Loukachenko et la Biélorussie

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MB
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Charles, tu ne vas pas recommencer...

Loukachenko, depuis plusieurs années, enferme les opposants, arrête les manifestants, et verrouille son pays. La chose est sue. Qu'une personne ait dit au téléphone ce à quoi tu fais référence n'a pas de signification, il faudrait au minimum prendre la peine de vérifier les conditions de liberté de parole qui ont été les siennes ; il faudrait savoir aussi la position locale de l'interlocuteur biélorusse. Cela me fait penser à ce dessin de Plantu, qui date de 1980, montrant un Afghan, interviewé par un journaliste de l'Huma : de devant on lui pointe un micro, de derrière une Kalachnikov - naturellement, il dit "Youpi !"

Quant au diplomate biélorusse, crois-tu qu'il allait dire le contraire ? Prends-tu la langue de bois pour argent comptant ?

La "bêtise" du journaliste occidental n'est pas la preuve a contrario du règne de la liberté en Biélorussie. Quant à ta remarque sur les maquereaux qui profitent des petites Biélorusses, dis-toi que parmi eux, il y en a beaucoup qui ont partie liée avec le pouvoir local, à force d'acheter des flics, des juges, des hommes politiques - quand ce ne sont pas les mêmes.

Amicalement
MB
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Hélène
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Un journaliste québécois est détenu en prison pour aucune raison apparente depuis les manifestations de vendredi dernier :
Le Canada annonce des «mesures» de représailles contre la Biélorussie
Marc Thibodeau et Gilles Toupin
La Presse

Le Canada a annoncé hier qu'il adoptait des «mesures» de représailles contre le régime biélorusse pour dénoncer la répression en cours contre les partisans de l'opposition et l'incarcération du jeune journaliste québécois Frédérick Lavoie, détenu depuis vendredi.

À Ottawa, le ministre des Affaire étrangères, Peter MacKay, a convoqué l'ambassadeur du pays, Nina Mazai, pour lui faire savoir «que le Canada condamnait l'atteinte absolue aux principes démocratiques» lors des élections du 19 mars ainsi que la vague d'arrestations ayant suivi le scrutin.

«Libération immédiate»

M. MacKay a demandé à cette occasion la «libération immédiate» de M. Lavoie, collaborateur de La Presse et du journal saguenéen Le Quotidien, qui a été appréhendé lors d'une opération policière menée sur la place d'Octobre, à Minsk, et condamné à l'issue d'un procès expéditif à 15 jours d'emprisonnement.

Faisant écho aux revendications de la famille du journaliste de 22 ans, le ministre a exigé que M. Lavoie puisse quitter immédiatement le pays, tout en prévenant le gouvernement de Biélorussie qu'il était responsable, jusqu'à nouvel ordre, de sa sécurité.

Les «mesures» imposées par le Canada consistent à limiter les relations avec les autorités biélorusses aux simples échanges consulaires, aux droits de la personne, au développement démocratique et aux efforts visant à renforcer la sécurité internationale.

Selon un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, cela signifie que tous les dossiers concernant les relations économiques entre les deux pays sont suspendus le temps que dureront les sanctions. Il n'y aura par ailleurs aucun contact entre les fonctionnaires des deux gouvernements.

Des représentations diplomatiques ont également été faites hier auprès des autorités biélorusses en Pologne, où le Canada dispose d'une ambassade, ainsi qu'à Minsk, où un diplomate canadien est arrivé hier pour pouvoir rencontrer le journaliste.

Une rencontre d'une durée de 45 minutes a pu avoir lieu dans l'établissement carcéral de la capitale où il est retenu avec des centaines d'autres manifestants.

Conditions de détention difficiles

Le frère de Frédérick Lavoie, qui a pu discuter hier avec le diplomate à la suite de la rencontre, affirme que les conditions de détention du jeune homme se sont améliorées, mais demeurent difficiles. «Il se trouve dans une cellule avec six ou sept personnes, qui ne sont pas des criminels mais plutôt des prisonniers politiques. Il a commencé à recevoir de la nourriture et il semble que le bâtiment soit correctement chauffé», relate Jérémi Lavoie, qui a entrepris de recueillir auprès de sa famille des messages de soutien pour le jeune journaliste. Il espère que le diplomate pourra les lui remettre à l'occasion d'une prochaine visite.

Bien qu'elle se réjouisse des mesures annoncées par le gouvernement canadien, la famille de Frédérick Lavoie affirme qu'elle ne sera pas tranquille «tant qu'il ne sera pas libéré».

«On nous dit qu'il va bien, mais on nous dit aussi qu'il veut sortir de là et quitter le pays... Il n'a rien fait de mal, que son travail de journaliste. Il faut que la Biélorussie le laisse partir», souligne M. Lavoie, qui se disait incapable hier de prédire l'effet des sanctions canadiennes sur l'attitude du régime.

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) a réclamé hier dans un communiqué l'intervention du premier ministre Stephen Harper pour accélérer la libération de Frédérick Lavoie. «M. Harper doit faire tous les efforts pour que les conventions internationales sur les libertés de presse et d'expression soient pleinement respectées», a noté l'organisme. Le cabinet du premier ministre n'a pas rappelé La Presse pour commenter le dossier.

Des membres de la diaspora biélorusse entendent par ailleurs organiser une manifestation dimanche à 11h face à l'hôtel de ville de Montréal pour protester contre la situation du pays. Ils entendent réclamer à cette occasion la libération du journaliste québécois, qui n'est pas le seul représentant des médias à connaître des démêlés avec le régime d'Alexandre Loukachenko.

Dans un nouveau bilan publié hier, l'organisation Reporters sans frontières souligne que 22 journalistes ont été appréhendés depuis la tenue des élections. Dix-sept d'entre eux demeuraient incarcérés en fin de journée.
Source: http://www.lapresse.ca/article/20060328 ... ACTUALITES
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caius
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Deux présidents et leurs “salauds”

Pol MATHIL
LE SOIR –8 mai 2006

« C’est un salaud mais c’est notre salaud ». La formule est ancienne. C’est ainsi, en légère paraphrase (l’original est plus dur) que Cordell Hull, secrétaire d’état du président Roosevelt, a justifié le soutien de Washington à Rafael Molina Trujillo, dictateur de la République dominicaine, un salaud exceptionnel, archétype du boss d’une « république bananière ».

Plusieurs décennies plus tard, deux autres présidents se sont servi du « théorème de Hull ».

Le président Poutine a reçu le président Loukachenko et a, à cette occasion, exprimé « le plaisir de l’entendre disposé à mener un travail constructif avec toutes les forces » politiques en Biélorussie.

Certains pourraient cependant avoir quelques difficultés à partager le plaisir du président russe. Car, au même moment, durement réprimée, l’opposition biélorusse était en prison à Minsk – l’invité du Kremlin ayant auparavant menacé de lui « briser le cou » si elle appelait la population à descendre dans la rue.

L’autre président à appliquer « le principe de Hull » était George W. Bush. Quand son homologue russe recevait le président biélorusse, M. Bush donnait audience à la Maison-Blanche au président d’Azerbaïdjan, Ilham Aliev, responsable, comme son alter ego biélorusse, de fraude électorale et de répression de «son» opposition.

Bon, je comprends. Chacun de ces deux présidents a un intérêt politique de s’entretenir avec son « salaud » respectif. La Biélorussie est un pays-tampon face à la stratégie d’expansion de l’Otan vers l’Est, un barrage despotique contre les « révolutions en couleurs » et un maillon important dans le réseau de transit du gaz russe vers l’Occident.

La logique de M. Bush est similaire. M. Aliev n’est pas un démocrate mais l’Azerbaïdjan est un des rares pays musulmans à envoyer des troupes en Irak et, surtout, le terrain de rivalité russo-américaine autour de la mer Caspienne et de son pétrole.

En recevant M. Loukachenko, M. Poutine ne renonce à rien. Il gouverne son pays d’une façon de plus en plus autoritaire, pratiquement sans opposition au parlement ; il n’est donc pas particulièrement gêné par une variante biélorusse de son propre modèle.

Mais M. Bush ? Le chef d’un état qui, pour promouvoir la démocratie, est allé se battre en Irak ? Pourquoi M. Loukachenko est-il persona non grata aux Etats-Unis, alors que M. Aliev est reçu avec fastes à la Maison-Blanche ? Que répond M. Bush à la question : quelle est la différence entre MM. Loukachenko et Aliev ? Quel signal envoie le président américain, hôte du satrape d’Azerbaïdjan, à tous les opposants des dictatures dans l’espace post-soviétique et ailleurs ? Que la démocratie est soluble dans le pétrole ?
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