archi a écrit :philémon.siclone a écrit :Le projet européen, s'il est bien mené, peut déboucher sur la République idéale dont nous ont privé les Césars et les Augustes.
Euh... franchement, vous y croyez vraiment, à ça?
In Xto,
archi.
Le fait est que Jules César (malgré qu'il nous a apporté la civilisation latine en Gaule) et son héritier Auguste, ont détruit les institutions de la République, et favorisé l'avènement d'un régime obscur, où se sont bousculés les Néron, les Caligula, où les gardes prétoriennes, et les armées aux frontières, ont fait et défait les empereurs en fonction de leurs intérêts, jusqu'à précipiter l'empire dans le chaos, et l'abandonner aux invasions. Quelque part, c'était une conséquence inévitable. Il y avait dans l'ancienne République, deux partis qui s'affrontaient : les conservateurs et les populistes. Les conservateurs voulaient maintenir les privilèges des patriciens, de l'aristocratie romaine, ainsi que l'intégrité de Rome comme Cité-Etat, et reléguer le reste au rang de conquêtes, de colonies. Les populistes, la "gauche" si l'on veut, voulaient ouvrir grand le droit de cité aux provinces conquises et favoriser la plèbe. Les conservateurs, représentés par Sylla puis Pompée, étaient ainsi les plus fermes défenseurs de la République, qui était, il est vrai, une république de caste, une république patricienne, aristocratique. Les populistes, emmenés par César et Antoine, aspiraient au contraire à une monarchie de type oriental, où les institutions républicaines réputées élitistes allaient céder le pas à un vaste empire monarchique informe où tous les peuples auraient droit de cité. Les seconds l'ont emporté, avec le résultat que l'on sait. On peut se demander, après coup, si la position des conservateurs n'étaient pas plus sage, finalement. Qui sait, si le parti républicain l'avait emporté contre Octave et Antoine, peut-être les institutions républicaines auraient été maintenues de telle sorte à être progressivement étendues à toutes les provinces, dans le respect des cultures locales, dont les citoyens seraient devenus d'ardents défenseurs éclairés de la Cité, sans connaître la terrible décadence qu'a entraîné l'établissement d'un empire à vendre aux armées les plus violentes et les plus audacieuses. Rome a passé 500 ans à se faire la guerre à elle-même. Comment s'étonner des catastrophes politiques qui ont suivi ? C'est à l'occasion de ces catastrophes que ce sont installées les monarchies barbares du haut-moyen-âge. Mais le génie typiquement européen est ailleurs, il est dans les institutions démocratiques inventées en Grèce, transmises à Rome. La monarchie telle que nous l'avons connu pendant 1500 ans est une importation des tyrannies orientales, via la monarchie impériale romaine.
Or nous pouvons voir aujourd'hui que le sentiment républicain recule, le populisme est de plus en plus présent (très perceptible chez un homme comme Sarkozy, mais aussi chez une Royal), et je crains fort, avec cette présence de plus en plus importante de populations originaires d'Afrique, que nous soyons de nouveau soumis à de nouvelles tyrannies dans les décennies qui viennent.
Les occidentaux qui prônent la monarchie ne savent vraiment pas ce qu'ils font. Allez donc voir dans les dictatures d'Afrique ce que ça donne, l'absolutisme. Voilà ce qui nous attend peut-être un jour, si nous ne faisons pas attention. Pas de quoi se réjouir. Le chrétien, ami du bien public, devrait au contraire défendre de toutes ses forces l'esprit des institutions, la République, la démocratie, la Liberté, et non pas appeler de ses voeux la dictature, l'arbitraire, avec tout ce qui va avec : la corruption à grande échelle, la répression expéditive, la guerre, les massacres, etc.