Pourriez-vous me donner des indications un peu plus précises si ça ne vous recherche trop de temps, s'il vous plaît?nelly emont a écrit :Peut-être pourriez-vous consulter le catéchisme de l'Eglise catholique. Il y a de nombreuses pages consacrées aux questions que vous posez.
L’homme reste-t-il l’homme après la mort ?
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nelly emont
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"Catéchisme de l'Eglise catholique". Editions Mame Plon, 1992. Il existe maintenant d'autres éditions. Le "Catéchisme....." expose l'enseignement du christianisme, le plus simplement possible. Ce qui ne veut pas dire que ce soit toujours simple. On y trouve les réponses à à peu près toutes les questions que l'on peut se poser. Explications + textes du magistère ou paroles de saints. Sur la mort, il y a plusieurs chapitres qui pourraient vous intéresser. Maintenant si vous voulez, je peux faire un peu du travail pour vous. Mais il faudrait que vous reposiez plus précisément vos questions.
J'ai pensé en quelle partie, section, article, chapitre du catéchisme se trouvent ces pages sur les questions lesquelles m'intéressent, si ça ne vous pose un problème? Quant à l'édition je ne vis pas en France, mais je suppose que le catéchisme soit le catéchisme: toutes les éditions doivent être égaux parmi eux n'est-ce pas?
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nelly emont
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Dans la Deuxième Section, dont le titre est "<La profession de la foi c hrétienne. Les symboles de la foi", le texte prend chaque article du Crédo et les explique. L'Article 11 dit : "Je crois à la résurrection de la chair" ; et l'article 12 dit : "Je crois à la vie éternelle". Donc le catéchisme explique ces articles. Pour le premier, il rappelle que l'Eglise proclame la résurrection des morts à la fin des temps. Cette résurrection trouve sa source dans celle du Christ 'le christ est VRAIMENT ressuscité". Cette résurrection sera celle également de "nos corps mortels" qui reprendront vie. La foi en la résurrection repose sur la foi en Dieu qui "n'est pas un Dieu des morts, mais des vivants" (MC 12, 27). C'est Jésus Lui-même qui ressuscitera au dernier jour ceux qui auront cru en Lui. Nous ressusciterons comme Lui, avec Lui, par Lui.
Le catéchisme répond aux questions : qu'est-ce que ressusciter ? Réponse : "Dans la mort, séparation de l'âme et du corps, le corps de l'homme tombe dans la corruption, alors que son âme va à la rencontre de Dieu, tout en demeurant en attente d'être réunie à son corps glorifié. Dieu dans sa Toute-Puissance rendra définitivement la vie incorruptible à nos corps en les unissant à nos âmes, par la vertu de la Résurrestion de Jésus". Autre question : qui ressuscitera ? Tout les hommes qui sont morts. Comment ressuscitera t-on ? avec un corps de gloire. Le Christ était différent après sa Résurrection bien qu'il ait gardé son corps et que ses blessures étaient visibles. Nous ressusciterons incorruptibles. Et quand cela se passera t-il à "au dernier jour", à la fin du monde, lorsque le Seigneur descendra du ciel.
"Je crois à la vie éternelle" : la mort est une entrée dans la vie éternelle où ceux qui "meurent dans la grâce et l'amitié de Dieu, et qui sont parfaitement purifiés, vivent pour toujours avec le Christ. Ils sont pour toujours semblables à Dieu, parce quil Le voient "tel qu'Il est" face à face. Ceux qui "sont imparfaitement purifiés, bien qu'assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d'obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du ciel. L'Eglise appelle cette purification finale des élus, Purgatoire. Et enfin ceux qui pèchent gravement contre Dieu, seront séparés de Lui et on appelle ça l'Enfer.
Zora , ce sont juste quelques indications que je vous donne, bien imparfaites et bien réduites. Je peux bien sûr continuer sur d'autres articles, mais j'ai un peu peur de les trahir. Ne pourriez-vous vous commander le "Catéchisme" par un service Internet. Cela doit bien exister là où vous êtes. Et croyez-moi, cela vaudra mieux que ces pauvres raccourcis.
Le catéchisme répond aux questions : qu'est-ce que ressusciter ? Réponse : "Dans la mort, séparation de l'âme et du corps, le corps de l'homme tombe dans la corruption, alors que son âme va à la rencontre de Dieu, tout en demeurant en attente d'être réunie à son corps glorifié. Dieu dans sa Toute-Puissance rendra définitivement la vie incorruptible à nos corps en les unissant à nos âmes, par la vertu de la Résurrestion de Jésus". Autre question : qui ressuscitera ? Tout les hommes qui sont morts. Comment ressuscitera t-on ? avec un corps de gloire. Le Christ était différent après sa Résurrection bien qu'il ait gardé son corps et que ses blessures étaient visibles. Nous ressusciterons incorruptibles. Et quand cela se passera t-il à "au dernier jour", à la fin du monde, lorsque le Seigneur descendra du ciel.
"Je crois à la vie éternelle" : la mort est une entrée dans la vie éternelle où ceux qui "meurent dans la grâce et l'amitié de Dieu, et qui sont parfaitement purifiés, vivent pour toujours avec le Christ. Ils sont pour toujours semblables à Dieu, parce quil Le voient "tel qu'Il est" face à face. Ceux qui "sont imparfaitement purifiés, bien qu'assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d'obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du ciel. L'Eglise appelle cette purification finale des élus, Purgatoire. Et enfin ceux qui pèchent gravement contre Dieu, seront séparés de Lui et on appelle ça l'Enfer.
Zora , ce sont juste quelques indications que je vous donne, bien imparfaites et bien réduites. Je peux bien sûr continuer sur d'autres articles, mais j'ai un peu peur de les trahir. Ne pourriez-vous vous commander le "Catéchisme" par un service Internet. Cela doit bien exister là où vous êtes. Et croyez-moi, cela vaudra mieux que ces pauvres raccourcis.
Merci bien pour avoir pris la peine de me donner vôtres explications, nelly emont!
C'est bien gentil de votre part.
Seulement que j'ai l'impression que je n'arrive pas à me faire comprendre.
J'ai le Catéchisme mais dedans il n'écrit pas (au moins combien j'en sais, moi, mais il peut toujours être que j'ai omis quelque chose) comment nous serons dans le Paradis en détail: si nous mangerons, et si la réponse est oui serons-nous des végétariens (Adam et Eve ne mangeaient pas de viande avant la chute, seulement des végétaux, je crois; c'est seulement après la chute que le Dieu a permis à l'homme de manger les animaux), s'il y aura des mariages (et peut-être aussi des engendrements), continuerons nous, par exemple, à s'occuper des choses comme maintenant dans le monde, de celles qui ne sont pas erronées et contre la volonté du Dieu naturellement) arts, sciences, loisirs, musique, fleurs, aurons-nous des animaux domestiques (chiens, chats),... . Quels seront nos rapports avec Dieu et les Anges, aurons nous une profession, des tâches quotidiennes, des maisons et des jardins; on ne sera pas tous égaux quant à nos facultés, ça je le sais, mais aurons nous une hiérarchie officielle entre nous les humains?
Ce sont ces choses qui m'intéressent s'il existe une opinion acceptée officiellement par l'Église ou au moins des opinions et des suppositions des personnes autorisées et versées dans cette matière et où on peut trouver ces renseignements s'il y en a?
Seulement que j'ai l'impression que je n'arrive pas à me faire comprendre.
J'ai le Catéchisme mais dedans il n'écrit pas (au moins combien j'en sais, moi, mais il peut toujours être que j'ai omis quelque chose) comment nous serons dans le Paradis en détail: si nous mangerons, et si la réponse est oui serons-nous des végétariens (Adam et Eve ne mangeaient pas de viande avant la chute, seulement des végétaux, je crois; c'est seulement après la chute que le Dieu a permis à l'homme de manger les animaux), s'il y aura des mariages (et peut-être aussi des engendrements), continuerons nous, par exemple, à s'occuper des choses comme maintenant dans le monde, de celles qui ne sont pas erronées et contre la volonté du Dieu naturellement) arts, sciences, loisirs, musique, fleurs, aurons-nous des animaux domestiques (chiens, chats),... . Quels seront nos rapports avec Dieu et les Anges, aurons nous une profession, des tâches quotidiennes, des maisons et des jardins; on ne sera pas tous égaux quant à nos facultés, ça je le sais, mais aurons nous une hiérarchie officielle entre nous les humains?
Ce sont ces choses qui m'intéressent s'il existe une opinion acceptée officiellement par l'Église ou au moins des opinions et des suppositions des personnes autorisées et versées dans cette matière et où on peut trouver ces renseignements s'il y en a?
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laiglejo
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Bonjour Zora,
Pour ce qui est de manger : Jésus ressuscité a préparé un repas de poisson grillé et a mangé avec ses disciples au bord du lac : c'est le Seigneur ! s'exclame Pierre qui se jette à l'eau pour aller le rejoidre sur l'Autre rivage (celui de la Résurrection). Et puisque nous sommes invités à des Noces, il y aura forcément de la nourriture et du vin à flot...sinon, ça risque d'être triste comme fête éternelle. Je ne crois pas que nous serons végétariens puisqu'il est question de veaux gras par millier... et que tout ce que Dieu a donné à cette Création est bon et demeurera dans la Nouvelle Jérusalem.
Nous ressusciterons dans un corps de gloire. Le même, mais transfiguré qui fonctionnera sur un mode différent, incorruptible. Saint Paul parle beaucoup de la Résurrection du corps dans ses lettres. Je n'ai pas les références scripturaires avec moi (je suis au travail présentement) mais j'essayerai de vous en donner quelques-unes ce soir (le soir du Québec ! donc demain pour vous :lol: ).
Également, si vous pouviez mettre la main sur le revue trimestrielle "Vive Flamme" des carmes, il y a un numéro spécial "Ressusciter d'entre les morts" qui est fort éclairant. Je crois que ce numéro a été publié l'an dernier. Je ne l'ai plus sous la main, je l'ai donné à quelqu'un qui en avait besoin.
Une chose qu'il faut savoir est que la Résurrection est pour aujourd'hui. Déjà là depuis que le Christ a vaincu la mort. La mort est déjà derrière nous pour les chrétiens. Elle n'est pas devant nous. Il y a une première Résurrection, qui est pour maintenant et une seconde pour la fin des temps. Bien sûr, le corps reste corruptible mais l'esprit et l'âme sont déjà invités à entrer dans la Ressurection. Notre vie est désormais cachée en Christ à la droite du Père nous dit encore saint Paul à la suite de Jésus qui nous dit que "le Royaume des cieux est au milieu de nous" (càd, au centre le plus intime de nous-même).
Beau et vaste sujet...
À suivre...
Fraternellement,
Hélène
Pour ce qui est de manger : Jésus ressuscité a préparé un repas de poisson grillé et a mangé avec ses disciples au bord du lac : c'est le Seigneur ! s'exclame Pierre qui se jette à l'eau pour aller le rejoidre sur l'Autre rivage (celui de la Résurrection). Et puisque nous sommes invités à des Noces, il y aura forcément de la nourriture et du vin à flot...sinon, ça risque d'être triste comme fête éternelle. Je ne crois pas que nous serons végétariens puisqu'il est question de veaux gras par millier... et que tout ce que Dieu a donné à cette Création est bon et demeurera dans la Nouvelle Jérusalem.
Nous ressusciterons dans un corps de gloire. Le même, mais transfiguré qui fonctionnera sur un mode différent, incorruptible. Saint Paul parle beaucoup de la Résurrection du corps dans ses lettres. Je n'ai pas les références scripturaires avec moi (je suis au travail présentement) mais j'essayerai de vous en donner quelques-unes ce soir (le soir du Québec ! donc demain pour vous :lol: ).
Également, si vous pouviez mettre la main sur le revue trimestrielle "Vive Flamme" des carmes, il y a un numéro spécial "Ressusciter d'entre les morts" qui est fort éclairant. Je crois que ce numéro a été publié l'an dernier. Je ne l'ai plus sous la main, je l'ai donné à quelqu'un qui en avait besoin.
Une chose qu'il faut savoir est que la Résurrection est pour aujourd'hui. Déjà là depuis que le Christ a vaincu la mort. La mort est déjà derrière nous pour les chrétiens. Elle n'est pas devant nous. Il y a une première Résurrection, qui est pour maintenant et une seconde pour la fin des temps. Bien sûr, le corps reste corruptible mais l'esprit et l'âme sont déjà invités à entrer dans la Ressurection. Notre vie est désormais cachée en Christ à la droite du Père nous dit encore saint Paul à la suite de Jésus qui nous dit que "le Royaume des cieux est au milieu de nous" (càd, au centre le plus intime de nous-même).
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"Le Père n'a dit qu'une seule Parole, c'est son Fils et, dans un éternel silence, il la prononce toujours". (Saint Jean de la Croix)
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Bonjour Zora,
Voici donc les textes de saint Paul que vous pouvez méditer concernant la Résurrection de la chair :
1 Corinthiens 15, 1-57
2 Corinthiens 4, 16-18 et 5, 1-10
1 Thessaloniciens 5, 13-18 et 5, 1-11
Également, je vous recommande Apocalypse, chapitres 21 et 22.
J'espère que cela vous aidera. Le meilleur moyen pour goûter peu à peu à ce mystère est d'avancer dans la foi, jour après jour, en fixant notre regard sur le Seigneur Jésus : Croix et Résurrection et de demander à l'Esprit Saint qu'Il ouvre notre intelligence au sens des Écritures et du Mystère Eucharistique.
Fraternellement,
Hélène
Voici donc les textes de saint Paul que vous pouvez méditer concernant la Résurrection de la chair :
Également, je vous recommande Apocalypse, chapitres 21 et 22.
J'espère que cela vous aidera. Le meilleur moyen pour goûter peu à peu à ce mystère est d'avancer dans la foi, jour après jour, en fixant notre regard sur le Seigneur Jésus : Croix et Résurrection et de demander à l'Esprit Saint qu'Il ouvre notre intelligence au sens des Écritures et du Mystère Eucharistique.
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Zora, à toutes les questions que vous posez je n'ai pas de réponses. Et personne ne nous a donné de détails pratiques sur la vie au Paradis. Je crois que vous devez faire fonctionner votre imagination. Et je crois aussi que vous pouvez faire confiance à ce que vous dit Hélène dont je pense que toutes les suggestions sont justes. Le compositiion Messian pensait qu'il irait visiter toutes les planètes. J'ignore s'il l'a fait, mais pourquoi pas ? Faisons confiance au Seigneur.
Merci beaucoup pour vôtres suggestions Hélène !
Je lirai ces textes.
Nelly emont, si j'ai bien compris vous voulez dire qu'on peut-être aura une choix de faire cela qui nous plaît du plus personnellement, selon nos aptitudes, intérêts, talents! Dieu veule que vous avez raison! Ça serait magnifique!
Cordialement
zora
Je lirai ces textes.
Nelly emont, si j'ai bien compris vous voulez dire qu'on peut-être aura une choix de faire cela qui nous plaît du plus personnellement, selon nos aptitudes, intérêts, talents! Dieu veule que vous avez raison! Ça serait magnifique!
Cordialement
zora
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Oui, et selon notre désir!laiglejo a écrit :ZORA dit :et surtout, notre désir !selon nos aptitudes, intérêts, talents!
Après, j'ai trouvé dans 'la Somme Théologique' de saint Thomas d'Aquin :
Quant à l'âge pas de problèmes, c’est cela que laiglejo avait dit déjà : nous aurions l'âge idéal individuel pour chaque personne sans signes de la vieillesse mais conservant la sagesse de l’état mur si nous l’avons acquise.QUESTION 81 : LA QUALITÉ DU CORPS DES RESSUSCITÉS
Nous avons à considérer maintenant la qualité des ressuscités.
On demande : 1. Tous les ressuscités auront-ils le même âge, celui de la pleine jeunesse ? - 2. La même taille ? - 3. Le même sexe ? - 4. La vie animale ?
ARTICLE 1 : Tous les ressuscités auront-ils le même âge, celui de la pleine jeunesse ?
Objections : 1. Dieu n’enlèvera aux ressuscités, surtout aux élus, aucun élément de la perfection humaine. Or, telle est la vieillesse, qui rend l’homme vénérable.
2. L’âge se mesure au temps passé. Or, il est impossible que le temps passé ne le soit pas. Il est donc impossible que ceux qui ont atteint un âge avancé redeviennent jeunes.
3. La nature humaine semble avoir toute son activité dans l’enfant, tandis qu’elle se débilite, avec l’âge, comme le vin étendu d’eau. Si donc tous les ressuscités doivent avoir le même âge, ils seront tous des enfants.
Cependant: 1. Saint Paul écrit : « Jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’état d’homme fait, à la mesure de l’âge parfait du Christ. » Or, le Christ est ressuscité en pleine jeunesse, qui commence, dit saint Augustin, vers la trentième année. Ce sera donc l’âge des ressuscités.
2. L’homme doit ressusciter dans l’état le plus parfait de sa nature. Or, cet état, c’est celui de la pleine jeunesse.
Conclusion: La nature doit ressusciter sans défaut telle Dieu l’a faite, telle Dieu la refera. Or, la nature est sujette à un double défaut soit qu’elle n’ait pas encore atteint son plus haut degré de perfection, comme chez les enfants; soit qu’elle l’ait dépassé, comme chez les vieillards. La résurrection ramènera donc tous les hommes à la pleine jeunesse, à l’âge où finit la croissance et où commence le déclin.
Solutions : 1. Ce qui rend la vieillesse digne de respect, ce n’est pas l’état du corps, qui a perdu sa perfection, mais la sagesse de l’âme, qui est censée grandir avec les ans. Les élus auront droit à ce respect à cause de la sagesse divine dont ils seront pleins, mais sans qu’il y ait en eux rien de sénile.
2. L’âge ne signifie pas ici le nombre des années, mais l’état de l’organisme qui lui correspond. C’est ainsi qu’Adam fut créé en pleine jeunesse, car telle fut sa condition le jour même o il sortit des mains de Dieu.
3. La nature humaine peut être dite plus parfaite dans l’enfant, parce qu’elle possède en lui une plus grande puissance d’assimilation; mais, dans l’homme jeune, elle a atteint son plein épanouissement. La jeunesse sera donc l’état des ressuscités, plutôt que l’enfance, alors que la formation est encore inachevée.
ARTICLE 2 : Tous les ressuscités auront-ils la même taille ?
Objections : 1. La quantité est une mesure, comme la durée. Puisque tous les ressuscités auront le même âge, ils auront donc aussi la même taille.
2. « Dans tous les êtres naturels, il y a un terme et une raison de leur croissance et de leur grandeur. » Ce terme ne peut être assigné que par la forme, à laquelle doit s’adapter la quantité comme les autres accidents. Tous les hommes, ayant la même forme spécifique, doivent donc avoir la même quantité, la même taille. Les erreurs que la nature peut actuellement commettre sur ce point seront corrigées par la résurrection.
3. La quantité des corps ressuscités ne sera pas proportionnée à l’énergie naturelle qui les forma une première fois, mais à la puissance divine qui les reformera et qui est la même pour tous les corps, et à la matière dont Dieu disposera, c’est-à-dire les cendres, qui sont toutes également prêtes à recevoir son action.
Cependant: : 1. La quantité naturelle dépend de la nature individuelle, que la résurrection ne changera pas.
2. La résurrection aura pour terme la récompense ou le châtiment, dont la quantité ne sera pas la même pour tous. La quantité naturelle des corps ne sera donc pas non plus identique.
CONCLUSION : La résurrection n’aura pas seulement en vue l’identité spécifique, mais encore l’identité numérique ou individuelle. La nature spécifique exige une quantité renfermée dans certaines limites, non pas absolues mais relatives, dont elle ne saurait se départir, par excès ou par défaut, sans se mentir à elle-même. Chaque homme, dans ces limites, a une certaine quantité correspondant à sa nature individuelle, et la croissance doit l’y amener, à moins d’une anomalie aboutissant à un excès ou à un défaut. Cette quantité dépend de l’activité organique et de la matière assimilable, qui ne sont pas les mêmes chez tous. Tous les hommes ne ressusciteront donc pas avec la même quantité; mais chacun, avec celle à laquelle l’aurait amené une croissance libre et normale. La puissance divine remédiera à l’excès ou au défaut.
Solutions : 1. Tous les hommes auront le même âge, c’est-à-dire, non pas le même nombre d’années, mais le même état de perfection naturelle, compatible avec une quantité, plus ou moins considérable.
2. La quantité individuelle ne dépend pas seulement de la forme spécifique, mais encore de la nature d’un chacun.
3. La quantité des corps ressuscités ne sera pas proportionnelle à la puissance qui les refera, et qui leur est étrangère; ni à l’état où tous furent réduits pour être à même de ressusciter; mais à la nature individuelle que chaque. vivant possédait. Cependant, si la croissance naturelle eut quelque chose d’anormal, la puissance divine y remédiera, par exemple, pour les nains et les géants.
ARTICLE 3 : Tous les ressuscités auront-ils le même sexe, le sexe masculin ?
Objections: 1. « Jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’état d’hommes faits », écrit saint Paul.
2. Dans l’autre monde, « il n’y aura plus de supériorité », dit la Glose. La femme ne sera donc plus soumise à l’homme, et n’aura donc plus le sexe qui rend cette soumission naturelle.
3. Ce qui est accidentel et non voulu par la nature ne ressuscitera pas. Or, il en est ainsi du sexe féminin, selon Aristote.
Cependant: : 1. Saint Augustin écrit : « Ceux qui admettent la résurrection des deux sexes semblent plus sages. »
2. Dieu refera par la résurrection ce qu’il fit par la création; les deux sexes y participeront donc.
Conclusion: Si l’on considère les exigences de leur nature individuelle, les ressuscités n’auront pas tous la même quantité, ni le même sexe. Cette diversité est également réclamée par la perfection de l’espèce. Mais la convoitise aura disparu, et, avec elle, tout sentiment de honte.
Solutions : 1. Cette expression signifie simplement la perfection dé l’âme, qui sera dans tous les élus sans distinction.
2. La femme est inférieure à l’homme à cause de sa faiblesse, corporelle et spirituelle. Mais, après la résurrection, ce sont surtout les mérites qui feront la différence entre les élus, quels qu’ils soient.
3. Quoi qu’il en soit de la nature individuelle, la nature, prise dans son ensemble, requiert l’un et l’autre sexe pour la perfection de l’espèce humaine; sans que, d’ailleurs, au ciel, l’un soit inférieur à l’autre, comme on vient de le dire.
ARTICLE 4 : Les ressuscités exerceront-ils les deux principales fonctions de la vie animale ?
Objections: 1. Évangile rapporte que le Christ, idéal des ressuscités, mangea avec ses disciples.
2. L’homme ressuscitera avec tous ses organes: il exercera donc les fonctions auxquelles ils sont destinés.
3. L’homme tout entier doit être béatifié, dans son âme et dans son corps. Or, la béatitude consiste en une action parfaite. Chez les bienheureux, les puissances de l’âme et les organes du corps ne seront donc pas inactifs.
4. La béatitude est « un état rendu parfait par la somme totale de tous les biens »; parfait, c’est-à-dire que « rien n’y manque ». Les plaisirs du corps n’y feront donc pas défaut.
Cependant: : 1. «Après la résurrection, les hommes ne prendront point de femmes, ni les femmes, de maris. »
2. Les deux principales fonctions de la vie animale ont pour but la conservation de l’espèce et de l’individu. Or, après la résurrection, le nombre des prédestinés sera complet; chaque individu aura et gardera la quantité qu’il doit avoir : « il n’y aura plus de mort. » Ces fonctions seront donc inutiles.
Conclusion: La résurrection n’est pas nécessaire pour donner à l’homme sa perfection première qui consiste à posséder tout ce qu’exige sa nature; car l’homme peut y parvenir, en cette vie, par l’action des causes naturelles. Elle est nécessaire pour donner à l’homme sa perfection dernière, pour le faire parvenir à sa fin dernière. Dès lors, tout ce qui est destiné à lui donner ou à lui conserver sa perfection première les actes de la vie animale en lui-même, manger, boire, dormir, procréer, et, en dehors de lui, l’action mutuelle des éléments, le mouvement du ciel, n’existeront plus après la résurrection.
Solutions : 1. Le Christ ressuscité n’avait nul besoin de manger; s’il le fit, c’est qu’il le voulut pour montrer à ses disciples qu’il avait la même nature humaine qu’au temps où il mangeait et buvait avec eux. A la résurrection générale, cette démonstration n’aurait aucune raison d’être, en face de l’évidence. Cet acte du Christ est donc l’effet motivé d’une dispense, au sens juridique, « d’une exception à la loi commune » qui régira les ressuscités.
2. Il ne faut pas considérer seulement les fonctions auxquelles sont destinés les organes, mais encore l’élément de perfection que leur variété apporte à la nature humaine, tant spécifique qu’individuelle.
3. Cette activité n’est pas humaine au sens propre et distinctif de ce mot. Ce n’est donc point par elle que le corps sera béatifié; il le sera par son union à l’âme bienheureuse à laquelle il sera parfaitement soumis.
4. Les plaisirs du corps sont appelés par Aristote « des remèdes », des soulagements à la fatigue et à la monotonie; mais aussi «des maladies », car l’homme est porté à en jouir avec excès, à les prendre pour les vraies joies, comme celui qui a le goût dépravé aime certaines choses que l’homme sain trouve désagréables. Ces plaisirs sont donc étrangers à la béatitude, au rebours de ce que pensent les Juifs, les Mahométans et certains hérétiques appelés Millénaristes. Leur opinion est également contraire à la doctrine d’Aristote, suivant lequel seuls les plaisirs spirituels sont délectables par eux-mêmes et désirables pour eux-mêmes, et donc seuls exigés par la béatitude.
Quant à la taille elle ne sera pas égale pour tous mais il n’y aura pas des excès : chacun aurai la taille à laquelle l’aurait amené une croissance libre et normale pendant sa vie mortelle (sans maladies, déformations, sous-alimentation, etc.)
Quant au sexe : il y aurait deux sexes et ils auront les mêmes droits et la même dignité.
Seulement on ne sait pas s’il y a des enfants ? Ils ne serons pas nécessaires parce que la mort n'existera plus mais si quelqu'un en voudrait ? :unsure:
Quant à manger, boire, dormir, procréer, …qu’est – ce qu’on peut conclure : il ne sera pas nécessaire de le faire mais il peut être fait si nous le voulons ? :unsure:
A suivre…
Cordialement
zora
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Très bonne question que cette question de l'existence au-delà de la mort, question qui nous touche, ou devrait nous toucher au plus profond de nous-mêmes, ce que Pascal avait parfaitement saisi:zora a écrit :
Bonjour à toutes et tous.
Il y a une chose laquelle me crée confusion et sur laquelle je réfléchis déjà un certain temps sans trouver une réponse : l’homme reste-t-il l’homme après la mort ? Toujours quand quelqu’un parle des personnes défuntes et use la parole l’homme (en sens d'être humain) il vient d'être corrigé par un prêtre ou quelqu’un qui prétend en savoir plus. La parole exacte serait l’âme immortelle. Alors, Adam et Eve dans le Paradis terrestre étaient un homme et une femme. Après notre mort et après que le mal sera annulé redevenions-nous comme eux auparavant, avant leur chute, ou quelque chose a été changé irrémédiablement par leur acte et nous serons divers d’eux même si sauvé et redevenus purs et immortels ?
Quelqu’un me saurait répondre à cette question, s’il vous plaît ?
cordialement
zora
Pour faire le point sur cette question et les réponses diverses et variées apportées par les différents courants religieux, philosophiques et idéologiques j'ai établi la classification typologique suivante:
L'immortalité de l'âme est une chose qui nous importe si fort, qui nous touche si profondément, qu'il faut avoir perdu tout sentiment pour être dans l'indifférence de savoir ce qui en est. Toutes nos actions et nos pensées doivent prendre des routes si différentes, selon qu'il y aura des biens éternels à espérer ou non, qu'il est impossible de faire une démarche avec sens et jugement, qu'en la réglant par la vue de ce point, qui doit être notre dernier objet. Ainsi notre premier intérêt et notre premier devoir est de nous éclaircir sur ce sujet, d'où dépend toute notre conduite. Et c'est pourquoi, entre ceux qui n'en sont pas persuadés, je fais une extrême différence de ceux qui travaillent de toutes leurs forces à s'en instruire, à ceux qui vivent sans s'en mettre en peine et sans y penser. Je ne puis avoir que de la compassion pour ceux qui gémissent sincèrement dans ce doute, qui le regardent comme le dernier des malheurs, et qui, n'épargnant rien pour en sortir, font de cette recherche leurs principales et leurs plus sérieuses occupations. Mais pour ceux qui passent leur vie sans penser à cette dernière fin de la vie, et qui, par cette seule raison qu'ils ne trouvent pas en eux-mêmes les lumières qui les en persuadent, négligent de les chercher ailleurs, et d'examiner à fond si cette opinion est de celles que le peuple reçoit par une simplicité crédule, ou de celles qui, quoiqu'obscures d'elles-mêmes, ont néanmoins un fondement très solide et inébranlable, je les considère d'une manière toute différente. Cette négligence en une affaire où il s'agit d'eux-mêmes, de leur éternité, de leur tout, m'irrite plus qu'elle ne m'attendrit; elle m'étonne et m'épouvante, c'est un monstre pour moi. Je ne dis pas ceci par le zèle pieux d'une dévotion spirituelle. J'entends au contraire qu'on doit avoir ce sentiment par un principe d'intérêt humain et par un intérêt d'amour-propre: il ne faut pour cela que voir ce que voient les personnes les moins éclairées. Il ne faut pas avoir l'âme fort élevée pour comprendre qu'il n'y a point ici de satisfaction véritable et solide, que tous nos plaisirs ne sont que vanité, que nos maux sont infinis, et qu'enfin la mort, qui nous menace à chaque instant, doit infailliblement nous mettre dans peu d'années dans l'horrible nécessité d'être éternellement ou anéantis ou malheureux (...).
Blaise PASCAL
I) Constitution de l'homme
1) monisme/dualisme: l'homme est-il une unité réelle (monisme) ou simplement formelle se subdivisant en une pluralité d'unités rélles ?
2) spiritualisme/matérialisme: y-a-t-il en l'homme un principe spirituel ou tout n'est-il chez lui que matière ?
II) Dynamique de l'homme
3) incorruptibilisme/corruptibilisme: y-a-t-il en l'homme quelque chose d'incorruptible ou tout finit-il par se corrompre à un moment ou à un autre ?
4) survivalisme/mortalisme: subsiste-t-il une activité consciente après la mort ?
5) eschatologisme/cyclisme: la dynamique est-elle irréversible ?
6) finitisme/indéfinitisme: la dynamique a t-elle un terme ultime ?
7) légalisme/chaotisme: la dynamique suit-elle des lois ou au contraire est-elle chaotique ?
8) surnaturalisme/naturalisme: la dynamique n'est-elle fonction que de l'ordre naturel des choses ?
Je vais appliquer cette classification sur quelques exemples:
Aristote est 1) moniste: la réalité de la substance est constituée d'un seul bloc, tout le reste n'est qu'abstraction, 2) spiritualiste: il affirme l'âme et en fait le principe du vivant, 3) corruptibiliste: l'âme ne subsite pas après la mort du corps=>il est alors inutile de poursuivre plus loin dans la classification.
Platon est 1) dualiste: l'âme et le corps sont deux choses bien distinctes, 2) spiritualiste: l'âme étant même identique à "l'homme véritable", 3) incorruptibiliste: l'âme immatérielle, prisonnière mais non liée organiquement au corps ne se corrompt jamais, 4) survivaliste: l'âme est encore plus consciente de la réalité une fois affranchie du corps, 5) cycliste: l'âme peut se réincarner, 6) finitiste: l'âme peut se libérer du cycle et s'élever définitivement à la contemplation éternelle des Idées. 7) légaliste: l'âme se réincarne en fonction des erreurs commises dans une vie antérieure 8) naturaliste: pour atteindre son terme l'âme n'a pas besoin d'une grâce surnaturelle.
Le scientisme est 1) moniste: l'homme n'est rien d'autre qu'un organisme biologique 2) matérialiste: pas d'âme informant le corps, la conscience est un "épiphénomène"=> inutile d'aller plus loin
Le bouddhisme est 1) dualiste: l'homme est un agrégat d'esprit et de matière 2) spiritualiste, 3)corruptibiliste: l'esprit aussi finit par se désagréger mais pas immédiatement après la mort 4)survivaliste: survie de l'esprit jusqu'à une "recombinaison totale des flux psychiques"=>dissolution de l'identité de l'homme=> inutile d'aller plus loin.
La particularité de l'immortalité de l'âme chez Kant est que sa progression est linéaire et infinie (indéfinitisme eschatologique), dans le protestantisme on trouve également le sommeil de l'âme jusqu'à la résurrection (incorruptibilisme mortaliste). Il y a donc de multiples combinaisons possibles, toute la question étant de savoir laquelle est la bonne, je rappelerais sans justification rationnelle (faute de temps mais elle existe!) que la position catholique est la suivante:
1)monisme: l'unité de l'homme réside dans l'union de l'âme avec le corps dans le rapport de la forme à sa matière. 2) spiritualisme: l'âme est de nature spirituelle 3) l'âme est incorruptible: immortalité naturelle 4)survivalisme: jugement particulier, la vie de l'âme dans l'au-delà, états de conscience "plus ou moins agréables" 5) eschatologisme: pas de retour en arrière, pas de réincarnation, en attente de la résurrection 6) fin dernière: résurrection, jugement dernier, confirmation du jugement particulier 7) la loi est celle de la justice et de la miséricorde 8) nécessité de la grâce divine pour ressuciter et accéder à la vie éternelle: immortalité surnaturelle
On entend souvent dire "on ne peut savoir, personne n'en est jamais revenu", déjà je ferais remarquer que notre raison nous permet dans bien des cas de savoir de façon certaine sans avoir à expérimenter, ensuite c'est inexact car Dieu nous envoie des signes, le tout étant de les reconnaître et de les distinguer des prodiges du Malin. Je vais citer ici un de ces cas étranges rapporté par Saint Jean Bosco dans sa biographie de Comollo, publiée en 1844, dans son autobiographie partielle de 1873 et confirmé par Don Joseph Fiorito:
Au début de l'automne 1838-il a juste vingt-trois ans-se promenant avec son ami et condisciple de théologie, Louis Comollo, garçon fin, sensible et de haute spiritualité, il est étonné de l'entendre lui dire:
- L'année prochaine, j'espère boire un vin meilleur...Depuis quelque temps, j'éprouve un désir tellement vif d'aller au ciel qu'il me paraît impossible de vivre encore longtemps sur la terre.
Quelques semaines plus tard, poursuivant dans l'étrange, ils s'engagent à ce que le premier des deux qui mourra vienne dire à l'autre, avec la permission de Dieu s'il est en paradis. Décision plutôt morbide pour des jeunes gens, mais Comollo avait, c'est évident, le pressentiment de sa fin prochaine, et l'esprit de Bosco, capable d'intuitions étonnantes, était assurément envahi, lui aussi, du même pressentiment.
Six mois environ après les premières paroles, le 25 mars 1839:
-Je me sens mal, dit Comollo, en apparence bien portant la veille encore, je sens que je vais mourir.
Et le 2 avril, n'ayant pas vingt-deux ans, il meurt d'une maladie aiguë, la main dans celle de son ami:
"La nuit du 4 avril, celle qui suivit la cérémonie d'inhumation, je me trouvais parmi les élèves du cours de théologie dans le dortoir qui donne sur la cour, au sud. J'étais au lit, mais je ne dormais pas. Je pensais à la promesse échangée et, dans la prévision de ce qui pouvait arriver, j'éprouvais un vague sentiment de crainte. Sur le coup de minuit, un bruit sourd se fit entendre au fond du corridor. Il devenait toujours plus sensible, plus profond, plus intense au fur et à mesure qu'il approchait. Ce semblait être un bruit de tombereau, de train de chemin de fer, d'une décharge d'artillerie. Je ne sais trop comment m'exprimer sinon en disant que c'était un ensemble de fracas et de secousses violentes au point de plonger les auditeurs dans une extrême épouvante et de leur enlever la parole.
"A mesure qu'il s'approchait, ce vacarme laissait tout en vibrations derrière lui: les murs, le plafond, le plancher, le pavement du corridor, comme si tout cela était fait de lattes de fer qu'un bras puissant secouait. On ne pouvait se rendre compte de sa progression de telle sorte qu'il était impossible d'en évaluer la distance, elle échappait aux sens. Impossible aussi d'en apprécier l'approche et de dire si son éloignement diminuait. Sa position était (pour nous) aussi incertaine que celle d'une locomotive à vapeur qu'on ne pourrait localiser que grâce à la fumée qu'elle jette dans l'air.
"Les séminaristes de ce dortoir s'éveillent, mais personne ne parle. J'étais pétrifié de terreur. Le bruit s'avance, toujours plus épouvantable. Il est proche du dortoir. La porte s'ouvre violemment d'elle-même. Le fracas continue, toujours plus fort, sans que l'on voie quoi que ce soit sinon une lueur vacillante aux teintes multiples qui semblait être la cause de ce bruit. A un certain moment, silence soudain. La lumière brille plus vive, et on entend distinctement résonner la voix de Comollo qui, par trois fois, appelle son condisciple par son nom et dit: "Je suis sauvé!"
"A ce moment le dortoir devient encore plus lumineux. Le bruit, qui avait cessé, se fait entendre de nouveau, bien plus violent, comme celui d'un coup de tonnerre qui aurait fait crouler la maison. Mais il cessa aussitôt et toute lumière disparut. Mes compagnons sautèrent du lit et fuirent de tous côtés sans trop savoir où. Quelques-uns se regroupèrent dans un coin du dortoir et se serrèrent autour du responsable, Don Joseph Fiorito, de Rivoli. Tous passèrent la nuit dans l'impatience de voir se lever la lumière du jour. J'ai beaucoup souffert et mon épouvante fut telle qu'en cet instant, j'aurais préféré mourir".
In cruce salus. In cruce vita. In cruce protectio ab hostibus. In cruce robur mentis. In cruce gaudium spiritus. In cruce virtus summa. In cruce perfectio sanctitatis. Non est salus animae, nec spes æternæ vitæ, nisi in cruce. Tolle ergo crucem et sequere Jesum, et ibis in vitam æternam.
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