Rencontre avec le Christ à l'heure de la mort ?

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Fée Violine
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Fée Violine »

Arnaud Dumouch a écrit : Ses oeuvres complètes sont ici :

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/frame.html

On m'avait signalé ces deux références il y a plus de 10 ans. Je ferai une recherche de nouveau afin d'affiner la référence. C'est sûrement dans un de ses centaines de sermons. Il faut retrouver là où il commente Qohélet.
Le "De anima et spiritu" n'est pas un sermon, c'est un traité, et il n'est pas dans les oeuvres complètes puisqu'on ne sait pas si c'est de lui.
Pour l'autre texte, je n'ai rien trouvé.
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Arnaud Dumouch
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Arnaud Dumouch »

Je me rappelle avoir trouvé il y a 10 ans les textes. J'avais vérifié le contexte des citations. Je ne les trouve plus sur ce site; Auraient-elles été déclarées apocryphes ?
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Sofia
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Sofia »

Fée Violine a écrit :PS. Je viens de faire une recherche sur "De anima et spiritu". L'oeuvre est connue, mais son attribution à Augustin est incertaine. Du coup, le texte latin n'est pas disponible sur internet!
Il est sur Google Books, cf Œuvres complètes de saint Augustin, volume 22. Le Livre de l'esprit et de l'âme (à l'attribution incertaine, effectivement) commence page 412, et les deux extraits ci-dessous sont à la page 427, au chapitre 15.

« Tant que l'ordre et l'harmonie règnent entre les parties, la corps jouit de la vie et de la santé, et l'âme ne pense pas à le quitter. Mais s'il y a désaccord et confusion, l'âme se retire à regret, emportant tout avec elle, le sens, l'imagination, la raison, l'intellect, l'intelligence, la concupiscibilité et l'irascibilité, pour que tout cela serve, suivant ses mérites, à la rendre heureuse ou malheureuse. »

« Quæ cum temperata et ordinata fuerint, congruunt vivificationi, et nunquam recedit anima. Si vero distemperata et confusa fuerint, invita recedit anima, secum trahens omnia, sensum scilicet, imaginationem, rationem, intellectum, intelligentiam, concupiscibilitatem, et irascibilitatem : et ex his secundum merita afficitur ad deleclationem, sive ad dolorem. »
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Arnaud Dumouch
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Arnaud Dumouch »

Merci chère Sofia. Je mets en mémoire cette référence beaucoup plus précise et le texte latin. On m'avait indiqué qu'il avait écrit cela suite au récit d'une NDE (un soldat qui, écrasé par la chute d'un mur de pierre sur lui, se releva miraculeusement un peu plus tard).
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Fée Violine »

Sofia a écrit :« Tant que l'ordre et l'harmonie règnent entre les parties, la corps jouit de la vie et de la santé, et l'âme ne pense pas à le quitter. Mais s'il y a désaccord et confusion, l'âme se retire à regret, emportant tout avec elle, le sens, l'imagination, la raison, l'intellect, l'intelligence, la concupiscibilité et l'irascibilité, pour que tout cela serve, suivant ses mérites, à la rendre heureuse ou malheureuse. »

« Quæ cum temperata et ordinata fuerint, congruunt vivificationi, et nunquam recedit anima. Si vero distemperata et confusa fuerint, invita recedit anima, secum trahens omnia, sensum scilicet, imaginationem, rationem, intellectum, intelligentiam, concupiscibilitatem, et irascibilitatem : et ex his secundum merita afficitur ad delectationem, sive ad dolorem. »
Merci Sofia! Décidément vous êtes plus dégourdie que moi pour trouver des choses introuvables.
Je voulais vérifier le terme employé pour dire que l'âme "emporte" tout avec elle. C'est le verbe "traho", qui veut dire en effet emporter, tirer, entraîner.
Emporte-t-elle ces facultés avec elle, ou simplement les enlève-t-elle?
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

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Un jour, l'Eglise se penchera sur l'eschatologie qui est son mystère ultime, celui du but de toute chose.
Les peres de l'église ont bcp écrit sur le sujet il me semble.
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

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Pour ma part, j'ai appelé cette rencontre bouleversante avec le Christ qui provoque le jugement, qui fait qu'on aime (ou rejette) de tout son coeur le Christ, qui est la rencontre avec le Christ glorieux : "troisième ciel", le premier étant la terre et le second l'entrée dans le passage de la mort.
Il me vient une question.Qu'est ce qui nous prouve que cette rencontre incluera une rectification de notre vie;ie rien n'indique que cette rencontre offrira un autre choix que celui déja fait a la fin de notre vie.....

St Jean de la Croix disait:au soir de notre vie,nous serons jugé sur l'amour.....


Je ne pense pas qu'une rencontre avec le Christ ,a notre mort,nous offrirait la chance d'aimer plus et mieux....

J'ai plutot l'impression que ds le regard du Christ,nous verrons notre vie et ca ,a la lumiere du Christ....et c'est la que nous réaliserons ou nous devons aller....

En fait,ca a tjs été ma conception de la mort....Nous ne ferons que réaliser qui nous avons été et qui nous sommes en réalité.....et si nous avons et sommes ouvert au Christ.Vous en pensez quoi?
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

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Et c'est pour éviter le contresens scolastique qui mettait en enfer toute personne quelque soit la raison de son état de mort spirituelle (y compris le péché originel, voir l'état d'ignorance), que le Concile Vatican II a changé la définition du péché mortel, l'identifiant au seul péché contre l'Esprit Saint.
Ou puis je trouvé ca ds Vatican II?
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Arnaud Dumouch
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

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Francesco a écrit :
Pour ma part, j'ai appelé cette rencontre bouleversante avec le Christ qui provoque le jugement, qui fait qu'on aime (ou rejette) de tout son coeur le Christ, qui est la rencontre avec le Christ glorieux : "troisième ciel", le premier étant la terre et le second l'entrée dans le passage de la mort.
Il me vient une question.Qu'est ce qui nous prouve que cette rencontre incluera une rectification de notre vie;ie rien n'indique que cette rencontre offrira un autre choix que celui déja fait a la fin de notre vie.....

St Jean de la Croix disait:au soir de notre vie,nous serons jugé sur l'amour.....


Je ne pense pas qu'une rencontre avec le Christ ,a notre mort,nous offrirait la chance d'aimer plus et mieux....

J'ai plutot l'impression que ds le regard du Christ,nous verrons notre vie et ca ,a la lumiere du Christ....et c'est la que nous réaliserons ou nous devons aller....

En fait,ca a tjs été ma conception de la mort....Nous ne ferons que réaliser qui nous avons été et qui nous sommes en réalité.....et si nous avons et sommes ouvert au Christ.Vous en pensez quoi?
Cher Francesco, Lorsqu'on voit le Christ dans sa gloire, on ne peut être passif comme le croient les Protestant et ne répondre que par une simple con,fiance ou absence de confiance.

En fonction de ce qu'on est PROFONDÉMENT, soit on l'aime de tout son coeur, soit on le déteste de tout son coeur.

C'est d'ailleurs pourquoi cette théologie, loin de supprimer l'enfer, le rend encore pplus effrayant car si nous nous damnons, cela VIENDRA DE NOUS et non d'une décision de Dieu pesant notre coeur. Dieu ne fera que ratifier notre âlme refusant froidement son Evangile d'amour et d'humilité :


Ce poids du péché risque bien, face à la parousie du Christ, de nous faire mépriser sa douceur et sa petitesse (qui sont sa gloire principale) et nous dirons :
"Ce n'est que ça le Christ ? :-D : "

Donc nous devons FUIR LE PÉCHÉ, par peur NON DU CHRIST mais de NOUS-MÊMES !

Et le péché nous guette. Il est invisible. Je me souviens de cette anecdote qui m'a frappé. A la fin des apparitions de Lourdes, on voulut protéger Bernadette. On lui trouva un couvent à Nevers dirigés par une religieuse de haute qualité, une grande ascète. Sa supérieure s'attendait à voir en Bernadette une grande mystique, pleine de transports. Or Bernadette n'aimait pas passer des heures à l'oraison. Elle était simple, et préférait servir en cuisine et dans le ménage. Le constatant, la supérieur fit cette remarque acide :
"Ce n'est que cela Bernadette ? :amoureux: ..."
Et cela m'a frappé car je me suis dit que beaucoup d'entre nous, chrétiens fervents et secrètement assez sûr de notre salut, nous n'avons pas le MÊME CHOIX QUE LA SAINTE VIERGE, QUI EST PORTANT LA REINE DU CIEL parce qu'elle est la plus petite.
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Arnaud Dumouch
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

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Francesco a écrit :
Et c'est pour éviter le contresens scolastique qui mettait en enfer toute personne quelque soit la raison de son état de mort spirituelle (y compris le péché originel, voir l'état d'ignorance), que le Concile Vatican II a changé la définition du péché mortel, l'identifiant au seul péché contre l'Esprit Saint.
Ou puis je trouvé ca ds Vatican II?
Un article ancien qui résume les deux notions de péché mortel :

Il va donc falloir DEFINIR LES CONCEPTS.

1° ce qu'est pour saint Thomas d'Aquin, le péché mortel.
Il s'agit de tout état (COUPABLE OU NON, volontaire ou non) qui s'oppose à la présence de la charité, cette amitié coeur à coeur avec Dieu.
REFERENCE : Ia IIae Questions 76, 77, 78 : Le péché d’ignorance, de passion et de malice.

Je dis bien COUPABLE OU NON.
Il s'appuie pour définir cet état de mort spirituelle sur l'Ecriture. Et il définit quatre états de la mort spirituelle à la charité:


1°Le péché originel: "Par la faute d'un seul, Adam, la mort est entrée dans le monde".
2° L'ignorance, même non coupable. C'est le cas de Nicodème, qui est pourtant Docteur de la loi juive: "Si un homme ne renaît pas d'en-haut, il n'entre pas dans la vie éternelle", lui dit Jésus. "Tu es Docteur en Israël et tu ignores cela?" Cet homme, vous en êtes d'accord, n'a pas la charité par ce qu'il ne sait pas ce qu'elle est. C'est aussi le cas de Jean-Baptiste dont Jésus dit: "Il est le plus grand des enfants d'Israël. Et pourtant, le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui."

3° Le péché mortel de faiblesse:
Celui là est coupable, avec la circonstance atténuante de la faiblesse. C'est le cas de Marie Madeleine, qui avait sept démons.

5° Le péché contre l'Esprit Saint, , parfaitement coupable, qui est le cas de certains grands théologiens juifs, qui, sachant qu'il était le Messie, voulait le tuer.



Saint Thomas, explicitement, enseigne avec l'Eglise que si un homme arrive après la mort dans un état de péché mortel, il est aussitôt conduit en enfer.
Mais saint Thomas fait l'application à ces QUATRE états de péché mortel. Pour les enfants morts sans baptême, par exemple, vous le savez, cet enfer est appelé par lui les Limbes éternelles: "Sans souffrance parce qu'ils sont innocents, mais damnés pour l'éternité."

Or l'Eglise, dans ses dogmes, n'a jamais fait une telle application aux quatre états de mort spirituelle qu'on voit ici-bas.

2° l'Eglise depuis Vatican II a précisé sa pensée:
Elle définit le péché mortel comme un péché conscient, volontaire et libre. (voir. le SEUL CAS N° 5, Blasphème contre l'Esprit).
Citation:
CDC 1857 Pour qu’un péché soit mortel trois conditions sont ensemble requises : " Est péché mortel tout péché qui a pour objet une matière grave, et qui est commis en pleine conscience et de propos délibéré " (RP 17).

Elle affirme que les païens et les enfants pourront être sauvés par un moyen que Dieu connaît. Elle dit qu'elle ESPÈRE le SALUT des enfants morts sans baptême.
Dernière modification par Arnaud Dumouch le sam. 05 févr. 2011, 10:59, modifié 1 fois.
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

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Cher Arnaud, (si je puis me permettre)

Je tiens à vous remercier de venir expliquer ici votre point de vue.
J'ai beaucoup de plaisir à vous lire.

Que le Seigneur vous bénisse,

Griffon.
Jésus, j'ai confiance en Toi,
Jésus, je m'abandonne à Toi.
Mon bonheur est de vivre,
O Jésus, pour Te suivre.
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Arnaud Dumouch
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

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:coeur: :)
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Sofia
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:cyrano:

Je ne trouve pas non plus la deuxième phrase de saint Augustin dans ses sermons. Mais (je ne sais plus si ça a été dit) les deux phrases sont reprises dans le supplément à la Somme théologique - je n'ai pas compris s'il était ou non de Thomas d'Aquin -, Traité des fins dernières : l'au-delà, question 70, article 1. Peut-être qu'une édition commentée de ce supplément donnerait plus d'informations.
[+] Texte masqué
QUESTION 70 - LA CONDITION DE L'AME SÉPARÉE DU CORPS, ET LA PEINE QUE PEUT LUI INFLIGER UN FEU CORPOREL

Trois demandes: 1. Les puissances sensibles demeurent-elles dans l'âme séparée? - 2. Les actes de ces puissances y demeurent-elles? - 3. L'âme séparée peut-elle souffrir d'un feu corporel?

ARTICLE 1 - Les puissances sensibles demeurent-elles dans l'âme séparée?

Objections:

1. Saint Augustin le dit: "L'âme se retire du corps, emportant tout avec elle la sensibilité, l'imagination, la raison, l'intellection, l'intelligence, l'appétit concupiscible et l'appétit irascible".

2. Saint Augustin dit encore: "Nous croyons que seul l'homme possède une âme subsistante qui, séparée du corps, continue à vivre et garde vivants ses sens et son intelligence".

3. Les puissances de l'âme font partie de son essence, ainsi que certains l'affirment, ou, du moins, lui appartiennent comme des propriétés naturelles. Mais, dans un cas comme dans l'autre, elles en sont donc inséparables.

Un tout n'est plus entier s'il lui manque quelque partie. Mais les puissances de l'âme sont considérées comme des parties de l'âme. Si la mort lui en enlevait quelques-unes, elle ne serait donc plus entière: ce qui est inadmissible.

5. Les puissances de l'âme coopèrent au mérite plus que le corps, puisqu'elles sont des principes d'action, tandis que le corps n'est qu'un instrument. Si donc, à cause de sa coopération, le corps doit être récompensé avec l'âme, à plus forte raison les puissances sensibles, que l'âme doit donc garder.

6. Si l'âme, par sa séparation d'avec le corps, perd ses puissances sensibles, celles-ci tombent dans le néant, car, étant immatérielles, elles ne peuvent être résorbées dans une matière. Mais ce qui est annihilé ne saurait retrouver son identité individuelle. L'âme, à la résurrection, ne récupérerait donc pas les mêmes puissances sensibles. Or, ce que l'âme est au corps, les puissances le sont aux parties du corps, par exemple, la puissance visuelle aux yeux. Si ce n'est pas la même âme qui reprend le corps, l'on n'a plus le même homme; et, pour la même raison, si ce n'est pas la même puissance visuelle, on n'a plus les mêmes yeux, et de même pour les autres parties de l'organisme ce qui fait que l'homme tout entier n'est plus le même. L'âme ne peut donc perdre ses puissances sensibles.

7. Si la disparition du corps faisait disparaître les puissances sensibles de l'âme, il faudrait aussi que, lorsqu'il s'affaiblit, elles s'affaiblissent du même coup. Or, il n'en est pas ainsi "Si l'on pouvait rendre à un vieillard des yeux de jeune homme, dit Aristote, sa vue serait celle d'un jeune homme".

Cependant:

1. "L'homme, dit saint Augustin, est composé de cieux substances: une âme et un corps, une âme avec sa raison, un corps avec ses sens". Or, les puissances sensitives dépendent du corps. Donc, dans l'âme séparée du corps, elles ne sont plus.

2. Aristote parlant de la séparation de l'âme d'avec le corps, s'exprime ainsi: "Il faut rechercher s'il y a, en dernière analyse, quelque chose de permanent. Ce n'est pas impossible pour certains êtres, l'âme, par exemple, sinon tout entière, du moins cette partie qui est l'entendement, car peut-être l'âme tout entière ne peut avoir cette propriété", c'est-à-dire que ses puissances sensibles ou végétatives périssent avec le corps.

3. Parlant de l'intelligence ou entendement, Aristote dit qu'elle est un autre genre d'âme "et le seul qui puisse être isolé du reste comme l'éternel du périssable. Quant aux autres parties, il est manifeste qu'elles sont inséparables du corps, à l'encontre de ce que prétendent certains philosophes", et, par conséquent, qu'elles ne subsistent plus dans l'âme séparée.

Conclusion:

Cette question a reçu diverses réponses. Les uns, croyant que toutes les puissances sont dans l'âme, de la manière dont les couleurs sont dans un corps, disent que l'âme séparée du corps les emporte toutes avec elle si quelqu'une faisait défaut, l'âme serait donc changée quant à l'une de ses propriétés naturelles, qui doivent cependant demeurer invariables aussi longtemps que leur sujet lui-même demeure.

Cette manière de voir est erronée. Une puissance, c'est ce qui rend capable d'action ou de passion, et c'est le même sujet qui agit (ou pâtit) et qui en est capable; et c'est à lui qu'il faut donc que la puissance appartienne. Ce qu'Aristote exprime ainsi "Au même appartiennent puissance et action". Or, il est évident que certaines opérations, qui ont les puissances de l'âme pour principes, ne sont pas de l'âme seule, à proprement parler, mais du composé humain, puisqu'elles s'accomplissent au moyen du corps, par exemple, voir, entendre, etc. De ces puissances le composé humain est donc le sujet, l'âme en est le principe actif, de même que la forme est le principe des propriétés de l'être composé de matière et de forme. Certaines opérations, au contraire, sont accomplies par l'âme, indépendamment de l'organisme, par exemple, comprendre, considérer, vouloir; étant. donc propres à l'âme, il s'ensuit que les puissances d elles émanent ont l'âme non seulement pour principe, mais encore pour sujet. Dès lors, puisque sujet et propriétés de meurent ou disparaissent ensemble, il est nécessaire que l'âme séparée garde les puissances dont l'action est indépendante de l'organisme, mais qu'elle perde celles dont l'action en dépend, c'est-à-dire celles qui appartiennent à l'âme sensitive et à l'âme végétative.

C'est pour cette raison que certains philosophes ont distingué dans l'âme deux espèces de puissances sensibles: les unes sont les actes des organes, dérivent de l'âme dans le corps et disparaissent avec lui; les autres, principes originels des précédentes, sont dans l'âme par elles l'âme rend le corps sensible à la vision, à l'audition, etc., et elles demeurent dans l'âme séparée.

Mais cette distinction est imaginaire. En effet, c'est de l'âme elle-même, de son essence, et sans puissances interposées, que dérivent les puissances qui actuent les organes; de même qu'une forme quelconque, du fait que, par son essence, elle détermine une matière, est l'origine des propriétés naturelles de l'être qui résulte de leur union. D'ailleurs, entre l'âme et ces puissances interposées, il en faudrait interposer d'autres, et ainsi de suite à l'infini. Si l'on doit s'arrêter quelque part, mieux vaut s'arrêter au premier pas.

Aussi, d'autres philosophes ont proposé une autre distinction les puissances sensibles, et les autres du même ordre, demeurent dans l'âme séparée, non pas formellement, mais radicalement, à la manière dont les effets sont contenus dans leurs causes;en d'autres termes, l'âme séparée conserve l'énergie capable de produire à nouveau ces puissances, si elle est unie au corps, sans qu'il soit nécessaire de faire de cette énergie quelque chose de surajouté à l'âme. Cette opinion semble la plus raisonnable.

Solutions:

1. Il faut entendre cette parole de saint Augustin en ce sens que l'âme emporte avec elle toutes ses puissances, mais les unes formellement, les autres radicalement.

2. Les sens que l'âme emporte avec elle, ce ne sont pas les sens extérieurs, mais les sens intérieurs qui appartiennent à l'entendement, car le mot sensus désigne aussi bien l'intelligence. Si l'on veut désigner par là les sens extérieurs, la distinction précédente (sol. 1) donne la réponse.

3. Les puissances sensibles ne se rapportent pas à l'âme comme des propriétés naturelles à leur sujet, mais comme à leur principe.

4. On dit que les puissances de l'âme en des parties potentielles. Or, un tout composé pareilles parties, un tout potentiel, a ceci caractéristique que l'énergie totale du compos existe à l'état parfait dans l'une des parties, cl à l'état imparfait dans les autres; l'énergie l'âme, par exemple, est tout entière dans puissance intellectuelle, partielle dans les autres puissances. L'âme séparée reste donc entière ne subit aucun amoindrissement, puisqu'elle conserve ses facultés intellectuelles, encore que puissances sensibles aient cessé d'exister formellement; de même que la puissance du roi n'est nullement amoindrie par la mort du ministre qui détenait une part de la puissance royale.

5. L'homme mérite par son corps comme une partie essentielle de lui-même. On n'en saurait dire autant des puissances sensibles qui sont quelque chose d'accidentel.

6. Quand on dit que les puissances sensibles actuent les organes, leur donnent leur forme essentielle, il faut entendre que c'est en tant que puissances de l'âme en qui elles sont et qui est en elles; leur fonction propre est de rendre les organes capables de leurs opérations, de même que la chaleur joue le rôle d'acte par rapport au feu, parce qu'elle le rend capable de brûler. Dès lors, le feu resterait identique à lui-même, à supposer que sa chaleur ne le restât pas; comme l'eau, froide d'abord, puis chauffée, et qui redevient froide, reste la même, quoique le froid, avant et après, ne soit pas identiquement le même. Ainsi, les organes corporels conserveront leur identité individuelle, quoique les puissances sensibles aient perdu la leur.

7. Aristote parle des puissances sensibles selon qu'elles ont leur racine dans l'âme, comme le prouve ce qu'il ajoute "On vieillit par le corps et non par l'âme". En ce sens, le corps n'exerce aucune influence sur les puissances de l'âme, ni pour les affaiblir, ni pour les faire disparaître.

> http://fr.calameo.com/read/000000039beb016b8a44d
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Arnaud Dumouch
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

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Oui. C'est le Supplément à la Somme de théologie de saint Thomas d'Aquin. Il a été construit après sa mort à partir de son Commentaire des Sentences écrit 25 ans plus tôt lors de son Doctorat. C'est son fidèle secrétaire, Réginald de Piperno, qui a fait ce travail.
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Arnaud Dumouch a écrit :A la fin des apparitions de Lourdes, on voulut protéger Bernadette. On lui trouva un couvent à Nevers dirigés par une religieuse de haute qualité, une grande ascète. Sa supérieure s'attendait à voir en Bernadette une grande mystique, pleine de transports. Or Bernadette n'aimait pas passer des heures à l'oraison. Elle était simple, et préférait servir en cuisine et dans le ménage. Le constatant, la supérieur fit cette remarque acide :
"Ce n'est que cela Bernadette ? :amoureux: ..."
Et cela m'a frappé car je me suis dit que beaucoup d'entre nous, chrétiens fervents et secrètement assez sûr de notre salut, nous n'avons pas le MÊME CHOIX QUE LA SAINTE VIERGE, QUI EST PORTANT LA REINE DU CIEL parce qu'elle est la plus petite.
L'anecdote n'est pas tout à fait exacte (ce qui ne change rien au fond du sujet). Ce n'est pas la supérieure qui a fait cette réflexion, c'est une visiteuse, une touriste qui voulait voir la célèbre voyante et qui était surprise de lui trouver une apparence si ordinaire, d'autant plus que Bernadette était très petite de taille (1,44m). La supérieure était une femme très bien qui faisait tout pour protéger Bernadette contre la curiosité des touristes, mais n'y arrivait pas toujours. Au couvent, Berrnadette exerçait la fonction d'infirmière, et c'était une très bonne infirmière. Et ça ne l'empêchait pas de faire oraison! Elle était très appréciée dans son couvent, tous les gens qui la voyaient étaient attirés par elle.
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