L'appel de Matthieu
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etienne lorant
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L'appel de Matthieu
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc (Mc 2, 13-17)
13 Jésus sortit de nouveau sur le rivage du lac ; toute la foule venait à lui, et il les instruisait.
14 En passant, il aperçut Lévi, fils d'Alphée, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit.
15 Comme il était à table dans sa maison, beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec Jésus et ses disciples, car il y avait beaucoup de monde.
16 Même les scribes du parti des pharisiens le suivaient aussi, et, voyant qu'il mangeait avec les pécheurs et les publicains, ils disaient à ses disciples : « Il mange avec les publicains et les pécheurs ! »
17 Jésus, qui avait entendu, leur déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »
L'Évangile du jour correspond bien à la vocation du saint du jour, qui quitta tout sur une simple parole entendue à l'église. Il la comprit pour lui-même et s'il tint bon, c'est certainement que non seulement il l'entendit mais qu'elle résonna dans son cœur d'une façon toute particulière - comme pour Lévi, le publicain. Et Antoine devint donc le premier des pères solitaires d'Égypte, mort en l'an 356.
Un jour, comme je l'ai déjà raconté, j'ai entendu un prêtre dire au cours d'une lecture quelque chose qu'il me confirma par après n'avoir pas lu: "Vous désirez le bien, mais vous ne savez pas résister au mal". C'était au début de la messe et je m'étais sans doute reproché un écart de conduite que je regrettais... mais je ne me souviens pas vraiment. En tout cas, le "vous" que j'ai entendu, j'ai senti qu'il désignait les hommes en général et le tout était formulé sur le ton de la plainte, mais aussi, du moins un peu, sur celui de la confidence. J'ai eu sur le moment l'image intérieure d'un Jésus assis dont le visage était tourné vers le sol.
Plus tard, j'ai pensé que c'était celui de l'épisode de la femme adultère - pourquoi pas: tout homme est adultère lorsqu'il se détourne de Dieu. La femme adultère que les autres ont prétendu lapider au nom de la Loi n'est pas différente des autres femmes ni des hommes: pour s'écarter de Dieu, il suffit d'être distrait, c'est-à-dire d'avoir cessé un instant d'être vigilant. Du manque de vigilance naît la distraction, et à partir de la distraction, le monde étant le plus grand pourvoyeur de distractions, tout est possible. Je suis tout à fait capable de gâcher une soirée dont j'avais décidé, dans la joie, de la consacrer à prier... à cause d'une simple émission télévisée lorsque le sujet est attrayant: qu'est-ce que deux minutes ?
Ce qui nous sauve, ce qui permet toujours de tout rattraper, c'est ce changement fondamental qui est intervenu un jour et qui d'un instant à l'autre, dans le moment parfois le plus incongru, nous pousse à nous tourner vers le Seigneur, ce qui remet intérieurement "tous les compteurs à zéro". Car ce mouvement se traduit par: "Dieu seul connaît la solution". Je ne pense pas m'être égaré du sujet, car Jésus seul connaissait la façon d'appeler Lévi.
13 Jésus sortit de nouveau sur le rivage du lac ; toute la foule venait à lui, et il les instruisait.
14 En passant, il aperçut Lévi, fils d'Alphée, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit.
15 Comme il était à table dans sa maison, beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec Jésus et ses disciples, car il y avait beaucoup de monde.
16 Même les scribes du parti des pharisiens le suivaient aussi, et, voyant qu'il mangeait avec les pécheurs et les publicains, ils disaient à ses disciples : « Il mange avec les publicains et les pécheurs ! »
17 Jésus, qui avait entendu, leur déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »
L'Évangile du jour correspond bien à la vocation du saint du jour, qui quitta tout sur une simple parole entendue à l'église. Il la comprit pour lui-même et s'il tint bon, c'est certainement que non seulement il l'entendit mais qu'elle résonna dans son cœur d'une façon toute particulière - comme pour Lévi, le publicain. Et Antoine devint donc le premier des pères solitaires d'Égypte, mort en l'an 356.
Un jour, comme je l'ai déjà raconté, j'ai entendu un prêtre dire au cours d'une lecture quelque chose qu'il me confirma par après n'avoir pas lu: "Vous désirez le bien, mais vous ne savez pas résister au mal". C'était au début de la messe et je m'étais sans doute reproché un écart de conduite que je regrettais... mais je ne me souviens pas vraiment. En tout cas, le "vous" que j'ai entendu, j'ai senti qu'il désignait les hommes en général et le tout était formulé sur le ton de la plainte, mais aussi, du moins un peu, sur celui de la confidence. J'ai eu sur le moment l'image intérieure d'un Jésus assis dont le visage était tourné vers le sol.
Plus tard, j'ai pensé que c'était celui de l'épisode de la femme adultère - pourquoi pas: tout homme est adultère lorsqu'il se détourne de Dieu. La femme adultère que les autres ont prétendu lapider au nom de la Loi n'est pas différente des autres femmes ni des hommes: pour s'écarter de Dieu, il suffit d'être distrait, c'est-à-dire d'avoir cessé un instant d'être vigilant. Du manque de vigilance naît la distraction, et à partir de la distraction, le monde étant le plus grand pourvoyeur de distractions, tout est possible. Je suis tout à fait capable de gâcher une soirée dont j'avais décidé, dans la joie, de la consacrer à prier... à cause d'une simple émission télévisée lorsque le sujet est attrayant: qu'est-ce que deux minutes ?
Ce qui nous sauve, ce qui permet toujours de tout rattraper, c'est ce changement fondamental qui est intervenu un jour et qui d'un instant à l'autre, dans le moment parfois le plus incongru, nous pousse à nous tourner vers le Seigneur, ce qui remet intérieurement "tous les compteurs à zéro". Car ce mouvement se traduit par: "Dieu seul connaît la solution". Je ne pense pas m'être égaré du sujet, car Jésus seul connaissait la façon d'appeler Lévi.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Samedi le 28 février L'appel de Matthieu
9b Si tu fais disparaître de ton pays
le joug, le geste de menace, la parole malfaisante,
10 si tu donnes de bon coeur à celui qui a faim,
et si tu combles les désirs du malheureux,
ta lumière se lèvera dans les ténèbres
et ton obscurité sera comme la lumière de midi.
11 Le Seigneur sera toujours ton guide.
En plein désert, il te comblera et te rendra vigueur.
Tu seras comme un jardin bien irrigué,
comme une source où les eaux ne manquent jamais.
Tiré de (Is 58, 9b-14)
Il est beau cet appel de Mathieu, d'avantage pour moi qui en a vu plus long dans Maria Valtorta, qui avant son appel, était l'homme aux secrètes offrandes, ce qui rejoint bien la première lecture. Je joint ici le lien de l'histoire de son appel, mais pour voir ses offrandes faut revenir plus loin précédemment dans le livre. Un petit plus pour ceux qui aiment la lecture. Moi qui aime pas j'ai lu à coup de une histoire par jour au début puis au 3ème volume, la passion était prise.27i Jésus remarqua un publicain (collecteur d'impôts) du nom de Lévi assis à son bureau de publicain. Il lui dit: "Suis-moi."
28 Abandonnant tout, l'homme se leva et se mit à le suivre.
29 Lévi lui offrit un grand festin dans sa maison ; il y avait une grande foule de publicains et d'autres gens attablés avec eux.
30 Les pharisiens et les scribes de leur parti récriminaient en disant à ses disciples : « Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs ? »
31 Jésus leur répondit : « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades.
32 Je suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs, pour qu'ils se convertissent. (Lc 5, 27-32)»
L'appel de Matthieu
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Mac
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Re: Samedi le 28 février L'appel de Matthieu
Moi ça me dit rien de lire la vie du Seigneur décrit à partir de vision. Peut-être que je changerais d'idée un jour, mais je ne vois pas ce que cela pourrait apporter.
Quant à l'appel de Matthieu, il suit approximativement le même schéma que pour les autres disciples. C'est un appel assez simple. Les disciples n'hésitent pas une seule seconde d'après mes souvenirs. Par exemple les disciples de Saint Jean Baptiste demandent au Seigneur où il demeure, et le Seigneur répond : suivez moi vous verrez. L'appel des pêcheur est me semble similaire, c'est a dire une invitation simple, avec une réponse sans ambiguïté. Saint Nathanëlle croit après que le Seigneur lui ai dit qu'il l'avait vu sous le figuier. Judas, on ne sais pas trop comment il arrive dans le groupe. Enfin si, le Seigneur en choisit douze pour les envoyer en mission; C'est à ce moment qu'il fait son entré dans l'évangile, il me semble.
Et dire qu'aujourd'hui on a peur du moindre inconnu!
Quant à l'appel de Matthieu, il suit approximativement le même schéma que pour les autres disciples. C'est un appel assez simple. Les disciples n'hésitent pas une seule seconde d'après mes souvenirs. Par exemple les disciples de Saint Jean Baptiste demandent au Seigneur où il demeure, et le Seigneur répond : suivez moi vous verrez. L'appel des pêcheur est me semble similaire, c'est a dire une invitation simple, avec une réponse sans ambiguïté. Saint Nathanëlle croit après que le Seigneur lui ai dit qu'il l'avait vu sous le figuier. Judas, on ne sais pas trop comment il arrive dans le groupe. Enfin si, le Seigneur en choisit douze pour les envoyer en mission; C'est à ce moment qu'il fait son entré dans l'évangile, il me semble.
Et dire qu'aujourd'hui on a peur du moindre inconnu!
Re: Samedi le 28 février L'appel de Matthieu
Très juste pour aujourd'hui, et dans le temps sais pas, mais pour Jésus, on le sait personne d'entre nous ne sommes des inconnus. Pour l'Évangile au travers d'une vision, ce sont mes amis d'abord qui m'en ont parlé avec un enthousiasme débordant. Moi je l'ai reçu à peu près avec le même scepticisme que toi. Puis une amie m'a passé un volume que j'ai accepté de lire un tableau à la fois un par soir. Je n'aime pas lire de toute façon. J'ai continué ainsi jusqu'au 3ème volume ou là, suis tombé en amour avec l'œuvre. Plus tard en ayant parlé à d'autres aussi, et ces derniers l'ayant apprécié aussi, quelqu'un disait parmi eux, que ça faisait comme un casse tête et que les morceaux que nous connaissons de la Bible s'y inséraient très bien. Pour ma part j'ai trouvé aussi que cela faisait la lumière entre ce que nous entendons extrapoler de ceux qui parlent de ce qui s'est passé sans y avoir été, sans mauvaise intention bien sûr, mais nos façons de voir sont tellement modulé par nos pensées qui sont encore tellement en dessous de ses pensées. Pour ma part la lecture de cette œuvre a décuplé mon amour de la Parole de Dieu.
Ce que j'ai vu dans l'œuvre pour Matthieu, son appel, c'est qu'il faisait depuis longtemps des aumônes secrètes au Seigneur, pour Juda il est de lui-même venu au Seigneur offrir ses services et le Seigneur a même tenté de lui-même de l'en dissuader.
Ce que j'ai vu dans l'œuvre pour Matthieu, son appel, c'est qu'il faisait depuis longtemps des aumônes secrètes au Seigneur, pour Juda il est de lui-même venu au Seigneur offrir ses services et le Seigneur a même tenté de lui-même de l'en dissuader.
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etienne lorant
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Money, money, money
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,9-13.
Jésus, sortant de Capharnaüm, vit un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit. Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples.
Voyant cela, les pharisiens disaient aux disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que veut dire cette parole : C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »
Le choix que fait Jésus du collecteur d'impôts ne manquera pas de provoquer de nombreuses discussions. Est-ce vraiment parce que Matthieu est un pécheur, un vendu à la solde des Romains ? Ne serait-ce pas plutôt parce qu'il est devenu un homme d'argent ? Pour les personnes qui assistent à la scène - tout comme pour nous, si nous voulons bien ne pas être hypocrites, l'argent est une valeur très respectacle; alors un homme qui manipule de l'argent, même si on le bannit de sa compagnie, demeure quelqu'un que l'on redoute... A travers Matthieu, c'est sans doute l'argent qui est en cause. Dans cette rencontre. Matthieu, pour demeurer avec Jésus, va renoncer à l'argent et au pouvoir que l'argent lui conférait. Mieux (dans un autre Evangile), il va dédommager le mieux qu'il pourra les personnes qu'il a lésées. La parole de Jésus s'en retrouve d'autant renforcée. En outre, elle renvoie à d'autres paroles. Celle adréssée au jeune homme riche - qui lui ne saura franchir le pas. Elle rappelle l'impôt exigé à Pierre -Jésus lui fera prendre un seul poisson - qui suffira pour les deux (on est très loin de la pèche miraculeuse !) C'est que l'argent pèse lourd dans le coeur de l'homme, même de l'homme qui n'en possède pas... C'est ce point précis que je médite aujourd'hui.
Jésus, sortant de Capharnaüm, vit un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit. Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples.
Voyant cela, les pharisiens disaient aux disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que veut dire cette parole : C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »
Le choix que fait Jésus du collecteur d'impôts ne manquera pas de provoquer de nombreuses discussions. Est-ce vraiment parce que Matthieu est un pécheur, un vendu à la solde des Romains ? Ne serait-ce pas plutôt parce qu'il est devenu un homme d'argent ? Pour les personnes qui assistent à la scène - tout comme pour nous, si nous voulons bien ne pas être hypocrites, l'argent est une valeur très respectacle; alors un homme qui manipule de l'argent, même si on le bannit de sa compagnie, demeure quelqu'un que l'on redoute... A travers Matthieu, c'est sans doute l'argent qui est en cause. Dans cette rencontre. Matthieu, pour demeurer avec Jésus, va renoncer à l'argent et au pouvoir que l'argent lui conférait. Mieux (dans un autre Evangile), il va dédommager le mieux qu'il pourra les personnes qu'il a lésées. La parole de Jésus s'en retrouve d'autant renforcée. En outre, elle renvoie à d'autres paroles. Celle adréssée au jeune homme riche - qui lui ne saura franchir le pas. Elle rappelle l'impôt exigé à Pierre -Jésus lui fera prendre un seul poisson - qui suffira pour les deux (on est très loin de la pèche miraculeuse !) C'est que l'argent pèse lourd dans le coeur de l'homme, même de l'homme qui n'en possède pas... C'est ce point précis que je médite aujourd'hui.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Re: Money, money, money
Avé
Le cas du publicain est un peu particulier, il faut s'arrêter à ce que cela signifiait.
Les Romains - comme la France de l'Ancien régime- avaient énormément de mal à mettre en place des administrations fiscales. Ils s'en sortaient en lançant des appels d'offre auprès de sociétés qui s'engageaient à avancer les fonds réclamés, puis qui se remboursaient auprès des contribuables. En gros, il s'agissait de sous-traiter le prélèvement des impôts.
Le problème évidemment, c'est que les sociétés de publicains en profitaient pour se faire de très grosses marges : elles ne se contentaient pas de se rembourser auprès des intéressés, elles prenaient en fait beaucoup plus, en abusant des moyens coercitifs qu'elles avaient le droit d'utiliser. Quand on a la licence officielle de s'enrichir injustement, on le fait : c'est tout simplement trop facile.
Le problème de Mathieu n'est donc pas le fait d'avoir manié de l'argent ; du reste, les pharisiens ne s'en prennent pas à cet aspect (sinon, ils évoqueraient aussi des commerçants dans leur diatribe), ils se plaignent explicitement de son ancienne condition de publicain. C'est donc bien cette activité-là qui ne convient pas ; en gros, on lui reproche de s'être comporté comme un voleur.
Ajoutons à cela que l'impôt direct, chez les peuples de l'Antiquité en général, est une marque de servitude ; en principe, le peuple-roi, les Romains, n'en paye pas depuis le 2ème s. av. J.-C. La justification théorique de l'impôt des provinces est la suivante : par votre défaite, vous avez rendu le peuple romain propriétaire éminent de votre terre ; vous pourrez en garder la jouissance, à condition de payer le montant qu'il plaira au peuple romain de fixer.
On peut donc en rester à la première lecture que vous avez mentionnée ; Mathieu était à la fois un voleur et un collaborateur. C'est cela qui est primordial ici : même eux, lit-on, ont droit au salut - surtout eux en fait.
Fraternellement
MB
Le cas du publicain est un peu particulier, il faut s'arrêter à ce que cela signifiait.
Les Romains - comme la France de l'Ancien régime- avaient énormément de mal à mettre en place des administrations fiscales. Ils s'en sortaient en lançant des appels d'offre auprès de sociétés qui s'engageaient à avancer les fonds réclamés, puis qui se remboursaient auprès des contribuables. En gros, il s'agissait de sous-traiter le prélèvement des impôts.
Le problème évidemment, c'est que les sociétés de publicains en profitaient pour se faire de très grosses marges : elles ne se contentaient pas de se rembourser auprès des intéressés, elles prenaient en fait beaucoup plus, en abusant des moyens coercitifs qu'elles avaient le droit d'utiliser. Quand on a la licence officielle de s'enrichir injustement, on le fait : c'est tout simplement trop facile.
Le problème de Mathieu n'est donc pas le fait d'avoir manié de l'argent ; du reste, les pharisiens ne s'en prennent pas à cet aspect (sinon, ils évoqueraient aussi des commerçants dans leur diatribe), ils se plaignent explicitement de son ancienne condition de publicain. C'est donc bien cette activité-là qui ne convient pas ; en gros, on lui reproche de s'être comporté comme un voleur.
Ajoutons à cela que l'impôt direct, chez les peuples de l'Antiquité en général, est une marque de servitude ; en principe, le peuple-roi, les Romains, n'en paye pas depuis le 2ème s. av. J.-C. La justification théorique de l'impôt des provinces est la suivante : par votre défaite, vous avez rendu le peuple romain propriétaire éminent de votre terre ; vous pourrez en garder la jouissance, à condition de payer le montant qu'il plaira au peuple romain de fixer.
On peut donc en rester à la première lecture que vous avez mentionnée ; Mathieu était à la fois un voleur et un collaborateur. C'est cela qui est primordial ici : même eux, lit-on, ont droit au salut - surtout eux en fait.
Fraternellement
MB
- philémon.siclone
- Tribunus plebis

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Re: Money, money, money
Donc en fait, saint Matthieu est un genre de Louis de Funès dans la Folie des grandeurs...
C'est vrai que c'est difficile d'accepter de devoir accorder le salut à ceux qui ruinent et pillent la société, comme c'est le cas actuellement des banquiers, actionnaires, spéculateurs, affairistes mondialistes, industriels, promoteurs, professionnels de l'immobilier, grands distributeurs, et marchands de toute sorte, qui gonflent les prix, poussent les consommateurs à l'endettement le plus extrême, achètent aux producteurs au plus bas prix, délocalisent l'activité, importent en bénéficiant de la complicité des institutions nationales et européennes. Cette bande de voleurs qui acculent des peuples entiers à la servitude économique, au désespoir, à l'angoisse du chômage et de la vie chère, et les réduisent dans des conditions de vie toujours plus difficile, alors que eux s'en mettent plein les poches, comme c'est difficile de leur pardonner, comme on voudrait bien les voir traîner à la potence, comme on aimerait bien les étrangler de nos propres mains si l'on pouvait.
Oui, vraiment, l'argent, c'est ce qui pardonne le moins. Peut-être bien Jésus a choisi saint Matthieu pour cette raison.
Au fait Etienne, dans quel passage des Evangiles voit-on saint Matthieu dédommager ses anciens débitteurs ? ça ne me dit rien.
C'est vrai que c'est difficile d'accepter de devoir accorder le salut à ceux qui ruinent et pillent la société, comme c'est le cas actuellement des banquiers, actionnaires, spéculateurs, affairistes mondialistes, industriels, promoteurs, professionnels de l'immobilier, grands distributeurs, et marchands de toute sorte, qui gonflent les prix, poussent les consommateurs à l'endettement le plus extrême, achètent aux producteurs au plus bas prix, délocalisent l'activité, importent en bénéficiant de la complicité des institutions nationales et européennes. Cette bande de voleurs qui acculent des peuples entiers à la servitude économique, au désespoir, à l'angoisse du chômage et de la vie chère, et les réduisent dans des conditions de vie toujours plus difficile, alors que eux s'en mettent plein les poches, comme c'est difficile de leur pardonner, comme on voudrait bien les voir traîner à la potence, comme on aimerait bien les étrangler de nos propres mains si l'on pouvait.
Oui, vraiment, l'argent, c'est ce qui pardonne le moins. Peut-être bien Jésus a choisi saint Matthieu pour cette raison.
Au fait Etienne, dans quel passage des Evangiles voit-on saint Matthieu dédommager ses anciens débitteurs ? ça ne me dit rien.
Anima nostra sicut passer erepta est de laqueo venantium
Laqueus contritus est, et nos liberati sumus
Notre âme s'est échappée comme un passerau du filet de l'oiseleur,
Le filet s'est rompu, et nous avons été délivrés.
Ps. 123
Laqueus contritus est, et nos liberati sumus
Notre âme s'est échappée comme un passerau du filet de l'oiseleur,
Le filet s'est rompu, et nous avons été délivrés.
Ps. 123
- Fée Violine
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Re: Money, money, money
C'est Zachée (publicain converti lui aussi) qui rembourse ce qu'il a volé.
Je pense que l'interprétation d'Etienne (et de Philémon S.) n'est pas incompatible avec celle de MB. Il y a le contexte historique, mais il y a surtout le fait que l'argent d'une façon générale pose problème.
Je pense que l'interprétation d'Etienne (et de Philémon S.) n'est pas incompatible avec celle de MB. Il y a le contexte historique, mais il y a surtout le fait que l'argent d'une façon générale pose problème.
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etienne lorant
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Re: Money, money, money
Chez Matthieu, c'est vrai qu'il y a l'aspect "collabo de l'occupant", et cela ne fait que l'enfoncer dans le jugement d'autrui comme étant un pécheur. Mais malgré tout, la question de l'argent, à mes yeux en tout cas, prédomine. D'abord à cause de la parole de Jésus: "Aucun homme ne peut servir deux maîtres : ou bien il détestera l'un et aimera l'autre, ou bien il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent." (Mt 6 24) - et il y a aussi: "Là où est ton coeur, là aussi ton trésor". Ensuite, il y a la vocation du jeune homme riche. Ce dernier, au contraire de Matthieu, est un Juif honorable. C'est quelqu'un qui donne aux oeuvres - et sans doute la dime (10 pour cent de tous ses revenus - comme çà se pratique encore aux Etats-Unis); bref, aux yeux de tous, s'il y a un juste, c'est lui. Mais quelle que soit sa bonne volonté, sa situation mondaine est trop importante pour qu'il se mette à suivre Jésus. Ce serait merveilleux, je crois, que l'argent soit vraiment à sa place dans nos portefeuilles comme un simple outil parmi d'autres - comme un téléphone portable, par exemple. Seulement, il y a une telle différence ! L'argent est un outil de rêve: si j'en mets beaucoup de côté, je serai à l'abri; si je gagne au lotto, je n'aurai plus besoin de travailler... Pour combien de gens, le compte en banque n'est-il pas le substitut d'un bonheur auquel ils n'ont pu accéder ? Et il y a tant de choses à acheter !
En tout cas, la vocation de Matthieu est pleinement "vérifiée" par l'abandon qu'il fait de sa charge. Et puis évidemment, quand Jésus dit: "Je suis venu appeler, non pas les justes mais les pécheurs", en réalité il n'y a aucun juste qui assiste à la scène, mais simplement des personnes qui se croient justes parce qu'elles respectent certaines règles. Mais qui est juste ? Qui est en mesure de condamner Matthieu ou de jeter la première pierre à la femme adultère ? Jésus est venu appeler ceux qui, en eux-mêmes, veulent bien admettre qu'ils sont pécheurs.
En tout cas, la vocation de Matthieu est pleinement "vérifiée" par l'abandon qu'il fait de sa charge. Et puis évidemment, quand Jésus dit: "Je suis venu appeler, non pas les justes mais les pécheurs", en réalité il n'y a aucun juste qui assiste à la scène, mais simplement des personnes qui se croient justes parce qu'elles respectent certaines règles. Mais qui est juste ? Qui est en mesure de condamner Matthieu ou de jeter la première pierre à la femme adultère ? Jésus est venu appeler ceux qui, en eux-mêmes, veulent bien admettre qu'ils sont pécheurs.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
- Libremax
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Re: Money, money, money
Sa vocation est aussi pleinement justifiée par ce qu'il devient par la suite: de collecteur d'impôt, il deviendra un minutieux collecteur de la Parole en composant son évangile au sein de l'Eglise de Jérusalem.
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etienne lorant
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Re: Money, money, money
Voici une pensée très inspirée et que j'aime beaucoup !Libremax a écrit :Sa vocation est aussi pleinement justifiée par ce qu'il devient par la suite: de collecteur d'impôt, il deviendra un minutieux collecteur de la Parole en composant son évangile au sein de l'Eglise de Jérusalem.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Samedi - Vocation de Matthieu
Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 2,13-17.
Jésus sortit de nouveau sur le rivage du lac ; toute la foule venait à lui, et il les instruisait.
En passant, il aperçut Lévi, fils d'Alphée, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit.
Comme il était à table dans sa maison, beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec Jésus et ses disciples, car il y avait beaucoup de monde.
Même les scribes du parti des pharisiens le suivaient aussi, et, voyant qu'il mangeait avec les pécheurs et les publicains, ils disaient à ses disciples : « Il mange avec les publicains et les pécheurs ! »
Jésus, qui avait entendu, leur déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »
Que s'est-il passé dans le coeur de "Lévi, fils d'Alphée" ? Quelle est cette parole, convaincante au-delà de tout, qui pousse aussitôt Lévi à devenir Matthieu, à quitter le poste profitable auquel il a accédé par relations avec l'occupant romain ... et cela pour suivre, on ne sait où l'homme de Nazareth ? Il a suffi de deux mots et d'un regard. C'est un moment exceptionnel dans une vie. C'est la même chose que de tomber amoureux, sauf qu'il s'agit d'un réveil en Dieu, d'un relèvement d'Amour ! Un banquet improvisé est organisé et tous les amis du collecteur d'impôts font la fête à celui qui vient, ainsi, en quelques instants à peine, de changer de mode de vie, mais aussi d'être. Jésus se tient au milieu d'eux, ce qui choque les scribes car, à leurs yeux, en frayant avec cette populace, Jésus montre qu'il n'est pas des leurs.
Ici,des échos d'autres paroles de Jésus me reviennent en tête. La justification du père au fils aîné, dans la parabole de l'enfant prodigue: "Il fallait bien se réjouir et festoyer, car ton frère était perdu et il est retrouvé, il était mort et il revenu à la vie !" Et encore Symeon à Marie: "Ton enfant sera l'occasion de chute et de relèvement pour beaucoup en Israël" - et combien d'autres par lesquelles Jésus cherche à faire comprendre que le temps est déjà accompli, que le Royaume est là "au milieu de vous".
Et moi qui écris, c'est vrai que j'y suis ? S'il m'arrive d'en douter, c'est à cause de la peine que je dois supporter. Cependant, je connais que mon salut est venu, que j'étais un malade que le médecin est venu trouver. J'ai été guéri du monde, mais le Seigneur n'a pas permis que je quitte le monde avant d'avoir servi. "Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs"... s'il fallait tenir un compte exact des grâces que les hommes peuvent obtenir de Jésus, je dirais comme l'apôtre: "Il y a encore beaucoup d'autres choses que Jésus a faites ; et s'il fallait rapporter chacune d'elles, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l'on écrirait ainsi."
Comme écrit justement Bernanos : "si notre Dieu était celui des païens ou des philosophes (pour moi, c’est la même chose) il pourrait bien se réfugier au plus haut des cieux, notre misère l’en précipiterait. Mais vous savex que le nôtre est venu au-devant. Vous pourriez lui montrer le poing, lui cracher au visage, le fouetter des verges et finalement le clouer sur une croix, qu’importe? Cela est déjà fait Jésus, on peut le reconnaître ou le détester, on peut le renier, on peut le flageller, le condamner à mort, lui cracher au visage et finalement le faire mourir sur une croix... peu importe, cela est déjà fait!"
Jésus sortit de nouveau sur le rivage du lac ; toute la foule venait à lui, et il les instruisait.
En passant, il aperçut Lévi, fils d'Alphée, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit.
Comme il était à table dans sa maison, beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec Jésus et ses disciples, car il y avait beaucoup de monde.
Même les scribes du parti des pharisiens le suivaient aussi, et, voyant qu'il mangeait avec les pécheurs et les publicains, ils disaient à ses disciples : « Il mange avec les publicains et les pécheurs ! »
Jésus, qui avait entendu, leur déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »
Que s'est-il passé dans le coeur de "Lévi, fils d'Alphée" ? Quelle est cette parole, convaincante au-delà de tout, qui pousse aussitôt Lévi à devenir Matthieu, à quitter le poste profitable auquel il a accédé par relations avec l'occupant romain ... et cela pour suivre, on ne sait où l'homme de Nazareth ? Il a suffi de deux mots et d'un regard. C'est un moment exceptionnel dans une vie. C'est la même chose que de tomber amoureux, sauf qu'il s'agit d'un réveil en Dieu, d'un relèvement d'Amour ! Un banquet improvisé est organisé et tous les amis du collecteur d'impôts font la fête à celui qui vient, ainsi, en quelques instants à peine, de changer de mode de vie, mais aussi d'être. Jésus se tient au milieu d'eux, ce qui choque les scribes car, à leurs yeux, en frayant avec cette populace, Jésus montre qu'il n'est pas des leurs.
Ici,des échos d'autres paroles de Jésus me reviennent en tête. La justification du père au fils aîné, dans la parabole de l'enfant prodigue: "Il fallait bien se réjouir et festoyer, car ton frère était perdu et il est retrouvé, il était mort et il revenu à la vie !" Et encore Symeon à Marie: "Ton enfant sera l'occasion de chute et de relèvement pour beaucoup en Israël" - et combien d'autres par lesquelles Jésus cherche à faire comprendre que le temps est déjà accompli, que le Royaume est là "au milieu de vous".
Et moi qui écris, c'est vrai que j'y suis ? S'il m'arrive d'en douter, c'est à cause de la peine que je dois supporter. Cependant, je connais que mon salut est venu, que j'étais un malade que le médecin est venu trouver. J'ai été guéri du monde, mais le Seigneur n'a pas permis que je quitte le monde avant d'avoir servi. "Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs"... s'il fallait tenir un compte exact des grâces que les hommes peuvent obtenir de Jésus, je dirais comme l'apôtre: "Il y a encore beaucoup d'autres choses que Jésus a faites ; et s'il fallait rapporter chacune d'elles, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l'on écrirait ainsi."
Comme écrit justement Bernanos : "si notre Dieu était celui des païens ou des philosophes (pour moi, c’est la même chose) il pourrait bien se réfugier au plus haut des cieux, notre misère l’en précipiterait. Mais vous savex que le nôtre est venu au-devant. Vous pourriez lui montrer le poing, lui cracher au visage, le fouetter des verges et finalement le clouer sur une croix, qu’importe? Cela est déjà fait Jésus, on peut le reconnaître ou le détester, on peut le renier, on peut le flageller, le condamner à mort, lui cracher au visage et finalement le faire mourir sur une croix... peu importe, cela est déjà fait!"
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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21 septembre : Vocation de Matthieu
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,9-13.
Jésus, sortant de Capharnaüm, vit un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit.
Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples.
Voyant cela, les pharisiens disaient aux disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? »
Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades.
Allez apprendre ce que veut dire cette parole : C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »
C'est surtout le dernier paragraphe qui m'a frappé aux oreilles ce matin : Jésus cite le prophète Osée: Os 6:6- "C'est la miséricorde qui me plaît et non les sacrifices, la connaissance de Dieu plutôt que les holocaustes". Mais cette citation m'a renvoyé également à Isaïe: "Que m'importent vos innombrables sacrifices, dit Yahvé. Je suis rassasié des holocaustes de béliers et de la graisse des veaux; je ne me réjouis pas du sang des taureaux, des agneaux et des boucs". Le Psaume (50) est encore plus explicite:
"Si j'offre un sacrifice, tu n'en veux pas,
tu n'acceptes pas d'holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé ;
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un coeur brisé et broyé."
Et donc, conclut Jésus: "Je ne veux pas de ceux qui se croient justifiés par leurs pratiques, mais les pécheurs qui se repentent.
Cette conversion de Matthieu est remplie de l'enseignement de la miséricorde divine. Cela ne m'étonne guère que je sois tombé sur cette homélie du père Cantalamessa, Prédicateur de la Maison Pontificale,
qui en parle si bien et dont je cite un extrait:
"Jésus justifie son attitude envers les pécheurs en disant qu'ainsi agit le Père céleste, a rappelé le père Cantalamessa. A ses opposants, il leur rappelle la Parole de Dieu dans les prophètes: "Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices" (Mt 9, 13)"; la miséricorde est en effet le trait le plus saillant du Dieu de l’alliance et est présente dans toute la Bible".
"Être miséricordieux apparaît ainsi comme un aspect essentiel du fait d'être "à l'image et la ressemblance de Dieu", a-t-il signalé.
« Mais le plus surprenant, a souligné le prédicateur, est que Dieu éprouve de la joie à être miséricordieux ». Il cite l’exemple de la parabole du fils prodigue et celle de la brebis perdue.
Etant donné que nous avons reçu la miséricorde de Dieu gratuitement, nous devons donc nous aussi à notre tour faire preuve de miséricorde, sinon, « elle nous sera enlevée », a affirmé le père Cantalamessa, citant le récit évangélique du serviteur auquel Dieu a remis une dette immense (dix mille talents !) mais qui refuse à son tour de remettre sa dette à son propre serviteur « qui lui devait la modique somme de cent deniers ».
« Si la miséricorde divine est l’origine de tout et si c’est elle qui exige et rend possible la miséricorde des uns envers les autres, le plus important pour nous est de faire une expérience renouvelée de la miséricorde de Dieu » a exhorté le père Cantalamessa en soulignant qu’il s’agit de « l’expérience pascale par excellence ».
« Dans la vie de l’Eglise comme dans celle de Jésus doivent resplendir à la fois la miséricorde des mains et celle du cœur – aussi bien les œuvres de miséricorde que les ‘entrailles de miséricorde’ », en réagissant « par le pardon », qui est une dimension fondamentale dans les relations humaines.

Jésus, sortant de Capharnaüm, vit un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit.
Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples.
Voyant cela, les pharisiens disaient aux disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? »
Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades.
Allez apprendre ce que veut dire cette parole : C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »
C'est surtout le dernier paragraphe qui m'a frappé aux oreilles ce matin : Jésus cite le prophète Osée: Os 6:6- "C'est la miséricorde qui me plaît et non les sacrifices, la connaissance de Dieu plutôt que les holocaustes". Mais cette citation m'a renvoyé également à Isaïe: "Que m'importent vos innombrables sacrifices, dit Yahvé. Je suis rassasié des holocaustes de béliers et de la graisse des veaux; je ne me réjouis pas du sang des taureaux, des agneaux et des boucs". Le Psaume (50) est encore plus explicite:
"Si j'offre un sacrifice, tu n'en veux pas,
tu n'acceptes pas d'holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé ;
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un coeur brisé et broyé."
Et donc, conclut Jésus: "Je ne veux pas de ceux qui se croient justifiés par leurs pratiques, mais les pécheurs qui se repentent.
Cette conversion de Matthieu est remplie de l'enseignement de la miséricorde divine. Cela ne m'étonne guère que je sois tombé sur cette homélie du père Cantalamessa, Prédicateur de la Maison Pontificale,
qui en parle si bien et dont je cite un extrait:
"Jésus justifie son attitude envers les pécheurs en disant qu'ainsi agit le Père céleste, a rappelé le père Cantalamessa. A ses opposants, il leur rappelle la Parole de Dieu dans les prophètes: "Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices" (Mt 9, 13)"; la miséricorde est en effet le trait le plus saillant du Dieu de l’alliance et est présente dans toute la Bible".
"Être miséricordieux apparaît ainsi comme un aspect essentiel du fait d'être "à l'image et la ressemblance de Dieu", a-t-il signalé.
« Mais le plus surprenant, a souligné le prédicateur, est que Dieu éprouve de la joie à être miséricordieux ». Il cite l’exemple de la parabole du fils prodigue et celle de la brebis perdue.
Etant donné que nous avons reçu la miséricorde de Dieu gratuitement, nous devons donc nous aussi à notre tour faire preuve de miséricorde, sinon, « elle nous sera enlevée », a affirmé le père Cantalamessa, citant le récit évangélique du serviteur auquel Dieu a remis une dette immense (dix mille talents !) mais qui refuse à son tour de remettre sa dette à son propre serviteur « qui lui devait la modique somme de cent deniers ».
« Si la miséricorde divine est l’origine de tout et si c’est elle qui exige et rend possible la miséricorde des uns envers les autres, le plus important pour nous est de faire une expérience renouvelée de la miséricorde de Dieu » a exhorté le père Cantalamessa en soulignant qu’il s’agit de « l’expérience pascale par excellence ».
« Dans la vie de l’Eglise comme dans celle de Jésus doivent resplendir à la fois la miséricorde des mains et celle du cœur – aussi bien les œuvres de miséricorde que les ‘entrailles de miséricorde’ », en réagissant « par le pardon », qui est une dimension fondamentale dans les relations humaines.

«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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christiane
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- Inscription : sam. 13 déc. 2008, 18:43
Re: 21 septembre : Vocation de Matthieu
Merci, Etienne, pour ce bel enseignement. Je suis très indulgente pour les petits travers des autres, c'est pour cela qu'ils me pardonnent très facilement.
Excellente soirée pour toi.
Christiane
Excellente soirée pour toi.
Christiane
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etienne lorant
- Pater civitatis

- Messages : 13130
- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Re: 21 septembre : Vocation de Matthieu
Prie pour moi, chère Chrisitiane, car c'est ma deuxième année d'isolement dans l'ancienne maison de famille, et j'ai souvent le sentiment que je peux mourrir d'isolement et de désolation. Je comprens difficilement que mes soeurs me fassent confiance pour la gestion tout en m'ignorant complètement depuis... plus de dix mois, je crois. Je suis... qui ? Le dernier des Foucart, ou le dernier des Mohicans ?christiane a écrit :Merci, Etienne, pour ce bel enseignement. Je suis très indulgente pour les petits travers des autres, c'est pour cela qu'ils me pardonnent très facilement.
Excellente soirée pour toi.
Christiane
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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