J'avais du temps pour découvrir une partie de la rive gauche entre rue des Saints-Pères et quartier du Cherche-Midi...Rue de Verneuil, près du quartier des antiquaires, les beaux hôtels impriment leur noblesse à la rue, presque provinciale. Certaines dames dames croisées appartiennent de toute évidence à la gentry des ambassades...
Tout-à-coup je tombe sur un mur entièrement taggé-graffé : bigre c'est le genre de décor urbain qui couvre entièrement les zones de non droit aux alentours du Stade de France, dans le 9-3 (comme on y dit, histoire d'éviter de prononcer "Saint Denis"...).
Bref, partout un Paris nettoyé, soigné, ravalé, fléché et embourgeoisé pour les touristes : alors pourquoi cette affreuse verrue dans une rue calme et douillette comme un salon Louis XV ?
Eh bien j'ai deviné (tout-de-même, catho mais pas si c..) en apercevant "l'icône" incontournable offerte à la vénération du passant : Serge Gainsbourg : mais oui, suis-je bête, c'est vrai que comme tous ceux qui crachent dans la soupe et se piquent
Passé le mur hideux à la gloire du héros amateur de Gitanes, j'étais en terrain germanopratin et, franchi le boulevard saint Germain, je suis tranquillement remonté vers Montparnasse par les rues du Dragon et Notre-Dame-des-Champs.
Une balade reposante dans les allées du cimetière Montparnasse m'a permis quelques méditations sur la fugacité des gloires mondaines et la brièveté de nos jours...Que de tombeaux pompeux où s'affichent décorations militaires, titres officiels et autres marottes qu'on tente d'arracher à l'oubli et d'offrir à l'admiration du badaud... Pas beaucoup de signes chrétiens sur les tombes récentes, mais aussi de bonnes vieilles tombes, simples et émouvantes, où se devine l'amour de Dieu dans l'histoire d'une famille : "Aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimés"...
Oui Paris reste très beau, riche, excitant par le nombre de souvenirs d'art, d'histoire et de culture qu'il offre au promeneur mais, Seigneur, que de quartiers populaires à jamais évanouis...
J'avais 18 ans lorsqu'à l'été 75 je découvrais la capitale pour la première fois et toute une ambiance bon enfant, légère, joyeuse a déserté depuis pas mal d'arrondissements encore "accessibles" au simple mortel au profit de rues mornes et glaciales envahies de magasins d'art, de téléphonie, de fringues ou de mal-bouffe...
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Notre culture éblouit le monde



