Position de l'Église sur l'euthanasie

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PaxetBonum
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Re: Eglise et euthanasie

Message non lu par PaxetBonum »

Je me permets de répondre à sa place : je ne crois pas du tout que cela soit son propos (elle me corrigera)
Elle critique au contraire cette façon que l'on a de se débarrasser de ce qui nous encombre
De placer nos vieux pour ne pas avoir à s'en occuper
Ou plus, de notre rythme de vie qui nous interdit de nous en occuper humainement par nous-même
Cela ne veut pas dire que l'on ne veut pas qu'ils soient choyés, soignés…
Il est dommage que ce qui était naturel dans une famille (attention, soins) soit devenu une profession…
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cath1250
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Re: Eglise et euthanasie

Message non lu par cath1250 »

Merci Paxetbonum, vous avez bien compris ce que j'ai voulu dire.

Ti Coz, je voulais mettre en avant une sorte de schizophrénie de la société dans laquelle nous vivons.

Pour ce qui est des hômes pour les personnes âgées, désolée si je me suis exprimée maladroitement. Il n'était pas de mon intention de mettre sur le même pied euthanasie, avortement et le fait de mettre des personnes âgées dans ces hômes. Vous parlez d'Alzheimer, j'ai connu une dame qui a du se résoudre à "placer" son mari dans une institution spécialisée, sa vie étant devenue impossible. elle ne pouvait plus dormir une nuit complète ni même s'absenter 10 minutes de la maison. Il est donc heureux que de telles institutions existent, elles sont étudiées pour rendre la vie plus confortable et du malade et des proches. Quand de telles institutions répondent à un besoin réel des uns et des autres, et que l'amour y a toujours sa place, elles sont loin d'être un luxe. idem pour les centres de soins palliatifs qui permettent d'alléger la souffrance de celui qui part, mais aussi aide l'entourage à accepter le départ imminent de la personne aimée.
Quand je parlerais les langues des hommes et celles des anges, si je n'ai pas l'amour je ne suis qu'une pièce de bronze qui résonne, qu'une cymbale qui retentit...
...L'amour est patient ; l'amour est plein de bonté. L'amour n'est point envieux ; il n'est pas présomptueux, il ne s'enfle pas d'orgueil. Il ne fait rien de malhonnête ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s'aigrit pas ; il ne soupçonne point le mal. Il ne se réjouit pas de l'injustice, mais il met sa joie dans la vérité. Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout....
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Kerniou
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Re: Eglise et euthanasie

Message non lu par Kerniou »

Il arrive aussi que l'on ne puisse pas ou que l'on ne puisse plus s'occuper de ses parents ...La maison de retraite offre une garantie de suivi des soins que parfois on ne peut pas assurer soi-même, à la maison.
Quand au fil des mois, avec les soins et l'hospitalisation à domicile, la maison devient l'hôpital, je peux vous assurer que c'est lourd à vivre.
J'aimerais avoir des témoignages de prise en charge à la maison de parents vieillissants, dépendants et malades.
Merci.
" Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu , car Dieu est Amour " I Jean 4,7.
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cath1250
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Re: Eglise et euthanasie

Message non lu par cath1250 »

oui, c'est vrai, kerniou. Tout çà est très lourd et laisse des blessures.
A la maison, j'étais enfant à l'époque, ma grand mère vivait sous notre toit. Elle y est décédée, après de longs mois de maladie. C'est parce que maman avait fait le choix de ne pas travailler qu'elle a pu s'en occuper. Croyez bien qu'elle ne regrette rien même si elle souvent dit que c'était extrêmement pénible et fatigant. Etait ce la solution idéale? je n'en sais rien. Je sais que d'autres personnes aimeraient encore aujourd'hui faire de tels choix ou au moins être présents beaucoup plus auprès des leurs mais que notre mode de vie nous en empêche, et c'est çà que je trouve déplorable dans la société actuelle, l'impossibilité du choix. mais il n'est pas question de valoriser ou déprécier les uns et les autres sur base de leurs choix de vie.

Le vécu qu'on a pu avoir avec ses parents, la qualité de nos relations avec eux durant l'enfance et notre vie d'adulte, notre capacité aux uns et autres à s'être pardonnés nos "bêtises" et vexations passées, notre situation familiale et professionnelle (enfants en bas âge, travail à temps plein, tâches ménagères et autres), bien des éléments entrent considération dans les décisions qui sont prises. Et c'est bien pour cela qu'il faut se garder de tout jugement.
Quand je parlerais les langues des hommes et celles des anges, si je n'ai pas l'amour je ne suis qu'une pièce de bronze qui résonne, qu'une cymbale qui retentit...
...L'amour est patient ; l'amour est plein de bonté. L'amour n'est point envieux ; il n'est pas présomptueux, il ne s'enfle pas d'orgueil. Il ne fait rien de malhonnête ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s'aigrit pas ; il ne soupçonne point le mal. Il ne se réjouit pas de l'injustice, mais il met sa joie dans la vérité. Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout....
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Philippe B.
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Re: Eglise et euthanasie

Message non lu par Philippe B. »

ti-coz a écrit :
PaxetBonum a écrit :2- votre exemple du Christ me parait très mal choisi, car c'est lui -volontairement- qui s'est sacrifié (la passion et la croix) pour satisfaire à la volonté de Dieu et "racheter le monde de ses péchés". Sans vouloir être sacrilège n'est-ce pas une sorte de mort délibérée (qui n'a rien à voir, bien sûr, avec l'euthanasie) ? Je ne sais.
"Père, s'il est possible que cette coupe passe loin de moi ; toutefois, non comme je veux, mais comme tu veux."

Jésus n'a pas accepté la mort délibérément mais par amour des pécheurs et pour respecter non sa volonté mais celle de Dieu le Père. Et en tant qu'homme il est un exemple pour tous ceux d'entre nous qui souffrons et avons le choix entre faire notre volonté (mourir sans souffrir) ou celle de Dieu (mourir dignement en offrant notre souffrance à Dieu pour qu'elle puisse être transcendée et porter du fruit). Les nombreux saints martyrs n'en sont que d'autres exemples. Le fait que Jésus est à la fois homme et Dieu ne change rien. Sinon il aurait pu venir sur terre uniquement en tant que Dieu. Mais il a voulu prendre notre condition pour que nous puissions l'avoir comme modèle.

J'avoue ne jamais avoir souffert d'agonie cela dit je reste convaincu que toute souffrance supportée dans la prière (rien n'empêche le corps médical de réduire au maximum ces souffrances, la médecine en est tout à fait capables aujourd'hui grâce aux soins paliatifs), en priant Dieu de l'abréger s'Il le veut, peut porter énormément de fruit. Cela peut même faire cesser des guerres, convertir des athées ou sauver de grands pécheurs ! Réfléchissons-y !

Souffrir ainsi n'est pas donné à tout le monde, cela est même impossible à l'homme, mais il est possible à Dieu d'aider l'homme à vivre cette souffrance dignement car même si Dieu ne veut jamais la souffrance, Lui seul peut tirer le plus grand bien de la pire souffrance !
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Philippe B.
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Re: Eglise et euthanasie

Message non lu par Philippe B. »

Kerniou a écrit :Il arrive aussi que l'on ne puisse pas ou que l'on ne puisse plus s'occuper de ses parents ...La maison de retraite offre une garantie de suivi des soins que parfois on ne peut pas assurer soi-même, à la maison.
Quand au fil des mois, avec les soins et l'hospitalisation à domicile, la maison devient l'hôpital, je peux vous assurer que c'est lourd à vivre.
J'aimerais avoir des témoignages de prise en charge à la maison de parents vieillissants, dépendants et malades.
Merci.
Il n'est pas interdit de confier nos parents à la fin de leur vie à une maison de retraite. Ce qui compte est de continuer de les visiter quotidiennement, de les aimer, de leur montrer le visage de Dieu jusqu'à leur dernier soupir. Et non de les abandonner. Même s'ils souffrent de la maladie d'Alzheimer, peut-être ne nous reconnaissent-ils plus, mais nous les connaissons toujours et c'est bien là le plus important dès lors qu'on sait que l'amour ne consiste as à recevoir mais à donner.
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Estel
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Re: Eglise et euthanasie

Message non lu par Estel »

bon, on a fait a peu près le tour du sujet
merci d'avoir éclairé ma lanterne !
ps : je sais que je suis nulle en informatique, mais j'arrive pas à mettre le signe OK en haut du sujet
HELP ! :siffle: :oops:
"Qui cherche trouve"
Luc 11,10
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Etmisericordia
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Re: Eglise et euthanasie

Message non lu par Etmisericordia »

Bonjour à tous,

Estel, je me permets de rajouter un petit commentaire à cette longue discussion, fort intéressante, bien que je pense que vous considériez le sujet comme étant clos.

Plusieurs remarques :
- D'abord, ne mélangeons pas. L'euthanasie, l'avortement, l'eugénisme, les travaux de recherche sur cellules couches embryonnaires... tout sujet d'éthique et de bioéthique mérite, isolément, qu'on le prenne à part pour en parler.

Concernant l'euthanasie, puisque c'est le sujet ici :

- Les pratiques sont encadrées par des textes :

- la loi française : l'euthanasie est illégale, elle fait l'objet de sanctions pénales, civiles et ordinales. Point.

- Le code de déontologie médicale : article 37 : " En toutes circonstances, le médecin doit s'efforcer de soulager les souffrances du malade par des moyens appropriés à son état et l'assister moralement. Il doit s'abstenir de toute obstination déraisonnable dans les investigations ou la thérapeutique et peut renoncer à entreprendre ou poursuivre des traitements qui apparaissent inutiles, disproportionnés ou qui n'ont d'autre objet ou effet que le maintien artificiel de la vie."
article 38 : "Le médecin doit accompagner le mourant jusqu'à ses derniers moments, assurer par des soins et mesures appropriés la qualité d'une vie qui prend fin, sauvegarder la dignité du malade et réconforter son entourage.
Il n'a pas le droit de provoquer délibérément la mort."

- Et le serment de l'ordre français des médecins, fondé sur le serment d'Hippocrate : "Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l'humanité.", "Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément."

Ces textes me paraissent tous fort clairs : faire preuve d'humanité face à la souffrance, sans jamais provoquer délibérément la mort.


- Ensuite concernant les débats de société, qui sont, je le souligne, autre chose que les pratiques, : le point qui me parait le plus discutable est celui-ci : on présente souvent les choses comme prises dans unique alternative : SOIT mourir ou faire mourir dans d'atroces souffrances, de façon indigne, SOIT pousser la seringue de morphine ou d'hypnotiques pour tuer un pauvre patient, mais qui resterait, à ce prix seulement (!!!) dans sa dignité d'être humain.

Je pondère :
- la décision d'un arrêt des soins, ou d'une majoration des traitements à visée antalgiques lorsqu'ils sont absolument nécessaires, et alors qu'ils peuvent avoir comme effet collatéral de hâter le décès, ne se fait pas sans discussion d'une équipe médicale autour d'un patient.
- Une demande claire d'euthanasie n'émane que très rarement du patient lui-même, et elle est dans ces cas-là bien souvent prise dans une période de "crise" douloureuse, d'angoisse, de souffrance morale : une prise en charge symptomatique et adaptée permet souvent de la faire disparaitre, ou de révéler la véritable demande : "soulagez-moi", "donnez-moi à manger ou à boire", "je veux revoir untel", etc.
- Donc il y a "une alternative à l'alternative" : la prise en charge palliative, qui n'est pas "il n'y a plus rien a faire" mais "il y a encore tout cela à faire". Entendez : prise en charge de la douleur, prise en charge psychologique, prise en charge nutritionnelle, kiné, soins locaux, accompagnement spirituel, accompagnement de la famille...

Voilà pour ce que je voulais en dire,
Je reste unie à ceux d'entre vous chez qui ce genre de débat ravive de douloureux souvenirs,

En Christ fidèlement, en ce Samedi Saint,
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Ungarsduweb
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Re: Eglise et euthanasie

Message non lu par Ungarsduweb »

N'est ce pas une offense que de s'acharner a garder en vie quelqu'un dont le corps ne le permet plus ?
N'est ce pas mieux de l’accompagner vers dieu en priant avec lui ?
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Raistlin
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Re: Eglise et euthanasie

Message non lu par Raistlin »

Ungarsduweb a écrit :N'est ce pas une offense que de s'acharner a garder en vie quelqu'un dont le corps ne le permet plus ?
Si, voilà pourquoi l'Église refuse l'acharnement thérapeutique. Mais l'euthanasie n'est pas l'opposé de l'acharnement thérapeutique, c'est autre chose, beaucoup plus pervers.

Ungarsduweb a écrit :N'est ce pas mieux de l’accompagner vers dieu en priant avec lui ?
Si et c'est pourquoi il faut accompagner le mourant dans son agonie et non pas l'en priver en le tuant.

Et puis, quitte à prendre des exemples tordus : imaginez un peu que Dieu veuille profiter des dernières minutes du mourant pour lui donner l'occasion de se repentir ? Paf, vous l'en empêchez en le tuant précipitament.

Plus sérieusement, celui qui souffre doit être aidé, pas evacué par une piqûre. Ah, ça c'est plus exigeant. Aller tenir compagnie à sa grand-mère mourante plutôt que de lui administrer une piqûre fatale, ça demande de l'amour du temps, de la patience, du courage. Ben c'est exactement ce que Dieu attend de nous.

Comme le disait l'abbé Pierre, il y a deux choses à ne pas louper dans sa vie : aimer et mourir. Notere société n'a que faire des deux, ce qu'elle veut ne pas louper, c'est s'enrichir et consommer.
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
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Euthanasie

Message non lu par Serge BS »

Même s'il ne s'agit pour l'instant que d'une décision relative à la recevabilité, reste que cette décision est surprenante.

http://cmiskp.echr.coe.int/tkp197/view. ... 6DEA398649

Rappel : la CEDH n'a rien à voir avec l'Union européenne ; elle relève du Conseil de l'Europe.
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stephlorant
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Re: Euthanasie

Message non lu par stephlorant »

Bonjour Serge,

Après avoir lu les trois premières lignes, je me suis dit: ce sera plus simple de demander à Serge de quoi il s'agit..

Merci d'avance !

Steph
In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum
http://www.youtube.com/watch?v=WDV94Iti5ic&feature=related (Philippe Herreweghe)
Serge BS
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Re: Euthanasie

Message non lu par Serge BS »

En gros, les autorités allemandes ont refusé d’accorder à une femme paralysée l’autorisation de se procurer une dose létale de médicaments. Le veuf a porté plainte pour atteinte aux droits de l'homme et la Cour européenne des droits de l'homme a déclaré pour la première fois un tel recours comme recevable. Cela ne préjuge en rien de l'arrêt final, mais c'est un premier pas à suivre avec attention, car de la réponse de la CEDH dépendra soit l'obligation d'autoriser l'euthanasie, soit son refus, voire son interdiction...

Résumé officiel de l'affaire :

Refus des autorités allemandes d’accorder à une femme paralysée l’autorisation de se procurer une dose létale de médicaments : la Cour déclare le grief du veuf recevable
Dans sa décision en l’affaire Koch c. Allemagne (requête no 497/09) la Cour européenne des droits de l’homme déclare, à la majorité, la requête recevable. Cette décision ne préjuge pas du fond de l’affaire, qui fera ultérieurement l’objet d’un arrêt.
L’affaire concerne le refus des autorités allemandes d’accorder à la défunte épouse du requérant l’autorisation d’acquérir une dose létale de médicaments en vue de mettre fin à ses jours.

Principaux faits

Le requérant, Ulrich Koch, est un ressortissant allemand né en 1943 et résidant à Braunschweig (Allemagne). Son épouse était restée presque complètement paralysée après une chute en 2002 dans les escaliers devant son domicile, et devait constamment être sous assistance respiratoire et sous surveillance médicale. Elle exprima le souhait de mettre un terme à sa vie en se suicidant. En novembre 2004, elle demanda à l’Institut fédéral des produits pharmaceutiques et médicaux de lui accorder l’autorisation d’obtenir une dose létale de pentobarbital sodique qui lui permettrait de se suicider à son domicile. L’Institut fédéral refusa de lui accorder cette autorisation, estimant que le souhait de l’intéressée de mettre fin à ses jours s’opposait au but de la loi sur les narcotiques, qui visait à garantir les soins médicaux nécessaires à la population. M. Koch et son épouse interjetèrent appel de cette décision. Le 12 février 2005, l’épouse du requérant se suicida en Suisse, avec l’assistance de l’association Dignitas.
Le 3 mars 2005, l’Institut fédéral confirma sa décision et, en avril, M. Koch introduisit une action en vue d’obtenir une déclaration d’illégalité des décisions de l’Institut fédéral, soutenant que cet organe avait donc l’obligation d’accorder à son épouse l’autorisation que celle-ci demandait. Le tribunal administratif déclara l’action irrecevable, estimant que l’intéressé n’avait pas qualité pour agir puisqu’il ne pouvait prétendre être victime d’une violation de ses propres droits. En juin 2007, la cour administrative d’appel de Rhénanie-du-Nord-Westphalie rejeta la demande d’autorisation d’appel présentée par M. Koch. En novembre 2008, la Cour constitutionnelle fédérale déclara irrecevable le recours constitutionnel présenté par le requérant, estimant en particulier que l’intéressé ne pouvait pas se fonder sur un droit posthume de sa femme à la dignité humaine et qu’il n’avait pas le droit de présenter un recours en tant que successeur juridique de sa défunte épouse.

Griefs, procédure et composition de la Cour

M. Koch allègue que le refus d’accorder à son épouse l’autorisation de se procurer une dose létale de médicaments a porté atteinte aux droits de celle-ci au regard de l’article 8 (droit à la vie privée et familiale) de la Convention européenne des droits de l’homme, en particulier à son droit de mourir dans la dignité ; il soutient en outre que ce refus a contrevenu à son propre droit au respect de sa vie privée et familiale, en ce qu’il a été contraint de se rendre en Suisse pour permettre à son épouse de se suicider. Il se plaint par ailleurs de ce que les juridictions allemandes aient violé ses droits au titre de l’article 13 (droit à un recours effectif) en lui refusant l’autorisation de contester le refus de l’Institut fédéral d’accorder à son épouse l’autorisation qu’elle demandait.
La requête a été introduite devant la Cour européenne des droits de l’homme le 22 décembre 2008.
Des commentaires ont été soumis par deux tierces parties, Dignitas, une association de droit privé suisse dont le but est d’assurer à ses membres une vie et une mort respectant la dignité humaine, et Aktion Lebensrecht für alle, une association de droit allemand vouée à la protection de la vie humaine de la conception à la mort naturelle.
La décision a été rendue par une chambre de sept juges composée de : Peer Lorenzen (Danemark), président, Renate Jaeger (Allemagne), Karel Jungwiert (République Tchèque), Rait Maruste (Estonie), Mark Villiger (Liechtenstein), Isabelle Berro-Lefèvre (Monaco), Zdravka Kalaydjieva (Bulgarie), juges, ainsi que de Claudia Westerdiek, greffière de section.

Décision de la Cour

La Cour prend note de l’exception soulevée par le Gouvernement selon laquelle M. Koch ne peut se prétendre victime d’une violation de ses droits au titre de la Convention puisqu’il n’était pas lui-même l’objet de la décision litigieuse. Elle estime cependant que la question de la qualité de victime du requérant soulève un problème qu’il convient
d’examiner conjointement avec le grief au regard de l’article 13 relatif au défaut de recours effectif, et joint en conséquence cette question au fond.
Le grief tiré par M. Koch de l’article 8 soulève des questions graves de fait et de droit au regard de la Convention et n’est pas manifestement mal fondé ; la Cour le déclare donc recevable. Elle joint à ce grief la question de l’applicabilité de l’article 13 combiné avec l’article 8. L’allégation de violation par les juridictions allemandes du droit de M. Koch à un recours effectif en raison du refus de l’autoriser à contester le refus de l’Institut fédéral d’accorder à son épouse l’autorisation qu’elle demandait n’est pas manifestement mal fondé et doit donc également être déclaré recevable.


Bonne journée.
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PriereUniverselle
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Re: Euthanasie

Message non lu par PriereUniverselle »

Quel doit être le rôle d'un Chrétien ? Alors que la loi et le Catholicisme interdisent de donner la mort ! Tout le monde n'a pas le courage d'affronter ou n'est pas prêt à subir des souffrances de martyrs et douleurs insupportables, lorsque la morphine ne fait plus d'effet en soin palliatif pour des personnes condamnées médicalement par des longues maladies qui arrivent en phase terminale et qui sont synonymes de tortures se terminant inexorablement par un décès ! Il y a des maladies qui poussent aux suicides ! Ces cas extrêmes posent des problèmes de conscience sur le plan médical par la violence des souffrances subies par ces patients ! La limite est vite franchie entre l'acharnement thérapeutique, le dédouanement médical en laissant le patient mourir dans des douleurs atroces, et l'aide à la délivrance......Au passage environ 20 % des décès dans les hôpitaux se servent du fameux "cocktail éthylique" le terme est plus agréable que ce que contient la potion fatale, pour faire partir plus tôt un patient condamné lorsque toute médication pour alléger ses souffrances a été tentée sans aucun résultat, et lui éviter l'agonie hurlante qui traumatise tout le service et les autres patients. Bien entendu, c'est l'équipe médicale du STAFF qui prend la décision finale selon la frilosité ou non du corps médical en interne et du Professeur, Chef de Service de la Spécialisation de l'étage.
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stephlorant
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Re: Euthanasie

Message non lu par stephlorant »

Une chose que je constate chaque jour : une déshumanisation dans les soins apportés aux personnes âgées et souffrantes. On s'éloigne, on ne veut pas voir, on s'écarte le plus possible. Dans un monde où règne l'hédonisme, la course à l'argent et la course aux plaisirs, j'entends souvent dire que c'est tout à fait normal de tenir à l'écart les malades et les parents en fin de vie. Lorsque je dis à mes connaissances que je vais régulièrement prendre un repas dans une maison de repos, j'entends des réflexions du type : "Oh, moi je ne saurais pas ! Tout le monde sait que c'est la dernière étape ! Mieux vaut rester chez soi jusqu'au bout !" ... Et pourtant, quand je pousse des fauteuils roulants dans les couloirs, ici un grand.père, là une grand.mère, les regards ou les sourires de reconnaissance, les bonjours ! échangés, c'est plein de vie, d'espérance et de joie...
In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum
http://www.youtube.com/watch?v=WDV94Iti5ic&feature=related (Philippe Herreweghe)
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