L’homme préhistorique a-t-il existé ?

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jpm
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Re: L’homme préhistorique a-t-il existé ?

Message non lu par jpm »

philémon.siclone a écrit :
jpm a écrit : - Quant à l'âme, Platon donnait pour l'Âme universelle une série complète d'intervalles musicaux, (Timée).
- Ps: toujours au sujet de l'âme, saint Augustin ( le plus savant d'entre les pères de l' Eglise) affirmait qu'elle était une extension du Temps.....
......
Il a aussi dit : "qui bien chante prie deux fois". Il y a donc bien un rapport entre l'âme et la musique. D'ailleurs, il a aussi écrit un Traité de la Musique, tout comme Boèce, Pythagore, etc. Il est évident que pour les théologiens, et avant eux les philosophes latins et grecs, la musique est une science liée aux mathématiques, l'astronomie, et qu'elle est en rapport avec la vie de l'âme. Et Pythagore : un mathématicien qui écrit sur la musique, cela devrait quand même nous interpeler. D'autant plus que les écrits de Pythagore sur la musique ont servi de modèle à tous les théologiens chrétiens qui ont écrit sur le sujet durant tout le Moyen-Âge.

Par ailleurs, dire que la musique, et même l'art en général, ne demande aucune capacité "d'abstraction mentale", me semble vraiment gratuit, et procéder d'un certain dédain, ou ignorance, des arts et de leur valeur, ce qui est assez typique de la mentalité bourgeoise et scientiste issue du XIXe. Qu'est-ce qui compte pour le bourgeois moderne ? La politique (les mots), l'économie (les chiffres) et la morale (la religion). Le reste est vraiment accessoire.

Ne le prenez pas mal, Xavi. Vous n'en avez peut-être pas conscience. On sait bien que les générations récentes des élèves matheux, dans les filières scientifiques, ont été (et sont de plus en plus) élevés dans une certaine indifférence vis-à-vis des Arts, qui sont perçus au mieux comme un amusement, un passe-temps pas très sérieux. Le musicien, l'artiste est volontiers regardé comme un animal de foire, voire un rigolo, un sous-homme socialement. Ceci explique peut-être votre point de vue. Et je crois que c'est un point de vue irrationnel qui s'appuie, sans le savoir, sur des préjugés sociaux.

Pour finir, ces flûtes ont souvent été retrouvés dans des tombes, avec d'autres objets devant accompagner le défunt dans la mort. Si cela n'est pas la preuve d'un sentiment religieux...

Faisons un peu confiance aux anthropologues, dont c'est le métier !

"Par ailleurs, dire que la musique, et même l'art en général, ne demande aucune capacité "d'abstraction mentale", "

Je désignerais cela par: faculté d'entendement ou faculté de synthèse des sens.

Harpe, sambucca, b.n.t, sciences et arts dans le Genèse
http://jeanpaulmarlot.free.fr/commentai ... pe_un.html
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Xavi
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Re: L’homme préhistorique a-t-il existé ?

Message non lu par Xavi »

Philémon Siclone a écrit :dire que la musique, et même l'art en général, ne demande aucune capacité "d'abstraction mentale", me semble vraiment léger, et procéder d'un certain dédain pour les arts et de leur valeur
Tout à fait d’accord. Je dirais même plus : c’est faux. Je ne peux que répéter que l’art peut manifester la capacité d’abstraction mentale et que cette capacité est tout à fait liée à l’art. L’art permet précisément d’exprimer de manière abstraite des réalités diverses. L’art permet de refléter les pensées et le vécu de l’artiste.

L’art et la poésie sont des compléments indispensables de la raison. Ils lui apportent l’aération nécessaire qui permet de mieux percevoir la réalité vivante.

Mais, le mot « art » n’a pas de contours définis. L’art peut être une simple reproduction plus ou moins adroite d’une réalité concrète aussi bien qu’il peut exprimer avec finesse les réalités les plus abstraites. Toutes les œuvres d’art ne sont pas du même niveau.

Par rapport à l'abstraction de la pensée, le langage, l’écriture, le calcul et la pratique religieuse sont des manifestations plus précises, mais non les seules, de l’intelligence spécifiquement humaine que j’ai essayé d’approcher par l’expression « capacité d’abstraction mentale » qui reste à améliorer au vu des réactions qu’elle suscite.

Pour en revenir à l’art et l’outillage préhistoriques que vous considérez comme étant certainement l’œuvre d’hommes, je suppose que vous partagez la foi de l’Eglise sur la définition de l’homme qui n'est cependant pas évoquée dans les interventions.

Sommes-nous bien d’accord de définir les hommes comme des descendants d’Adam et Eve, dotés comme nous d’une âme immortelle et d’accepter qu’il n’y a pas toujours eu des hommes ainsi définis sur la terre mais qu’il y a bien eu un premier couple originel ?

Sans un accord sur cette approche, le dialogue ne pourrait guère avancer.

Sur cette base, si l’art et l’outillage préhistoriques que vous évoquez sont considérés comme suffisants pour attester qu’ils sont certainement l’œuvre d’humains, il faut remonter plus loin dans le passé le début de l’humanité.

Je suppose que l’art et l’outillage auquel vous vous référez correspond, par exemple, aux fameuses grottes de Lascaux ou à ce qui est présenté, par exemple, sur le site :

http://www.mammutland.de/index.php?id=24

Ces œuvres dépassent manifestement les capacités de tous les animaux que nous connaissons et indiquent une capacité cérébrale supérieure.

Cependant, l’art et l’outillage préhistoriques de ceux qu’on nomme les homo sapiens, dont nous faisons partie, paraît comparable à l’art et l’outillage des néanderthaliens. Or, il semble acquis qu’il faut au moins remonter de 350.000 ans pour pouvoir espérer trouver une origine commune à ces deux espèces distinctes et le corps des néanderthaliens est très différent du notre.

Les néanderthaliens sont-ils des hommes ? Adam et Eve auraient-ils été à l’origine de deux espèces humaines différentes ? Cette hypothèse me semble étrangère à la foi.

Imaginer que les hommes aient vécu pendant 350.000 ans dans un état frustre sans découvrir aucune forme d’écriture tout en ayant une intelligence semblable à la notre me paraît assez peu vraisemblable.

C’est ce qui ramène à l’hypothèse de préhumains parmi lesquels on peut trouver des signes d’une activité d’art et d’outillage qui ne se trouve dans aucune lignée animale et uniquement dans la lignée humaine, mais cela ne signifie pas pour autant qu’il s’agisse déjà d’humains dont l’âme est immortelle.

Envisager une évolution et des préhumains implique d’admettre que la conscience et la capacité d’abstraction mentale ont pu évoluer et atteindre des niveaux supérieurs à ceux des animaux avant l’apparition des premiers humains.
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jpm
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Re: L’homme préhistorique a-t-il existé ?

Message non lu par jpm »

Envisager une évolution et des préhumains implique d’admettre que la conscience et la capacité d’abstraction mentale ont pu évoluer et atteindre des niveaux supérieurs à ceux des animaux avant l’apparition des premiers humains.[/quote]


ps: Aux dernières nouvelles Mr. Néanderthal se serait mis en ménage avec Mme Sapiens Sapiens, de là un héritage, 6 pour cent dans dans patrimoine génétique viendrait de Mr.
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Re: L’homme préhistorique a-t-il existé ?

Message non lu par Bisdent »

jpm a écrit : ps: Aux dernières nouvelles Mr. Néanderthal se serait mis en ménage avec Mme Sapiens Sapiens, de là un héritage, 6 pour cent dans dans patrimoine génétique viendrait de Mr.
Cela me rappelle une émission toute récente de France 5 sur le sujet :)
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Je maintiendrai l'honneur, la foy, la loi de Dieu, du Roy, de mes amis et moy.
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philémon.siclone
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Re: L’homme préhistorique a-t-il existé ?

Message non lu par philémon.siclone »

Xavi a écrit :
Pour en revenir à l’art et l’outillage préhistoriques que vous considérez comme étant certainement l’œuvre d’hommes, je suppose que vous partagez la foi de l’Eglise sur la définition de l’homme qui n'est cependant pas évoquée dans les interventions.
Oui, et l'Eglise n'établit pas ses dogmes dans le domaine de la biologie, de l'anthropologie, pas plus que dans l'astronomie, la géométrie, la physique, la géologie, la psychologie, etc. Les dogmes catholiques concernent uniquement la Foi. Donc les sciences sont libres, et n'ont pas à craindre une quelconque contrainte venant des dogmes catholiques. Si la science découvre que la terre tourne autour du soleil, ça ne doit pas poser de problème à la Foi. Et si la science découvre que l'homme vit depuis plusieurs centaines d'années, ça ne pose pas de problème non plus à la Foi. Science et Foi, deux domaines distincts, que vous voulez à tout prix mélanger, dirait-on, afin de permettre une lecture scientiste des Ecritures.
Sommes-nous bien d’accord de définir les hommes comme des descendants d’Adam et Eve, dotés comme nous d’une âme immortelle et d’accepter qu’il n’y a pas toujours eu des hommes ainsi définis sur la terre mais qu’il y a bien eu un premier couple originel ?
Oui, évidemment. Mais je n'accepte pas l'idée qu'il y aurait eu des hommes démunis d'âme.
Sans un accord sur cette approche, le dialogue ne pourrait guère avancer.
Je crois que notre désaccord est d'abord dans la disctinction que je mets entre les différents domaines (Foi, Science), et la fusion que vous voulez y mettre. Tout découle de là.

Ces œuvres dépassent manifestement les capacités de tous les animaux que nous connaissons et indiquent une capacité cérébrale supérieure.
Elles manifestent bien plus qu'une capacité cérébrale. Elle manifestent un esprit, et c'est surtout cela qui compte. Il n'y a pas d'art sans esprit. Je n'ai jamais vu un animal composer une oeuvre d'art, et l'admirer. Seul l'homme peut faire ça, parce qu'il a un esprit. Ce qui me gêne, dans votre raisonnement, c'est que vous voulez relier la possession d'une âme à l'intelligence. Parce que c'est bien de cela qu'il s'agit, derrière la formule "capacité d'abstraction", ou "capacité cérébrale". On parle d'intelligence. Mais l'homme n'est pas homme parce qu'il a une intelligence. Il est homme d'abord parce qu'il a un esprit. Et c'est l'esprit qui rend l'homme créateur, inventif, curieux, artiste, industrieux, découvreur, qui lui permet d'évoluer, d'approfondir, de développer ses prouesses, ses connaissances. L'intelligence finalement n'est qu'un outil. Je crois que Dieu a d'abord donné l'esprit, et que l'intelligence est plutôt venue après, et s'est développée au fur et à mesure que l'homme progressait dans sa découverte du monde, poussé par l'esprit. Et chaque homme pris individuellement est comme ça.

Cependant, l’art et l’outillage préhistoriques de ceux qu’on nomme les homo sapiens, dont nous faisons partie, paraît comparable à l’art et l’outillage des néanderthaliens. Or, il semble acquis qu’il faut au moins remonter de 350.000 ans pour pouvoir espérer trouver une origine commune à ces deux espèces distinctes et le corps des néanderthaliens est très différent du notre.

Les néanderthaliens sont-ils des hommes ? Adam et Eve auraient-ils été à l’origine de deux espèces humaines différentes ? Cette hypothèse me semble étrangère à la foi.
Moi, je ne vois pas quel problème cela pose. Dès l'instant où l'on considère que l'évolution des espèces n'est pas un obstacle à la Foi, il peut bien y avoir eu deux races humaines. Pourquoi cela serait-il absurde ? Pour la science ce n'est pas absurde. Ce qui n'est pas absurde pour la science ne doit pas l'être pour la Foi non plus. Qu'est-ce que cela change, fondamentalement ? Ou bien la Foi devient une vision complètement obscurantiste du monde, fermée à toute découverte. Ce n'est pas l'objet principal de la Foi. La Foi est d'abord ce qui nous relie à Dieu. En quoi le fait qu'il y ait eu Néanderthal nous empêcherait de nous fier en Dieu ? Quelle vérité de la Foi pourrait bien être détruite par Néanderthal ?

Et puis, il me semble que la Genèse parle d'une antique race de Géants disparus, fameux hommes très redoutables. Et si c'était un lointain souvenir de notre homme de Néanderthal... ?

Imaginer que les hommes aient vécu pendant 350.000 ans dans un état frustre sans découvrir aucune forme d’écriture tout en ayant une intelligence semblable à la notre me paraît assez peu vraisemblable.
Pourquoi ? L'homme a très bien pu vivre longtemps dans une certaine communion spirituelle avec Dieu qui lui suffisait. Les grandes découvertes procèdent paradoxalement d'un éloignement de Dieu, il faut le garder à l'esprit. Manger le fruit interdit était la première d'entre elles. Et les êtres spirituels ont toujours été rétifs au progrès. On peut justement envisager que l'homme préhistorique avait une telle spiritualité que le progrès technique lui était inutile. Et le fait est que durant cette longue période, ils ont quand même progressé, lentement, maîs sûrement. Notre savoir technique actuel en hérite directement. Donc il est difficile de sectionner cette évolution en une part "préhumaine", et une part "humaine". L'évolution continue de l'humanité forme nécessairement un bloc d'un seul morceau. Les préhumains, ce sont plutôt ceux qui étaient avant, les pithécanthropes, ou anthropopithèques, qui avaient encore le rang d'animaux, et ont donné les singes par d'autres lignées.
Dernière modification par philémon.siclone le jeu. 29 juil. 2010, 21:23, modifié 2 fois.
Anima nostra sicut passer erepta est de laqueo venantium
Laqueus contritus est, et nos liberati sumus

Notre âme s'est échappée comme un passerau du filet de l'oiseleur,
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Re: L’homme préhistorique a-t-il existé ?

Message non lu par philémon.siclone »

jpm a écrit :
Envisager une évolution et des préhumains implique d’admettre que la conscience et la capacité d’abstraction mentale ont pu évoluer et atteindre des niveaux supérieurs à ceux des animaux avant l’apparition des premiers humains.

ps: Aux dernières nouvelles Mr. Néanderthal se serait mis en ménage avec Mme Sapiens Sapiens, de là un héritage, 6 pour cent dans dans patrimoine génétique viendrait de Mr.
J'ai même lu dans une revue scientifique qu'ils envisageaient très sérieusement de cloner Néanderthal, de le ramener à la vie, comme ils l'envisagent également pour le mammouth (depuis longtemps sans succès, il est vrai). Les scientifiques ont l'air maintenant de croire que la chose se fera très certainement et de toute façon dans un proche avenir. Mais cela pose quelques problèmes d'éthique, évidemment...
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Re: L’homme préhistorique a-t-il existé ?

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philémon.siclone a écrit :
jpm a écrit :
ps: Aux dernières nouvelles Mr. Néanderthal se serait mis en ménage avec Mme Sapiens Sapiens, de là un héritage, 6 pour cent dans dans patrimoine génétique viendrait de Mr.
J'ai même lu dans une revue scientifique qu'ils envisageaient très sérieusement de cloner Néanderthal, de le ramener à la vie, comme ils l'envisagent également pour le mammouth (depuis longtemps sans succès, il est vrai). Les scientifiques ont l'air maintenant de croire que la chose se fera très certainement et de toute façon dans un proche avenir. Mais cela pose quelques problèmes d'éthique, évidemment...
Bof, bof, laissons les scientifiques à leurs rêveries pour beaufs, affin d'accréditer leurs chapelles...
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Re: L’homme préhistorique a-t-il existé ?

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le gyrovague a écrit :
philémon.siclone a écrit :
J'ai même lu dans une revue scientifique qu'ils envisageaient très sérieusement de cloner Néanderthal, de le ramener à la vie, comme ils l'envisagent également pour le mammouth (depuis longtemps sans succès, il est vrai). Les scientifiques ont l'air maintenant de croire que la chose se fera très certainement et de toute façon dans un proche avenir. Mais cela pose quelques problèmes d'éthique, évidemment...
Comme le chantait Pauline Ester: "le monde est fou, fou, fou voyez-vous..." Le clonage des mammouths posera des problèmes d'éthique et des puces car, cachées dans la fourrure, elles proliféreront en quantité exponentielle au réveil de ces joyeux pachydermes... ;) :rire:
Cela dit, la datation d'Adam et Eve devient problématique... et du coup quant au point de départ du genre humain, le sepher Beraeshith ou Genèse devient légèrement moins porteur de vérité. En, reconnaissant l'homme de Pékin, le jésuite Emile Licent, avait déjà ouvert la voie.....
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Re: L’homme préhistorique a-t-il existé ?

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Philémon Siclone a écrit : les sciences sont libres, et n'ont pas à craindre une quelconque contrainte venant des dogmes catholiques.
Là, vous avez raison. La science a une autonomie spécifique. Mais, elle ne considère pas toute la réalité ce qui permet aux dogmes d’affirmer des vérités et des faits au delà de ce que la science peut affirmer elle-même. Beaucoup de choses ne peuvent pas être expliquées par la science.

Pour autant que la science évite d’absolutiser ou de généraliser ce qu’elle constate et analyse (ce qui ne serait pas scientifique), il n’y a pas de contrainte à craindre. Si la science dit que tel miracle ou que la résurrection du Christ n’a pas existé, c’est de la mauvaise science car dans toutes les lois qu’elle décrit, elle n’a pas les moyens d’exclure la possibilité d’exceptions ce qui, scientifiquement, exigerait de tout connaître, ce que la science n’atteint pas.
Philémon Siclone a écrit : si la science découvre que l'homme vit depuis plusieurs centaines d'années, ça ne pose pas de problème non plus à la Foi. Science et Foi, deux domaines distincts, que vous voulez à tout prix mélanger …
notre désaccord est d'abord dans la distinction que je mets entre les différents domaines (Foi, Science), et la fusion que vous voulez y mettre. Tout découle de là.
Vous situez bien la difficulté, mais vous ne l’évitez pas car il me semble que vous ne cessez de confondre précisément la définition scientifique et la définition chrétienne de ce qu’est un homme. Pour la science, la notion d’un « humain » peut être beaucoup plus étendue car elle n’exige pas le critère essentiel que la foi ajoute pour la définition chrétienne d’un humain.
Philémon Siclone a écrit : je n'accepte pas l'idée qu'il y aurait eu des hommes démunis d'âme.
Voilà qui est tout à fait exact par rapport à la nécessité d’une âme immortelle dans la définition chrétienne d’un humain.

Mais, comment voulez-vous que la science détermine si un être préhistorique a ou non une âme ? La science est incapable de découvrir une âme. Il est étrange de constater que vous redoutez un mélange de la science et de la foi alors qu’en fait, vous affirmez l’existence d’êtres préhistoriques (c’est un fait scientifique) avec une âme (c’est un fait spirituel approché uniquement par la foi) ce qui mélange inévitablement science et foi.

Tout ce que vous observez dans l’art, l’outillage, les pratiques funéraires ou l’organisation sociale sont des observations de type scientifique, et c’est sur la base de ces constats que vous affirmez l’existence d’êtres avec une âme qui relève de la foi.

Votre volonté de distinction me semble ainsi contredite dans votre propre analyse.

La démarche et l’objet de la science sont distincts de la foi uniquement par les limites terrestres de ce que la science étudie et de ces modes d’observation et d’analyse.
Philémon Siclone a écrit : l'Eglise n'établit pas ses dogmes dans le domaine de la biologie, de l'anthropologie,…
Les dogmes catholiques concernent uniquement la Foi.
Ce n’est évidemment pas exact si le mot « uniquement » exclut tout ce que la science considère.

La foi considère l’homme dans son intégralité : dans sa dimension spirituelle, bien sûr, mais aussi et non moins dans toute sa réalité corporelle et terrestre dont s’occupe la science.

Il y a bien sûr des affirmations concernant tant la biologie que l’anthropologie dans les dogmes, à commencer par tout ce qui concerne l’incarnation du Christ. Sa conception dans le sein de Marie est un fait biologique. La distinction faite par l’Eglise entre les hommes et les animaux, c’est un fait anthropologique.
Philémon Siclone a écrit :
Xavi a écrit : Ces œuvres dépassent manifestement les capacités de tous les animaux que nous connaissons et indiquent une capacité cérébrale supérieure.
Elles manifestent bien plus qu'une capacité cérébrale. Elle manifestent un esprit, et c'est surtout cela qui compte.
Ici encore, ne mélangez-vous pas vous-même science et foi. Distinguer l’esprit de l’intelligence concerne la foi. L’intelligence, celle que la science observe et analyse, concerne sans limites toute l’activité cérébrale, y compris les sentiments et les pensées. L’imagerie médicale permet déjà d’objectiver très largement toutes les activités du cerveau.

Nous croyons qu’au delà de toute observation scientifique, il existe une vie spirituelle qui lui échappe. Mais, elle se vit sur terre et s’exprime à travers l’activité cérébrale. Ici encore, le corps et l’esprit ne sont pas dissociés. Il n’y a pas, d’une part, une activité cérébrale examinée par la science et de l’autre une activité spirituelle totalement distincte.

La création de l’homme a précisément fusionné corps et esprit, ce qui fait la spécificité de l’être humain.

Vous avez tout à fait raison de dire que ce qui compte c’est bien plus que la capacité cérébrale, mais cela implique de ne pas se limiter à la seule observation apparente et scientifique des objets d’art ou d’outillage. On ne peut les considérer que comme des indices par rapport à la vie spirituelle spécifiquement humaine.
Philémon Siclone a écrit : On parle d'intelligence. Mais l'homme n'est pas homme parce qu'il a une intelligence. Il est homme d'abord parce qu'il a un esprit. Il n'y a pas d'art sans esprit. Je n'ai jamais vu un animal composer une oeuvre d'art, et l'admirer. Seul l'homme peut faire ça, parce qu'il a un esprit.
Ce qui me gêne, dans votre raisonnement, c'est que vous voulez relier la possession d'une âme à l'intelligence. Parce que c'est bien de cela qu'il s'agit, derrière la formule "capacité d'abstraction", ou "capacité cérébrale".
Votre observation est exacte.

Mais, attention, le mot intelligence est, en réalité, plus vaste que l’activité cérébrale et s’étend aussi au spirituel.

Il me semble exact de « relier la possession d’une âme immortelle » à un corps spécifiquement humain et, à cet égard, il me semble certain qu’en ce qui concerne le corps terrestre d’un homme, c’est l’activité cérébrale qui constitue le critère distinctif par rapport aux animaux. Les membres, les poumons ou le système digestif d’un humain ne paraissent pas fournir de distinction décisive.

Attention de ne pas réduire l’intelligence à ce qu’elle signifie au sens de la science, alors que l’intelligence s’étend à la réalité spirituelle.
Philémon Siclone a écrit : Et c'est l'esprit qui rend l'homme créateur, inventif, curieux, artiste, industrieux, découvreur, qui lui permet d'évoluer, d'approfondir, de développer ses prouesses, ses connaissances. L'intelligence finalement n'est qu'un outil. Je crois que Dieu a d'abord donné l'esprit, et que l'intelligence est plutôt venue après, et s'est développée au fur et à mesure que l'homme progressait dans sa découverte du monde, poussé par l'esprit. Et chaque homme pris individuellement est comme ça.
D’accord.
Philémon Siclone a écrit : Dès l'instant où l'on considère que l'évolution des espèces n'est pas un obstacle à la Foi, il peut bien y avoir eu deux races humaines.
Non. Pas si vous définissez l’homme comme ayant une âme immortelle.

Il me semble que le Christ est semblable à tous les humains, sauf le péché. Cela me semble exclure qu’il y aurait eu des humains d’une autre nature. Accepter cette idée relance d’ailleurs le danger de racisme que vous avez vous-même soulevé.
Philémon Siclone a écrit : Pourquoi cela serait-il absurde ? Pour la science ce n'est pas absurde.
Il me semble que je dois ici vous retourner le grief de confondre science et foi. La science ne dira jamais qu’un être a ou non une âme immortelle.

Pour la science, il y a une continuité dans l’histoire qui ne risque pas de contredire la foi.
La science peut constater deux races. Elle peut les qualifier d’humaines si cela correspond aux critères de la typologie qu’elle retient pour définir un humain.

Mais, en quoi cela peut-il déterminer notre définition basée sur une âme immortelle ?

Nous pouvons situer la création du premier homme, au sens de la foi, à un moment de histoire des « humains » au sens de la science.
Philémon Siclone a écrit : Ce qui n'est pas absurde pour la science ne doit pas l'être pour la Foi non plus. Qu'est-ce que cela change, fondamentalement ? Ou bien la Foi devient une vision complètement obscurantiste du monde, fermée à toute découverte. Ce n'est pas l'objet principal de la Foi. La Foi est d'abord ce qui nous relie à Dieu. En quoi le fait qu'il y ait eu Néanderthal nous empêcherait de nous fier en Dieu ? Quelle vérité de la Foi pourrait bien être détruite par Néanderthal ?
Et puis, il me semble que la Genèse parle d'une antique race de Géants disparus, fameux hommes très redoutables. Et si c'était un lointain souvenir de notre homme de Néanderthal... ?
Observez que, dans le récit de la genèse, ces géants ne sont pas des humains, des descendants d’Adam et Eve.
Mais, leur interfécondité avec des femmes humaines fait effectivement penser à des préhumains qui pourraient correspondre à des néanderthaliens.
Philémon Siclone a écrit :
Xavi a écrit : Imaginer que les hommes aient vécu pendant 350.000 ans dans un état frustre sans découvrir aucune forme d’écriture tout en ayant une intelligence semblable à la notre me paraît assez peu vraisemblable.
Pourquoi ? L'homme a très bien pu vivre longtemps dans une certaine communion spirituelle avec Dieu qui lui suffisait… On peut justement envisager que l'homme préhistorique avait une telle spiritualité que le progrès technique lui était inutile.
Il me semble que le récit du péché originel écarte cette hypothèse. Les humains ont précisément perdu la vie spirituelle dont ils disposaient avant la chute et leur intelligence a été recouverte d’un vêtement de peau.

Vous observez de manière judicieuse :
Philémon Siclone a écrit : Les grandes découvertes procèdent paradoxalement d'un éloignement de Dieu, il faut le garder à l'esprit.
C’est bien pourquoi, une durée de 350.000 ans sans la découverte du langage et de l’écriture me paraît invraisemblable après l’éloignement de Dieu.

Et ce délai immense ne change strictement rien à toutes les autres difficultés. Qu’Adam et Eve aient été créés il y a 6.000 ou 350.000 ans pose exactement les mêmes difficultés quant à leur provenance d’une mère biologique, à l’existence de préhumains, à une éventuelle interfécondité, etc.
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Re: L’homme préhistorique a-t-il existé ?

Message non lu par jpm »

Et ce délai immense ne change strictement rien à toutes les autres difficultés. Qu’Adam et Eve aient été créés il y a 6.000 ou 350.000 ans pose exactement les mêmes difficultés quant à leur provenance d’une mère biologique, à l’existence de préhumains, à une éventuelle interfécondité, etc.[/quote]

bof, bof, rajoutez quelques zéros, Adam et Eve ne peuvent pas avoir été créés il y 350.0000 ans ou plus. aucun moyen de transmission avec l'usure naturelle de la langue, ne peut faire perdurer un message pendant ce laps de temps.
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Re: L’homme préhistorique a-t-il existé ?

Message non lu par philémon.siclone »

Xavi a écrit : Vous situez bien la difficulté, mais vous ne l’évitez pas car il me semble que vous ne cessez de confondre précisément la définition scientifique et la définition chrétienne de ce qu’est un homme. Pour la science, la notion d’un « humain » peut être beaucoup plus étendue car elle n’exige pas le critère essentiel que la foi ajoute pour la définition chrétienne d’un humain.
Si, je les distingue, car la science ne fait qu'observer ce qu'est un être humain, tel qu'elle le voit aujourd'hui, et établir une définition à partir de cette observation, ce qui correspond à la méthode d'investigation scientifique. La Foi dit seulement que cet être appelé homme possède une âme, alors que l'animal n'en possède pas. Elle ne donne de l'homme ou de l'animal aucune définition de type scientifique. Donc, Science et Foi s'exercent dans deux champs d'application très distincts. La Science ne se mêle pas de Foi, et la Foi ne se mêle pas de Science. Si la Foi parle d'évènements miraculeux, la Science répond : c'est du merveilleux, car elle ne peut pas les constater ni les définir dans son domaine spécifique. Et elle a raison. Le miraculeux est merveilleux, d'un point de vue scientifique. C'est la Foi qui dit : c'est vrai, nous y croyons. La Science dit simplement : c'est du merveilleux, sans aller au-delà. Elle ne va pas jusqu'à dire : c'est faux, nous n'y croyons pas, parce qu'alors, elle se mêlerait de Foi, et ce n'est pas son rôle. Inversement, si la Science dit : l'homme se différencie de l'animal par le fait qu'il marche debout, la Foi ne peut pas s'en mêler, que ce soit pour approuver ou pour désapprouver, car cela ne regarde pas son propre champ d'application. Comme le rôle de la Sciecne est d'observer et de déduire, la Foi ne peut pas remettre en cause ses conclusions sans nier la faculté même d'observer et de déduire, ce qui serait nier la Science tout court. Alors, la Foi remplacerait la Science, et l'homme serait privé de sa faculté de connaître le monde par l'observation et la déduction.
Philémon Siclone a écrit : je n'accepte pas l'idée qu'il y aurait eu des hommes démunis d'âme.
Voilà qui est tout à fait exact par rapport à la nécessité d’une âme immortelle dans la définition chrétienne d’un humain.

Mais, comment voulez-vous que la science détermine si un être préhistorique a ou non une âme ? La science est incapable de découvrir une âme. Il est étrange de constater que vous redoutez un mélange de la science et de la foi alors qu’en fait, vous affirmez l’existence d’êtres préhistoriques (c’est un fait scientifique) avec une âme (c’est un fait spirituel approché uniquement par la foi) ce qui mélange inévitablement science et foi.
Non. C'est une question d'articulation entre Foi et Science. La Science observe l'existence d'êtres humains dans tel lieu à tel moment (peu importe le lieu et le moment). La Foi ne peut qu'indiquer que ces êtres humains ont nécessairement une âme, puisque tout être humain, d'après la Foi, possède une âme.

Ce qui me permet, d'ailleurs, de glisser un nouvel élément qui me vient à l'esprit. Vous distinguez 3 types d'êtres : humains / préhumains / animaux, en disant que seuls les 1ers ont une âme. Mais la Foi ne connaît que 2 types d'êtres : humains et animaux. Il n'existe pas de préhumains, d'après la Foi. Les prehumains n'ont donc pas de statut particulier, du point de vue de la Foi. Donc, votre système repose nécessairement sur un remaniement du dogme catholique. Or, a-t-on autorité pour faire cela ?
Philémon Siclone a écrit : l'Eglise n'établit pas ses dogmes dans le domaine de la biologie, de l'anthropologie,…
Les dogmes catholiques concernent uniquement la Foi.
Ce n’est évidemment pas exact si le mot « uniquement » exclut tout ce que la science considère.

La foi considère l’homme dans son intégralité : dans sa dimension spirituelle, bien sûr, mais aussi et non moins dans toute sa réalité corporelle et terrestre dont s’occupe la science.

Il y a bien sûr des affirmations concernant tant la biologie que l’anthropologie dans les dogmes, à commencer par tout ce qui concerne l’incarnation du Christ. Sa conception dans le sein de Marie est un fait biologique. La distinction faite par l’Eglise entre les hommes et les animaux, c’est un fait anthropologique.
Je ne suis pas d'accord. Ce n'est pas l'Eglise qui explique que le sang contient des globules rouges et des globules blancs, par exemple. Et je ne crois pas, ou bien il faudrait me les montrer, qu'il y ait une quelconque affirmation dogmatique qui contienne une vérité devant faire autorité dans le domaine de la biologie, de l'anthropologie, et de n'importe quelle autre science. Si le récit de la Genèse évoque les "luminaires" qui sont aux cieux, par exemple, ce n'est qu'une évocation, ce n'est pas une définition d'un ordre scientifique. Forcément, les récits bibliques sont bien obligés de parler du monde. Mais cela n'en fait pas pour autant un manuel de science. L'objet du récit n'est pas de nous enseigner les sciences, mais uniquement des vérités spirituelles, et rien d'autre. Dieu créa la terre et le ciel, Dieu créa l'homme, Dieu fit le corps de l'homme avec de la glaise, que cela contienne des choses vraies scientifiquement, c'est purement accidentel, ou de l'ordre de l'évocation ou du récit. Mais l'enseignement qui est contenu n'est pas un enseignement portant sur des vérités scientifiques, mais sur des vérités de Foi, des vérités spirituelles. Le monde a été créé par Dieu : voilà l'enseignement. Le centre de cet enseignement, ce qui en fait l'objet essentiel, c'est de délivrer un enseignement spirituel. C'est le seul et unique but visé par cet enseignement. Que cet enseignement contienne des vérités touchant aux science, c'est purement annexe. Elles ne constituent pas le centre de cet enseignement. Elles trouvent ici leur place uniquement parce qu'elles donnent du sens au récit. Et les leçons qu'on en tire sont uniquement axées sur la Foi, à l'exclusion de quoi que ce soit d'autre. Vous me répondez : l'homme est corps et esprit. Oui, et alors ? Cela ne change rien à la question. Le récit biblique évoque tout, si c'est cela que vous voulez dire : l'homme, son corps, son esprit, la terre, le ciel, d'accord ! Mais l'enseignement qui est délivré à partir de là est un enseignement spirituel, qui touche à la Foi, et c'est l'essentiel, c'est seulement cela qui compte. La vie spirituelle inclut la vie du corps et de l'esprit, elle inclut même notre vie sur terre, certes. Mais ce qui oriente tout cela est un enseignement spirituel, et non pas un enseignement scientifique. Autrement, le théorème de Pythagore, la loi universelle de la gravitation et la théorie de la relativité devraient logiquement figurer parmi les dogmes catholiques. Or les dogmes catholiques s'occupent uniquement de Foi, et non de science.
Philémon Siclone a écrit : Elles manifestent bien plus qu'une capacité cérébrale. Elle manifestent un esprit, et c'est surtout cela qui compte.
Ici encore, ne mélangez-vous pas vous-même science et foi. Distinguer l’esprit de l’intelligence concerne la foi. L’intelligence, celle que la science observe et analyse, concerne sans limites toute l’activité cérébrale, y compris les sentiments et les pensées. L’imagerie médicale permet déjà d’objectiver très largement toutes les activités du cerveau.
Non. L'esprit et l'âme ne sont pas la même chose. L'âme est du domaine de la Foi. L'esprit est du domaine de l'humain. On peut être athée et reconnaître l'esprit. L'esprit n'est pas à confondre non plus avec l'intelligence, pas plus qu'avec la pensée ou les sentiment. L'esprit est ce qui anime l'être psychique, la personnalité, et surtout la créativité. Je ne sais pas si la science peut l'observer, je ne suis pas assez compétent pour cela. Mais tout être humain sent en lui-même qu'il possède un esprit qui donne l'orientation générale à tout son être, et qui est en même temps la spécificité de l'humain dans le sens où cet esprit est adonné à l'inventivité, ce dont est dépourvu tout animal qui au contraire n'agit que par instinct. L'esprit humain s'oppose à l'instinct animal, et c'est ce qui le distingue radicalement. En disant tout cela, je n'ai pas empiété d'un seul cm le domaine de la Foi. Après, bien sûr, la Foi peut s'emparer de cette réalité pour méditer sur l'homme, évidemment. Mais c'est une toute autre démarche. Ce que la science permet de connaître, la Foi peut le méditer. Ce n'est pas pour autant que les deux domaines vont se mélanger, et s'ingérer mutuellement.
Nous croyons qu’au delà de toute observation scientifique, il existe une vie spirituelle qui lui échappe. Mais, elle se vit sur terre et s’exprime à travers l’activité cérébrale. Ici encore, le corps et l’esprit ne sont pas dissociés. Il n’y a pas, d’une part, une activité cérébrale examinée par la science et de l’autre une activité spirituelle totalement distincte.
Pas tout à fait exact (et à la limite de l'hérésie, pour le coup) : la vie spirituelle se déroule dans l'âme, surtout. Elle se manifeste aussi dans le corps, mais son lieu privilégié est l'âme. Ceci dit, je saisis votre idée : nous avons un corps, et nous nous en servons pour prier, par exemple, ou pour exprimer les sentiments de dévotion, de compassion, etc. Etre charitable concrètement envers son prochain, c'est aussi à l'aide du corps. Oui, certes. Et alors ? Ce qui anime tout ceci, comme je le disais plus haut, c'est un enseignement spirituel, pas un enseignement scientifique. Je ne prie pas parce que Newton a démontré la Loi de la gravitation. Je prie d'abord parce que j'ai la Foi, je suis guidé en cela par un enseignement spirituel.
La création de l’homme a précisément fusionné corps et esprit, ce qui fait la spécificité de l’être humain.
"fusionné", peut-être pas...
Vous avez tout à fait raison de dire que ce qui compte c’est bien plus que la capacité cérébrale, mais cela implique de ne pas se limiter à la seule observation apparente et scientifique des objets d’art ou d’outillage. On ne peut les considérer que comme des indices par rapport à la vie spirituelle spécifiquement humaine.
Bien sûr que si. Imaginons que j'entre dans l'atelier d'un sculpteur, j'aperçois les oeuvres réalisées, les outils, les chutes, l'oeuvre en cours, j'en déduis que l'auteur de tout ceci est un être humain, et non pas un animal. Parce que je sais qu'aucun animal ne serait pas capable de faire tout ça. L'esprit humain ne reste pas cantonné dans l'esprit : il se manifeste au dehors, et laisse des traces, des indices, via l'ouvrage accompli par la main humaine. Ces indices, donc, en témoignant de l'oeuvre produite par la main humaine, témoignent aussi de l'esprit humain sans lequel elle n'aurait pas été produite.
Attention de ne pas réduire l’intelligence à ce qu’elle signifie au sens de la science, alors que l’intelligence s’étend à la réalité spirituelle.
Vous parliez de "capacité d'abstraction", ou "capacité cérébrale". On ne touche pas, ici, au domaine spirituel, puisqu'on touche uniquement au corps (le cerveau en fait partie).
Philémon Siclone a écrit : Dès l'instant où l'on considère que l'évolution des espèces n'est pas un obstacle à la Foi, il peut bien y avoir eu deux races humaines.
Non. Pas si vous définissez l’homme comme ayant une âme immortelle.

Il me semble que le Christ est semblable à tous les humains, sauf le péché. Cela me semble exclure qu’il y aurait eu des humains d’une autre nature. Accepter cette idée relance d’ailleurs le danger de racisme que vous avez vous-même soulevé.
Pourriez-vous être plus explicite ? J'ai un peu de mal à comprendre. Pourquoi le fait d'admettre l'existence de Néanderthal en tant que race humaine devrait donc relancer le racisme ? Bien au contraire, la reconnaissance de Néanderthal accentue le fait que tous les hommes actuels appartiennent à une seule et même race (Homo Sapiens, ou Cro Magnon) : noirs, blancs, jaunes, appartiennent justement à la même race.
Par ailleurs, le fait que Néanderthal constitue une autre race humaine ne crée pas une autre "nature" humaine pour autant : race humaine et nature humaine ne sont pas synonymes. Il y a en effet une seule nature humaine, et je ne vois pas pourquoi Néanderthal n'y aurait pas sa place.
Philémon Siclone a écrit : Pourquoi cela serait-il absurde ? Pour la science ce n'est pas absurde.
Il me semble que je dois ici vous retourner le grief de confondre science et foi. La science ne dira jamais qu’un être a ou non une âme immortelle.

Pour la science, il y a une continuité dans l’histoire qui ne risque pas de contredire la foi.
La science peut constater deux races. Elle peut les qualifier d’humaines si cela correspond aux critères de la typologie qu’elle retient pour définir un humain.

Mais, en quoi cela peut-il déterminer notre définition basée sur une âme immortelle ?
Mais la Foi ne définit pas l'être humain par rapport à l'animal. Elle le définit par rapport à Dieu. C'est la science qui définit l'homme par rapport à l'animal. Donc, les deux définitions ne se gênent ni ne se touchent.
Nous pouvons situer la création du premier homme, au sens de la foi, à un moment de histoire des « humains » au sens de la science.
A un moment ? Lequel ?
Philémon Siclone a écrit : Ce qui n'est pas absurde pour la science ne doit pas l'être pour la Foi non plus. Qu'est-ce que cela change, fondamentalement ? Ou bien la Foi devient une vision complètement obscurantiste du monde, fermée à toute découverte. Ce n'est pas l'objet principal de la Foi. La Foi est d'abord ce qui nous relie à Dieu. En quoi le fait qu'il y ait eu Néanderthal nous empêcherait de nous fier en Dieu ? Quelle vérité de la Foi pourrait bien être détruite par Néanderthal ?
Et puis, il me semble que la Genèse parle d'une antique race de Géants disparus, fameux hommes très redoutables. Et si c'était un lointain souvenir de notre homme de Néanderthal... ?
Observez que, dans le récit de la genèse, ces géants ne sont pas des humains, des descendants d’Adam et Eve.
Mais, leur interfécondité avec des femmes humaines fait effectivement penser à des préhumains qui pourraient correspondre à des néanderthaliens.
Mais... la Genèse ne dit pas qu'ils ne sont pas humains. Au contraire : viri famosi, "hommes fameux". De plus, le texte les dit nés des "fils de Dieu". L'expression "fils de Dieu" ne peut en aucun cas désigner des animaux ni même des "préhumains". J'espère qu'on est d'accord...
Philémon Siclone a écrit : Pourquoi ? L'homme a très bien pu vivre longtemps dans une certaine communion spirituelle avec Dieu qui lui suffisait… On peut justement envisager que l'homme préhistorique avait une telle spiritualité que le progrès technique lui était inutile.
Il me semble que le récit du péché originel écarte cette hypothèse. Les humains ont précisément perdu la vie spirituelle dont ils disposaient avant la chute et leur intelligence a été recouverte d’un vêtement de peau.
D'abord, cette proposition d'Origène a été rejetée par l'Eglise : le vêtement de peau donné par Dieu à Adam et Eve n'est pas la peau humaine dont nous sommes revêtus. Ensuite, même une fois sortis du paradis, rien ne permet de dire qu'Adam a perdu complètement la vie spirituelle qui l'animait. Et de fait, la vie spirituelle existe en chacun d'entre nous. En revanche, la perception de cette spiritualité s'est affaiblie, dès l'instant où est consommé le fruit défendu. Déjà, la perte de l'innocence est le premier signe manifeste de cet affaiblissement. Rien n'interdit de penser que cet affaiblissement s'est poursuivi progressivement sur la même pente après la sortie d'Eden. On peut même faire le raisonnement qu'étant de plus en plus occupé à ses découvertes et à ses nouvelles occupations, l'homme était de moins en moins disponible à la contemplation de Dieu, ce qui va finalement dans le droit fil du Péché originel : accéder à la connaissance et se couper de Dieu. Mais en sortant d'Eden, l'homme est encore relativement proche de Dieu, et reste dans un état contemplatif, sauf qu'il doit faire l'effort de trouver sa subsistance. Lorsque survient le premier meurtre (Abel et Caïn), il connaît une nouvelle dégradation de son être spirituel, que laissait déjà entrevoir le sacrifice non agréé de Caïn. Après cela, Caïn bâtit la première ville. Et c'est sa descendance qui découvre les arts et l'industrie, alors que la descendance de Seth, remplaçant d'Abel, notamment Henoch, puis Noé, "marche avec Dieu"... Ce n'est certainement pas un hasard.

Le fait que l'humanité reste donc longtemps proche de Dieu, et ne veuille pas s'éloigner trop vite d'Eden, n'a rien d'absurde. Le fait d'être chassé d'Eden représente déjà une catastrophe immense. Je n'imagine pas Adam, après cela, se consacrer avec précipitation à se couper encore plus de Dieu. Au contraire, on imagine fort bien les soupirs, la nostalgie d'Eden, l'attachement au Paradis terrestre. De plus la décroissance progressive des longévités humaines (900 ans, 800 ans, 700 ans, etc...) indique bien une succession de périodes de plus en plus courtes, où l'on peut imaginer que la proximité avec Dieu se dégrade progressivement. Le début de la Genèse nous raconte l'éloignement entre les hommes et Dieu. Pourquoi cet éloignement n'aurait pas été progressif ?

Maintenant, au point de vue purement factuel, scientifique, je ne vois pas ce qui empêche non plus que l'homme ait évolué lentement au début. Déjà, au niveau de l'expérience individuelle, chacun peut voir dans ses propres apprentissages que le début est toujours lent, et que lorsque la maîtrise vient, on se met tout à coup à accomplir de grandes choses. En musique, par exemple, il faut faire longtemps des gammes et des arpèges avant de travailler des morceaux, qui seront de plus en plus virtuoses ensuite.

De plus, comme je vous le disais dans un autre message, vous pouvez voir que le progrès ne cesse de s'accélerer. Voyez à quelle vitesse nous avons évolué depuis 50 ans. Maintenant comparez avec une autre période de l'histoire : quel a été le progrès entre 1700 et 1750, par exemple ? Prenons une période plus longue : 200 ans. Voyez le progrès réalisé depuis 200 ans. Vertigineux, n'est-ce pas ? Comparons : quel progrès fut accompli entre l'an 800 et l'an 1000, par exemple ? Etc. Vous convenez avec moi, j'espère que l'humanité progresse en accélérant progressivement dans ses découvertes. Donc, rien d'étonnant que les débuts aient été si lents.

Car avec ce même raisonnement, on pourrait dire (ce serait aussi arbitraire) que le signe le plus évident de l'humanité est sa capacité à construire des machines. Après tout, pourquoi pas ? Donc, l'être humain ne naît réellement qu'à l'ère industrielle. Ceux d'avant sont des "préhumains", car l'homme, avec la capacité d'abstraction qui est la sienne, n'a pu rester longtemps (de 3000 av. JC jusqu'au 19e s., soit près de 5000 ans) sans inventer des machines.

Evidemment, ce raisonnement est à fort relents nietzschéens (surhomme, etc.) : la technique prouve l'humanité. Philosophie à laquelle je m'oppose complètement.
Anima nostra sicut passer erepta est de laqueo venantium
Laqueus contritus est, et nos liberati sumus

Notre âme s'est échappée comme un passerau du filet de l'oiseleur,
Le filet s'est rompu, et nous avons été délivrés.
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jpm
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Re: L’homme préhistorique a-t-il existé ?

Message non lu par jpm »

"D'abord, cette proposition d'Origène a été rejetée par l'Eglise : le vêtement de peau donné par Dieu à Adam et Eve n'est pas la peau humaine dont nous sommes revêtus."
[/quote]

Exact, la traduction littérale dit: enceinte organique : 3.21: ...chi-thenôth.... . La racine ThN, dont dérive le substantif pluriel dont il est question, développe toute idée de substance ajoutée ou de corporiété de plus en plus grande. s'appliquant à Adam, un "être" double.....

Déjà, les hellénistes traduisaient : des tuniques....

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"Non. L'esprit et l'âme ne sont pas la même chose. L'âme est du domaine de la Foi. L'esprit est du domaine de l'humain. On peut être athée et reconnaître l'esprit. L'esprit n'est pas à confondre non plus avec l'intelligence, pas plus qu'avec la pensée ou les sentiment. L'esprit est ce qui anime l'être psychique, la personnalité, et surtout la créativité.[/quote]

Parole d'athée: l'âme étant le principe même de la pensée (de l'entendement harmonique) n'apparient pas au domaine de la foi ou de l'intime conviction.
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Xavi
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Re: L’homme préhistorique a-t-il existé ?

Message non lu par Xavi »

Bonsoir Philémon,

Merci d’approfondir avec beaucoup d’attention ce dialogue fort riche.

Il me semble qu’il avance et explore beaucoup d’aspects même si nous avons difficile à éviter les répétitions.

Il y a bien sûr beaucoup de réflexions exactes sur lesquelles nous sommes bien d’accord mais il faut essayer de ne pas trop noyer les opinions délicates à discuter sous un grand nombre de bonnes paroles justes. Le fait de dire beaucoup de choses exactes ne permet en rien d’en déduire l’exactitude ce qui est réellement discuté.

Nous partageons la même foi chrétienne et nous réfléchissons à un mystère qui n’est qu’effleuré par la Genèse qui nous donne une parole sur l’essentiel.

Pour le reste, il faut approfondir nos différences d’approche.

Elles concernent surtout l’articulation entre la science et la foi, mais, en réalité, elle concerne plus profondément l’articulation entre le corporel et le spirituel.

Là où vous estimez que je considère trop la science, je considère qu’au contraire, vous ne lui laissez pas la place qu’elle doit avoir et c’est toute la place du corps qui me semble en cause.

Beaucoup de considérations de votre dernier et long message ont déjà fait l’objet de réponses dans mes messages précédant et il serait aussi lourd qu’inutile de tenter une nouvelle répétition en d’autres mots à ce stade.
Philémon Siclone a écrit : la science ne fait qu'observer ce qu'est un être humain, tel qu'elle le voit aujourd'hui, et établir une définition à partir de cette observation, ce qui correspond à la méthode d'investigation scientifique.
La Foi … ne donne de l'homme ou de l'animal aucune définition de type scientifique…
Inversement, si la Science dit : l'homme se différencie de l'animal par le fait qu'il marche debout, la Foi ne peut pas s'en mêler, que ce soit pour approuver ou pour désapprouver, car cela ne regarde pas son propre champ d'application.
Comme le rôle de la Science est d'observer et de déduire, la Foi ne peut pas remettre en cause ses conclusions sans nier la faculté même d'observer et de déduire, ce qui serait nier la Science tout court. Alors, la Foi remplacerait la Science, et l'homme serait privé de sa faculté de connaître le monde par l'observation et la déduction.
Exact.
Philémon Siclone a écrit : La Foi dit seulement que cet être appelé homme possède une âme… C'est une question d'articulation entre Foi et Science. La Science observe l'existence d'êtres humains dans tel lieu à tel moment (peu importe le lieu et le moment). La Foi ne peut qu'indiquer que ces êtres humains ont nécessairement une âme, puisque tout être humain, d'après la Foi, possède une âme.
Vous confondez ici science et foi, alors que vous voulez l’éviter.
La foi ne se base pas et ne dépend pas de « cet » être appelé « homme » par la science. La définition de l’homme par la foi, avec la prise en compte de son âme immortelle, ne se base pas sur celle de la science. Elle ne dépend pas de la définition de la science et de ses limites. Ce n’est pas parce que la science utilise la notion d’ « homme préhistorique » que la foi affirme que l’homo erectus ou l’australopithèque sont des descendants d’Adam et Eve, des êtres ayant une âme immortelle.

Ici, je ne peux que confirmer que vous confondez science et foi.
Philémon Siclone a écrit : Donc, Science et Foi s'exercent dans deux champs d'application très distincts. La Science ne se mêle pas de Foi, et la Foi ne se mêle pas de Science.
Même confusion, me semble-t-il.

C’est paradoxal : à vouloir distinguer excessivement science et foi, vous aboutissez, en fait, à les confondre, à ne plus savoir de quoi vous parlez : de l’homme selon la science ou de l’homme selon la foi.

Vous semblez considérer que tout être que la science considère comme un « homme » a nécessairement une âme immortelle et doit être considéré comme un homme par la Foi, même l’homo erectus.

Elle aboutit à soutenir que Adam et Eve doivent être situés dans le temps plus loin que les hominidés les plus anciens que la science considère comme des hommes. Cela me semble mener un tel point de vue dans une impasse car le cerveau de ces êtres préhistoriques ne ressemble guère au notre.
Philémon Siclone a écrit : Si la Foi parle d'évènements miraculeux, la Science répond : c'est du merveilleux, car elle ne peut pas les constater ni les définir dans son domaine spécifique. Et elle a raison. Le miraculeux est merveilleux, d'un point de vue scientifique. C'est la Foi qui dit : c'est vrai, nous y croyons. La Science dit simplement : c'est du merveilleux, sans aller au-delà. Elle ne va pas jusqu'à dire : c'est faux, nous n'y croyons pas, parce qu'alors, elle se mêlerait de Foi, et ce n'est pas son rôle.
Désolé, Philémon, mais je ne peux pas vous suivre.

C’est tout à fait inexact. La science peut constater les miracles. Ils sont des faits concrets, objectivement et scientifique constatables par tout observateur scientifique. Ce n’est pas du « merveilleux ». Pour la science, ce sont des faits réels et concrets mais non explicables en l’état de ses connaissances. Seule l’explication d’un miracle échappe à la science, mais non le fait.

Un miracle se compose d’un fait inexpliqué et inexplicable que le croyant attribue à une action spirituelle ou divine.

C’est souvent là que réside la confusion. La foi ne se soucie guère des explications mais elle considère pleinement les faits. La science considère les mêmes faits mais essaye aussi de les expliquer.
Philémon Siclone a écrit : Ce qui me permet, d'ailleurs, de glisser un nouvel élément qui me vient à l'esprit. Vous distinguez 3 types d'êtres : humains / préhumains / animaux, en disant que seuls les 1ers ont une âme. Mais la Foi ne connaît que 2 types d'êtres : humains et animaux. Il n'existe pas de préhumains, d'après la Foi. Les prehumains n'ont donc pas de statut particulier, du point de vue de la Foi. Donc, votre système repose nécessairement sur un remaniement du dogme catholique. Or, a-t-on autorité pour faire cela ?
La foi chrétienne, selon les enseignements des derniers papes n’exclut pas la provenance du corps de l’homme par des évolutions et mutations biologiques, ce qui suppose nécessairement des préhumains dans la lignée historique.

Il n’est pas faux de considérer qu’ils ont constitué, sur le plan biologique, une espèce animale semblable aux autres, mais on ne peut pas les considérer sans nuance comme des « animaux » si on les considère comme formant avec les hommes une même lignée.

Tout dépend de la typologie que vous choisissez : si toutes les créatures animées qui n’ont pas d’âme immortelle sont des « animaux », vous placez les préhumains dans cette catégorie.
Philémon Siclone a écrit : Forcément, les récits bibliques sont bien obligés de parler du monde. Mais cela n'en fait pas pour autant un manuel de science. L'objet du récit n'est pas de nous enseigner les sciences, mais uniquement des vérités spirituelles, et rien d'autre.
Vous partez toujours des mêmes évidences (la science se base sur ses propres définitions et ses propres démarches, pas sur la Bible, et inversement la Bible n’est pas « un enseignement scientifique » puisqu’elle se base sur l’inspiration et non uniquement sur des observations et des analyses scientifiques) pour en déduire que, par rapport aux faits scientifiquement observables de multiples récits, elle contiendrait « uniquement » des vérités spirituelles.

Vous admettez qu’elle contient « des choses vraies scientifiquement », mais vous estimez que c’est « purement accidentel » et que son enseignement « spirituel » est « le seul et unique but visé par cet enseignement ».

Mais, dans votre long message, vous redites cependant avec justesse que « La vie spirituelle inclut la vie du corps et de l'esprit, elle inclut même notre vie sur terre, certes ».

Vous avez une très belle phrase dans votre message : « Ce que la science permet de connaître, la Foi peut le méditer. » 100 % d’accord.

Vous ajoutez que « Ce n'est pas pour autant que les deux domaines vont se mélanger, et s'ingérer mutuellement ». Tout aussi exact.
Philémon Siclone a écrit :
Xavi a écrit : Nous croyons qu’au delà de toute observation scientifique, il existe une vie spirituelle qui lui échappe. Mais, elle se vit sur terre et s’exprime à travers l’activité cérébrale. Ici encore, le corps et l’esprit ne sont pas dissociés. Il n’y a pas, d’une part, une activité cérébrale examinée par la science et de l’autre une activité spirituelle totalement distincte.
Pas tout à fait exact (et à la limite de l'hérésie, pour le coup) : la vie spirituelle se déroule dans l'âme, surtout. Elle se manifeste aussi dans le corps, mais son lieu privilégié est l'âme.
La Genèse me semble donner une perspective fondamentale : l’âme est le produit de l’esprit dans un corps. Il n’y a pas d’âme humaine sans corps. C’est l’esprit insufflé par Dieu dans chaque corps, y compris toutes les caractéristiques terrestres, psychologiques et mentales de chaque cerveau particulier, qui fait exister chaque âme.

Vous me semblez vouloir toujours affaiblir ou réduire la place du corps dans la réalité humaine. L’âme réunit le corps et l’esprit. Bien sûr que la vie spirituelle « se déroule dans l’âme », mais l’âme ne me paraît pas comme son « lieu » privilégié, c’est, au contraire, de l’union de l’esprit et du corps que naît l’âme.
Philémon Siclone a écrit : Ceci dit, je saisis votre idée : nous avons un corps, et nous nous en servons pour prier, par exemple, ou pour exprimer les sentiments de dévotion, de compassion, etc. Etre charitable concrètement envers son prochain, c'est aussi à l'aide du corps. Oui, certes.
Ce n’est pas l’aspect spécifique de mon idée, même si ce que vous dites est bien sûr exact.

Mais, le corps n’est pas uniquement un objet dont on se sert. Nous sommes notre corps insufflé par l’esprit qui vient de Dieu.

Même lorsque notre corps meurt, notre âme dans la réalité spirituelle invisible garde en elle la marque de son corps. Ce corps pourra ressusciter dans un « matériau » qui pourra être différent, mais ce sera toujours bien notre corps, celui qui correspond à notre âme.
Philémon Siclone a écrit : Imaginons que j'entre dans l'atelier d'un sculpteur, j'aperçois les oeuvres réalisées, les outils, les chutes, l'oeuvre en cours, j'en déduis que l'auteur de tout ceci est un être humain, et non pas un animal. Parce que je sais qu'aucun animal ne serait pas capable de faire tout ça. L'esprit humain ne reste pas cantonné dans l'esprit : il se manifeste au dehors, et laisse des traces, des indices, via l'ouvrage accompli par la main humaine. Ces indices, donc, en témoignant de l'oeuvre produite par la main humaine, témoignent aussi de l'esprit humain sans lequel elle n'aurait pas été produite.
C’est ainsi votre connaissance, le résultat d’observations et d’analyses scientifiques, qui vous semble déterminant.

Personnellement, cela me paraît insuffisant. Cela reste uniquement des indices qui laissent la réflexion ouverte.
Philémon Siclone a écrit :
Xavi a écrit : Il me semble que le Christ est semblable à tous les humains, sauf le péché. Cela me semble exclure qu’il y aurait eu des humains d’une autre nature. Accepter cette idée relance d’ailleurs le danger de racisme que vous avez vous-même soulevé.
Pourriez-vous être plus explicite ? J'ai un peu de mal à comprendre. Pourquoi le fait d'admettre l'existence de Néanderthal en tant que race humaine devrait donc relancer le racisme ?
Admettre qu’il y aurait eu dans la nature deux espèces humaines ouvre la porte à des comparaisons avec des inférieurs et des supérieurs, ce qui est la base du racisme.
Philémon Siclone a écrit : Par ailleurs, le fait que Néanderthal constitue une autre race humaine ne crée pas une autre "nature" humaine pour autant : race humaine et nature humaine ne sont pas synonymes. Il y a en effet une seule nature humaine, et je ne vois pas pourquoi Néanderthal n'y aurait pas sa place.
Parce que les corps sont différents. On en revient toujours à votre perception réduisant l’importance du corps : vous admettez que la nature humaine pourrait exister avec des corps d’espèces différentes. Comme si l’âme humaine n’était pas lié à l’espèce biologique humaine, mais qu’elle existait indépendamment.

Vous semblez considérer que Dieu aurait pu créer chaque âme dans n’importe quel corps. Celui d’un poisson ou d’un singe, par exemple. Ce n’est pas le cas. L’âme n’existe pas sans le corps. L’âme est créée par l’esprit insufflé dans le corps humain spécifiquement façonné par Dieu. Deux corps différents donneront deux âmes différentes.
Philémon Siclone a écrit :
Xavi a écrit : Pour la science, il y a une continuité dans l’histoire qui ne risque pas de contredire la foi.
La science peut constater deux races. Elle peut les qualifier d’humaines si cela correspond aux critères de la typologie qu’elle retient pour définir un humain.
Mais, en quoi cela peut-il déterminer notre définition basée sur une âme immortelle ?
Mais la Foi ne définit pas l'être humain par rapport à l'animal. Elle le définit par rapport à Dieu. C'est la science qui définit l'homme par rapport à l'animal. Donc, les deux définitions ne se gênent ni ne se touchent.
C’est exact, mais vos diverses affirmations exactes imposent de constater qu’indirectement, la Foi retient une indication sur la différence entre l’homme (qui a une âme immortelle) et l’animal (qui n’en a pas).
Philémon Siclone a écrit : la Genèse parle d'une antique race… la Genèse ne dit pas qu'ils ne sont pas humains. Au contraire : viri famosi, "hommes fameux". De plus, le texte les dit nés des "fils de Dieu". L'expression "fils de Dieu" ne peut en aucun cas désigner des animaux ni même des "préhumains". J'espère qu'on est d'accord...
Il me semble que le mot « viri » que vous mettez en avant est une traduction latine qui indique la masculinité mais le texte distingue clairement ces êtres des filles « des hommes ». Il peut s’agir de préhumains, créatures masculines de Dieu, mais non d’humains, descendants d’Adam et Eve.

Pour le reste, vos pensées sur l’évolution progressive du mal dans l’humanité et sur la lenteur des progrès humains sont assez ouvertes. En principe, nous sommes largement d’accord, mais il est vrai, que la lenteur de l’évolution que vous admettez ne me paraît pas convaincante.
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Message non lu par philémon.siclone »

Xavi a écrit : Exact.
Philémon Siclone a écrit : La Foi dit seulement que cet être appelé homme possède une âme… C'est une question d'articulation entre Foi et Science. La Science observe l'existence d'êtres humains dans tel lieu à tel moment (peu importe le lieu et le moment). La Foi ne peut qu'indiquer que ces êtres humains ont nécessairement une âme, puisque tout être humain, d'après la Foi, possède une âme.
Vous confondez ici science et foi, alors que vous voulez l’éviter.
La foi ne se base pas et ne dépend pas de « cet » être appelé « homme » par la science. La définition de l’homme par la foi, avec la prise en compte de son âme immortelle, ne se base pas sur celle de la science. Elle ne dépend pas de la définition de la science et de ses limites. Ce n’est pas parce que la science utilise la notion d’ « homme préhistorique » que la foi affirme que l’homo erectus ou l’australopithèque sont des descendants d’Adam et Eve, des êtres ayant une âme immortelle.

Ici, je ne peux que confirmer que vous confondez science et foi.
Non, justement. Je fais bien la part des choses.
La Foi dit : tout homme possède une âme.
La Science dit : tel être vivant est un être humain.
Et c'est tout.
La Foi ne s'occupe pas de dire : l'être humain né à tel endroit et à tel époque possède une âme. Non, elle n'entre pas dans ces considérations. Elle dit seulement : tout être humain possède une âme. C'est tout ce que la Foi dit. La Foi ne dit rien d'autre. ça reste général, universel. Ce n'est pas la Foi qui définit ce qu'est un être humain d'après des critères scientifiques. C'est la science qui le fait.

Alors qu'au contraire, vous dites :
La Science définit telle créature comme être humain.
Mais en réalité elle se trompe, car la Foi est mieux placée pour dire si telle créature est humaine ou non, le critère déterminant étant la possession d'une âme immortelle.
Mais comment la Science peut-elle constater qu'un être possède une âme immortelle ou pas ? C'est impossible, ce n'est pas de son domaine de constater de telles choses.
Alors, vous revenez à la charge en disant, d'autorité :
"Tout être connaissant le langage, et découvrant l'écriture dans un laps de temps inférieur à 5000 ans, ainsi que le calcul et la pratique religieuse, fait la preuve qu'il possède une âme immortelle, et peut donc être reconnu comme être humain." Vous définissez une loi qui obéit à un mélange de Foi et de Science, nécessairement, la Science étant ici subordonnée à la Foi.

Alors que de mon côté, je fais bien la part des choses, je ne mélange pas les deux. Chacun s'exerce dans son propre domaine sans être ingéré par l'autre.
Philémon Siclone a écrit : Donc, Science et Foi s'exercent dans deux champs d'application très distincts. La Science ne se mêle pas de Foi, et la Foi ne se mêle pas de Science.
Même confusion, me semble-t-il.

C’est paradoxal : à vouloir distinguer excessivement science et foi, vous aboutissez, en fait, à les confondre, à ne plus savoir de quoi vous parlez : de l’homme selon la science ou de l’homme selon la foi.

Vous semblez considérer que tout être que la science considère comme un « homme » a nécessairement une âme immortelle et doit être considéré comme un homme par la Foi, même l’homo erectus.

Elle aboutit à soutenir que Adam et Eve doivent être situés dans le temps plus loin que les hominidés les plus anciens que la science considère comme des hommes. Cela me semble mener un tel point de vue dans une impasse car le cerveau de ces êtres préhistoriques ne ressemble guère au notre.
Je vois quelle attitude vous me prêtez. Selon vous je subordonnerais la Foi à la Science, où c'est la Science qui déciderait quel homme possède une âme. En fait, je crois que vous m'attribuez votre propre façon de regarder le monde. Lorsque je rencontre un être humain, à quoi sais-je que c'est un être humain ? Ben, en le reconnaissant visuellement. J'ai déjà vu un être humain, je sais à quoi il ressemble, je sais en reconnaître quand j'en vois un. Pour cela, je me sers de mes yeux, de ma mémoire, de mon oreille, bref, de ma propre investigation scientifique, quoique sommaire. Un scientifique s'y prendrait de la même façon, mais en poussant plus loin la méthode. Donc, me suis-je mis avant la Foi pour décider que mon collègue de bureau possèdait une âme ?

Ensuite, vous vous demandez comment on va faire, avec cette méthode, pour situer Adam dans le temps. C'est justement parceque le point de départ de votre réflexion consiste à vouloir situer Adam à tout prix dans le temps historique connu, à partir d'une lecture scientiste de la Genèse, que vous avez élaboré toute cette théorie qui va jusqu'à remettre la Science en cause. Mais, de mon côté, je n'entre pas du tout dans ce genre de considérations. Voilà ce que je n'arrive pas à vous faire comprendre : je ne cherche pas à situer Adam dans le temps. On ne peut pas lire, selon moi, la Genèse de façon scientiste. C'est un texte spirituel avant tout. Je n'ai pas du tout la préoccupation que vous avez sur l'historicité matérielle des évènements bibliques. En fait, comment vous le dire : je trouve que cette considération n'apporte rien du tout à la réflexion spirituelle. Alors, bien sûr, Adam a existé, et nous sommes bien issus historiquement du couple Adam et Eve, d'accord, et c'est aussi ce que dit le CEC, pour bien que chacun sache qu'il ne s'agit pas de symboles ni de chimères. Mais après, comment tout cela s'est produit très exactement, au point de vue historique et matériel, nous n'en savons rien, honnêtement. Peut-être le saurons-nous un jour (grâce à la génétique ?), mais quand bien même : qu'en aurons-nous de plus ? Rien ! Car il y aura toujours une réalité mystérieuse que nous ne pourrons jamais atteindre, scientifiquement.

Enfin, pourquoi Adam et Eve n'auraient pas été différents de nous ? Aujourd'hui, il y a des noirs, des blancs, des jaunes. A votre avis, Adam était-il blanc, noir ou jaune ? Vous voyez, de toute façon, il ne nous ressemblait pas, et on voit, rien qu'à l'apparence très variée des hommes aujourd'hui, que l'humanité a évolué. En quoi serait-ce choquant pour la Foi ? En rien ! Et cela n'a strictement aucune importance... Vous dites : le Christ devait ressembler à Adam. Sauf que le Christ était juif, dans sa peau humaine et historique. Adam était-il juif ? Non. Vous voyez, cette théorie ne tient pas.


Philémon Siclone a écrit : Ce qui me permet, d'ailleurs, de glisser un nouvel élément qui me vient à l'esprit. Vous distinguez 3 types d'êtres : humains / préhumains / animaux, en disant que seuls les 1ers ont une âme. Mais la Foi ne connaît que 2 types d'êtres : humains et animaux. Il n'existe pas de préhumains, d'après la Foi. Les prehumains n'ont donc pas de statut particulier, du point de vue de la Foi. Donc, votre système repose nécessairement sur un remaniement du dogme catholique. Or, a-t-on autorité pour faire cela ?
La foi chrétienne, selon les enseignements des derniers papes n’exclut pas la provenance du corps de l’homme par des évolutions et mutations biologiques, ce qui suppose nécessairement des préhumains dans la lignée historique.

Il n’est pas faux de considérer qu’ils ont constitué, sur le plan biologique, une espèce animale semblable aux autres, mais on ne peut pas les considérer sans nuance comme des « animaux » si on les considère comme formant avec les hommes une même lignée.

Tout dépend de la typologie que vous choisissez : si toutes les créatures animées qui n’ont pas d’âme immortelle sont des « animaux », vous placez les préhumains dans cette catégorie.
Si l'on croit dans cette théorie où l'âme est transmise à l'animal pour donner l'homme, alors le basculement ne peut s'accomplir qu'au moment où l'animal cesse de se comporter en animal pour commencer à développer un comportement humain, qui n'est donc plus instinctif, mais inventif, créateur, basé sur l'apprentissage et la transmission, donc dès le moment où cet être commence à tailler des pierre, qui est véritablemement l'activité fondatrice de toute l'activité industrieuse humaine. Ce que nous savons aujourd'hui remonte dans cette lignée de l'apprentissage et de la découverte, à l'activité des hommes préhistoriques qui taillaient des pierres, ce qu'un animal ne peut pas faire. Donc, il s'agissait bien d'êtres humains.



Philémon Siclone a écrit : Imaginons que j'entre dans l'atelier d'un sculpteur, j'aperçois les oeuvres réalisées, les outils, les chutes, l'oeuvre en cours, j'en déduis que l'auteur de tout ceci est un être humain, et non pas un animal. Parce que je sais qu'aucun animal ne serait pas capable de faire tout ça. L'esprit humain ne reste pas cantonné dans l'esprit : il se manifeste au dehors, et laisse des traces, des indices, via l'ouvrage accompli par la main humaine. Ces indices, donc, en témoignant de l'oeuvre produite par la main humaine, témoignent aussi de l'esprit humain sans lequel elle n'aurait pas été produite.
C’est ainsi votre connaissance, le résultat d’observations et d’analyses scientifiques, qui vous semble déterminant.

Personnellement, cela me paraît insuffisant. Cela reste uniquement des indices qui laissent la réflexion ouverte.
Vous pourriez donc douter que votre voisine de palier possède une âme, puisque vous n'avez que des indices scientifiques de son humanité, ce qui est parfaitement insuffisant.

Philémon Siclone a écrit :Pourriez-vous être plus explicite ? J'ai un peu de mal à comprendre. Pourquoi le fait d'admettre l'existence de Néanderthal en tant que race humaine devrait donc relancer le racisme ?
Admettre qu’il y aurait eu dans la nature deux espèces humaines ouvre la porte à des comparaisons avec des inférieurs et des supérieurs, ce qui est la base du racisme.
En quoi ? Je ne saisis pas du tout le raisonnement.
Philémon Siclone a écrit : Par ailleurs, le fait que Néanderthal constitue une autre race humaine ne crée pas une autre "nature" humaine pour autant : race humaine et nature humaine ne sont pas synonymes. Il y a en effet une seule nature humaine, et je ne vois pas pourquoi Néanderthal n'y aurait pas sa place.
Parce que les corps sont différents. On en revient toujours à votre perception réduisant l’importance du corps : vous admettez que la nature humaine pourrait exister avec des corps d’espèces différentes. Comme si l’âme humaine n’était pas lié à l’espèce biologique humaine, mais qu’elle existait indépendamment.

Vous semblez considérer que Dieu aurait pu créer chaque âme dans n’importe quel corps. Celui d’un poisson ou d’un singe, par exemple. Ce n’est pas le cas. L’âme n’existe pas sans le corps. L’âme est créée par l’esprit insufflé dans le corps humain spécifiquement façonné par Dieu. Deux corps différents donneront deux âmes différentes.
La Science s'occuperait-elle de définir l'âme ? J'aimerais bien trouver un texte, par exemple parmi les enseignements de St Thomas, faisant la démonstration de ce que vous dites. Nous ne sommes pas en train de parler de singes ni de poissons, mais de l'évolution humaine. Et le fait d'avoir eu telle partie du corps plus comme ça, et telle autre plus comme ceci, je ne vois pas en quoi cela pourrait changer la nature de l'âme. En quoi le fait que l'homme aurait changé physiquement vous pose tant de problèmes ?
C’est exact, mais vos diverses affirmations exactes imposent de constater qu’indirectement, la Foi retient une indication sur la différence entre l’homme (qui a une âme immortelle) et l’animal (qui n’en a pas).
Ce qui ne veut pas dire que la Foi va tenter d'évaluer l'appartenance à la race humaine à partir d'indices de possession d'une âme. Car c'est le chemin que vous essayez de suivre : déterminer si, à partir d'indice, telle créature possède une âme, pour pouvoir ensuite décider si elle est humaine ou non. Or, personne n'est en mesure d'établir une qualité d'indice permettant incontestablement de reconnaître la possession d'une âme.
La Science ne le fait pas : elle ne s'occupe pas de l'âme (domaine de la Foi).
La Foi ne le fait pas : elle ne s'occupe pas d'indices (domaine de la Science).
Cependant, vous voulez utiliser des indices (domaine de la science) pour déterminer l'âme (domaine de la Foi).

Philémon Siclone a écrit : la Genèse parle d'une antique race… la Genèse ne dit pas qu'ils ne sont pas humains. Au contraire : viri famosi, "hommes fameux". De plus, le texte les dit nés des "fils de Dieu". L'expression "fils de Dieu" ne peut en aucun cas désigner des animaux ni même des "préhumains". J'espère qu'on est d'accord...
Il me semble que le mot « viri » que vous mettez en avant est une traduction latine qui indique la masculinité mais le texte distingue clairement ces êtres des filles « des hommes ». Il peut s’agir de préhumains, créatures masculines de Dieu, mais non d’humains, descendants d’Adam et Eve.
Non non non, je regrette. Relisez le passage, je vous prie. "Vir" ne désigne en aucun cas un animal, même de sexe masculin, mais bien un "HOMME". Et le mot "Fils" encore moins. Et encore moins l'expression "Fils de Dieu". On ne peut pas non plus trafiquer les textes à sa convenance. Si on part de la Genèse comme d'un livre indiscutable scientifiquement, on doit tout accepter. Mais si la Genèse est un récit naïf, comme raconté par un enfant qui ne sait pas très bien ce qu'il dit, alors il vaut peut-être mieux arrêter d'en parler. ça devient interprétable dans tous les sens, ce qui ne représente plus grand intérêt.
En principe, nous sommes largement d’accord, mais il est vrai, que la lenteur de l’évolution que vous admettez ne me paraît pas convaincante.
Pourquoi ?
Anima nostra sicut passer erepta est de laqueo venantium
Laqueus contritus est, et nos liberati sumus

Notre âme s'est échappée comme un passerau du filet de l'oiseleur,
Le filet s'est rompu, et nous avons été délivrés.
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Re: L’homme préhistorique a-t-il existé ?

Message non lu par Xavi »

Bonjour Philémon,

Notre échange devient fort complet entre nous et pour ceux qui nous lisent.

Sauf à me répéter, je ne peux plus ajouter grand chose, même si je constate toujours des incompréhensions et pas seulement des désaccords.
Philémon Siclone a écrit :le point de départ de votre réflexion consiste à vouloir situer Adam à tout prix dans le temps historique connu, … je ne cherche pas à situer Adam dans le temps…
Adam a existé, et nous sommes bien issus historiquement du couple Adam et Eve, d'accord, et c'est aussi ce que dit le CEC, pour bien que chacun sache qu'il ne s'agit pas de symboles ni de chimères … il y aura toujours une réalité mystérieuse que nous ne pourrons jamais atteindre, scientifiquement
Vous résumez bien ainsi nos différences et les limites dans lesquelles nos réflexions sont possibles.

Par contre, il subsiste de l’incompréhension lorsque vous m’attribuez des propos que je n’ai pas tenus mais que vous reformulez à votre manière.
Philémon Siclone a écrit : vous dites : La Science définit telle créature comme être humain. Mais en réalité elle se trompe
Je n’ai pas écrit que la science « se trompe », ce qui n’a pas de sens dans notre échange. La science opère selon ses propres critères.
Philémon Siclone a écrit :Alors, vous revenez à la charge en disant, d'autorité : "Tout être connaissant le langage, et découvrant l'écriture dans un laps de temps inférieur à 5000 ans, ainsi que le calcul et la pratique religieuse, fait la preuve qu'il possède une âme immortelle, et peut donc être reconnu comme être humain."
Je n’ai jamais parlé de « preuve », mais uniquement d’éléments de réflexion ou d’indices surtout par rapport à la capacité cérébrale d’une conscience religieuse et d’une pratique religieuse.
Philémon Siclone a écrit :Si l'on croit dans cette théorie où l'âme est transmise à l'animal pour donner l'homme…
Vous répétez sans cesse une théorie qui exclut l’existence de préhumains pour diviser les créatures animées en animaux ou humains, ce qui est vrai aujourd’hui.

Dans une lignée biologique de l’humanité, on trouve probablement, il y a un ou deux milliards d’années, des ensembles de cellules formant un être préhumain animé très rudimentaire n’ayant vécu que très peu de temps durant lesquels ces ensembles ont connu une conception, une reproduction, puis une fin de vie.

A cet égard, il est clair que vous ne partagez pas le même intérêt sur la question du passage d’un préhumain (sans personnalité immortelle) à l’humain.

Je ne vais pas reprendre tout ce que j’ai déjà écrit sur l’importance de la réalité historique et corporelle pour la vie spirituelle elle-même, pour la compréhension de ce qu’est l’homme, de sa vocation, de son salut, et pour la compréhension du Christ lui-même. Ce n’est pas directement le sujet.
Philémon Siclone a écrit : Vous pourriez donc douter que votre voisine de palier possède une âme, puisque vous n'avez que des indices scientifiques de son humanité, ce qui est parfaitement insuffisant
Il n’y a aucun doute sérieux possible.
Philémon Siclone a écrit : La Science s'occuperait-elle de définir l'âme ?
Evidemment, non.

J’ai écrit que « Admettre qu’il y aurait eu dans la nature deux espèces humaines ouvre la porte à des comparaisons avec des inférieurs et des supérieurs, ce qui est la base du racisme. » et vous répondez « En quoi ? Je ne saisis pas du tout le raisonnement. »
Désolé pour votre incompréhension, mais je ne vois pas ce que je pourrais expliquer de plus.
Philémon Siclone a écrit : Car c'est le chemin que vous essayez de suivre : déterminer si, à partir d'indice, telle créature possède une âme, pour pouvoir ensuite décider si elle est humaine ou non. Or, personne n'est en mesure d'établir une qualité d'indice permettant incontestablement de reconnaître la possession d'une âme.
Il s’agit plus précisément de rechercher dans l’histoire passée (car cela ne concerne pas l’humanité présente incontestable), ce qu’est la création, en quoi l’humain est créé à l’image de Dieu et non l’animal, avec une recherche qui considère l’humain dans son intégralité, avec un corps spécifique (celui-là même que la science étudie) susceptible d’être capable de vivre une vie spirituelle dans un corps.

Il est certes vain de chercher chez les théologiens anciens des démonstrations précises par rapport aux questions que pose la science moderne, sauf en ce qui concerne l’importance et l’intérêt que cela mérite.

En ce qui concerne plus spécialement St Thomas d’Aquin, la précision historique et concrète de ses questions et de ses réponses concernant la création ne pourraient qu’exacerber votre grief de scientisme à son égard.

Ce qui nous différencie reste que les traces laissées par des hominidés ayant vécu il y a plusieurs des dizaines voire centaines de milliers d’années vous paraissent suffisantes pour vous convaincre de leur humanité (ce que je n’exclus pas, malgré les arguments échangés) alors que je pense plutôt qu’une humanité ne peut être constatée longtemps avant l’écriture et d’autres critères associés.

Je n’ai pas l’impression que les traces laissées par des hominidés attestent d’une conscience de Dieu ou d’une pratique religieuse datant de plusieurs dizaines de milliers d’années, compte tenu de nos connaissances actuelles. Mais, je répète ici, après un échange déjà long et approfondi, que ce qui est connu est loin d’être suffisant pour alléguer des certitudes ou des convictions bien ancrées. Nous parlons ici d’opinions et de pensées qui imposent beaucoup de prudence. Je n’ai guère de conviction incontestable à proposer.
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