Loin de moi l'idée de vouloir concurrencer les merveilleuses pensées de ceux et celles qui ont la générosité de partager avec nous les fruits de leur étude de la Parole: je ne suis pas à la hauteur, loin de là. J'espère que vous trouverez néanmoins un quelconque intérêt à ce qui suit...
Jeudi dernier, dans l’Évangile du jour, nous pouvions lire :
« Celui qui veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix chaque jour, et qu'il me suive. » (Lc 9, 23)
Dans cette simple phrase, que de profondeur !
Il y a quelques temps nous échangions, ailleurs dans la Cité, sur le contexte dans lequel Jésus a vécu et qui teinte en grande partie son message. Nous disions qu’une partie de celui-ci est devenu un peu flou. Nos yeux « modernes » ont peut-être besoin, à l’occasion, de lunettes qui peuvent nous aider à avoir une meilleure image, à mieux percevoir le « paysage » qu’Il nous dépeint à partir de son milieu de vie, de son époque, dans toute sa splendeur et non pas à travers un miroir, de manière diffuse...
Lorsque nous lisons cette phrase aujourd’hui, nous pensons à des croix symboliques : petits « bobos », maladies graves ou non, épreuves qui semblent insurmontables.
Mais pour les contemporains de Jésus, il n’en était certainement pas ainsi.
Pour eux, la réalité de la croix est quasi-quotidienne. Vivant sous l’occupation romaine, les croix sont de sinistres bornes au long des routes, des rappels sanglants, hors des murs de la ville, de ce qu’il en coûte de désobéir aux maîtres de la Judée. Elles n’ont rien de symbolique, elles ne sont pas des métaphores.
Le message n’est donc plus le même. Les conséquences non plus.
Nous sommes tellement habitués à nos crucifix, portant des corpus plus ou moins idéalisés ou réalistes, que nous sommes peut-être désensibilisés à la réalité de la Croix. La crucifixion ne fait pas partie de nos référents culturels…
Alors, comment imaginer la souffrance réelle, la détresse, la stigmatisation des proches, l’atroce agonie, l'effroi causé par cette idée ?
Mel Gibson a probablement réussi à les dépeindre d'une manière très (trop, diront certains) graphique qui ne laisse plus place à l’imagination ou à l’idéalisation.
Certains diront que ce n’était pas le but de l’Évangile que de mettre toute cette dimension bien physique, dans toute son horreur, de l’avant de son récit d’espoir salvateur… avec raison, sans doute, connaissant le contexte historique.
Mais est-ce une raison pour nous de l’ignorer, de se fermer les yeux ? Pourquoi ne pas, durant ce Carême, prendre quelques temps pour méditer cet aspect de la vie et de la mort de Notre Seigneur ? Pourquoi ne pas prendre quelques minutes pour réaliser, dans toute son ampleur, l’énormité du Sacrifice Divin si bien illustré par le biais du Saint Suaire de Turin ?
Pourquoi, cette année, ne pas essayer de nous pencher sur cet aspect de la Passion ?
Si vous désirez vous plonger dans cette réalité qui, je pense, est trop souvent escamotée, vous pouvez (si ce n’est pas déjà fait) lire ce brutal exposé d’un chirurgien, le Dr Pierre Barbet, sur l’agonie vécue par Jésus lors de cette Passion que nous nous remémorerons bientôt, à quelques millénaires de distance…
Vous trouverez, en pièce jointe, un résumé constitué d’une quarantaine de paragraphes qu’on pourrait peut-être répartir sur la durée du Carême.
L’exposé complet
Quand on prend conscience de ce qui s’est passé en un certain Vendredi, il y a quelques 2 000 ans, on peut comprendre pourquoi il nous est demandé de fléchir le genou durant l’Eucharistie…
