Amfortas a écrit :Bonjour Monsieur Dumouch,
Croyez-vous qu’il soit encore pertinent de dissocier la messianité de la divinité du Christ lorsque celui-ci est ressuscité et glorieux et en outre connu des Nations ?
Cher Amfortas, c'est essentiel. Si Jésus montrait clairement sa divinité à tout homme directement dans le passage de la mort, alors il "happerait" violemment tout homme à lui, sans que la liberté soit possible car l'Essence divine est identique au concept de "BEATITUDE". Or personne, jamais, ne peut rejeter le fait d'être heureux. voilà pourquoi il se cache encore sous l'image glorieuse de son humanité, de telle manière qu'on puisse le rejeter. Et j'ajoute que pour que la liberté soit parfaite, il est nécessaire que l'ange révolté apparaisse aussi, afin de présenter l'autre alternative (l'amour de soi et sa liberté égoïste).
Et pourtant, il est tout à fait possible de rejeter le Christ dans son cette apparition. Je dirais même que c'est cette apparition glorieuse qui sépare les méchants des bons car les vrais égoistes, en le voyant, en voyant son immense détresse de crucifié et son immense pauvreté d'amour, n'ont que MEPRIS POUR LUI.
Ceux qui, parmis les Juifs, entendirent son message et virent ses miracles, tout en décidant de le tuer sont d'après Jésus, coupables du blasphème contre l'Esprit Saint. Cela veut dire que leur lucidité et maîtrise d'eux-mêmes est parfaite. Trente ans plus tard, lorsqu'ils sont mort et que Jésus leur est apparu, ils n'ont eu aucune surprise à le voir glorieux et ils ont continué à le rejeter. En effet, leur valeur à eux étaient définitivement du côté d'une gloire humaine (que leur proposa Lucifer en enfer) et la gloire de l'amour qui s'abaisse était définitivement méprisable à leur yeux. Voilà pourquoi le blasphème contre l'Esprit n'est pardonné ni en ce monde ni dans l'autre.Amfortas a écrit :L’auraient-ils fait s’ils l’avaient connu après sa résurrection, tout auréolé de gloire et assisté des Saints Anges ?
Jésus dit d'eux :
Jean 8, 42 Jésus leur dit : "Si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez, car c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens ; je ne viens pas de moi-même ; mais lui m'a envoyé.
Jean 8, 43 Pourquoi ne reconnaissez-vous pas mon langage? C'est que vous ne pouvez pas entendre ma parole.
Jean 8, 44 Vous êtes du diable, votre père, et ce sont les désirs de votre père que vous voulez accomplir. Il était homicide dès le commencement et n'était pas établi dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui : quand il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, parce qu'il est menteur et père du mensonge.
Jean 8, 45 Mais parce que je dis la vérité, vous ne me croyez pas.
Je pense au contraire que le rejet est fréquent, peut-être plus qu'on ne le pense car la gloire de Jésus est VRAIMENT son humilité aimante. Et il y a des gens qui VRAIMENT méprisent ces valeurs là .Amfortas a écrit :Sur ce point les témoignages nous manquent, au contraire tous les témoignages dont nous disposons sur les apparitions du Christ montrent qu’il n’y a jamais eu de rejet, bien au contraire. (songez à Saint Paul, le persécuteur des chrétiens que rien ne disposait à la conversion). Nous ne disposons pas d’un seul témoignage relatant une apparition du Christ suivi d’un « non serviam ».
Regardez ce qu'en écrit sainte Faustine :
« Petit journal 1697. J’accompagne souvent les âmes agonisantes et je leur obtiens la confiance en la miséricorde divine. Je supplie Dieu de leur donner toute la grâce divine, qui est toujours victorieuse. La miséricorde divine atteint plus d’une fois le pécheur au dernier moment, d’une manière étrange et mystérieuse. A l’extérieur, nous croyons que tout est fini, mais il n’en est pas ainsi. L’âme éclairée par un puissant rayon de la grâce suprême, se tourne vers Dieu avec une telle puissance d’amour, qu’en un instant elle reçoit de Dieu le pardon de ses fautes et de leurs punitions. Elle ne nous donne à l’extérieur aucun signe de repentir ou de contrition, car elle ne réagit plus aux choses extérieures. Oh ! Que la miséricorde divine est insondable !
Mais horreur! Il y a aussi des âmes, qui volontairement et consciemment, rejettent cette grâce et la dédaigne. C’est déjà le moment même de l’agonie. Mais Dieu, dans sa miséricorde, donne à l’âme dans son for intérieur ce moment de clarté. Et si l’âme le veut, elle a la possibilité de revenir à Dieu.
Mais parfois, il y a des âmes d’une telle dureté de cœur qu’elles choisissent consciemment l’enfer. Elles font échouer non seulement toutes les prières que d’autres âmes dirigent vers Dieu à leur intention, mais même aussi les efforts divins. »
C'est une connaissance surnaturelle et elle devrait normalement préparer le repentir de l'âme et son acceptation de l'amitié du Christ (= grâce sanctifiante). Pourtant, cette connaissance à elle seule n'est pas encore le salut (dit le Concile de Trente). Elle est juste sa première étape, celle de la lucidité parfaite.Amfortas a écrit :Mais lorsque c’est Dieu qui imprime expressément une espèce sensible et intelligible dans l’âme humaine, pour que cette âme jouisse, pas encore de la vision béatifique, mais de la vision du Sauveur, pouvons-nous encore parler de connaissance naturelle ?
Cet aspect est différent. C'est un autre aspect de ma recherche qui se fonde sur l'approche philosophique des NDE.Amfortas a écrit :Et je me demande si la corporéité fluidique ou éthérique hora mortis que vous suggérez, n’est finalement pas la condition nécessaire d’une connaissance naturelle et donc la condition de la possibilité d’un acte de foi, et donc la condition de validité de votre thèse. Ce qui ramènerait la discussion à l’existence de corps subtils et à la façon dont l’âme pourrait les informer ou non, ce qui bien sûr ne va pas sans poser de nouvelles difficultés quant au rapport entre la forme et le corps unique, corps de chair, qu’elle informe et anime...
Cet aspect n'est pas théologiquement essentiel. Ce qui est essentiel, c'est que cela se passe à l'heure de la mort et non APRES LA MORT.




