Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2010-2011)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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stephlorant
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Prière de résurrection personnelle

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Evangile selon saint Jean 20,1-9.

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu'il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau.
Le matin de Pâques, Marie-Madeleine courut trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis. »
Pierre partit donc avec l'autre disciple pour se rendre au tombeau.
Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.
En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n'entre pas.
Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là,
et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place.
C'est alors qu'entra l'autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.
Jusque-là, en effet, les disciples n'avaient pas vu que, d'après l'Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d'entre les morts.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



En ce jour de Pâques, je demande au Seigneur de me ‘ressusciter’ à mon tour. Mais c’est plus facile à faire comprendre si j’écris : je demande au Seigneur de me « susciter de nouveau ». Je désire mourir à moi.même, à la mémoire de mon ego susceptible, afin de pouvoir (« espérer qu’un jour je parvienne à ») aimer mon prochain comme moi-même. Je crois que c’est possible, mais ce sera une question de discipline et de rigueur intérieures.

Pourquoi est-il beaucoup plus facile d’aimer les personnes de sa famille, ou certains collègues de travail, ou encore ses amis ? Quel mérite avez.vous, dit Jésus, d’aimer ceux qui vous aiment ? Mais si l’on veut être du Christ, il faut s’appliquer à se détacher de tout son vécu, afin d’aimer son prochain, c’est-à-dire : le premier venu dans la rue, comme s’il était de nos proches et de notre propre famille.

Simone Weil (oui, encore elle, ma bien-aimée !) avait parfaitement saisi ce que cette évolution intérieure comprenait de difficile, d’intransigeant, lorsqu’elle écrivit : « Aimer un étranger comme soi.même, présuppose de s’aimer soi-même comme un étranger ».

Il faut donc s’obliger à installer une distance entre soi et soi-même, entre l’être spirituel et le charnel (‘ petit moi’). Mais cela n’est possible qu’en passant par Dieu, car il est impossible d’aimer son prochain comme soi-même si l’on n’aime pas d’abord Dieu « de tout son cœur, de toute son âme et de toutes ses forces ». On pourrait dire cela à l’inverse pour mieux en saisir la portée : « Si l’on applique pas tout son cœur, toute son âme et toutes ses forces à aimer Dieu, comment arriver à aimer un inconnu comme soi-même ? »

En cette Pâques 2011, je prie donc le Seigneur de m’apprendre et de m’entraîner à aimer l’autre en toute justice. (Au fait, elle est là, la justice de Dieu, que beaucoup confonde avec la colère de Dieu !) Il est juste de considérer même notre ennemi comme notre frère, puisque, fondamentalement, nous sommes bien tous et toutes les enfants du même Père.

Seigneur, qu’il m’en soit donc fait ainsi : je Te prie de faire de moi non comme je veux, mais comme Toi Tu veux, et ainsi que Tu as dit à Nicodème : « Ne t’étonne pas si je t’ai dit : il vous faut naître de nouveau ! », aide-moi à renaître !
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christiane
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Re: Prière de résurrection personnelle

Message non lu par christiane »

Merci Stephlorant pour cette belle analyse.

Toute la semaine de la Passion je n'étais pas très bien et miracle, le Jour de Pâques, je ne suis réveillée avec des yeux neufs et le coeur joyeux.

Chaque jour, je fais des conversions successives mais maintenant cela m'est plus facile puisque le Seigneur est ressuscité.

Il n'est pas trop tard pour te souhaiter JOYEUSES PAQUES. J'espère, de tout coeur, que tu as passé cette magnifique journée en famille.

Bien affectueusement,
Christiane
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stephlorant
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Ceux qui croiront et ceux qui ne voudront pas croire

Message non lu par stephlorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 28,8-15.
Quand les femmes eurent entendu les paroles de l'ange, vite, elles quittèrent le tombeau, tremblantes et toutes joyeuses, et elles coururent porter la nouvelle aux disciples.
Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s'approchèrent et, lui saisissant les pieds, elles se prosternèrent devant lui.
Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu'ils doivent se rendre en Galilée : c'est là qu'ils me verront. »
Tandis qu'elles étaient en chemin, quelques-uns des hommes chargés de garder le tombeau allèrent en ville annoncer aux chefs des prêtres tout ce qui s'était passé.
Ceux-ci, après s'être réunis avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme
en leur disant : « Voilà ce que vous raconterez : 'Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions. '
Et si tout cela vient aux oreilles du gouverneur, nous lui expliquerons la chose, et nous vous éviterons tout ennui. »
Les soldats prirent l'argent et suivirent la leçon. Et cette explication s'est propagée chez les Juifs jusqu'à ce jour.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Le Christ est ressuscité. Pour les saintes femmes, aucun doute: il est vraiment ressuscité ! Mais pour quiconque ne veut pas croire, il n'y a pas eu de résurrection. Et aujourd'hui encore, celui qui ne veut pas croire, celui qui ne cherche pas la 'vérité vraie' sur la condition malheureuse de l'homme, ne trouvera pas le Christ.

Cependant, le Christ étant bien ressuscité, il ne cesse, en employant toute sorte de moyens - mais aussi des détours de Providence dont nous n'avons aucune idée, d'atteindre l'âme de toutes celles et de tous ceux qui peinent sur le chemin et luttent contre un sentiment d'absurdité.

Le monde dans lequel nous vivons est complètement fou, décalé, déphasé. Nous le voyons bien sur nos écrans de télévision chaque jour. L'humanité marche à l'aveuglette. Je viens de lire les propos d'un politicien français, Claude Allègre, qui nie carrément qu'un accident nucléaire grave se soit produit à Fukushima :

"Pensez-vous que le nucléaire sera remis en question à l’échelle mondiale ? Rendons aux événements leur juste valeur. Les deux événements majeurs qui se sont produits au Japon sont le tremblement de terre et le tsunami, et rien d’autre ! À Fukushima, il y a eu certes un accident mais il n’y a pas eu de catastrophe nucléaire. On dénombrera sans doute plus de 30 000 morts au Japon, mais il n’y aura vraisemblablement aucune victime du nucléaire."

http://www.valeursactuelles.com/actuali ... 10421.html

Et pendant ce temps, la fin du monde est annoncée pour 2O11, 2012 et 2116 aussi ! Mais on fait de l'argent - et beaucoup d'argent - en utilisant le 'créneau' de la peur :

http://www.20minutes.fr/article/397676/ ... alypse.php

En définitive, il y aura ceux qui croiront, et leur foi chassera la peur devant eux, et ceux qui ne voudront pas croire. Les croyants comme les non-croyants reçoivent tous des signes de la part du Seigneur, mais seul ceux qui cherchent, écoutent, regardent, demandent, trouvent la nourriture intérieure dont ils ont besoin. Vraiment, je l'assure, ceux qui cherchent trouvent, on ouvre à celui qui frappe à la porte et qui demande reçoit !

Une fois n'est pas coutume, en ce lundi de Pâques, je poste ici un partage que j'avais déjà rédigé en avril 2009 :

"De nouveaux livres viennent de paraître à l'occasion du centenaire de la naissance de Simone Weil. Celui que je suis occupé de lire suis le parcours de la philosophe depuis la tristesse mortelle de sa quatorzième année, lorsqu'elle se dit ne pouvoir espérer "aucun accès" au royaume de la vérité - qui lui paraît réservé aux seuls hommes "authentiquement grands" seuls capables d'y entrer (c'est-à-dire aux génies)...

Mais après avoir oscillé entre la contemplation morbide de sa propre médiocrité et celle de la vérité, merveilleuse mais inaccessible étoile, une première lueur lui parvint: "Après des mois de ténèbres intérieures, j'ai eu soudain et pour toujours la certitude que n'importe quel être humain, même si ses facultés intellectuelles sont presque nulles, pénètre dans ce royaume réservé au génie,si seulement il désire la vérité et fait perpétuellement un effort pour l'atteindre. Si elle avait pu ouvrir un Evangile, peut-être serait-elle d'emblée sur la réponse de Jésus à Pilate: "Je suis roi. Je suis né et venu dans le monde pour témoigner de la vérité. Quiconque cherche la vérité entend ma voix.

De mon point de vue (mais je ne suis pas d'origine juive athée), il m'est très facile de reconnaître le don de Dieu dans le désir de trouver la vérité. Ce désir m'a littéralement hanté et poursuivi depuis la fin de mon enfance jusqu'à la conversion à 29 ans. Tout y est passé: la vérité par le monde (pouvoir et domination - ce que Simone Weil appelle la Pesanteur); la vérité par la philosophie (jusqu'au moment où j'ai découvert que chez certains Grecs, la vérité était désignée par "applaudimètre"); la vérité par la conquête scientifique (mais la science ne pouvait rendre compte ni du bonheur de l'homme, ni de son malheur); la vérité par la morale - et là, je fus proche; et enfin la vérité par l'abandon-même de la recherche et la reconnaissance de mon impuissance à trouver par moi seul...

A cet instant-là, je fus proche de la mort, moi aussi, comme si, insensiblement, à force de chercher, j'avais franchi une frontière, un "No man's land" où l'air devenait rare et la respiration de plus en plus difficile. "Quiconque est de la vérité entend ma voix", dit Jésus, mais on ne découvre la vérité qu'à longueur de dépouillement. Pour avancer vers elle, il faut, comme un voyageur trop chargé, abandonné de plus en plus de fausses certitudes qu'on avait crues indispensables pour sa marche. Et un instant donné, un instant fabuleux, la Vérité paraît. Elle paraît non pas comme un concept, mais comme un surcroît de vie et de vie jaillissante.

Nous voici donc en route vers la Pentecôte !
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Jésus et Marie-Madeleine

Message non lu par stephlorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,1-2.11-18.

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu'il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau.
Le matin de Pâques, Marie-Madeleine courut trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis. »
Marie Madeleine restait là dehors, à pleurer devant le tombeau. Elle se penche vers l'intérieur, tout en larmes,
et, à l'endroit où le corps de Jésus avait été déposé, elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l'un à la tête et l'autre aux pieds.
Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé le Seigneur mon Maître, et je ne sais pas où on l'a mis. »
Tout en disant cela, elle se retourne et aperçoit Jésus qui était là, mais elle ne savait pas que c'était Jésus.
Jésus lui demande : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le gardien, elle lui répond : « Si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et moi, j'irai le reprendre. »
Jésus lui dit alors : « Marie ! » Elle se tourne vers lui et lui dit : « Rabbouni ! » ce qui veut dire : « Maître » dans la langue des Juifs.
Jésus reprend : « Cesse de me tenir, je ne suis pas encore monté vers le Père. Va plutôt trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »
Marie Madeleine s'en va donc annoncer aux disciples : « J'ai vu le Seigneur, et voilà ce qu'il m'a dit. »
Cy Aelf, Paris

Inconcevable tendresse de Jésus envers les siens. Depuis sa conversion, Marie-Madeleine ne vit que par Jésus, pour Jésus, en Jésus. La disparition du corps la bouleverse bien plus que tous les autres, et son incrédulité n'est pas de la même "matière" que celle des apôtres; quand ceux-ci se laissent gagner de nouveau par le doute, elle - de tout son être, et cela veut dire aussi: avec sa raison et son intelligence, ne peut pas admettre la dispartion du corps. Elle se dit que c'est forcément un malfaisant qui a volé la dépouille et elle n'hésite pas à prendre à parti cet inconnu qu'elle prend pour le jardinier. Aucune peur, aucune crainte de répression de la part des autorités juives ou romaines - ce qui n'est certes pas le cas des autres.

Et comme toujours, comme hier et aujourd'hui, la foi est récompensée - suit ce lumineux appel de Marie-Madeleine par Jésus : "Marie !"... C'est lumineux, parce que cet appel correspond bien à la description du bon berger: "Les brebis le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix. Elles ne suivront point un étranger; mais elles fuiront loin de lui, parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers."

Suit encore : "Cesse de me tenir !" Car Jésus a patienté pour consoler Marie et la relever: Il lui confie une mission, la première de toutes les missions après la Résurrection. Une mission, c'est bien ce qu'il y a de plus précieux en cet instant, car Il confirme ainsi que rien n'est fini, mais qu'en réalité, tout commence...
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La rencontre

Message non lu par stephlorant »

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Le troisième jour après la mort de Jésus, deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient ensemble de tout ce qui s'était passé.
Or, tandis qu'ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s'approcha, et il marchait avec eux.
Mais leurs yeux étaient aveuglés, et ils ne le reconnaissaient pas.
Jésus leur dit : « De quoi causiez-vous donc, tout en marchant ? » Alors, ils s'arrêtèrent, tout tristes.
L'un des deux, nommé Cléophas, répondit : « Tu es bien le seul de tous ceux qui étaient à Jérusalem à ignorer les événements de ces jours-ci. »
Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth : cet homme était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple.
Les chefs des prêtres et nos dirigeants l'ont livré, ils l'ont fait condamner à mort et ils l'ont crucifié.
Et nous qui espérions qu'il serait le libérateur d'Israël ! Avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c'est arrivé.
A vrai dire, nous avons été bouleversés par quelques femmes de notre groupe. Elles sont allées au tombeau de très bonne heure, et elles n'ont pas trouvé son corps ; elles sont même venues nous dire qu'elles avaient eu une apparition : des anges, qui disaient qu'il est vivant.
Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l'avaient dit ; mais lui, ils ne l'ont pas vu. »
Il leur dit alors : « Vous n'avez donc pas compris ! Comme votre coeur est lent à croire tout ce qu'ont dit les prophètes !
Ne fallait-il pas que le Messie souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ? »
Et, en partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur expliqua, dans toute l'Écriture, ce qui le concernait.
Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d'aller plus loin.
Mais ils s'efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous : le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux.
Quand il fut à table avec eux, il prit le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna.
Alors leurs yeux s'ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards.
Alors ils se dirent l'un à l'autre : « Notre cœur n'était-il pas brûlant en nous, tandis qu'il nous parlait sur la route, et qu'il nous faisait comprendre les Écritures ? »
A l'instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent :
« C'est vrai ! le Seigneur est ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. »
A leur tour, ils racontaient ce qui s'était passé sur la route, et comment ils l'avaient reconnu quand il avait rompu le pain.
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(c) AELF 2011


La rencontre des disciples d'Emmaüs, je crois qu'elle se reproduit chaque jour en ce monde. Il n'est même pas nécessaire que l'on soit en groupe pour discuter - et que le Seigneur vienne éclairer les esprits confus, mais il suffit parfois d'une lecture par un homme seul qui cherche sincèrement la vérité.
Au hasard (si tant est que le hasard ne soit pas rempli de Providence !) de sa lecture, il trouve quelques mots qui suffisent à eux seuls pour lui ouvrir les yeux.

Cependant, la compréhension intellectuelle ne suffit pas, il y faut aussi l'adhésion du cœur. Or, justement, il est bien question de cœur dans ce récit ! Après coup, ils vont s'en rendre compte et ils se diront l'un à l'autre : "« Notre cœur n'était-il pas brûlant en nous, tandis qu'il nous parlait sur la route, et qu'il nous faisait comprendre les Écritures ? »

Et finalement, lorsque l'adhésion du cœur a suivi celle de l'esprit, il faut l'action pour confirmer et progresser. Ce n'est pas pour rien que l'Évangile rapporte: "A l'instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem." Le témoignage est aussi important que le reste. Le fait de sortir de chez soi (de son ancienne vie et de ses anciennes attitudes) fait partie intégrante de la Rencontre. Quiconque s'en croirait dispensé se retrouverait un jour devant le doute et, dans la nuit de l'esprit, n'aurait vraiment rien à lui opposer. Mais celui qui est sorti de chez lui pour se rendre à 'Jérusalem' se souviendra et se dira: "Oui, c'est vrai, pourtant, que j'ai la foi, car tel et tel événements se sont vraiment produits, et j'ai pu faire face et répondre car j'ai la foi, tandis que mon doute ne prouve rien du tout.

Ce jour que fit le Seigneur est un jour de Joie, alléluia !
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Re: Prière de résurrection personnelle

Message non lu par stephlorant »

Malheureusement, non, à l'exception du repas de midi avec ma mère, j'ai passé le dimanche de Pâques dans la solitude devenue habituelle. Ma tante elle.même ayant été hospitalisée plus d'une semaine, ne pouvait me recevoir longuement. Cependant, après la messe, ce fut l'euphorie habituelle, sans raison apparente... mais tout à fait réelle ! Je m'étonne des grâces que je reçois et en même temps, je me demande souvent ce que je ferai lorsque je n'aurai vraiment plus de famille. Je sais que le Seigneur me soutiendra. Je n'ai aucun doute à ce sujet, mais j'éprouve encore quelque difficulté à vivre dans l'abondon complet... c'est un entraînement de longue haleine ! J'espère que toute la famille va bien ? Je vous envie parfois de vivre à une telle proximité de la paroisse la plus célèbre au monde !
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Le visage du Christ

Message non lu par stephlorant »

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Les disciples qui rentraient d'Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s'était passé sur la route, et comment ils l'avaient reconnu quand il avait rompu le pain.
Comme ils en parlaient encore, lui-même était là au milieu d'eux, et il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Frappés de stupeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit.
Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent en vous ?
Voyez mes mains et mes pieds : c'est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n'a pas de chair ni d'os, et vous constatez que j'en ai. »
Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds.
Dans leur joie, ils n'osaient pas encore y croire, et restaient saisis d'étonnement. Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? »
Ils lui offrirent un morceau de poisson grillé.
Il le prit et le mangea devant eux.
Puis il déclara : « Rappelez-vous les paroles que je vous ai dites quand j'étais encore avec vous : Il fallait que s'accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. »
Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures.
Il conclut : « C'est bien ce qui était annoncé par l'Écriture : les souffrances du Messie, sa résurrection d'entre les morts le troisième jour, et la conversion proclamée en son nom pour le pardon des péchés à toutes les nations, en commençant par Jérusalem.
C'est vous qui en êtes les témoins. »

Cy Aelf Paris

Il est difficile pour les disciples d'admettre que le Christ ait désormais un corps de chair tout autant qu'un corps spirituel. C'est vrai que je rencontre les mêmes difficultés que les disciples... sauf que l'Évangile me dit que 'leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. J'en conclus très facilement que le Seigneur est venu souvent à ma rencontre dans un corps de chair et que je ne l'ai pas toujours reconnu.

Ah, comme il faut se méfier des images ! Comment reconnaît-on une personne? Si c'est par les traits de son visage, je peux vous assurer que le visage de ma propre mère, je serais incapable de le reconnaître si elle-même venait à moi sous l'apparence qu'elle avait à l'âge de vingt ans lorsqu'elle n'avait pas encore rencontré mon père ! Et comment donc reconnaîtrai-je le Christ dont on a 'remodélisé l'image' à partir de la face qui transparaît dans le suaire de Turin.

Ni ce visage :

Image


ni celui-ci :

Image

qui est pourtant celui peint en 1934 par Eugène Kazmierowski, sur les indications de Soeur Faustine Kowalska, ne me conviennent.

Mais peut-être le drôle de bonhomme qui vient une fois par mois me tendre la main dans ma boutique pour que je lui donne quelques piécettes, peut-être est-ce lui le Christ ? Mes yeux, de toute façon, sont empêchés de Le reconnaître.

Il m'est arrivé un jour, comme je l'ai déjà rapporté, que le prêtre au cours de la lecture d'un Évangile a dit quelque chose que je n'ai pas pu retrouver dans ma bible par la suite. Ces mots étaient : "Vous désirez le bien, mais vous ne savez pas résister au mal". J'ai songé à saint Paul, mais non, saint Paul dit pratiquement la même chose, mais dans une phrase plus longue. J'ai interrogé ce prêtre, j'ai interrogé mes voisins, et tous m'ont dit que "Non, vous avez eu une absence, sans doute". Mais finalement, les sœurs Clarisses m'ont dit que Jésus s'adresse parfois à l'une ou l'autre d'entre elles en utilisant la voix de son prêtre. Ce que m'a affirmé aussi un membre de ma congrégation.

Le Christ de ma conversion avait un visage de plâtre, celui de mon crucifix, mais il s'est animé un instant et son regard sur moi étant tant chargé d'amour et de compassion que je n'aurais pas pu ne pas le reconnaître. Pourtant, je possède toujours ce crucifix, mais ce n'est plus qu'un souvenir et une simple représentation.

Tout cela a vraiment peu d'importance, mais ce qui compte, c'est d'aimer comme Dieu aime, Lui qui ne fait pas de distinction entre les hommes. Lorsque j'aurai la force d'aimer même l'autre qui me veut du mal - et j'en connais, ce jour-là, son visage sera lui aussi, pour moi, celui du Christ.
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L'apparent et le réel

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Evangile : Jésus se manifeste aux Apôtres au bord du lac (Jn 21, 1-14)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Voici le jour que fit le Seigneur, qu'il soit pour nous jour de fête et de joie. Alléluia. (Ps 117, 24)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord du lac de Tibériade, et voici comment.
Il y avait là Simon-Pierre, avec Thomas (dont le nom signifie : Jumeau), Nathanaël, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres disciples.
Simon-Pierre leur dit : « Je m'en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, ils passèrent la nuit sans rien prendre.
Au lever du jour, Jésus était là, sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c'était lui.
Jésus les appelle : « Les enfants, auriez-vous un peu de poisson ? » Ils lui répondent : « Non. »
Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n'arrivaient pas à le ramener, tellement il y avait de poisson.
Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C'est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre l'entendit déclarer que c'était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n'avait rien sur lui, et il se jeta à l'eau.
Les autres disciples arrivent en barque, tirant le filet plein de poissons ; la terre n'était qu'à une centaine de mètres.
En débarquant sur le rivage, ils voient un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain.
Jésus leur dit : « Apportez donc de ce poisson que vous venez de prendre. »
Simon-Pierre monta dans la barque et amena jusqu'à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s'était pas déchiré.
Jésus dit alors : « Venez déjeuner. » Aucun des disciples n'osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c'était le Seigneur.
Jésus s'approche, prend le pain et le leur donne, ainsi que le poisson.
C'était la troisième fois que Jésus ressuscité d'entre les morts se manifestait à ses disciples.

Cy Aelf, Paris


Cette fois, Jésus se manifeste aux disciples en reproduisant le souvenir de la pêche miraculeuse. Il est ressuscité, mais en apparence, la vie des hommes ne change pas. Il faut toujours travailler pour manger - la seule différence, désormais, c'est que le Seigneur est présent à tout ce que nous entreprenons. Je me suis attardé sur cette pensée: Pierre décide qu'il part à la pêche et il jette son filet, mais c'est le Seigneur qui lui donne le poisson. N'est-ce pas la même chose pour moi aujourd'hui : j'ai décidé de travailler, mais le résultat de cette journée ne dépend pas de moi. Et puisque je le sais, je n'ai pas ce souci en tête : le Seigneur pourvoira ! Mais tout comme il est possible de partir en barque en offrant sa journée de travail, il m'appartient de faire de même.

En relisant le texte d'un point de vue plus élevé, j'y vois aussi le labeur auquel l'Église se livre en ce monde. Jusqu'à ce jour, les descendants de Pierre sont eux aussi partis à la pêche. Ils ont jeté et ils continuent de jeter leurs filets dans la mer qu'est le monde, mais qui évaluera exactement le fruit de leur travail ? En fait, je fus moi aussi un petit poisson pris dans leur filet, et à ma place, très modestement, je participe au travail de mes aînés dans la foi.

Toutes choses peuvent donc être considérées sur deux plans et plusieurs plans en même temps. Il y a ce que chacun d'entre nous obtient pour lui-même par son travail, mais il y a aussi une participation à l'œuvre de la Providence. Nous qui connaissons le Christ, nous savons bien qu'il y a des différences là où le monde prétendra qu'il n'y en a pas. "De deux hommes travaillant dans un champ, l'un sera pris, l'autre laissé", dit Jésus en parlant de son avènement final. En conclusion, au regard du monde, je ne suis vraiment que peu de chose, mais ce que je fais, de la façon dont je le fais, en vivant ce vendredi comme les septième jour de la neuvaine à la Miséricorde divine, je puis offrir mon travail avec ma pensée tournée vers les âmes qui sont dans le feu purificateur du purgatoire.

Reste cette petite phrase énigmatique, mais qui renforce encore la sensation de dichotomie: "Aucun des disciples n'osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c'était le Seigneur." S'ils savent que c'est le Seigneur, pourquoi doivent-ils résister à l'envie de lui demander : qui es-tu ?
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Anne
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Re: L'apparent et le réel

Message non lu par Anne »

Il y a des moments où l'on pressent que la parole peut mettre fin à un instant de grâce... ?
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
2 Co 4, 8-10
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stephlorant
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Envoi des disciples

Message non lu par stephlorant »

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Ressuscité de grand matin, le premier jour de la semaine, Jésus apparut d'abord à Marie Madeleine, de laquelle il avait expulsé sept démons.
Celle-ci partit annoncer la nouvelle à ceux qui, ayant vécu avec lui, s'affligeaient et pleuraient.
Quand ils entendirent qu'il était vivant et qu'elle l'avait vu, ils refusèrent de croire.
Après cela, il se manifesta sous un aspect inhabituel à deux d'entre eux qui étaient en chemin pour aller à la campagne.
Ceux-ci revinrent l'annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus.
Enfin, il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu'ils étaient à table : il leur reprocha leur incrédulité et leur endurcissement parce qu'ils n'avaient pas cru ceux qui l'avaient vu ressuscité.
Puis il leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création. »

Cy Aelf, Paris


C'est donc à des disciples incrédules et dont les cœurs sont endurcis que Jésus va confier la mission d'aller proclamer la Bonne Nouvelle à toute la création ?
Cela pourrait sonner de manière étrange à l'oreille d'un chef de guerre, ou celle d'un grand entrepreneur, mais pour nous, cela sonne tout à fait juste. Car le Seigneur n'est pas venu pour appeler des justes, mais des pécheurs. Car le Seigneur fait toujours le bon usage du mauvais outil - prouvant en cela qu'Il a tout pouvoir. Car c'est la pierre rejetée par les bâtisseurs qui est devenue la pierre d'angle.

Saint Paul, dont l'élocution est difficile, dans sa première épître au Corinthiens, précise encore cet apparent 'illogisme' de Dieu dans le choix de ses serviteurs. Et il le fait en des termes encore plus évocateurs:

26 Frères, vous qui avez été appelés par Dieu, regardez bien : parmi vous, il n'y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni de gens puissants ou de haute naissance.
27 Au contraire, ce qu'il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion les sages ; ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion ce qui est fort ;
28 ce qui est d'origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n'est rien, voilà ce que Dieu a choisi pour détruire ce qui est quelque chose.

Et il y a, dans ces choix étonnants une raison toute simple et c'est:
29 afin que personne ne puisse s'enorgueillir devant Dieu.

Ainsi, le développement de l'Église ne s'accomplira pas en reposant sur des êtres prodigieux, doué de talents extraordinaires, munis de pouvoirs surnaturels capables de renverser des royaumes en un instant. Il en s'agit pas d'une conquête, mais d'un renouvellement. Le pouvoir terrestre est inutile, mais il faut que chaque homme et chaque femme, où qu'ils soient, quel que soit le travail auxquels ils s'adonnent, deviennent de vivants témoins de la grâce et de la miséricorde divine - envers tous les hommes et de toutes les générations.
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Re: L'apparent et le réel

Message non lu par stephlorant »

AnneT a écrit :Il y a des moments où l'on pressent que la parole peut mettre fin à un instant de grâce... ?
Veux-tu dire qu'ils se sont retenus de demander : 'Est-ce bien toi, Jésus ?' car cela eût gâché quelque chose à la grâce de cet instant?"

Mon idée, c'est qu'en laissant ces mots, l'apôtre a voulu dire qu'à partir de ce moment, ils avaient accepté et dépassé le problème de l'apparence. Pour le reste, tout à fait d'accord avec toi: même dans une vie humaine toute simple, il y a des instants de grâce durant lesquels, à vouloir dire un mot qui en rende compte, le fait d'ouvrir la bouche mettrait fin au charme... Tu as déjà vécu cela ?
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Subtiles mutations des larmes

Message non lu par stephlorant »

Evangile de Jésus-Christ selon St-Jean 20, 11-18

11 Marie Madeleine restait là dehors, à pleurer devant le tombeau. Elle se penche vers l'intérieur, tout en larmes,
12 et, à l'endroit où le corps de Jésus avait été déposé, elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l'un à la tête et l'autre aux pieds.
13 Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé le Seigneur mon Maître, et je ne sais pas où on l'a mis. »
14 Tout en disant cela, elle se retourne et aperçoit Jésus qui était là, mais elle ne savait pas que c'était Jésus.
15 Jésus lui demande : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le gardien, elle lui répond : « Si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et moi, j'irai le reprendre. »
16 Jésus lui dit alors : « Marie ! » Elle se tourne vers lui et lui dit : « Rabbouni ! » ce qui veut dire : « Maître » dans la langue des Juifs.
17 Jésus reprend : « Cesse de me tenir, je ne suis pas encore monté vers le Père. Va plutôt trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »
18 Marie Madeleine s'en va donc annoncer aux disciples : « J'ai vu le Seigneur, et voilà ce qu'il m'a dit. »


'Cesse de me tenir' dit Jésus à Marie-Madeleine. Le Christ, que ni la croix, ni la tombe, n'ont pu retenir, reste cependant tenu par les larmes de celle à propos de qui il avait dit: "Si ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, c'est à cause de son grand amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d'amour" (Luc 7,47)

Il est donc tout à fait remarquable de noter que, même après la résurrection, le Bon Pasteur demeure extrêmement attentif à ses brebis. A celle-ci en particulier, à qui il s'adresse par son prénom: "Marie !"

Cet Évangile est bouleversant de tendresse et d'amour profond. Lors d'une première lecture, c'est la grande attention de Jésus qui avait attiré mon attention, mais en relisant ce passage, je me suis dit encore que les larmes de Marie-Madeleine ont ici été subtilement transformées, avant même de sécher sur ses joues. Elles ont subi une mutation véritable en passant d'un instant à l'autre de la détresse à la joie pure.

D'où la leçon que j'en tire, et que j'ai moi-même expérimentée plusieurs fois. Ceux qui pleurent leurs péchés versent aussi des larmes de joie le jour de leur absolution. De sorte que de la sincérité du repentir découle, tout à fait normalement, des larmes de joie au moment du pardon. Et, de même, "il y a plus de joie dans les cieux pour un seul qui se repent que pour cent justes qui n'ont pas besoin de repentir"...
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Re: L'apparent et le réel

Message non lu par Antoine Marie »

Dieu nous rejoint dans le silence de nos coeurs car il est trop discret pour s'imposer dans le brouhaha de nos vies agitées...
En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes. Jn 1, 4
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Jésus et Nicodème

Message non lu par stephlorant »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
Il y avait un pharisien nommé Nicodème ; c'était un notable parmi les Juifs.
Il vint trouver Jésus pendant la nuit. Il lui dit : « Rabbi, nous le savons bien, c'est de la part de Dieu que tu es venu nous instruire, car aucun homme ne peut accomplir les signes que tu accomplis si Dieu n'est pas avec lui. »
Jésus lui répondit : « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de renaître, ne peut voir le règne de Dieu. »
Nicodème lui répliqua : « Comment est-il possible de naître quand on est déjà vieux ? Est-ce qu'on peut rentrer dans le sein de sa mère pour naître une seconde fois ? »
Jésus répondit : « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l'eau et de l'Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu.
Ce qui est né de la chair n'est que chair ; ce qui est né de l'Esprit est esprit.
Ne sois pas étonné si je t'ai dit qu'il vous faut renaître.
Le vent souffle où il veut : tu entends le bruit qu'il fait, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né du souffle de l'Esprit. »

Cy, Aelf, Paris


Comment se peut-il qu'un homme érudit comme Nicodème n'ai pas compris d'emblée le langage de Jésus lorsque ce dernier lui déclare : "« Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de renaître, ne peut voir le règne de Dieu. » Il y a bien sûr un sens imagé à cette déclaration et il est nécessaire, pour comprendre, de sortir de l'interprétation littérale des textes. Et sans laisser à Nicodème le temps de réagir, il ajoute aussi cette superbe image du vent "qui souffle où il veut".

Parmi nous, nombreux ceux et celles qui, sans même s'en douter, sont nés de nouveau et vont ainsi, passent et laissent derrière eux, par leurs paroles ou leurs gestes (ou leur silence et leur impassibilité), comme un parfum de fraîcheur et de liberté, mais aussi de force généreuse.

Il faut se souvenir car ces personnes sont très discrète, en définitive. J'ai ainsi vu une dame se baisser et ramasser une tartine enveloppée dans un papier alu, qu'un étudiant venait de jeter de son sac dans le couloir où j'ai ma boutique. C'était l'heure du midi. Elle est passée et a filé droit vers le paquet abandonné: 'Tu n'en as pas besoin ?', a-t-elle demandé. Et l'autre, un peu surpris et gêné, a répondu : 'Non, non, ce n'est pas à moi !' 'Alors, a répondu la dame, je le prends, je connais quelqu'un nui n'a rien mangé hier' et en repartant, elle a encore dit avec un sourire: 'Mon bonjour à ta maman !"...

Il y avait au moins trois jours qu'en revenant de mon repas de midi, je me plaignais d'avoir à ramasser ces tartines abandonnées et les jeter. Mais après le passage de cette dame, l'incident ne s'est plus reproduit ... J'ai appris beaucoup par cet incident. Il m'est arrivé un jour de prendre un sac, d'enfiler des gants chirurgicaux et d'aller ramasser les canettes et les restes de paquets de frites jusqu'entre les jambes des étudiants. Réaction de l'un d'entre eux: "Mais qu'est-ce tu fais, M'sieur ?" et j'ai répondu : "Moi je vis ici, et donc c'est mon boulot de nettoyer". J'ai dit cela simplement, mais le lendemain, lorsque je me suis de nouveau avancer avec mon sac, c'est chacun des membres de leur groupe qui s'est mis à ramasser leurs propres déchêts

... A qui me dira que cette histoire d'éboueurs improvisés, n'a rien de spirituelle, et rien à faire dans un commentaire de l'Evangile, je réponds que les déchets et les ordures peuvent, eux aussi, être considérés dans un autre sens !
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Mac
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Re: L'apparent et le réel

Message non lu par Mac »

Bonjour Etienne,
Toutes choses peuvent donc être considérées sur deux plans et plusieurs plans en même temps.


Merci pour votre commentaire toujours éclairé.
Effectivement, l'évangile semble être comme un rubicube, c'est pourquoi, on peut s'y perdre.
Reste cette petite phrase énigmatique, mais qui renforce encore la sensation de dichotomie: "Aucun des disciples n'osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que le Seigneur." S'ils savent que c'est le Seigneur, pourquoi doivent-ils résister à l'envie de lui demander : qui es-tu ?
Je ne m'étais jamais penché sur cette dichotomie. Faut-il lire : "Aucun des disciples n'osait lui demander : « Qui es-tu ? » sachant que c'était le Seigneur." comme je le vois dans certaines traductions?
C'est vrai que ça reste étrange comme formulation : " je n'ose pas vous demander si c'est vous parce que je sais que c'est vous". Je pense que votre idée : " ils avaient accepté et dépassé le problème de l'apparence", ( du réel et de l'irréel) a du vrai.

Fraternellement en Notre Seigneur Jésus Christ.
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