SBS,
SBS a écrit :
Le fait qu'un État soit athée, encore qu'il faudrait que l'on m'explique ce que signifie cette formule, mais je pense que vous vous référez aux conséquences de la loi de séparationdes Églises et de l'État du 9 décembre 1905 dans le cas particulier de la France, est indifférent à la composition religieuse d'un État, dès lors que l'on envisage la Foi non pas comme une obligation sociale mais comme un fait de vie.
Un Etat athée est pour moi un Etat qui ne prend parti pour aucune religion par rapport à une autre, et ne se prononce pas sur Dieu.
La foi ne doit pas être une obligation puisqu'elle n'a de sens que libre, il nous a fallu du temps mais nous avons compris cela. Je suis un jeune chrétien et je n'ai aucun doute là-dessus. En revanche je rêve d'un temps où la foi était
aussi un lien social entre les citoyens, même si ce lien était non-dit.
SBS a écrit :
Et la première de réponse serait déjà que les catholiques soient exemplaires dans leur vie, qu'ils prennent les postes clés en réussissant aux concours des Grandes Écoles, en entrant dans les partis politiques, dans les syndicats, non pas par activisme, par force ou par obligation étatique mais déjà par leur simple présence.
Ils y sont déjà, partout, et vous le savez bien. Le problème est qu'ils n'influent sur pas grand-chose parce que cette place est prise.
Ensuite se pose le problème de l'engagement: comment militer pour un parti qui ne se fixe pas, au moins, pour but de réduire grandement le nombre d'avortements dans ce pays? Ce devrait être une priorité pour tout catholique, les dernières notes sur la doctrine sociale de l'Eglise sont très explicites à ce sujet. Comment composer avec des mouvements qui oeuvrent, en partie, à l'inverse de nos objectifs?
Ne devons-nous pas viser au contraire la base et un changement de culture dans le fond, sur le long terme, plutôt que de chercher à influencer des hautes sphères qui sont imperméables à nos considérations morales? Et puis surtout, on serait dézingué par la fm et les médias à sa botte.
SBS a écrit :
Ce n'est pas en refusant de participer, en quittant les structures intermédiaires que les catholiques pourront montrer qu'ils sont la majorité. Jean-Paul II nous a demandé d'agir, et ce dès son premier voyage en France, et il a rappelé dans diverses Encycliques le fait que les catholiques ne devaient pas fuir les responsabilités économiques, politiques, sociales et autres !
C'est vrai.
SBS a écrit :
Si les catholiques ont peur ou sont absents, il est normal que le vide se remplisse ! Un seul exemple : le PS et l'UMP revendiquent chacun 200.000 militants. Serait-il si difficile que cela d'en doubler le nombre s'il y avait volonté et non pas peur ! Les catholiques sont souvent responsables par peur de leur propre repli - plutôt que recul - ! Comme l'a dit Jean-Paul II, n'ayons pas peur ! Les catholiques n'osent plus, et ne sont plus exemplaires, voilà déjà un premier problème, et la solution est simple... Nous sommes absents du terrain ! Voilà la première réalité ! Et "l'État athée" met pourtant à notre disposition des outils légaux très puissants, ne serait-ce que le droit d'association ! Un autre exemple : s'il est vrai que les étudiants non grévistes sont majoritaires, pourquoi laissent-ils des minoritaires bloquer les Facultés ?
Je suis d'accord. Mais plusieurs questions:
- pourquoi, pourquoi cette paralysie typiquement française qui laisse le champ libre aux seuls extrêmes?
- d'où viendra le déclic?
- comment régler le problème de la violence? le 11 novembre dernier, une rumeur a couru sur Toulouse que la cité musulmane proche allait venir dévaster le centre ville. Des potes m'ont appelé pour les aider à défendre leur commerce. On est descendus en ville à 4, armés de bâtons, sachant pertinemment qu'en cas d'attaque ça n'était pas le prêche qui allait nous sauver. Il y a cette sensation diffuse en France que l'on a tellement laisser la violence s'installer et l'intolérance régner que la parole ne suffira plus désormais à renverser le cours des choses. Reste le martyr effectivement. Personnellement je vous le dis tout net, j'arrive à réunir mon courage pour affronter mes ennemis avec un bâton, mais je suis trop lâche pour aller vers eux les mains ouvertes. J'ai trop peur.
SBS a écrit :
Pour ce qui est de l'immigration, je ne pense pas que les actuelles mesures soient si mauvaises que cela. Mais il faut aussi avoir le courage d'appliquer les textes existants, tant en matière de nationalité que d'immigration que de contrôles ! Au lieu de décrier un texte tel que Schengen, il faudrait d'abord le lire et l'appliquer, notamment les exigences demandées en matière de contrôles aux frontières, de garanties demandées aux immigrants, etc... Mais il est plus facile de décrier un texte que d'avoir le courage politique de l'appliquer dans toute sa dimension ! Simone Veil disait à la fin des années 90 que la politique française manquait de c....lles ! Elle vait bien raison !
Ben oui mais alors? qui fera appliquer ces lois? même Sarkozy au discours musclé ne le fait pas. Et puis de toutes façons - voir ci-dessous - je ne pense pas que la stricte application des lois changerait grand-chose. Nous nous transformerions en pharisiens usant de violence auprès de gens qui ne reconnaissent pas nos lois comme légitimes.
SBS a écrit :
Pour ce qui est de la natalité, je vous renvoie à ma réponse précédente !
Ok mais bon, même s'il y a du mieux, ça n'est pas le genre de choses qui se décrètent.
SBS a écrit :
Prise de responsabilités, courage, présence, témoignage, voilà déjà ce que les catholiques devraient faire au lieu de se plaindre, au lieu d'accuser l'État ou l'Union européenne de tous les maux !
Oui mais il nous faut des méga-phones, il nous faut des représentants, il nous faut être solidaires, il nous faut, qu'on le veuille ou non, passer par une phase "communautaire" pour que ça fonctionne. La stratégie du levain dans la pâte dans toute la société est déjà dépassée, il est trop tard. On peut être le levain dans un quartier ouvrier récemment décrhistianisé, on ne peut pas être levain dans un quartier maghrébin récemment islamisé.
SBS a écrit :
NB : un livre à lire ou à relire : Barrès (M.), Les diverses familles spirituelles de la France, Imprimerie Nationale, 1997, coll. Acteurs de l'histoire (et pourtant je ne suis pas barrèsien).
C'est noté, précieusement.
En Christ
Ex