Vous n'avez absolument pas compris où se situait le problème de votre discours.
Mais, pour le reste, je ne peux qu’exprimer mon total désaccord avec ce que vous écrivez. Le Christ vient sauver des pécheurs. L’Evangélisation consiste bien à présenter à des hommes pécheurs la sainteté du Christ dans toutes ses dimensions, à comparer la vie sainte à laquelle il nous invite aux pratiques mauvaises des hommes pécheurs que nous sommes, à comparer la sainte famille à nos pauvres familles. Cela ne justifie certainement pas ce qui est mal.
Mais il y a une différence ÉNORME entre faire une analogie entre la sainte famille et nos "pauvres familles", comme vous dites, avec le parallèle que vous faites entre la conception du Christ et les mères porteuses !
Premièrement, la sainte famille est une famille au sens strict. Anne est une femme, Joseph est un homme, et Jésus est Dieu fait homme. C'est une famille, point barre. La conception du Christ n'est ni une insémination artificielle, et Marie n'est pas une mère porteuse. La comparaison n'est donc en soi pas bonne.
Deuxièmement, et c'est beaucoup plus important : la famille humaine, malgré tous ses défauts et les péchés qui la mine, est une institution divine, est en soi bonne. Comparer la sainte famille à la famille humaine "normale", c'est comparer deux choses bonnes aux yeux de Dieu. Et jusqu'à preuve du contraire, la pratique des mères porteuses, et l'insémination artificielle, avec tous les risques de meurtre de vie humaines qu'elle induit, sont des choses mauvaises aux yeux de Dieu (ce qui ne signifie pas que la vie qui en résulte soit mauvaise, pas du tout !).
Votre comparaison est donc totalement erroné, et vous refaites exactement ce que je vous ai averti de ne pas faire dans mon précédent message : annoncer la mauvaise parole alors que votre attention était d'annoncer la Bonne !
St Thomas n’hésitait pas à affronter les questions les plus délicates. Vous êtes bien audacieux de prétendre pouvoir affirmer ce que serait sa pensée face aux questions actuelles.
Premièrement, personne ici ne vous interdit d'affronter les questions délicates. Seulement, lorsqu'on le fait, il faut être armé, où alors, si l'on se plante, il faut accepter les critiques les plus sévères, car le sujet est sérieux. Or, vous vous plantez, vous faites de graves erreurs aussi bien théologiques que morales.
Deuxièmement, pour quelqu'un qui défend l'audace de l'esprit contre la circonspection que l'on pourrait avoir face aux Mystères divins, je vous trouve sincèrement culoté de me reprocher mon audace concernant mon rapport à Thomas d'Aquin.
Je ne sais pas ce que Thomas d'Aquin aurait pensé faces aux questions actuelles. Mais s'il avait été aujourd'hui le même homme que nous découvrons dans ce que nous avons de son œuvre, je peux vous dire qu'il n'aurait sans jamais fait de comparaisons aussi glissantes entre les mystères divins et les pratiques les plus sordides des hommes modernes.