Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2010-2011)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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stephlorant
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Si vous ne croyez pas que Je Suis...

Message non lu par stephlorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 8,21-30.

Jésus disait aux Juifs : " Je m'en vais; vous me chercherez et vous mourrez dans votre péché. Là où moi je m'en vais, vous ne pouvez pas y aller."
Les Juifs disaient : « Veut-il donc se suicider, puisqu'il dit : 'Là où moi je m'en vais, vous ne pouvez pas y aller' ? »
Il leur répondit : « Vous, vous êtes d'en bas ; moi, je suis d'en haut. Vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde.
C'est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés. Si, en effet, vous ne croyez pas que moi, JE SUIS, vous mourrez dans vos péchés. »
Ils lui demandaient : « Qui es-tu donc ? » Jésus leur répondit : « Je n'ai pas cessé de vous le dire."

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


En dépit même du signe de la résurrection de Lazare, l'incompréhension est totale. Or, cette fois, Jésus ne parle plus de manière voilée, mais il dit tout net QUI il est lorsqu'il lance : "Si, en effet, vous ne croyez pas que moi, JE SUIS, vous mourrez dans vos péchés." - Et pourtant, c'est trois mots : "Moi, Je suis," devraient immanquablement rappeler aux Juifs ce qui fait leur orgueil en tant que nation. En effet, le verbe employé par Jésus sous cette forme renvoie directement à la rencontre de Moïse au buisson ardent :
"Moïse dit à Dieu : « Bon ! Je vais donc aller trouver les Israélites. Je leur dirai : <Le Dieu de vos ancêtres m'envoie vers vous.> Mais ils vont me demander ton nom. Qu'est-ce que je dois répondre ? » Dieu dit à Moïse : « JE SUIS QUI JE SUIS. Voici ce que tu diras aux Israélites : <JE SUIS m'a envoyé vers vous.>

Malgré cela, non, ils ne comprennent toujours pas. Du coup, les deux répliques qui suivent immédiatement, je les trouve amusantes et un peu ironiques : "Ils lui demandaient : « Qui es-tu donc ? » Jésus leur répondit : « Je n'ai pas cessé de vous le dire."

Je voudrais mentionner ici, pour ceux et celles que cela intéresserait un lien que j'ai trouvé intéressant, car il est vrai - du moins si l'on se fie au grec, que Jésus n'a pas cessé de manifester le "Je Suis" :
http://www.bible-service.net/site/822.html

Or, cette incompréhension à l'égard de Jésus, je la retrouve encore dans la bouche même de nombreux catholiques. Mais oui ! Sur trois jours à peine, j'ai reçu une dizaine de messages privés (pourquoi les envoyer en privé, si ce n'est que l'on a des doutes !!!) qui m'annonçaient la fin du monde pour 2012, précédée des trois jours de ténèbres, et l'éradication quasi totale de toute vie sur terre. Mais si l'en est ainsi, pourquoi Jésus a-t-il demandé : "Le jour où le Fils de l'homme reviendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?" Ce retour en gloire est, il me semble, un dogme qui nous lie ! Or, si l'humanité doit être pratiquement anéantie d'un seul coup, comment croire encore ? Pourquoi se donner de la peine ? Je me suis donc retiré d'un coup, comme si je m'étais brûlé les doigts à ces messages. A Timothée, saint Paul avait écrit: "Un temps viendra où l'on ne supportera plus l'enseignement solide; mais, au gré de leur caprice, les gens iront chercher une foule de maîtres pour calmer leur démangeaison d'entendre du nouveau."

Du reste, je suis membre des apôtres de la Miséricorde divine. Et le message de la Miséricorde n'a commencé à se répandre dans le monde qu'à partir de la canonisation de sœur Faustine, par Jean-Paul II en l'an 2000. Si les destructions prédites sur la Russie n'ont pas eu lieu, c'est bien qu'une fois de plus le Seigneur a retenu son bras, il a eu pitié comme il a eu pitié de Ninive. Mais nous sommes bien dans le temps de la Miséricorde, et si nous nous repentons, si nous cessons aussi de prêter l'oreille à des fables, nous vivrons dans la foi. Or la foi chasse la peur et la vérité rend libres !
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stephlorant
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La vérité seule rend libre

Message non lu par stephlorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 8,31-42.

Jésus disait à ces Juifs qui maintenant croyaient en lui :
« Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. »
Ils lui répliquèrent : « Nous sommes les descendants d'Abraham, et nous n'avons jamais été les esclaves de personne. Comment peux-tu dire : 'Vous deviendrez libres' ? »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : tout homme qui commet le péché est esclave du péché.
L'esclave ne demeure pas pour toujours dans la maison ; le fils, lui, y demeure pour toujours.
Donc, si c'est le Fils qui vous rend libres, vous serez vraiment libres.
Je sais bien que vous êtes les descendants d'Abraham, et pourtant vous cherchez à me faire mourir, parce que ma parole n'a pas de prise sur vous.
Je dis ce que moi, j'ai vu auprès de mon Père, et vous, vous faites aussi ce que vous avez entendu chez votre père. »
Ils lui répliquèrent : « Notre père, c'est Abraham. » Jésus leur dit : « Si vous êtes les enfants d'Abraham, vous devriez agir comme Abraham.
Et en fait vous cherchez à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j'ai entendue de Dieu. Abraham n'a pas agi ainsi.
Mais vous, vous agissez comme votre père. » Ils lui dirent : « Nous ne sommes pas des enfants illégitimes ! Nous n'avons qu'un seul Père, qui est Dieu. »
Jésus leur dit : « Si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez, car moi, c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Je ne suis pas venu de moi-même ; c'est lui qui m'a envoyé.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Une partie des Juifs ont cru aux paroles de Jésus, mais qui assez vite font de nouveau se détourner. Ils se déclarent d'Abraham selon la Loi, et Jésus reconnais cette descendance, mais ce n'est pas parce que l'on a un ancêtre devenu le préféré de Dieu que ce dernier est contraint de leur accorder à tous la préférence ! De fait: "« Si vous êtes les enfants d'Abraham, vous devriez agir comme Abraham"

Jésus constate que ces Juifs sont exactement comme ceux qu'il a rencontrés au début de sa mission. Ses mots n'ont pas de prise sur eux. De même que seuls pécheurs et les publicains ont ressenti comme une bénédiction l'apparition de Jésus parmi eux, de même ces Juifs 'éduqués' ne savent pas reconnaître la main tendue qui pourrait les sauver de leurs erreurs.

Il y aura donc rupture et rupture définitive et, si mes souvenirs sont exacts, cette rupture sera consommée dès la fin de cet échange verbal, qui sera lu demain.

Ce que je note encore, c'est la notion de vérité - la vérité, c'est ce qui rend libre. Ces pseudos convertis buttent là-dessus aussitôt. Mais quant à moi, dans ma vie et jusque dans mon corps, j'ai pu reconnaître aussitôt que c'est vraiment le cas: la vérité libère, puisque la vérité c'est le Christ ! Quel bonheur de ne plus avoir à s'appuyer uniquement sur son intelligence, ses raisonnements, son argent, son habileté... mais de découvrir qu'en nous donnant la Vérité, le Christ ne fait pas que cela, mais Il nous prend en charge et nous ne sommes plus seuls sur le chemin !
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Re: La vérité seule rend libre

Message non lu par Théophile »

Cher steph,
il me semble que votre titre est un peu dangereux, à cause du mot "seule". Oui, la vérité rend libre car c'est le Christ, mais pas seule, car elle est forcément liée à l'amour dans ce cas.
Par exemple dire une vérité à une personne sans amour peut être pire que de ne rien dire. Vérité et charité doivent se donner la main, sinon tôt ou tard ça dérape (sauf en Jésus qui est les deux).
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stephlorant
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Veritas liberabit vos

Message non lu par stephlorant »

Théophile a écrit :Cher steph,
il me semble que votre titre est un peu dangereux, à cause du mot "seule". Oui, la vérité rend libre car c'est le Christ, mais pas seule, car elle est forcément liée à l'amour dans ce cas.
Par exemple dire une vérité à une personne sans amour peut être pire que de ne rien dire. Vérité et charité doivent se donner la main, sinon tôt ou tard ça dérape (sauf en Jésus qui est les deux).
Vous avez raison, je vais remplacer par "Veritas Liberabit Vos"... En réalité, j'utilise parfois le titre comme un moyen d'attirer l'attention. Ici, pour répondre que cette vérité, c'est le Christ et donc l'Amour. Simone Weil après avoir découvert jésus, a écrit: "Le Christ veut qu'on lui préfère la vérité, parce qu'Il est la vérité, et l'on ne saurait s'approcher d'elle sans lui tomber dans les bras"...
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Re: La vérité seule rend libre

Message non lu par Théophile »

Si vous commencez à écrire en latin, vous vous éviterez quelque correction fraternelle de ma part. Mais gare à Fée Violine, qui va de toute façon lire ce message à cause de votre titre ! :p
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stephlorant
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Caïphe, prophète

Message non lu par stephlorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 11,45-57.

Les chefs des prêtres et les pharisiens convoquèrent donc le grand conseil ; ils disaient : « Qu'allons-nous faire ? Cet homme accomplit un grand nombre de signes. Si nous continuons à le laisser agir, tout le monde va croire en lui, et les Romains viendront détruire notre Lieu saint et notre nation. » Alors, l'un d'entre eux, Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là, leur dit : « Vous n'y comprenez rien ; vous ne voyez pas quel est votre intérêt : il vaut mieux qu'un seul homme meure pour le peuple, et que l'ensemble de la nation ne périsse pas. » Ce qu'il disait là ne venait pas de lui-même ; mais, comme il était grand prêtre cette année-là, il fut prophète en révélant que Jésus allait mourir pour la nation. Or, ce n'était pas seulement pour la nation, c'était afin de rassembler dans l'unité les enfants de Dieu dispersés. A partir de ce jour-là, le grand conseil fut décidé à le faire mourir.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Alea jacta est ! Le sort en est jeté: ils sont décidés à le faire mourir. Ainsi, le grand signe qu'ils avaient exigé de Jésus, lorsque celui-ci, finalement le leur a donné (mais pas un tour de magie du genre de celui que le diable lui avait suggéré: de descendre sur le toit du temple soutenu par des anges)... n'aboutit finalement qu'à ce complot.

Cependant, il faut prêter attention à cette parole mystérieuse que dit Jean en cette occasion: "Ce qu'il disait là ne venait pas de lui-même ; mais, comme il était grand prêtre cette année-là, il fut prophète en révélant que Jésus allait mourir pour la nation. Or, ce n'était pas seulement pour la nation, c'était afin de rassembler dans l'unité les enfants de Dieu dispersés."

Le grand prêtre Caïphe a bien prophétisé en tant que prophète, même si ce qu'il décide le rend coupable. Ce que Caïphe ignore c'est que la nation élue sera dispersée, mais pas anéantie, car après vingt siècles d'histoire, elle est revenue sur son sol... et la suite de ce que dit Jean, que j'ai soulignée, se retrouvera confirmée par l'enseignement de saint Paul au chapitre 11 de l'Épitre aux Romains. C'est un texte long à lire, sans doute, mais je veux en livrer tel quel la majeure partie, afin que l'on ne me reproche pas d'avoir retiré l'une ou l'autre phrase de son contexte.

01Je pose donc la question : Dieu aurait-il rejeté son peuple ? Non, bien sûr ! J'en suis moi-même une preuve : je suis fils d'Israël, de la descendance d'Abraham, de la tribu de Benjamin.
02 Dieu n'a pas rejeté son peuple, que depuis toujours il a connu. Ne savez-vous pas ce que dit l'Écriture dans l'histoire d'Élie lorsqu'il en appelle à Dieu contre Israël ?
03 Seigneur, dit-il, ils ont tué tes prophètes et renversé tes autels ;je suis le seul à être resté, et ils cherchent à me tuer.
04 Mais quelle réponse reçoit-il ?J'ai fait en sorte qu'il reste pour moi sept mille hommes qui ne se sont pas mis à genoux devant Baal.
05 De même il y a donc dans le temps présent un reste choisi par grâce ;
06 et si c'est par grâce, ce n'est pas par les œuvres, car alors la grâce ne serait plus la grâce.
07 Que dire alors ? Ce qu'Israël recherche, il ne l'a pas obtenu ; mais les élus l'ont obtenu, tandis que les autres ont été endurcis,
08 comme le dit l'Écriture : Dieu leur a donné un esprit de torpeur :ils ont des yeux pour ne pas voir et des oreilles pour ne pas entendre,jusqu'à ce jour.
09 David dit aussi :Que leur repas devienne pour eux un piège, une trappe,une occasion de chute, un juste châtiment ;
10 que leurs yeux s'obscurcissent pour qu'ils ne voient plus,fais-leur sans cesse courber le dos.
11 Je pose encore une question : Israël a-t-il trébuché pour ne plus se relever ? Non, bien sûr ! Mais c'est à sa faute que les païens doivent le salut ; Dieu voulait le rendre jaloux.
12 Or, si la faute des fils d'Israël a été un enrichissement pour le monde, si leur échec a été un enrichissement pour les païens, que dire alors du jour où l'ensemble d'Israël sera là ?
13 Je vous le dis à vous, qui étiez païens : dans la mesure même où je suis apôtre des païens, ce serait la gloire de mon ministère
14 de rendre un jour jaloux mes frères de race, et d'en sauver quelques-uns.
15 Si en effet le monde a été réconcilié avec Dieu quand ils ont été mis à l'écart, qu'arrivera-t-il quand ils seront réintégrés ? Ce sera la vie pour ceux qui étaient morts !
16 Si un peu de pâte est consacrée à Dieu, toute la pâte devient sainte ; si la racine de l'arbre est sainte, les branches le sont aussi.
17 De ces branches, quelques-unes ont été coupées, alors que toi, qui es une branche d'olivier sauvage, tu as été greffé parmi elles, et tu as part désormais à l'huile que donne la racine de l'olivier.
18 Alors, ne sois pas plein d'orgueil envers les autres branches ; malgré tout ton orgueil,
19 ce n'est pas toi qui portes la racine, c'est la racine qui te porte. Tu vas me dire : « Des branches ont été coupées pour que moi, je sois greffé ! »
20 Fort bien ! Mais c'est à cause de leur manque de foi qu'elles ont été coupées ; et toi, c'est à cause de ta foi que tu tiens. Ne fais pas le fanfaron, sois plutôt dans la crainte.
21 Car si Dieu n'a pas épargné les branches d'origine, il ne t'épargnera pas non plus.
22 Observe donc la bonté et la sévérité de Dieu : sévérité pour ceux qui sont tombés, et bonté pour toi si tu demeures dans cette bonté ; autrement, toi aussi tu seras retranché.
23 Et eux, s'ils ne demeurent pas dans leur manque de foi, ils seront greffés : car Dieu est capable de les greffer de nouveau.
24 En effet, toi qui étais par ton origine une branche d'olivier sauvage, tu as été greffé, malgré ton origine, sur un olivier cultivé ; à plus forte raison ceux-ci, qui sont d'origine, seront greffés sur leur propre olivier.
25 Frères, pour vous éviter de vous fier à votre propre jugement, je ne veux pas vous laisser dans l'ignorance de ce mystère : l'endurcissement actuel d'une partie d'Israël durera jusqu'à l'entrée de l'ensemble des païens ;
26 c'est ainsi qu'Israël tout entier sera sauvé, comme dit l'Écriture :Le libérateur viendra de Sion,d'Israël il fera disparaître l'impiété.
27 Voilà ce que sera mon Alliance avec eux lorsque j'enlèverai leur péché.
28 L'annonce de l'Évangile en a fait des ennemis de Dieu, et c'est à cause de vous ; mais le choix de Dieu en a fait des bien-aimés, et c'est à cause de leurs pères.
29 Les dons de Dieu et son appel sont irrévocables.

Ces derniers temps, j'ai reçu, en privé, de nombreux messages 'apocalyptiques' en provenance de nombreux "messagers du ciel", mais je n'ai pas voulu en tenir compte. Je ne me fie qu'aux textes reconnus par tous. Donc, la fin des temps n'adviendra pas avant que le peuple juif soit lui aussi dans la foi, avec tous les autres. Et sur ce sujet, le verset 29 est tout à fait clair: Les dons de Dieu et son appel sont irrévocables.

Nous vivons une époque de grands bouleversements, et il ne se passe pas de jours où sont remis en question ce que les hommes considéraient comme leurs plus grandes réalisations: tant du point de vue de l'organisation sociale, que des progrès techniques ou de la répartition des richesses... nous voyons clairement que tout ce que l'homme tente d'accomplir en dehors de Dieu, est voué à l'échec, et à un échec manifeste, indéniable.

Je m'en remets donc au Seigneur en tout: pour la vie comme pour la mort, non dans un esprit de crainte, mais de confiance. Nous sommes en paix aussi longtemps que nous sommes en paix avec Dieu.
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Re: Caïphe, prophète

Message non lu par mike.adoo »

Bonjour Stephlorant

Vous écrivez :" . nous voyons clairement que tout ce que l'homme tente d'accomplir en dehors de Dieu, est voué à l'échec, et à un échec manifeste, indéniable.

C'est très exactement ce que je crois !

Merci pour ce rappel
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stephlorant
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Re: Caïphe, prophète

Message non lu par stephlorant »

Je voudrais citer de nouveau (où l'ai-je déjà publié ?) cet extrait du livre de Benoit XVI, qui explique comment l'homme peut vouloir du bien mais se tenir hors de Dieu. C'est du moins ainsi que je m'explique ce texte, mais si vous avez un autre point de vue, merci de m'en faire part:

Joseph Ratzinger - Benoît XVI
Jésus de Nazareth, Flammarion, Paris 2007, p. 48, §3 - 49, §2

La nature de la tentation comprend aussi un comportement moral : elle ne nous invite pas directement au mal, ce serait trop grossier. Elle prétend nous montrer ce qui est meilleur : abandonner enfin les illusions et employer efficacement nos forces pour améliorer le monde. Elle se présente aussi avec la prétention du vrai réalisme. Le réel est ce qui se constate : le pouvoir et le pain. En comparaison, les choses de Dieu apparaissent comme irréelles, comme un monde secondaire, dont on n'a pas vraiment besoin.

Or, c'est de Dieu qu'il s'agit : est-il, oui ou non, le réel, la réalité même ? Est-il le Bien, ou devons-nous inventer nous-mêmes ce qui est bien ? La question de Dieu est la question fondamentale, qui nous place à la croisée des chemins de l'existence humaine. Que doit faire ou ne pas faire le Sauveur du monde ? Telle est la question que sous-tendent les tentations de Jésus.
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Re: Caïphe, prophète

Message non lu par mike.adoo »

Si nous inventons nous-même ce qui est bien , nous retombons dans l'erreur commise par Adam et Eve . Une fois , ça suffit !
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stephlorant
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Dimanche des rameaux

Message non lu par stephlorant »

Passion et mort de Jésus
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 26,14-75.27,1-66.

L'un des douze Apôtres de Jésus, nommé Judas Iscariote, alla trouver les chefs des prêtres
et leur dit : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » Ils lui proposèrent trente pièces d'argent.
Dès lors, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.
Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples vinrent dire à Jésus : « Où veux-tu que nous fassions les préparatifs de ton repas pascal ? »
Il leur dit : « Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : 'Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c'est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples. ' »
Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque.
Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze.
Pendant le repas, il leur déclara : « Amen, je vous le dis : l'un de vous va me livrer. »
Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, l'un après l'autre : « Serait-ce moi, Seigneur ? »
Il leur répondit : « Celui qui vient de se servir en même temps que moi, celui-là va me livrer.
Le Fils de l'homme s'en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux l'homme par qui le Fils de l'homme est livré ! Il vaudrait mieux que cet homme-là ne soit pas né ! »
Judas, celui qui le livrait, prit la parole : « Rabbi, serait-ce moi ? » Jésus lui répond : « C'est toi qui l'as dit ! »
Pendant le repas, Jésus prit du pain, prononça la bénédiction, le rompit et le donna à ses disciples, en disant : « Prenez, mangez : ceci est mon corps. »
Puis, prenant une coupe et rendant grâce, il la leur donna, en disant :
« Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, répandu pour la multitude en rémission des péchés.
Je vous le dis : désormais je ne boirai plus de ce fruit de la vigne, jusqu'au jour où je boirai un vin nouveau avec vous dans le royaume de mon Père. »
Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.
Alors Jésus leur dit : « Cette nuit, je serai pour vous tous une occasion de chute ; car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées.
Mais après que je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée. »
Pierre lui dit : « Si tous viennent à tomber à cause de toi, moi, je ne tomberai jamais. »
Jésus reprit : « Amen, je te le dis : cette nuit même, avant que le coq chante, tu m'auras renié trois fois. »
Pierre lui dit : « Même si je dois mourir avec toi, je ne te renierai pas. » Et tous les disciples en dirent autant.
Alors Jésus parvient avec eux à un domaine appelé Gethsémani et leur dit : « Restez ici, pendant que je m'en vais là-bas pour prier. »
Il emmena Pierre, ainsi que Jacques et Jean, les deux fils de Zébédée, et il commença à ressentir tristesse et angoisse.
Il leur dit alors : « Mon âme est triste à en mourir. Demeurez ici et veillez avec moi. »
Il s'écarta un peu et tomba la face contre terre, en faisant cette prière : « Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux. »
Puis il revient vers ses disciples et les trouve endormis ; il dit à Pierre : « Ainsi, vous n'avez pas eu la force de veiller une heure avec moi ?
Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l'esprit est ardent, mais la chair est faible. »
Il retourna prier une deuxième fois : « Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! »
Revenu près des disciples, il les trouva endormis, car leurs yeux étaient lourds de sommeil.
Il les laissa et retourna prier pour la troisième fois, répétant les mêmes paroles.
Alors il revient vers les disciples et leur dit : « Désormais, vous pouvez dormir et vous reposer ! La voici toute proche, l'heure où le Fils de l'homme est livré aux mains des pécheurs !
Levez-vous ! Allons ! Le voici tout proche, celui qui me livre. »
Jésus parlait encore, lorsque Judas, l'un des Douze, arriva, avec une grande foule armée d'épées et de bâtons, envoyée par les chefs des prêtres et les anciens du peuple.
Le traître leur avait donné un signe : « Celui que j'embrasserai, c'est lui : arrêtez-le. »
Aussitôt, s'approchant de Jésus, il lui dit : « Salut, Rabbi ! », et il l'embrassa.
Jésus lui dit : « Mon ami, fais ta besogne. » Alors ils s'avancèrent, mirent la main sur Jésus et l'arrêtèrent.
Un de ceux qui étaient avec Jésus, portant la main à son épée, la tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l'oreille.
Jésus lui dit : « Rentre ton épée, car tous ceux qui prennent l'épée périront par l'épée.
Crois-tu que je ne puisse pas faire appel à mon Père, qui mettrait aussitôt à ma disposition plus de douze légions d'anges ?
Mais alors, comment s'accompliraient les Écritures ? D'après elles, c'est ainsi que tout doit se passer. »
A ce moment-là, Jésus dit aux foules : « Suis-je donc un bandit, pour que vous soyez venus m'arrêter avec des épées et des bâtons ? Chaque jour, j'étais assis dans le Temple où j'enseignais, et vous ne m'avez pas arrêté.
Mais tout cela est arrivé pour que s'accomplissent les écrits des prophètes. » Alors les disciples l'abandonnèrent tous et s'enfuirent.
Ceux qui avaient arrêté Jésus l'amenèrent devant Caïphe, le grand prêtre, chez qui s'étaient réunis les scribes et les anciens.
Quant à Pierre, il le suivait de loin, jusqu'au palais du grand prêtre ; il entra dans la cour et s'assit avec les serviteurs pour voir comment cela finirait.
Les chefs des prêtres et tout le grand conseil cherchaient un faux témoignage contre Jésus pour le faire condamner à mort.
Ils n'en trouvèrent pas ; pourtant beaucoup de faux témoins s'étaient présentés. Finalement il s'en présenta deux,
qui déclarèrent : « Cet homme a dit : 'Je peux détruire le Temple de Dieu et, en trois jours, le rebâtir. ' »
Alors le grand prêtre se leva et lui dit : « Tu ne réponds rien à tous ces témoignages portés contre toi ? »
Mais Jésus gardait le silence. Le grand prêtre lui dit : « Je t'adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Messie, le Fils de Dieu. »
Jésus lui répond : « C'est toi qui l'as dit ; mais en tout cas, je vous le déclare : désormais vous verrez le Fils de l'homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir sur les nuées du ciel. »
Alors le grand prêtre déchira ses vêtements, en disant : « Il a blasphémé ! Pourquoi nous faut-il encore des témoins ? Vous venez d'entendre le blasphème !
Quel est votre avis ? » Ils répondirent : « Il mérite la mort. »
Alors ils lui crachèrent au visage et le rouèrent de coups ; d'autres le giflèrent
en disant : « Fais-nous le prophète, Messie ! qui est-ce qui t'a frappé ? »
Quant à Pierre, il était assis dehors dans la cour. Une servante s'approcha de lui : « Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen ! »
Mais il nia devant tout le monde : « Je ne sais pas ce que tu veux dire. »
Comme il se retirait vers le portail, une autre le vit et dit aux gens qui étaient là : « Celui-ci était avec Jésus de Nazareth. »
De nouveau, Pierre le nia : « Je jure que je ne connais pas cet homme. »
Peu après, ceux qui se tenaient là s'approchèrent de Pierre : « Sûrement, toi aussi, tu fais partie de ces gens-là ; d'ailleurs ton accent te trahit. »
Alors, il se mit à protester violemment et à jurer : « Je ne connais pas cet homme. » Aussitôt un coq chanta.
Et Pierre se rappela ce que Jésus lui avait dit : « Avant que le coq chante, tu m'auras renié trois fois. » Il sortit et pleura amèrement.
Le matin venu, tous les chefs des prêtres et les anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus pour le faire condamner à mort.
Après l'avoir ligoté, ils l'emmenèrent pour le livrer à Pilate, le gouverneur.
Alors Judas, le traître, fut pris de remords en le voyant condamné ; il rapporta les trente pièces d'argent aux chefs des prêtres et aux anciens.
Il leur dit : « J'ai péché en livrant à la mort un innocent. » Ils répliquèrent : « Qu'est-ce que cela nous fait ? Cela te regarde ! »
Jetant alors les pièces d'argent dans le Temple, il se retira et alla se pendre.
Les chefs des prêtres ramassèrent l'argent et se dirent : « Il n'est pas permis de le verser dans le trésor, puisque c'est le prix du sang. »
Après avoir tenu conseil, ils achetèrent avec cette somme le Champ-du-Potier pour y enterrer les étrangers.
Voilà pourquoi ce champ a été appelé jusqu'à ce jour le Champ-du-Sang.
Alors s'est accomplie la parole transmise par le prophète Jérémie : Ils prirent les trente pièces d'argent, le prix de celui qui fut mis à prix par les enfants d'Israël,
et ils les donnèrent pour le champ du potier, comme le Seigneur me l'avait ordonné.
On fit comparaître Jésus devant Pilate, le gouverneur, qui l'interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus déclara : « C'est toi qui le dis. »
Mais, tandis que les chefs des prêtres et les anciens l'accusaient, il ne répondit rien.
Alors Pilate lui dit : « Tu n'entends pas tous les témoignages portés contre toi ? »
Mais Jésus ne lui répondit plus un mot, si bien que le gouverneur était très étonné.
Or, à chaque fête, celui-ci avait coutume de relâcher un prisonnier, celui que la foule demandait.
Il y avait alors un prisonnier bien connu, nommé Barabbas.
La foule s'étant donc rassemblée, Pilate leur dit : « Qui voulez-vous que je vous relâche : Barabbas ? ou Jésus qu'on appelle le Messie ? »
Il savait en effet que c'était par jalousie qu'on l'avait livré.
Tandis qu'il siégeait au tribunal, sa femme lui fit dire : « Ne te mêle pas de l'affaire de ce juste, car aujourd'hui j'ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. »
Les chefs des prêtres et les anciens poussèrent les foules à réclamer Barabbas et à faire périr Jésus.
Le gouverneur reprit : « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? » Ils répondirent : « Barabbas ! »
Il reprit : « Que ferai-je donc de Jésus, celui qu'on appelle le Messie ? » Ils répondirent tous : « Qu'on le crucifie ! »
Il poursuivit : « Quel mal a-t-il donc fait ? » Ils criaient encore plus fort : « Qu'on le crucifie ! »
Pilate vit que ses efforts ne servaient à rien, sinon à augmenter le désordre ; alors il prit de l'eau et se lava les mains devant la foule, en disant : « Je ne suis pas responsable du sang de cet homme : cela vous regarde ! »
Tout le peuple répondit : « Son sang, qu'il soit sur nous et sur nos enfants ! »
Il leur relâcha donc Barabbas ; quant à Jésus, il le fit flageller, et le leur livra pour qu'il soit crucifié.
Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans le prétoire et rassemblèrent autour de lui toute la garde.
Ils lui enlevèrent ses vêtements et le couvrirent d'un manteau rouge.
Puis, avec des épines, ils tressèrent une couronne, et la posèrent sur sa tête ; ils lui mirent un roseau dans la main droite et, pour se moquer de lui, ils s'agenouillaient en lui disant : « Salut, roi des Juifs ! »
Et, crachant sur lui, ils prirent le roseau, et ils le frappaient à la tête.
Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui enlevèrent le manteau, lui remirent ses vêtements, et l'emmenèrent pour le crucifier.
En sortant, ils trouvèrent un nommé Simon, originaire de Cyrène, et ils le réquisitionnèrent pour porter la croix.
Arrivés à l'endroit appelé Golgotha, c'est-à-dire : Lieu-du-Crâne, ou Calvaire,
ils donnèrent à boire à Jésus du vin mêlé de fiel ; il en goûta, mais ne voulut pas boire.
Après l'avoir crucifié, ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort ;
et ils restaient là, assis, à le garder.
Au-dessus de sa tête on inscrivit le motif de sa condamnation : « Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. »
En même temps, on crucifie avec lui deux bandits, l'un à droite et l'autre à gauche.
Les passants l'injuriaient en hochant la tête :
« Toi qui détruis le Temple et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même, si tu es Fils de Dieu, et descends de la croix ! »
De même, les chefs des prêtres se moquaient de lui avec les scribes et les anciens, en disant :
« Il en a sauvé d'autres, et il ne peut pas se sauver lui-même ! C'est le roi d'Israël : qu'il descende maintenant de la croix et nous croirons en lui !
Il a mis sa confiance en Dieu ; que Dieu le délivre maintenant s'il l'aime ! Car il a dit : 'Je suis Fils de Dieu. ' »
Les bandits crucifiés avec lui l'insultaient de la même manière.
A partir de midi, l'obscurité se fit sur toute la terre jusqu'à trois heures.
Vers trois heures, Jésus cria d'une voix forte : « Éli, Éli, lama sabactani ? », ce qui veut dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? »
Quelques-uns de ceux qui étaient là disaient en l'entendant : « Le voilà qui appelle le prophète Élie ! »
Aussitôt l'un d'eux courut prendre une éponge qu'il trempa dans une boisson vinaigrée ; il la mit au bout d'un roseau, et il lui donnait à boire.
Les autres dirent : « Attends ! nous verrons bien si Élie va venir le sauver. »
Mais Jésus, poussant de nouveau un grand cri, rendit l'esprit.
Et voici que le rideau du Temple se déchira en deux, du haut en bas ; la terre trembla et les rochers se fendirent.
Les tombeaux s'ouvrirent ; les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent,
et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la ville sainte, et se montrèrent à un grand nombre de gens.
A la vue du tremblement de terre et de tous ces événements, le centurion et ceux qui, avec lui, gardaient Jésus, furent saisis d'une grande crainte et dirent : « Vraiment, celui-ci était le Fils de Dieu ! »
Il y avait là plusieurs femmes qui regardaient à distance : elles avaient suivi Jésus depuis la Galilée pour le servir.
Parmi elles se trouvaient Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée.
Le soir venu, arriva un homme riche, originaire d'Arimathie, qui s'appelait Joseph, et qui était devenu lui aussi disciple de Jésus.
Il alla trouver Pilate pour demander le corps de Jésus. Alors Pilate ordonna de le lui remettre.
Prenant le corps, Joseph l'enveloppa dans un linceul neuf,
et le déposa dans le tombeau qu'il venait de se faire tailler dans le roc. Puis il roula une grande pierre à l'entrée du tombeau et s'en alla.
Cependant Marie Madeleine et l'autre Marie étaient là, assises en face du tombeau.
Quand la journée des préparatifs de la fête fut achevée, les chefs des prêtres et les pharisiens s'assemblèrent chez Pilate,
en disant : « Seigneur, nous nous sommes rappelé que cet imposteur a dit, de son vivant : 'Trois jours après, je ressusciterai. '
Donne donc l'ordre que le tombeau soit étroitement surveillé jusqu'au troisième jour, de peur que ses disciples ne viennent voler le corps et ne disent au peuple : 'Il est ressuscité d'entre les morts. ' Cette dernière imposture serait pire que la première. »
Pilate leur déclara : « Je vous donne une garde ; allez, organisez la surveillance comme vous l'entendez. »
Ils partirent donc et assurèrent la surveillance du tombeau en mettant les scellés sur la pierre et en y plaçant la garde.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Je ne sais pas si je peux , aujourd’hui, commenter un texte aussi long, aussi chargé de ténèbres, même s’il fallait que le Christ en passe par là afin que moi-même, je puisse dire un jour : ‘Oui, Tu es le Christ, le Messie, le Fils unique du Dieu vivant et désormais, je crois en Toi et j’espère ! »

Les circonstances de cette année sont tout à fait particulières puisque dans mon existence personnelle, j’ai été trahi, il y a trois jours à peine par des 'tout proches'. Pendant huit mois, j’ai multiplié les signes de réconciliation, j’ai accepté sans rien dire les silences et toutes les absences, mais il y a trois jours à peine, j’ai reçu des preuves indéniables que deux des miens se sont glissés derrière moi, ainsi que derrière deux autres des membres de ma famille, afin qu’une tierce personne de cette même famille, âgée et très fatiguée, soit placée dans un home, quel qu’il soit… J’ai vécu beaucoup de choses, mais une telle abjection, non, c’est la première fois.

J’ai seulement pu parler hier de cette affaire à une amie, qui m’a dit de me défendre, de veiller à ce que cela ne m’arrive pas à moi aussi, mais je lui ai répondu qu’à mon sens, me rendre chez un homme de loi afin d’accuser à mon tour… c’est quelque chose qui me répugne et m’effraie. N’est-ce pas rendre simplement ‘rendre la pareille’ alors que l’Amour nous a dit de ne pas résister aux méchants, puisque notre sort final ne dépend pas du droit des hommes mais de notre foi en Dieu ?

J’ai peu mangé depuis deux jours, et j’ai vieilli sûrement du double de jours.

Allons, debout !

Après avoir institué l’Eucharistie, Jésus est monté au lieu de son agonie et le diable lui a montré par avance tous ceux qui dans l’avenir, le trahiraient encore, déformeraient sa parole et son enseignement, et s’efforceraient d’effacer tout souvenir de lui. Il a trouvé ses amis en train de dormir plutôt que de veiller avec lui, comme il leur avait enseigné en plusieurs occasions. Dans la pâleur du petit jour, le traître l’a livré d’un baiser, et désormais tous les baisers du monde, de tous les temps, dans le monde entier, sont devenus suspects : car rien n’est plus proche d’un baiser qu’un coup de poignard.

Il est paru devant ses juges, bien qu’il soit le seul à pouvoir exercer le jugement. Il leur a dit ce qu’ils connaissaient déjà, mais en l’exaltant encore : « Désormais, vous verrez le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu et venir sur les nuées du ciel ! » Se retrouvant devant Pilate, il lui a indiqué comment, pour un païen, venir à Dieu : « Je suis né et venu dans le monde pour témoigner de la vérité ; quiconque cherche la vérité entend ma voix ».

Il a subi de multiples outrages physiques et moraux de la part de la soldatesque, et sur le moment, j’ai revu mon ami Didier, que j’ai visité quelques semaines avant sa mort dans un asile psychiatrique. Pendant dix ans, tout le monde l’a pris pour un ‘doux dingue’ et ils l’ont placé sous tutelle ; il a vécu avec quelques billets par semaine accompagné d’une forte injection de ‘médicaments’ destinés à le tenir calme en tout temps. Puis, un jour il est tombé d’un violent mal de tête et l’on s’est aperçu que, depuis longtemps, il avait développé une tumeur au cerveau. (Ah, zut, on n’avait pas pensé à chercher du côté où cela paraissait évident !) Sa femme et sa fille ne lui ont pas rendu visite : elles m’ont appelé pour me dire ‘C’est tout comme, puisque toi, tu iras le voir…’ O comme ce fut bien dit !

Suivent les scènes du portement de croix, avec ses douze stations. Je me souviens encore des rires et des railleries des uns et des autres, des deux malfaiteurs condamnés avec lui, de ses dernières paroles et de celle, bien sûr, que j’ai entendue lors de ma conversion. Jésus sur la croix m’a regardé et a prononcé ces mots au fond de mon propre cœur : « Père, entre tes mains, je remets mon esprit » - et j’ai tout de suite compris que de faire comme lui m’assurerait le salut final.

Jésus fut mis au tombeau. Et son tombeau fut gardé afin d’être sûr que cet homme qui en avait ressuscité d’autres, n’aille pas ressusciter lui-même, ce qui serait fort dérangeant. Maintenant, le temps de l’attente est ouvert… Prions donc les uns pour les autres, voici un moment de l’année où il n’est guère nécessaire (enfin je m’imagine) de trop communiquer avec ceux et celles qui ne partagent pas notre foi…
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Re: Dimanche des rameaux

Message non lu par stephlorant »

Depuis que je vis seul, ce que j'ai connu de plus proche d'une "Passion", c'est la nuit où, frappé d'une fièvre terrible, qui est montée jusqu'à 4O°, j'ai commencé de sentir que mon coeur battait trop vite. Je savais que c'était le signe certain d'avoir à faire quelque chose immédiatement. Je me suis donc levé, j'ai grimplé les escaliers, je me suis mis sous la douche et j'ai progressivement baissé la température de l'eau. Je tremblais comme une feuille, mais le résultat fut bon: les pulsations ont ralenti, la température est redescendue à 39 et s'est stabilisée. Or, durant toute la nuit, sans pouvoir fermer l'oeil, dans mon lit, j'ai contempler "le Christ des douleurs" d'Albrecht Dürer, que j'avais aperçue sur le net, mais que je n'avais pas trop appréciée sur le moment.

Image

Cette image est réapparue toute seule dans mon esprit, comme derrière mes yeux plutôt que devant. Ce Christ semblait me dire : regarde-moi ! regarde-moi ! Et petit à petit, cela m'a apaisé. J'ai continué de me sentir très mal, mais c'est comme si mon mal avait été "ajusté" selon mes capacités, mes forces.

Pour le reste, beaucoup de familles ont désormais perdu l'esprit de famille. Il ne faut pas forcément cette indifférence que je ressens auprès de moi, mais beaucoup de couples sont séparés et les enfants vivent comme ils peuvent, mais sans doute plus avec cette image de famille que mes parents m'avait donnée. La vie de famille, je l'ai conservée en me mettant au service de mes vieillards: il me reste ma mère et une tante. Rien qu'elles deux m'occupent beaucoup, et elles justifient, plus encore: elles 'galvanisent' mon désir de vivre, de faire, d'accomplir. Les vieux à l'hospice ? S'ils y vont, je les y rejoindrai (tôt ou tard), mais avec un autre esprit - un esprit meilleur, cela va sans dire ...
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Le lavement des pieds, scène prophétique

Message non lu par stephlorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 13,1-15.
Avant la fête de la Pâque, sachant que l'heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'au bout. Au cours du repas, alors que le démon a déjà inspiré à Judas Iscariote, fils de Simon, l'intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu'il est venu de Dieu et qu'il retourne à Dieu, se lève de table, quitte son vêtement, et prend un linge qu'il se noue à la ceinture ; puis il verse de l'eau dans un bassin, il se met à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu'il avait à la ceinture.


Ce geste de Jésus est beaucoup admiré comme une image de la parfaite humilité de Jésus, mais est-ce bien ainsi qu'il faut le comprendre ? En examinant d'un peu plus près tout ce que Jean dit du moment choisi par le Seigneur, il est possible d'aller plus loin.

En effet, l'heure est venue pour Jésus de passer de ce monde à son Père (1), il sait que le Père a tout remis entre ses mains (2), qu'il est venu de Dieu et qu'il retourne à Dieu (3)... il aima jusqu'au bout les siens dans le monde.
Jésus accomplit un geste d’esclave. Il se dépouille lui-même de ses vêtements. Sur la croix, il sera dépouillé par d’autres. Comme un esclave, il se met aux pieds de ses disciples, se fait petit et vulnérable. Dans les lois liturgiques de l’Exode, le lavement des pieds avait le sens d’une purification (Ex 40, 31). Le geste de Jésus est donc une purification, qui symbolise le service qu’il rend à l’humanité sur la croix en la purifiant. Quand Dieu sert, quand il nous sert, quand il lave les pieds de sa créature, il révèle le fond de son cœur. En mourant sur la croix, Jésus est la source d’eau vive promise par Ézéchiel: « Je vous aspergerai d’une eau pure et vous serez purifiés » (Ez 36, 25).
Le lavement des pieds rejoint donc aussi le coeur de Jésus percé par la lance, d'où j'aillirent instantanément du sang et de l'eau. Ceux et celles qui, désormais, connaissent le message de la miséricorde divine eseigné par Jésus à sainte Faustine, en connaissent aussi le sens : " Les rayons signifient le sang et l’eau qui ont jailli des profondeurs de ma miséricorde lorsque mon Coeur fut ouvert par la lance sur la croix. Les rayons blancs représentent l’eau qui purifie les âmes, les rouges symbolisent le sang qui est la vie des âmes… Heureux celui qui vivra à l’ombre de ces rayons. Je promets que l’âme qui honorera cette image ne sera pas perdue »

Le lavement des pieds par Jésus, dans les conditions où il l'a accompli, apparaît donc, d'abord, comme une "scène prophétique". Elle se déroule avant l'institution de l'Eucharistie, ce qui rend bien compte de l'ordonnancement des rites et sacrements. D'abord, la purification, ensuite, la nourriture de l'âme.

Si nous n'avons pas l'occasion de nous confesser, du moins tentons de ces jours-ci de pratiquer nous-même la miséricorde envers ceux qui nous ont gravement blessés puisque dans l'Evangile, Jésus nous rappelle de laisr là notre offrande et de tenter d'abord de nous réconcilier avec eux... C'est un geste qui ne remplacera pas le sacrement, mais qui est presque plus difficiel à accomplir !

Puisse le Seigneur m'assister moi-même dans une démarche semblable !

Jésus, j'ai confiance en Toi !
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Vendredi saint - Passion de Jésus-Christ

Message non lu par stephlorant »

Aujourd'hui beaucoup d'entre nous vont participer à un chemin de croix. Pour ma part, à peine débutée, cette journée fut un chemin de croix, même si la journée est encore 'jeune' et que le soleil luit. L'accablement des nuits presque sans sommeil, l'abandon complet des uns par les autres en période de vacances, le rejet de la foi chez mes proches, le manque d'organisation pour l'information des offices de la semaine sainte dans le diocèse...tout çà fait que je me réveille en pleine lui - dans une maison vide depuis plus de trois ans, avec un sentiment de mort imminente, de gâchis spectaculaire. Et aussitôt le combat reprend contre les tentations... Et finalement, je me suis levé, et j'ai commencé ma journée comme si de rien était. Aujourd'hui, c'est le premier jour de la neuvaine à la Miséricorde, et j'ai présenté à Dieu les âmes de toute l'humanité, ainsi que le Christ a commandé de le faire à sainte Faustine. Pour ceux qui voudraient suivre cette neuvaine, voici un lien:

http://www.missa.org/nmd.php

Le chemin de croix est aussi l'occasion pour moi d'en citer l'origine, du moins comme l'a rapportée AC Emmerick:

ORIGINE DU CHEMIN DE LA CROIX

Pendant le temps où Jésus fut conduit à Hérode, Jean conduisit la sainte Vierge et Madeleine sur tout le chemin qu'avait suivi Jésus. Ils revinrent ainsi chez Caiphe, chez Anne, dans Ophel, à Gethsémani, dans le jardin des Oliviers ; et dans tous les endroits où le Sauveur était tombé, où il avait souffert, ils s'arrêtaient en silence, pleuraient et souffraient avec lui. La sainte Vierge se prosterna plus d'une fois, et baisa la terre aux places où son fils était tombé. Madeleine se tordait les mains, et Jean pleurait, les consolait, les relevait, les conduisait plus loin. Ce fut là le commencement du saint chemin de la Croix et des honneurs rendus à la Passion de Jésus, avant même qu'elle ne fût accomplie. Ce fut dans la plus sainte fleur de l'humanité, dans la mère virginale du Fils de l'homme, que commença la méditation de l'Église sur les douleurs de son rédempteur. Dès ce moment, quand il n'était encore qu'à la moitié de sa voie douloureuse, la mère pleine de grâce arrosait de ses pleurs et révérait les traces des pas de son fils et de son Dieu. O quelle compassion ! Avec quelle force le glaive tranchant et perçant ne s'enfonça-t-il pas dans son cœur ! Elle, dont le corps bienheureux l'avait porté, dont le sein bienheureux l'avait allaité, cette bienheureuse qui avait entendu réellement et substantiellement le Verbe de Dieu, Dieu lui-même dès le commencement, qui l'avait conçu et gardé neuf mois sous son cœur plein de grâce, qui l'avait porté et senti vivre en elle avant que les hommes ne reçussent de lui la bénédiction, la doctrine et le salut, partageait toutes les souffrances de Jésus, y compris son violent désir de racheter les hommes par ses douleurs et sa mort. C'est ainsi que la Vierge pure et sans tâche inaugura pour l'Église le Chemin de la Croix, pour y ramasser à toutes les places, comme des pierres précieuses, les inépuisables mérites de Jésus-Christ, pour les cueillir comme des fleurs sur la route, et les offrir à son Père céleste pour ceux qui ont la foi. Tout ce qu'il y a jamais eu, et tout ce qu'il y aura jamais de saint dans l'humanité, tous ceux qui ont soupiré après la rédemption, tous ceux qui ont jamais célébré avec une compassion respectueuse l'amour et les souffrances du Sauveur, faisaient ce chemin avec Marie, s'affligeaient, priaient, s'offraient en sacrifice dans le cœur de la mère de Jésus qui est aussi une tendre Mère pour tous ses frères réunis par la foi dans le sein de l'Église.

Madeleine était comme hors d'elle-même à force de douleur. Elle avait un immense et saint amour pour Jésus ; mais lorsqu'elle aurait voulu verser son âme à ses pieds, comme l'huile de nard sur sa tête, un horrible abîme s'ouvrait entre elle et son bien-aimé. Son repentir et sa reconnaissance étaient sans bornes, et quand elle voulait élever vers lui son cœur, comme le parfum de l'encens, elle voyait Jésus maltraite, conduit à la mort à cause de ses fautes dont il s'était chargé. Alors ces fautes pour lesquelles Jésus avait tant à souffrir, la pénétraient d'horreur ; elle se précipitait dans l'abîme du repentir, sans pouvoir l'épuiser ni le combler ; elle se sentait de nouveau entraînée par son amour vers son Seigneur et Maître. et elle le voyait livré aux plus horribles traitements. Ainsi son âme était cruellement déchirée et ballottée entre l'amour, le repentir, la reconnaissance, l'aspect de l'ingratitude de son peuple, et tous ces sentiments s'exprimaient dans sa démarche, dans ses paroles, dans ses mouvements.

Jean aimait et souffrait. Il conduisait pour la première rois la Mère de son Maître et de son Dieu, qui l'aimait aussi et souffrait aussi pour lui, sur ces traces du chemin de la Croix où l'Église devait la suivre.


Ces derniers jours, j'ai encore beaucoup entendu parler d'événements apocalyptiques qui nous guettent, mais le premier de ces événements, mais aussi le dernier, c'est d'abord le drame personnel que vit ou vivra chacun d'entre nous au cours de sa propre agonie.... et je crois qu'il est vraiment plus utile de donner nos vies tant que nous avons les forces de le faire, que de les perdre en attendant la Parousie avec des frissons d'angoisse !
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Le trouble de Jésus me rassure !

Message non lu par stephlorant »

Jn 12:27- Maintenant mon âme est troublée. Et que dire ? Père, sauve-moi de cette heure ! Mais c'est pour cela que je suis venu à cette heure.

Je remarque qu'au moment d'être livré, Jésus, contrairement aux idoles de ce monde, reconnaît tout simplement que son âme est troublée. Et son trouble me rassure. En effet, si le Dieu dans lequel je crois n'avait pas connu l'un quelconque de ces moments où l'homme connaît une détresse qui va jusqu'à lui faire manquer de souffle... je ne sais pas si j'aurais pu croire en ce Dieu-là.

Mais le mien s'est incarné, c'est-à-dire qu'Il s'est retiré Lui-même de sa condition divine, éternelle, ("sans peur, sans nuit, sans mal", énonçait Victor Hugo) afin de s'anéantir dans une chair aussi frileuse que la mienne... A cause de cela, il m'est tout à fait impossible de ne pas croire ! Qu'une nation très puissante écrase une autre au nom d'une divinité quelconque, c'est si banal... mais que Dieu qui ait pris l'initiative de venir à nous, de cette façon-là, qui nous est totalement inconcevable a priori, voilà qui prouve qu'Il doit être cru. Si nous ne croyons pas en ce Dieu qui s'est fait homme, alors ce n'est vraiment pas la peine de désirer croire autre chose.
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Résurrection et mission

Message non lu par stephlorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 28,1-10.

Après le sabbat, à l'heure où commençait le premier jour de la semaine, Marie Madeleine et l'autre Marie vinrent faire leur visite au tombeau de Jésus.
Et voilà qu'il y eut un grand tremblement de terre ; l'ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s'assit dessus.
Il avait l'aspect de l'éclair et son vêtement était blanc comme la neige.
Les gardes, dans la crainte qu'ils éprouvèrent, furent bouleversés, et devinrent comme morts.
Or l'ange, s'adressant aux femmes, leur dit : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié.
Il n'est pas ici, car il est ressuscité, comme il l'avait dit. Venez voir l'endroit où il reposait.
Puis, vite, allez dire à ses disciples : 'Il est ressuscité d'entre les morts ; il vous précède en Galilée : là, vous le verrez ! ' Voilà ce que j'avais à vous dire. »
Vite, elles quittèrent le tombeau, tremblantes et toutes joyeuses, et elles coururent porter la nouvelle aux disciples.
Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s'approchèrent et, lui saisissant les pieds, elles se prosternèrent devant lui.
Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu'ils doivent se rendre en Galilée : c'est là qu'ils me verront. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


La tombe a des gardes, l'un est seul, les autres plusieurs. Les hommes en armes ne peuvent rien faire, mais Marie-Madeleine et Marie sont accueillies par l'ange, elles peuvent passer et voir que la tombe est bien vide. Tous ceux qui ont analysé ce passage avec leur seule raison le qualifieront de "mythe", ou diront que les auteurs des Évangiles ont choisi ce qu'ils écriraient en fonction du message qu'ils voulaient transmettre. Mais comme il est dangereux de parler ainsi !

Je prends le texte tel qu'il est et j'y découvre ce qui est important pour moi-même, afin que je puisse reprendre des forces. Tout comme Marie-Madeleine et Marie, après des journées longues, pénibles et chargées de questions difficiles. La résurrection de Jésus est au cœur de notre foi : c'est ce vers quoi tout tendait dans l'Évangile. Je suis assez heureux que le dimanche de Pâques, nos frères orthodoxes sortent de leur église et s'embrassent en échangeant cette salutation : "Le Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !"

Ce qui me semble important de noter, c'est d'une part que Jésus ait choisi, d'abord, de s'adresser aux femmes qui le suivaient, plutôt qu'à ses disciples, dont l'esprit est demeuré fermé même après la résurrection. Pierre, Jacques et Jean n'ont-ils pas été choisis par leur maître pour assister à sa transfiguration ? Ils ne sont pas venus au tombeau. Jean est auprès de la mère de Jésus, mais les deux autres ? C'est la peur qui les tient à l'écart. Ils auront difficile de croire et cela en dépit même de l'amour qu'ils portent à leur maître. Il existe véritablement des peurs qui paralysent...

J'exagère donc à peine si je prétends que c'est un 'sixième sens' qui a suscité Marie-Madeleine et Marie - et leur très grand amour. Les deux ont accompli le geste de laver les pieds de Jésus, l'une avec ses larmes, l'autre avec un parfum de grande valeur, et de les essuyer ensuite de leurs cheveux. Jésus a lavé les pieds de ses disciples, mais ils ne leur ont pas rendu le geste; par contre ces deux femmes l'ont fait. Il y aurait sur ce thème beaucoup à méditer et à écrire !

Je note encore que Jésus, aussitôt, leur confie une mission. La nourriture de Jésus sur la terre ne fut-elle pas d'accomplir la volonté de son Père ? Il avait rappelé à tous que "l'homme ne se nourrit pas que de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu". Il les envoie donc, non pas qu'il n'eût pas pu apparaître aux disciples, mais parce que les femmes (et ici: les femmes comme les hommes) ont besoin d'agir.

Et pour moi aussi, de ce temps-ci, j'ai besoin d'agir par pur amour et d'aller au devant des événements - non pas ceux que mes proches attendent, mais ceux auxquels le Seigneur me prépare. Me prépare depuis que je crois.
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