C'est malheureusement souvent le cas, en effet... faisons périr les victimes plutôt que d'éduquer les responsables de ce manque de solidarité. Plus de victimes, plus de problème, et plus besoin de solidarité non plus. Hop, tout est réglé.cath1250 a écrit :J'avoue également que si j'étais enceinte d'un enfant à naître gravement handicapé, je le ferais également partir. Les mots, c'est toujours très facile, penser c'est facile. Aujourd'hui, je constate que chacun vit pour soi, même chez les soi disant croyants. on compatis à la douleur des autres, on prie pour eux, on verse une larme pour eux, mais au quotidien, les gens qui ont des problèmes, ils doivent se débrouiller seuls.
J'ai pris le temps avant de vous répondre cath1250, en me fondant sur les recommandations du règlement du forum : prier avant de répondre, laisser un peu de temps. Parce que, au départ, j'ai eu envie de vous inonder d'insultes. Pas une pourtant n'aurait égalé celle que vous m'avez envoyé au visage... certes pas personnellement, certes par maladresse, mais vous m'avez insulté, vous m'avez blessé, moi et ma famille, avec votre idéologie abominable. C'est maintenant avec mes larmes que je vous réponds.
Moi, moi, moi, voilà tout ce qu'on entend dans votre discours, fardé de pseudo compassion envers des personnes victimes de souffrance. Moi, moi, moi, je ne veux pas qu'on vienne me demander d'être solidaire. Je veux pouvoir faire comme tous ceux qui se défilent et qui ne vivent que pour leur gueule. Chacun pour soi, et Dieu pour tous.
Alors pardon de laisser vivre ces personnes handicapées qui vont ensuite tellement vous solliciter de bonne ou de mauvaise conscience selon ce que vous serez disposé à donner... pardon de venir bousculer un peu votre modèle de vie "pleine de grâce", le fameux modèle de vie sans la moindre souffrance, la vie de jouissance perpétuelle. Oui le modèle de vie idéale : celle du toxicomane toujours capable de s'offrir sa dose.
Mon médecin, vu hier alors que nous touchons une nouvelle fois le fond, avec notre enfant qui nous empêche de dormir, qui est violent, tout le temps malade, m'a fait un compliment des plus glauques : "vous avez de la chance d'être solidaires, vous au moins" m'a-t-il dit, "bien souvent dans votre situation l'un des deux se barre, généralement le père". Finalement nous nous sommes juste quitté sur cette impasse : oui, en France il y a déjà pas mal d'aides, mais c'est loin d'être encore suffisant. Les assistantes sociales aimeraient pouvoir faire tellement plus, comme dans notre cas, mais quand le budget n'y est pas, hein... Alors, c'est difficile parfois, oui. Rappelez-moi, c'est quoi votre solution à vous ? augmenter la solidarité nationale ? inciter à la solidarité personnelle ? Non, suis-je bête, comme mon fils ou votre grand-mère handicapée : éviter de laisser vivre ceux qui ont besoin de solidarité !
Vous savez, je rencontre souvent des personnes qui me disent qu'ils ne se sentiraient pas capable d'accueillir un enfant handicapé. J'étais même le premier de ceux-là avant, aussi je peux comprendre cette angoisse. Par contre, c'est assez rare que j'entende quelqu'un qui tente à ce point de s'offrir la bonne conscience en prime, et la bonne conscience catholique, en plus. Mais vous n'avez sans doute pas songé que des personnes concernées pouvaient vous lire. Dommage. Vous m'avez donné envie de vomir. Allez au diable, vous et votre contribution à la culture de mort ! Vous y toucherez au passage votre récompense. C'est bien, "Good job", vous dira-t-il sans doute !
Voilà, excusez-moi de piétiner ainsi vos messages, cath1250, hein... mais bon, en plus du pied gauche il parait que ça porte bonheur. Et désolé à tous si c'est la colère qui l'a emporté. J'ai mobilisé toute la charité dont j'étais capable.




