LETTRE DU
GRAND PORTAIL
THOMAS D'AQUIN
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N° 51. EDITION JANVIER MARS 2011 :
Dialectique et métaphysique. La grande différence entre la logique et la philosophie, nous prévient Thomas d’Aquin, tient au fait que la première s’intéresse aux notions, tandis que la seconde s’adresse aux choses. Pourquoi, dès lors, affirme-t-il que le traité sur la substance (livre VII-Z) de la Métaphysique d’Aristote – la pièce la plus volumineuse de l’œuvre et, de l’avis des commentateurs, le cœur même de toute réflexion métaphysique – pourquoi affirme-t-il que ce traité avance entièrement selon un mode logique ? La science suprême des choses se résumerait-elle à une simple introspection mentale ?
Comprenons, tout d’abord, que le mot "logique" s’oppose, dans ce contexte, à scientifique ; il équivaut donc, au fond, au mode le moins probant de raisonner : la dialectique. Pourtant, cette explication ne fait que nous enferrer un peu plus dans le paradoxe !
Il est vrai qu’Aristote est coutumier de la préparation dialectique d’une question épineuse, comme, par exemple, l’existence de l’infini ou l’unité de la définition. Mais cette raison nous paraît un peu courte en l’occurrence. Il ne s’agit plus seulement d’une préparation ; certainement pas, en tout cas, d’une préparation au traité suivant sur les substances physiques. Ce choix de la dialectique doit s’interpréter, comme tous les choix métaphysiques d’Aristote, dans la perspective de son objectif final : parvenir à dire, autant que faire se peut, quelques mots à propos de cet Être immatériel, dont l’existence est une certitude, mais dont l’identité demeure inaccessible à la connaissance humaine, apesentie par la matière et la sensualité.
Il nous faut donc méditer cette remarque apparemment anodine de saint Thomas : « la logique entretient une affinité avec la métaphysique en raison de leur commun degré de généralité ». Un raisonnement dialectique repose, en effet, sur une définition abstraite des choses, indépendamment de leur condition matérielle. Aristote l’illustre dans son Traité de l’âme : Définir la colère comme "un désir de vengeance" (définition logique) ne donne aucune indication physiologique, tandis qu’ajouter "marqué par une poussée de tension artérielle" (définition biologique) en fait mention. La première définition est dialectique, la seconde réunissant les deux, est scientifique et physique. L’insuffisance de la première est patente. Définir demande, en effet, de préciser que telle forme s’accomplit dans telle matière.
Mais de son côté, la métaphysique étudie l’être en tant que tel, qu’il soit ou non matériel, car « certains êtres ne dépendent de la matière ni dans leur existence, ni dans l'intelligence qu'on peut en avoir, soit parce que jamais ils ne sont matériels, comme Dieu ou les esprits, soit parce qu’ils ne sont pas toujours matériels, comme la substance, la puissance, l’acte et l’être lui-même. Or, la métaphysique se consacre à de tels objets » (Commentaire des Physiques).
Métaphysique et dialectique se rencontrent donc dans l’universalité de leur considération, car toutes les deux – mais pour des raisons très inégales – s'intéressent à un objet détaché de la matière. Ce point de rapprochement est essentiel pour la suite. Car Aristote consacre une partie importante du livre sur la substance à montrer que l’essence d'une réalité, sa spécificité, se confond logiquement avec l’être auquel elle appartient de soi. L’être, en ce sens, s'identifie à sa définition. "Homme" n’est, en effet, rien d’autre que "ce que c’est que d’être homme". Cependant, un tel résultat logique n’est pas suffisant pour développer une philosophie des réalités naturelles tenant compte de la condition matérielle, nous venons de le voir. Socrate "en personne" ne se limite pas à son essence. Il est bien davantage que sa stricte humanité.
En va-t-il ainsi, néanmoins, de l'être immatériel ? Sans doute non, car la raison pour laquelle l’individu Socrate ne se limite pas à sa seule essence humaine, mais y ajoute toute sa personnalité, c’est précisément l’ensemble des marques charnelles qui lui sont propres : sa taille, son faciès, ses humeurs, … ; ce sont elles qui en font une personne unique, incomparable et indéfinissable, comme chacun de ses congénères, et comme chaque chose précise en ce monde. Mais cet écart entre l’être et l’essence n’existe plus pour la substance immatérielle, par définition devons-nous dire, puisque c’est la matière qui instaure la distance. Tout énoncé logique à son sujet, définira donc son individualité même, puisque son être se confond avec son essence.
Si donc les conclusions dialectiques sur la substance en général s’appliquent bien communément aux substances naturelles – et c’est au livre VIII-H de l’attester – alors, la recherche rationnelle de notes essentielles sur la substance ouvrira une voie royale en direction de l’Être premier. Car désormais, ce que la dialectique dira abstraitement de toute substance, la métaphysique l’affirmera concrètement de Dieu "en personne". C’est ce que veut préparer le traité de la substance ; c’est ce qu’exploitera finalement le traité sur Dieu (livre XII-L)
Rencontre avec le Christ à l'heure de la mort ?
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- Arnaud Dumouch
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?
Je trouve en ce jour un article de Guy Delaporte qui répond à notre débat :
Arnaud
-
Chris Prols
- Barbarus

Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?
Mais c'est ce cher Arnaud que je retrouve ici!
Bonjour Arnaud!
Pour répondre à la question de ce dossier, non, la théologie d'Arnaud n'est pas fiable.
Sa thèse principale, à savoir l'illumination finale, est même condamnée par l'Eglise:
C'est votre fond de commerce, cher Arnaud.
Et comme je commence à bien connaître votre thé au logis, je peux vous dire que vous avez tout faux...
Bonjour Arnaud!
Pour répondre à la question de ce dossier, non, la théologie d'Arnaud n'est pas fiable.
Sa thèse principale, à savoir l'illumination finale, est même condamnée par l'Eglise:
C'était la thèse hérétique du Père Getino, que vous reprenez mot pour mot.Condamnation par le Saint Office, en 1936, de la thèse de l'illumination du père Getino, dominicain espagnol a écrit :Opinion condamnée :
quilibet viator tam adultus quam non adultus, Saracenus, Judaeus
et paganus, etiam in utero materno defunctus, habebit claram visionem Dei ante mortem suam, qua visione manente habebit electionem liberam convertendi se ad Deum vel divertendi se ab eo ; et si pro tunc elegerit converti se ad Deum, salvabitur, sin autem minus, damnabitur.
Traduction : Toute personne dans l'état de voie [c'est à dire tout personne sur terre, non encore arrivée au terme de sa vie qui est soit l'enfer, le purgatoire ou le paradis], tant adulte que non adulte, musulman, juif et païen, même mort dans le sein maternel, aura une claire vision de Dieu avant sa mort, vision par laquelle il aura le libre choix de se convertir à Dieu ou de s'en détourner ; et si alors il choisit de se tourner vers Dieu, il sera sauvé, autrement, il sera damné.
C'est votre fond de commerce, cher Arnaud.
Et comme je commence à bien connaître votre thé au logis, je peux vous dire que vous avez tout faux...
- Arnaud Dumouch
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?
Bonjour Chris Prols,
Le texte que vous citez ici n'est pas du père Getino mais d'un théologien du Moyen âge (John Wyklif) qui défendait un moment de vision béatifique avant la mort (une claire vision de Dieu).
Mais peu importe. Parlons de l'illumination finale par une grâce (thèse du Père Getino). Il est vrai que Chris Prols qui est sédévacantiste, ne va pas aimer ce que je vais lui rappeler par la suite puisque, pour lui, Jean-Paul II est un antipape :
Faustine Kowalska fut mise à l'index par le Saint Office en 1959 à cause de ses œuvres suspectes d’hérésie sur l'illumination finale. Après une tentative avortée de convaincre le pape Pie XII de signer une condamnation, le cardinal Alfredo Ottaviani du Saint-Office a inclus ses livres sur une liste qu'il a présenté au pape Jean XXIII. Le pape a signé le décret qui a placé ses œuvres dans l'index des livres interdits et ils y sont restés plus de 20 ans. Le Père Polonais Sopoćko a été durement réprimandé, et tout son travail de publication de Faustine a été supprimé. Toutefois, Mgr Eugeniusz Baziak, l'archevêque de Cracovie, a permis aux religieuses de maintenir l'image du Christ miséricordieux dans leur chapelle pour que ceux qui voulaient continuer à prier avant de pouvoir le faire.
Voilà ce que contient l'oeuvre de Faustina :
Je vous mets, cher Chris Prols, l'un des textes en cause de sainte Faustine :
Cependant, je dois ajouter que je défends quelque chose de très différent de sainte Faustine : Pour elle, à l'heure de la mort, le mourant reçoit une simple illumination finale. Pour moi, l'âme reçoit l'apparition glorieuse et visible de Jésus dans sa gloire, accompagné des saints et des anges.
C'est d'ailleurs cette hypothèse là que présente à l'Eglise le pape Benoît XVI (dont vous rejetez aussi la légitimité) dans l'encyclique Spe salvi 47 :
Benoît XVI, encyclique Spe salvi, 47 :
Le texte que vous citez ici n'est pas du père Getino mais d'un théologien du Moyen âge (John Wyklif) qui défendait un moment de vision béatifique avant la mort (une claire vision de Dieu).
Mais peu importe. Parlons de l'illumination finale par une grâce (thèse du Père Getino). Il est vrai que Chris Prols qui est sédévacantiste, ne va pas aimer ce que je vais lui rappeler par la suite puisque, pour lui, Jean-Paul II est un antipape :
Faustine Kowalska fut mise à l'index par le Saint Office en 1959 à cause de ses œuvres suspectes d’hérésie sur l'illumination finale. Après une tentative avortée de convaincre le pape Pie XII de signer une condamnation, le cardinal Alfredo Ottaviani du Saint-Office a inclus ses livres sur une liste qu'il a présenté au pape Jean XXIII. Le pape a signé le décret qui a placé ses œuvres dans l'index des livres interdits et ils y sont restés plus de 20 ans. Le Père Polonais Sopoćko a été durement réprimandé, et tout son travail de publication de Faustine a été supprimé. Toutefois, Mgr Eugeniusz Baziak, l'archevêque de Cracovie, a permis aux religieuses de maintenir l'image du Christ miséricordieux dans leur chapelle pour que ceux qui voulaient continuer à prier avant de pouvoir le faire.
Voilà ce que contient l'oeuvre de Faustina :
Or il y a parfois d’intéressants de retournements de l'histoire:Dans ladite publication, [b]on défend en outre, ex professo une étrange théorie concernant une prétendue illumination spéciale que les âmes humaines recevraient de Dieu au moment de leur séparation du corps, et grâce à laquelle elles se convertiraient intimement et parfaitement au Créateur et seraient ainsi justifiées et sauvées. [/b]Il n'est pas nécessaire, certes, de beaucoup de paroles pour faire comprendre combien grave est le danger caché sous ces théories qui, non seulement n'ont aucun fondement dans la Révélation, mais sont même en contradiction avec elle et avec le sentiment commun de l'Église. »
[/color]Canonisée par Jean-Paul II le 30 avril 2000, sainte Faustine Kowalska est avec Marthe Robin, une de celle qui VOIT DE SES YEUX, la mort comme un passage..
Je vous mets, cher Chris Prols, l'un des textes en cause de sainte Faustine :
En effet, si sainte Faustine et son illumination finale fut mise à l'Index, ce n'était pas parce que cette thèse s'opposait à la foi, mais parce qu'elle s'opposait à la synthèse thomiste que professait avec ferveur le cardinal Alfredo Ottaviani.« Petit journal 1697. J’accompagne souvent les âmes agonisantes et je leur obtiens la confiance en la miséricorde divine. Je supplie Dieu de leur donner toute la grâce divine, qui est toujours victorieuse. La miséricorde divine atteint plus d’une fois le pécheur au dernier moment, d’une manière étrange et mystérieuse. A l’extérieur, nous croyons que tout est fini, mais il n’en est pas ainsi. L’âme éclairée par un puissant rayon de la grâce suprême, se tourne vers Dieu avec une telle puissance d’amour, qu’en un instant elle reçoit de Dieu le pardon de ses fautes et de leurs punitions. Elle ne nous donne à l’extérieur aucun signe de repentir ou de contrition, car elle ne réagit plus aux choses extérieures. Oh ! Que la miséricorde divine est insondable !
Mais horreur! Il y a aussi des âmes, qui volontairement et consciemment, rejettent cette grâce et la dédaignent. C’est déjà le moment même de l’agonie. Mais Dieu, dans sa miséricorde, donne à l’âme dans son for intérieur ce moment de clarté. Et si l’âme le veut, elle a la possibilité de revenir à Dieu.
Mais parfois, il y a des âmes d’une telle dureté de cœur qu’elles choisissent consciemment l’enfer. Elles font échouer non seulement toutes les prières que d’autres âmes dirigent vers Dieu à leur intention, mais même aussi les efforts divins. »
Cependant, je dois ajouter que je défends quelque chose de très différent de sainte Faustine : Pour elle, à l'heure de la mort, le mourant reçoit une simple illumination finale. Pour moi, l'âme reçoit l'apparition glorieuse et visible de Jésus dans sa gloire, accompagné des saints et des anges.
C'est d'ailleurs cette hypothèse là que présente à l'Eglise le pape Benoît XVI (dont vous rejetez aussi la légitimité) dans l'encyclique Spe salvi 47 :
Benoît XVI, encyclique Spe salvi, 47 :
« Certains théologiens récents sont de l'avis que le feu qui brûle et en même temps sauve est le Christ lui-même, le Juge et Sauveur. La rencontre avec le Christ est l'acte décisif du Jugement. Devant son regard s'évanouit toute fausseté. C'est la rencontre avec Lui qui, nous brûlant, nous transforme et nous libère pour nous faire devenir vraiment nous-mêmes. Les choses édifiées durant la vie peuvent alors se révéler paille sèche, vantardise vide et s'écrouler. Mais dans la souffrance de cette rencontre, où l'impur et le malsain de notre être nous apparaissent évidents, se trouve le salut. Le regard du Christ, le battement de son cœur nous guérissent grâce à une transformation certainement douloureuse, comme « par le feu. » Cependant, c'est une heureuse souffrance, dans laquelle le saint pouvoir de son amour nous pénètre comme une flamme, nous permettant à la fin d'être totalement nous-mêmes et avec cela totalement de Dieu. Ainsi se rend évidente aussi la compénétration de la justice et de la grâce: notre façon de vivre n'est pas insignifiante, mais notre saleté ne nous tache pas éternellement, si du moins nous sommes demeurés tendus vers le Christ, vers la vérité et vers l'amour. En fin de compte, cette saleté a déjà été brûlée dans la Passion du Christ. Au moment du Jugement, nous expérimentons et nous accueillons cette domination de son amour sur tout le mal dans le monde et en nous. La souffrance de l'amour devient notre salut et notre joie. Il est clair que la « durée » de cette brûlure qui transforme, nous ne pouvons la calculer avec les mesures chronométriques de ce monde. Le « moment » transformant de cette rencontre échappe au chronométrage terrestre – c'est le temps du cœur, le temps du « passage » à la communion avec Dieu dans le Corps du Christ [39]. Le Jugement de Dieu est espérance, aussi bien parce qu'il est justice que parce qu'il est grâce. S'il était seulement grâce qui rend insignifiant tout ce qui est terrestre, Dieu resterait pour nous un débiteur de la réponse à la question concernant la justice – question décisive pour nous face à l'histoire et face à Dieu lui-même. S'il était pure justice, il pourrait être à la fin pour nous tous seulement un motif de peur. L'incarnation de Dieu dans le Christ a tellement lié l'une à l'autre – justice et grâce – que la justice est établie avec fermeté: nous attendons tous notre salut « dans la crainte de Dieu et en tremblant » (Ph 2, 12). Malgré cela, la grâce nous permet à tous d'espérer et d'aller pleins de confiance à la rencontre du Juge que nous connaissons comme notre « avocat » (parakletos) (cf. 1 Jn 2, 1). »
Arnaud
-
Chris Prols
- Barbarus

Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?
Mon cher Arnaud, vous le dites vous-même:
Inutile dès lors de dévier sur Faustine Kowalska ou sur Marthe Robin...
Pourtant, cette thèse est condamnée:Arnaud a écrit :Pour moi, l'âme reçoit l'apparition glorieuse et visible de Jésus dans sa gloire, accompagné des saints et des anges.
Condamnation par le Saint Office, en 1936, de la thèse de l'illumination du père Getino a écrit :Toute personne dans l'état de voie [c'est à dire tout personne sur terre, non encore arrivée au terme de sa vie qui est soit l'enfer, le purgatoire ou le paradis], tant adulte que non adulte, musulman, juif et païen, même mort dans le sein maternel, aura une claire vision de Dieu avant sa mort, vision par laquelle il aura le libre choix de se convertir à Dieu ou de s'en détourner ; et si alors il choisit de se tourner vers Dieu, il sera sauvé, autrement, il sera damné.
Inutile dès lors de dévier sur Faustine Kowalska ou sur Marthe Robin...
- Arnaud Dumouch
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?
Cher Chris Prols, ce texte là vise John Wiclyf. Vous vous trompez de référence. Le père Getino ne fut pas mis à l'index pour avoir dit qu'il y avait un moment de vision béatifique (= claire vision de Dieu) à l'heure de la mort.
Il fut mis à l'index pour avoir soutenu une thèse peu sûre et opposée au thomisme sur l'illumination finale à l'heure de la mort par une grâce. Il fut aussi condamné pour avoir affirmé que des gens sortiraient de l'enfer. A sa suite, sainte Faustine fut mise à l'index pour le motif de l'illumination finale.
La mise à l'index n'est pas équivalente à une condamnation dogmatique définitive, mais à une mise en garde pastorale. Et en voici la preuve : Saint Faustine fut sortie de l'index en 1982 et canonisée par Jean-Paul II ce qui signifie que cette affirmation, si elle reste opposée au thomisme, n'est pas contre la foi.
Mais cette affirmation n'est pas mon affirmation. Elle ressemble plutôt à celle du pape Innocent III (à titre privé) :
Il fut mis à l'index pour avoir soutenu une thèse peu sûre et opposée au thomisme sur l'illumination finale à l'heure de la mort par une grâce. Il fut aussi condamné pour avoir affirmé que des gens sortiraient de l'enfer. A sa suite, sainte Faustine fut mise à l'index pour le motif de l'illumination finale.
La mise à l'index n'est pas équivalente à une condamnation dogmatique définitive, mais à une mise en garde pastorale. Et en voici la preuve : Saint Faustine fut sortie de l'index en 1982 et canonisée par Jean-Paul II ce qui signifie que cette affirmation, si elle reste opposée au thomisme, n'est pas contre la foi.
Mais cette affirmation n'est pas mon affirmation. Elle ressemble plutôt à celle du pape Innocent III (à titre privé) :
D’Innocent III (1160-1216), Le mépris du monde ou la misère de la condition humaine, Livre 3
Chapitre 43.
Au sujet de la venue du Christ au jour de la mort de chaque homme.
« Tant le bon que le méchant voit le Christ en croix, avant que l’âme ne sorte du corps. Le méchant le voit à sa confusion, pour rougir de ne pas avoir été racheté par le sang du Christ, comme sa faute l’exige. C’est pourquoi il est dit des méchants dans l’évangile : « Ils verront celui qu’ils ont transpercé » (Jn 19, 37), ce qui s'entend de la venue du Christ au jugement, et de sa venue au jour de la mort de chaque homme.
Le bon, lui, le voit pour son exultation. Et nous tirons cela des paroles de l’Apôtre qui dit : « Jusqu'à l’avènement de Notre Seigneur Jésus-Christ » (1Tm 6, 14), c’est-à-dire au jour de la mort, quand le Christ en croix apparaît tant aux bons qu’aux méchants ; et le Christ lui-même dit à propos de Jean l’évangéliste : « Si je veux que celui-ci demeure, jusqu’à ce que je vienne » (Jn 21, 22), c’est-à-dire « jusqu’à ce que je vienne à sa mort ».
De fait, nous lisons qu’il y a quatre venues du Christ : deux visibles et deux invisibles.
La première venue visible fut dans la chair, quand il est né de la Vierge ; la deuxième venue visible est au Jugement, quand il jugera les bons et les méchants, quand il mettra les brebis à sa droite et les boucs à sa gauche.
La première venue invisible se fait dans l’esprit du juste par la grâce ; c’est pourquoi le Christ dit de l’homme juste : « Nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui » (Jn 14, 23). Donc l’âme du juste est le siège et la demeure de Dieu, ainsi qu’il est écrit : « L’âme du juste est le trône de Dieu », parce que Dieu siège en lui par la grâce. La deuxième venue invisible est à la mort de chaque fidèle ; c’est pourquoi Jean, dans l’Apocalypse, désirant être libéré de la prison du corps, dit au Christ : « Viens, Seigneur Jésus » (Ap 22, 20), c’est-à-dire à ma mort ; c’est pourquoi on dit qu’au jour de sa mort, le Christ vint à sa rencontre. »
Arnaud
Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?
Saint Thomas a montré qu’il était impropre d’appeler Dieu substance, et l’Eglise l’a suivi puisqu’elle ne parle jamais de la « substance divine ». Essayons de comprendre pourquoi.Guy Delaporte a écrit :
Car désormais, ce que la dialectique dira abstraitement de toute substance, la métaphysique l’affirmera concrètement de Dieu "en personne".
La substance, si elle ne peut être prédiquée d’un autre, reste en revanche prédicable d’elle-même. La substance est bien le dernier sujet d’attribution, mais elle peut encore être attribuée à elle-même : A est A.
Or il faut bien saisir ce qu’implique la prédication : A est B mais B n’est pas A. Le ciel est bleu, mais le bleu n’est pas le ciel. Ainsi la prédication introduit une distinction réelle entre A et B au sein même de A. Le bleu du ciel est réellement distinct du ciel.
Quelle est donc alors la distinction réelle introduite au sein même de la substance lorsqu’elle est prédiquée d’elle-même ? De prime abord « A est A » est une tautologie, sauf que le premier A occupe la position du sujet et le second A celle du prédicat. De cette différence de position on pourrait en déduire que A n’est pas A, ce qui serait contradictoire avec « A est A ». Eh bien c’est là, pour éviter la contradiction, qu’il faut distinguer entre le A sujet d’existence et le A prédicat essentiel. La distinction réelle introduite au sein même de la substance est donc la distinction réelle entre l’existence et l’essence de A.
Or puisqu’en Dieu il n’y a pas de distinction réelle entre son essence et son existence, cela implique qu’il n’est pas substance, qu’il ne peut pas être prédiqué de lui-même, bref qu’il est imprédicable.
Voilà pourquoi on dit que « Dieu est par soi » mais on ne dit pas que « Dieu est en soi et par soi » car l’ « esse in et per se » est l’esse de la substance.
Le « par » désigne la causalité au sens large, le « par et en » désigne une causalité d’un certain type, c’est à dire une causalité où l’effet n’existe pas en dehors de sa cause : le bleu du ciel n’existe pas en dehors du ciel.
C’est la causalité au sens large, où l’effet peut exister en dehors de ses causes, qui permet de remonter jusqu'à Dieu et à la création comme un acte extrinsèque à la cause première, alors que la prédication nous fait remonter à plusieurs substances ou derniers sujets d’attribution.
Spinoza et Maître Eckart avant lui, pensait qu’il n’y avait aucune séparation entre Dieu et les substances créées, que cette distance entre Lui et nous était illusoire, que nous étions en fait les prédicats de la substance divine.
Pour éviter ce type d’erreur, il faut donc bien prendre soin de distinguer ces deux types de causalité, celle où l’effet existe hors de ses causes (comme un enfant existe hors de ses parents) et celle où l’effet n’existe pas hors de ses causes. (Le « oui » ou le « non » n’existe pas en dehors de la personne qui les prononce)
Un Tel verra comme feu Celui qu'il n'a pas connu comme lumière (St Grégoire Le Théologien)
- Arnaud Dumouch
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?
Amfortas a écrit :Saint Thomas a montré qu’il était impropre d’appeler Dieu substance, et l’Eglise l’a suivi puisqu’elle ne parle jamais de la « substance divine ». Essayons de comprendre pourquoi.Guy Delaporte a écrit :
Car désormais, ce que la dialectique dira abstraitement de toute substance, la métaphysique l’affirmera concrètement de Dieu "en personne".
Cher Amfortas,
Votre recherche vient, là encore, de votre identification entre deux science différentes : la science du langage (la logique) et la science de l'être (la métaphysique).
Vous appelez à votre aide saint Thomas a tort.
Bien sûr que pour lui Dieu est une substance (au sens métaphysique).
Rien que dans sa Ia pars, saint Thomas démontre par 16 fois que Dieu est une substance.
Je vous mets un article ou il aborde Dieu par cette notion :
Je pense que vous serez passionné de discuter avec Guy Delaporte sur son forum :
Ia Q. 13, Article 2 — Certains noms attribués à Dieu désignent-ils la substance divine ?
Objections :
1. Il semble qu’aucun nom attribué à Dieu ne désigne la substance divine. En effet, S. Jean Damascène écrit : “ Chacun des noms donnés à Dieu ne vise pas à signifier ce qu’il est selon sa substance, mais à montrer soit ce qu’il n’est pas, soit sa relation à d’autres, soit ce qui est consécutif à sa nature ou à son opération. ”
2. Denys affirme : “Tu trouveras chez les saints interprètes de la doctrine sacrée un hymne de louange, où les appellations de Dieu se partagent et s’expliquent d’après les degrés divers de ses manifestations. ” Cela signifie que les noms employés par les saints docteurs pour la divine louange se distinguent seulement selon que les perfections qu’ils signifient procèdent de Dieu. Or signifier d’une chose qu’elle procède d’une autre, c’est ne rien signifier de l’essence de cette dernière. Donc les noms que l’on dit de Dieu ne se rapportent pas à ce qu’il est substantiellement.
3. On ne peut nommer les êtres que de la manière dont on les connaît ; or, en cette vie, Dieu n’est pas connu selon sa substance. Donc aucun des noms qui sont dits de Dieu ne le désigne selon sa substance.
En sens contraire, S. Augustin nous dit : “ Pour Dieu, c’est tout un d’être, et d’être fort, sage ou quoi que ce soit que vous disiez de cette simplicité en vue d’en signifier la substance. " Donc tous les noms de ce genre signifient la substance divine.
Réponse :
Manifestement les noms qui sont dits de Dieu par manière de négation, ou qui expriment un rapport de Dieu à la créature ne signifient en aucune manière sa substance, mais qu’il n’est pas ceci ou cela, ou bien sa relation à autre chose, ou mieux la relation d’autre chose à lui. Mais au sujet des noms qui sont attribués à Dieu de façon absolue et affirmative, comme “ bon ”, “ sage ” et autres semblables, on a émis à ce sujet des opinions multiples.
Certains ont dit que tous ces noms, bien que de forme affirmative, sont destinés à écarter de Dieu quelque chose, plutôt qu’à dire ce qu’il est. Ainsi, selon eux, dire que Dieu est vivant, c’est dire qu’il n’est pas ce que sont les choses sans vie, et ainsi du reste. Telle est l’opinion de Rabbi Moïse. D’autres disent que ces noms ne veulent signifier que le rapport de Dieu à la créature, de sorte que quand nous disons : “ Dieu est bon ”, cela veut dire : “ Dieu est cause de la bonté dans les choses. ” Et ainsi en est-il des autres noms.
Mais aucune de ces opinions ne paraît admissible, pour trois motifs. Premièrement, selon aucune de ces interprétations on ne peut expliquer pourquoi on appliquerait à Dieu certains noms plutôt que d’autres. Ainsi Dieu est cause des corps autant que des choses bonnes. Si quand on dit : Dieu est bon, l’on ne signifie rien d’autre que : Dieu est cause des choses bonnes, on pourra donc dire tout aussi bien que Dieu est un corps parce qu’il est cause des corps. Également, on pourrait dire qu’il est un corps pour dire qu’il n’est pas purement en puissance, comme la matière première. Deuxièmement, il résulterait de là que les noms appliqués à Dieu ne lui conviendraient qu’en second, comme quand nous disons d’une médecine qu’elle est saine pour dire seulement qu’elle est cause de santé pour l’animal auquel le mot “ sain ” convient d’abord. Troisièmement, cela est contraire à l’intention de ceux qui parlent de Dieu. Quand ils disent de Dieu qu’il est vivant, ce qu’ils veulent dire, ce n’est pas qu’il est la cause de notre vie ni qu’il diffère des corps sans vie.
C’est pourquoi nous devons parler autrement : ces termes signifient bien la substance divine, et sont attribués à Dieu substantiellement ; mais ils ne réussissent pas à le représenter. En voici la raison. Les noms que nous donnons à Dieu le signifient à la manière dont nous le connaissons. Or, notre esprit connaissant Dieu à partir des créatures, il le connaît pour autant que les créatures le représentent, et on a montré plus haut que Dieu qui est absolument et universellement parfait a primordialement en lui-même toutes les perfections qu’on trouve dans les créatures. Il suit de là qu’une créature quelconque représente Dieu et lui est semblable dans la mesure où elle a quelque perfection ; non pas certes qu’elle le représente comme un être de même espèce ou de même genre, mais comme le principe transcendant dont les effets sont déficients à l’égard de sa forme à lui, mais dont ils retiennent pourtant une certaine ressemblance, à la manière dont les formes des corps inférieurs représentent la vertu du soleil. C’est ce que nous avons exposé plus haut en parlant de la perfection divine. Ainsi donc, les noms allégués signifient la substance divine, mais ils la signifient imparfaitement comme les créatures la représentent imparfaitement. Donc, lorsqu’on dit : Dieu est bon, le sens n’est pas : Dieu est cause de bonté, ou bien : Dieu n’est pas mauvais ; mais le sens est : Ce que nous appelons bonté dans les créatures préexiste en Dieu, quoique selon un mode supérieur. Il ne s’ensuit donc pas qu’il appartienne à Dieu d’être bon en tant qu’il cause la bonté ; mais plutôt, inversement, parce qu’il est bon il répand la bonté dans les choses, selon ces paroles de S. Augustin : “ Parce qu’il est bon, nous sommes. ”
Solutions :
1. Si le Damascène dit que ces noms ne signifient pas ce que Dieu est, c’est parce que par aucun d’entre eux n’est exprimé parfaitement ce qu’il est : chacun pourtant le signifie imparfaitement, de même que les créatures le représentent imparfaitement.
2. Dans la signification des noms, autre chose parfois est ce dont le nom a été tiré, autre chose ce qu’il est destiné à signifier : ainsi le mot pierre (lapis) a été choisi parce que la pierre blesse le pied (laedit pedem) ; et pourtant il ne signifie pas “ ce qui blesse le pied ”, mais bien une espèce de corps ; sans quoi, tout ce qui blesse le pied serait une pierre. Ainsi donc, les noms divins dont on parle ont bien pour origine les processus créateurs qui partent de la Divinité ; de même, en effet, que selon les diverses perfections participées, qu’elles tiennent de Dieu, les créatures le représentent, bien qu’imparfaitement, de même notre intelligence le connaît et le nomme selon chaque perfection qui procède de lui. Cependant les noms divins ne sont pas destinés à signifier les processions divines en elles-mêmes, comme si, en disant : Dieu est vivant, on entendait : de lui procède la vie ; mais bien à signifier le Principe même des choses, sous l’aspect où la vie préexiste en lui, bien que ce soit sous une forme plus éminente que nous ne pouvons le comprendre ou l’exprimer.
3. Nous ne pouvons en cette vie connaître l’essence divine selon ce qu’elle est en elle-même ; mais nous la connaissons telle qu’elle est représentée dans les perfections des créatures, et c’est ainsi que l’expriment les noms employés par nous.
http://www.thomas-d-aquin.com/Pages/For ... Cadre.html
Arnaud
Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?
Bonjour Monsieur Dumouch,
Vous faites erreur, car je n’ai jamais postulé implicitement ou explicitement une identité entre les deux sciences, mais le caractère architectonique de l’une sur l’autre, à savoir qu’il est impossible de faire sérieusement de la métaphysique sans s’appuyer sur la logique.
Et je ne saurais trop vous conseiller de méditer sur ce passage de l’ Écriture
« Dieu a créé toutes choses selon le Nombre, le Poids, la Mesure » (Sg 11,20)
C’est à dire que l’être est ordonné suivant le discours divin ou Logos et que par conséquent la science de l’être est subordonnée à la science de la logique.
Rappelons aussi que le nominalisme, dont le plus éminent représentant était Guillaume d’Occam, a été condamné, parce que justement sa thèse revenait, en soustrayant la logique aux choses pour la placer exclusivement du côté du langage, à nier que les choses soient régies par une logique et des principes universels, donc à nier que Dieu avait ordonné l’être créé selon son Verbe. (avec comme conséquence la négation de la sagesse divine et l’affirmation de l’arbitraire divin)
Précisons d’ailleurs que même du simple point de vue de la raison, une telle opinion est intenable : comment expliquer l’accord entre les sciences positives et l’expérience, entre les loi naturelles et leur découverte et formulation par l’homme ? si ce n’est par une immanence de la logique aux choses, et non une hypothétique harmonie préétablie, comme l’avait envisagé Leibniz ou encore les catégories de jugement a priori de Kant.
( Ia , Q. III , art 5 )
Si donc l’on attribue la substantialité à Dieu, ce n’est pas pour l’identifier formellement à une substance, ce qui serait une grave erreur, mais pour affirmer par réduction son existence par soi. (rappelons que l’esse de la substance n’est pas seulement per se mais aussi in se).
L’existence (ex-sistence) c’est « se tenir hors de », la subsistance (sub-sistence) c’est « se tenir sous ». Le sujet se tient hors de son essence et sous ses accidents. (on pourrait dire qu’il est entre le fond et la surface).
Comme Dieu n’a pas d’accident et que son essence n’est pas réellement distincte de son existence, on comprend pourquoi il n’est pas formellement substance.
Enfin n’oublions pas que le terme « consubstantialité » convient beaucoup mieux à Dieu puisqu’il exprime très clairement le dogme catholique et ouvre au Mystère de la Sainte Trinité.
Arnaud Dumouch a écrit :
Votre recherche vient, là encore, de votre identification entre deux science différentes : la science du langage (la logique) et la science de l'être (la métaphysique).
Vous faites erreur, car je n’ai jamais postulé implicitement ou explicitement une identité entre les deux sciences, mais le caractère architectonique de l’une sur l’autre, à savoir qu’il est impossible de faire sérieusement de la métaphysique sans s’appuyer sur la logique.
Et je ne saurais trop vous conseiller de méditer sur ce passage de l’ Écriture
« Dieu a créé toutes choses selon le Nombre, le Poids, la Mesure » (Sg 11,20)
C’est à dire que l’être est ordonné suivant le discours divin ou Logos et que par conséquent la science de l’être est subordonnée à la science de la logique.
Rappelons aussi que le nominalisme, dont le plus éminent représentant était Guillaume d’Occam, a été condamné, parce que justement sa thèse revenait, en soustrayant la logique aux choses pour la placer exclusivement du côté du langage, à nier que les choses soient régies par une logique et des principes universels, donc à nier que Dieu avait ordonné l’être créé selon son Verbe. (avec comme conséquence la négation de la sagesse divine et l’affirmation de l’arbitraire divin)
Précisons d’ailleurs que même du simple point de vue de la raison, une telle opinion est intenable : comment expliquer l’accord entre les sciences positives et l’expérience, entre les loi naturelles et leur découverte et formulation par l’homme ? si ce n’est par une immanence de la logique aux choses, et non une hypothétique harmonie préétablie, comme l’avait envisagé Leibniz ou encore les catégories de jugement a priori de Kant.
Eh bien lisez par exemple ce que dit Michel Bastit sur le portail « Saint Thomas d’Aquin » que vous m’avez vous-même indiqué :Arnaud Dumouch a écrit :
Vous appelez à votre aide saint Thomas a tort.
Bien sûr que pour lui Dieu est une substance (au sens métaphysique).
Rien que dans sa Ia pars, saint Thomas démontre par 16 fois que Dieu est une substance.
« Solutions: 1. Le terme de « substance » ne signifie pas seulement « être par soi », puisqu'il n'est pas possible que l'être soit un genre, on vient de le dire. Ce qu'il signifie, c'est l'essence à laquelle il appartient d'exister ainsi, à savoir par soi-même, sans pour autant que son existence s'identifie avec son essence. Il est donc manifeste que Dieu n'est pas dans le genre substance »
Dieu peut-il ne pas être substance ?
Auteur: Bastit Michel
Date: 21-10-2004 15:42
chers amis ,
je viens de relire le texte de la Somme où ST Thomas explique que Dieu n'est pas substance ( Ia , Q. III , art 5 ) , même "réductive" , selon le commentaire de Cajetan ainsi que celui du De Potentia ( Q. 7 art 3) où il semble admettre , in fine , la possibilité de cette hypothèse .
Quoiqu'il en soit le pensée de St Thomas ici est indiscutable : Dieu n'est pas substance . La proposition contraire impliquerait qu'il soit dans un genre , source de limite, et surtout d'une communauté entre Lui et les créatures .
( Ia , Q. III , art 5 )
Si donc l’on attribue la substantialité à Dieu, ce n’est pas pour l’identifier formellement à une substance, ce qui serait une grave erreur, mais pour affirmer par réduction son existence par soi. (rappelons que l’esse de la substance n’est pas seulement per se mais aussi in se).
L’existence (ex-sistence) c’est « se tenir hors de », la subsistance (sub-sistence) c’est « se tenir sous ». Le sujet se tient hors de son essence et sous ses accidents. (on pourrait dire qu’il est entre le fond et la surface).
Comme Dieu n’a pas d’accident et que son essence n’est pas réellement distincte de son existence, on comprend pourquoi il n’est pas formellement substance.
Enfin n’oublions pas que le terme « consubstantialité » convient beaucoup mieux à Dieu puisqu’il exprime très clairement le dogme catholique et ouvre au Mystère de la Sainte Trinité.
Un Tel verra comme feu Celui qu'il n'a pas connu comme lumière (St Grégoire Le Théologien)
- Arnaud Dumouch
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?
Encore faut-il savoir aborder cette réalité avec une saine épistémologie.Amfortas a écrit : Et je ne saurais trop vous conseiller de méditer sur ce passage de l’ Écriture
« Dieu a créé toutes choses selon le Nombre, le Poids, la Mesure » (Sg 11,20)
Vous abordez le domaine de l'être par des définitions que vous catégorisez, comme de juste, en genre et différence spécifique. Ainsi, dans cette approche, l'holmme est "animal" (genre) raisonnable (spécification). S'il pert son genre par la mort, la définition est brisée.
Et, comme en toute logique, vous en arrivez à des conclusions opposées à la foi, comme je vous l'ai montré plus haut :
Amfortas a écrit:
2° Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus n’est donc plus une personne vivante et active
En philosophie de l'être, l'approche de l'homme n'est plus du tout la même. On ne se soucie plus de définir, on cherche à savoir cce qui est la cause de son être et de l'unité de ses accidents.
Cette cause est sa substance et cette substance, conclut saint Thomas d'Aquin, est son âme. Tous les accidents son unifiés opour former un seul être par cette substance.
C'est sa substance (donc son âme s^pirituelle) qui fait de l'homme une personne immortelle. Lorsque la mort vient frapper l'homme, la cause de son être survit et l'âme spirituelle passe dans l'autre monde. Le corps va au tombeau.
ainsi, dans l'autre monde, si l'homme n'est plus un animal raisonnable, il n'en reste pas moins une personne vivante qui pose des choix et peut nous aider. Sa personne est certes incomplète et sa substance aspire au retour du corps.
Vous le voyez, par ces deux approches épistémologiquement différentes, on arrive à la vérité.
Eh bien lisez par exemple ce que dit Michel Bastit sur le portail « Saint Thomas d’Aquin » que vous m’avez vous-même indiqué :Arnaud Dumouch a écrit :
Vous appelez à votre aide saint Thomas a tort.
Bien sûr que pour lui Dieu est une substance (au sens métaphysique).
Rien que dans sa Ia pars, saint Thomas démontre par 16 fois que Dieu est une substance.
« Solutions: 1. Le terme de « substance » ne signifie pas seulement « être par soi », puisqu'il n'est pas possible que l'être soit un genre, on vient de le dire. Ce qu'il signifie, c'est l'essence à laquelle il appartient d'exister ainsi, à savoir par soi-même, sans pour autant que son existence s'identifie avec son essence. Il est donc manifeste que Dieu n'est pas dans le genre substance »
Dieu peut-il ne pas être substance ?
Auteur: Bastit Michel
Date: 21-10-2004 15:42
chers amis ,
je viens de relire le texte de la Somme où ST Thomas explique que Dieu n'est pas substance ( Ia , Q. III , art 5 ) , même "réductive" , selon le commentaire de Cajetan ainsi que celui du De Potentia ( Q. 7 art 3) où il semble admettre , in fine , la possibilité de cette hypothèse .
Quoiqu'il en soit le pensée de St Thomas ici est indiscutable : Dieu n'est pas substance . La proposition contraire impliquerait qu'il soit dans un genre , source de limite, et surtout d'une communauté entre Lui et les créatures .
( Ia , Q. III , art 5 )
Si donc l’on attribue la substantialité à Dieu, ce n’est pas pour l’identifier formellement à une substance, ce qui serait une grave erreur, mais pour affirmer par réduction son existence par soi. (rappelons que l’esse de la substance n’est pas seulement per se mais aussi in se).
L’existence (ex-sistence) c’est « se tenir hors de », la subsistance (sub-sistence) c’est « se tenir sous ». Le sujet se tient hors de son essence et sous ses accidents. (on pourrait dire qu’il est entre le fond et la surface).
Comme Dieu n’a pas d’accident et que son essence n’est pas réellement distincte de son existence, on comprend pourquoi il n’est pas formellement substance.
Enfin n’oublions pas que le terme « consubstantialité » convient beaucoup mieux à Dieu puisqu’il exprime très clairement le dogme catholique et ouvre au Mystère de la Sainte Trinité.[/quote]
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Là encore, c'est à cause des différents sens du mot "substance" qu'il y a polémiquie.
Le mot substance possède au moins 3 sens:
Il y en a trois sens principaux:
1° Le sujet: "Marc est une substance individuelle"
2° La nature: "Marc et Arnaud ont la même substance, à savoir la nature humaine."
3° La cause interne de notre être (l'âme), qui unifie de l'intérieur, substance n° 1 et subtance n° 2 pour faire une personne existante: "L'âme de Marc fait exister concrètement une personne humaine individuelle et unifiée, Marc".
En métaphysique, c'est le sens 3 qui compte.
Arnaud
Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?
Bonsoir Monsieur Dumouch,
- le Concile de Vienne, anathématisant tout individu prétendant que l’âme est autre chose que la forme du corps, ce que vous vous prétendez puisque vous en faite la substance humaine.
- Le catéchisme de l’Eglise catholique, affirmant que la personne humaine est le composé d’âme et de corps, ce que vous vous niez puisque vous affirmez que la personne humaine est l’âme seule.
- La Conférence des Evêques de France reprenant le CEC et réaffirmant que la personne humaine est le composé d’âme et de corps.
Pour le sérieux de la discussion, je vous prierais donc de bien vouloir répondre, non pas à moi, mais à ces documents magistériels, qui contredisent formellement vos positions et que vous avez pris soin d’éluder jusqu'à présent. En l’absence de réponse argumentée de votre part sur ces points bien précis, je me verrais dans l’obligation de considérer votre attitude obstinée et fuyante comme un refus pur et simple du Magistère.
Avant de poursuivre, il serait bon que le débat gagne en honnêteté intellectuelle, car vous procédez ici à une frauduleuse inversion accusatoire alors que je vous ai soumis plusieurs documents du magistère :Arnaud Dumouch a écrit :
Et, comme en toute logique, vous en arrivez à des conclusions opposées à la foi, comme je vous l'ai montré plus haut :
- le Concile de Vienne, anathématisant tout individu prétendant que l’âme est autre chose que la forme du corps, ce que vous vous prétendez puisque vous en faite la substance humaine.
- Le catéchisme de l’Eglise catholique, affirmant que la personne humaine est le composé d’âme et de corps, ce que vous vous niez puisque vous affirmez que la personne humaine est l’âme seule.
- La Conférence des Evêques de France reprenant le CEC et réaffirmant que la personne humaine est le composé d’âme et de corps.
Pour le sérieux de la discussion, je vous prierais donc de bien vouloir répondre, non pas à moi, mais à ces documents magistériels, qui contredisent formellement vos positions et que vous avez pris soin d’éluder jusqu'à présent. En l’absence de réponse argumentée de votre part sur ces points bien précis, je me verrais dans l’obligation de considérer votre attitude obstinée et fuyante comme un refus pur et simple du Magistère.
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?
Vous forcez le texte (vous ce mot en rouge). Certes, l'âme est la forme du corps. Mais cette analogie hylémorphique est loin d'en épuiser la description. L'âme est en outre substance, ce qui signifie qu'elle donne l'unité d'être à tout notre être. Et cette substance survie à la mort du corps.Amfortas a écrit :
- le Concile de Vienne, anathématisant tout individu prétendant que l’âme est autre chose que la forme du corps, ce que vous vous prétendez puisque vous en faite la substance humaine.
- Le catéchisme de l’Eglise catholique, affirmant que la personne humaine est le composé d’âme et de corps, ce que vous vous niez puisque vous affirmez que la personne humaine est l’âme seule.
La personne humaine complète, parfaite, est composé de son âme et de son corps. Ceci ne signifie en aucun cas que l'âme séparé du corps par la mort n'est plus une personne vivante et agissante comme vous l'affirmez, vous opposant à l'explication simple et nette de Jésus :
Matthieu 22, 31 n'avez-vous pas lu l'oracle dans lequel Dieu vous dit :
Matthieu 22, 32 Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob? Ce n'est pas de morts mais de vivants qu'il est le Dieu!"
Matthieu 22, 33 Et les foules, qui avaient entendu, étaient frappées de son enseignement.
Cela signifie que l'âme est une personne incomplète, qui aspire au retour de son corps.
La personne humaine complète est composée d'âme et de corps. Nier la survie, la liberté, la purification, l'entrée dans la vision béatifique de l'âme séparée serait une folie opposée au coeur même de la foi.- La Conférence des Evêques de France reprenant le CEC et réaffirmant que la personne humaine est le composé d’âme et de corps.
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?
Cher Amfortas, je pense que nous pouvons arrêter là ce débat. Vous vous répétez et je me répète.
Je conclurai en disant que votre conclusion théologique que je cite ci-dessous est une erreur grave :
Sainte Thérèse la contredit fort heureusement elle-)même en disant : "Je passerai mon ciel à faire du bien sur la terre".
Merci encore pour ce débat. Passez une bonne soirée.
Je conclurai en disant que votre conclusion théologique que je cite ci-dessous est une erreur grave :
Amfortas a écrit : 2° Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus n’est donc plus une personne vivante et active
Sainte Thérèse la contredit fort heureusement elle-)même en disant : "Je passerai mon ciel à faire du bien sur la terre".
Merci encore pour ce débat. Passez une bonne soirée.
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Re: Que penser du catéchisme d'Arnaud Dumouch ? Est-ce fiabl
Cher ami,cathodeparisi a écrit :Bonjour,
Merci de comprendre - sans polémique aucune - que le catéchisme est le reflet du magistère de l'Église catholique. Personne - même un "vrai" théologien - ne peut le trahir. Il doit s'y soumettre. Concernant Arnaud Dumouch, je tiens à vous signaler qu'il n'est ni docteur en théologie du Theologicum de l'Institut Catholique de Paris ni de Toulouse ni de nulle part ailleurs. Il n'est ni chercheur ni universitaire ni théologien. Il n'a pas même une licence canonique pour enseigner (qualification minimum requise en matière de théologie). Depuis 1995, il prétend écrire une "thèse" sous la direction du Père Jean-Michel Maldamé (qui l'a barré), qui aurait reçue un imprimatur de l'archevêché de Paris et un nihil obstat. Par ailleurs, l'agrégation de l'enseignement secondaire belge n'a rien à voir avec Toulouse :
http://sites-final.uclouvain.be/archive ... heo2a.html
Voilà, une petite mise au clair utile à qui voudra... Il n'a de compétences ni plus ni moins que vous. Salus !
Liens faciles à vérifier :
http://www.ict-toulouse.fr/site/898.html
http://www.uclouvain.be/319593.html
Il y a eu effectivement, il y a quelques mois, une campagne Internet par une personne qui s'est produite partout à propos de mes diplômes. Je vous mets la réponse que j'ai mise là où je l'ai vu intervenir :
Cette campagne semble venir d'un membre du Forum Catholique (sous le pseudo de Raël ou cathodeparisi). Son vrai nom est caché comme il se doit dans ce genre de campagne). Visiblement, il n'aime pas attaquer l’hypothèse de "l'illumination finale" par une argumentation théologique et préfère s'en prendre à la personne. Il déclare cette thèse condamnée par l'Eglise et hérétique (la mienne n'est pas tout à fait l'illumination finale mais « le retour du Christ à l'heure de la mort et à la fin du monde »).
Cette hypothèse est-elle condamnée par l'Eglise comme il le dit ?
Il est vrai que sœur Faustine Kowalska fut mise à l'index par le cardinal Alfredo Ottaviani du Saint-Office en 1959 « à cause de ses œuvres suspectes d’hérésie sur l'illumination finale ». Elle est dans la ligne d’un certain Père Luis G. Alonso Getino dont L’observatore Romano écrit : Mais Raël (c'est le nom de l'auteur de cette campagne concernant mon parcours universitaire) oublie de se rappeler que, canonisée par Jean-Paul II le 30 avril 2000, sainte Faustine Kowalska est une de celle qui VOIT DE SES YEUX, la mort comme un passage. Il y a parfois d’intéressants retournements de l'histoire : Pour ce qui est de mes diplômes :
Le diplôme de maîtrise en théologie catholique, m'a été délivré par le Ministère Français de l'enseignement supérieur et l'Université de Strasbourg le 16 juin 1994. Il porte le n° 67/ II / 7. Etant un diplôme d'Etat français, sa validité peut être vérifiée et sa falsification est punie par la loi. Mémoire de maîtrise sur la "vision béatifique".
De même pour l'Agrégation d'enseignement secondaire supérieur (sciences religieuses), diplôme d'Etat belge délivré par l'université de Louvain la Neuve.
La scolarité de mon DEA a été suivie à Toulouse, Université catholique privée sous forme de sessions et de la remise d'un projet de thèse (50 pages). Le sujet de thèse (Le retour du Christ en gloire : un évènement vécu à l’heure de la mort et à la fin du monde) a été déposé et la rédaction de la thèse elle-même a été commencée sous la direction d'un professeur avec qui, hélas, il y a eu clash. Je ne suis pas titulaire d'un Doctorat de théologie car, si la thèse est rédigée dans un cadre de préparation doctorale, je n'ai jamais obtenu la soutenance publique, comme c'est indiqué sur la thèse qui se trouve ici :
http://docteurangelique.free.fr/livresf ... nieres.htm
Quant à l'université de Toulouse, voici 15 ans que je suis plus en lien avec elle. Je ne renonce pas bien que mon Directeur de thèse ait jugé mon travail "méthodologiquement insuffisant et pas au niveau". Je persistais en effet à m'appuyer, contre son avis, sur le Magistère comme fondement de ma recherche. Il voulait que je m'appuie sur la base d'une exégèse de l'Ecriture. La thèse est rédigée et vérifiée pour ce qui est de sa conformité à la foi par les services de l’Archevêché de Paris (Nihil Obstat n°50, Imprimatur n° 50-91, Mgr M. Vidal). Il reste à l'éprouver. Ce travail de recherche prendra des années. Et les débats d’Internet en font partie.
Vais-je soutenir un jour cette thèse ? Le Cardinal Ratzinger, mis au courant de mes problèmes avec mon directeur de thèse, m'a écrit en mai 1998 pour me dire que cette méthodologie ne poserait aucun problème dans une des universités romaines. Mais il faut y passer un an à Rome ce que mes occupations en Belgique ne permettent pas pour le moment. Je crois que l'hypothèse de la venue du Christ à l'heure de la mort, provoquant le jugement dernier, vit maintenant sa propre vie, c'est le moins que l'on puisse dire :
Pape Benoît XVI, encyclique Spe Salvi, 47 :
Arnaud
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?
Marc06 a écrit :Pas vraiment d'accord, Arnaud pense qu'il est possible d'être sauvé sans la foi ni la grâce de Dieu après la mort. Il n'est donc pas en conformité avec le magistère et tente de se "faufiler" au travers de notions dogmatiques.SJA a écrit :Arnaud DUMOUCH ne fait pas de cathéchisme.
Pour ce que j'en sais, sa théologie se veut conforme à tous les dogmes de l'Eglise catholique.
Je ne comprend pas bien ce qui lui est reproché.
cher marc,
Je conteste absolument votre reproche. J'affirme (avec le dogme de la foi - Constitution "Benedictus Deus") que nul n'est sauvé s'il arrive après la mort sans la foi et sans la grâce !
Mais j'affirme aussi avec ce dogme nouveau de Vatican II :
Ainsi, à l'invitation de l'Eglise, et comme chercheur en théologie, je propose à l'Eglise un moyen expliquant cette manière par laquelle Dieu propose à tous son salut (ce qui ne veut pas dire que tous l'acceptent): "Dieu propose à tous son salut entre ce monde et l'autre, c'est-à-dire A L'HEURE DE LA MORT,dans le passage qu'est la mort, par l'apparition glorieuse de Jésus, accompagné des saints et des anges".“Puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l'homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l'Esprit Saint offre à tous, d'une façon que Dieu connaît, la possibilité d'être associé au mystère pascal” (Gaudium et Spes n° 22, 5)
Et cette proposition théologique intéresse l'Eglise puisqu'elle est présentée à chacun, pour qu'on y réfléchisse, par le pape Benoît XVi dans son encyclique "Spe Salvi, 47" :
« Certains théologiens récents sont de l'avis que le feu qui brûle et en même temps sauve est le Christ lui-même, le Juge et Sauveur. La rencontre avec le Christ est l'acte décisif du Jugement. Devant son regard s'évanouit toute fausseté. C'est la rencontre avec Lui qui, nous brûlant, nous transforme et nous libère pour nous faire devenir vraiment nous-mêmes. Les choses édifiées durant la vie peuvent alors se révéler paille sèche, vantardise vide et s'écrouler. Mais dans la souffrance de cette rencontre, où l'impur et le malsain de notre être nous apparaissent évidents, se trouve le salut. Le regard du Christ, le battement de son cœur nous guérissent grâce à une transformation certainement douloureuse, comme « par le feu. » Cependant, c'est une heureuse souffrance, dans laquelle le saint pouvoir de son amour nous pénètre comme une flamme, nous permettant à la fin d'être totalement nous-mêmes et avec cela totalement de Dieu. Ainsi se rend évidente aussi la compénétration de la justice et de la grâce: notre façon de vivre n'est pas insignifiante, mais notre saleté ne nous tache pas éternellement, si du moins nous sommes demeurés tendus vers le Christ, vers la vérité et vers l'amour. En fin de compte, cette saleté a déjà été brûlée dans la Passion du Christ. Au moment du Jugement, nous expérimentons et nous accueillons cette domination de son amour sur tout le mal dans le monde et en nous. La souffrance de l'amour devient notre salut et notre joie. Il est clair que la « durée » de cette brûlure qui transforme, nous ne pouvons la calculer avec les mesures chronométriques de ce monde. Le « moment » transformant de cette rencontre échappe au chronométrage terrestre – c'est le temps du cœur, le temps du « passage » à la communion avec Dieu dans le Corps du Christ [39]. Le Jugement de Dieu est espérance, aussi bien parce qu'il est justice que parce qu'il est grâce. S'il était seulement grâce qui rend insignifiant tout ce qui est terrestre, Dieu resterait pour nous un débiteur de la réponse à la question concernant la justice – question décisive pour nous face à l'histoire et face à Dieu lui-même. S'il était pure justice, il pourrait être à la fin pour nous tous seulement un motif de peur. L'incarnation de Dieu dans le Christ a tellement lié l'une à l'autre – justice et grâce – que la justice est établie avec fermeté: nous attendons tous notre salut « dans la crainte de Dieu et en tremblant » (Ph 2, 12). Malgré cela, la grâce nous permet à tous d'espérer et d'aller pleins de confiance à la rencontre du Juge que nous connaissons comme notre « avocat » (parakletos) (cf. 1 Jn 2, 1). »
Arnaud
Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?
Vous n'avez donc pas dis que nous sommes sauvés sans la grâce de Dieu mais par un choix propre après la mort?
Fraternellement en Christ par Marie.
Qu'ils soient UN. (Jean 17, 11. 21. 22)
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