'Quand on se convertit au Seigneur, le voile tombe. Or, le Seigneur, c'est l'Esprit, et là où l'Esprit du Seigneur est présent, là est la liberté.'
C'est un extrait de la deuxième Epître aux Corinthiens, au chapitre 3. Saint-Paul parle du voile qui recouvrait les Ecritures pour les Juifs à cause de l'endurcissement de leur coeur. Ce court passage m'a aidé à me souvenir du moment de ma conversion. N'étais-je pas, jusqu'au dernier moment, comme les scribes et les prêtres de la synagogue ? Je commençais à croire, j'avais renoncé à la lutte pour la gloire en ce monde, ayant découvert qu'elle ne constituait ni une condition, ni une vérité qui fussent "satisfaisantes pour le coeur". Mécréant j'étais, mais malheureux. Je m'étais mis en marche à la recherche de la Vérité, dont j'avais pressenti qu'elle ne saurait être strictement rationnelle, puisque je vis et je ne suis pas strictement rationnel.
Sans le comprendre, j'ai marché sur mon 'chemin de Damas', car dans ma recherche assoifée, haletante, j'avais déjà écarté les sciences, la philosophie, la psychologie, la morale et j'en étais parvenu à considérer une probable existence de Dieu, mais d'un Dieu qui ne pouvait me connaître personnellement et ne pouvait non plus répondre à ma soif de bonheur.
Aussi paradoxal que cela paraisse, c'est en étudiant un opuscule jésuite intitulé "Satan l'Adversaire" que s'éveilla en moi la conscience qu'une sorte d'immense mensonge planait tout autour de moi sur la nature réelle de l'homme. L'existence de ce mensonge acheva de réduire mes derniers obstacles à la foi. Un matin, je me mis à genoux et à supplier comme si ma vie en dépendait (et en fait oui, elle en dépendait), que le Seigneur voulût bien se révéler à moi. Il vint aussitôt. Je le vis souffrir, je le vis donner sa vie à cause même de ma supplication, et la Joie m'envahit.
Or, la Joie, c'est l'Esprit dont parle saint Paul dans ce passage. Mes yeux de l'intérieur s'ouvrirent, je vis les cieux ouverts, je saisis tout en un instant d'une telle densité qu'il se continue encore plus de vingt-cinq années après...
Quand le voile tombe, toutes les réponses n'apparaissent pas au grand jour d'un seul coup - sinon ce serait déjà le Paradis, mais les questions qui demeurent ont tout perdu de leur "charge négative": tout au contraire, un converti ressent le besoin de réapprendre à marcher, à découvrir, à mieux comprendre. Le chemin est étroit, le passage est resseré, mais peu importe car : "Quiconque cherche la Vérité entend ma voix"...
Quand le voile tombe, soleil sans ombre !
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etienne lorant
- Pater civitatis

- Messages : 13130
- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Quand le voile tombe, soleil sans ombre !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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christiane
- Tribunus plebis

- Messages : 1029
- Inscription : sam. 13 déc. 2008, 18:43
Re: Quand le voile tombe, soleil sans ombre !
Je peux te dire quelque chose de paradoxal concernant le chemin resserré qui mène au Seigneur :
- avant ma conversion, je dépensais énormément pour mes petits besoins, je menais les discussions, j'étais assez impatiente et autoritaire, et malgré cela j'étais AIGRIE. C'est un comble pour une personne qui avait presque tout ce qu'elle voulait !
- depuis ma conversion, je dépense peu pour moi-même, je reste assez en retrait lors des discussions, je suis moins impatiente et je peux le dire, plus du tout autoritaire. Et grâce à cela, je suis vraiment heureuse.
Comme quoi, cela prouve encore une fois que le chemin resserré est le seul qui me convient !
Christiane
- avant ma conversion, je dépensais énormément pour mes petits besoins, je menais les discussions, j'étais assez impatiente et autoritaire, et malgré cela j'étais AIGRIE. C'est un comble pour une personne qui avait presque tout ce qu'elle voulait !
- depuis ma conversion, je dépense peu pour moi-même, je reste assez en retrait lors des discussions, je suis moins impatiente et je peux le dire, plus du tout autoritaire. Et grâce à cela, je suis vraiment heureuse.
Comme quoi, cela prouve encore une fois que le chemin resserré est le seul qui me convient !
Christiane
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etienne lorant
- Pater civitatis

- Messages : 13130
- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Re: Quand le voile tombe, soleil sans ombre !
J'ai envie de te paraphraser en disant: autrefois, je portais des vêtements larges, de bons tissus, à la dernière mode... mais je me chagrinais d'un seul petit accroc, à cause du prix que j'avais payé. Mais à présent, je porte le vêtement qui m'est le mieux ajusté et je m'y sens bien car c'est celui qui me convient. Le Seigneur m'a soulagé d'une multitude de fardeaux inutiles, que je gardais uniquement parce que le monde me donnait le souci des apparences.christiane a écrit :Comme quoi, cela prouve encore une fois que le chemin resserré est le seul qui me convient !
Christiane
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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