Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2010-2011)
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Prétextes pour ne rien entendre
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11,16-19.
Jésus déclarait aux foules : " A qui vais-je comparer cette génération? Elle ressemble à des gamins assis sur les places, qui en interpellent d'autres : 'Nous vous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé. Nous avons entonné des chants de deuil, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine.'
Jean Baptiste est venu, en effet ; il ne mange pas, il ne boit pas, et l'on dit : 'C'est un possédé' ! Le Fils de l'homme est venu : il mange et il boit, et l'on dit : 'C'est un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs. ' Mais la sagesse de Dieu se révèle juste, à travers ce qu'elle fait. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Ainsi, Jean-Baptiste est venu pour appeler le peuple au repentir et le préparer à la venue du Seigneur, mais ils ont trouvé le premier prétexte venu pour ne pas écouter leur conscience. Et comme l'avait annoncé Jean, le Seigneur vient mais en dépit de la force de Sa parole et des signes qu'il donne, ils ont trouvé un autre prétexte pour ne pas croire, pour ne être guéris, afin de ne pas changer de vie.
Y en a-t-il beaucoup parmi nous qui ont vraiment changé de vie lorsqu'ils ont découvert l'Évangile ? Il y en a quelques-uns, c'est certain. Mais si je me regarde dans mon miroir, je vois tout le temps perdu durant lequel j'ai tergiversé, avant même de commencer à rechercher la vérité. A l'époque, quand j'avais seize ans, le monde parlait déjà comme les Romains et il disait que l'homme est condamné à réussir sa vie tout seul. Par la force et la ruse. Comme il a fallu d'années avant que dans mon cœur, soit renversée la loi de la gravitation universelle ! (1) N'est-il pas si logique, dans l'apparent, que l'homme de chair vive de la chair et n'ait aucune autre espérance que se rapportant à la chair ?
De toute façon, nous sommes peu nombreux. Mais d'un autre côté, le fait qu'il y ait encore des hommes et des femmes qui écoutent et gardent la Parole, suffit à prouver que le Christ n'a pas été vaincu, que l'Église demeure, et que "cette génération" dont parle Jésus aujourd'hui, se continue encore.
Ce qui va changer, ce qui est déjà en train de se produire sous nos yeux, c'est que les croyants vont croire de plus en plus, témoigner et souffrir, s'efforcer au-delà de leurs forces pour "remporter la palme" promise au vainqueur. Et dans le même moment, les athées et les ennemis de Dieu seront, comme au temps de Jésus, de plus en plus arrogants. Car il n'y a plus beaucoup de temps pour les hésitations !
Rares sont ceux qui disent encore que le monde a bien connu d'autres péripéties et que tous les événements depuis le début du vingtième siècle ne constituent qu'un épisode de l'Histoire.
J'ai eu la chance de pouvoir communier ce matin. Sur la ville entière et ses quarante mille habitants, à peine une centaine auront fait de même. Je promets au Seigneur, tout en demandant son secours, de ne pas laisser vaine la grâce reçue ce matin.
(1) La loi de la gravitation, ou loi de l'attraction universelle, décrit la gravitation comme une force responsable de la chute des corps et du mouvement des corps célestes, et de façon générale, de l'attraction entre des corps ayant une masse, par exemple les planètes, les satellites naturels ou artificiels.
Jésus déclarait aux foules : " A qui vais-je comparer cette génération? Elle ressemble à des gamins assis sur les places, qui en interpellent d'autres : 'Nous vous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé. Nous avons entonné des chants de deuil, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine.'
Jean Baptiste est venu, en effet ; il ne mange pas, il ne boit pas, et l'on dit : 'C'est un possédé' ! Le Fils de l'homme est venu : il mange et il boit, et l'on dit : 'C'est un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs. ' Mais la sagesse de Dieu se révèle juste, à travers ce qu'elle fait. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Ainsi, Jean-Baptiste est venu pour appeler le peuple au repentir et le préparer à la venue du Seigneur, mais ils ont trouvé le premier prétexte venu pour ne pas écouter leur conscience. Et comme l'avait annoncé Jean, le Seigneur vient mais en dépit de la force de Sa parole et des signes qu'il donne, ils ont trouvé un autre prétexte pour ne pas croire, pour ne être guéris, afin de ne pas changer de vie.
Y en a-t-il beaucoup parmi nous qui ont vraiment changé de vie lorsqu'ils ont découvert l'Évangile ? Il y en a quelques-uns, c'est certain. Mais si je me regarde dans mon miroir, je vois tout le temps perdu durant lequel j'ai tergiversé, avant même de commencer à rechercher la vérité. A l'époque, quand j'avais seize ans, le monde parlait déjà comme les Romains et il disait que l'homme est condamné à réussir sa vie tout seul. Par la force et la ruse. Comme il a fallu d'années avant que dans mon cœur, soit renversée la loi de la gravitation universelle ! (1) N'est-il pas si logique, dans l'apparent, que l'homme de chair vive de la chair et n'ait aucune autre espérance que se rapportant à la chair ?
De toute façon, nous sommes peu nombreux. Mais d'un autre côté, le fait qu'il y ait encore des hommes et des femmes qui écoutent et gardent la Parole, suffit à prouver que le Christ n'a pas été vaincu, que l'Église demeure, et que "cette génération" dont parle Jésus aujourd'hui, se continue encore.
Ce qui va changer, ce qui est déjà en train de se produire sous nos yeux, c'est que les croyants vont croire de plus en plus, témoigner et souffrir, s'efforcer au-delà de leurs forces pour "remporter la palme" promise au vainqueur. Et dans le même moment, les athées et les ennemis de Dieu seront, comme au temps de Jésus, de plus en plus arrogants. Car il n'y a plus beaucoup de temps pour les hésitations !
Rares sont ceux qui disent encore que le monde a bien connu d'autres péripéties et que tous les événements depuis le début du vingtième siècle ne constituent qu'un épisode de l'Histoire.
J'ai eu la chance de pouvoir communier ce matin. Sur la ville entière et ses quarante mille habitants, à peine une centaine auront fait de même. Je promets au Seigneur, tout en demandant son secours, de ne pas laisser vaine la grâce reçue ce matin.
(1) La loi de la gravitation, ou loi de l'attraction universelle, décrit la gravitation comme une force responsable de la chute des corps et du mouvement des corps célestes, et de façon générale, de l'attraction entre des corps ayant une masse, par exemple les planètes, les satellites naturels ou artificiels.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Le Quintette de Judée
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1,39-45.
En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint,
et s'écria d'une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ?
Car, lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi.
Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Je me souviens toujours de ce mot de mon ancien conseiller spirituel, qui disait: "Soyez toujours sur vos gardes : ne jugez pas selon les apparences, car l'apparent n'est pas le réel !"
Dans la scène exposée au regard de notre foi aujourd'hui, nous avons Élisabeth et sa cousine se congratulant l'une l'autre de leurs grossesses... et cela, c'est l'apparent. Mais en réalité, voici qu'en saluant Élisabeth, l'enfant Jésus, dans le sein de Marie, fait tressaillir Jean dans le sein d'Élisabeth. Il y a donc ici quatre personnes de très grande qualité - mais les mots ne suffisent guère pour le dire.
Élisabeth, remplie de l'Esprit Saint, s'écrie d'une voix forte: le fruit de tes entrailles est béni ! C'est ce 'fruit des entrailles' que certains prêtres ont retiré de la récitation de l'Ave Maria, en réduisant la salutation à : 'Jésus, ton enfant, est béni'. Du point de vue la connaissance de Dieu, cette énoncé est une terrible perte , car déjà, dans le Deutéronome, il est écrit : "Le fruit de tes entrailles, le fruit de ton sol, le fruit de tes troupeaux, les portées de ton gros et de ton menu bétail, toutes ces choses seront bénies." Il y aurait toute une analyse sémantique à opérer - d'urgence, sur ce sujet.
L'évangile ajoute: "lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi'. Si je lis bien le texte, Marie a donc salué Élisabeth mais à l'intérieur même de cette salutation est venue s'inscrire la salutation de Jésus à son cousin Jean, et Jean a tressailli de telle sorte qu'il a ouvert la bouche de sa mère dont on imagine à peine, dans sa puissance, l'irruption de la Joie: "Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. » !
Et enfin, il y a bien un "Quintette", car l'Esprit-Saint a présidé à cette merveilleuse entrevue. Nous devons tous réapprendre à lire !
En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint,
et s'écria d'une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ?
Car, lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi.
Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Je me souviens toujours de ce mot de mon ancien conseiller spirituel, qui disait: "Soyez toujours sur vos gardes : ne jugez pas selon les apparences, car l'apparent n'est pas le réel !"
Dans la scène exposée au regard de notre foi aujourd'hui, nous avons Élisabeth et sa cousine se congratulant l'une l'autre de leurs grossesses... et cela, c'est l'apparent. Mais en réalité, voici qu'en saluant Élisabeth, l'enfant Jésus, dans le sein de Marie, fait tressaillir Jean dans le sein d'Élisabeth. Il y a donc ici quatre personnes de très grande qualité - mais les mots ne suffisent guère pour le dire.
Élisabeth, remplie de l'Esprit Saint, s'écrie d'une voix forte: le fruit de tes entrailles est béni ! C'est ce 'fruit des entrailles' que certains prêtres ont retiré de la récitation de l'Ave Maria, en réduisant la salutation à : 'Jésus, ton enfant, est béni'. Du point de vue la connaissance de Dieu, cette énoncé est une terrible perte , car déjà, dans le Deutéronome, il est écrit : "Le fruit de tes entrailles, le fruit de ton sol, le fruit de tes troupeaux, les portées de ton gros et de ton menu bétail, toutes ces choses seront bénies." Il y aurait toute une analyse sémantique à opérer - d'urgence, sur ce sujet.
L'évangile ajoute: "lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi'. Si je lis bien le texte, Marie a donc salué Élisabeth mais à l'intérieur même de cette salutation est venue s'inscrire la salutation de Jésus à son cousin Jean, et Jean a tressailli de telle sorte qu'il a ouvert la bouche de sa mère dont on imagine à peine, dans sa puissance, l'irruption de la Joie: "Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. » !
Et enfin, il y a bien un "Quintette", car l'Esprit-Saint a présidé à cette merveilleuse entrevue. Nous devons tous réapprendre à lire !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
- Anne
- Prætor

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- Inscription : jeu. 21 févr. 2008, 1:05
- Conviction : Catholique romaine
- Localisation : Provincia Quebecensis
Re: Le Quintette de Judée
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…".
2 Co 4, 8-10
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…".
2 Co 4, 8-10
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etienne lorant
- Pater civitatis

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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Magnificat
Evangile de Jésus Christ selon saint Luc
Marie rendit grâce au Seigneur en disant :
« Mon âme exalte le Seigneur,
mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur.
Il s'est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Son amour s'étend d'âge en âge
sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras,
il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes,
il élève les humbles.
Il comble de bien les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères,
en faveur d'Abraham et de sa race à jamais. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Comment une aussi petite chose qu'une âme, une âme parmi des milliards, pourrait-elle 'magnifier' le Seigneur ? Cette question, je me souviens qu'un auteur en avait tiré une longue et convaincante réponse, mais qui ne me satisfaisait pas. De toute manière, peut-on mesurer une âme ? C'était il y a quelques années. J'étais en congé, je suis sorti de chez moi, peut-être le même jour qu'aujourd'hui, mais il n'y avait pas de neige, plutôt des averses de pluie. En tout cas, ma promenade interrogative m'avait mené jusqu'à une certaine distance de l'église du quartier. Or, comme j'avançais plié, en luttant contre les bourrasques, le capuchon baissé, voici que m'apparaît le clocher, depuis sa base jusqu'au sommet de la croix qu'il soutient... Et là, j'ai compris qu'en réalité, comment peut-on parler de la taille d'une âme ? Or, si une flaque d'eau peut rendre l'image d'un bâtiment, un lac de montagne reflète parfaitement le ciel au-dessus de lui. Les lacs de haute montagne sont réellement impressionnants de ce point de vue.
J'avais ma réponse: l'âme de Marie, toute pure, pouvait sans difficulté refléter les Cieux très-hauts et toute la gloire qui les habite. De plus je me souviens clairement de ce regard qu'une des sœurs Clarisses avait posé sur le grand crucifix de saint Damien, un lundi matin, comme nous avions entonné le Veni Creator Spiritu. Ce n'étaient pas tant ses yeux, fixes et qui semblaient contempler quelque chose bien au-delà des murs de la petite chapelle. C'était son front. Quel produit de luxe pourrait rendre un front aussi lumineux que le sien, alors que nous étions tous plongés dans la pénombre ?
Peut-être était-ce du fait d'une grand jubilation intérieure ? L'évangile dit bien : "et mon esprit exulte en Dieu mon sauveur !"... Que de merveilles... La lumière paraît ne pouvoir venir que de l'extérieur, mais elle peut très bien jaillir et rayonner de l'intérieur. Le reste du Magnificat est pour moi l'expression de toutes les bontés de
Dieu à l'égard du peuple des petits et des humbles, ceux-là mêmes que Jésus a élevés en bénissant le Père.
Aujourd'hui, je prie le Seigneur de nous envoyer non seulement des prêtres, mais aussi des hommes et des femmes illuminés d'En-Haut qui sauront par leurs seuls regards réveiller en nous l'Espérance. Béni soit Dieu !
Marie rendit grâce au Seigneur en disant :
« Mon âme exalte le Seigneur,
mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur.
Il s'est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Son amour s'étend d'âge en âge
sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras,
il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes,
il élève les humbles.
Il comble de bien les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères,
en faveur d'Abraham et de sa race à jamais. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Comment une aussi petite chose qu'une âme, une âme parmi des milliards, pourrait-elle 'magnifier' le Seigneur ? Cette question, je me souviens qu'un auteur en avait tiré une longue et convaincante réponse, mais qui ne me satisfaisait pas. De toute manière, peut-on mesurer une âme ? C'était il y a quelques années. J'étais en congé, je suis sorti de chez moi, peut-être le même jour qu'aujourd'hui, mais il n'y avait pas de neige, plutôt des averses de pluie. En tout cas, ma promenade interrogative m'avait mené jusqu'à une certaine distance de l'église du quartier. Or, comme j'avançais plié, en luttant contre les bourrasques, le capuchon baissé, voici que m'apparaît le clocher, depuis sa base jusqu'au sommet de la croix qu'il soutient... Et là, j'ai compris qu'en réalité, comment peut-on parler de la taille d'une âme ? Or, si une flaque d'eau peut rendre l'image d'un bâtiment, un lac de montagne reflète parfaitement le ciel au-dessus de lui. Les lacs de haute montagne sont réellement impressionnants de ce point de vue.
J'avais ma réponse: l'âme de Marie, toute pure, pouvait sans difficulté refléter les Cieux très-hauts et toute la gloire qui les habite. De plus je me souviens clairement de ce regard qu'une des sœurs Clarisses avait posé sur le grand crucifix de saint Damien, un lundi matin, comme nous avions entonné le Veni Creator Spiritu. Ce n'étaient pas tant ses yeux, fixes et qui semblaient contempler quelque chose bien au-delà des murs de la petite chapelle. C'était son front. Quel produit de luxe pourrait rendre un front aussi lumineux que le sien, alors que nous étions tous plongés dans la pénombre ?
Peut-être était-ce du fait d'une grand jubilation intérieure ? L'évangile dit bien : "et mon esprit exulte en Dieu mon sauveur !"... Que de merveilles... La lumière paraît ne pouvoir venir que de l'extérieur, mais elle peut très bien jaillir et rayonner de l'intérieur. Le reste du Magnificat est pour moi l'expression de toutes les bontés de
Dieu à l'égard du peuple des petits et des humbles, ceux-là mêmes que Jésus a élevés en bénissant le Père.
Aujourd'hui, je prie le Seigneur de nous envoyer non seulement des prêtres, mais aussi des hommes et des femmes illuminés d'En-Haut qui sauront par leurs seuls regards réveiller en nous l'Espérance. Béni soit Dieu !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
De la crèche à l'Ostensoir
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 2,1-14.
En ces jours-là, parut un édit de l'empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre - ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. Et chacun allait se faire inscrire dans sa ville d'origine.
Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée, pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem, car il était de la maison et de la descendance de David.
Il venait se faire inscrire avec Marie, son épouse, qui était enceinte.
Or, pendant qu'ils étaient là, arrivèrent les jours où elle devait enfanter.
Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
Dans les environs se trouvaient des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.
L'ange du Seigneur s'approcha, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d'une grande crainte,
mais l'ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple :
Aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur.
Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »
Et soudain, il y eut avec l'ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu'il aime. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Joseph et Marie sont contraints de quitter leur maison de Nazareth, afin d'aller se faire recenser à Bethléem d'où sa famille était originaire depuis des générations. Ainsi se réalisa la prophétie qui va pousser Hérode au meurtre: "« Et toi, Bethléem Ephrata, toute petite entre les milliers de Juda, de toi sortira pour moi Celui qui dominera sur Israël, et dont les origines remontent aux temps anciens". Qu'en pensez-vous: est-ce Joseph qui obéit à l'empereur Auguste, ou est-ce l'empereur qui se soumet à Dieu sans le savoir ?
Pour le jeune couple, c'est une équipée difficile. Jamais sans doute, Bethléem n'avait connu pareille ambiance, car malgré la haine des Romains, c'est un peu comme si, dans un pays, tout le monde se mettait à changer de place - non pour prendre des vacances, mais retrouver ses origines, ses racines. Mais il n'y a pas de place pour eux: c'est facile de deviner que les plus fortunés avaient déjà réservé tout ce qui se pouvait louer. Et il y avait du bénéfice à faire.
Ce qui monte en moi de cet épisode de la nuit de Noël, c'est toujours cette lumière pâle, sereine et tranquille, pratiquement indéfinissable, de l'humilité de Dieu. Le Seigneur vient, mais Il vient sans fracas, sans se faire reconnaître, il choisit : une mangeoire (n'est-il pas déjà hostie ?) ... Il aura d'emblée pour compagnons le boeuf et l'âne, les animaux des durs labeurs, ainsi que des bergers, hommes peu et mal considérés parmi le peuple. Mais à eux, l'éblouissement de l'annonce de l'ange et la vision d'une troupe céleste innombrable, qui proclame la gloire de Dieu !
Cela paraît vraiment peu de choses, mais cela suffit pour attirer l'âme du lecteur de bonne volonté. Il faut regarder vers l'intérieur de soi,voilà tout: ne pas chercher des images en cinémascope ! Des bergers, voici justement ce dont le Seigneur a besoin, il s'identifiera lui-même comme berger. Le bœuf rappelle le joug qui est simple et facile; l'âne est un animal doux mais résistant, sur lequel on pose de lourdes charges - et c'est sur un âne que le Seigneur fera son entrée à Jérusalem (à part Lui, qui d'autre eût fait cela ?) Je me souviens: dans la crèche que les Sœurs Clarisses posaient au pied de l'autel, durant le temps de Noël, le petit Jésus de plâtre semblait devoir disparaître sous la paille. or, cette paille, toute fraîche et luisante, semblait lui faire comme un ostensoir. La paille, c'est l'or du pauvre, a dit quelqu'un.
Mais ce qui m'a toujours marqué le plus, en contemplant la venue au monde du Christ, c'est qu'il est déjà comme la graine de moutarde semée en terre. L'enfant Jésus semble vraiment avoir été semé en terre, et il va grandir pour s'élever, étendre les bras et finalement ne plus jamais les refermer. C'est lorsque Satan semble l'avoir emporté dans sa haine du genre humain, qu'en réalité il se retrouve rejeté dans les "ténèbres extérieures". De nos jours encore, en dépit des efforts des sociétés de la 'modernité' (j'aime ce mot fourre-tout qui ne veut rien dire), il est possible de tuer des fœtus, de noter soi-même la date de sa mort sur son agenda, de commettre les plus ignobles des péchés, mais qu'un seul cœur humain croise à l'œuvre la miséricorde divine, et le démon est de nouveau vaincu. Tous ceux qui regarderont vers Lui guériront."De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le fils de l'homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle" (Jean 3,14)
En ces jours-là, parut un édit de l'empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre - ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. Et chacun allait se faire inscrire dans sa ville d'origine.
Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée, pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem, car il était de la maison et de la descendance de David.
Il venait se faire inscrire avec Marie, son épouse, qui était enceinte.
Or, pendant qu'ils étaient là, arrivèrent les jours où elle devait enfanter.
Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
Dans les environs se trouvaient des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.
L'ange du Seigneur s'approcha, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d'une grande crainte,
mais l'ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple :
Aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur.
Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »
Et soudain, il y eut avec l'ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu'il aime. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Joseph et Marie sont contraints de quitter leur maison de Nazareth, afin d'aller se faire recenser à Bethléem d'où sa famille était originaire depuis des générations. Ainsi se réalisa la prophétie qui va pousser Hérode au meurtre: "« Et toi, Bethléem Ephrata, toute petite entre les milliers de Juda, de toi sortira pour moi Celui qui dominera sur Israël, et dont les origines remontent aux temps anciens". Qu'en pensez-vous: est-ce Joseph qui obéit à l'empereur Auguste, ou est-ce l'empereur qui se soumet à Dieu sans le savoir ?
Pour le jeune couple, c'est une équipée difficile. Jamais sans doute, Bethléem n'avait connu pareille ambiance, car malgré la haine des Romains, c'est un peu comme si, dans un pays, tout le monde se mettait à changer de place - non pour prendre des vacances, mais retrouver ses origines, ses racines. Mais il n'y a pas de place pour eux: c'est facile de deviner que les plus fortunés avaient déjà réservé tout ce qui se pouvait louer. Et il y avait du bénéfice à faire.
Ce qui monte en moi de cet épisode de la nuit de Noël, c'est toujours cette lumière pâle, sereine et tranquille, pratiquement indéfinissable, de l'humilité de Dieu. Le Seigneur vient, mais Il vient sans fracas, sans se faire reconnaître, il choisit : une mangeoire (n'est-il pas déjà hostie ?) ... Il aura d'emblée pour compagnons le boeuf et l'âne, les animaux des durs labeurs, ainsi que des bergers, hommes peu et mal considérés parmi le peuple. Mais à eux, l'éblouissement de l'annonce de l'ange et la vision d'une troupe céleste innombrable, qui proclame la gloire de Dieu !
Cela paraît vraiment peu de choses, mais cela suffit pour attirer l'âme du lecteur de bonne volonté. Il faut regarder vers l'intérieur de soi,voilà tout: ne pas chercher des images en cinémascope ! Des bergers, voici justement ce dont le Seigneur a besoin, il s'identifiera lui-même comme berger. Le bœuf rappelle le joug qui est simple et facile; l'âne est un animal doux mais résistant, sur lequel on pose de lourdes charges - et c'est sur un âne que le Seigneur fera son entrée à Jérusalem (à part Lui, qui d'autre eût fait cela ?) Je me souviens: dans la crèche que les Sœurs Clarisses posaient au pied de l'autel, durant le temps de Noël, le petit Jésus de plâtre semblait devoir disparaître sous la paille. or, cette paille, toute fraîche et luisante, semblait lui faire comme un ostensoir. La paille, c'est l'or du pauvre, a dit quelqu'un.
Mais ce qui m'a toujours marqué le plus, en contemplant la venue au monde du Christ, c'est qu'il est déjà comme la graine de moutarde semée en terre. L'enfant Jésus semble vraiment avoir été semé en terre, et il va grandir pour s'élever, étendre les bras et finalement ne plus jamais les refermer. C'est lorsque Satan semble l'avoir emporté dans sa haine du genre humain, qu'en réalité il se retrouve rejeté dans les "ténèbres extérieures". De nos jours encore, en dépit des efforts des sociétés de la 'modernité' (j'aime ce mot fourre-tout qui ne veut rien dire), il est possible de tuer des fœtus, de noter soi-même la date de sa mort sur son agenda, de commettre les plus ignobles des péchés, mais qu'un seul cœur humain croise à l'œuvre la miséricorde divine, et le démon est de nouveau vaincu. Tous ceux qui regarderont vers Lui guériront."De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le fils de l'homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle" (Jean 3,14)
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: De la crèche à l'Ostensoir
Belle méditation Etienne : Jésus se fait Très-Bas, mais à l'Epiphanie (manifestation) les Grands et les Savants de se monde sauront - pour certains d'entre eux - reconnaître la gloire du Roi des rois...
Marie-Noël, à propos de cette manifestation (publicité, célébrité...) disait à propos d'elle même "attends-toi, fille qu'on encense, à ramasser des...crottes de dromadaires". Car dès que la Lumière se répand les forces de ténèbres s'accentuent par contraste...
Bonne vigile de Noël à vous,
In Christo !
Marie-Noël, à propos de cette manifestation (publicité, célébrité...) disait à propos d'elle même "attends-toi, fille qu'on encense, à ramasser des...crottes de dromadaires". Car dès que la Lumière se répand les forces de ténèbres s'accentuent par contraste...
Bonne vigile de Noël à vous,
In Christo !
"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"
Saint Bernard de Clairvaux
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etienne lorant
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Re: De la crèche à l'Ostensoir
Bonjour Gilles,
Ce soir, en guise de veillée, je vais regarder le film de Zeffirelli. J'ai recherché la séquence de Noël, mais je suis tombé sur celle-ci, et je me suis dit : en réalité, tout Noël y est raconté ici aussi:
http://www.youtube.com/watch?v=6qbxJUZawIA:
Joyeux Noël et mes meilleurs souhaits !
Etienne
Ce soir, en guise de veillée, je vais regarder le film de Zeffirelli. J'ai recherché la séquence de Noël, mais je suis tombé sur celle-ci, et je me suis dit : en réalité, tout Noël y est raconté ici aussi:
http://www.youtube.com/watch?v=6qbxJUZawIA:
Joyeux Noël et mes meilleurs souhaits !
Etienne
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2010-2011)
Fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph
Fête de St-Etienne
Livre de l'Ecclésiastique 3,2-6.12-14.
Le Seigneur glorifie le père dans ses enfants, il renforce l'autorité de la mère sur ses fils.
Celui qui honore son père obtient le pardon de ses fautes,
celui qui glorifie sa mère est comme celui qui amasse un trésor.
Celui qui honore son père aura de la joie dans ses enfants, au jour de sa prière il sera exaucé.
Celui qui glorifie son père verra de longs jours, celui qui obéit au Seigneur donne du réconfort à sa mère.
Mon fils, soutiens ton père dans sa vieillesse, ne le chagrine pas pendant sa vie.
Même si son esprit l'abandonne, sois indulgent, ne le méprise pas, toi qui es en pleine force.
Car ta miséricorde envers ton père ne sera pas oubliée, et elle relèvera ta maison si elle est ruinée par le péché.
(AELF)
Je suis heureux que cette fête de la Sainte Famille tombe justement le jour où l'Eglise fête aussi saint-Etienne, ce qui m'a sauté aux yeux, bien sûr. Y a-t-il un message caché, un peu comme si les grâces obtenues par ceux et celles qui honorent père et mère sont nécessairement accompagnées du don de soi jusqu'au sacrifice ? La fête de Noël, je l'ai passée à jeun, couché et malade (du simple fait d'un cassoulet que j'avais gratiné... je n'ai certes plus l'estomac d'avant !) J'ai donc suivi la messe de Noël à la radio et j'ai pu communier car j'avais demandé une hostie pour ma mère - mais elle avait pu communier avant moi. Pendant que je me remettais péniblement - je n'ai pu avaler que de l'eau durant plus de quarante heures, les grandes ripailles ont eu lieu.
Je me suis senti vexé, et puis, j'ai eu comme une intuition: il était bien préférable pour moi de passer Noël à prier que de participer à la Noël du traditionnel grand repas de famille ! Cette dernière 'tradition' commence d'ailleurs à s'effacer elle aussi: pourquoi les enfants et les petits-enfants devraient-ils voyager un peu pour se retrouver autour d'une table avec les vieux ? C'est devenu très ringard, tout çà ! En outre, le prophète de la météo qui sévit tant à la radio que sur les chaînes de télé avait dit au peuple d'éviter de prendre la route, d'autant plus que les responsables, un peu partout, avaient oublié de commander de quoi sabler les routes... Du coup, beaucoup de gentilles grand-mères et arrière grands-mères n'ont pas même reçu un coup de téléphone réconfortant de leur progéniture.
Les cauchemars ont suivi, le sentiment d'inutilité totale et le pressentiment que ce sera pire encore. Mais ce matin, révéillé à 8h, j'ai sauté du lit et j'étais, pile à l'heure, à l'Eucharistie du plus lointain village où je me rends le dimanche depuis quelques mois. Je n'avais pas eu une seconde à perdre, mais la question de la météo ne pas inquiété: j'ai foncé puisque j'étais poussé de l'intérieur. Les routes, effectivement, étaient tantôt déneigées, tantôt des patinoires où il ne valait mieux pas dépasser 20 km/h. Mais d'y être ce fut une vraie victoire sur les ténèbres - celles-la mêmes dont il est dit qu'elles n'ont pas reçu la Lumière, mais à ceux qui l'ont reçue, elle a reçu le pouvoir de devenir enfants de Dieu.
Me voici remonté: je suis toujours enfant de Dieu, quel bonheur ! Le pouvoir de devenir enfant de Dieu, c'est celui qui est donné à tous ceux et toutes celles qui, tenant compte de la Parole de Dieu plus que des bruits du monde, qui obéissent au souffle qui les fait lever, prendront encore des risques et s'exposeront plus encore. C'est la force que je ressens depuis ce matin, renouvelée. Je sais aussi que le Christ, lorsque l'homme dit qu'Il a opéré une guérison, en réalité Il a fait une création nouvelle. Beaucoup de ceux et celles que j'ai rencontrés sont, sans l'avoir reconnu pleinement, devenus des créations nouvelles, toutes destinées pour le Royaume !.
.
Fête de St-Etienne
Livre de l'Ecclésiastique 3,2-6.12-14.
Le Seigneur glorifie le père dans ses enfants, il renforce l'autorité de la mère sur ses fils.
Celui qui honore son père obtient le pardon de ses fautes,
celui qui glorifie sa mère est comme celui qui amasse un trésor.
Celui qui honore son père aura de la joie dans ses enfants, au jour de sa prière il sera exaucé.
Celui qui glorifie son père verra de longs jours, celui qui obéit au Seigneur donne du réconfort à sa mère.
Mon fils, soutiens ton père dans sa vieillesse, ne le chagrine pas pendant sa vie.
Même si son esprit l'abandonne, sois indulgent, ne le méprise pas, toi qui es en pleine force.
Car ta miséricorde envers ton père ne sera pas oubliée, et elle relèvera ta maison si elle est ruinée par le péché.
(AELF)
Je suis heureux que cette fête de la Sainte Famille tombe justement le jour où l'Eglise fête aussi saint-Etienne, ce qui m'a sauté aux yeux, bien sûr. Y a-t-il un message caché, un peu comme si les grâces obtenues par ceux et celles qui honorent père et mère sont nécessairement accompagnées du don de soi jusqu'au sacrifice ? La fête de Noël, je l'ai passée à jeun, couché et malade (du simple fait d'un cassoulet que j'avais gratiné... je n'ai certes plus l'estomac d'avant !) J'ai donc suivi la messe de Noël à la radio et j'ai pu communier car j'avais demandé une hostie pour ma mère - mais elle avait pu communier avant moi. Pendant que je me remettais péniblement - je n'ai pu avaler que de l'eau durant plus de quarante heures, les grandes ripailles ont eu lieu.
Je me suis senti vexé, et puis, j'ai eu comme une intuition: il était bien préférable pour moi de passer Noël à prier que de participer à la Noël du traditionnel grand repas de famille ! Cette dernière 'tradition' commence d'ailleurs à s'effacer elle aussi: pourquoi les enfants et les petits-enfants devraient-ils voyager un peu pour se retrouver autour d'une table avec les vieux ? C'est devenu très ringard, tout çà ! En outre, le prophète de la météo qui sévit tant à la radio que sur les chaînes de télé avait dit au peuple d'éviter de prendre la route, d'autant plus que les responsables, un peu partout, avaient oublié de commander de quoi sabler les routes... Du coup, beaucoup de gentilles grand-mères et arrière grands-mères n'ont pas même reçu un coup de téléphone réconfortant de leur progéniture.
Les cauchemars ont suivi, le sentiment d'inutilité totale et le pressentiment que ce sera pire encore. Mais ce matin, révéillé à 8h, j'ai sauté du lit et j'étais, pile à l'heure, à l'Eucharistie du plus lointain village où je me rends le dimanche depuis quelques mois. Je n'avais pas eu une seconde à perdre, mais la question de la météo ne pas inquiété: j'ai foncé puisque j'étais poussé de l'intérieur. Les routes, effectivement, étaient tantôt déneigées, tantôt des patinoires où il ne valait mieux pas dépasser 20 km/h. Mais d'y être ce fut une vraie victoire sur les ténèbres - celles-la mêmes dont il est dit qu'elles n'ont pas reçu la Lumière, mais à ceux qui l'ont reçue, elle a reçu le pouvoir de devenir enfants de Dieu.
Me voici remonté: je suis toujours enfant de Dieu, quel bonheur ! Le pouvoir de devenir enfant de Dieu, c'est celui qui est donné à tous ceux et toutes celles qui, tenant compte de la Parole de Dieu plus que des bruits du monde, qui obéissent au souffle qui les fait lever, prendront encore des risques et s'exposeront plus encore. C'est la force que je ressens depuis ce matin, renouvelée. Je sais aussi que le Christ, lorsque l'homme dit qu'Il a opéré une guérison, en réalité Il a fait une création nouvelle. Beaucoup de ceux et celles que j'ai rencontrés sont, sans l'avoir reconnu pleinement, devenus des créations nouvelles, toutes destinées pour le Royaume !.
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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Le temps de Dieu
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,2-8.
Le matin de Pâques, Marie Madeleine courut trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : " On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis. "
Pierre partit donc avec l'autre disciple pour se rendre au tombeau.
Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.
En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n'entre pas.
Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là,
et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place.
C'est alors qu'entra l'autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Le raccourci, le lendemain de Noël, entre la fête de la Sainte Famille et cette scène de la Résurrection, m'a laissé tout étonné quelques secondes. Mais si le temps n'était pas seulement linéaire comme nous le connaissons, avec des évènements qui s'ajoutent aux autres, mais qu'il avait cette faculté de s'étaler aussi bien que de se condenser ?
En définitive, qu'il s'agisse de la mangeoire ou de la tombe, que l'on passe du commencement à l'achèvement, il s'agit toujours pour nous du temps de Dieu. Aujourd'hui, c'est donc cette question-là qui attire mon esprit. Le Christ était présent dès la création du monde, et les Juifs l'ont attendu jusqu'à la première année de notre ère. Mais auraient-ils pu L'attendre ainsi s'Il n'était pas déjà présent, Lui, le Verbe, par la voix des prophètes ? Et nous, qui attendons la Parousie comme le merveilleux retour de notre Maître, si nous n'avions pas les sacrements et l'Église, ne serions-nous pas comme ces athées qui, plus ils sentent leur fin, plus ils désirent notre apostasie ?
Hier matin, je fus quasi littéralement jeté de mon lit pour arriver à temps à la messe, parce que Dieu l'a voulu ainsi. Je ne peux pas le dire autrement, Il l'a voulu ainsi, car le délai était très court: si j'avais eu seulement à réfléchir comment m'organiser pour parvenir au moment où le prêtre s'est approché de l'autel, j'aurais manqué ma messe. On me prendra pour un fou, tant pis, mais je suis persuadé que sur les vingt-cinq dernières années, je suis parvenu à mon rendez-vous avec le Seigneur en franchissant une sorte de raccourci de temps terrestre, ou bien parce que celui s'est "étiré". J'ai toujours cru (cela tient au moment de ma conversion) que Dieu a pouvoir sur tous les événements du monde.
S'il existe des ouvrages qui parlent de ces occasions de "temps altérés", sachez que je serais très heureux de les connaître!
Toujours est-il que ce Noël glacial et solitaire a réveillé une ardeur en moi: je ne cherche plus à comprendre, mais j'avance !
Le matin de Pâques, Marie Madeleine courut trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : " On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis. "
Pierre partit donc avec l'autre disciple pour se rendre au tombeau.
Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.
En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n'entre pas.
Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là,
et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place.
C'est alors qu'entra l'autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Le raccourci, le lendemain de Noël, entre la fête de la Sainte Famille et cette scène de la Résurrection, m'a laissé tout étonné quelques secondes. Mais si le temps n'était pas seulement linéaire comme nous le connaissons, avec des évènements qui s'ajoutent aux autres, mais qu'il avait cette faculté de s'étaler aussi bien que de se condenser ?
En définitive, qu'il s'agisse de la mangeoire ou de la tombe, que l'on passe du commencement à l'achèvement, il s'agit toujours pour nous du temps de Dieu. Aujourd'hui, c'est donc cette question-là qui attire mon esprit. Le Christ était présent dès la création du monde, et les Juifs l'ont attendu jusqu'à la première année de notre ère. Mais auraient-ils pu L'attendre ainsi s'Il n'était pas déjà présent, Lui, le Verbe, par la voix des prophètes ? Et nous, qui attendons la Parousie comme le merveilleux retour de notre Maître, si nous n'avions pas les sacrements et l'Église, ne serions-nous pas comme ces athées qui, plus ils sentent leur fin, plus ils désirent notre apostasie ?
Hier matin, je fus quasi littéralement jeté de mon lit pour arriver à temps à la messe, parce que Dieu l'a voulu ainsi. Je ne peux pas le dire autrement, Il l'a voulu ainsi, car le délai était très court: si j'avais eu seulement à réfléchir comment m'organiser pour parvenir au moment où le prêtre s'est approché de l'autel, j'aurais manqué ma messe. On me prendra pour un fou, tant pis, mais je suis persuadé que sur les vingt-cinq dernières années, je suis parvenu à mon rendez-vous avec le Seigneur en franchissant une sorte de raccourci de temps terrestre, ou bien parce que celui s'est "étiré". J'ai toujours cru (cela tient au moment de ma conversion) que Dieu a pouvoir sur tous les événements du monde.
S'il existe des ouvrages qui parlent de ces occasions de "temps altérés", sachez que je serais très heureux de les connaître!
Toujours est-il que ce Noël glacial et solitaire a réveillé une ardeur en moi: je ne cherche plus à comprendre, mais j'avance !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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La prophétie d'Anne
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 2,36-40.
Quand les parents de Jésus vinrent le présenter au Temple, il y avait là une femme qui était prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d'Aser.
Demeurée veuve après sept ans de mariage, elle avait atteint l'âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s'éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière.
S'approchant d'eux à ce moment, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.
Lorsqu'ils eurent accompli tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.
L'enfant grandissait et se fortifiait, tout rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Anne, comme chacun et chacune d'entre nous, attend la délivrance de Jérusalem. Peut-être sans comprendre que Jérusalem, comme Israël, c'est aussi et d'abord: elle et eux - comme vous et moi. Et durant cette attente, ""l'enfant grandit et se fortifie, tout rempli de sagesse, et la grâce de Dieu est sur lui."
Je ne fais que recopier le texte, mais j'entends autre chose que ce que j'écris. Mais comment l'exprimer ? J'attends une délivrance, un monde nouveau, mais je me rends compte que c'est ma délivrance que j'espère, que j'attends et que je finis par appeler en criant au ciel de toutes mes forces, comme chaque être qui souffre de l'existence sur cette terre. Et pendant que je crie, je ne sais pas qu'un Enfant grandit au fond de mon être tout blessé, souillé de sueur, de sang et des cendres de mes fautes. Mes épreuves et mes chutes, cet Enfant les prend sur Lui, Il les endure et elles Le fortifient. La sagesse de ce monde n'a pas plus de prise sur Lui que ses jugements, et au milieu de tant de douleurs, la grâce de Dieu établit ses quartiers, fonde sa demeure et bientôt impose sa domination.
Vous me direz que j'ai l'imagination trop fertile ? Peut-être. Mais l'Enfant d'Israël que fut Jésus a grandi en son sein sans qu'Israël ait écouté la prophétesse Anne. ll était donc là, caché au fond de Nazareth comme dans le lieu du pays le moins visité (car l'on dit: 'De Nazareth ! Qu'est-ce qui peut sortir de bon de Nazareth !') ainsi qu'une semence jetée en terre. Plus tard, lors de sa première et dernière visite à la synagogue de Nazareth, Jésus, entre-temps devenu l'Agneau de Dieu, leur dit tout simplement: "Cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, est accomplie" - et encore: "Le Royaume ne vient pas de manière à frapper le regard. Le Royaume, le voici qu'Il est au milieu de vous"... N'ont-ils pas cherché tout de suite à Le lapider à mort ?
En cette fin d'année 2010, je voudrais dire que je me sens bouillir d'impatience. Oui, littéralement. Je ressens en même temps de l'excitation et une sorte de rage à m'imposer à moi-même tout ce que Dieu voudra. Cela a commencé le 19 novembre, lorsque j'ai ressenti en moi une voix qui m'a dit: "L'heure est venue pour toi de mourir à toi-même"... C'était le lendemain du jour où j'avais rompu des liens autour de moi afin qu'ils n'aboutissent plus à la colère. Et j'avais aussi liquidé d'anciens meubles de la maison qui ne serviront plus.
Depuis ce jour-là, les petites choses simples auxquelles je rattachais encore mon confort, je me suis surpris à les détester. Ce n'est pas de bien-être que j'ai besoin, mais de plus d'ordre, de plus de discipline, de rigueur et de foi ! Je me suis mis à prier la nuit, à prendre des notes à trois heures du matin, à chercher à m'imposer cette unique pensée: ce n'est pas mon sens du bien qui compte, mais c'est d'accomplir la volonté de Dieu. Tout cela, je le savais dès 1985, l'année de ma conversion - mais c'était aussi l'année où les prêtres et les moines que j'ai rencontrés ne croyaient plus dans un type de conversion tel que je leur avais rapporté - et je leur avais parlé dans les larmes de la Joie... sans aucunement les toucher.
Eh bien, je me dis que ce qui se passe (pour ce que je puis en dire en cet instant), c'est que l'Enfant en moi cherche à faire craquer la vieille peau de l'homme du monde, une fois pour toutes. C'est douloureux, d'une certaine façon, mais c'est irrésistible. Cela me rappelle deux petites paroles de Jésus: 'Là où est le cadavre, là aussi les vautours' et 'Levez-vous. Partons d'ici.'
Il n'est pas jamais trop tard, mais il est toujours temps !
Meilleurs voeux à tous et à toutes. Apprenons à veiller !
Etienne
Quand les parents de Jésus vinrent le présenter au Temple, il y avait là une femme qui était prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d'Aser.
Demeurée veuve après sept ans de mariage, elle avait atteint l'âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s'éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière.
S'approchant d'eux à ce moment, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.
Lorsqu'ils eurent accompli tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.
L'enfant grandissait et se fortifiait, tout rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Anne, comme chacun et chacune d'entre nous, attend la délivrance de Jérusalem. Peut-être sans comprendre que Jérusalem, comme Israël, c'est aussi et d'abord: elle et eux - comme vous et moi. Et durant cette attente, ""l'enfant grandit et se fortifie, tout rempli de sagesse, et la grâce de Dieu est sur lui."
Je ne fais que recopier le texte, mais j'entends autre chose que ce que j'écris. Mais comment l'exprimer ? J'attends une délivrance, un monde nouveau, mais je me rends compte que c'est ma délivrance que j'espère, que j'attends et que je finis par appeler en criant au ciel de toutes mes forces, comme chaque être qui souffre de l'existence sur cette terre. Et pendant que je crie, je ne sais pas qu'un Enfant grandit au fond de mon être tout blessé, souillé de sueur, de sang et des cendres de mes fautes. Mes épreuves et mes chutes, cet Enfant les prend sur Lui, Il les endure et elles Le fortifient. La sagesse de ce monde n'a pas plus de prise sur Lui que ses jugements, et au milieu de tant de douleurs, la grâce de Dieu établit ses quartiers, fonde sa demeure et bientôt impose sa domination.
Vous me direz que j'ai l'imagination trop fertile ? Peut-être. Mais l'Enfant d'Israël que fut Jésus a grandi en son sein sans qu'Israël ait écouté la prophétesse Anne. ll était donc là, caché au fond de Nazareth comme dans le lieu du pays le moins visité (car l'on dit: 'De Nazareth ! Qu'est-ce qui peut sortir de bon de Nazareth !') ainsi qu'une semence jetée en terre. Plus tard, lors de sa première et dernière visite à la synagogue de Nazareth, Jésus, entre-temps devenu l'Agneau de Dieu, leur dit tout simplement: "Cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, est accomplie" - et encore: "Le Royaume ne vient pas de manière à frapper le regard. Le Royaume, le voici qu'Il est au milieu de vous"... N'ont-ils pas cherché tout de suite à Le lapider à mort ?
En cette fin d'année 2010, je voudrais dire que je me sens bouillir d'impatience. Oui, littéralement. Je ressens en même temps de l'excitation et une sorte de rage à m'imposer à moi-même tout ce que Dieu voudra. Cela a commencé le 19 novembre, lorsque j'ai ressenti en moi une voix qui m'a dit: "L'heure est venue pour toi de mourir à toi-même"... C'était le lendemain du jour où j'avais rompu des liens autour de moi afin qu'ils n'aboutissent plus à la colère. Et j'avais aussi liquidé d'anciens meubles de la maison qui ne serviront plus.
Depuis ce jour-là, les petites choses simples auxquelles je rattachais encore mon confort, je me suis surpris à les détester. Ce n'est pas de bien-être que j'ai besoin, mais de plus d'ordre, de plus de discipline, de rigueur et de foi ! Je me suis mis à prier la nuit, à prendre des notes à trois heures du matin, à chercher à m'imposer cette unique pensée: ce n'est pas mon sens du bien qui compte, mais c'est d'accomplir la volonté de Dieu. Tout cela, je le savais dès 1985, l'année de ma conversion - mais c'était aussi l'année où les prêtres et les moines que j'ai rencontrés ne croyaient plus dans un type de conversion tel que je leur avais rapporté - et je leur avais parlé dans les larmes de la Joie... sans aucunement les toucher.
Eh bien, je me dis que ce qui se passe (pour ce que je puis en dire en cet instant), c'est que l'Enfant en moi cherche à faire craquer la vieille peau de l'homme du monde, une fois pour toutes. C'est douloureux, d'une certaine façon, mais c'est irrésistible. Cela me rappelle deux petites paroles de Jésus: 'Là où est le cadavre, là aussi les vautours' et 'Levez-vous. Partons d'ici.'
Il n'est pas jamais trop tard, mais il est toujours temps !
Meilleurs voeux à tous et à toutes. Apprenons à veiller !
Etienne
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Re: La prophétie d'Anne
Merci pour ce rappel etienne lorant, et pour vos bonnes paroles.
Meilleurs voeux à vous aussi pour l'année 2011
Bonne journée
Cordialement
Meilleurs voeux à vous aussi pour l'année 2011
Bonne journée
Cordialement
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etienne lorant
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Aujourd'hui, tout commence
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 1,1-18.
Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu.
Il était au commencement auprès de Dieu.
Par lui, tout s'est fait, et rien de ce qui s'est fait ne s'est fait sans lui.
En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ;
la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée.
Il y eut un homme envoyé par Dieu. Son nom était Jean.
Il était venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui.
Cet homme n'était pas la Lumière, mais il était là pour lui rendre témoignage.
Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde.
Il était dans le monde, lui par qui le monde s'était fait, mais le monde ne l'a pas reconnu.
Il est venu chez les siens, et les siens ne l'ont pas reçu.
Mais tous ceux qui l'ont reçu, ceux qui croient en son nom, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu.
Ils ne sont pas nés de la chair et du sang, ni d'une volonté charnelle, ni d'une volonté d'homme : ils sont nés de Dieu.
Et le Verbe s'est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu'il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.
Jean Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « Voici celui dont j'ai dit : Lui qui vient derrière moi, il a pris place devant moi, car avant moi il était. »
Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce :
après la Loi communiquée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. Dieu, personne ne l'a jamais vu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, c'est lui qui a conduit à le connaître.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Superbe texte, qui mériterait que l'on en relève tous les mouvements intérieurs et les envoûtants rappels. "Par lui, tout s'est fait, et rien de ce qui s'est fait ne s'est fait sans lui" : cette seule phrase me transporte dans un univers inconnu que je voudrais mieux explorer.
Mais dans l'état d'esprit où je suis maintenant, comme je veille à me tenir droit, à ne plus me laisser tourner la tête par aucun bruit du monde, ce commencement de l'Évangile de Jean me donne cette assurance:
Mais tous ceux qui l'ont reçu, ceux qui croient en son nom, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu.Ils ne sont pas nés de la chair et du sang, ni d'une volonté charnelle, ni d'une volonté d'homme : ils sont nés de Dieu.
Ainsi, que je ne m'inquiète plus si je me sens isolé dans un siècle qui a tant renié Dieu, et en reniant Dieu, s'est mis à errer, pour finalement se retrouver sur la large, très large voie qui conduit directement au précipice. Comme ils sont nombreux, de nos jours, les hommes de bonne volonté auto-proclamée et qui nous assurent pouvoir donner le bonheur à tous ! Ils nous sont bien connus, ils occupent les écrans, les gazettes, les radios. Ils sont assez sages pour se prétendre les garants de la paix entre toutes les croyances et les cultes. Hier soir, comme il parlait bien, ce savant qui expliquait comment la musique peut contribuer à la guérison de ses patients ! Comme c'est beau, comme c'est bien !
Et tous avec leurs bonnes pensées, leur prestige, leur renommée, leurs agents et leur argent, viennent de tous les côtés se rejoindre sur la grande autoroute de la modernité, du consensus, du bon sens humain ! Mais la grande voie commune, c'est celle de la perdition !
Pour terminer cette année, j'ai gardé une note de Julien Green qui m'a bouleversé, que j'ai trouvée peu après le moment où j'ai ressenti que je devais de nouveau changer, et avec force. Je vous la cite, elle me tiendra lieu de commentaire pour aujourd'hui:
JG 26 janvier 1944
"L'autre jour, en pensant à la bonté du Christ, une âme religieuse que je connais a eu devant les yeux une sorte de représentation si précise et si vive que les mots ne peuvent en donner qu'une faible idée. Elle a vu d'abord une foule de gens qui semblaient à la fois pressés et malheureux et qui tous se dirigeaient du même côté. Elle a compris qu'ils étaient malheureux parce qu'ils avaient perdu la grâce et qu'ils étaient pressés sans raison, comme on l'est dans le monde. Et elle a vu le Christ qui allait de l'un à l'autre, et d'une manière qui ne peut se décrire. Il allait à chacune de ces personnes en même temps, essayant de lui parler et même, doucement, de l'arrêter : mais tout ce monde le repoussait avec impatience, et allait de l'avant, refusant d'entendre ce qu'il avait à leur dire; et à chaque fois, il avait l'air si peiné, si offensé, et il y avait dans ses yeux une si grande tristesse que les larmes ont jailli de la personne qui voyait ces choses. Alors, elle lui a demandé, puisque personne ne voulait de lui, s'il ne voulait pas d'elle, et elle éprouvait en disant cela autant de chagrin et d'amour, parce qu'elle se rendait compte qu'elle n'avait pas grand chose à lui offrir. Cette scène a duré plusieurs minutes; elle voyait tout distinctement, et à chaque nouveau refus, elle recevait comme un coup dans la poitrine et se demandait comment on pouvait traiter ainsi Notre Seigneur."
Eh bien, si j'ai reçu le pouvoir de devenir enfant de Dieu, je veux de tout mon coeur, de toute mon âme et de toutes mes forces, sans attendre le 1er de l'an nouveau, faire tout mon possible pour servir le Christ qui s'épuise à voir tant d'âmes courir ainsi à leur perte.
Dans cet esprit, je vous souhaite une année 2011 dans la grâce et la Joie retrouvées.
Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu.
Il était au commencement auprès de Dieu.
Par lui, tout s'est fait, et rien de ce qui s'est fait ne s'est fait sans lui.
En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ;
la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée.
Il y eut un homme envoyé par Dieu. Son nom était Jean.
Il était venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui.
Cet homme n'était pas la Lumière, mais il était là pour lui rendre témoignage.
Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde.
Il était dans le monde, lui par qui le monde s'était fait, mais le monde ne l'a pas reconnu.
Il est venu chez les siens, et les siens ne l'ont pas reçu.
Mais tous ceux qui l'ont reçu, ceux qui croient en son nom, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu.
Ils ne sont pas nés de la chair et du sang, ni d'une volonté charnelle, ni d'une volonté d'homme : ils sont nés de Dieu.
Et le Verbe s'est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu'il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.
Jean Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « Voici celui dont j'ai dit : Lui qui vient derrière moi, il a pris place devant moi, car avant moi il était. »
Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce :
après la Loi communiquée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. Dieu, personne ne l'a jamais vu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, c'est lui qui a conduit à le connaître.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Superbe texte, qui mériterait que l'on en relève tous les mouvements intérieurs et les envoûtants rappels. "Par lui, tout s'est fait, et rien de ce qui s'est fait ne s'est fait sans lui" : cette seule phrase me transporte dans un univers inconnu que je voudrais mieux explorer.
Mais dans l'état d'esprit où je suis maintenant, comme je veille à me tenir droit, à ne plus me laisser tourner la tête par aucun bruit du monde, ce commencement de l'Évangile de Jean me donne cette assurance:
Mais tous ceux qui l'ont reçu, ceux qui croient en son nom, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu.Ils ne sont pas nés de la chair et du sang, ni d'une volonté charnelle, ni d'une volonté d'homme : ils sont nés de Dieu.
Ainsi, que je ne m'inquiète plus si je me sens isolé dans un siècle qui a tant renié Dieu, et en reniant Dieu, s'est mis à errer, pour finalement se retrouver sur la large, très large voie qui conduit directement au précipice. Comme ils sont nombreux, de nos jours, les hommes de bonne volonté auto-proclamée et qui nous assurent pouvoir donner le bonheur à tous ! Ils nous sont bien connus, ils occupent les écrans, les gazettes, les radios. Ils sont assez sages pour se prétendre les garants de la paix entre toutes les croyances et les cultes. Hier soir, comme il parlait bien, ce savant qui expliquait comment la musique peut contribuer à la guérison de ses patients ! Comme c'est beau, comme c'est bien !
Et tous avec leurs bonnes pensées, leur prestige, leur renommée, leurs agents et leur argent, viennent de tous les côtés se rejoindre sur la grande autoroute de la modernité, du consensus, du bon sens humain ! Mais la grande voie commune, c'est celle de la perdition !
Pour terminer cette année, j'ai gardé une note de Julien Green qui m'a bouleversé, que j'ai trouvée peu après le moment où j'ai ressenti que je devais de nouveau changer, et avec force. Je vous la cite, elle me tiendra lieu de commentaire pour aujourd'hui:
JG 26 janvier 1944
"L'autre jour, en pensant à la bonté du Christ, une âme religieuse que je connais a eu devant les yeux une sorte de représentation si précise et si vive que les mots ne peuvent en donner qu'une faible idée. Elle a vu d'abord une foule de gens qui semblaient à la fois pressés et malheureux et qui tous se dirigeaient du même côté. Elle a compris qu'ils étaient malheureux parce qu'ils avaient perdu la grâce et qu'ils étaient pressés sans raison, comme on l'est dans le monde. Et elle a vu le Christ qui allait de l'un à l'autre, et d'une manière qui ne peut se décrire. Il allait à chacune de ces personnes en même temps, essayant de lui parler et même, doucement, de l'arrêter : mais tout ce monde le repoussait avec impatience, et allait de l'avant, refusant d'entendre ce qu'il avait à leur dire; et à chaque fois, il avait l'air si peiné, si offensé, et il y avait dans ses yeux une si grande tristesse que les larmes ont jailli de la personne qui voyait ces choses. Alors, elle lui a demandé, puisque personne ne voulait de lui, s'il ne voulait pas d'elle, et elle éprouvait en disant cela autant de chagrin et d'amour, parce qu'elle se rendait compte qu'elle n'avait pas grand chose à lui offrir. Cette scène a duré plusieurs minutes; elle voyait tout distinctement, et à chaque nouveau refus, elle recevait comme un coup dans la poitrine et se demandait comment on pouvait traiter ainsi Notre Seigneur."
Eh bien, si j'ai reçu le pouvoir de devenir enfant de Dieu, je veux de tout mon coeur, de toute mon âme et de toutes mes forces, sans attendre le 1er de l'an nouveau, faire tout mon possible pour servir le Christ qui s'épuise à voir tant d'âmes courir ainsi à leur perte.
Dans cet esprit, je vous souhaite une année 2011 dans la grâce et la Joie retrouvées.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
- Pater civitatis

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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
La mémoire du coeur
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 2,16-21.
Quand les bergers arrivèrent à Bethléem, ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans une mangeoire.
Après l'avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant.
Et tout le monde s'étonnait de ce que racontaient les bergers.
Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur.
Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu selon ce qui leur avait été annoncé.
Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l'enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l'ange lui avait donné avant sa conception.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Marie retenait tous ces événements et les méditait dans son coeur... Révéillé à minuit par les pétards (je n'appelle pas ces explosions éparses sur les boulevards des feux d'artifice), je me suis mis à méditer moi aussi. De toute manière, j'entendais les fêtards discuter à hautes voix dans la rue, avec des coups de klaxon comme en plein midi.
Ma méditation de la nuit ne fut que sombre, mais tournée aussi vers les visages que j'ai rencontrés cette année: ceux et celles qui ont perdu leur emploi, l'homme violent de ces derniers jours qui marchait de long en large devant les vitrines, cette femme âgée qui conduisait un bébé dans une poussette en s'efforçant de suivre le jeune couple qui la précédait, un homme accidenté qui peinait et transpirait pour marcher jusqu'à l'escalator du supermarché... et ma propre vie que je juge si peu intéressante, si terne et désespérante, comme si elle devait s'achever vite (mais ce dernier motif de plainte, je sais que je ne dois y prêter aucune attention, car c'est une tentation qui me poursuit depuis trois ans et disparaît complètement en journée).
De fait, à la première messe de l'année, en écoutant ce que faisait Marie en engrangeant dans son coeur tous les événements de la naissance de Jésus, je me suis soudain souvenu que 2010 fut l'année du 25ème anniversaire de ma conversion. Le désir d'union au Christ s'est vivement réveillé au cours de l'année passée, d'une part par le rejet de toute sentimentalité dans certaines de mes relations, et d'autre part, à cause de cette énergie que je voudrais bien qualifier selon sa force. L'hiver, venu trop tôt, m'a trouvé désarmé un moment, mais ensuite mon esprit fut en alerte sans cesse et il l'est encore ce matin.
J'ai plusieurs souvenirs de ma conversion, mais quel est le principal ? J'ai envie de dire ceci: qu'à peine trois jours après l'événement, j'ai cru avoir rêvé. Ma raison raisonante et ronronante, m'a fait songer un moment que j'avais seulement vécu une sorte de "crise existentielle imagée". Mais aussitôt, je lui ai opposé des faits incontournables: je m'étais réconcilié avec toutes les personnes avec lesquelles j'entretenais des conflits; je m'étais rendu sur le champ trouver mon curé pour obtenir le sacrement de réconciliation; j'avais écrit jusqu'à six récits de l'apparition du Christ vivant sur sa croix - qui avait donné sa vie pour que je cesse d'être malheureux (en estimant que le dernier était le "moins mauvais", car les expérience surnaturelles résistent à tous les mots qu'on emploie pour les décrire); j'avais aussi troqué mes chaussures pour des sandales car je désirais être plus proche du sol: il me semblait que, pour un homme, se tenir le plus bas possible, c'est être en même temps le plus proche du Ciel, etc.
A présent commence une année qui sera riche en bouleversements divers, mais me voici prêt. Je sais bien qu'il me faudra me méfier beaucoup, me tenir prêt à tout, et malgré cela, avancer, ne pas hésiter, chercher toujours à aller vers l'avant. Comme je me sens pressé de l'intérieur !
Je n'ai pas peur, je suis certain de mon Dieu. A la fin de la messe, le prêtre a voulu rappeler la première lecture, qui a tant suscité saint François d'Assise:
'Que le Seigneur te bénisse et te garde !
Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu'il se penche vers toi !
Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu'il t'apporte la paix ! '
Quand les bergers arrivèrent à Bethléem, ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans une mangeoire.
Après l'avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant.
Et tout le monde s'étonnait de ce que racontaient les bergers.
Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur.
Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu selon ce qui leur avait été annoncé.
Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l'enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l'ange lui avait donné avant sa conception.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Marie retenait tous ces événements et les méditait dans son coeur... Révéillé à minuit par les pétards (je n'appelle pas ces explosions éparses sur les boulevards des feux d'artifice), je me suis mis à méditer moi aussi. De toute manière, j'entendais les fêtards discuter à hautes voix dans la rue, avec des coups de klaxon comme en plein midi.
Ma méditation de la nuit ne fut que sombre, mais tournée aussi vers les visages que j'ai rencontrés cette année: ceux et celles qui ont perdu leur emploi, l'homme violent de ces derniers jours qui marchait de long en large devant les vitrines, cette femme âgée qui conduisait un bébé dans une poussette en s'efforçant de suivre le jeune couple qui la précédait, un homme accidenté qui peinait et transpirait pour marcher jusqu'à l'escalator du supermarché... et ma propre vie que je juge si peu intéressante, si terne et désespérante, comme si elle devait s'achever vite (mais ce dernier motif de plainte, je sais que je ne dois y prêter aucune attention, car c'est une tentation qui me poursuit depuis trois ans et disparaît complètement en journée).
De fait, à la première messe de l'année, en écoutant ce que faisait Marie en engrangeant dans son coeur tous les événements de la naissance de Jésus, je me suis soudain souvenu que 2010 fut l'année du 25ème anniversaire de ma conversion. Le désir d'union au Christ s'est vivement réveillé au cours de l'année passée, d'une part par le rejet de toute sentimentalité dans certaines de mes relations, et d'autre part, à cause de cette énergie que je voudrais bien qualifier selon sa force. L'hiver, venu trop tôt, m'a trouvé désarmé un moment, mais ensuite mon esprit fut en alerte sans cesse et il l'est encore ce matin.
J'ai plusieurs souvenirs de ma conversion, mais quel est le principal ? J'ai envie de dire ceci: qu'à peine trois jours après l'événement, j'ai cru avoir rêvé. Ma raison raisonante et ronronante, m'a fait songer un moment que j'avais seulement vécu une sorte de "crise existentielle imagée". Mais aussitôt, je lui ai opposé des faits incontournables: je m'étais réconcilié avec toutes les personnes avec lesquelles j'entretenais des conflits; je m'étais rendu sur le champ trouver mon curé pour obtenir le sacrement de réconciliation; j'avais écrit jusqu'à six récits de l'apparition du Christ vivant sur sa croix - qui avait donné sa vie pour que je cesse d'être malheureux (en estimant que le dernier était le "moins mauvais", car les expérience surnaturelles résistent à tous les mots qu'on emploie pour les décrire); j'avais aussi troqué mes chaussures pour des sandales car je désirais être plus proche du sol: il me semblait que, pour un homme, se tenir le plus bas possible, c'est être en même temps le plus proche du Ciel, etc.
A présent commence une année qui sera riche en bouleversements divers, mais me voici prêt. Je sais bien qu'il me faudra me méfier beaucoup, me tenir prêt à tout, et malgré cela, avancer, ne pas hésiter, chercher toujours à aller vers l'avant. Comme je me sens pressé de l'intérieur !
Je n'ai pas peur, je suis certain de mon Dieu. A la fin de la messe, le prêtre a voulu rappeler la première lecture, qui a tant suscité saint François d'Assise:
'Que le Seigneur te bénisse et te garde !
Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu'il se penche vers toi !
Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu'il t'apporte la paix ! '
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
L'Epiphanie
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 2,1-12.
Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem
et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
En apprenant cela, le roi Hérode fut pris d'inquiétude, et tout Jérusalem avec lui.
Il réunit tous les chefs des prêtres et tous les scribes d'Israël, pour leur demander en quel lieu devait naître le Messie. Ils lui répondirent :
« A Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète :
Et toi, Bethléem en Judée, tu n'es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Judée ; car de toi sortira un chef, qui sera le berger d'Israël mon peuple. »
Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l'étoile était apparue ;
puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l'enfant. Et quand vous l'aurez trouvé, avertissez-moi pour que j'aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »
Sur ces paroles du roi, ils partirent. Et voilà que l'étoile qu'ils avaient vue se lever les précédait ; elle vint s'arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l'enfant.
Quand ils virent l'étoile, ils éprouvèrent une très grande joie.
En entrant dans la maison, ils virent l'enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l'or, de l'encens et de la myrrhe.
Mais ensuite, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.
A la suite d'un partage écrit tout récemment au sujet du massacre des innocents de Bethléem, j'avais été surpris par une réponse qui affirmait de façon péremptoire que cette affaire des cent innocents mis à mort par Hérode, n'était qu'une légende. Je me suis dit que l'auteur de cette négation ne connaît sans doute rien de la cruauté des chefs des peuples antiques, pour qui la mort d'une centaine d'enfants n'était rien, car on rasait les villes, on tuait femmes et enfants sans distinction, et l'on allait carrément jusqu'à détruire les murs de telle manière que l'on ne puisse pas reconstruire.
Mais c'est de bon ton de notre temps de tout remettre en question. C'est pourquoi un commentaire sur l'épisode d'aujourd'hui, de la visite des mages, pourrait bien me valoir, ici et là, des réponses du même style. Mais peu importe: j'ai, de même, de quoi répondre, car dès la plus haute Antiquité, les Babyloniens et les Chinois observent le ciel : on a retrouvé les traces d'observatoires qui datent de 2500 av. J.-C. (à Babylone) et de 2300 av. J.-C. (règne de l'empereur Yao en Chine). Parmi les premières grandes découvertes, il y a la constatation de la périodicité des phénomènes astronomiques. Et donc, la nouvelle étoile des mages et le passage de ces derniers à Bethléem, n'a rien d'extraordinaire.
Ce qui m'intéresse davantage, c'est le message que l'Évangile diffuse, pour nous, fidèles. aujourd'hui. Je note, par exemple, ma confiance que les politiques comme le roi Hérode, et comme ces mages qui furent aussi des hommes de grand pouvoir terrestre, ont servi le dessein de Dieu. L'attitude défiante d'Hérode à l'annonce de la naissance d'un être d'exception - et la peur qu'il éprouve d'être renversé de son trône, a conduit à la fuite en Égypte et à l'accomplissement de la prophétie qui dit : "D'Égypte, j'ai appelé mon fils" - n'y a-t-il pas, ici, un condensé de toute l'Histoire sainte en Jésus ?
De même, les mages, avec leurs riches présents, n'ont pas offert que symboles, mais j'en tiens compte : l'or, pour l'autorité royale sur toutes créatures; l'encens, car le Christ n'est pas seulement homme, mais Dieu; et la myrrhe - qui servait pour les sépultures, parce que le Verbe, l'auteur de toute vie, n'a pas hésité à s'incarner. Au-delà des symboles, il y a pourtant l'utilité pratique à laquelle nous ne songeons guère: comment Marie, Joseph et l'enfant Jésus ont-il pu vivre en Egypte pendant le reste du règne d'Hérode. Je suis certain que les cadeaux des mages ont servi, tout comme les mages ont servi Dieu d'une manière qu'ils ne pouvaient qu'entrevoir. Mais selon les visions d'Anne-Catherine Emmerich, le Christ au cours de sa mission, n'a pas hésité à 'rendre la politesse' aux mages et à les enseigner :
http://livres-mystiques.com/partieTEXTE ... pitr9.html
Pour terminer, je note que l'ordre surnaturel est aussi respecté: les bergers ont vu l'étoile les premiers (sans instrument aucun), les mages seulement ensuite. Car en toutes choses, le Seigneur choisit l'humilité comme règle.
Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem
et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
En apprenant cela, le roi Hérode fut pris d'inquiétude, et tout Jérusalem avec lui.
Il réunit tous les chefs des prêtres et tous les scribes d'Israël, pour leur demander en quel lieu devait naître le Messie. Ils lui répondirent :
« A Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète :
Et toi, Bethléem en Judée, tu n'es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Judée ; car de toi sortira un chef, qui sera le berger d'Israël mon peuple. »
Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l'étoile était apparue ;
puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l'enfant. Et quand vous l'aurez trouvé, avertissez-moi pour que j'aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »
Sur ces paroles du roi, ils partirent. Et voilà que l'étoile qu'ils avaient vue se lever les précédait ; elle vint s'arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l'enfant.
Quand ils virent l'étoile, ils éprouvèrent une très grande joie.
En entrant dans la maison, ils virent l'enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l'or, de l'encens et de la myrrhe.
Mais ensuite, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.
A la suite d'un partage écrit tout récemment au sujet du massacre des innocents de Bethléem, j'avais été surpris par une réponse qui affirmait de façon péremptoire que cette affaire des cent innocents mis à mort par Hérode, n'était qu'une légende. Je me suis dit que l'auteur de cette négation ne connaît sans doute rien de la cruauté des chefs des peuples antiques, pour qui la mort d'une centaine d'enfants n'était rien, car on rasait les villes, on tuait femmes et enfants sans distinction, et l'on allait carrément jusqu'à détruire les murs de telle manière que l'on ne puisse pas reconstruire.
Mais c'est de bon ton de notre temps de tout remettre en question. C'est pourquoi un commentaire sur l'épisode d'aujourd'hui, de la visite des mages, pourrait bien me valoir, ici et là, des réponses du même style. Mais peu importe: j'ai, de même, de quoi répondre, car dès la plus haute Antiquité, les Babyloniens et les Chinois observent le ciel : on a retrouvé les traces d'observatoires qui datent de 2500 av. J.-C. (à Babylone) et de 2300 av. J.-C. (règne de l'empereur Yao en Chine). Parmi les premières grandes découvertes, il y a la constatation de la périodicité des phénomènes astronomiques. Et donc, la nouvelle étoile des mages et le passage de ces derniers à Bethléem, n'a rien d'extraordinaire.
Ce qui m'intéresse davantage, c'est le message que l'Évangile diffuse, pour nous, fidèles. aujourd'hui. Je note, par exemple, ma confiance que les politiques comme le roi Hérode, et comme ces mages qui furent aussi des hommes de grand pouvoir terrestre, ont servi le dessein de Dieu. L'attitude défiante d'Hérode à l'annonce de la naissance d'un être d'exception - et la peur qu'il éprouve d'être renversé de son trône, a conduit à la fuite en Égypte et à l'accomplissement de la prophétie qui dit : "D'Égypte, j'ai appelé mon fils" - n'y a-t-il pas, ici, un condensé de toute l'Histoire sainte en Jésus ?
De même, les mages, avec leurs riches présents, n'ont pas offert que symboles, mais j'en tiens compte : l'or, pour l'autorité royale sur toutes créatures; l'encens, car le Christ n'est pas seulement homme, mais Dieu; et la myrrhe - qui servait pour les sépultures, parce que le Verbe, l'auteur de toute vie, n'a pas hésité à s'incarner. Au-delà des symboles, il y a pourtant l'utilité pratique à laquelle nous ne songeons guère: comment Marie, Joseph et l'enfant Jésus ont-il pu vivre en Egypte pendant le reste du règne d'Hérode. Je suis certain que les cadeaux des mages ont servi, tout comme les mages ont servi Dieu d'une manière qu'ils ne pouvaient qu'entrevoir. Mais selon les visions d'Anne-Catherine Emmerich, le Christ au cours de sa mission, n'a pas hésité à 'rendre la politesse' aux mages et à les enseigner :
http://livres-mystiques.com/partieTEXTE ... pitr9.html
Pour terminer, je note que l'ordre surnaturel est aussi respecté: les bergers ont vu l'étoile les premiers (sans instrument aucun), les mages seulement ensuite. Car en toutes choses, le Seigneur choisit l'humilité comme règle.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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La barque dans la nuit
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6,45-52.
Aussitôt après avoir nourri la foule, Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l'autre rive, vers Bethsaïde, pendant que lui-même renvoyait la foule.
Quand il les eut congédiés, il s'en alla sur la montagne pour prier.
Le soir venu, la barque était au milieu de la mer et lui, tout seul, à terre.
Voyant qu'ils se débattaient avec les rames, car le vent leur était contraire, il vient à eux vers la fin de la nuit en marchant sur la mer, et il allait les dépasser.
En le voyant marcher sur la mer, les disciples crurent que c'était un fantôme et ils se mirent à pousser des cris,
car tous l'avaient vu et ils étaient bouleversés. Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c'est moi ; n'ayez pas peur ! »
Il monta ensuite avec eux dans la barque et le vent tomba ; et en eux-mêmes ils étaient complètement bouleversés de stupeur,
car ils n'avaient pas compris la signification du miracle des pains : leur cœur était aveuglé.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Aujourd'hui, les images me sont venues clairement avec leur portée spirituelle. Jésus s'en est allé prier sur la montagne, ce qui veut dire qu'il ne nous paraît pas accessible, qu'il semble s'être retiré et ne reparaîtra plus. La barque, c'est l'Église. Elle est au milieu du lac, c'est-à-dire au milieu du monde et au milieu du 'siècle', comme on disait autrefois. Le vent contraire, ce sont les événements que nous traversons: le reniement de la foi par un grand nombre, les attaques que nous supportons de tous côtés; les ténèbres, c'est notre foi lorsqu'il nous semble que n'avançons plus, que le doute s'insinue, que la crainte grandit: 'Me serais-je trompé ?" Mais à la fin de la nuit (de nos vies sur terre, mais aussi : de l'Histoire), le Christ revient. Il marche sur les eaux agitées, car rien ne peut le retenir. Il remonte dans la barque, et aussitôt, le vent tombe, tout redevient tranquille.
Cet épisode, que Marc rapporte avec cette concision qui lui est particulière - car sa 'brièveté' révèle toujours plus qu'elle cache, montre bien comment notre progression est pénible de ce temps. Les fidèles s'émeuvent de toutes les accusations de perversion qui tombent sur les membres du clergé, les prêtres manquent, même le nombre des martyrs des premiers siècles est remis en question... et tout cela tandis que l'islamisation de l'Occident s'accélère. L'État qui se croit neutre et bienveillant envers tous les cultes sera livré pieds et poings liés au plus arrogant d'entre eux. Mais le Christ revient. On ne peut plus le mettre à mort : cela s'est déjà fait. On peut encore massacrer les chrétiens: cela se pratique chaque jour, mais ne fait que confirmer l'enseignement du Seigneur.
Pour ce qui me concerne, ce temps, j'y avance en aveugle, mais ma boussole indique toujours le même cap. S'il faut se lever à trois heures du matin pour se rendre à une Eucharistie, j'irai. S'il faut accepter d'être rejeté, mis à l'écart, condamné et mis à mort, je me dis que j'ai déjà bien assez vécu ainsi. En tout cas, du point de vue spirituel, tout demeure clair: le monde est le monde et il continue de mentir; la foi est la foi et ne change pas; la fin de la nuit approche et le Christ revient. Et du reste, à chaque jour suffit sa peine - et à chaque nuit aussi.
Aussitôt après avoir nourri la foule, Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l'autre rive, vers Bethsaïde, pendant que lui-même renvoyait la foule.
Quand il les eut congédiés, il s'en alla sur la montagne pour prier.
Le soir venu, la barque était au milieu de la mer et lui, tout seul, à terre.
Voyant qu'ils se débattaient avec les rames, car le vent leur était contraire, il vient à eux vers la fin de la nuit en marchant sur la mer, et il allait les dépasser.
En le voyant marcher sur la mer, les disciples crurent que c'était un fantôme et ils se mirent à pousser des cris,
car tous l'avaient vu et ils étaient bouleversés. Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c'est moi ; n'ayez pas peur ! »
Il monta ensuite avec eux dans la barque et le vent tomba ; et en eux-mêmes ils étaient complètement bouleversés de stupeur,
car ils n'avaient pas compris la signification du miracle des pains : leur cœur était aveuglé.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Aujourd'hui, les images me sont venues clairement avec leur portée spirituelle. Jésus s'en est allé prier sur la montagne, ce qui veut dire qu'il ne nous paraît pas accessible, qu'il semble s'être retiré et ne reparaîtra plus. La barque, c'est l'Église. Elle est au milieu du lac, c'est-à-dire au milieu du monde et au milieu du 'siècle', comme on disait autrefois. Le vent contraire, ce sont les événements que nous traversons: le reniement de la foi par un grand nombre, les attaques que nous supportons de tous côtés; les ténèbres, c'est notre foi lorsqu'il nous semble que n'avançons plus, que le doute s'insinue, que la crainte grandit: 'Me serais-je trompé ?" Mais à la fin de la nuit (de nos vies sur terre, mais aussi : de l'Histoire), le Christ revient. Il marche sur les eaux agitées, car rien ne peut le retenir. Il remonte dans la barque, et aussitôt, le vent tombe, tout redevient tranquille.
Cet épisode, que Marc rapporte avec cette concision qui lui est particulière - car sa 'brièveté' révèle toujours plus qu'elle cache, montre bien comment notre progression est pénible de ce temps. Les fidèles s'émeuvent de toutes les accusations de perversion qui tombent sur les membres du clergé, les prêtres manquent, même le nombre des martyrs des premiers siècles est remis en question... et tout cela tandis que l'islamisation de l'Occident s'accélère. L'État qui se croit neutre et bienveillant envers tous les cultes sera livré pieds et poings liés au plus arrogant d'entre eux. Mais le Christ revient. On ne peut plus le mettre à mort : cela s'est déjà fait. On peut encore massacrer les chrétiens: cela se pratique chaque jour, mais ne fait que confirmer l'enseignement du Seigneur.
Pour ce qui me concerne, ce temps, j'y avance en aveugle, mais ma boussole indique toujours le même cap. S'il faut se lever à trois heures du matin pour se rendre à une Eucharistie, j'irai. S'il faut accepter d'être rejeté, mis à l'écart, condamné et mis à mort, je me dis que j'ai déjà bien assez vécu ainsi. En tout cas, du point de vue spirituel, tout demeure clair: le monde est le monde et il continue de mentir; la foi est la foi et ne change pas; la fin de la nuit approche et le Christ revient. Et du reste, à chaque jour suffit sa peine - et à chaque nuit aussi.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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