qui, s’étant occupé de la reproduction des animaux domestiques, doutera que cela doive être hautement nuisible pour la race de l’homme […]." - Charles Darwin
Le docteur Alexis Carrel, catholique notoire, - et qui est très agréable à lire par ailleurs - a bien exposé quelles mesures devraient être prises en vue d'une telle pratique, et qui se résument à peu près à ceci: faire en sorte que les criminels, les débauchés, les amorphes, les crétins et autres tares sociales ne puissent pas aisément se reproduire, avoir une descendance, imitant ainsi les mécanismes de la sélection naturelle qui prévalaient jusqu'à l'avènement de la civilisation.
Or le XXième siècle a donné de nombreux exemples de dérives inacceptables dans cette pratique, nottament en Allemagne nazie; leur seul souvenir suffit à discréditer les principes mêmes de l'eugénisme.
Ces principes sont-ils réellement corrompus ou immoraux en eux-mêmes? Y a-t-il dans l'eugénisme de saines règles de vie pour nos sociétés modernes ou demeurera-t-il toujours incompatible avec la dignité de la personne humaine et le christianisme?
Merci de m'éclairer.
Eugénisme et christianisme
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- LumendeLumine
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Bonjour LumendeLumine
mais je peux réfléchir avec vous et proposer quelques idées.
Les vraies lois morales sont des lois naturelles. C’est-à-dire qu’elles conduisent à une meilleure adaptation à la nature et à une plus grande efficacité dans nos actions. Sinon, il n’y aurait aucune raison de les adopter.
Dans nos stés avancées, en revanche, nous avons bien plus besoin de manipulateurs de symboles, comme jargonnent les économistes, que de gros bras. Les «sauvages» darwiniens auraient éliminé l’aveugle Homère, le manchot Cervantès, le sourd Edison, le paralysé Stephen Hawking, le pied-bot Byron, le psychotique Blaise Pascal… (je cite de mémoire et j’en oublie bien d’autres). L’humanité se porterait-elle mieux aujourd’hui de cette élimination ?
Les enfants d’un criminel, d’un débauché ou d’un amorphe n’ont finalement pas beaucoup plus de probabilités de reproduire le comportement de leur parent que les enfants porteurs d’autres gènes (en fait, beaucoup se démarquent de ces comportements déviants — la fille de Staline était une personne estimable, qui ‘passa à l’ouest’ dès qu’elle put). L’eugénisme serait donc une cruauté infligée à des amoraux que ne justifierait absolument pas la protection de la société.
Nos lanternes sont-elles plus lumineuses ?
Christian
Je n’aurai pas la prétention de vous éclairer, étant donné le nom que vous portez,Merci de m'éclairer
L’eugénisme est incompatible avec la dignité de la personne humaine et avec le christianisme simplement parce qu’il est stupide.Y a-t-il dans l'eugénisme de saines règles de vie pour nos sociétés modernes ou demeurera-t-il toujours incompatible avec la dignité de la personne humaine et le christianisme?
Les vraies lois morales sont des lois naturelles. C’est-à-dire qu’elles conduisent à une meilleure adaptation à la nature et à une plus grande efficacité dans nos actions. Sinon, il n’y aurait aucune raison de les adopter.
L’ami Darwin réduit le concept de faiblesse aux facultés physiques : estropiés, malades, handicapés. Dans les stés animales et celles, humaines, où n’existent pas encore la division du travail et un outillage perfectionné, ces qualités physiques seules assurent la survie."Nous autres hommes civilisés, au contraire [des sauvages], faisons tout notre possible pour mettre un frein au processus de l’élimination ; […] Ainsi, les membres faibles des sociétés civilisées propagent leur nature.’’
Dans nos stés avancées, en revanche, nous avons bien plus besoin de manipulateurs de symboles, comme jargonnent les économistes, que de gros bras. Les «sauvages» darwiniens auraient éliminé l’aveugle Homère, le manchot Cervantès, le sourd Edison, le paralysé Stephen Hawking, le pied-bot Byron, le psychotique Blaise Pascal… (je cite de mémoire et j’en oublie bien d’autres). L’humanité se porterait-elle mieux aujourd’hui de cette élimination ?
Alexis Carrel met ici l’accent sur les tares morales plutôt que les déficiences physiques. Mais il ne démontre pas que les tares morales sont inscrites dans les gènes (pas plus que les qualités, d’ailleurs). Le fils du cruel Louis XI, Charles VIII, fut surnommé l’Affable. L’autocrate et borné Nicolas I de Russie eut pour fils le libéral et brillant Alexandre II, qui eut lui-même pour fils Alexandre III, encore plus autocratique et brutal que son grand-père. Etc.faire en sorte que les criminels, les débauchés, les amorphes, les crétins et autres tares sociales ne puissent pas aisément se reproduire
Les enfants d’un criminel, d’un débauché ou d’un amorphe n’ont finalement pas beaucoup plus de probabilités de reproduire le comportement de leur parent que les enfants porteurs d’autres gènes (en fait, beaucoup se démarquent de ces comportements déviants — la fille de Staline était une personne estimable, qui ‘passa à l’ouest’ dès qu’elle put). L’eugénisme serait donc une cruauté infligée à des amoraux que ne justifierait absolument pas la protection de la société.
Nos lanternes sont-elles plus lumineuses ?
Christian
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Merci pour votre réponse mais permettez-moi de me faire l'avocat du diable quelques instants.
Les vraies lois morales sont des lois naturelles, certes, mais l'eugénisme, qui tente de reproduire un mécanisme naturel chez toute espèce animale (la sélection des plus aptes), ne se conforme-t-il pas justement à une exigence de la nature?
Les vraies lois morales tendent à une meilleure adaptation et à une plus grande efficacité dans nos actions, certes, mais n'est-ce pas là justement le but recherché par l'eugénisme? N'y a-t-il pas donc raison valable de l'adopter?
Cela dit, je me demande surtout s'il n'y a pas contradiction, au niveau métaphysique, entre une volonté de sélection dans la reproduction, à l'échelle sociale, et la doctrine de la foi. Tout cela est encore bien confus dans mon esprit...
Les vraies lois morales sont des lois naturelles, certes, mais l'eugénisme, qui tente de reproduire un mécanisme naturel chez toute espèce animale (la sélection des plus aptes), ne se conforme-t-il pas justement à une exigence de la nature?
Les vraies lois morales tendent à une meilleure adaptation et à une plus grande efficacité dans nos actions, certes, mais n'est-ce pas là justement le but recherché par l'eugénisme? N'y a-t-il pas donc raison valable de l'adopter?
Stephen Hawking est-il un grand savant parce qu'il est tétraplégique? Il n'y a pas cause à effet entre les tares physiques et les aptitudes intellectuelles. Un eugénisme qui tendrait à la sélection à la fois des plus intelligents et des biens portants ne courerait donc pas le risque d'écarter de grands génies; au contraire, il les provoquerait.Christian a écrit :Dans nos stés avancées, en revanche, nous avons bien plus besoin de manipulateurs de symboles, comme jargonnent les économistes, que de gros bras. Les «sauvages» darwiniens auraient éliminé l’aveugle Homère, le manchot Cervantès, le sourd Edison, le paralysé Stephen Hawking, le pied-bot Byron, le psychotique Blaise Pascal… (je cite de mémoire et j’en oublie bien d’autres). L’humanité se porterait-elle mieux aujourd’hui de cette élimination ?
Au niveau moral, il est certain que l'éducation, la volonté personnelle et surtout la grâce divine jouent une très large part. Néanmoins, dans notre patrimonie génétique se trouvent déjà, c'est certain, des dispositions à agir moralement, des traits de caractère bons ou mauvais. Pour vous contredire, Alexis Carrel cite une étude où de la descendance d'un criminel a produit quelques centaines d'auters criminels; je n'ai pas le livre devant les yeux (Réflexions sur la conduite de la vie) mais je pourrai vous le sortir dès ce soir.Christian a écrit :Les enfants d’un criminel, d’un débauché ou d’un amorphe n’ont finalement pas beaucoup plus de probabilités de reproduire le comportement de leur parent que les enfants porteurs d’autres gènes (en fait, beaucoup se démarquent de ces comportements déviants — la fille de Staline était une personne estimable, qui ‘passa à l’ouest’ dès qu’elle put).
Cela dit, je me demande surtout s'il n'y a pas contradiction, au niveau métaphysique, entre une volonté de sélection dans la reproduction, à l'échelle sociale, et la doctrine de la foi. Tout cela est encore bien confus dans mon esprit...
:lol: C'est un idéal et pas un acquis, soyez-en convaincu!Christian a écrit :Je n’aurai pas la prétention de vous éclairer, étant donné le nom que vous portez
Bonjour Lumendelumine,
L’animal s’adapte à son environnement. L’être humain adapte l’environnement à ses besoins (les écolos le lui reprochent assez). Exprimé autrement, l’être humain humanise la nature. Par l’action de l’être humain, la nature n’est plus le jeu du hasard, le vivant ne dépend plus de la recombinaison aveugle de gènes, le vivant et la planète toute entière sont désormais marqués du projet des êtres humains. En d’autres termes encore, l’évolution devient consciente. Cette projection de la conscience humaine dans la matière est l’admirable fonction de l’économie. Grâce à notre activité économique, la nature est modelée par la conscience humaine. La nature n’a pas prévu que les vaches donnent 40l de lait par jour, elle n’a jamais sélectionné les milliers d’espèces végétales que nous cultivons sur un quart de la surface terrestre, défrichée et irriguée.
Pour le meilleur ou pour le pire, donc, l’être humain a pris le contrôle de l’évolution, qui pour les darwinistes n’était que hasard. Les « exigences de la nature » s’appliquaient au vivant préconscient. Avec l’émergence de l’humain, elles deviennent une donnée parmi d’autres. Grâce au confort moderne et au soutien de la technologie, il est dans l’intérêt des êtres humains de laisser vivre leurs congénères qui étaient inaptes à l’existence de chasseurs d’aurochs, mais qui sont fort créatifs sur un clavier d’ordinateur.
Quant à la sélection « des plus intelligents », elle ne pourrait s’effectuer qu’à l’âge adulte. Hawkins, Einstein et beaucoup d’autres ne brillaient pas pendant leur scolarité. Mais on peut dire que ce processus de sélection existe déjà. Il s’appelle « le marché ». Chacun se retrouve dans l’emploi où ses talents sont les plus demandés, et ceux qui sont les plus aptes à servir les autres (et quel autre critère de sélection serait plus pertinent ?) réussissent mieux, deviennent des modèles qu’imite la génération suivante.
Cordialement
Christian
Non, et c’est le sens de mon intervention. Les plus aptes dans le monde animal le sont par leurs caractères physiques, et ces caractères dépendent bien de la génétique. En revanche, les plus aptes pour nous, êtres humains modernes, sont définis par d’autres traits qui ne dépendent pas tous de la nature.l'eugénisme, qui tente de reproduire un mécanisme naturel chez toute espèce animale (la sélection des plus aptes), ne se conforme-t-il pas justement à une exigence de la nature?
L’animal s’adapte à son environnement. L’être humain adapte l’environnement à ses besoins (les écolos le lui reprochent assez). Exprimé autrement, l’être humain humanise la nature. Par l’action de l’être humain, la nature n’est plus le jeu du hasard, le vivant ne dépend plus de la recombinaison aveugle de gènes, le vivant et la planète toute entière sont désormais marqués du projet des êtres humains. En d’autres termes encore, l’évolution devient consciente. Cette projection de la conscience humaine dans la matière est l’admirable fonction de l’économie. Grâce à notre activité économique, la nature est modelée par la conscience humaine. La nature n’a pas prévu que les vaches donnent 40l de lait par jour, elle n’a jamais sélectionné les milliers d’espèces végétales que nous cultivons sur un quart de la surface terrestre, défrichée et irriguée.
Pour le meilleur ou pour le pire, donc, l’être humain a pris le contrôle de l’évolution, qui pour les darwinistes n’était que hasard. Les « exigences de la nature » s’appliquaient au vivant préconscient. Avec l’émergence de l’humain, elles deviennent une donnée parmi d’autres. Grâce au confort moderne et au soutien de la technologie, il est dans l’intérêt des êtres humains de laisser vivre leurs congénères qui étaient inaptes à l’existence de chasseurs d’aurochs, mais qui sont fort créatifs sur un clavier d’ordinateur.
Alexis Carrel (ci-dessus du moins) cite un seul cas. On pourrait lui opposer celui de l’Australie, peuplée de criminels déportés au 19ème siècle et qui pourtant ne connait pas un taux de criminalité exceptionnellement élevé, même avant que les déshérités de la terre qui y ont immigré volontairement ensuite ne diluassent ce patrimoine génétique d'origine.Alexis Carrel cite une étude où de la descendance d'un criminel a produit quelques centaines d'auters criminels
A cause justement de l’absence de corrélation entre certaines tares physiques et les aptitudes intellectuelles, nous risquerions d’éliminer les génies en éliminant les malformés.Il n'y a pas cause à effet entre les tares physiques et les aptitudes intellectuelles. Un eugénisme qui tendrait à la sélection à la fois des plus intelligents et des biens portants ne courerait donc pas le risque d'écarter de grands génies; au contraire, il les provoquerait.
Quant à la sélection « des plus intelligents », elle ne pourrait s’effectuer qu’à l’âge adulte. Hawkins, Einstein et beaucoup d’autres ne brillaient pas pendant leur scolarité. Mais on peut dire que ce processus de sélection existe déjà. Il s’appelle « le marché ». Chacun se retrouve dans l’emploi où ses talents sont les plus demandés, et ceux qui sont les plus aptes à servir les autres (et quel autre critère de sélection serait plus pertinent ?) réussissent mieux, deviennent des modèles qu’imite la génération suivante.
Cordialement
Christian
Bonsoir
C’est hélas ce genre de généralisation à partir d’un cas particulier qui amène parfois de telles absurdités dans les mentalités (tout les gros chiens sont dangereux, tout musulmans sont des terroristes, tout les gays sont des pédophiles …).
Un homme n’est pas bon ou mauvais par nature, il n’est rien qu’un homme. Son comportement n’a rien de prédéfini (seul peuvent être définis génétiquement les instincts), il est la conséquence de son vécu, et de la façon de le percevoir. Si il y a bien une grande inégalité qui soit par nature c’est l’époque et le lieu de naissance ainsi que la physionomie de chacun …
Je ne suis pas eugéniste, et ne pense jamais le devenir, mais il reste que, pour moi, c’est un point de vue parfaitement défendable. Il ne tend en fait qu’à rétablir des lois qui lui semblent naturelles, es-ce fondamentalement mauvais ?
Ceci dit j’adhère à l’idée que, pour l’homme, celui qui est « apte » n’est plus le même.
Sun Tzu
Vous le pensez vraiment ? Pouvez-vous me citer une seule étude sérieuse qui le valide ? Mieux ! Montrez moi le gène de l’avarice, de la générosité, du sadisme, de la sympathie, de … :lol:LumendeLumine a écrit :Néanmoins, dans notre patrimonie génétique se trouvent déjà, c'est certain, des dispositions à agir moralement, des traits de caractère bons ou mauvais. Pour vous contredire, Alexis Carrel cite une étude où de la descendance d'un criminel a produit quelques centaines d'auters criminels; je n'ai pas le livre devant les yeux (Réflexions sur la conduite de la vie) mais je pourrai vous le sortir dès ce soir.
Le problème de ce genre d’argument c’est que ça n’en est pas un ; Au lieu de considérer toute la descendance de ce criminel, considérez celle de tous les autres criminels. Il n’y a peu être bien eu trois ou quatre lignée du même genre, pour autant cela ne reste qu’une coïncidence, si cela prouve quoique ce soit, c’est que même si une probabilité est mince elle existe … probabilité ici sans doute renforcée par ce que les membres de cette même descendance a pu vivre dans des milieux ou conditions semblables (je ne connais pas cet exemple).Christian a écrit :Pour vous contredire, Alexis Carrel cite une étude où de la descendance d'un criminel a produit quelques centaines d'auters criminels.
C’est hélas ce genre de généralisation à partir d’un cas particulier qui amène parfois de telles absurdités dans les mentalités (tout les gros chiens sont dangereux, tout musulmans sont des terroristes, tout les gays sont des pédophiles …).
Un homme n’est pas bon ou mauvais par nature, il n’est rien qu’un homme. Son comportement n’a rien de prédéfini (seul peuvent être définis génétiquement les instincts), il est la conséquence de son vécu, et de la façon de le percevoir. Si il y a bien une grande inégalité qui soit par nature c’est l’époque et le lieu de naissance ainsi que la physionomie de chacun …
C’est à mon sens précisément l’idée qui clôt le débat sur le conflit entre l’eugénisme et le christianisme, le premier considère l’homme comme un animal parmi d’autre, au contraire du second qui le vois presque au-dessus de tout …Christian a écrit :Les plus aptes dans le monde animal le sont par leurs caractères physiques, et ces caractères dépendent bien de la génétique. En revanche, les plus aptes pour nous, êtres humains modernes, sont définis par d’autres traits qui ne dépendent pas tous de la nature.
Je ne suis pas eugéniste, et ne pense jamais le devenir, mais il reste que, pour moi, c’est un point de vue parfaitement défendable. Il ne tend en fait qu’à rétablir des lois qui lui semblent naturelles, es-ce fondamentalement mauvais ?
Ceci dit j’adhère à l’idée que, pour l’homme, celui qui est « apte » n’est plus le même.
La nature n’a pas prévu, parce que par définition la nature n’est pas consciente, pour autant es-ce moins naturel qu’une vache donne 40L de lait ? Non, cela n’a été que maîtrisé. N’exagérez pas la place et la valeur de l’humain …Christian a écrit :La nature n’a pas prévu que les vaches donnent 40l de lait par jour, elle n’a jamais sélectionné les milliers d’espèces végétales que nous cultivons sur un quart de la surface terrestre, défrichée et irriguée.
« D’éliminer DES génies en éliminant des malformés » Ce n’est pas que je soit profondément maniaque mais en conservant votre formulation vous vous contredisez, au passage je vous demande si c’était volontaire ? Sinon je m’excuse d’avoir relevé une simple faute de frappe.Christian a écrit :A cause justement de l’absence de corrélation entre certaines tares physiques et les aptitudes intellectuelles, nous risquerions d’éliminer les génies en éliminant les malformés.
Cette fois ce n’est pas une correction mais une remarque … je dirais plutôt « les plus aptes à se servir des autres ». C’est pour moi là que le bas blesse puisque je suis loin de constater que ce sont les meilleurs qui « réussissent » mieux …Christian a écrit :Mais on peut dire que ce processus de sélection existe déjà. Il s’appelle « le marché ». Chacun se retrouve dans l’emploi où ses talents sont les plus demandés, et ceux qui sont les plus aptes à servir les autres (et quel autre critère de sélection serait plus pertinent ?) réussissent mieux, deviennent des modèles qu’imite la génération suivante.
Sun Tzu
"Être plusieurs années à observer ses ennemis, ou à faire la guerre, c'est ne point aimer le peuple, c'est être l'ennemi de son pays"
Bonjour Sun Tzu
Cordialement
Christian
Je vous remercie de relever une faute de frappe qui change le sens de mon propos. Effectivement, je voulais dire des génies. J’écris ces interventions souvent trop vite.« D’éliminer DES génies en éliminant des malformés […] je m’excuse d’avoir relevé une simple faute de frappe.
Ici, la correction n’est pas de mise. Sur le marché, ceux qui réussissent servent réellement autrui, et c’est la raison de leur succès. On ne voit pas pourquoi autrui les paierait (argent, promotions, honneurs, etc.) s’ils ne rendaient pas un authentique service.Christian a écrit:
Mais on peut dire que ce processus de sélection existe déjà. Il s’appelle « le marché ». Chacun se retrouve dans l’emploi où ses talents sont les plus demandés, et ceux qui sont les plus aptes à servir les autres (et quel autre critère de sélection serait plus pertinent ?) réussissent mieux, deviennent des modèles qu’imite la génération suivante.
Cordialement
Christian
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Eugénisme, Morale et Magistère catholique
Bonjour
Je suis étonné de constater que ni l'Agenda social, ni le Compendium de la doctrine sociale de l'Église ne contiennent aucune occurrence du mot "eugénisme".
Dans une discussion sur un autre forum, un intervenant demande la stérilisation des "criminels dangereux, comme les pédophiles et les psychopathes [...] et des porteurs de graves maladies héréditaires" sous prétexte que les uns feraient certainement de mauvais parents et que les autres engendreraient des enfants atteints des mêmes maladies.
Voici la réponse que j'ai faite, mais qui repose essentiellement sur l'intuition (que je souhaiterai fonder en raison) que l'eugénisme n'est jamais moral :
PaX
Christophe
Je suis étonné de constater que ni l'Agenda social, ni le Compendium de la doctrine sociale de l'Église ne contiennent aucune occurrence du mot "eugénisme".
Dans une discussion sur un autre forum, un intervenant demande la stérilisation des "criminels dangereux, comme les pédophiles et les psychopathes [...] et des porteurs de graves maladies héréditaires" sous prétexte que les uns feraient certainement de mauvais parents et que les autres engendreraient des enfants atteints des mêmes maladies.
Voici la réponse que j'ai faite, mais qui repose essentiellement sur l'intuition (que je souhaiterai fonder en raison) que l'eugénisme n'est jamais moral :
Y a-t-il des documents du Magistère qui abordent le sujet ?Je trouve très dangereuse l'idée qu'il faille stériliser les personnes qui sembleraient ne pas faire de bons parents... ou qui sont porteurs de maladies. Poussé à l'extrême, ce raisonnement conduirait à la stérilisation des délinquants et de toutes les personnes qui portent un bec de lièvre...
Le politique ne peut pas s'arroger le droit de décider qui ferait un bon parent, ou quels facteurs héréditaires ont "le droit" d'être transmis. Laissons Dieu faire (ou la sélection naturelle s'opérer), soignons les malades, punissons les coupables. Il n'y a rien que nous dussions faire de plus.
PaX
Christophe
« N'ayez pas peur ! » (365 occurrences dans les Écritures)
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Re: Eugénisme, Morale et Magistère catholique
J'ai trouvé cette fiche sur le site de l'INIST, mais le document est payant :
http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=12505055
Cela fait référence à un article Eugénisme et morale catholique de H. WATTIAUX et publié dans la Nouvelle Revue Théologique (Louvain). 1981, vol. 103, no6, pp. 801-817
Est-ce que quelqu'un aurait accès à ce texte ?
Sinon, j'ai aussi trouvé sur le site du Vatican une "déclaration finale" de l'Assemblée plénière de l'Académie Pontificale pour la Vie (1998) :
PaX
Christophe
PS : la recherche sur le site du Vatican donne des résultats, mais il faut que je les examine...
http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=12505055
Cela fait référence à un article Eugénisme et morale catholique de H. WATTIAUX et publié dans la Nouvelle Revue Théologique (Louvain). 1981, vol. 103, no6, pp. 801-817
Est-ce que quelqu'un aurait accès à ce texte ?
Sinon, j'ai aussi trouvé sur le site du Vatican une "déclaration finale" de l'Assemblée plénière de l'Académie Pontificale pour la Vie (1998) :
C'est un peu maigre, et cela n'est pas un texte magistèriel...Au contraire, tout emploi de la connaissance issue de recherches sur le génome humain et tendant a stigmatiser ou a discriminer les personnes qui portent des gènes pathogènes ou susceptibles de développer des maladies déterminées, sont inacceptables au plan moral parce qu'en opposition avec la dignité et l'égalité inaliénables de tous les êtres humains et avec la justice sociale. En tant que forme extrême d'intervention manipulatrice de la constitution génomique de l 'être humain, le clonage représente un grave attentat à la dignité de l'être conçu et à son droit à un génome unique et non prédéterminé.
En outre, il est particulièrement préoccupant d'observer l'instauration d'un climat culturel qui, favorisé aussi par des informations pas toujours correctes au plan scientifique et/ou déontologique, oriente la pratique du diagnostic prénatal et de la préimplantation dans une direction qui n'est plus celle de la perspective thérapeutique, mais plutôt de la discrimination des êtres ne se présentant pas comme sains et parfaits des les toutes premières phases de leur vie; discrimination qui, toujours plus, se transforme en un attentat a leur vie elle-même, qui ne verra jamais la lumière du jour. Sous cet aspect, les Membres de l'Académie Pontificale adhèrent à la déclaration du Saint-Père dénonçant « la naissance et la diffusion d'un nouvel eugénisme sélectif, qui provoque la suppression d'embryons et de fœtus affectés par une maladie », en s'appuyant parfois sur de prétendues différences anthropologiques et éthiques des divers degrés de développement au cours de la vie prénatale.
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PS : la recherche sur le site du Vatican donne des résultats, mais il faut que je les examine...
« N'ayez pas peur ! » (365 occurrences dans les Écritures)
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Re: Eugénisme, Morale et Magistère catholique
J'ai terminé l'examen des résultats de la recherche sur le site du Vatican. Les textes qui traitent de l'eugénisme parlent tous de diagnostique pré-implantatoire (DPI) et de dépistage pré-natal (DPN). Malheureusement, aucun ne traite de la stérilisation à des fins d'eugénisme...
En poursuivant la recherche sur le mot "stérilisation", je tombe sur une référence à Quaecumque sterilizatio (AAS LXVIII 1976, 738-740, n. 1). Mais impossible de mettre la main sur ce texte... La "stérilisation directe" est qualifiée de "moyen moralement irrecevable" par le Catéchisme.
Christophe
En poursuivant la recherche sur le mot "stérilisation", je tombe sur une référence à Quaecumque sterilizatio (AAS LXVIII 1976, 738-740, n. 1). Mais impossible de mettre la main sur ce texte... La "stérilisation directe" est qualifiée de "moyen moralement irrecevable" par le Catéchisme.
PaXPaul VI, dans [url=http://www.vatican.va/holy_father/paul_vi/encyclicals/documents/hf_p-vi_enc_25071968_humanae-vitae_fr.html]Humanae vitae[/url], a écrit :Est pareillement à exclure, comme le Magistère de l'Église l'a plusieurs fois déclaré, la stérilisation directe, qu'elle soit perpétuelle ou temporaire, tant chez l'homme que chez la femme.
Christophe
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