Science et christianisme : la nouvelle alliance
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Forum de débats dialectiques entre personnes de bonne volonté autour de la religion chrétienne (catholicisme) et des objections formulées à son encontre
NB : L'attention des intervenants est particulièrement attirée sur la courtoisie et le respect ; les blasphèmes et provocations visant à blesser le sentiment religieux des lecteurs seront modérés ; les discussions inutilement polémiques seront verrouillées et leur initiateurs sanctionnés.
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cracboum
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Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance
C'est vrai que vous êtes trés fort Amfortas et qui s'en plaindra ?
Puis-je vous poser une question : quelle est l'instance ultime, le Magistère ou la conscience ?
Puis-je vous poser une question : quelle est l'instance ultime, le Magistère ou la conscience ?
L'unité de la souffrance et de la béatitude est le secret de Dieu, comme le don de sagesse surpasse celui d'intelligence. P. Varillon
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Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance
Vous introduisez là une dichotomie assez dangereuse. Pourquoi vouloir opposer les deux ? Est-ce parce que vos "intuitions" mystiques se heurtent de plein fouet au Magistère ? Et puis, l'instance ultime, c'est Dieu quand même...cracboum a écrit :Puis-je vous poser une question : quelle est l'instance ultime, le Magistère ou la conscience ?
Le Magistère enseigne que tout homme doit suivre sa conscience, notamment lorsqu'il s'agit d'adhérer à Dieu par la foi. Dieu n'est pas un tyran.
Cependant, cela ne signifie pas être libre de professer n'importe quelle ânerie. Si votre conscience vous dit que vous avez le droit de tuer et de violer, il faudrait être idiot pour prétendre qu'il faille la suivre. Bref, la conscience demande à être éclairée et tel est le rôle du Magistère... surtout quand on se dit catholique.
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance
cracboum a écrit :
Puis-je vous poser une question : quelle est l'instance ultime, le Magistère ou la conscience ?
C’est un peu comme si vous vous retrouviez perdu en pleine forêt, que vous aviez sur vous une carte IGN et une boussole, et que vous vous demandiez si cela vaut vraiment le coup d’utiliser votre boussole et votre carte IGN, et si ma foi il ne vaut mieux pas y aller au flair…
Et c’est là que justement la raison est utile, car qu’est-ce que vous dit la raison ? Elle vous dit que les géographes diplômés de l’IGN sont plus compétents que vous pour tracer des cartes, elle vous dit que la boussole, en dehors du GPS, est l’instrument le plus sûr pour s’orienter, etc…
Ou alors encore pire, vous avez un GPS et vous vous demandez si somme toute il ne vaut pas mieux le couper et y aller au pif.
La raison vous dit d’appliquer le principe de subsidiarité : si vous êtes compétent pour décider et faire, eh bien décidez vous-même en votre âme et conscience et faites, mais si vous n’êtes pas compétent en la matière, laissez les instances compétentes et leurs membres décider et faire à votre place.
Si vous avez un problème de santé, vous appelez un médecin pour qu’il décide ce qu’il convient de faire et vous lui faites confiance, parce que c’est un médecin, vous laissez faire les professionnels. Ce serait quand même de l’orgueil mal placé que de croire que vous pouvez vous passer d’un médecin et vous soigner vous-même…
Eh bien l’ Église est, si j’ose dire, l’organisme de référence des professionnels de la santé de l’âme et de son salut depuis 2000 ans, donc la raison la plus élémentaire nous enjoint de se confier à elle, d’écouter ses conseils et de suivre ses prescriptions, de la même façon que vous le feriez avec un médecin.
Un Tel verra comme feu Celui qu'il n'a pas connu comme lumière (St Grégoire Le Théologien)
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cracboum
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Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance
Raistlin et Amfortas, je suis d’accord avec vos deux réponses à deux nuances prés :
-La solitude fondamentale de l’être humain, dont tous n’ont pas la même conscience, ni au même stade de la vie, mais cette conscience peut être extrêmement prégnante , pas seulement l’étrangeté, l’étonnement, voire la stupeur d’être-au-monde, jeté dans un monde de fous, de pur arbitraire, un monde absurde. Se soigner, pourquoi se soigner ? Vivre, pourquoi vivre ? Etc…Des gens, des jeunes, se suicident pour ça, et sinon se posent la question : « A qui se fier ? À qui vais-je remettre ma vie ? Vais-je entrer dans ce système plutôt que dans tel autre ? « A ce moment, l’être humain est seul avec sa conscience ». Il y a aussi, dans la nuit de l’esprit, des moments ou le spirituel se trouve privé de tous ses repères, dans une nuit si profonde qu’aucune parole humaine ne semble correspondre à ce qu’il éprouve, ni lui apporter le moindre secours, et ou sa conscience le distancie de tout ce à quoi il se fiait auparavant.
- l’extrême complexité des situations concrètes qu’aucun droit canon, aucune morale, aucun dogme, aucun magistère ne pourront complètement rejoindre et se substituer à la conscience. Même ceux qui ont la chance d’avoir un bon directeur spirituel se verront parfois, sinon souvent, renvoyé à leur seule conscience. L’euthanasie et l’avortement sont des terrains de prédilections pour fournir des exemples de situations indécidables, ou la conscience reste le dernier recours. Mais il y en a bien d’autres qui ne font pas les gros titres.
-La solitude fondamentale de l’être humain, dont tous n’ont pas la même conscience, ni au même stade de la vie, mais cette conscience peut être extrêmement prégnante , pas seulement l’étrangeté, l’étonnement, voire la stupeur d’être-au-monde, jeté dans un monde de fous, de pur arbitraire, un monde absurde. Se soigner, pourquoi se soigner ? Vivre, pourquoi vivre ? Etc…Des gens, des jeunes, se suicident pour ça, et sinon se posent la question : « A qui se fier ? À qui vais-je remettre ma vie ? Vais-je entrer dans ce système plutôt que dans tel autre ? « A ce moment, l’être humain est seul avec sa conscience ». Il y a aussi, dans la nuit de l’esprit, des moments ou le spirituel se trouve privé de tous ses repères, dans une nuit si profonde qu’aucune parole humaine ne semble correspondre à ce qu’il éprouve, ni lui apporter le moindre secours, et ou sa conscience le distancie de tout ce à quoi il se fiait auparavant.
- l’extrême complexité des situations concrètes qu’aucun droit canon, aucune morale, aucun dogme, aucun magistère ne pourront complètement rejoindre et se substituer à la conscience. Même ceux qui ont la chance d’avoir un bon directeur spirituel se verront parfois, sinon souvent, renvoyé à leur seule conscience. L’euthanasie et l’avortement sont des terrains de prédilections pour fournir des exemples de situations indécidables, ou la conscience reste le dernier recours. Mais il y en a bien d’autres qui ne font pas les gros titres.
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Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance
Non il n'est pas seul avec sa conscience, il a aussi sa raison pour éclairer sa conscience justement. Ainsi, il est de son devoir d'étudier les systèmes dont vous parlez pour s'orienter au mieux. Il ne s'agit pas uniquement de "feeling". Et si sa raison lui fait voir quelque chose comme étant la vérité, alors obéir à sa conscience sera justement d’y adhérer.cracboum a écrit :Vais-je entrer dans ce système plutôt que dans tel autre ? « A ce moment, l’être humain est seul avec sa conscience ».
Vous vous mélangez un peu les pinceaux.
J'avoue ne pas être sûr de comprendre le sens de cette phrase. En tout cas, ce que j’en comprends m’apparaît comme dangereusement faux.cracboum a écrit :l’extrême complexité des situations concrètes qu’aucun droit canon, aucune morale, aucun dogme, aucun magistère ne pourront complètement rejoindre et se substituer à la conscience.
Les dogmes, entre autres, sont là pour éclairer cette conscience. En mettant la conscience humaine au-dessus de tout, vous tombez inévitablement dans le relativisme et le subjectivisme : vous devenez la mesure de la vérité. C’est complètement absurde.
La vérité n’est pas affaire de ressenti ou d’intuition. La conscience sert à suivre ce qu’on reconnaît comme étant la vérité. Encore faut-il s’exercer à connaître cette vérité ! Si donc vous vous laissez conduire par une conscience délibérément mal éclairée, vous êtes fautif.
Des hommes font le mal sans problème parce que, justement, leur conscience est mal éclairée. Lisez des témoignages de nazis qui n’ont jamais perçu à quel point leur idéologie était perverse et diabolique. Pensez-vous qu’ils soient moins responsables ? Bref, c’est le paramètre dont vous refusez de tenir compte : que la conscience puisse être mal éclairée et donc conduire à la perdition plutôt qu’au salut. D’où l’usage nécessaire de la raison, entre autres.
Mauvais exemples. L’euthanasie et l’avortement (hors avortement thérapeutique bien entendu) sont des actes moralement mauvais. Votre ressenti n’y change rien. Dire que la conscience est le dernier recours revient à dire que chacun peut décider de ce qu’il veut : c’est contraire à la vérité et à la doctrine de l’Église. Dans ce genre de situation, vous devez éclairer votre conscience par votre raison et votre foi.cracboum a écrit :L’euthanasie et l’avortement sont des terrains de prédilections pour fournir des exemples de situations indécidables, ou la conscience reste le dernier recours.
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Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance
Bonjour Cracboum,
Alors maintenant vous nous faites une échappée sur la thématique protestante de la liberté de conscience (voir par exemple « La théorie moderne de la liberté de conscience et de la tolérance » de Pierre Bayle).
Mais là vous êtes en train de vous contredire, car je vous rappelle que vous étiez parti de la mystique et que votre marotte consistait à l’affranchir du discernement de la raison, alors que maintenant vous êtes en train de borner cette même mystique par un horizon conscientiel à la mode protestante.
Pourquoi à votre avis n’y a-t-il pas de mystique chez les protestants ? Parce que justement ils ont développé toute une philosophie ou plutôt Weltanschauung, qui aujourd’hui d’ailleurs domine la société et la politique, et dans laquelle il n’existe pas d’instance morale plus haute que sa propre conscience. Plus de confession de ses péchés à un prêtre, l’examen de conscience seul suffit, plus de sacerdoce, un pasteur laïc suffit, plus de tradition, l’ Écriture seule suffit, etc…
“Bayle expose d’abord qu’en matière religieuse personne ne peut détenir la vérité et qu’ainsi, chacun a droit à l’erreur. « La réciprocité de l’intolérance, les droits de la conscience errante : telles sont les deux formes principales de l’argumentation sceptique en faveur de la tolérance.
Bayle n’accorde pas, pour des motifs strictement politiques, le bénéfice de la tolérance aux catholiques dont les dogmes sont incompatibles avec le contrat social et qui refusent d’obéir à un souverain hérétique. La non-tolérance est admissible « lorsqu’elle est un acte de politique
nécessaire au bien public de l’Etat ». Mais la non-tolérance se distingue de l’intolérance
par le soin qu’elle prend de ne pas empiéter sur le domaine de la conscience »
Je ne vais pas m’attarder sur la tolérance pour tous sauf pour les catholiques théorisée par Bayle, puisque ceux-ci sont réputés être insolubles dans « cette énorme bigarrure de sectes défigurant la religion », dont Bayle nous dit cependant « qu’elle est un moindre mal et moins honteux au christianisme que les massacres, les gibets, les dragonnades, et toutes les cruelles exécutions, au moyen de quoi l’ Église romaine a tâché de conserver l’unité, sans en pouvoir venir à bout». On reconnaîtra cependant que le thème est d’actualité et que cette inégalité de traitement entre les catholiques et les autres religions se fonde entièrement sur la théorie protestante de la liberté de conscience, qui voit une incompatibilité radicale entre l’ État de tolérance et le catholicisme, et qui justifie la « non-tolérance » des catholiques par la garantie de la liberté de conscience pour tous, et qui de façon assez cocasse nous explique qu’il ne faut pas confondre la « non tolérance » avec l’intolérance…
Ceci-dit, étymologiquement « conscience » signifie « science avec », science avec soi (conscience individuelle), science avec d’autres (conscience collective), mais ce qui disqualifie totalement la théorie de la conscience comme instance morale suprême, et qui prouve que le protestantisme est une hérésie, eh bien c’est justement cette science plus haute, qui n’est ni la conscience individuelle, ni la conscience collective, mais qui est la science du Saint Esprit :
Le don de science
Par ce don précieux la vérité apparaît à l'âme, elle connaît ce que Dieu demande et ce qu'il réprouve, ce qu'elle doit rechercher et ce qu'elle doit fuir. Sans la science divine notre vue court le risque de s'égarer, à cause des ténèbres qui trop souvent obscurcissent en tout ou en partie l'intelligence de l'homme.
C'est cette Science, don de l'Esprit-Saint, que l'Apôtre a en vue lorsque, parlant aux chrétiens, il leur dit:
« Autrefois vous étiez ténèbres; maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur: marchez désormais comme les fils de la lumière» Eph., v, 8.
De là vient cette fermeté, cette assurance de la conduite chrétienne. L'expérience peut manquer quelquefois, et le monde s'émeut à la pensée des faux pas qui sont à redouter ; mais le monde a compté sans le don de Science.
« Le Seigneur conduit le juste par les voies droites, et pour assurer ses pas il lui a donné la Science des saints ». (Sag., x, 10.)
(Don Guéranger)
Et c’est aussi pourquoi Saint Paul ne s’estime pas quitte, sous prétexte qu’il est en paix avec sa conscience :
"Ma conscience ne me reproche rien, mais ce n'est pas pour cela que je suis juste : celui qui me juge, c'est le Seigneur." (1 Co 4)
Je suis donc très surpris que vous cracboum, qui nous avez cité l’adoration « en Esprit et en Vérité », fondement de toute mystique authentique, vous nous rameniez à une instance de jugement inférieure, à savoir la conscience, sachant qu’en deça de la conscience vous n’avez pas de vie mystique, il faut aller au-delà de la conscience pour pouvoir vivre en Esprit et en Vérité.
Donc oui l’enseignement magistériel, celui de l’ Église assistée de l’Esprit Saint, est supérieur aux jugements de votre conscience et aux jugements d’une quelconque conscience collective.
Alors maintenant vous nous faites une échappée sur la thématique protestante de la liberté de conscience (voir par exemple « La théorie moderne de la liberté de conscience et de la tolérance » de Pierre Bayle).
Mais là vous êtes en train de vous contredire, car je vous rappelle que vous étiez parti de la mystique et que votre marotte consistait à l’affranchir du discernement de la raison, alors que maintenant vous êtes en train de borner cette même mystique par un horizon conscientiel à la mode protestante.
Pourquoi à votre avis n’y a-t-il pas de mystique chez les protestants ? Parce que justement ils ont développé toute une philosophie ou plutôt Weltanschauung, qui aujourd’hui d’ailleurs domine la société et la politique, et dans laquelle il n’existe pas d’instance morale plus haute que sa propre conscience. Plus de confession de ses péchés à un prêtre, l’examen de conscience seul suffit, plus de sacerdoce, un pasteur laïc suffit, plus de tradition, l’ Écriture seule suffit, etc…
“Bayle expose d’abord qu’en matière religieuse personne ne peut détenir la vérité et qu’ainsi, chacun a droit à l’erreur. « La réciprocité de l’intolérance, les droits de la conscience errante : telles sont les deux formes principales de l’argumentation sceptique en faveur de la tolérance.
Bayle n’accorde pas, pour des motifs strictement politiques, le bénéfice de la tolérance aux catholiques dont les dogmes sont incompatibles avec le contrat social et qui refusent d’obéir à un souverain hérétique. La non-tolérance est admissible « lorsqu’elle est un acte de politique
nécessaire au bien public de l’Etat ». Mais la non-tolérance se distingue de l’intolérance
par le soin qu’elle prend de ne pas empiéter sur le domaine de la conscience »
Je ne vais pas m’attarder sur la tolérance pour tous sauf pour les catholiques théorisée par Bayle, puisque ceux-ci sont réputés être insolubles dans « cette énorme bigarrure de sectes défigurant la religion », dont Bayle nous dit cependant « qu’elle est un moindre mal et moins honteux au christianisme que les massacres, les gibets, les dragonnades, et toutes les cruelles exécutions, au moyen de quoi l’ Église romaine a tâché de conserver l’unité, sans en pouvoir venir à bout». On reconnaîtra cependant que le thème est d’actualité et que cette inégalité de traitement entre les catholiques et les autres religions se fonde entièrement sur la théorie protestante de la liberté de conscience, qui voit une incompatibilité radicale entre l’ État de tolérance et le catholicisme, et qui justifie la « non-tolérance » des catholiques par la garantie de la liberté de conscience pour tous, et qui de façon assez cocasse nous explique qu’il ne faut pas confondre la « non tolérance » avec l’intolérance…
Ceci-dit, étymologiquement « conscience » signifie « science avec », science avec soi (conscience individuelle), science avec d’autres (conscience collective), mais ce qui disqualifie totalement la théorie de la conscience comme instance morale suprême, et qui prouve que le protestantisme est une hérésie, eh bien c’est justement cette science plus haute, qui n’est ni la conscience individuelle, ni la conscience collective, mais qui est la science du Saint Esprit :
Le don de science
Par ce don précieux la vérité apparaît à l'âme, elle connaît ce que Dieu demande et ce qu'il réprouve, ce qu'elle doit rechercher et ce qu'elle doit fuir. Sans la science divine notre vue court le risque de s'égarer, à cause des ténèbres qui trop souvent obscurcissent en tout ou en partie l'intelligence de l'homme.
C'est cette Science, don de l'Esprit-Saint, que l'Apôtre a en vue lorsque, parlant aux chrétiens, il leur dit:
« Autrefois vous étiez ténèbres; maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur: marchez désormais comme les fils de la lumière» Eph., v, 8.
De là vient cette fermeté, cette assurance de la conduite chrétienne. L'expérience peut manquer quelquefois, et le monde s'émeut à la pensée des faux pas qui sont à redouter ; mais le monde a compté sans le don de Science.
« Le Seigneur conduit le juste par les voies droites, et pour assurer ses pas il lui a donné la Science des saints ». (Sag., x, 10.)
(Don Guéranger)
Et c’est aussi pourquoi Saint Paul ne s’estime pas quitte, sous prétexte qu’il est en paix avec sa conscience :
"Ma conscience ne me reproche rien, mais ce n'est pas pour cela que je suis juste : celui qui me juge, c'est le Seigneur." (1 Co 4)
Je suis donc très surpris que vous cracboum, qui nous avez cité l’adoration « en Esprit et en Vérité », fondement de toute mystique authentique, vous nous rameniez à une instance de jugement inférieure, à savoir la conscience, sachant qu’en deça de la conscience vous n’avez pas de vie mystique, il faut aller au-delà de la conscience pour pouvoir vivre en Esprit et en Vérité.
Donc oui l’enseignement magistériel, celui de l’ Église assistée de l’Esprit Saint, est supérieur aux jugements de votre conscience et aux jugements d’une quelconque conscience collective.
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cracboum
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Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance
Cher Amfortas, vous devez avoir un gros problème avec la confession, car pour vous l'examen de conscience ne vaut pas un clou ! Vos confessions ne sont donc pas valides.
Rien n'est perdu, vous pouvez vous convertir au protestantisme.
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Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance
Je crois que vous n'avez pas bien compris les propos d'Amfortas. Car votre examen de conscience doit toujours se faire à la lumière de ce que dit l'Église. C'est ainsi qu'objectivement, vous pouvez savoir si vous avez péché ou non. Pas la peine d'aller chercher bien loin pour s'en rendre compte : avortement, contraception, adultère, etc. Ces choses passent pour quasi morales de nos jours et sans l'Église, votre pauvre conscience ne vous dirait pas grand-chose.cracboum a écrit :Cher Amfortas, vous devez avoir un gros problème avec la confession, car pour vous l'examen de conscience ne vaut pas un clou ! Vos confessions ne sont donc pas valides.![]()
Rien n'est perdu, vous pouvez vous convertir au protestantisme.
Ainsi, ce qu'a dit Amfortas est tout à fait cohérent avec un examen de conscience en vérité. Alors que vous cracboum, en érigeant la conscience - donc le moi personnel - comme plus haute instance du discernement, vous niez toute valeur objective à cet examen, le réduisant ainsi à rien.
C'est un peu dommage, cracboum, que vous vous braquiez plutôt que de vous laisser enseigner. Vous auriez beaucoup à gagner à lire avec plus d'attention ce qu'écrit Amfortas.
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cracboum
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Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance
Mais je n'ai pas dit que la conscience ne devait pas être éclairée ! La question était : "Quelle est l'instance ultime, Magistère ou conscience ?" Il est clair que le problème ne se pose que dans la complexité des situations concrètes et non dans l'énoncé abstrait des principes. Prenons des exemples triviaux, vous savez, vous Raistlin, quand vous mentez ou faites preuve de diplomatie, quand vous êtes gourmand ou gérez votre santé, quand vous êtes égoïste ou légitimement préocupé de votre épanouissement, et quelles sont les motivations qui vous gouvernent, etc... Est-ce le Magistère qui va vous dire si c'est la fatigue ou la paresse qui vous fait renoncer à telle bonne action ? Vous êtes trés fort (peut-être trop fort) si vous pouvez répondre sans hésitation à toutes ces questions et une multitude d'autres dont sont faites nos journées, et ne parlons pas des cas ou il faut choisir entre deux maux le moindre. Entre le scrupule et la présomption, ce n'est pas le Magistère qui vous indique ou mettre le curseur, mais votre conscience, toute fragile qu'elle soit.
Nul ne vous dira comment aimer et jusqu'ou aimer, pas en général, mais vous. Et je pense qu'il peut y avoir, à se référer constamment au Magistère, un dénie de responsabilité, de profondeur de conscience, cela même que le Christ reprochait aux pharisiens se référant sans cesse à la Loi et négligeant l'esprit de la Loi.
Or l'Esprit nous attire au désert, c'est-à-dire les épreuves de la vie, pour parler à notre coeur, là même ou se régénère notre conscience, et pas seulement par les instances visibles de l'Eglise.
Alors, l'instance ultime ?
Nul ne vous dira comment aimer et jusqu'ou aimer, pas en général, mais vous. Et je pense qu'il peut y avoir, à se référer constamment au Magistère, un dénie de responsabilité, de profondeur de conscience, cela même que le Christ reprochait aux pharisiens se référant sans cesse à la Loi et négligeant l'esprit de la Loi.
Or l'Esprit nous attire au désert, c'est-à-dire les épreuves de la vie, pour parler à notre coeur, là même ou se régénère notre conscience, et pas seulement par les instances visibles de l'Eglise.
Alors, l'instance ultime ?
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Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance
cracboum a écrit :
Cher Amfortas, vous devez avoir un gros problème avec la confession, car pour vous l'examen de conscience ne vaut pas un clou ! Vos confessions ne sont donc pas valides.
Rien n'est perdu, vous pouvez vous convertir au protestantisme.
A ce niveau là ce n’est plus une dispute théologique, mais un problème de compréhension du français…
Car enfin j’ai dit, et je maintiens, que l’examen de conscience est insuffisant s’il n’est pas suivi d’une confession à un prêtre, le seul habilité à vous donner l’absolution.
Vous ne vous absolvez pas vous-mêmes, à moins de faire comme les politiciens français qui dans les années 90 se sont autoamnistiés, s’apercevant qu’ils étaient tous compromis et corrompus ils n’ont rien trouvé de mieux à faire que de s’absoudre mutuellement…
Vous ne pouvez pas vous-même vous laver de vos péchés, c’est là le grand enseignement de la théologie sacramentelle…
Ensuite lorsque vous procédez à votre examen de conscience et que vous passez en revue la liste de vos péchés, il va s’en dire qu’il ne s’agit pas de péchés inventés par vos soins, mais de péchés reconnus comme tels par le Magistère. Par exemple unetelle pourra estimer que son avortement n’est pas un péché, parce qu’elle a jugé en son âme et conscience que c’était une bonne chose, eh bien ce qui prévaudra ce n’est pas la conscience errante de la pécheresse mais l’affirmation magistérielle qu’il s’agit là d’un péché extrêmement grave entraînant l’excommunication latae sententiae. En sens contraire le sentiment de culpabilité alors qu’il n’y a eu aucun péché, devra être rectifié, de façon à ce que le pécheur batte sa coulpe pour les péchés qu’il a réellement commis et non pour n’importe quoi.
Substituer à la norme magistérielle du bien et du mal sa propre conscience ou une quelconque conscience collective c’est ouvrir la porte au relativisme et surtout c’est se faire juge et partie, alors que le credo catholique est : « Il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts ». Vous ne serez donc pas votre propre juge, tant mieux pour vous si vous vous jugez trop sévèrement, car Il est Miséricorde, tant pis pour vous si vous vous jugez trop mollement, car Il est aussi Justice.
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cracboum
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Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance
Concrètement, je ne me suis jamais vu refuser l'absolution, c'est donc que l'absolution reconnaît la primauté de la conscience, car je dis ce que me dit ma conscience. Et si j'étais une femme et que je me fisse violer, je me ferais avorter, Magistère ou pas, car ma conscience me hurlerait de le faire, de même que mon estomac affamé me dirait de voler des épis de blé le jour du Sabbat. Si le Magistère produit le péché comme le faisait la Loi, la Grâce surabondera d'autant. Le Christ était du côté des gens qui ployaient sous le fardeau et non avec le clergé de l'époque trés amateurs de réglements. Le Magistère est fait pour aider les fidèles et non pour les écraser. Les formulations sont toujours réductrices et ne peuvent prétendre à être plus que des repères, des bornes une source d'inspiration. Le Magistère n'est pas Dieu, et lorsque l'on se recueille dans ce lieu secret dont nous parle le Chrit, ce n'est pas le Magistère que l'on trouve mais le Père. Notre coeur est le temple de l'Esprit, non du Magistère, et la conscience n'est rien d'autre que la science du soi profond ou Dieu habite et ou le Magistère se tait comme se tait le héraut en présence du Roi.
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Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance
cracboum a écrit :
Concrètement, je ne me suis jamais vu refuser l'absolution, c'est donc que l'absolution reconnaît la primauté de la conscience, car je dis ce que me dit ma conscience.
De votre cas personnel vous ne pouvez pas en inférer un principe général, il n’y a aucune logique dans ce que vous dites. C’est comme si je disais « j’ai toujours réussi à voyager dans le métro sans ticket, donc ce n’est pas la peine d’acheter des tickets ».
cracboum a écrit :
Et si j'étais une femme et que je me fisse violer, je me ferais avorter, Magistère ou pas, car ma conscience me hurlerait de le faire, de même que mon estomac affamé me dirait de voler des épis de blé le jour du Sabbat. Si le Magistère produit le péché comme le faisait la Loi, la Grâce surabondera d'autant. Le Christ était du côté des gens qui ployaient sous le fardeau et non avec le clergé de l'époque trés amateurs de réglements.
Vous mélangez frauduleusement l’état de nécessité et l’homicide. Si votre estomac crie famine et que vous êtes sur le point de trépasser, alors cet état de nécessité légitime le vol, mais en aucun cas, vous ne trouverez de légitimation de l’homicide dans l’évangile, c’est une monstruosité de faire croire que le Christ aurait pu un seul instant légitimer le meurtre de l’enfant à naître, et lorsque le Christ brise le Sabbat c’est pour guérir, entendez bien cela cracboum et retenez « c’est pour guérir », non pour ôter une vie.
Mais pour bien montrer le caractère absurde et criminel de votre affirmation, je vais moi aussi prendre un exemple en tout point analogue au vôtre :
Cracboum et Amfortas sont sur le Titanic. Le Titanic fait naufrage et Cracboum et Amfortas se retrouvent tous deux dans la même chaloupe. Alors je tiens le raisonnement suivant : « Nous n’avons des vivres que pour une personne, nous n’avons quasiment aucune chance de nous en sortir vivants, par contre si je restais seul à bord j’aurais peut-être une chance de m’en tirer... ». Et voilà que je saisis une rame et que d’un coup sec je projette Cracboum à la flotte. Plouf ! Cracboum tombe à l’eau. Et finalement resté seul dans la chaloupe j’arrive à survivre jusqu'à l’arrivée des secours.
Arrivé au tribunal de Dieu, on me demande des comptes : « Qu’as tu fait de ton frère Cracboum ? ». D’après vous que va t-il se passer si je réponds : « Oh écoutez vous m’envoyez navré, mais j’étais en situation de détresse, je souffrais le froid, la faim, on était sur le point de tous y passer, alors il a fallu faire des choix et Cracboum je l’ai passé par dessus bord, de toute façon c’était lui ou moi, c’est toujours regrettable de devoir en arriver là mais je vous l’ai dit j’étais en situation de détresse, et puis je n’ai jamais demandé à me retrouver dans la même chaloupe que Cracboum ». Eh bien je vais vous dire ce qui va se passer si je réponds cela : je vais me prendre une torgnole divine monumentale qui va m’envoyer valdinguer à l’autre bout de l’enfer.
Et je l’aurais mérité, car vous cracboum vous avez une fâcheuse tendance à confondre Dieu et le père Noël. Vous savez, il y a deux extrêmes, ceux qui croient que Dieu est le père Noël et ceux qui croient que Dieu est le père fouettard, aux premiers je dis « lisez donc l’Ancien Testament et après dites-moi si vous croyez toujours que c’est le père Noël » et les seconds je les invite bien sûr à lire le Nouveau Testament.
La détresse ne justifiera jamais le meurtre, jamais.
« Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort. » (Apocalypse 21-8)
C’est justement parce que la conscience est close sur elle-même, puisqu’elle n’est qu’une activité réflexive, qu’elle a besoin du Magistère, dont il faut rappeler qu’il tient son autorité du Christ lui-même. Et n’allez pas me dire que la conscience prévaut sur l’autorité christique...cracboum a écrit :
Les formulations sont toujours réductrices et ne peuvent prétendre à être plus que des repères, des bornes une source d'inspiration. Le Magistère n'est pas Dieu, et lorsque l'on se recueille dans ce lieu secret dont nous parle le Chrit, ce n'est pas le Magistère que l'on trouve mais le Père. Notre coeur est le temple de l'Esprit, non du Magistère, et la conscience n'est rien d'autre que la science du soi profond ou Dieu habite et ou le Magistère se tait comme se tait le héraut en présence du Roi.
2036 L'autorité du Magistère s'étend aussi aux préceptes spécifiques de la loi naturelle, parce que leur observance, demandée par le Créateur, est nécessaire au salut. En rappelant les prescriptions de la loi naturelle, le Magistère de l'Eglise exerce une part essentielle de sa fonction prophétique d'annoncer aux hommes ce qu'ils sont en vérité et de leur rappeler ce qu'ils doivent être devant Dieu (cf. DH 14).
« La charge d'interpréter de façon authentique la parole de Dieu, écrite ou transmise, a été confiée au seul magistère vivant de l'Eglise dont l'autorité s'exerce au nom de Jésus-Christ. (Dei Verbum 10)
Un Tel verra comme feu Celui qu'il n'a pas connu comme lumière (St Grégoire Le Théologien)
Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance
@Amfortas
. Au départ, il y avait l'utilisation d'une image, d'une métaphore, qui était la suivante : un enfant vivant seul sur une île déserte et n'ayant jamais fait directement l'expérience de quelqu'un de plus grand que lui, ne pourra pas en concevoir l'idée.
Or, cela est faux, l'imagination humaine est tout à fait capable d'imaginer quelque chose dont elle n'a jamais eu l'expérience directe.
Pour autant, cet être imaginé ou ce concept imaginaire n'est effectivement pas né de rien, cela je ne l'ai jamais affirmé : mais il naît par combinaisons d'idées déjà tirées de l'expérience. Ici par combinaison de l'idée de "plus grand que".
De même que toutes les idées d'univers imaginaires peuvent naître sans en avoir fait l'expérience directe, et pour cause, mais ne naissent tout de même pas de rien puisqu'elle naissent par la combinaison d'observations et d'idées tirées de l'expérience.
De la même façon, précisément, qu'une mélodie nouvelle est composée à partir de notes existantes.
L'image utilisée repose donc sur un postulat faux, contredit par l'expérience et l'observation.
. Mais donc, comme vous le soulignez ensuite, c'est bien plutôt cette capacité de penser l'infini, cette capacité de combinaison des idées à l'infini, qui serait indice de la présence de Dieu :
là-dessus je vous suivrai plus volontiers. Là, en effet, si on expérimente la capacité de l'Homme à manier l'infini et à combiner des idées à l'infini, alors on peut se demander d'où lui vient cette faculté, et voir que le matérialisme ne répond pas de façon satisfaisante à cette question.
L'Homme expérimente l'infini - par le beau, la vérité, l'amour, l'amitié : autant de portes sur l'infini.
Et c'est effectivement de ces portes ouvertes sur l'infini (le véritable infini, le transcendant, non pas seulement l'étirement à l'infini d'une réalité finie) que naît l'interrogation sur Dieu puis la conviction de son existence, quel qu'il soit.
Note :
Notez qu'imposer une vérité de l'extérieur sans en faire voir la racine intérieure, sans faire voir combien elle correspond à une réalité intérieure, est également une erreur pédagogique.
. Au départ, il y avait l'utilisation d'une image, d'une métaphore, qui était la suivante : un enfant vivant seul sur une île déserte et n'ayant jamais fait directement l'expérience de quelqu'un de plus grand que lui, ne pourra pas en concevoir l'idée.
Or, cela est faux, l'imagination humaine est tout à fait capable d'imaginer quelque chose dont elle n'a jamais eu l'expérience directe.
Pour autant, cet être imaginé ou ce concept imaginaire n'est effectivement pas né de rien, cela je ne l'ai jamais affirmé : mais il naît par combinaisons d'idées déjà tirées de l'expérience. Ici par combinaison de l'idée de "plus grand que".
De même que toutes les idées d'univers imaginaires peuvent naître sans en avoir fait l'expérience directe, et pour cause, mais ne naissent tout de même pas de rien puisqu'elle naissent par la combinaison d'observations et d'idées tirées de l'expérience.
De la même façon, précisément, qu'une mélodie nouvelle est composée à partir de notes existantes.
L'image utilisée repose donc sur un postulat faux, contredit par l'expérience et l'observation.
. Mais donc, comme vous le soulignez ensuite, c'est bien plutôt cette capacité de penser l'infini, cette capacité de combinaison des idées à l'infini, qui serait indice de la présence de Dieu :
là-dessus je vous suivrai plus volontiers. Là, en effet, si on expérimente la capacité de l'Homme à manier l'infini et à combiner des idées à l'infini, alors on peut se demander d'où lui vient cette faculté, et voir que le matérialisme ne répond pas de façon satisfaisante à cette question.
L'Homme expérimente l'infini - par le beau, la vérité, l'amour, l'amitié : autant de portes sur l'infini.
Et c'est effectivement de ces portes ouvertes sur l'infini (le véritable infini, le transcendant, non pas seulement l'étirement à l'infini d'une réalité finie) que naît l'interrogation sur Dieu puis la conviction de son existence, quel qu'il soit.
Note :
..erreur qui nous vient justement de la tendance à vouloir tout reprendre à zéro par soi-même, et trouver toutes les réponses en soi, sans s'appuyer sur ceux qui nous précèdent... autrement dit, justement l'erreur de Descartes dans son "cogito".C’est même l’erreur des pédagogues modernes de croire que les « activités d’éveil » se suffisent à elle-même et que l’enfant parviendra à développer son esprit par le libre questionnement et la libre spéculation.
Notez qu'imposer une vérité de l'extérieur sans en faire voir la racine intérieure, sans faire voir combien elle correspond à une réalité intérieure, est également une erreur pédagogique.
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
[Konrad Lorenz]
“Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.”
[Konrad Lorenz]
Extrait de L'Agression
[Konrad Lorenz]
“Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.”
[Konrad Lorenz]
Extrait de L'Agression
Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance
@cracboum
. Je vous rejoindrai sur un point :
oui, l'Homme peut être seul avec sa conscience. Quoique, non, je corrige : souvent, en pratique, l'Homme se sent seul avec sa conscience.
Et cela sans même chercher des situations extrêmes ou des cas limites : rien que dans la vie professionnelle (selon qu'on y exerce des responsabilités), dans la vie familiale :
mon choix est-il bon ? mon attitude est-elle juste ? suis-je motivé réellement par la recherche du bien, du bien qui est un bien autant pour moi que pour mon prochain ?
Et chacun de nous choisit seul, et assume ce choix.
Effectivement, aucun Magistère ne choisira à votre place.
. Mais cela ne signifie pas que la conscience serait "l'instance ultime" décidant ce qui est le bien et ce qui est le mal !
L'instance ultime, Amfortas vous l'a déjà citée :
. Je rejoins donc Amfortas sur sa remarque :
ce n'est pas une question théologique, c'est un problème de compréhension du français.
Il semblerait que vous ayez appliqué vos spéculations théologiques au vocabulaire, et décrété que votre conscience personnelle seule décidait du sens des mots - ce qui pose un peu problème pour mener une discussion, vou svous ne doutez et vous pouvez le constater.
De même que, lorsque vous mettiez en cause la raison, son rôle et sa valeur, vous sembliez bien ne pas vraiment mettre sous ce terme de "raison" ce qu'est vraiment la raison,
de même il semble bien que, cette fois, par le terme de "conscience" vous ne désigniez par réellement la conscience.
. En fait, le problème c'est aussi que vous demandez "quelle est l'instance ultime ?", sans préciser l'instance de quoi ;
instance : "institution ayant le pouvoir de décider" : mais de décider de l'action à entreprendre, ou de décider ce qui est bien et ce qui est mal ?
Pour reprendre vos exemples :
- qu'une femme choisisse d'avorter son enfant, alors, oui, en pratique, c'est bien sa conscience qui a été "l'instance ultime" ...de choix. En dernier recours, c'est vous qui opérez votre propre choix, libre. Et personne ne choisit à votre place vos propres actions. C'est vrai.
- mais cela ne signifie pas que l'acte de cette femme ne sera bon ou mauvais que selon ce que sa "conscience" lui aura soufflé ; cela ne signifie pas que les actes que vous commettez sont réellement bons selon la façon dont vous décidez de les considérer : ces actes sont bons ou mauvais en soi, indépendamment de ce que vous pensez d'eux.
Et qu'un acte soi bon ou mauvais, cela dépend de la direction dans laquelle il pointe, de ce vers quoi il tend - l'instance ultime, alors, l'instance ultime de jugement, c'est Dieu.
Autrement dit, si la conscience est bien l'instance ultime de choix - c'est par la conscience que l'on décide ce qu'il convient de faire -,
mais l'instance ultime de jugement c'est Dieu.
. Le magistère, lui, vient enseigner et éclairer.
Autant éteindre vos phares lorsque vous roulez de nuit sous prétexte que ce n'est pas grâce à eux que vous déciderez ultimement de la route à suivre :
vous voyez bien, là, l'erreur de vocabulaire due à un double sens d'une même expression :
- de fait, si, c'est bien par vos phares allumés que vous saurez quelle route suivre, au fur et à mesure que vous avancerez, puisque si vous ne voyez ni la route ni les panneaux, vous ne saurez pas quelle route suivre.
- de fait aussi, effectivement, ce ne sont pas vos phares qui choisissent à votre place le but de votre route. ça, c'est vous qui l'avez choisi.
- mais ce n'est pas non plus vous qui décidez de la position et de la réalité de votre destination : si vous avez roulé vers Bordeaux, vous aurez beau déclarer vouloir arriver à Strasbourg, vous arriverez à Bordeaux.
. Nous voyons dans vos derniers messages pointer explicitement l'erreur que l'on a déjà soit soupçonné soit relevé dans vos différents propos :
vous proposez de confondre Dieu et votre conscience.
Vous posez votre propre conscience personnelle en juge ultime (alors qu'elle est l'instance ultime dans le choix de l'action, non dans son jugement), vous nous parlez d'un "Dieu présent dans le soi profond" qui finalement permet de valider comme quasi-divin tout jugement et choix de votre conscience personnelle,
de même que vous écartiez tout effort et travail de la raison dans l'éclairage, la direction et le jugement de vos choix personnels - autrement dit vous posez comme absolu l'impression subjective et exigiez d'écarter de vous tout critère de jugement objectif,
et toutes ces idées bien commodes s'articulent très bien entre elles pour étayer un même principe :
la primauté absolue de l'impression subjective, le rejet de tout jugement objectif.
(ou, dit autrement : je suis seul juge ultime de mes choix, je suis au-dessus des raisonnements, de la raison, des jugements et des lois)
Tos vos propos ne pointent que dans ce sens, et ne prennent sens que dans ce cadre. On comprend mieux l'insistance, sans jamais pouvoir l'expliquer ni la justifier, à rejeter et dénigrer le travail et la valeur de la raison : quand on veut s'ériger en seul et unique juge, en se fabriquant un dieu commode que l'on s'arrange pour le confondre avec soi-même,
le concept d'analyse objective, de validité possible d'un jugement objectif porté sur soi, risque de gêner aux entournures et d'être comme un petit caillou pointu dans de confortables pantoufles taillée sur mesures.
. Je vous rejoindrai sur un point :
oui, l'Homme peut être seul avec sa conscience. Quoique, non, je corrige : souvent, en pratique, l'Homme se sent seul avec sa conscience.
Et cela sans même chercher des situations extrêmes ou des cas limites : rien que dans la vie professionnelle (selon qu'on y exerce des responsabilités), dans la vie familiale :
mon choix est-il bon ? mon attitude est-elle juste ? suis-je motivé réellement par la recherche du bien, du bien qui est un bien autant pour moi que pour mon prochain ?
Et chacun de nous choisit seul, et assume ce choix.
Effectivement, aucun Magistère ne choisira à votre place.
. Mais cela ne signifie pas que la conscience serait "l'instance ultime" décidant ce qui est le bien et ce qui est le mal !
L'instance ultime, Amfortas vous l'a déjà citée :
C'est par votre conscience que vous opérez des choix, que vous devrez assumer en pleine liberté, par votre conscience, éclairée par la raison et par le magistère, que vous opérez des choix que vous assumerez devant la seule et unique instance ultime."Ma conscience ne me reproche rien, mais ce n'est pas pour cela que je suis juste : celui qui me juge, c'est le Seigneur." (1 Co 4)
. Je rejoins donc Amfortas sur sa remarque :
ce n'est pas une question théologique, c'est un problème de compréhension du français.
Il semblerait que vous ayez appliqué vos spéculations théologiques au vocabulaire, et décrété que votre conscience personnelle seule décidait du sens des mots - ce qui pose un peu problème pour mener une discussion, vou svous ne doutez et vous pouvez le constater.
De même que, lorsque vous mettiez en cause la raison, son rôle et sa valeur, vous sembliez bien ne pas vraiment mettre sous ce terme de "raison" ce qu'est vraiment la raison,
de même il semble bien que, cette fois, par le terme de "conscience" vous ne désigniez par réellement la conscience.
. En fait, le problème c'est aussi que vous demandez "quelle est l'instance ultime ?", sans préciser l'instance de quoi ;
instance : "institution ayant le pouvoir de décider" : mais de décider de l'action à entreprendre, ou de décider ce qui est bien et ce qui est mal ?
Pour reprendre vos exemples :
- qu'une femme choisisse d'avorter son enfant, alors, oui, en pratique, c'est bien sa conscience qui a été "l'instance ultime" ...de choix. En dernier recours, c'est vous qui opérez votre propre choix, libre. Et personne ne choisit à votre place vos propres actions. C'est vrai.
- mais cela ne signifie pas que l'acte de cette femme ne sera bon ou mauvais que selon ce que sa "conscience" lui aura soufflé ; cela ne signifie pas que les actes que vous commettez sont réellement bons selon la façon dont vous décidez de les considérer : ces actes sont bons ou mauvais en soi, indépendamment de ce que vous pensez d'eux.
Et qu'un acte soi bon ou mauvais, cela dépend de la direction dans laquelle il pointe, de ce vers quoi il tend - l'instance ultime, alors, l'instance ultime de jugement, c'est Dieu.
Autrement dit, si la conscience est bien l'instance ultime de choix - c'est par la conscience que l'on décide ce qu'il convient de faire -,
mais l'instance ultime de jugement c'est Dieu.
. Le magistère, lui, vient enseigner et éclairer.
Autant éteindre vos phares lorsque vous roulez de nuit sous prétexte que ce n'est pas grâce à eux que vous déciderez ultimement de la route à suivre :
vous voyez bien, là, l'erreur de vocabulaire due à un double sens d'une même expression :
- de fait, si, c'est bien par vos phares allumés que vous saurez quelle route suivre, au fur et à mesure que vous avancerez, puisque si vous ne voyez ni la route ni les panneaux, vous ne saurez pas quelle route suivre.
- de fait aussi, effectivement, ce ne sont pas vos phares qui choisissent à votre place le but de votre route. ça, c'est vous qui l'avez choisi.
- mais ce n'est pas non plus vous qui décidez de la position et de la réalité de votre destination : si vous avez roulé vers Bordeaux, vous aurez beau déclarer vouloir arriver à Strasbourg, vous arriverez à Bordeaux.
. Nous voyons dans vos derniers messages pointer explicitement l'erreur que l'on a déjà soit soupçonné soit relevé dans vos différents propos :
vous proposez de confondre Dieu et votre conscience.
Vous posez votre propre conscience personnelle en juge ultime (alors qu'elle est l'instance ultime dans le choix de l'action, non dans son jugement), vous nous parlez d'un "Dieu présent dans le soi profond" qui finalement permet de valider comme quasi-divin tout jugement et choix de votre conscience personnelle,
de même que vous écartiez tout effort et travail de la raison dans l'éclairage, la direction et le jugement de vos choix personnels - autrement dit vous posez comme absolu l'impression subjective et exigiez d'écarter de vous tout critère de jugement objectif,
et toutes ces idées bien commodes s'articulent très bien entre elles pour étayer un même principe :
la primauté absolue de l'impression subjective, le rejet de tout jugement objectif.
(ou, dit autrement : je suis seul juge ultime de mes choix, je suis au-dessus des raisonnements, de la raison, des jugements et des lois)
Tos vos propos ne pointent que dans ce sens, et ne prennent sens que dans ce cadre. On comprend mieux l'insistance, sans jamais pouvoir l'expliquer ni la justifier, à rejeter et dénigrer le travail et la valeur de la raison : quand on veut s'ériger en seul et unique juge, en se fabriquant un dieu commode que l'on s'arrange pour le confondre avec soi-même,
le concept d'analyse objective, de validité possible d'un jugement objectif porté sur soi, risque de gêner aux entournures et d'être comme un petit caillou pointu dans de confortables pantoufles taillée sur mesures.
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
[Konrad Lorenz]
“Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.”
[Konrad Lorenz]
Extrait de L'Agression
[Konrad Lorenz]
“Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.”
[Konrad Lorenz]
Extrait de L'Agression
Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance
Ce que vous dites est tout simplement horrible et irrationnel, cracboum. La souffrance n'autorise jamais de faire du mal à l'innocent. L'enfant à naître issu d'un viol reste un être humain aimé de Dieu et innocent du mal qu'a fait son père. La souffrance personnelle ne donne aucun droit sur la vie d'autrui.cracboum a écrit :Et si j'étais une femme et que je me fisse violer, je me ferais avorter, Magistère ou pas, car ma conscience me hurlerait de le faire,
Alors oui, on peut comprendre - comprendre et non justifier - que dans un moment de détresse et d'angoisse, une femme violée ait recours à un tel expédient. Mais vous cracboum, quelle est votre excuse ? Comment pouvez-vous affirmer froidement que l'avortement dans un tel cas puisse être légitime ? Si c'est ce que vous dit réellement votre conscience, alors vous venez de faire la preuve que la conscience humaine a bien besoin de la vérité objective venant de Dieu pour l'éclairer...
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
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