La Trinité

« Assurément, il est grand le mystère de notre religion : c'est le Christ ! » (1Tm 3.16)
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Harfang
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Re: La Trinité

Message non lu par Harfang »

je ne parviens pas à comprendre la trinité...
Nous non plus, personne ne le peut complètement, c'est un mystère, comme celui de l'Incarnation, de l'Eucharistie... etc.

Tout juste pouvons-nous l'effleurer avec ce que Dieu lui même a bien voulu nous dire de Lui.

Trinité.jpg
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Raistlin
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Re: La Trinité

Message non lu par Raistlin »

Pati a écrit :Pardonnez moi cette question qui peut vous paraître incongrue, mais malgré toutes les explications que j'ai pu recueillir, je ne parviens pas à comprendre la trinité... ce n'est en aucune façon pour établir un parallèle avec la religion musulmane, ou la religion juive, mais pourriez vous m'expliquer ???
Voici donc une explication chrétienne : Dieu est Unique mais pas solitaire. De toute éternité, le Père engendre sa Parole, que nous nommons le "Fils". De toute éternité, le Fils répond à l'amour du Père. L'amour entre le Père et le Fils est ce que nous nommons l'Esprit-Saint. L'Esprit-Saint naît de cet échange entre le Père et le Fils.

Le Père est Dieu, le Fils est Dieu, l'Esprit est Dieu. Mais le Père n'est ni le Fils ni l'Esprit. Le Fils n'est pas l'Esprit.

En fait, ce qui change radicalement entre la vision chrétienne et la vision mahométane de Dieu, c'est la perception de l'unité de Dieu. Qu'est-ce qui fait que Dieu est Un, qu'il est unifié ? A cela, le coran donne l'image d'un Dieu comme un bloc qui ne présente aucune "fissure". Le christianisme répond lui que c'est l'amour qui unifie Dieu. Dieu est Un parce que l'amour unifie l'être même de Dieu.

Cordialement,
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
Pati
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Re: La Trinité

Message non lu par Pati »

Merci de m'avoir expliqué. J'avoue cependant avoir du mal toujours à comprendre, mais je vois que cela est aussi un mystère pour les chrétiens..(c'est un peu moins génant)..
un ami avait tenté aussi de m'expliquer..
Ce n'est pas si évident..
J'en ai conclu donc est ce que je me trompe ??? que Jésus est à la foi divin et humain.. qu'il est Dieu lui même et à la fois une partie de lui.. (pour que cela soit plus simple, on dit le fils).. et que le saint esprit est un sentiment, celui qu'il existe entre les deux...
definition un peu difficile.. mais bon, je n'irai pas plus loin, parce que j'ai vraiment du mal à comprendre..
Merci toutefois d'avoir essayé..
Pati
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Re: La Trinité

Message non lu par Invité »

Pour prendre un exemple: une famille forme une unité. À l'intérieur de cette unité il y a des relations entre parents, entre parents et enfants, entre enfants.
Quand nous parlons de la Trinité, nous sommes au niveau de la famille une. Dieu est un.
À l'intérieur de cette unité et qui la constitue, il y a des relations entre Père et Fils, entre Fils et Père, l'Esprit est la richesse d'amour de cette relation et le ciment de l'unité.
La Trinité c'est une unité d'amour.
Dernière modification par Christophe le dim. 27 déc. 2009, 23:30, modifié 1 fois.
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Raistlin
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Re: La Trinité

Message non lu par Raistlin »

Pati a écrit :Merci de m'avoir expliqué. J'avoue cependant avoir du mal toujours à comprendre, mais je vois que cela est aussi un mystère pour les chrétiens..(c'est un peu moins génant)..
un ami avait tenté aussi de m'expliquer..
Ce n'est pas si évident..
En même temps, nous parlons de l'intimité même de Dieu. Si Dieu était si facile à comprendre, il ne serait pas Dieu.

Le Mystère de la Trinité se contemple avant tout. C'est un Mystère d'amour et de communion qu'on ne saurait violer par l'intelligence froide.

Pati a écrit :J'en ai conclu donc est ce que je me trompe ??? que Jésus est à la foi divin et humain.. qu'il est Dieu lui même et à la fois une partie de lui.. (pour que cela soit plus simple, on dit le fils).. et que le saint esprit est un sentiment, celui qu'il existe entre les deux...
Attention, il n'y a pas de "parties" en Dieu : Dieu est simple. Le Père est Dieu. Le Fils (le Verbe éternel de Dieu) est Dieu. l'Esprit-Saint est Dieu. Le Père est tout-puissant, le Fils est tout-puissant, l'Esprit est tout-puissant. Etc.

Les 3 personnes de la Trinité ont une différence de relation, pas de nature. Elles ne sont pas des "parties" de Dieu.

Et pour Jésus, il est le Verbe incarné. L'Eglise a longtemps médité sur son mystère et explique les choses ainsi : Jésus est vrai Dieu et vrai Homme. Etant le Verbe incarné, il est vrai Dieu. Etant un homme, il est vrai homme (sinon, l'Incarnation serait une farce). En réfutant les hérésies qui naissaient à ce sujet, l'Eglise en est arrivée à professer les deux natures du Christ (humaine et divine), sans confusion ni séparation.

L'Incarnation signifie ceci : Dieu assume la nature humaine pour la relever de sa déchéance et la glorifier au-delà de tout ce que l'Homme pouvait imaginer.

Cordialement,
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lmx
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Re: Le Filioque

Message non lu par lmx »

Le Symbole d'Athanase (avec le Triangle image de la Trinité http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:3enighed.svg )

Voici la foi catholique : nous vénérons un Dieu dans la Trinité et la Trinité dans l'Unité, sans confondre les Personnes ni diviser la substance : autre est en effet la Personne du Père, autre celle du Fils, autre celle du Saint-Esprit ; mais une est la divinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit, égale la gloire, coéternelle la majesté.

Comme est le Père, tel est le Fils, tel est aussi le Saint-Esprit : incréé est le Père, incréé le Fils, incréé le Saint-Esprit ; infini est le Père, infini le Fils, infini le Saint-Esprit ; éternel est le Père, éternel le Fils, éternel le Saint-Esprit ; et cependant, ils ne sont pas trois éternels, mais un éternel ; tout comme ils ne sont pas trois incréés, ni trois infinis, mais un incréé et un infini. De même, tout-puissant est le Père, tout-puissant le Fils, tout-puissant le Saint-Esprit ; et cependant ils ne sont pas trois tout-puissants, mais un tout-puissant. Ainsi le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu ; et cependant ils ne sont pas trois Dieux, mais un Dieu. Ainsi le Père est Seigneur, le Fils est Seigneur, le Saint-Esprit est Seigneur ; et cependant ils ne sont pas trois Seigneurs, mais un Seigneur ; car, de même que la vérité chrétienne nous oblige à confesser que chacune des personnes en particulier est Dieu et Seigneur, de même la religion catholique nous interdit de dire qu'il y a trois Dieux ou trois Seigneurs.

Le Père n'a été fait par personne et il n'est ni créé ni engendré ; le Fils n'est issu que du Père, il n'est ni fait, ni créé, mais engendré ; le Saint-Esprit vient du Père et du Fils, il n'est ni fait, ni créé, ni engendré, mais il procède. Il n'y a donc qu'un Père, non pas trois Pères ; un Fils, non pas trois Fils ; un Saint-Esprit, non pas trois Saint-Esprit. Et dans cette Trinité il n'est rien qui ne soit avant ou après, rien qui ne soit plus grand ou plus petit, mais les Personnes sont toutes trois également éternelles et semblablement égales. Si bien qu'en tout, comme on l'a déjà dit plus haut, on doit vénérer, et l'Unité dans la Trinité, et la Trinité dans l'Unité. Qui donc veut être sauvé, qu'il croie cela de la Trinité.

Mais il est nécessaire au salut éternel de croire fidèlement aussi en l'incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ. C'est donc la foi droite que de croire et de confesser que notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, est Dieu et homme. Il est Dieu, de la substance du Père, engendré avant les siècles, et il est homme, de la substance de sa mère, né dans le temps ; Dieu parfait, homme parfait composé d'une âme raisonnable et de chair humaine, égal au Père selon la divinité, inférieur au Père selon l'humanité. Bien qu'il soit Dieu et homme, il n'y a pas cependant deux Christ, mais un Christ ; un, non parce que la divinité a été transformée en la chair, mais parce que l'humanité a été assumée en Dieu ; un absolument, non par un mélange de substance, mais par l'unité de la personne. Car, de même que l'âme raisonnable et le corps font un homme, de même Dieu et l'homme font un Christ. Il a souffert pour notre salut, il est descendu aux enfers, le troisième jour il est ressuscité des morts, il est monté aux cieux, il siège à la droite du Père, d'où il viendra juger les vivants et les morts. A sa venue, tous les hommes ressusciteront avec leurs corps et rendront compte de leurs propres actes : ceux qui ont bien agi iront dans la vie éternelle, ceux qui ont mal agi, au feu éternel.
Telle est la foi catholique : si quelqu'un n'y croit pas fidèlement et fermement, il ne pourra être sauvé. »
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Re: Le Filioque

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Merci à vous deux pour vos réponses et vos liens.

Donc si j'ai bien compris, le fait que le Verbe soit appelé fils de Dieu se trouve dans le NT (les passages d'Olivier le montrent), contrairement à ce qu'affirme Brunor.

En fait, ce qui m'a montré que j'étais dans l'erreur (brrrr :-@ ), c'est ce passage : (merci Imx !)
lmx a écrit :11. Si quelqu'un ne confesse pas que la chair du Seigneur est vivifiante et qu'elle est la propre chair du Verbe issu du Dieu Père mais prétend qu'elle est celle de quelqu'un d'autre, distinct de lui et conjoint à lui selon la dignité ou qu'il a reçu seulement l'habitation divine ; et s'il ne confesse pas plutôt qu'elle est vivifiante, comme nous l'avons dit, parce qu'elle a été la propre chair du Verbe qui a le pouvoir de vivifier toutes choses, qu'il soit anathème.
Mais il me vient alors une autre question (mais peut-être faudrait-il ouvrir un nouveau sujet) :

Si le terme "Père", dans le NT, ne désigne pas "Dieu tout entier" mais la première personne de la Trinité, pourquoi celle-ci apparait-elle supérieure au Verbe (par exemple, on s'adresse à elle en particulier dans le "Notre Père", et Jésus dit que le "Père est plus grand que moi" ?)

Merci d'avance,
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Re: Le Filioque

Message non lu par Olivier C »

lmx a écrit :Enfin, si vous voulez un très bon livre sur la Trinité il y a "La théologie trinitaire de St Thomas d'Aquin" de Gilles Emery.
Ou alors, si vous vous sentez d'humeur badine, faites un bon investissement en achetant un "Denzinger" qui vous donnera une mine d'information sur les textes des conciles christologiques. Vous pouvez aussi le consulter en ligne à partir de clerus.org ou de Jésus-marie.com.
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Re: Le Filioque

Message non lu par Olivier C »

Enyo32 a écrit :Mais il me vient alors une autre question (mais peut-être faudrait-il ouvrir un nouveau sujet) :

Si le terme "Père", dans le NT, ne désigne pas "Dieu tout entier" mais la première personne de la Trinité, pourquoi celle-ci apparait-elle supérieure au Verbe (par exemple, on s'adresse à elle en particulier dans le "Notre Père", et Jésus dit que le "Père est plus grand que moi" ?)
Les personnes de la Trinité sont égales en nature, ce qui n'empêche pas qu'elles peuvent avoir des places différentes dans la relation qu'elles entretiennent entre elles, c'est ainsi que la Tradition comprend et interprète les passages bibliques du type de celui que vous venez de citer.
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lmx
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Re: Le Filioque

Message non lu par lmx »

Si le terme "Père", dans le NT, ne désigne pas "Dieu tout entier" mais la première personne de la Trinité, pourquoi celle-ci apparait-elle supérieure au Verbe (par exemple, on s'adresse à elle en particulier dans le "Notre Père", et Jésus dit que le "Père est plus grand que moi" ?)

Père peut soit désigner Dieu Trinité , soit la Première Personne de la Trinité suivant le contexte.

Il y a une règle d'interprétation qui est que : tantôt Jésus parle en servant qui s'est abaissé (la kénose) dans sa mission temporelle , tantôt il parle en Seigneur. Mais les Personnes divines sont en tout point égale.

Cette règle est résumée ici dans son Traité sur la Trinité
St Augustin a écrit :CHAPITRE VII.
COMMENT LE FILS EST-IL INFÉRIEUR AU PÈRE ET A LUI-MÊME.

14. Ces divers textes de nos divines Ecritures et plusieurs autres ont fourni, comme je l’ai dit, à tous ceux qui ont déjà traité ce sujet, d’abondantes preuves pour réfuter les erreurs et les calomnies des hérétiques, et pour établir notre croyance en Dieu, un en nature et triple en personnes. Mais lorsqu’il s’agit de l’incarnation du Verbe de Dieu, incarnation, par laquelle Jésus-Christ s’est fait homme afin d’opérer l’oeuvre de notre rédemption, et de se porter comme médiateur entre Dieu et l’homme, les écrivains sacrés, il faut le reconnaître, tantôt insinuent que le Père est plus grand que le Fils, et tantôt même le disent ouvertement. De là l’erreur de ceux qui, par défaut d’une étude sérieuse des Ecritures, ne saisissent qu’imparfaitement l’ensemble de leur doctrine , et attribuent ce qu’elles disent de Jésus-Christ comme homme, à Jésus-Christ comme Dieu; or, qui ne sait qu’en tant que Dieu il était avant l’Incarnation, de même qu’il sera éternellement ? C’est ainsi que certains hérétiques soutiennent que le Fils est inférieur au Père, parce que lui-même a dit : « Le Père est plus grand que moi ( Jean, XIV, 25 ) ». Mais ce raisonnement nous conduit à dire que Jésus-Christ est au-dessous du Fils de Dieu; car n’est-il pas en effet descendu jusqu’à cet abaissement, « puisqu’il s’est anéanti lui-même en prenant la forme d’esclave? »Toutefois, en prenant la forme d’esclave, il n’a point perdu la nature de Dieu, et il est demeuré égal à son Père. Ainsi, en prenant la forme d’esclave, il est resté Dieu, et il est toujours le Fils unique de Dieu, soit que nous le considérions sous celte forme d’esclave, soit en sa nature de. Dieu. Sous ce dernier rapport, Jésus-Christ est égal à son Père, et sous le premier il est médiateur entre Dieu et les hommes. Mais alors, qui ne comprend que comme Dieu il soit plus grand que comme Dieu-homme, et que même ayant pris la forme d’esclave, il soit inférieur à lui-même?

C’est pourquoi la sainte Ecriture dit avec raison, et que le Fils est égal au Père, et que le Père est plus grand que le Fils. Or, ces deux propositions sont vraies, si l’on entend la première de Jésus-Christ eu tant que Dieu, et la seconde de Jésus-Christ en tant qu’homme. Au reste, l’Apôtre exprime dans-son épître aux Philippiens cette distinction, et-nous la donne comme la solution vraie et facile de toutes les difficultés de ce genre. Et en effet, quoi de plus formel que ce passage : «Jésus-Christ ayant la nature de Dieu, n’a point cru que ce fût pour lui une usurpation de s’égaler à Dieu; et cependant il s’est anéanti lui-même en prenant la forme d’esclave, en se rendant semblable aux hommes, et se faisant reconnaître pour homme par tout ce qui a paru de lui ( Philipp., II, 6, 7 )? »Ainsi le Fils de Dieu, égal au Père par sa nature divine, lui est inférieur par sa nature humaine. En prenant la forme d’esclave, il (353) s’est mis au-dessous du Père, mais il est resté son égal comme Dieu, car il était Dieu avant que de se faire Homme-Dieu. Comme Dieu, il est ce Verbe dont saint Jean a dit que « toutes choses avaient été faites par lui ( Jean, I, 3 )»; et comme homme, « il a été formé d’une femme, et assujetti à la loi , pour racheter ceux qui étaient sous la loi (Gal., IV, 5 )». Comme Dieu, il a concouru à la création de l’homme, et il a été fait homme lorsqu’il a pris la forme d’esclave. Et en effet, si le Père seul eût créé l’homme, l’Ecriture ne rapporterait pas ces paroles

« Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance (Gen., I, 26 ) ». Ainsi, parce qu’étant Dieu, le Verbe a pris la forme d’esclave, il est tout ensemble Dieu et homme. Il est Dieu parce qu’il conserve la nature divine, et il est homme parce qu’il a pris la nature humaine. Mais en Jésus-Christ, ces deux natures n’ont subi aucune altération ni aucun changement. La divinité ne s’est point abîmée en l’humanité, de telle sorte qu’elle eût cessé d’être la divinité, et l’humanité n’a point été absorbée par la divinité, de telle sorte qu’elle eût cessé d’être l’humanité.


Je n'ai pas lu le "Jésus de Nazareth" de Benoît XVI mais je suis sûr qu'il mérite d'être lu, donc permettez moi de vous le conseiller.
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Re: Le Filioque

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Merci infiniment pour vos réponses et vos conseils !

Maintenant me voilà ramené dans le droit chemin :D

Je reviendrais si d'autres questions me viennent à l'esprit, mais je n'en ai pas maintenant.
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Re: Le Filioque

Message non lu par Olivier C »

Bonne continuation avec le Seigneur Enyo32. À un de ces jours peut-être !

Quand à vous, Imx, merci pour le partage.

Bien à vous
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Re: Le Filioque

Message non lu par Enyo32 »

Je reviens car j'ai trouvé sur Wikipédia un passage de Tresmontant qui montre bien ce que j'avais expliqué :

Wikipédia.fr a écrit : Cependant, les notions qui constituent la doctrine trinitaire sont contenues dans les Écritures. À ce sujet, Claude Tresmontant précise :

« Si, comme c'est le cas dans tous les écrits du Nouveau Testament — sans exception — le terme « fils » désigne Jésus de Nazareth pris concrètement, c'est-à-dire l'Homme véritable uni à Dieu véritable, alors, comme c'est le cas aussi dans tous les écrits du Nouveau Testament, le terme « père » signifie et désigne Dieu, purement et simplement. Dieu est le père de tous les êtres, parce qu'il est le Créateur. » ; « Dans le langage ultérieur par contre, le terme de « fils » ne désigne plus directement Jésus de Nazareth pris concrètement, mais le Logos, de Dieu considéré en son éternité, avant l'incarnation, et indépendamment de l'incarnation. Dans ce cas, le terme de « père » ne peut plus signifier, comme c'est le cas dans les écrits du Nouveau Testament, Dieu purement et simplement. Il en vient à signifier Celui qui, en Dieu, est le père de son propre Logos, qui est son fils ! »
Qu'en pensez-vous ?

Merci d'avance
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Re: Le Filioque

Message non lu par lmx »

Franchement je ne vois vraiment pas où il veut en venir, mais du moment qu'on respect la christologie de l'Eglise ...


Si je lis ceci de St Irénée au 2nd siècle bien avant les Conciles dans son Traité contre les Hérésies , on voit que les théologiens ont toujours su que Jésus était le Verbe éternel, Dieu Fils de Dieu, 2e Personne de la Trinité, créateur de l'univers. Néanmoins il est possible que par Père, ils entendaient aussi le Dieu-Trinité, Un en Trois Personnes consubstantielles.

En fait, Jean proclame un seul Dieu tout-puissant et un seul Fils unique, le Christ Jésus, par l'entremise de qui tout a été fait ; c'est lui le Verbe de Dieu, lui le Fils unique, lui l'Auteur de toutes choses, lui la vraie Lumière éclairant tout homme, lui l'Auteur du cosmos ; c'est lui qui est venu dans son propre domaine, lui-même qui s'est fait chair et a habité parmi nous.
St Justin dans son Apologie également au 2nd siècle
23. Mais, remarquez-le bien, si nous avons employé ce genre de preuves et ces assimilations, c'est que nous voulions vous démontrer que la vérité se rencontre uniquement dans les leçons du Christ et des prophètes ses prédécesseurs, plus anciens que tous vos écrivains; et quand nous demandons d'être crus, ce n'est pas en raison de ces ressemblances, c'est en raison de la vérité que nous annonçons, c'est parce que nous vous disons que Jésus-Christ est le fils unique du Père, son premier-né, sa puissance, son Verbe; qu'il s'est fait homme par sa propre volonté, et qu'il est venu nous instruire pour le salut et la régénération du monde.
....
La puissance souveraine avec le Père et le maître de l'univers, c'est son fils, c'est le Verbe. Il a pris chair, il s'est fait homme, nous le dirons ensuite.
Et Tertullien au 3è siècle dans son "Contre Praxéas, ou sur la Trinité" et qui n'était pas versé dans la philosophie néo platonicienne, je crois qu'il l'a méprisait.
Quant à nous, dans tous les temps, mais aujourd'hui surtout que nous sommes plus éclairés encore par le «Paraclet qui enseigne toute vérité,» nous croyons en un seul Dieu, mais avec la dispensation ou l'économie, comme nous l'appelons, que ce Dieu unique ait un Fils, son Verbe, procédant de lui-même, «par qui tout, a été fait et sans qui rien n'a été fait.» Nous croyons qu'il a été envoyé par le Père dans le sein d'une Vierge, qu'il naquit d'elle tout à la fois homme et Dieu, Fils de l'homme et Fils de Dieu, que son nom est Jésus-Christ, qu'il souffrit, qu'il mourut, et qu'il fut enseveli, selon les Ecritures, qu'il fut ressuscité par le Père, et que, remonté dans les cieux, il s'assied à sa droite, pour en redescendre un jour afin de juger les vivants et les morts. Nous croyons que de là il a envoyé ensuite, conformément à sa promesse, l'Esprit saint, le Paraclet du Père, pour sanctifier la foi de ceux qui croient au Père, au Fils et à l'Esprit saint. Que ce symbole nous ait été transmis dès le commencement de l'Evangile, même avant les premiers hérétiques, à plus forte raison avant Praxéas, qui est d'hier, la postériorité des hérétiques aussi bien que la nouveauté de Praxéas, qui est d'hier, va le prouver

De là donc il sortira contre toutes les hérésies la légitime présomption que ce qui est le premier est véritable; que ce qui est altéré, c'est le second. Mais indépendamment de cette prescription, pour instruire comme pour prémunir quelques-uns, il faut engager la discussion, ne fut-ce que pour empêcher de dire que toute doctrine erronée est condamnée sur une simple présomption, et non après avoir été examinée, surtout la doctrine qui se vante de posséder la vérité pure, en s'imaginant que la seule manière légitime de croire à l'unité de Dieu, c'est de confondre dans une seule et même personne et le Père et le Fils et l'Esprit saint; comme si un seul n'était pas tout, quand tout dérive d'un seul, en gardant néanmoins le sacrement de l'économie qui divise l'Unité en Trinité, où nous distinguons trois personnes, le Père, le Fils et l'Esprit saint. Ils sont trois, non pas en essence, mais en degré; non pas en substance, mais en forme; non pas en puissance, mais en espèce; tous trois ayant une seule et même substance, une seule et même nature, une seule et même puissance, parce qu'il n'y a qu'un seul Dieu duquel procèdent ces degrés, ces formes et ces espèces, sous le nom de Père, de Fils et de Saint-Esprit. Comment admettent-ils le nombre en rejetant le partage? La discussion va le prouver à mesure qu'elle avancera.

....
Enfin, examinons quel est celui qu'on, vu les Apôtres? «Ce que nous avons vu de nos yeux, dit Jean, ce que nous avons considéré, ce que nos mains ont touché, la parole de vie.» La parole ou le Verbe de vie, en effet, s'étant incarné, a été vu, a été entendu, a été touché, parce que celui-là s'est incarné qui, avant sa chair, «était Verbe au commencement dans Dieu le Père,» et non le Père dans le Verbe. Car, quoique «le Verbe soit Dieu, il ne laisse pas d'être en Dieu,» parce qu'il est Dieu de Dieu, avec le Père dans le Père. «Et nous avons vu sa gloire, comme la gloire que reçoit de son Père le Fils unique;» tu l'entends! la gloire du Fils unique, c'est-à-dire de celui qui est visible et qui a été glorifié par le Père invisible. Voilà pourquoi, ayant appelé tout à l'heure Dieu le Verbe de Dieu, pour ne pas venir en aide à la présomption de nos adversaires, comme s'il avait vu le Père en personne, l'Apôtre, afin de distinguer d'avec le Père qui est invisible, le Fils qui est visible, ajoute comme par surcroît: «Nul ne vit jamais Dieu.» Quel Dieu? Le Verbe? Non sans doute. Il vient de dire: «Ce que nous avons vu, ce que nous avons entendu, ce que nous avons touché.» Mais quel Dieu, donc? Le Père, «en qui était le Verbe, c'est-à-dire le Fils unique de Dieu qui résidait dans le sein du Père, comme il nous l'a manifesté lui-même.» Voilà celui qui a été vu, celui qui a été entendu, celui qui même a été touché, de peur qu'on ne le crût un fantôme. Voilà celui qu'a vu Paul, qui cependant n'a pas vu le Père. «N'ai-je pas vu Jésus?» dit-il. Mais Paul lui-même proclame la divinité de Jésus-Christ: «Qui ont pour pères les patriarches, dit-il, et de qui est sorti, selon la chair, Jésus-Christ même, le Dieu au-dessus de toutes choses et béni dans tous les siècles.» Il nous montre également que le Fils de Dieu, c'est-à-dire le Verbe, est visible parce que celui qui s'est incarné a été appelé le Christ. Il parle ainsi à Timothée du Père: «Qu'aucun homme n'a vu ni ne peut voir:» puis, pour donner encore une plus haute idée de sa grandeur: «Qui seul possède l'immortalité, qui habile une lumière inaccessible. «Il avait dit plus haut: Au roi des siècles, au Dieu qui est l'immortel, l'invisible, l'unique,» afin que nous attribuassions au Fils les qualités opposées, la mortalité, la visibilité. Ailleurs Paul déclare «qu'il est mort selon les Ecritures,» et enfin «qu'il s'est fait voir à lui,» dans sa lumière accessible par conséquent, quoique cependant il ne l'eût pas contemplée sans courir le risque de perdre la vue; ni Pierre, Jean et Jacques, sans péril pour leur raison et une démence passagère. Si c'était le Père qu'ils eussent vu dans sa splendeur, et non la gloire du Fils qui allait souffrir, ils seraient morts sans aucun doute. «Nul, en effet, ne verra Dieu sans» mourir.»
Pas besoin de parler des St Augustin et autres St Grégoire de Nysse, et Basile de Césarée dont les doctrines sont encore plus précises.
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Re: La Trinité

Message non lu par Unsimplehomme »

Bonjour,
En lisant certains passages de la Bible, je suis troublé car on dirais qu'il y a une inégalité de pouvoir, de valeur dans la Trinité:
Jésus nous dis de prier le Père:
-" Vous donc, priez ainsi : Notre Père qui est dans les cieux, que ton Nom soit sanctifié,..."(Mt 6:9)
Plus explicite: il semblerai que Jésus atteste qu'il obéis au Père:
-Étant allé un peu plus loin, il tomba face contre terre en faisant cette prière : " Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux. " (Mt 26:39)
Ou ceci qui me fait penser que le Père sait des choses que le Fils ne sait:
- "Quant à la date de ce jour, et à l'heure, personne ne les connaît, ni les anges des cieux, ni le Fils, personne que le Père, seul."(Mt 24:36)

Dans ce verset il semblerait que le Saint-Esprit soit supérieur car un blasphème contre le Père et le fils peu être pardonné mais pas contre le Saint-Esprit:
-" En vérité, je vous le dis, tout sera remis aux enfants des hommes, les péchés et les blasphèmes tant qu'ils en auront proféré ;
mais quiconque aura blasphémé contre l'Esprit Saint n'aura jamais de rémission : il est coupable d'une faute éternelle. "
(Mc 3:28-29)

D'autres passages me prouvent que le Père, le Fils et le Saint-Esprit, sont égaux en valeur, et sont une Unité. Jésus affirme clairement être égal au Père:
-"Moi et le Père nous sommes un".(Jean 10:30) ou encore:
-"Tout ce que le Père a est à moi" (Jean 16:13)
-Croyez-m'en ! je suis dans le Père et le Père est en moi. Croyez du moins à cause des œuvres mêmes.
(Jn 14:11)
-Aussi les Juifs n'en cherchaient que davantage à le tuer, puisque, non content de violer le sabbat, il appelait encore Dieu son propre Père, se faisant égal à Dieu.
Jésus reprit donc la parole et leur dit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, qu'il ne le voie faire au Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement.
(Jn 5:18-19)


Je suis un peu perdu, quel est votre avis? Est-ce que je comprends mal certains textes?
-Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu'on vous persécutera, et qu'on dira faussement contre vous toute sorte d'infamie à cause de moi.
-Soyez dans la joie et l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux : c'est bien ainsi qu'on a persécuté les prophètes, vos devanciers.
(Mt 5:11et12)
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